Le CRIT 2007
Publié le 1 avril 2007 par Arthur dans EvènementsJe vous en ai déjà parlé, et j’en rentre tout juste, le CRIT 2007 s’est déroulé ce week-end, de vendredi à dimanche, à Grenoble. Le CRIT, c’est le Critérium inter-IEP, une compétition sportive où s’affrontent les neuf IEP de France, avec chacun une délégation de sportifs et supporters de 200 à 300 personnes. Au programme : sport, fête, beuverie, chope, chansons paillardes, pompoms, etc. Le principe est simple : Paris contre la province. Ainsi, les provinciaux hurlent régulièrement « Province, unie, tous contre Paris ! », à quoi les Parisiens répondent : « Province, unie, tous derrière Paris ». Malheureusement, cette fois-ci, Paris a fini deuxième, derrière l’organisateur, Grenoble, mais de très peu. L’an dernier, Paris avait aussi perdu face à l’organisateur, Aix, qui avait triché. Autre constante, Rennes remporte la cuiller de bois (une vraie cuiller en bois d’1m60 à vue d’œil).
Chaque IEP a ses couleurs : jaune et noir pour Paris, rouge et noir pour Bordeaux, rouge et blanc pour Lille, bleu et blanc pour Strasbourg, jaune et bleu pour Grenoble, Orange pour Rennes, rouge et jaune pour Aix, rose pour Toulouse, rouge et bleu pour Lyon. Après un départ à 22 heures de Paris, et un voyage en bus alcoolisé et peu reposant, nous arrivons vendredi vers 9h à la station de ski des Sept Laux, pour l’inauguration du CRIT. Affrontements entre tous les IEP sur une piste, bagarre de boules de neiges, vols d’écharpes, alcool pour tout le monde, et luxation du genou pour moi. Un petit-déjeuner était prévu : croissants et chocolat-chartreuse pour tout le monde ! Pendant ce temps, au ski, Grenoble l’emporte juste devant Paris, sur une piste ultra dangereuse.
Puis on part à Grenoble pour le début des phases de poules des compétitions sportives. Bonne journée pour Paris, aucune défaite en équipes collectives, avec massacre à la clé de Strasbourgeois au rugby (25-5 et quatre blessés dans le Strohteam). Je devais courir le cross, mais mon genou ne me le permit finalement pas. De toute façon, c’est un Parisien qui l’a gagné (Bravo Jean-Marie !).
Les supporters supportent, les pompoms se déchaînent, les Parisiens sont détestés. Le soir, tous sont lâchés dans la ville, avec des prix dans les bars, après quoi nous rejoignons nos hôtels. Pour moi c’était Campanile, ce qui pour un CRIT est plus que correct, surtout que nous étions à côté de Grenoble, pendant que les Aixois étaient punis et dormaient à Chambéry.
Le lendemain, réveil à 7h30, et fin des phases de poules. Toujours aucune défaite pour Paris, qui place toutes ses équipes de sports co en demies. Les provinciaux nous aiment de moins en moins. Il faut dire qu’on n’a pas trop cherché à se faire aimer. Le soir, au RU, affrontement exceptionnel. Tout le monde chante, les fanfares font des tours de salle, tout le monde sur les tables, lancers de paella etc. Un pur bonheur.
La nuit venue, soirée à Alpexpo, un hall d’exposition. 30m de bar, 2500m², la bonheur de tout criteux qui se respecte. Les pompoms font leur show. Les lilloises montrent leurs seins, ce qui leur vaudra d’être disqualifiées (en plus des simulations de certaines pratiques sexuelles que mon bon goût ne me permettent pas de relater ici). Les Parisiennes passent 4ème : huées du public (« Paris, Paris, on t’encule », ce à quoi l’on répondait, au choix, soit « Paris, Paris, on s’encule », soit « Au moins, au moins, faites le bien », soit « paroles, paroles, paroles… » Soit encore « Prenez un ticket, prenez un ticket, prenez, prenez, prenez un ticket », le bon goût de ses chants n’ayant d’égal que leur raffinement), mouvement de foule et… la musique qui ne marche pas. Retour backstage. Après le passage d’un autre team, Paris revient, après qu’on leur a dit que cela marchait à nouveau… ce qui n’est pas le cas. Huées à nouveau, et humiliation de nos pompoms bEE-tchs (déguisées en abeilles, puisque jaune et noir sont nos couleurs, suivez un peu que diable !). L’animatrice grenobloise déclare forfait les Parisiennes et crie à la foule « Souvenez vous : Province unie… ». Elle manquera de peu se faire tuer par nos pompoms furieuses juste après, et sera forcée de remonter sur scène s’excuser au nom de l’organisation et des toutes les équipes de province. Finalement, le fichier marche à la troisième tentative. Show génial, vive les pompoms bitchs ! On finira troisièmes.
Retour à l’hôtel, courte nuit, changement d’heure oblige. Troisième jour, la fatigue n’est plus un problème, on s’est habitués. Demies et finales au programme. Pour Paris, c’est la Bérézina : on perd en demies en foot masculin (aux tirs aux buts face à Toulouse), en Rugby masculin face à Bordeaux, en hand féminin, en basket féminin comme masculin, j’en passe. Heureusement, le foot féminin, le volley et le hand masculins et le ping-pong passent. Après une belle victoire en volley féminin face à Bordeaux, Paris perd le dernier match de ce CRIT 2007 en handball masculin face à Grenoble, dans une superbe ambiance.
On repart à nos bus, en sachant que Grenoble a gagné le CRIT. Ca s’est joué de peu : si Paris avait gagné le hand masculin et qu’une équipe de plus était parvenue en finale, on l’aurait eue. Enfin, ne refaisons pas le match. Nous partons donc pour Chambéry, où la dernière soirée nous attend dans une immense boîte, avec 5 salles de 5 ambiances différentes, assez excellente. Mais tout le monde est fatigué, on ne tient plus debout, la soirée n’est pas très réussie. C’est l’heure de la remise des prix. On nous réunit dans la sorte de Patio au milieu de la boîte. Il y a deux balcons au dessus. Au premier, que des Lillois. Au deuxième, que des Grenoblois. En bas, quasiment que ces deux délégations sont représentées. Elles mettent l’ambiance. Un peu trop au goût des organisateurs, qui redoutent que les voisins n’appellent la police. La cérémonie sera donc écourtée. Toulouse reçoit le prix du fair-play (c’était Paris l’an dernier, mais vu ce qu’on a pu leur dire pendant 3 jours, c’eût été dur de l’avoir à nouveau). Grenoble, outre la victoire finale, reçoit le prix de l’ambiance. Ce qui est scandaleux : c’est Lille, ce que tous reconnaissent, qui le méritait. Ils ont fini loin derrière au classement final, mais comme ils le chantent « On joue, on perd, et on rentre bourrés ». Rennes savoure sa cuiller de bois, acquise haut la main.
A 3 heures, retour à Paris. Panne de chauffage dans le bus. Rhume à la clé. En entrant dans la commune parisienne, le mec de l’AS dans le bus dit dans le micro « nous voilà de retour à la civilisation ». On rentre au 27 rue saint-G. Ca fait mal. On n’a plus de voix, mais on essaye de chanter. Les appariteurs nous font arrêter. Les gens nous regardent un peu perplexes. A 14h30, l’AS est reçue par Richard Descoings, qui félicite les sportifs, « mais pas les paroliers ». Aucun humour, j’vous jure… Enfin, je le comprends un peu. Mais que serait un CRIT sans chants scabreux, sans paroles grivoises, sans comportements graveleux, sans mépris outrancier, sans concupiscence exacerbée ?
Pour la route, quelques chants (je censure les pires) :« On n’entend plus chanter Maurice Papon, on n’entend plus chanter… » (Les Bordelais nous répondaient alors « Papon, Cantat, Fabrice Burgaud ! »). On pouvait remplacer Maurice Papon par « le juge Burgaud », « la Trintignant », ou encore « Alain Juppé ».« Ô Lyonnais, Ô Lyonnais, on savait même pas qu’ils avaient un IEP ! »« Et quand la province crée des IEP, c’est tout Paris qui s’met à rigoler… […] Et quand les Parisiens sont fatigués, c’est en province qu’ils vont se reposer… »« Contre Aix, buvez, éliminez ! »« Les Strasbourgeoises sont toutes des Allemandes de l’Est, des Allemandes de l’Est, des Allemandes de l’Est » (inventé l’an passé par Lille).« A l’ANPE, à l’ANPE, à l’A, à l’A, à l’ANPE ! » ou « RMIstes ! RMIstes ! RMIstes ! »Le meilleur de tous restant « la Bulgarie », hymne parisien, dont je ne peux, par décence, vous donner ici les paroles.
Bilan des courses : une 2ème place, plus de voix, le genou droit en vrac, du retard dans mon boulot, un super week-end, 50 potes en plus, 2000 ennemis en plus (grosso modo tous les provinciaux), un rhume, pleins de supers souvenirs et des photos compromettantes de beaucoup d’amis (ça peut servir comme moyen de pression, on sait jamais).
Je tiens à préciser aux imbéciles et aux mal-comprenant qui rôderaient par hasard dans les parages à la recherche de je ne sais quelle envie de se plaindre ou de râler (sport national français, on devrait le rajouter au CRIT l’an prochain), que le comportement anti-province de Paris se cantonne à ces trois jours de l’année, et qu’au final, on les aime bien, c’est juste pour rigoler, et eux rigolent bien aussi. D’ailleurs au final des Rennais ont chanté « Rennes, Paris ! Solidarité ! » (which is rare), et un Aixois a fait de même, mais c’était juste pour qu’on lui paye un coup à boire à la soirée, comme il avait plus une thune. Il pouvait rêver, pas à un provincial tout de même !
2 avril 2007 Ã 6:14
Bravo
2 avril 2007 Ã 10:21
Lol, rien de plus, rien de moins
C’est festif en tout cas ^^
2 avril 2007 Ã 11:02
Je vous sens perplexes…
Vous pouvez avoir plus de photos si vous êtes su Facebook. Et pour plus de vidéos, allez sur Dailymotion.
3 avril 2007 Ã 4:19
Bah ca doit être beaucoup plus marrant en live quoi ^^
3 avril 2007 Ã 9:48
J’imagine bien…
Pour bientôt pour vous
4 avril 2007 Ã 9:59
Je ne suis absolument pas perplexe, ça a l’air génial ! Un peu comme dans les teenage movies, american pie and co
c’est encourageant en tout cas le “bientot pour vous”, bientôt la fin de l’année scolaire, bientôt le concours scpo et le stress qui augmente de jours en jours…
J’attends que ça je crois
5 avril 2007 Ã 4:11
C’est vrai qu’une machine à avancer le temps serait parfois la bienvenue
5 avril 2007 Ã 10:34
Tu a vu ce qui s’est passé avec Le Pen? Ca m’a vraiment fait plaisir de voir que les étudiants avaient hué le pen. On en pense ce qu’on en veut, mais personnellement je pense qu’il l’a eu en travers de la gorge de se faire siffler par la future élite politique. il voit bien que la ou on apprend les sciences politiques, il n’est pas aimé.
http://www.dailymotion.com/relevance/search/le+pen+sciences+po/video/x1my35_accueil-le-pen-a-sciences-po
6 avril 2007 Ã 9:00
J’y étais, mais dans la salle. Je n’ai vu que les vidéos sur ce qui s’est passé en dehors. Je posterai ce soir un article qui racontera cette journée. Celui que je préparai sur la semaine des arts attendra ce week-end.
6 avril 2007 Ã 10:19
Ben déjà scpo est réputée de gauche, Assas de droite (voir d’extrême droite), il y a même pas 20 ans le GUD détruisait les locaux de scpo alors bon… pas étonnant qu’il ait été hué.
Même si je suis contre Le Pen, je pense que ça doit être bien humiliant de se faire huer, et un peu un signe de triomphe pour lui : il a su être “différent” dans la politique, il a marqué son passage dans la vie politique française, ce que la majorité des politiques rêvent de faire, mais n’y parviennent pas forcément…
6 avril 2007 Ã 3:58
Sciences Po de gauche, ça se discute. Disons qu’il y a une tendance, mais c’est beaucoup moins marqué que pour Assas à droite par exemple.
Je comprends ton argument, mais je pense qu’il fallait lui montrer notre désaccord, tout en le laissant parler, s’exprimer, défendre ses idées.
Mais quand on entend “le stock d’immigrés arrivé depuis cinquante ans”, on ne peut rester silencieux je pense.
7 avril 2007 Ã 1:39
“On vient, on perd, et on s’en va bourrés”
la magnifique réponse à chaque attaque aussi “on s’en fout parce qu’on n’a pas d’fierté”
On se fait voler la plupart de nos chants, et maintenant l’ambiance.
Sniff, j’n'y étais pas cette année mais je n’aurais pas supporté cet affront grenoblois
Je suis loin d’être une iepienne convaincue de ce que je fais, mais qu’est ce que j’aime être au moins dans celui de Lille…
7 avril 2007 Ã 11:25
Bonjour chère amie d’outre-TGV,
Vous étiez sans aucun doute les champions de l’ambiance, vous méritiez le prix de l’ambiance.
Vive les chants lillois !
Et pour les pompoms, si ça n’avait tenu qu’à moi, on vous aurait fait gagner !
16 avril 2007 Ã 1:00
Allez la choune ! Allez la choune ! Allez la choune!
28 avril 2007 Ã 5:49
Science Po Grenoble. Fut barmaid pendant les trois jours du Crit et notamment derrière ces 30 mètres de Bar à Alpes Expo (exhibant un magnifique tee-shirt Rolling Stones). Et bien que “Province Unie, Tous contre Paris” ou que “Paris capitale, province succursale”; je promets une danse le lendemain à un Parisien au prénom unique. Parisien jamais retrouvé. Alors, si jamais il lit cette courte démonstration de ma verve éplorée; cher Parisien, je me désole de n’avoir pu t’accorder cette danse (en tout bien tout honneur).
Autrement; pour mon premier Crit, je ne peux que m’extasier devant tant de superbe. De solidarité au-delà des compétitivités. Et de record d’absorbtion éthylique. Merci d’être venus! Et à l’année prochaine à Toulouse!
29 avril 2007 Ã 12:49
Le style petite annonce dans Libé… J’adore !
(je fais circuler l’info, si je trouve quelque chose je te tiens au courant !)
17 mai 2007 Ã 1:02
A Lyon, et c’est bien connu on est ceux qui vous aiment le moins parmis tous les provinciaux qui vous détestent! (Cf “Lyon Capitale, Paris Succursale”)
Mais je ne peux pas m’empecher de te féliciter pour cet excellent article qui résume bien l’indicible: un crit, ca se vit, ca ne se raconte pas!
Je dois aussi avouer que mon grand regret en tant que lyonnais est qu’aucune de nos équipes se sont affrontées… contrairement à l’année derniere, ou on était tout le temps tombés sur vous (et ca nous avait couté cher…). On avait spécialement préparé une banderole pour vous… elle restera au chaud et vous la verrez peut etre l’année prochaine!
17 mai 2007 Ã 1:24
C’est vrai, on aurait pu bien se marrer. Ce que j’ai apprécié avec Lyon, c’est cette capacité à ne pas se prendre au sérieux que n’ont pas d’autres IEP, comme Aix, Bordeaux, et Paris le premier ! Etant né à Lyon, ayant une partie de ma famille là bas, je ne peux qu’aimer cet IEP ! A dans deux ans (l’an prochain, année à l’étranger, je ne pense pas me faire un aller-retour Buenos Aires-Toulouse en quatre jours !).
Ce commentaire est le millième posté sur le Blog ! Ouaouh !
17 mai 2007 Ã 1:47
Alors de source sûre, c’est à dire moi, en 4ème année à l’IEP de Lyon, je peux affirmer que le ” Les Strasbourgeoises sont toutes des Allemandes de l’Est, des Allemandes de l’Est, des Allemandes de l’Est ” n’a pas été inventé l’an dernier à Lille étant donné que je le scandais déjà lors du crit à Bordeaux en 2004!
Par contre, aucune idée de la délégation à l’origine de ce chant…
17 mai 2007 Ã 5:16
Au temps pour moi. J’ai été mal informé !
On m’a dit que c’était des Lillois, je les en crois bien capables !
18 mai 2007 Ã 10:40
Franchement ça me rappelle de trop trop bons souvenirs… Je suis de Lyon et pendant ces 3 jours j’ai appris que l’important c’était de participer et de s’amuser sans se prendre la tête, c’est toujours mieux si on gagne bien sûr mais ce n’est pas nécessaire pour profiter !
Par contre je suis triste je n’ai croisé que des parisiens pas sympas(genre “non mais ça sert à rien que vous participiez de toute façon c’est nous qui allons gagner!”) mais bon peut-être que c’était un manque de chance…!
Je serai là l’an prochain mais pas dans 2 ans quand ça sera à Lyon (je vais pas me faire un Tokyo-lyon pour 3 jours!), ah l’année de mobilité…
24 mai 2007 Ã 10:37
Oui, en effet, comme je le dis dans l’article, on a été assez dégueulasses cette année…
2 juillet 2007 Ã 9:39
Merci pour cet article. Ca fait chaud au coeur de lire qu’on méritait le prix de l’ambiance. Je suis d’acc avec toi ;). J’y étais, j’y es perdu ma voix et je suis fier d’avoir défendu le blanc et rouge ;). A l’année prochaine à Toulouse.
3 février 2008 à 3:22
Thanks for sharing
9 février 2008 à 9:01
I’d prefer reading in my native language, because my knowledge of your languange is no so well. But it was interesting! Look for some my links: