Tina Modotti une artiste en son temps

Billet rédigé par Tyfaine de 1èreL2

Portrait de Tina Modotti (1896-1942)

Tina Modotti, d’origine italienne et issue d’un milieu ouvrier, passe sa jeunesse à voyager
entre l’Italie, l’Autriche et les États-Unis. La famille Modotti fait en effet partie de cette grande communauté italienne qui a immigré aux États-Unis à la poursuite du rêve américain.

La jeune fille quitte l’école à l’âge de douze ans, sa soeur la fera ensuite embaucher dans une usine de textile.
Grâce à sa beauté, la jeune fille est repérée et est invitée à jouer dans un théâtre italien et, par la suite, au cinéma. Tina Modotti se montre ainsi attirée par le monde artistique, mais toujours dans la communauté de Little Italy. Elle rencontre ensuite le peintre Roubaix de l’Abrie Richey, plus connu sous le nom de Robo, avec qui elle se mariera. Elle part ensuite pour Los Angeles où elle fréquente le monde des artistes ; elle y organise de grandes
soirées mondaines. C’est d’ailleurs à l’une de ces soirées qu’elle fait connaissance avec Edgard Weston, un portraitiste reconnu aux États-Unis pour sont travail novateur.
Son mari, Robo, se rend au Mexique, pendant qu’elle sympathise avec Weston. Tina Modotti et Edward Weston se rendent finalement au Mexique en 1923. Las Robo est décédé deux jours auparavant.
La jeune femme devient alors l’assistante du photographe tout en posant pour lui. Elle apprend ainsi le b.a.-ba de la photographie. Ils créent alors un lien avec des artistes tels que Frida Kahlo ou Diego Rivera. Ils organisent donc tous ensemble des expositions joignant photographie et travaux manuels.
Le travail de Tina Modotti ne durera que sept ans, de 1923, où elle commence la
photographie, jusqu’en 1930, où elle est contrainte de quitter le Mexique. Ses photographies reprennent alors plusieurs thématiques comme le travail, les opprimés, le communisme, la révolution, l’esthétique. La photographe participe ainsi à la renaissance mexicaine.

C’est son engagement communiste en tant que militante qui la pousse à quitter le Mexique, pour militer en Union soviétique et dans l’Espagne menacée par l’avancée franquiste. Elle revient par la suite au Mexique sous une fausse identité, où son nouveau compagnon, un combattant cubain est assassiné sous ses yeux.

Elle décède quant à elle en 1942, dans un taxi, d’une crise cardiaque.

Tina Modotti, Paysanne zapotèque avec
cruche à l’épaule ou Femme portant un
récipient rempli d’eau, Mexique 1929,
Collection et Archive Fundación Televisa

Sur cette photo, on voit une femme portant une cruche remplie d’eau. Cette eau est nécessaire à la vie, et pour avoir de celle-ci, il faut travailler. Le travail est ainsi
représenté comme un besoin vital. L’eau est ici mise en avant par la lumière, qui met valorise la cruche et l’eau qui coule le long de celle-ci. On peut aussi penser que
puisque le récipient est porté par la jeune femme, sur ses épaules et est donc au-dessus, l’Homme serait alors soumis au travail.

Tina Modotti, Faucille, cartouchière et
épi de maïs, Mexique, 1928, Collection
et Archive Fundación Televisa

On retrouve sur cette photographie trois éléments, qui donnent le sens de lecture : d’une part la faucille représente le travail agricole et rappelle le drapeau communiste ; d’autre part la cartouchière évoque le combat nécessaire à la révolution ; enfin le maïs marque l’identité mexicaine de cette révolution.  On peut donc penser que cette photographie est un témoignage du contexte politique et artistique de ces années-là.

Edward Weston, Nahui Olin, 1924, Musée
d’Art Moderne de Paris

On a ici un portrait de la poète, peintre et mannequin Carmen Mondragón, plus connue sous le nom de Nahui Olin. La jeune femme est ici représentée le regard vide à la fois captivant et triste, elle semble déshumanisée. Sa coupe à la garçonne peut montrer son indépendance et évoquer la mode européenne des « années folles ».

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