Chaque année, le désert englouti 6 millions d’hectares par an, rendant un peu plus difficiles les conditions de vie des populations locales, parfois poussées à migrer vers des régions plus hospitalières. Des oasis artificielles pourraient inverser cette tendance en produisant eau douce, nourriture et énergie renouvelable.
Le Sahara Forest Project repose sur la création d’oasis artificielles qui exploiteraient l’énergie solaire et l’eau salée des déserts côtiers d’Afrique, du Moyen Orient, d’Australie, d’Espagne ou des Etats-Unis. Plus les lieux seront chauds et arides, plus les technologies déployées seront efficaces.
Les oasis artificielles produiront à la fois de l’eau douce, des produits agricoles sous forme de nourriture ou de biocarburant, de l’énergie électrique renouvelable, des emplois locaux et favoriseront la création d’une couverture végétale. Cette couverture végétale, permise par l’irrigation et l’établissement d’un microclimat plus humide contribuera à lutter contre l’érosion et la désertification en reverdissant les terres arides et nues des alentours.
Juste du soleil et de l’eau salée
Les technologies de Seawater Greenhouse et de centrale solaire à concentration (CSP pour concentrating solar power) fonctionnent en synergie. L’air chaud et sec du désert pénètre dans la serre et se charge en humidité au contact de l’eau de mer et de la végétation. En passant ensuite entre des tubes d’eau de mer froide, la vapeur d’eau se condense et produit de l’eau douce pour l’irrigation des plantes, le nettoyage des miroirs de la centrale et l’entraînement de la turbine électrique.
Cette centrale convertit l’énergie solaire thermique en électricité d’origine renouvelable. La chaleur de l’air désertique est récupérée par un échangeur de chaleur pour préchauffer l’eau distillée par la serre. Cette eau est ensuite portée à ébullition par la concentration des rayons solaires grâce aux miroirs paraboliques de la centrale. La vapeur sous pression actionne alors la turbine pour produire de l’électricité qui alimente la centrale et les populations locales.
Les cultures intérieures et extérieures, ainsi que des bassins de culture d’algues, produisent de la nourriture ainsi que du biocarburant à partir des algues, du jatropha.

Attention, des effets secondaires comme l’apparition de forêts peuvent accompagner le traitement
Le coût annoncé d’une telle oasis serait de 80 millions d’euros pour 20 hectares de serre et une centrale CSP de 10 mégawatts.
Source: Site Futura Sciences.