quand les patrons font de la pédagogie économique

29 04 2008

pendant 19minutes le cours de pédagogie économique du patron des patrons




pour les terminales ES Six crises qui bouleversent …

29 04 2008

 Six crises qui bouleversent l’ordre économique mondial …

A quelle place l’Histoire situera-t-elle la crise globale – dont les symptômes sont à la fois financiers, monétaires, économiques, alimentaires, énergétiques et écologiques – que subit la planète depuis mi-2007 et qui s’est accélérée en ce premier semestre de l’année 2008 ? Quelle sera son amplitude sur l’échelle de Richter des tremblements de terre économiques et sociaux ? Plus forte que la grande dépression de 1929 ? Similaire à celle des années 1970 où, juste avant le premier choc pétrolier de 1973 et la récession du deuxième semestre 1974, des scientifiques, des industriels et des économistes, fondateurs du Club de Rome en 1968, appelaient dans le rapport Meadows (1972) à stopper la croissance, afin d’éviter l’épuisement des ressources de la planète d’ici à la fin du XXIe siècle ?

La prudence est de mise. Pour s’en convaincre, il suffit d’abord de relire le rapport du Conseil d’analyse économique (CAE) « Les crises financières », publié en 2004, et dont les trois auteurs, Robert Boyer, Mario Dehove et Dominique Plihon, rappellent à l’envi que « les crises financières rythment l’histoire du capitalisme », prenant souvent la forme de crises « jumelles » (bancaire et de change), voire multiples si les indices boursiers et l’activité économique s’effondrent. Ils soulignent aussi le caractère ancien de l’interdépendance des marchés. Qui plus est, expliquent-ils, les crises sont plus nombreuses depuis la disparition en 1971 des accords de Bretton-Woods, qui signèrent a la fin du système de change fixe instauré à la fin de la seconde guerre mondiale. Ensuite, insiste Pierre-Cyrille Hautcoeur, professeur associé à l’Ecole d’économie de Paris, « quand on essaie de quantifier l’ampleur d’une crise, il faut faire attention de distinguer les mécanismes à l’oeuvre et les ajustements qui se produiront in fine ». Concernant l’atterrissage de la crise actuelle, en dépit des révisions à la baisse menées par le Fonds monétaire international (FMI) ou par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la croissance mondiale afficherait une progression située entre 3,5 % et 4 %, et ce grâce aux moteurs chinois et indien, à condition qu’ils ne ralentissent pas trop eux aussi. « Nous n’affrontons donc pas pour le moment, reprend M. Hautcoeur, une crise économique radicale. » Une opinion partagée par Philippe Chalmin, professeur à l’université Paris-Dauphine, spécialiste des matières premières : « Il est nécessaire de prendre du recul, de relativiser. L’intensité actuelle est forte, mais rappelez-vous la crise des années 1970 : nous avons tous annoncé alors l’avènement d’un nouvel ordre économique international. « 

En revanche, la nature multiple de la crise actuelle interroge économistes et historiens, qui la qualifient volontiers d’exceptionnelle. Pas forcément pour les mêmes raisons d’ailleurs, mais exceptionnelle néanmoins. M. Chalmin confirme ainsi n’avoir jamais vu « une telle volatilité des marchés de change et de matières premières ». « La référence habituelle à la crise de 1974 paraît tout à fait dépassée, constate-t-il. Le 2 janvier, le pétrole cote 100 dollars le baril – ce qui a été salué comme un record incroyable -, le 25 avril, il est déjà à 117,6 ! » Pour Jean-Paul Betbèze, chef économiste du groupe Crédit agricole, même s’il y a eu l’éclatement de la bulle Internet en 2000, « nous affrontons la première grande crise du XXIe siècle ». Selon lui, il ne s’agit pas du schéma classique d’une crise américaine (ou d’une autre région du globe), qui contamine ensuite telle ou telle partie de la planète. « Nous avons affaire à un schéma inédit, à savoir la conjonction de crises différenciées et interdépendantes. Aux Etats-Unis, c’est la crise d’un pays surendetté ; en Europe, c’est une crise d’une région dont les Etats membres n’ont toujours pas résolu leur gouvernance politique, les empêchant de mener une stratégie économique concertée ; et dans les pays émergents, nous assistons ou allons assister à une crise classique de surchauffe et de croissance. »

Qui plus est, insiste M. Betbèze, « le jeu actuel entre tous les acteurs de ces crises est non coopératif. Ainsi, la chute du dollar n’arrange en rien les Européens, qui voient leurs exportations renchérir. Quant aux Chinois, ils se refusent à réévaluer leur devise, le yuan, ce qui permettrait aux pays occidentaux de regagner en compétitivité. »

Pierre Bezbakh, maître de conférences à l’université Paris-Dauphine, dont une partie des travaux ont porté sur l’histoire des crises, confirme ce jeu d’interdépendance plus compliqué que jamais : « Les Etats du Sud ne sont plus en position de dominés, ils sont désormais intégrés dans la compétition mondiale. Quant aux ex-pays de l’Est, ils se sont eux aussi convertis aux règles du marché. Vous avez donc une multiplicité d’acteurs dont les intérêts sont loin d’être convergents. » A l’instar de Patrick Artus, chef économiste de Natixis, et de Marie-Paule Virard, journaliste, qui ont publié à La Découverte en 2005 Le capitalisme est en train de s’autodétruire, M. Bezbakh pense que la crise actuelle signe « une rupture totale de société. Le capitalisme n’est plus en voie de développement, mais en voie d’achèvement. Les puissances occidentales ne peuvent plus faire payer à d’autres pays le coût de la crise, comme ils l’avaient fait en 1929 avec la baisse du prix des matières premières. Nous assistons à un processus d’autodestruction soit du système, soit de son fonctionnement ». Et la crise actuelle en serait la signature la plus forte.

Marie-Béatrice Baudet




pour les premières et les terminales ES : la révisions des politiques publiques

29 04 2008

les notes bleues de Bercy

Les finances de l’Etat

La révision générale des politiques publiques (RGPP)

Lancée le 10 juillet 2007, la révision générale des politiques publiques (RGPP) consiste en une analyse approfondie des missions et actions de l’État, suivie de la mise en œuvre de réformes. Cette remise à plat des politiques publiques sert trois objectifs majeurs : améliorer la qualité des services publics, rationaliser la dépense publique et valoriser le travail des fonctionnaires.

Concrètement, vingt-six équipes d’audit ont passé au crible les 1 000 milliards d’euros de dépenses annuelles de l’État. Des scénarios de réforme ont été élaborés et chaque décision ou orientation a été ensuite étudiée et validée en Conseil de modernisation des politiques publiques, instance de décision de la RGPP (le premier CMPP s’est déroulé le 12 décembre 2007). Il faut souligner que chaque mesure est détaillée et soumise à des objectifs précis : bénéfices attendus, coûts, risques, parties prenantes et calendrier. Il revient ensuite à chaque ministre d’assurer le suivi et la mise en œuvre des réformes.

Les nouvelles mesures adoptées par le Conseil de modernisation du 4 avril 2008 se répartissent en quatre grandes catégories :

·         un État recentré sur les besoins (ex. : réforme du crédit impôt recherche au profit des entreprises moyennes) ;

·         un État plus lisible (ex. : fusion de la direction générale des Impôts et de celle de la Comptabilité publique) ;

·         un État plus moderne (ex. : rationalisation et mutualisation des fonctions support au ministère de la Défense) ;

·         un État tourné vers les usagers (ex. : dématérialisation du paiement des impôts).

Ces décisions « permettront d’atteindre l’objectif de non remplacement d’un départ à la retraite d’un fonctionnaire sur deux entre 2009 et 2011, en améliorant dans le même temps la qualité du service public ». Elles devraient se traduire par un total de 7 milliards d’euros d’économies d’ici à 2011, dont une partie sera redistribuée aux fonctionnaires.

Les réformes issues de la RGPP seront mises en œuvre dans le premier budget pluriannuel de la France qui couvrira la période 2009-2011.

Le document source : Rapport sur « la révision générale des politiques publiques (RGPP) », présenté par Eric Woerth, ministre du Budget, des comptes publics et de la fonction publique, le 4 avril 2008

Autre(s) document(s)
L’intégralité du rapport sur « la révision générale des politiques publiques (RGPP) », présenté par Eric Woerth, ministre du Budget, des comptes publics et de la fonction publique, le 4 avril 2008

Site(s) utile(s)
Le site de la RGPP




à lire par Dominique Méda, deux Nobel ne font pas le bonheur

22 04 2008

http://lemonde.fr/archives/article/2008/04/21/deux-nobel-ne-font-pas-le-bonheur-par-dominique-meda_1036511_0.html

un long article de D.Méda

 Au début de l’année, le président de la République a annoncé qu’il était urgent de réfléchir à l’élaboration de nouveaux indicateurs de croissance. Ayant défendu cette position à la fin des années 1990 dans Qu’est-ce que la richesse ? (éd. Aubier, 1999), et dans des termes quasiment identiques, puisque, comme notre président, je voyais dans ce nouvel outillage la possibilité d’étayer un nouveau projet de civilisation, je m’interroge sur ses intentions et sur sa méthode.

Sur ses intentions d’abord. De deux choses l’une : ou bien le président connaît les travaux qui ont été développés depuis quelques années en France sur ces questions par des chercheurs de toutes disciplines, avec des associations engagées dans des actions concrètes (collectifs Nouvelles Richesses de Patrick Viveret, Utopia…), et dans ce cas, il est prêt à une véritable révolution que toute la gauche appelle de ses voeux. Ou bien il s’agit d’une tentative de diversion destinée à gagner du temps et à faire oublier que les vrais problèmes ne sont pas réglés.

Laissons pour l’instant de côté cette dernière hypothèse, et revenons aux raisons pour lesquelles il nous faudrait adopter de nouveaux indicateurs de richesse. Elles tiennent aux insuffisances du produit intérieur brut. Celui-ci ne valorise pas des types d’activités ou des temps essentiels pour la vie des sociétés : « temps avec les proches », « temps des activités citoyennes et démocratiques », « temps domestique »…

Il ne s’intéresse pas davantage à la manière dont la contribution à la production, et les revenus issus de celle-ci, sont répartis entre les membres de la société ; il ne peut donc pas donner de signaux sur d’éventuels facteurs de décohésion sociale. Enfin, il ne prend pas en compte les dégâts engendrés à l’occasion de la production, les atteintes au patrimoine collectif dont est dotée une société à un moment donné, notamment les déprédations opérées sur le patrimoine naturel par l’activité industrielle et commerciale.

Si nous sommes collectivement attachés à l’inscription dans la durée de nos sociétés, il est clair que nous ne pouvons nous contenter de prendre en compte les évolutions de la seule production. Le développement d’une société ne dépend pas seulement de la valeur des biens et services produits et appropriés par des unités de consommation, mais aussi de beaucoup d’autres éléments : de la qualité de l’air et de l’eau, de l’aptitude des individus à la paix, de leur capacité à être autonomes, de leur niveau d’éducation et de santé, de la capacité de la société à maintenir ses membres dans une relative égalité des conditions.

Dès lors, un nouvel indicateur de richesse ou une nouvelle batterie d’indicateurs devront permettre de donner une image plus pertinente des évolutions de la société, sans doute plus « vitale » que celle que donne le PIB. Ces nouveaux indicateurs devront permettre d’élaborer puis d’évaluer les politiques mettant en oeuvre ce que le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) appelle le développement humain.

Contrairement à ce que laissait penser la déclaration de Nicolas Sarkozy, il existe déjà, aujourd’hui, de très nombreux indicateurs alternatifs ou complémentaires au PIB, qui ont été recensés de façon exhaustive en France par Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice. Surtout, certains d’entre eux ont déjà été utilisés pour mesurer les « performances » globales des pays, et l’on peut donc comparer les classements réalisés sur la seule base du PIB et ceux réalisés sur la base d’indicateurs plus larges : je pense, ici, à l’indicateur de développement humain, mais aussi à l’indice de bien-être économique d’Osberg et Sharpe, ou encore à l’indicateur de progrès véritable et à l’empreinte écologique.

Les résultats sont édifiants : ce sont les pays qui consentent les plus gros efforts pour protéger leurs ressources naturelles, qui mettent tout en oeuvre pour maintenir une certaine égalité des conditions de vie, qui opèrent une redistribution massive des revenus et qui permettent à toute la population active d’accéder à l’emploi tout en reconnaissant la valeur du temps familial, domestique et de loisirs, qui occupent les premières places des palmarès. Les pays nordiques y caracolent en tête.

Le programme politique qui en découle est clair : il nous faut, comme l’indiquait le « Rapport mondial sur le développement humain » de 1998, opérer une redistribution entre les consommateurs à hauts et bas revenus, abandonner les produits et procédés de production polluants, favoriser les marchandises donnant une place aux producteurs pauvres, faire en sorte que la consommation ostentatoire laisse place à la satisfaction des besoins essentiels.

Le discours visant à travailler plus, produire plus, et gagner plus pour consommer plus semble en totale contradiction avec un projet de société consistant à produire, consommer, travailler mieux et tous, et à reconnaître l’importance du temps consacré aux proches et au débat démocratique. Les premières mesures du quinquennat ne semblent pas constituer la première étape d’un tel programme. D’où ma première question : notre président est-il vraiment prêt à changer ? Si c’est le cas, plus que la mise en place d’une nouvelle commission, ce sont un discours radicalement nouveau et des actes en rupture avec la politique des derniers mois qui en témoigneront.

La seconde question concerne la méthode. Le président de la République a confié à deux Prix Nobel (Amartya Sen et Joseph Stiglitz), le soin de constituer une commission chargée de concevoir de nouveaux instruments de mesure de la croissance économique. Certes, cela suppose une expertise économique pointue. Mais de nombreux débats et publications ont déjà permis aux partisans d’un indicateur synthétique de défendre leur point de vue face à ceux qui pensent qu’il faut plutôt des batteries d’indicateurs. Beaucoup a été dit sur la question de savoir si et comment il fallait pondérer les différentes dimensions d’un indicateur synthétique, s’il fallait ou non donner une valeur monétaire à ce qui n’a pas de prix… Mais l’essentiel n’est pas là.

Si de nombreux économistes – et les institutions publiques dans lesquelles ils exercent – se sont le plus souvent déclarés réticents à la mise en place de tels indicateurs, c’est parce qu’ils se heurtaient à la question de savoir qui peut décider légitimement des critères à prendre en considération pour déterminer ce qu’est une « bonne » société ou pour qualifier ses évolutions. Qu’est-ce que qu’une société riche ? Une société qui produit beaucoup, qui répartit bien ses revenus, qui donne accès à tous aux principales ressources, qui équilibre ses temps entre les tâches rémunérées et les tâches de soins ?

Qui va décider de cela ? Sommes-nous prêts à admettre que le fait même d’être en société nous importe et que la cohésion de cette société constitue un bien commun qui a une valeur ? Beaucoup d’économistes en doutent. Et s’interdisent même de parler de « la société », voyant dans cette expression une abstraction dangereuse et refusant a fortiori de qualifier la société ou ses évolutions. Or, comme le défend Axel Honneth, si nous sommes capables de désigner certaines évolutions de la société comme pathologiques, c’est bien parce que nous nous référons à des principes éthiques et à des normes, et que nous sommes capables d’expliciter les critères d’une vie réussie.

Pour nous y aider, nous avons non seulement besoin d’économistes, mais aussi de chercheurs de toutes disciplines, et surtout des citoyens eux-mêmes. Le débat démocratique et la participation de tous les citoyens constituent des éléments essentiels dans la quête de ce que sont les ingrédients et les critères d’une société qui permet à tous ses membres de devenir pleinement des sujets et des individus toujours plus civilisés.

Nous n’avons pas besoin du « dictateur bienveillant » de l’économie pour nous le dire. Dès lors, les choses paraissent claires : si la commission souhaitée par le président de la République, constituée de la fine fleur de l’élite économique mondiale, se réunit en chambre pour nous délivrer sa formule magique, gageons que celle-ci, quelle que soit sa perfection technique, ne nous sera d’aucune utilité, incapable qu’elle sera de rendre visibles les malaises de notre civilisation.

En revanche, si, réunissant des savants de toutes disciplines, elle parvient à mettre en place les conditions d’une délibération publique éclairée, et permet aux experts d’être les médiateurs du dialogue avec elle-même dont la société a aujourd’hui besoin pour concevoir les politiques publiques et les évaluer, cette commission nous aura permis de faire un grand pas dans la résolution de nos maux.


Dominique Méda, philosophe et sociologue




inflation suite ….

22 04 2008

inflation réelle , inflation perçue

Les Français sont-ils frappés d’illusion ? A chaque fois qu’ils doivent mettre la main au porte-monnaie, ils ont l’impression que les prix s’envolent. Pourtant les statistiques de l’Insee montrent le contraire. Selon l’institut, le taux de l’inflation a atteint 2,6 % en 2007 et le pouvoir d’achat des Français a progressé de 3,1 %.

Depuis 2002, date du passage à l’euro, un véritable décrochage existe entre l’inflation « réelle » et l’inflation perçue. A la question : « Avez-vous l’impression que les prix augmentent ? », la réponse est toujours la même : les consommateurs dénoncent une envolée des prix bien supérieure aux données publiées par l’Insee.

Selon le cabinet Nielsen, ils l’estimeraient déjà à 5 % depuis le début de l’année. Plusieurs facteurs contribuent à cet écart entre la mesure officielle de l’Insee et la mesure qu’en font les ménages. Pour évaluer le pouvoir d’achat, l’Insee rapporte le revenu disponible brut des ménages, c’est-à-dire leurs revenus nets d’impôts et de cotisations salariales, au montant de leurs dépenses de consommation. Mais jusqu’à présent, il sous-estime les dépenses de logement et ne prend pas en compte les dépenses contraintes ou pré-engagées comme le loyer, l’eau, le gaz, l’électricité ou encore les frais d’assurance. Or, ces dépenses peuvent représenter jusqu’à 75 % des budgets des ménages les plus modestes.

Nathalie Brafman




pour tous inflation : pour 1 euro …on a plus grand chose..

22 04 2008

pour un euro …. on a plus grand chose .

Que peut-on acheter avec 1 euro ? Répondre à cette question est l’exercice auquel se sont livrés les photographes Thierry Bouët et Faustine Cornette de Saint-Cyr. Leur but : montrer de façon concrète l’envolée récente des prix alimentaires et le tassement du pouvoir d’achat en France.

L’Insee a annoncé mardi 15 avril une inflation record de 3,2 % au cours des douze derniers mois en France. Les principaux moteurs de la hausse des prix sont les produits pétroliers bien sûr, mais aussi l’alimentation. L’envolée du prix des matières premières agricoles commence à se répercuter sur les étiquettes dans les magasins. A titre d’exemples, les produits laitiers ont augmenté de 14 % sur les douze derniers mois, la volaille de 13,3 %.

Mais au-delà des statistiques, comment saisir ce que les ménages les moins aisés ressentent au quotidien ? Les photographes se sont rendus dans un hypermarché de la région parisienne, réputé l’un des moins chers, et ont sillonné les rayons en tentant d’élaborer un repas à 3 euros avec entrée, plat, dessert. Le résultat est matérialisé en trois assiettes à 1 euro chacune.

A l’arrivée, les quantités sont parfois édifiantes. « Il y a des choses qui m’ont choqué, comme le prix du saucisson, qui devrait être un produit de grande consommation. Or, pour 1 euro, on a vraiment un croûton. Tout ce qui touche à la charcuterie, c’est vraiment du délire », constate Thierry Bouët.

Interloqués par la demande du client photographe, le charcutier à la coupe ou le poissonnier de l’hypermarché se sont exécutés, mais ont eu parfois du mal à satisfaire la commande : « Lorsqu’on a demandé au charcutier de nous couper une tranche de jambon pour 1 euro, il n’y est pas parvenu ! », ironise le photographe. Pour concrétiser dans l’assiette l’euro fatidique, il a dû lui-même amputer la tranche d’un quart de sa taille.

M. Bouët insiste pour expliquer que l’exercice se veut le plus objectif possible : « Nous n’avons pas sélectionné systématiquement les produits les moins chers, mais les plus courants. Par exemple, pour les fruits et légumes, il n’était pas question de choisir des produits flétris ou gâtés, afin de ne pas tomber dans une caricature misérabiliste », souligne-t-il. Spécialiste des portraits en situation, le photographe a cette fois fait le choix de la nature morte : « Quand on veut traiter de la misère, on est plus efficace quand on utilise la métaphore. Nous avons voulu éviter de jouer avec les émotions, pour renforcer l’efficacité du message. »

« Avec l’alimentation, on touche à l’un des sujets les plus sensibles de la société, où les inégalités sont le plus insupportables. Ce que l’on observe actuellement, dans un pays où l’on peut produire ce que l’on veut, est symptomatique d’un dérèglement du système économique », s’emporte-t-il, fustigeant le rôle des intermédiaires, qui pèsent sur le prix payé par le consommateur.

Pour parachever l’exercice, le photographe compte introduire un élément de comparaison en reproduisant l’expérience dans quelques années. Qu’aurons-nous pour 1 euro en 2010 ?

Stéphane Lauer




pour tous: inflation change le comportement des consommateurs

22 04 2008

L’inflation démoralise les consommateurs

Samedi 19 avril, magasin Auchan à Bagnolet (Seine-Saint-Denis). Madly Darlis sort de l’hypermarché. Elle avoue avoir évité le rayon pâtisserie. Désormais, cette conductrice de bus à la RATP s’interdit les « petits plaisirs ». Même les pizzas, elle les prépare chez elle. Dans son chariot, il n’y a pas de produits alimentaires de base. Les conserves, les pâtes, les oeufs, elle les achète chez le maxi-discompteur Aldi ; elle prend le reste en grandes surfaces, Carrefour ou Auchan selon les promotions qu’elle pointe sur les catalogues. « Je fais comme tout le monde, j’en mets moins dans mon caddy et, pour ma voiture, je ne fais plus le plein », poursuit-elle.

Flambée des matières premières et du baril de pétrole, valse des étiquettes dans les rayons, augmentation du litre d’essence à la pompe… Les Français n’ont pas le moral et commencent à se serrer la ceinture, au moins sur certaines dépenses. Sur les trois premiers mois de l’année, les volumes de produits de grande consommation vendus dans les supers et les hypermarchés ont reculé. Le premier décrochage de ce genre depuis 2001.

Et cela ne devrait pas s’arrêter. Une enquête de la banque Robeco et de l’institut IFOP publiée en mars montre que 61 % des Français ont l’intention de réduire leurs dépenses au cours des prochains mois.

Comme César Branco, par exemple. Si ce Parisien employé dans le bâtiment n’a pas changé ses habitudes dans l’alimentaire, il ajoute : « Pour l’essence, je cherche le moins cher, il y a 20 centimes d’écart, et même parfois jusqu’à 40, selon les endroits. »

ALIMENTAIRE

Depuis le début de l’année, les Français remplissent moins leurs chariots dans les supers et les hypermarchés et fréquentent de plus en plus les magasins de maxidiscompte. Après avoir stagné ces deux dernières années, ce secteur est franchement reparti à la hausse en janvier, avec un gain de 0,5 point de part de marché. Le maxidiscompte représente désormais 14,2 % des dépenses alimentaires des Français, selon TNS Worldpanel.

Principale raison de cet engouement pour les bas prix : la flambée des prix alimentaires. Une hausse inédite de 4,9 % en mars, après 4,7 % en février et 4 % en janvier ! Sur un an, ce sont les pâtes (+17,42 %) et les oeufs (+14,45 %) qui ont le plus augmenté, selon les chiffres Nielsen publiés par le magazine LSA. Conséquence : les ventes de pâtes sont en chute libre : – 2 % en mars après – 3,7 % en février, – 3,2 % en janvier et – 3,4 % en décembre. « Pour l’instant les ventes d’oeufs restent stables, peut-être parce que l’oeuf standard reste la protéine la moins chère », relève Christian Marinoff, le directeur de l’interprofession du secteur.

« Aujourd’hui, la consommation ne s’inscrit plus dans le futur. On ne diffère pas un achat mais on fait des arbitrages : on remplit moins son chariot mais on s’achète un écran plat », indique Olivier Geradon de Vera, vice-président du cabinet Iri Secodip.

Lorsque les consommateurs font leurs courses, ils sont de plus en plus nombreux à privilégier les marques de distributeurs ou les produits premiers prix. «  C’est d’autant plus vrai lorsque le budget de nos clients est très contraint », confirme Nathalie Mesny, directrice du marketing chez Carrefour. Pour les marques nationales telles que Danone, Barilla ou encore Nestlé, cette situation pourrait devenir préoccupante si elle se poursuivait. « Nos volumes ont baissé mais il est encore trop tôt pour y voir l’effet direct de la hausse des prix », minimise-t-on chez Danone.

« On sait que pour l’alimentation, le décalage entre la hausse des prix et sa perception par le consommateur est plus grand que pour l’essence ou les téléphones portables, nous sommes donc plus exposés », estime néanmoins Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania).

AUTOMOBILE

Les Français voient leur budget s’alourdir. Du coup, le nombre de kilomètres effectués ne cesse de diminuer. Selon le dernier relevé de l’Union française des industries pétrolières (UFIP), le prix de l’essence sans plomb 95 a atteint un record, à 1,38 euro, et le gazole à près de 1,28 euro. A la veille des vacances de printemps, les automobilistes se sont rués sur le comparateur de prix mis en ligne par le ministère des finances pour trouver les stations les moins chères.

Les immatriculations de voitures particulières devraient augmenter en 2008 de près de 2 % selon le cabinet Xerfi. Mais les Français se portent de plus en plus sur les petites cylindrées, moins chères à l’achat et moins gourmandes en carburant. Sur le premier trimestre de 2008, elles représentent un achat sur deux. Dans le même temps, les ventes de gamme moyenne ont reculé de 10 % sur un an, le haut de gamme chute, lui, de 34,2 %. L’instauration du bonus/malus écologique explique cette redistribution des cartes depuis le début de l’année. Il est peu probable que les Français se soient mués en écologistes purs et durs ? Pour Robert Rochefort, le président du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc), la voiture ne fait plus partie des achats « fantasmes ». En témoigne le succès de la voiture à bas prix de Renault, la Logan dans l’Hexagone.

HABILLEMENT

Selon l’Institut français de la mode (IFM), en mars, les ventes ont reculé de 12 % en valeur pour les grands magasins et les commerces indépendants et de 8 % pour les chaînes spécialisées. « Il y a une vraie panne de la consommation. Les gens ont intégré la crise économique », explique Franck Delpal de l’IFM. Selon lui, le débat autour du pouvoir d’achat, de la hausse des produits alimentaires et de l’énergie a eu raison du budget consacré à l’achat de vêtements.

LOISIRS

La baisse du pouvoir d’achat touche aussi le budget vacances. Selon une étude menée par le cabinet Guy Raffour et le voyagiste en ligne Opodo.fr, en 2007, les Français étaient moins nombreux à partir qu’en 2006. Les ménages au pouvoir d’achat élevé continuent de partir. Les ménages modestes rognent sur leurs vacances au profit d’autres dépenses considérées comme incompressibles. En 2006, les foyers qui gagnaient entre 1 200 et 1 900 euros étaient 57 % à partir en vacances. Ils n’étaient plus que 49 % en 2007.

Avec un taux d’épargne parmi les plus élevés d’Europe (15,5 % en 2006), les Français pourraient être contraints de puiser dans leur bas de laine pour maintenir leur niveau de consommation. « Pour l’instant, il n’y a aucun signe dans ce sens mais il est encore un peu tôt. S’ils ne le faisaient pas cela signifierait qu’ils ont vraiment le moral dans les chaussettes », souligne M. Rochefort.




les resultats du lycée

21 04 2008

sur le site du ministere ..les résultats du lycée Saint Paul.




pour les terminales ES le premiers sujets du bac 08

18 04 2008

les premiers sujets du bac 2008 ceux de PONDICHERY

dissertation - En quoi le progrès technique est il facteur de croissance économique?

 et QSTP
- Après avoir montré que les clivages entre PCS se sont atténués en France depuis les années 50, vous présenterez les limites de ce processus de rapprochement.




pour les T.ES et les 1 ES :les finances publiques dans la zone euro

18 04 2008

Les finances publiques de la zone euro se sont améliorées en 2007

LEMONDE | 18.04.08 |

Les finances publiques ont continué de s’améliorer l’an dernier dans la zone euro, le déficit atteignant son plus bas niveau depuis 2000, selon des chiffres publiés vendredi 18 avril, mais la tendance devrait s’inverser en 2008 avec le ralentissement économique. Dans l’ensemble des pays utilisant l’euro, le déficit public a baissé à 0,6 % du produit intérieur brut (PIB) en 2007, contre 1,3 % en 2006 et 2,5 % en 2005, selon une première évaluation de l’office statistique européen Eurostat. C’est « le meilleur résultat pour la zone euro depuis 2000″, qui était « une année un peu particulière en raison de recettes extraordinaires des Etats liées à la vente des licences de téléphonie UMTS », a souligné la porte-parole de la Commission européenne pour les affaires économiques, Amelia Torres.« Si l’on exclut cela, c’est le meilleur résultat dont on ait mémoire », a-t-elle dit, rappelant que le déficit moyen était de 5 % au milieu des années 1990.

« Cela prouve que le pacte de stabilité européen [qui limite à 3 % le déficit, NDLR] fonctionne, et que nous sommes maintenant dans une situation beaucoup plus saine qu’elle ne l’a jamais été. » La forte baisse du déficit en 2008 doit beaucoup au redressement important des comptes de l’Allemagne, première économie de la zone euro, qui a enregistré un excédent, symbolique, en 2007, contre un déficit de 1,6 % en 2006. L’Italie, actuellement sous le coup d’une procédure pour déficit excessif de l’UE, a également contribué à l’amélioration en réduisant drastiquement son déficit public, à 1,9 % contre 3,4 % en 2006. La Commission devrait proposer dès le 7 mai l’abrogation de cette procédure, tout comme pour le Portugal, qui a abaissé son déficit de 3,9 % en 2006 à 2,6 %. L’Espagne a également amélioré sa situation, augmentant l’excédent de ses finances publiques à 2,2 % du PIB, contre 1,8 % en 2006. La France, en revanche, fait partie des mauvais élèves : son déficit s’est creusé à 2,7 %, contre 2,4 % en 2006.

PESSIMISME

Sur le front de la dette, la situation s’est aussi améliorée dans la zone euro. Le rapport de la dette publique par rapport au PIB a diminué, à 66,4 % du PIB, contre 68,4 % en 2006. Il reste cependant au-dessus du seuil de 60 % toléré par le pacte de stabilité, et la dette a augmenté en valeur absolue.

Pour l’ensemble des 27 pays de l’Union européenne, le déficit s’est réduit à 0,9 % du PIB, contre 1,4 % en 2006. Le ratio d’endettement a également diminué, à 58,7 % du PIB contre 61,2 % du PIB en 2006. Cette amélioration des comptes publics « nous permet d’affronter les turbulences sur les marchés et le ralentissement américain dans une situation beaucoup plus confortable », a souligné Amelia Torres.

Cependant, l’amélioration des finances publiques ne devrait pas durer en 2008, en raison principalement du ralentissement économique lié à la crise financière. En novembre, la Commission prévoyait déjà une détérioration du déficit en 2008, à 0,9 %. Ses prochaines prévisions économiques, le 28 avril, devraient être encore plus pessimistes. Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a prévenu mardi que l’année 2008 serait « très difficile en matière budgétaire, parce qu’un certain nombre de pays risquent de ne plus pouvoir continuer au rythme voulu l’assainissement budgétaire qui conviendrait à la situation ».

nota bene

cela est à mettre en lien avec les déficits publics français

Le déficit public français va bien se creuser

Annoncé initialement à 1,7% du PIB, le produit intérieur brut, à l’horizon 2009, le déficit public de la France risque d’atteindre en fait les 2%.

Le déficit public tricolore se creuse ce qui ne va pas faciliter les relations de Paris avec ses voisins alors que la France va prendre le 1er juillet la présidence tournante de l’Union européenne.

Selon les « perspectives économiques 2008-2009″ publiées mardi par la Commission économique de la Nation, réunie à Bercy, au ministère de l’Economie, la prévision de ce déficit public a été revue à la hausse pour 2009. Il devrait atteindre 2% du PIB, le produit intérieur brut, et non 1,7% comme prévu initialement. Cette tendance avait été annoncée par Bercy la semaine dernière. Toujours pour 2009, la croissance devrait être comprise entre 1,75% et 2,25%.

Selon ce document, cette réduction du déficit en 2009 – par rapport à 2007 – , « combinée à des cessions d’actifs non stratégiques », devrait permettre « au ratio de dette de poursuivre sa décrue pour atteindre 63,2% du PIB fin 2009″.

La Commission économique de la Nation confirme par ailleurs que pour 2007, le déficit public (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) a été de 2,7% et non de 2,4% comme prévu. Même tendance attendue en 2008 avec un déficit de 2,5% du PIB et non de 2,3% avec une croissance qui se limiterait à une fourchette de 1,7 à 2 %.

La prévision est moins alarmiste en ce ce qui concerne l’inflation. Après le pic de 3,2% en mars en glissement annuel, elle devrait se limiter en moyenne à 2,2% sur l’ensemble de cette année et redescendre à 1,6% en 2009.