René Rémond est mort
Publié le 14 avril 2007 par Arthur dans Scoop !Bonjour à tous,
Sciences Po est en deuil. Vous l’aurez entendu dans les médias, René Rémond est décédé dans la nuit de vendredi à samedi, d’une maladie. Il avait présidé la Fondation Nationale des Sciences Politiques (qui forme, avec l’IEP de Paris, Sciences Po) de 1981 à 2007. Jean-Claude Casanova l’avait remplacé en début d’année, René Rémond prenant le titre de président d’honneur.
C’est une figure à Sciences Po, un mythe. Tout le monde connaît René Rémond. D’abord on a tous vécu ses discours soporifiques au début de la première année, pendant la rentrée solennelle. Il nous expliquait l’histoire de notre école, nous racontait la vie d’Emile Boutmy, et nous, nous tentions de ne pas dormir sur les bancs de l’amphithéâtre éponyme.
Ensuite, tout le monde connaît ses livres. Ils sont innombrables et constituent, pour la plupart, des références en la matière. Tout étudiant de Sciences a, à un moment où à un autre de sa scolarité, utilisé les écrits de ce grand historien.
C’était un peu notre reine d’Angleterre, avec la rue Saint-Guillaume et Richard Descoings en lieu et place du palais de Buckingham et de Tony Blair. On l’aimait bien, il ne faisait de mal à personne, il avait des surnoms affectueux. C’était une autorité morale indispensable à Sciences Po. Toutefois, bien que son titre ait un côté honorifique, et que son action soit peu connue car bénéficiant de peu de publicité, il a oeuvré, tout au long de sa présidence, pour Sciences Po et ses étudiants, participant notamment activement à la réforme de la scolarité sous la direction de Richard Descoings. Le directeur lui a d’ailleurs rendu hommage, dans un mail adressé à tous les étudiants et personnels de Sciences Po. Il a d’ailleurs publié ce mail sur son blog.
Un hommage donc, à ce grand académicien, notre papy vert à nous, à cet immense historien, à notre René bien-aimé. Mais également à ce défenseur acharné de la liberté à Sciences Po, comme il l’avait démontré lors de la venue, en 2006, de Nicolas Sarkozy à Sciences Po, où il s’était “battu” avec un de ses gardes du corps.
René, tu nous manques déjà , rien que parce que nous ne pourrons plus jamais rire quand un appariteur te tenait la porte de douze tonnes du 27, et que nous l’imaginions rêver de lâcher cette porte quand tu passais le palier. Mais aussi car nous savons désormais que nous ne lirons plus rien de nouveau de toi. Il est difficile d’imaginer Sciences Po sans René Rémond.
A ne pas en douter, un amphithéâtre prendra son nom. Pourquoi pas l’amphi A11, dont la poésie du nom actuel se fera vite oublier. Mais, soyons en sûrs, il restera de lui à Sciences Po bien plus que le nom d’une salle.
A noter qu’un groupe Facebook “René, we’re with you forever” vient d’être créé. Je vous renvoie également à l’article, plus formel, écrit par Hugo Billard sur son blog histoire Le jardin des retours.
Voir aussi : l’article que consacre Le Monde à sa mort, ainsi que l’article qu’y consacre Lapéniche.net, le webzine des étudiants de Sciences Po.
14 avril 2007 Ã 6:49
Je suis sincèrement touché et désolé par le décès de ce grand historien que je n’aurai malheureusement pas l’occasion de rencontrer l’année prochaine.
14 avril 2007 Ã 7:57
Bonjour Monsieur.
Merci pour votre article rendant un bel hommage à un grand historien.
Cordialement,
Thomas Galoisy
http://www.lewebpedagogique.com/geographie
15 avril 2007 Ã 11:05
R.I.P =)
15 avril 2007 Ã 4:55
[...] Sur son blog consacré à Sciences Po, dont Rémond était le président d’honneur (l’école, pas le blog, quoique…), Arthur Richer a écrit un bien joli papier, comme un petit-neveu ému de la mort de son grand-oncle d’Amérique. Je vous conseille particulièrement la vidéo de “l’incident” de Sciences Po, où René Rémond a empêché un garde du corps de Sarkozy d’en rajouter en matière de répression étudiante. Un détail dans cette vidéo, mais un grand moment qui explique l’immense attachement qu’ont beaucoup d’étudiants pour leurs maîtres. [...]
18 avril 2007 Ã 12:57
La mort de René rémond n’est pas sans conséquence pour ceux qui ont eu la chance de suivre ses cours. On attendait ses commentaires et ses analyses car sa rigueur intellectuelles et sa grandez culture étaient comme un phare qui éclairait notre propre pensée. Cette mort vous rend orphelin. Puisse t-il être un exemple pour la communauté intellectuelle de ce pays.
2 février 2008 à 7:01
Thanks for sharing
10 février 2008 à 2:48
I’d prefer reading in my native language, because my knowledge of your languange is no so well. But it was interesting! Look for some my links: