Kahlo au Musée des Beaux Arts de Lyon

Billet rédigé par Wideline de 1ère L2

Photographie de Frida Kahlo en 1927, à l’âge de 19 ans

Frida Kahlo Calderon est une belle jeune femme métisse dont la mère, Mathilde Calderon, est d’origine indienne et dont le père, Wilhelm Kahlo, est un photographe d’origine allemande .

Née le 6 juillet 1907 dans un quartier populaire de Coyoacàn au sud de Mexico, Frida Kahlo décèdera dans son pays natal en 1954. Passionnée par les talents de son père, elle entre à l’école Nationale Préparatoire en 1922. Après des années d’études, Frida Kahlo se spécialise dans la peinture surréaliste, un mouvement artistique puisant dans les procédés psychiques tels que l’automatisme, le rêve, l’inconscience…

Le 17 septembre 1925, elle est victime d’un affreux accident d’autobus qui endommage son ventre, son pied droit mais aussi son dos. Ce drame a de graves conséquences sur sa santé alors même que Frida Kahlo était déjà atteinte de la polio depuis son enfance, maladie infectieuse qui avait eu des conséquences sur sa colonne vertébrale et sur sa jambe droite.

Tout au long de cette période marquée par les souffrances dues au grand nombre d’interventions chirurgicales qu’elle a dû endurer, Kahlo se consacre à la peinture. Cela est pour elle un moyen de supporter la vie grâce à la réalisation d’autoportraits, de paysages naturels sans vie et de « portraits » d’animaux familiers (des perroquets, des petites singes).

En raison de son handicap, elle invente une technique nouvelle pour peindre :  elle fait installer un miroir au-dessus de son lit afin de pouvoir se représenter sur une feuille de papier posée devant elle.

Sa passion pour le surréalisme n’est pas seulement artistique mais aussi politique. En effet, en 1928, Kahlo s’inscrit au Parti Communiste Mexicain. Elle attache énormément d’importance à la défense et à l’émancipation des femmes mexicaines. Un engagement qui lui donne le courage de défendre la liberté sexuelle, elle qui assume sa position de femme moderne et bisexuelle.

Photographie de mariage de Diego Rivera et Frida Kahlo en 1929

En 1929, lors d’un débat politique, Kahlo fait la rencontre du célèbre peintre muraliste Diego Rivera (âgé de 20 de plus qu’elle) qu’elle épouse ensuite. Cet artiste mexicain majeur est connu pour ses peintures murales au Mexique et aux Etats-Unis ; elles illustrent de nombreuses convictions socialistes ainsi que l’histoire préhispanique du Mexique.

En 1938, Kahlo réalise sa toute première exposition officielle à New York à la Julien Levy Gallery dans laquelle elle montre son talent et son style particulier qui lui permet d’exprimer toute sa souffrance.  Dans ses tableaux très léchés et de très petite taille  à cause de ses difficultés de déplacement, Kahlo délivre son attachement à sa terre, à ses traditions et à la culture indigène.

La colonne brisée, 1944, huile sur masonite, 38.6 cm x 31 cm

La colonne brisée est un tableau de Frida Kahlo qui dévoile une partie de Kahlo.Elle se représente au centre du tableau en être abattu. Elle dévoile ses souffrances et ses blessures. 1944 est une date où sa santé s’est détériorée et elle a été obligée d’adopter un corset métallique. Ici sa souffrance est symbolisée par des clous plantés dans son corps entier. Son corps est déchiré et dévoile son squelette qui laisse apparaître sa colonne vertébrale sous la forme d’une tige de fer.  Sa poitrine est entourée de morceaux de bande blanche qui nous rappellent les bandes qui maintiennent le corps de Kahlo. Nous voyons aussi une espèce de toile blanche qui cache son bassin.  Au deuxième plan nous voyons un paysage mélancolique marqué par une terre desséchée et un ciel dégagé.

Quelques petites piqures, 1935, huile sur métal, 38 cm x 48.2 cm

Quelques petites piqures est un tableau résumant toute la souffrance de Frida Kahlo lors de l’avortement de son enfant. Frida, en raison de sa mauvaise santé, n’est pas capable de donner vie à un petit être. A peine après avoir appris à Diego Rivera qu’il allait être père, Kahlo se retrouve à l’hôpital et doit avorter.

Dans ce tableau Diego Rivera, une seringue en main, est représenté comme l’assassin de Kahlo (ici peinte en victime d’un meurtre, couchée sur un lit baigné de sang).  La victime sur le lit semble avoir été violée avant d’être tuée : son corps est dénudé (on peut distinguer ses parties intimes), ses cheveux sont désordonnés, et l’expression de son visage semble montrer qu’elle s’est fatiguée en combattant le meurtrier.

Autorretrato en la frontera entre Mexico y Estados Unidos, 1932, huile sur métal, 31 cm x 35 cm, de la Collection Manuel Reyero

Le tableau ci- dessus nous montre une femme en tenue de fiancée se tenant sur un socle au centre du tableau, il s’agit de Frida Kahlo. A gauche, il y a la présence du soleil et de la lune dans le ciel ainsi qu’une pyramide ruinée marquée par sa couleur grisâtre. En dessous, l’univers de la nature prend le dessus, la présence de plantes et de fleurs domine celui-ci. A droite, nous observons des usines, des grattes ciels, de la fumée, le drapeau des Etats-Unis, et dans une partie inférieure, des objets techniques électriques.

Une opposition entre la partie gauche et la partie droite est ici mise en évidence : le monde aztèque de Frida Kahlo représentant le Mexique et le monde pollué résumant les grandes villes et la modernité des Etats-Unis. Ce tableau résume deux cultures : la préhispanique ainsi que l’occidentale. Frida Kahlo se représente en tant que symbole du métissage, ni hispanique et ni occidentale, une mixité dont elle est fière.

 

I Want YOU for the Art Army!!

Le Lycée honoré d’Urfé propose aux futurs élèves de 2nde un EDE « Patrimoines » et une option facultative Histoire des Arts ; à l’occasion des journées portes ouvertes qui se sont tenues les 16 et 17 mars, nous avons pu présenter notre travail.

  • Un enseignement interdisciplinaire (Lettres – Histoire) d’1h30 par semaine.
  • Un enseignement qui permet de découvrir l’Histoire des Arts par la confrontation directe avec des œuvres et par des apports théoriques.
  • Un enseignement qui permet de découvrir les métiers liés au patrimoine et au monde des arts.
  • Un enseignement qui offre l’opportunité de rencontrer des professionnels et de travailler en partenariat avec les institutions culturelles de la région.
  • Un enseignement qui s’appuie sur de nombreuses sorties et est évalué (et non noté) grâce à des travaux personnels et de groupe.

Pour rappel, le lycée Honoré d’Urfé propose un enseignement de spécialité Histoire des Arts en 1ère et terminale Littéraires qui donne droit à une dérogation si vous souhaitez nous rejoindre à l’issue de votre seconde.

Le lycée propose également une option facultative ouverte à toutes les filières générales.

Rejoignez-nous!