L’épreuve sur documents de connaissance du monde contemporain (CMC)
Publié le 7 mai 2007 par Arthur dans Les voies d'admissionC’est sans aucun doute l’épreuve la plus originale et qui est la plupart du temps difficile à appréhender pour les étudiants. En effet, elle ne ressemble à aucune autre, et encore moins à une quelconque épreuve du baccalauréat. Elle dure quatre heures, et a lieu l’après-midi du premier jour du concours.
L’épreuve de CMC est principalement basée sur de la Géographie et des Sciences Economiques et Sociales. Mais elle demande également une certaine culture générale, une connaissance de l’actualité de ces dernières années et des connaissances historiques. Toutefois, cette épreuve ne demande, en théorie, aucune connaissance. Il s’agit ici seulement de répondre à des questions sur la base d’un corpus de documentaire. Ce corpus est généralement composé d’une dizaine de documents, parfois plus. Ce peuvent être des textes, extraits d’articles de journaux, de rapports, d’ouvrages, des graphiques divers, des cartes, des schémas etc.
La difficulté de l’épreuve réside dans l’analyse de ces documents. Il ne faut pas oublier d’information, et trouver l’information juste donnée par le document, éviter la mésinterprétation. Ensuite, il faut organiser ces informations pour répondre aux questions. Attention, chaque document doit être utilisé au moins une fois, mais peut aussi l’être à plusieurs reprises, dans une même question ou dans plusieurs.
Les connaissances personnelles ne doivent pas être utilisées : il ne faut se servir que des informations contenues dans les documents. Toutefois, les connaissances sont indispensables pour repérer, ou repérer plus rapidement, ces informations, et les utiliser à bon escient. Avec une maîtrise du sujet, il est immédiatement plus simple d’organiser son devoir, et de répondre précisément aux questions.
Les sujets sont très divers. Il faut en choisir un parmi deux au choix. Auparavant, l’usage voulait qu’un des deux sujets traite d’une problématique française, et l’autre d’une problématique mondiale. Depuis 2005, ce n’est plus le cas, et les sujets se diversifient beaucoup. Aussi, il y avait généralement un sujet à dominante Géographie et un sujet à dominante SES. De la même manière, ce genre de règles n’existe pas vraiment. Il faut être très flexible avec cette épreuve : chaque année, il y a une nouveauté, à laquelle personne ne s’attend. Soyez donc vigilants, et prêts à composer avec un sujet très original, Sciences Po se réservant, et c’est bien normal, le droit de changer sans prévenir le contenu ou la forme d’une épreuve.
L’épreuve de CMC peut comporter une question dite de typologie, très particulière. Il s’agit en fait de classifier en plusieurs catégories, à définir, des éléments. Par exemple, classer des pays selon le degré de liberté politique dont jouissent ses ressortissants. La difficulté réside en premier lieu dans le fait de repérer qu’il s’agit de faire une typologie : attention au hors sujet. Ensuite, il faut trouver les bonnes catégories, puis les définir correctement. Enfin, il faut effectuer la typologie, en justifiant tous les choix faits, à partir des documents, évidemment.
Des éléments de méthode et de forme sont également à respecter scrupuleusement. Il faut tout d’abord répondre aux questions, et uniquement à celles-ci : il est banni de faire une introduction préliminaire et/ou une conclusion. Il est recommandé de bien écrire le Français, sans faute, et avec un style un tant soit peu agréable (comme pour les autres épreuves d’ailleurs). Les informations ne doivent pas venir seules, mais d’un document. Il faut ainsi toujours citer le document dont provient l’information. Attention, il ne faut toutefois pas dire « le document X nous dit que », mais plutôt « le bidule est caractérisé par telle chose (document X) ». S’il s’agit d’un texte, il faut en citer l’auteur et l’ouvrage, par exemple ainsi : « le bidule est caractérisé par telle chose, comme l’indique Albert Martin (in. Les pots de fleurs sous l’ère Meiji, Editions Trucmuche, 2007) ». Et tant d’autres que je n’ai pas la place de préciser ici.
J’ai dit au début de cet article que l’épreuve de CMC ne ressemblait à aucune épreuve du baccalauréat. En fait, cette affirmation est fausse. Elle ressemble beaucoup, dans la forme, à l’épreuve sur documents de l’épreuve de SVT du baccalauréat scientifique. Sont donc avantagés sur cette épreuve les étudiants venant d’un bac S, et plus particulièrement ceux ayant choisi la spécialité SVT, qui se sont plus particulièrement entraînés à cette épreuve tout au long de l’année. Ceux qui disaient que faire un bac S était un désavantage pour le concours en ont pour leurs frais ! Même si au niveau des connaissances, cela n’aide pas, sur la méthodologie d’analyse des documents et de mise sur le papier des informations ainsi tirées cela peut se montrer comme étant un avantage certain.
Pour ce qui est de la préparation de cette épreuve, il semble essentiel de se familiariser au plus vite avec les documents qui peuvent tomber. Il est ainsi recommandé d’aller voir les sujets tombés ces dernières années, et d’essayer de les traiter. De plus, il est nécessaire de maîtriser les programmes de Géographie du lycée, de connaître les définitions essentielles. Par ailleurs, une bonne connaissance des problématiques d’actualité de ces dernières années semble nécessaire. Enfin, il faut savoir analyser des documents de formes très diverses. Lire des journaux économiques, ou présentant régulièrement des graphiques, peut être une bonne chose. Par exemple, regarder les infographies du Monde, disponibles sur lemonde.fr peut être utile, lire les Echos ou The Economist (pour faire d’une pierre deux coups, et préparer en même temps votre épreuve de langue !)
Beaucoup d’étudiants pensent que cette épreuve est la plus simple, puisque les informations sont contenues dans les documents, et qu’il suffirait de les ressortir. Pourtant, c’est ainsi que beaucoup se plantent à cette épreuve. Il est ainsi nécessaire de s’y préparer de manière très sérieuse, et de ne surtout pas la délaisser au profit de l’Histoire ou de la Culture Gé, même si cette préparation est moins évidente à envisager.
Bon courage !
8 mai 2007 Ã 1:39
J’ai une question :
Je me suis inscrite au concours d’entrée à bac 0 de l’iep de Bordeaux ; j’ai reçu ma convocation et il est écrit qu’il y’aura des entretiens (oraux) pour les admissibles, je pensais que le concours se faisait seulement à l’écrit ? Il me semble avoir compris que tu avais reçu le concours de l’iep bordeaux, as-tu du passer des oraux ? est-ce la même chose pour les autres iep ?
Merci par avance
8 mai 2007 Ã 3:04
Comment conseilles tu de se préparer pour cette épreuve? En gros si j’ai bien compris il faut être au courant de l’actualité et maîtriser son programme de géographie..Mais quid de la méthode (surtout pour un ES) ? Conseilles tu des exercices en particulier ou bien faut-il juste avoir des connaissances et acquérir cette méthode en prépa d’été? Merci d’avance
9 mai 2007 Ã 12:22
Bonjour,
@Lili :
J’ai passé ce concours, il n’y en avait pas. Il doit donc s’agir d’une nouveauté qui, soit dit en passant, me semble une excellente idée. Apparemment cela n’est le cas que pour Bordeaux actuellement, mais peut-être que d’autres copieront les années suivantes.
@Alex :
Pour la méthode, en effet, rien de mieux que la prépa d’été. Sinon, tu peux toujours télécharger les dossiers documentaires sur le site Internet de Sciences Po et t’entraîner. Sans aucun entraînement, je pense que cela doit être assez dur au concours. D’ailleurs, si vous avez lu le commentaire des correcteurs en 2005, la moyenne était de 7,32…
9 mai 2007 Ã 9:12
Il faut répondre synthetiquement aux questions? Ou on est plus ou moins libre?
Parce que 4 heures ca me parait super long. Quand par exemple je lis le sujet sur la religion en France, je vois qu’il n’y a presque que des sondages, et un seul texte…
Nathan
10 mai 2007 Ã 9:19
Tu as quatre heures, c’est tout, cela signifie que tu dois en faire le maximum en quatre heure, à savoir répondre de la manière la plus précise possible aux questions.
A vrai dire, quatre heures c’est presque court au final : il fait lire les documents, les analyser, les confronter, analyser les questions, organiser les réponses aux questions, et enfin rédiger… Ca en fait beaucoup quand même !
11 mai 2007 Ã 5:10
Le 28 août approche à grands pas… et la boule au ventre avec.
Pressée de passer le concours lakanal d’une part, pressée que ce soit fini d’autre part
En tout cas, cette épreuve m’a l’air très intéressante, elle m’impressionne beaucoup moins que celle d’histoire…
13 mai 2007 Ã 1:37
Attention, c’est bien ce que je dis dans cet article : elle impressionne beaucoup moins, mais elle est plus dangereuse ! C’est un peu le torrent et la riviere…
17 mai 2007 Ã 1:16
[...] 4- Connaissance du monde contemporain [...]
19 août 2007 à 10:09
bonjour!! (trop bien ce site)
je suis ravie d’avoir trouver des infos sur cette fameuse épreuve qui ne m’inspire pas confiance, tous tes conseils me réconfortent. quand tu dis qu’il faut mettre “document X” est ce que on peut mettre le numero du doc en guise de X ou faut il redire tout le titre? et sinon pourrais tu me conseiller sur la gestion du temps? faut il d’abord décortiquer les docs un a un puis apres répondre aux questions, ou faire direct genre une heure par question? et sinon je m’inquiètes un peu car je viens de S et j’ai peur de ne pas bien savoir analyser les documents surtout s’ils sont économiques…
sinon pr l’épreuve d’histoire, les titres ne doivent pas etre apparent je suppose (je pose la question au risque d’etre ridicule mais bon tanpis je prefere etre sure^^)?
merci d’avance!!!
maude.
19 août 2007 à 10:41
autant pour moi, je viens de lire un article du blog ou j’ai trouvé la réponse à ma question sur le plan de la compo d’histoire ^^. merci