Près d’une plante sur trois menacée en Ile-de-France
20 01 2012Peut aider à répondre au défi EDD sur la biodiversité www.ia94.ac-creteil.fr/EDD/defi_homme_biodiversite.htm
Le Muséum d’histoire naturelle et Natureparif viennent d’établir la première liste rouge de la flore menacée dans la région francilienne.
Près d’une plante sauvage sur trois – coquelicot hybride, violette élevée, prêle panachée – est menacée de disparition en Ile-de-France du fait de la destruction des habitats naturels, selon la première « liste rouge régionale » établie par le Muséum d’histoire naturelle. Contrairement aux idées reçues, la région francilienne – 1 200 km2 et quelque 12 millions d’habitants – n’est pas majoritairement urbaine : la moitié du territoire (49,9 %) est recouvert de terres agricoles, et 23 % de milieux boisés et de forêts.
Pour la première liste rouge de la flore menacée en Île-de-France, 1 537 espèces indigènes et naturalisées (non originaires de la région, mais qui s’y multiplient naturellement) d’arbres, de fougères et de plantes à fleurs ont été passées au crible des critères dictés par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le travail, effectué par des experts du Muséum et de Natureparif, agence régionale pour la biodiversité, a permis d’établir : « 85 espèces, soit 6 %, des plantes semblent avoir disparu de la région depuis le XVIIIe siècle et 400 autres (26 %) sont aujourd’hui menacées. » Parmi les plantes menacées, 8 % courent un risque majeur d’extinction dans les prochaines années, avec un taux plus important pour les plantes ligneuses, celles à bulbes et rhizomes et les plantes annuelles.
L’étalement urbain et les changements des pratiques agricoles vers des cultures intensives sont « responsables de la disparition progressive d’espèces comme l’Adonis d’automne, une petite plante compagne des cultures et classée en danger critique d’extinction », selon le document publié mercredi. L’Île-de-France est l’une des dernières régions de la métropole où l’on trouve encore la Sabline sétacée, petite fleur blanche de la famille des œillets, classée « en danger », et la Prêle panachée. Par ailleurs, « les arbres et arbustes sont proportionnellement moins menacés que les autres groupes du fait de la stabilité des espaces forestiers et de l’importance des forêts en Île-de-France », indique l’étude.
(…) L’étude souligne que l’abandon du pâturage extensif pour des mises en culture et l’utilisation massive d’herbicides, d’engrais et de nouvelles techniques de labour « ont, en quelques dizaines d’années, fait disparaître nombres d’espèces compagnes des cultures », comme le coquelicot hybride en danger critique d’extinction.
Alors que la France s’est engagée à stopper l’érosion de la biodiversité dans le cadre de la Convention internationale, les actions à mettre en œuvre doivent veiller à mieux connaître les espèces menacées, leur habitat et engager des plans régionaux de conservation, selon les experts. Ceux-ci sont en cours en Île-de-France, entre autres pour la Prêle panachée, l’Anémone hépatique. (…) Le Conservatoire botanique propose ainsi de mettre en banque de semences au moins 80 % des espèces menacées de l’Île-de-France.
Publié le 12/01/2012 sur www.lepoint.fr/science/pres-d-une-plante-sur-trois-menacee-en-ile-de-france-12-01-2012-1418234_25.php
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