pour les terminales ES ; révison du bac (blanc!)

25 03 2008

vous trouverez là quelques liens vers des sujets sur le dernière partie du programme…

Quels sont les effets de l’internationalisation des échanges sur l’emploi dans les pays industrialisés ?

Dans quelle mesure la recherche de la réduction des coûts de production explique-t-elle les stratégies internationales des entreprises ?

un très bon exercice d’entrainement :La mondialisation peut-elle entraîner une homogénéisation des pratiques culturelles ?

un très bon exercice d’entrainement: un pays développé doit-il s’interdire tout recours à des mesures protectionnistes ?

pour les spé ses : révisions sur Ricardo .

Et plus généralement un lien  pour tous les sujets ,( dont qq uns sont corrigés )




quand les élèves intègrent les notions !!!(non ce ne sont pas des maths !!)

25 03 2008

papa je veux un ballonvoila à quoi pensent certains élèves en cours ..la connaissance est là integrée à la problématique !!! le prof adoooore !pour ceux qui ne peuvent voir le dessin en entier ..clic sur le lien !!

papa je veux un ballon
dessin de Theodore Catry élève de 1è ES2 au lycée Descartes de Tours. élève de T .Rogel prof de SES ..dans le même lycée!




pour tous ! une autre façon de voir l’Etat providence

23 03 2008

Pourquoi quelqu’un qui a mangé et picolé toute sa vie sans faire attention serait mieux pris en charge que des patients atteints d’arthrose qui, eux, ne sont pas à 100%? »

le non remboursement à terme à 100% pour les diabétique de type 2 …..maladie grave




pour les premières et les terminales ES : inflation toujours ….

22 03 2008
  • Premiers résultats de l’observatoire des prix

    Analyse des prix

    Les données du mois de février 2007, portant sur les prix de 100 000 produits de grande consommation relevés dans 5700 grandes surface font apparaître une évolution de +4,69 % entre février 2007 et février 2008 sur les prix réels payés en caisse (données IRI).

    L’essentiel de l’augmentation a porté sur la période fin 2007-début 2008.

    Ces données confirment une hausse des prix des produits alimentaires supérieure au taux général d’inflation mais très largement inférieure aux taux relevés par le magazine 60 millions de consommateurs.suite de l’article là

  • la comparaison salaire et pouvoir d’achat dans le monde : prix et salaires

là le dossier en entier




pour les premières et les terminales ES:la crise financière les enchainements

22 03 2008

paru dans le Monde

Subprimes, marchés, inflation : retour sur un enchaînement

A l’été 2007, lorsque deux fonds spéculatifs de la banque américaine Bear Stearns menacent de faire faillite, personne à Wall Street ne se doute que sept mois plus tard, la finance mondiale sera plongée dans l’une des plus graves crises de son histoire. Une crise dont Alan Greenspan, l’ancien gouverneur de la Réserve fédérale américaine (Fed), dit aujourd’hui qu’elle « sera la plus grave depuis la fin de la seconde guerre mondiale ». Comment en est-on arrivé là ?

L’étincelle des subprimes. Les fonds spéculatifs de Bear Stearns ont plongé à cause de crédits « subprimes », des produits dérivés de prêts immobiliers à risque dans lesquels ils avaient massivement investi. Des millions de ménages américains modestes ont souscrit ces emprunts à taux variables, gagés sur la valeur des biens immobiliers pour un montant total de 1 200 milliards de dollars. Ces prêts ont été accordés par des sociétés de crédit hypothécaire avides de profits, peu regardantes sur la solvabilité des ménages. Lorsque les prix de l’immobilier se sont effondrés et que les taux d’intérêt ont grimpé, ces ménages ont été étranglés par les dettes. Entre-temps, les crédits subprimes ont été transformés (titrisés) en produits financiers complexes rachetés par les banques du monde entier. Le risque, que l’on croyait disparu, s’est ainsi retrouvé disséminé un peu partout. Après les fonds de Bear Stearns, les grands noms de la finance internationale, comme Merrill Lynch ou Morgan Stanley, sont ainsi touchés.

L’embrasement des banques. La crainte des subprimes se transforme en psychose. Les banques se soupçonnent les unes les autres de camoufler des subprimes. Les investisseurs redoutent qu’un établissement majeur ne soit gravement touché. Le nom de Citigroup, première banque des Etats-Unis, circule.

Ces soupçons seront confirmés, et même au-delà : Citigroup annoncera au total 21 milliards de dollars de dépréciation d’actifs. D’autres banques aussi prestigieuses seront aussi touchées. La facture des subprimes s’élève à ce jour à 150 milliards de dollars. Jusqu’où ira-t-on ? Le 14 mars, Bear Stearns est menacée de faillite. La Réserve fédérale décide d’intervenir, en facilitant son rachat par l’un de ses concurrents, JP Morgan, pour seulement 236 millions de dollars.

La panique des marchés. Depuis l’apparition des subprimes, les investisseurs sont de plus en plus nerveux. Sur les marchés interbancaires, les banques refusent de se prêter de l’argent. Certaines, comme la britannique Northern Rock en septembre, se retrouvent asphyxiées. Cette défiance se reflète sur les marchés d’actions, où les investisseurs redoutent la contagion aux banques européennes et asiatiques. Ils cèdent à la panique le 21 janvier, à l’annonce de nouvelles dépréciations. Les principales places boursières d’Europe et d’Asie plongent. La Bourse de New York, fermée, échappe au pire. Et le krach est évité grâce à l’action des autorités monétaires, de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE) principalement. Elles injectent massivement les liquidités qui font défaut aux banques. La Fed, en complément, réduit drastiquement ses taux directeurs de 0,75 point. Elle ira plus loin pour relancer l’économie américaine et rassurer les marchés. Au total, les taux américains passeront de 5,25 % avant l’été 2007 à 2,25 % fin mars 2008.

Cependant, l’action de la Réserve fédérale américaine contribue à faire plonger le dollar sans juguler tout à fait la défiance envers les banques. Et si le marché d’actions surnage, les investisseurs lui préfèrent les matières premières (pétrole, or, blé…) considérées comme des valeurs refuges. Leurs prix flambent.

La crise dépasse alors clairement le cadre financier, l’envolée de ces prix affecte directement les industriels et les consommateurs tout en stimulant l’inflation. La hausse des prix, que l’on croyait disparue de nos économies, fait ainsi un retour inattendu, dépassant 3 % de part et d’autre de l’Atlantique. Les revendications salariales pointent, notamment en Allemagne. La spirale inflationniste se met en place.

La contagion à l’économie « réelle ». Si la sphère financière est l’épicentre de cette crise, elle est aussi le poumon de l’économie. Les banques, affectées par les pertes des subprimes, resserrent les vannes du crédit pour les ménages et les entreprises. Aux Etats-Unis où la population vit à crédit (le taux d’épargne y est négatif), le phénomène est dramatique. « Les Etats-Unis sont déjà en récession », estime ainsi l’homme d’affaires milliardaire Warren Buffett. En Europe, les déboires de l’économie américaine, l’un des principaux débouchés pour les exportations, grippent une croissance déjà molle sans faire taire l’inflation. La stagflation, cauchemar des économistes et des banques centrales, menace.

Les pays émergents bousculés. Dans un premier temps, les pays émergents ont résisté. Les économistes évoquaient alors la théorie du « découplage », soit l’indépendance de ces économies par rapport à celle des Etats-Unis. Mais depuis début 2008, la crise est si grave qu’elle chahute aussi ces marchés, même si leur croissance en 2008 restera nettement supérieure à celle des pays occidentaux.

Comment sortir de la crise ? La solution pourrait être radicale, bouleversant même le modèle capitaliste américain. « Si la crise dure et s’approfondit, les solutions passeront forcément par l’Etat, qu’il s’agisse de créer un fonds de défaisance ou de procéder à des nationalisations provisoires de banques en difficulté », estime Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel Leven.

Claire Gatinois et Anne Michel

définitions

SUBPRIME.
Crédit hypothécaire accordé aux Etats-Unis par des établissements spécialisés, non régulés, à des ménages modestes, sans considération de leur capacité à rembourser.

TITRISATION.
Montage financier permettant à un établissement financier de transférer le risque de non-remboursement d’un crédit en le transformant en produit financier complexe vendu sur le marché.

CRISE DE LIQUIDITÉS.
Phénomène de défiance extrême conduisant les établissements financiers à ne plus se prêter de l’argent entre eux.

STAGFLATION.
Combinaison d’inflation et de croissance molle. Le phénomène, apparu dans les années 1970 après le premier choc pétrolier, menace de nouveau les économies occidentales




pour les premières et les terminales es : suite crise fincancière ..Aglietta

22 03 2008

Michel Aglietta: « Une crise aussi grave que celle de 1929″

Par  Gabriel Zucman(Regards croisés sur l’économie)   

La crise du système financier américain, enclenchée depuis le mois d’août, a pris ces cinq derniers jours un caractère dramatique, de l’avis des plus grands responsables économiques de la planète.

Traversant sa « plus grave crise depuis la Seconde Guerre mondiale », selon l’ancien président de la banque centrale américaine Alan Greenspan, la finance mondiale fait aujourd’hui face à un « risque de rupture », pour le patron du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn. Comment en est-on arrivé là? Sommes-nous au début d’une grave crise économique?

Le mécanisme de la panique bancaire aux Etats-Unis. La chute de Bear Stearns, cinquième banque d’affaires des Etats-Unis, a soudainement accéléré la décomposition d’un système financier qui n’en finit pas de digérer ses excès. Alors qu’il y a une semaine, son PDG Alan Schwartz déclarait que Bear Stearns ne connaissait « aucune pression sur ses liquidités et encore moins une crise de liquidités », la prestigieuse maison, vieille de 87 ans, s’est effondrée en trois jours.

Vendredi, constatant qu’elle ne pouvait plus assurer ses obligations de paiement, elle s’est placée sous perfusion de la Banque centrale américaine. Dimanche soir (!), elle était rachetée par sa concurrente JP Morgan pour une somme dérisoire (2 dollars par action, contre un cours de 100 dollars il y a trois mois) lors d’un sauvetage rocambolesque organisé en urgence par le gouvernement américain, la Banque centrale et les deux banques en un week-end.

Pourquoi les autorités ont-elles montré tant d’empressement? Parce que la structure du système financier mondial est celle d’un château de cartes. Les grandes institutions sont inextricablement liées par les prêts qu’elles se consentent mutuellement. Que l’une vienne à faire défaut, et ce sont toutes ses créancières qui sont fragilisées, acculant les plus faibles à la faillite, et ainsi de suite, en quelques heures.

C’est ainsi que Bear Stearns a sombré au lendemain de l’annonce de la faillite du fonds coté de Carlyle, ce « hedge fund » (fonds spéculatif) qui finançait ses opérations auprès, entre autres, de Bear Stearns. Afin d’éviter la poursuite de « l’effet domino », il était nécessaire que Bear Stearns pût, coûte que coûte, assurer ses obligations de paiement, ce qui passait par son adossement à un acteur aux reins plus solides.

Aux racines de la crise: l’encouragement à l’immobilier. Dans les milieux économiques, il est de bon ton de blâmer les responsables de la politique monétaire (Ben Bernanke aux Etats-Unis, Jean-Claude Trichet en Europe), alors qu’ils ont jusqu’à présent, et particulièrement aux Etats-Unis, joué un rôle remarquable et évité que le pire ne se produise. On reproche en particulier à la Banque centrale américaine, et à son ancien président Alan Greenspan, d’avoir alimenté la bulle immobilière en laissant les taux d’intérêt trop bas (1% en 2003).

En réalité, la crise financière est dans une large mesure de la responsabilité politique de l’administration Bush, et viendra encore noircir un bilan déjà bien piteux. Pour le comprendre, il faut revenir sur la source des maux de l’économie américaine.

La crise, on le sait, vient du secteur immobilier. Ici, des courtiers sans scrupule ont accordé des prêts léonins à des ménages qui n’avaient pas les moyens de devenir propriétaires de leurs maisons.

Ce système a été non seulement toléré, mais encouragé par l’administration américaine, via un ensemble de subventions et de garanties apportées aux emprunteurs. Citons, pêle-mêle: la détaxation des intérêts d’emprunt, la détaxation des plus-values immobilières, une garantie d’Etat apportée aux emprunteurs fournissant un apport personnel trop faible, ainsi que la suppression de toutes les régulations dans le secteur du crédit immobilier.

Chacun, dans la « ownership society » chère au président Bush, devait pouvoir devenir propriétaire de sa maison; tous les moyens étaient bons! Slogan foncièrement démagogique: dans une société où les 10% les plus riches ont 48% des revenus (ce qui est le niveau le plus élevé jamais atteint aux Etats-Unis depuis… 1928) et les 10% les plus pauvres seulement 2%, il est mathématiquement impossible que chacun ait les revenus suffisants pour être propriétaire de sa maison…

Il n’empêche. Les exhortations présidentielles et les politiques incitatives qui les accompagnaient ont alimenté une bulle spéculative.

Tout allait très bien, tant que les prix de l’immobilier montaient, et que tout le monde anticipait leur hausse. Les ménages propriétaires pouvaient alors faire valoir auprès de leur banquier que la valeur de leur habitation s’accroissait, donc que leur richesse augmentait, donc qu’ils pouvaient emprunter davantage. C’est ainsi qu’ils contractaient de nouveaux prêts gagés sur la valeur de leur maison pour consommer, ou tout simplement pour s’acquitter des mensualités de leurs autres crédits!

Sommes-nous de retour en 1929? Ce système était voué à la faillite dès le retournement des prix de l’immobilier, ce qui s’est produit au cours de l’année 2006. Rapidement, la valeur des habitations est devenue inférieure, pour de nombreux ménages, au montant du prêt qu’ils devaient encore rembourser.

De gré ou de force, ils ont alors dû céder leur habitation à leurs créanciers. Une fois tombées dans l’escarcelle des banques, les maisons ont été remises immédiatement en vente, accentuant la baisse des cours immobiliers…

Cette spirale baissière a également affecté tous les titres financiers qui avaient été construits à partir des crédits immobiliers. Les actifs des banques et de tous les investisseurs les plus exposés à l’immobilier ont ainsi fondu comme neige au soleil. Voilà comment le château de cartes a été ébranlé.

Aujourd’hui, sans l’intervention des autorités américaines, le système bancaire s’effondrerait entièrement. La crise, comme nous le dit Michel Aglietta, professeur de sciences économiques à Nanterre, est dans ses mécanismes et ses effets cumulatifs, aussi grave que celle de 1929.et les vidéo sur la crise bancaire américaine

La différence avec 1929 réside dans la réactivité des autorités. Alors qu’il avait fallu attendre l’entrée en fonction de Roosevelt en 1933 pour que le gouvernement s’attaque sérieusement à la crise, en prenant les commandes des banques, la Banque centrale américaine et le gouvernement semblent aujourd’hui déterminés à empêcher, par tous les moyens, une aggravation de la situation et la multiplication des faillites.

Concrètement, cela signifie que les pertes réalisées par les banques seront socialisées, c’est-à-dire assumées in fine par l’Etat, comme l’ont été celles de la Northern Rock en Grande-Bretagne.

Comprendre la finance contemporaine revue Regards croisés sur l’économie n°3, éditions La Découverte.

Vidéo: Mathieu Eisinger

En partenariat avec:

paru là rue 89




voyage Cracovie pratique

22 03 2008

Pour ce voyage des idées qui font du bien :

il vous faut penser à soigner des ampoules , avec des chaussures fermées et pas trop l’habitude les ampoules viennent vite et elles peuvent vous gacher une partie du voyage : donc prévoir

  • soit des pansements spéciaux  ceux qui marchent en montagne ils connaisssent : les pansements Compeed et SecondSkin
  • soit du tricosteril a découper pour recouvrir la zone .
  •  plus généralement penser aussi à des lingettes humides pour les mains pendant le voyage!(demander les filles savent de quoi je pale!)

si vous avez des idées ne le gardez pas pour vous ..à vos commentaires




voyage suite vers Cracovie

21 03 2008

Coordonnées de notre responsable local à CRACOVIE :
Mr Henryk Kowalik
Tel : 00.48.12.155.790
Port : 0501.357.325

Coordonnées de l’hôtel :
HOTEL KRAKUS JUNIOR
Tel : 00.48.12.652.02.08
http://www.turystyka-krakus.com.pl 




la réaction sur le net des élèves à la suppression des options

19 03 2008

voila comment certains de vos camarades manifestent autrement …contre la suppression des options ..et pour le droit …à l’éducation …




du rôle dela guerre en économie …

19 03 2008

 paru dans les échos par JOSEPH E. STIGLITZ

L’invasion de l’Irak, une guerre à 3.000 milliards de dollars 

Dans trois jours, le 20 mars, cela fera cinq ans que les Etats-Unis ont envahi l’Irak. Il est temps de faire le point sur ce qui s’est passé. Dans notre dernier livre « The Three Trillion Dollar War », Linda Bilmes et moi-même estimons à 3.000 milliards de dollars, au bas mot, le coût économique de la guerre pour les Etats-Unis. A cette somme, il convient d’ajouter 3.000 autres milliards supportés par le reste du monde. C’est beaucoup plus que ce qui avait été anticipé. L’équipe Bush n’a pas seulement trompé le monde sur le coût possible de la guerre, elle a aussi cherché à en dissimuler l’ampleur une fois les opérations lancées.

Il n’y a là rien de surprenant. L’administration Bush a menti sur à peu près tout le reste, des armes de destruction massive de Saddam Hussein à ses liens supposés avec Al-Qaida.

L’administration Bush avait dit que la guerre coûterait 50 milliards de dollars. C’est désormais le montant que les Etats-Unis dépensent en Irak tous les trois mois. Pour un sixième du coût de la guerre, ils pourraient remettre leur système de sécurité sociale sur pied pour plus d’un demi-siècle, sans réduire les allocations ni augmenter les cotisations.

En même temps qu’il est parti en guerre, le gouvernement Bush a réduit l’impôt des plus riches, en dépit de l’existence d’un déficit budgétaire. En conséquence de quoi, il doit recourir à l’emprunt pour financer son intervention en Irak. C’est la première fois dans l’histoire des Etats-Unis que le coût d’une guerre n’est pas supporté par l’impôt des citoyens, mais est intégralement transmis aux générations futures. A moins que les choses ne changent, la dette publique américaine – qui était de 5,7 milliards de dollars lors de l’investiture de Bush – sera augmentée de 2 milliards à cause de cette guerre.

Est-ce de l’incompétence ou de la malhonnêteté ? Sans doute un peu des deux. En raison du système de comptabilité de caisse en vigueur aux Etats-Unis, l’administration Bush s’est polarisée sur les dépenses immédiates sans penser aux charges futures, notamment aux pensions d’invalidité et aux soins médicaux pour les futurs vétérans. Ce n’est que longtemps après le début de la guerre que le gouvernement a commandé des véhicules spécialement blindés qui auraient pu sauver la vie de nombreux soldats. Le refus d’introduire un nouveau contingent et les difficultés de recrutement liées à l’impopularité de cette guerre ont forcé les troupes à des déploiements particulièrement éprouvants.

Le gouvernement a tenté de cacher le coût de la guerre au public américain. Des groupes de vétérans ont dû faire appel au Freedom of Information Act (loi sur la liberté d’information) pour que soit révélé le nombre total de blessés – 15 fois celui des morts. Quelque 52.000 vétérans de la guerre d’Irak souffrent déjà de syndromes de stress post-traumatique. On estime que les Etats-Unis devront fournir des pensions d’invalidité à 40 % du 1,65 million de soldats déjà déployés. Au final, la facture risque de s’élever à plus de 600 milliards de dollars (à son cours actuel) en soins médicaux et pensions d’invalidité.

L’idéologie et la soif de profits ont également joué un rôle dans l’augmentation du coût de la guerre. Les Etats-Unis ont fait appel à des opérateurs privés, qui n’ont pas été bon marché. Un « garde » de la société militaire privée Blackwater Security coûte plus de 1.000 dollars par jour, sans compter les pensions d’invalidité et l’assurance-vie, qui sont payées par le gouvernement.

Cette guerre n’a profité qu’aux compagnies pétrolières et aux sociétés de défense. Le cours de l’action Halliburton, ancienne société du vice-président américain Dick Cheney, est monté en flèche.

C’est l’Irak qui a le plus souffert de cette guerre mal gérée. La moitié des médecins du pays ont été tués ou ont fui le pays ; le taux de chômage atteint 25 % ; cinq ans après le début de la guerre, Bagdad ne connaît pas plus de huit heures d’électricité par jour. Sur une population irakienne totale de 28 millions de personnes environ, 4 millions ont été déplacées et 2 millions ont quitté le pays.

Les milliers de morts violentes ont insensibilisé la plupart des Occidentaux : un attentat faisant 25 morts ne semble plus digne de passer aux informations. Les études statistiques des taux de mortalité avant et après l’invasion en disent long sur la triste réalité. Elles suggèrent, en effet, que le nombre de morts est passé d’environ 450.000 durant les quarante premiers mois de la guerre (dont 150.000 morts violentes) à 600.000 aujourd’hui.

Au regard du poids des souffrances humaines, il peut sembler déplacé de parler de coûts financiers. Et il peut paraître nombriliste de se concentrer sur la charge supportée par les Etats-Unis, qui se sont lancés dans cette guerre en violation des lois internationales. Mais ces énormes coûts ont des répercussions qui vont bien au-delà des prévisions budgétaires.

« Il n’existe pas de repas gratuit », dit un dicton américain. Il n’existe pas non plus de guerre gratuite. Les Etats-Unis – et le reste du monde – n’ont pas fini de payer le prix de cette guerre. J’aurai l’occasion de l’expliquer dans une prochaine chronique.

JOSEPH E. STIGLITZ, prix Nobel d’économie 2001, est professeur à l’université Columbia (New