Près d’une plante sur trois menacée en Ile-de-France

20 01 2012

Peut aider à répondre au défi EDD sur la biodiversité www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/defi_homme_biodiversite.htm

Le Muséum d’histoire naturelle et Natureparif viennent d’établir la première liste rouge de la flore menacée dans la région francilienne.

Près d’une plante sauvage sur trois – coquelicot hybride, violette élevée, prêle panachée – est menacée de disparition en Ile-de-France du fait de la destruction des habitats naturels, selon la première « liste rouge régionale » établie par le Muséum d’histoire naturelle. Contrairement aux idées reçues, la région francilienne – 1 200 km2 et quelque 12 millions d’habitants – n’est pas majoritairement urbaine : la moitié du territoire (49,9 %) est recouvert de terres agricoles, et 23 % de milieux boisés et de forêts.

Pour la première liste rouge de la flore menacée en Île-de-France, 1 537 espèces indigènes et naturalisées (non originaires de la région, mais qui s’y multiplient naturellement) d’arbres, de fougères et de plantes à fleurs ont été passées au crible des critères dictés par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le travail, effectué par des experts du Muséum et de Natureparif, agence régionale pour la biodiversité, a permis d’établir : « 85 espèces, soit 6 %, des plantes semblent avoir disparu de la région depuis le XVIIIe siècle et 400 autres (26 %) sont aujourd’hui menacées. » Parmi les plantes menacées, 8 % courent un risque majeur d’extinction dans les prochaines années, avec un taux plus important pour les plantes ligneuses, celles à bulbes et rhizomes et les plantes annuelles.

L’étalement urbain et les changements des pratiques agricoles vers des cultures intensives sont « responsables de la disparition progressive d’espèces comme l’Adonis d’automne, une petite plante compagne des cultures et classée en danger critique d’extinction », selon le document publié mercredi. L’Île-de-France est l’une des dernières régions de la métropole où l’on trouve encore la Sabline sétacée, petite fleur blanche de la famille des œillets, classée « en danger », et la Prêle panachée. Par ailleurs, « les arbres et arbustes sont proportionnellement moins menacés que les autres groupes du fait de la stabilité des espaces forestiers et de l’importance des forêts en Île-de-France », indique l’étude.

(…) L’étude souligne que l’abandon du pâturage extensif pour des mises en culture et l’utilisation massive d’herbicides, d’engrais et de nouvelles techniques de labour « ont, en quelques dizaines d’années, fait disparaître nombres d’espèces compagnes des cultures », comme le coquelicot hybride en danger critique d’extinction.

Alors que la France s’est engagée à stopper l’érosion de la biodiversité dans le cadre de la Convention internationale, les actions à mettre en œuvre doivent veiller à mieux connaître les espèces menacées, leur habitat et engager des plans régionaux de conservation, selon les experts. Ceux-ci sont en cours en Île-de-France, entre autres pour la Prêle panachée, l’Anémone hépatique. (…) Le Conservatoire botanique propose ainsi de mettre en banque de semences au moins 80 % des espèces menacées de l’Île-de-France.

Publié le 12/01/2012 sur www.lepoint.fr/science/pres-d-une-plante-sur-trois-menacee-en-ile-de-france-12-01-2012-1418234_25.php



Quand les loups font repousser les arbres

11 01 2012

Pour aider à répondre au défi scientifique sur la forêt http://www.ia94.ac-creteil.fr/sciences/aides/defis/defi_vivant_foret_C3.htm

ENVIRONNEMENT – Dans le parc Yellowstone, aux Etats-Unis, la réintroduction des loups a été bénéfique pour les arbres…

Dans le parc naturel américain de Yellowstone, les loups sont plutôt bien vus: selon les scientifiques, le retour du loup gris a permis de limiter la population d’élans qui grignotait les jeunes pousses de peupliers, de saules et de trembles.

Un des auteurs de l’étude, publiée dans la revue scientifique Biological conservation, a constaté que la végétation s’était considérablement étendue dans le Yellowstone depuis la réintroduction des loups en 1995. Parallèlement, la population d’élans a fortement diminué. Grâce à la centaine de loups qui peuple le parc, les oiseaux et les castors ont aussi retrouvé des abris dans les arbres et de quoi se nourrir.

Publié le 04/01/2012 sur http://www.20minutes.fr/article/852750/quand-loups-font-repousser-arbres



Lecture / film : L’Homme qui plantait des arbres

12 12 2011

En lien avec le défi EDD sur la forêt

http://www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/defi_foret_service_homme.htm

L’homme qui plantait des arbres est une nouvelle écrite en 1953 par l’écrivain français Jean Giono pour « faire aimer à planter des arbres », selon ses termes. Il s’agit de l’histoire, présentée comme authentique, du berger Elzéard Bouffier, personnage pourtant de fiction, qui fait revivre sa région, localisée en Haute Provence, entre 1913 et 1947, en plantant des arbres.

Écrite à la suite d’une commande du magazine américain Reader’s Digest, la nouvelle a eu un retentissement mondial. Elle est aujourd’hui considérée comme un manifeste à part entière de la cause écologiste. Beaucoup de personnes ont cru que le personnage d’Elzéard Bouffier avait vraiment existé, croyance sur laquelle Giono n’a pas manqué de jouer.

La nouvelle véhicule de nombreux messages : écologiques, humanistes et même politiques. L’histoire d’Elzéard Bouffier est en effet considérée dans la littérature écologiste comme une parabole de l’action positive de l’homme sur son milieu et de l’harmonie qui peut s’ensuivre.

Le récit de Giono a donné lieu à un film d’animation du même nom, réalisé par l’illustrateur Frédéric Back et lu par Philippe Noiret, et qui a obtenu plus de 40 prix à travers le monde.

L’Homme qui plantait des arbres est aujourd’hui reconnu comme une œuvre majeure de la littérature de jeunesse et elle est, à ce titre, et pour son message écologique de développement durable, étudiée en classe.

Lire la suite sur http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Homme_qui_plantait_des_arbres

Film d’animation partie 2  http://www.dailymotion.com/video/x3e5ki_l-homme-qui-plantait-des-arbres-par_creation#rel-page-1



Ces métiers verts que vous allez aimer

9 12 2011

Savez-vous quels secteurs recouvrent « les métiers verts » ? Et quel est le quotidien d’un agriculteur bio, d’un ingénieur en pollution atmosphérique ou d’un créateur de jeans durables ?

SOMMAIRE

Emplois verts : où ? combien ? Comment ? Des énergies renouvelables aux filières de l’eau et des déchets : tour d’horizon

Elle fait régner la loi de la nature Avocate en droit de l’environnement

L’architecte durable sort du bois Architecte bois

L’éco-conception au berceau Eco-designeuse

La Seine pour autoroute Batelier

Un technicien dans le vent Technicien de maintenance en parcs éoliens

Animer, c’est sa vraie nature ! Animateur nature

De la mesure dans l’air ingénieure en pollution atmosphérique

La gardienne des eaux parisiennes Responsable Hygiène sécurité environnement

Un métier qui en jette ! Rudologue

Un paysan qui nourrit la planète Agriculteur bio

Le créateur de jeans durables Créateur de marque de mode éthique

Le berger des berges Garde-rivière

Publié le 10-11-2010 sur http://www.terraeco.net/



Rouler moins vite pour sauver la chouette effraie

5 12 2011

En lien avec le défi EDD http://www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/defi_homme_biodiversite.htm

Ce rapace nocturne est trop souvent victime de collisions avec les voitures…

«La chouette effraie des clochers» (Tyto alba), rapace nocturne victime chaque année de collisions fatales avec des automobiles, fait l’objet d’une campagne nationale intitulée «roulez moins vite la nuit» lancée par la Ligue de protection des oiseaux LPO. «On estime que chaque année une chouette effraie meurt tous les deux kilomètres d’autoroute en France», indique la LPO dans un communiqué annonçant l’ouverture de sa campagne de protection, avec le soutien de la Fondation Norauto. «Modérer sa vitesse sauve des vies humaines tout en participant à la biodiversité», souligne le président de la LPO, Alain Bourgrain Dubourg.

La «dame blanche» ne pèse que 350 grammes

Classée espèce vulnérable en Rhône-Alpes et espèce à surveiller en Champagne-Ardennes, la chouette effraie souffre également de la raréfaction de ses sites de nidification. Elle ne construit pas de nid mais utilise, en dehors des arbres creux, des lieux construits par l’homme, comme les clochers ou les granges. Mais les vieilles bâtisses disparaissent, les combles sont de plus en plus souvent aménagés et les clochers sont protégés par des grillages contre la prolifération des pigeons, souligne la LPO.

La campagne de protection vise à favoriser aussi la pose de nichoirs, dont 150 ont été déjà installés cet automne avec la Fondation Nature et Découvertes. La chouette effraie, appelée «dame blanche», de taille moyenne et ne pesant que 350 g en moyenne pour une envergure d’environ un mètre, est à la base de nombreuses légendes prétendant qu’elle annonçait la mort. On l’aperçoit souvent près des églises et donc des cimetières. Mais elle est aussi un précieux auxiliaire en agriculture car elle se nourrit à plus de 95% de petits rongeurs, musaraignes, mulots, souris et campagnols.

Publié le 02/12/2011 sur http://www.20minutes.fr/



Carpes, silures, anguilles : Paris veut étudier la biodiversité de la Seine

5 12 2011

En lien avec le défi EDD http://www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/defi_marne.htm

PARIS (AFP) – La mairie de Paris souhaite lancer une étude sur la biodiversité de la Seine qui serait « une première » et la traduction concrète du Plan biodiversité voté lors du Conseil de Paris de novembre, a annoncé mardi Fabienne Giboudeaux, adjointe EELV en charge des espaces verts.

Dans la Seine ondulent de nombreuses variétés de poissons comme l’anguille commune, le silure glane, la méduse d’eau douce. Le fond de l’eau abrite aussi l’écrevisse rouge américaine, la carpe commune et l’éponge d’eau douce de Müller…

La ville rappelle qu’ »à ce jour les données relatives à la Seine dans Paris sont partielles et concernent essentiellement certains groupes de la macrofaune (poissons, amphibiens, oiseaux) ».

« Il n’existe pas », selon elle, « de données globales, ni de données détaillant les différents habitats qui lui sont inféodés, tant aquatiques, que sur les berges et les quais ».

Elle entend présenter lors du Conseil de Paris de décembre une délibération pour réaliser cette étude évaluée à 200.000 euros TTC. Les élus seront amenés à voter une demande de subvention auprès de l’Agence de l’Eau Seine Normandie, à hauteur de 50% du montant HT de l’étude.

Ce projet s’intègre aussi à l’aménagement des berges de Seine cher à Bertrand Delanoë, qui se traduira par la fermeture totale aux voitures d’une partie des quais rive gauche (sur 2,5 km).

Publié le 29/11/2011 sur http://www.liberation.fr/



Nos poubelles au régime. Pourquoi ? Comment ?

24 11 2011


Pour aider à relever de défi EDD http://www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/edd_piste08.htm

Symbioses n°92
A la veille de la semaine européenne de réduction des déchets (du 19 au 27/11), Symbioses, le magazine d’éducation à l’environnement, publie un dossier complet sur le contenu de nos poubelles. Il aidera les enseignants et animateurs à mieux comprendre les grands enjeux liés aux déchets, à s’interroger sur nos modes de production et de consommation, leur fera découvrir des projets d’écoles, des actions citoyennes, des expériences d’économie sociale… Du tri au recyclage, du troc à la récup’. Il propose articles de réflexion, reportages, outils et activités pédagogiques, adresses utiles. Il est téléchargeable gratuitement sur http://www.symbioses.be/



Les ressourceries se multiplient

24 11 2011


Pour aider à relever de défi EDD http://www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/edd_piste08.htm

CONSOMMATION – De plus en plus de lieux de récupération et de revente des objets voient le jour…

Collecte, remise en état, recyclage ou revente d’objets condamnés à la déchèterie, les «ressourceries», ces boutiques qui allient réduction des déchets et création d’emplois, profitent de la crise et de la sensibilisation aux menaces contre l’environnement. Les «ressourceries» sont des structures qui essaiment peu à peu en France -il y en a 80, dont 11 en Ile de France. Le principe: réduire les déchets ultimes en les «transformant en ressources» et en les vendant à prix modique. Et par ce biais créer des activités et des emplois durables, ainsi qu’un lieu de rencontres et de formation professionnelle.

«D’une société du tout jetable à une société du tout utile»

Les «ressourceries» répondent à une double crise: crise économique, «qui met en cause notre modèle de consommation», et crise environnementale, qui nous impose de limiter notre usage des ressources, a souligné devant la presse François Dagnaud, adjoint au maire de Paris, chargé de la propreté et du traitement des déchets, à l’occasion de la Semaine européenne de la réduction des déchets (19-27 novembre). «Le recyclage et le réemploi des déchets sont une réponse», avec le «passage d’une société du tout jetable à une société du tout utile», souligne-t-il.

Depuis deux ans, la mairie soutient les projets, et le concept «monte en puissance» dans la capitale, avec plusieurs projets qui devraient rapidement voir le jour. «Le gisement sur Paris est énorme, c’est une nécessité économique, sociale, et écologique», affirme l’élu PS du XIXe. Première ressourcerie de la capitale, l’Interloque, ouverte dans le XVIIIème en 2006 à l’initiative de Gian-Carlo Pinna, récupère, valorise et revend les «déchets» et propose un atelier de pièces détachées de vélos. Elle essaie de sensibiliser son public à l’acquisition de comportements respectueux de l’environnement, par des ateliers d’animation et des programmes pédagogiques. Elle a créé 12 emplois pérennes.

«Une deuxième vie aux produits, une deuxième chance aux gens qui n’ont pas accès à l’emploi»

Emmaüs défi, rattachée à Emmaüs France, marie insertion professionnelle et gestion d’objets collectés auprès des particuliers. Elle les vend dans son bric-à-brac du «Centquatre», dans le XIXème, ou dans son entrepôt du boulevard Jourdan. Là, selon Charles-Edouard Vincent, un de ses responsables, «on y fait la queue» le samedi pour acheter un lustre, des livres, de la vaisselle ou un piano… «Nous travaillons dans la logique du développement durable», insiste Sophie, une autre responsable.

Emmaüs défi devrait ouvrir prochainement un grand bric-à-brac sur le site de l’ancien marché Riquet, dans le XIXème, ce qui permettra à l’association de doubler son activité, et donc d’embaucher davantage de personnes en très grande exclusion. «On donne une deuxième vie aux produits, une deuxième chance aux gens qui n’ont pas accès à l’emploi», dit Sophie. «La réserve des arts» est une «ressourcerie spécialisée», qui s’adresse aux étudiants en arts ou artistes peu fortunés, et leur propose à faible coût des matériaux récupérés, qui peuvent être réutilisés, pour promouvoir «une pratique artistique responsable». Dans un tout proche avenir, la ressourcerie de «la Maison du Canal» va ouvrir une «librairie solidaire» avec des ateliers visant à créer du lien social.

Publié le 23/11/2011 sur http://www.20minutes.fr/societe/828950-reponse-crise-ressourceries-vent-poupe



Donner, réparer, échanger… Le plein d’idées pour réduire ses déchets

24 11 2011

Pour aider à relever de défi EDD http://www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/edd_piste08.htm

Quelques conseils pour mettre ses poubelles au régime…

Trois-cent quatre-vingt-dix kilos par personne et par an: chaque Français produit, souvent sans s’en rendre compte, plus d’un kilo de déchets par jour. La troisième édition de la Semaine européenne de réduction des déchets, du 19 au 27 novembre, veut mettre nos poubelles au régime sec: réutilisation, achats réfléchis et don de nos vieux objets pourrait permettre de réduire considérablement la quantité de déchets qui partent, trop souvent, en fumée: en 2008, 60% des déchets municipaux européens finissaient encore dans des décharges ou des incinérateurs, émetteurs de CO2 et de méthane qui contribuent au changement climatique.

Adopter des lombrics et acheter en vrac

Selon l’Ademe, un tiers de nos poubelles est composé de matières «organiques», c’est-à-dire des restes de repas, épluchures, pain sec… Pour éviter le gaspillage alimentaire, on peut apprendre à cuisiner et conserver les restes, et surtout acheter les bonnes quantités de nourriture. Un lombricomposteur peut avantageusement remplacer la poubelle pour ce genre de déchets que les vers se feront un plaisir de décomposer pour les transformer en engrais.

Au deuxième rang du classement des occupants les plus nombreux de nos poubelles, les papiers et cartons d’emballage représentent 21,5% des déchets des Français, selon l’Ademe. En cause notamment, le suremballage, que l’on peut apprendre à éviter en faisant ses courses: on peut bouder les cartons inutiles comme celui autour du tube de dentifrice ou des yaourts, certains magasins proposent des produits en vrac et les grandes contenances ont souvent un ratio emballage/produit plus intéressant que les portions individuelles. Mais attention dans ce cas à ne pas acheter trop et à jeter des produits non consommés…

Les ressourceries ressuscitent les objets

Cette année, la Semaine européenne de réduction des déchets veut ressusciter nos vieux objets. La plupart des choses que nous jetons pourraient être réutilisées, soit en les faisant réparer, soit en les donnant. Si les vide-greniers et les brocantes connaissent un succès croissant, de nouvelles manières d’échanger ses objets naissent sur le Web ou via l’économie sociale et solidaire. Les ressourceries sont ainsi en plein développement: ces lieux reprennent les objets usagés pour les transformer ou les réparer, sans but lucratif. Les objets sont revendus à des prix accessibles et bien souvent les ressourceries emploient des salariés en réinsertion. L’activité des ressourceries représentait en France environ 16.000 emplois en 2008, chiffre l’Ademe, et a compté 2,4 millions d’acheteurs de produits de seconde main.

Pour les filles dont le placard déborde, les vêtements peuvent aussi s’échanger, avec des sites Internet qui permettent de troquer ce qui ne nous plaît plus, ou se donner via les points de collecte «Le relais», qui en feront profiter les associations caritatives. Selon l’Ademe, donner une seconde vie aux objets permettrait de réduire les déchets de Français de 13kg par personne et par an.

Publié le 21/11/2011 sur http://www.20minutes.fr/



L’arbre, allié de taille

22 11 2011

Pour aider à répondre au défi EDD : http://www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/defi_foret_service_homme.htm

UN ÉPURATEUR D’ATMOSPHÈRE

Nous, humains, avec nos 2 mètres carrés de peau, sous-estimons la surface de l’arbre. Pour la calculer, il faut mesurer chaque feuille recto verso, ajouter la surface du tronc, des branches et rameaux, des racines longues et fines et des poils absorbants, sans oublier les poches dans l’écorce. Un arbre feuillu de 15 mètres occupe au total 200 hectares, l’équivalent de Monaco. Il double de poids quand il est mouillé. Toute cette surface respire, nous fait respirer.

« Grâce à la photosynthèse, l’arbre est notre meilleur allié dans la lutte contre le réchauffement climatique « , estime Francis Hallé. Tout arbre, absorbe quantité de dioxyde de carbone (CO2), responsable de l’effet de serre. 20 % à 50 % de la matière produite par l’arbre – bois, racines, feuillages, fruits… – est constituée de CO2. Ainsi, en respirant, l’arbre épure l’atmosphère. Il séquestre le dioxyde de carbone et les polluants urbains tels que les métaux lourds, le plomb, le manganèse, les suies industrielles, les oxydes d’azote et de soufre, l’ozone… Ceux-ci sont dissous par l’eau intérieure, puis stockés dans le bois. C’est pourquoi il faut couper les vieux arbres le moins possible. Plus ils sont grands, plus ils purifient l’air.

En même temps, l’arbre libère l’oxygène qui nous fait vivre, l’O2. Un humain adulte consomme environ 700 grammes d’O2 par jour, soit 255 kg par an. Pendant ce temps, un arbre moyen en produit 15 à 30 kg. Il faut donc une dizaine d’arbres pour oxygéner un homme. En plus, l’arbre humidifie et rafraîchit l’atmosphère par évaporation et transpiration. Une zone boisée de 50 m2 fait baisser la température de 3,5 °C et augmente le taux d’humidité de 50 %. L’agitation des feuillages, surtout des conifères, libère des ions négatifs qui auraient un effet bénéfique sur la santé et l’humeur. Et l’arbre accueille nombre d’espèces utiles.

Pascal Cribier, jardinier talentueux, habite au-dessus du jardin du Luxembourg, à Paris. Il désigne la cime rougeoyante des arbres : « Nous ne voyons que la moitié d’un arbre. Nous n’imaginons pas l’activité souterraine, la taille et la force de ses racines, les espèces qui vivent en symbiose avec lui. Nous oublions que, sans les arbres, le sol se dégrade vite, et pour toujours. » Il faut savoir que sous-bois, racines et sous-sols font vivre champignons, lichens, fougères, plantes épiphytes, insectes, vers et mammifères. Sous terre, les racines font circuler des tonnes d’eau pour abreuver les feuilles. Souvent, elles dépassent en longueur les branchages.

« L’homme ne saurait vivre sans l’arbre, et il le menace partout, s’étonne Francis Hallé. Pourtant, la réciproque n’est pas vraie… » Les Nations unies ont déclaré 2011 Année internationale de la forêt. Les arbres abritent 50 % de la biodiversité terrestre et apportent la subsistance à 1,6 milliard d’humains.

Les enquêtes de l’ONU montrent que la moitié des forêts de la planète a été détruite au XXe siècle. Ainsi, 7,3 millions d’hectares de forêts tropicales ont disparu chaque année entre 2000 et 2005, soit 20 000 hectares par jour. Résultat, la déforestation et la dégradation des forêts tropicales contribuent pour 15 % à 20 % aux émissions de CO2 : brûlés, abattus, les arbres libèrent leur carbone. A l’inverse, l’ONU estime que des plantations d’arbres pourraient compenser 15 % des émissions de carbone dans la première moitié du XXIe siècle.

DE L’ASPIRINE AU PAPIER

L’arbre se contente de peu – lumière, eau, oligoéléments – et déjoue ses ennemis sans bruit, en développant un arsenal chimique. Un if produit des molécules qui éloignent souris et insectes et, ce faisant, il fournit le taxol à l’homme, un anticancéreux efficace. Et chacun sait que le tilleul ou le bouleau, le noisetier ou le citronnier donnent des médicaments.

Prenons un citadin qui déguste en terrasse une salade à l’huile d’olive et au citron avec des pignons, puis commande une omelette aux truffes et un verre de chablis. Au dessert, poire belle-Hélène accompagnée d’un café à la cannelle. En digestif, une goutte de vieux gin. Ensuite, après une aspirine, il prend quelques notes avec un stylo jetable sur un carnet. Cet homme vient de mettre quinze arbres à contribution. Un frêne pour sa chaise, un orme pour la table, un olivier, un pin parasol, un citronnier, un chêne pour la truffe, un robinier (faux acacia) pour le fût du vin blanc, un poirier et un cacaoyer, un caféier, un cannelier, un genévrier, un saule pour l’aspirine, du ricin pour le plastique, un pin sylvestre pour le papier. Nous ne saurions vivre sans les arbres.

ARBRES ET FORÊTS DES VILLES

En Europe, Bruxelles protège les 5 000 hectares de la forêt de Soignes, en pleine ville ; Zurich fait de même, Barcelone a classé sa forêt riveraine, Nantes prévoit de planter 1 400 hectares d’arbres à ses portes. Julien Custot, expert à la FAO, explique : « L’arbre urbain est fondamental pour préserver les sols, contenir les inondations, apporter de l’énergie, pourvoir des aliments sains. Il rend les villes plus agréables, plus fraîches. Il nous faut une vraie politique de foresterie urbaine. »

L’économiste indien Pavan Sukhdev a chiffré les services rendus par les écosystèmes à la conférence de Nagoya sur la biodiversité, dont la France vient de signer le protocole. Il calcule la valeur économique de la nature et ses dégradations. Après trois ans d’enquêtes menées par cent experts, « les gros chiffres impressionnent », affirme-t-il. Si nous divisions par deux le rythme de la déforestation d’ici à 2030, les réductions d’émission de CO2 allégeraient de 2 600 milliards d’euros le coût du réchauffement. L’érosion de tous les écosystèmes terrestres – forêts, sols ou encore zones maritimes – nous fait perdre entre 1 350 et 3 100 milliards d’euros chaque année.

En jardinier, Pascal Cribier s’inquiète de ces chiffres : « Un arbre est inestimable, ce qu’il nous apporte n’a pas de prix… »

D’après un article publié sur http://www.lemonde.fr/planete/ le 20.11.11