génial article de A Parienty à propos du protectionnisme

5 04 2009

 

Et maintenant le protectionnisme ?

Le monde connaît une crise économique très sérieuse. Cependant, jusqu’ici, les parallèles avec la Grande Crise de 29 ont eu pour principale fonction de bien marquer la différence entre la situation d’alors et les difficultés actuelles, histoire sans doute de se rassurer. Pour l’instant, malgré la chute vertigineuse du commerce mondial prévue en 2009, la tentation protectionniste, qui avait joué un si grand rôle dans l’approfondissement de la crise des années trente, a été contenue. Mais les choses peuvent basculer rapidement et nous rapprocher nettement des années noires de l’avant-guerre.
Le protectionnisme consiste à favoriser les producteurs opérant sur le territoire national par rapport aux autres, soit en limitant l’entrée de produits étrangers sur le territoire national par des quotas ou des normes difficiles à atteindre, soit en améliorant artificiellement la compétitivité des produits locaux par des droits de douane sur les biens importés ou des subventions accordées aux producteurs locaux. Selon la Banque mondiale, 2008 a été une année de remontée du protectionnisme ; et les choses pourraient s’aggraver rapidement.
Les plans de relance de l’activité élaborés récemment sont souvent à la limite du protectionnisme. L’aide à l’automobile en fournit un bon exemple. L’aide apportée par le budget de l’Etat aux constructeurs automobiles français (ou allemands ou américains) est une subvention qui les avantage face aux autres fabricants en réduisant leurs coûts. Bien qu’il soit justifié d’empêcher des destructions massives d’emplois dans ce secteur si c’est possible, il faut veiller à ce qu’un pays ne cherche pas à exporter son chômage par une croissance artificielle de ses parts de marché. En l’absence de coordination, les subventions à l’industrie automobile devraient atteindre cette année la somme faramineuse de 48 milliards de dollars, selon la Banque mondiale. Au surplus, l’essentiel de ces subventions concerne les pays riches et est souvent accompagné de clauses protectionnistes (maintien de l’emploi en France, par exemple, ce qui est une invitation explicite à supprimer des emplois ailleurs, compte tenu des surcapacités massives dans le secteur. Les pays de l’Est européen ne s’y sont pas trompés, qui ont violemment protesté contre le plan Sarkozy). L’effet de ces aides devrait donc être essentiellement de repousser les assauts des constructeurs implantés dans les pays en développement, aux frais du contribuable européen ou américain.
Pour l’instant, la Banque mondiale dénombre 47 mesures protectionnistes nouvelles au cours des derniers mois, ainsi qu’une remontée des actions anti-dumping. L’impact de ces mesures ne devrait pas être trop important, sauf si elles déclenchent un cycle de représailles. Mais il suffirait de peu de choses pour modifier la tendance. Lors du G20 de cette semaine, l’administration américaine devrait mettre l’accent sur la nécessité d’une politique budgétaire plus active en Europe et au Japon, les Etats-Unis ne pouvant plus tirer seuls la croissance mondiale. Il est probable que, sous l’impulsion de l’Allemagne, ils se verront opposer une fin de non recevoir. L’inénarrable Angela Merkel (qui ressemble beaucoup à Lady Thatcher, non pas dans son idéologie, mais dans sa mentalité d’épicière, dans son style I want my money back) ne semble en effet pas prête à des concessions sur ce point.




un nouveau lien permanent

5 04 2009

les fonds de cartes




crise encore

5 04 2009

une suite de lien vers des articles qui pourront vous éclairer sur maints aspects de la crise actuelle et sur la difficulté d’y remédier tant au plan économique que démocratique ..suite des cours y compris de sciences politiques ….

1L’abus du désir d’argent, ou les drogués du néolibéralisme

2Pierre Cahuc et André Zylberberg : « La méthode Sarkozy : organiser l’opacité »

3 Après 1789,2009 avis aux historiens amateurs ….(sic ils se reconnaitront)

c’est celle de « l’égalitarisme », terme disqualifiant le fondement même de la démocratie : l’égalité. Ce supposé égalitarisme viserait à empêcher ceux qui ont le mieux réussi en termes de gains de richesse, de pouvoir pleinement bénéficier de cette richesse. Le bouclier fiscal serait une loi protectrice contre l’égalitarisme. Ici, refaire 1793 supposerait de refuser ce faux débat. Pendant la Révolution française, l’épouvantail brandi par les riches s’appelle « loi agraire », une volonté supposée de redistribuer toutes les terres. Robespierre, le 24 avril 1793, en rejette l’idée : « Vous devez savoir que cette loi agraire dont vous avez tant parlé n’est qu’un fantôme créé par les fripons pour épouvanter les imbéciles ; il ne fallait pas une révolution pour apprendre à l’univers que l’extrême disproportion des fortunes est la source de bien des maux et de bien des crimes. Mais nous n’en sommes pas moins convaincus que l’égalité des biens est une chimère. Il s’agit bien plus de rendre la pauvreté honorable que de proscrire l’opulence ».

 4La « gesticulocratie » contre la « mouvementocratie », par Louis Chauvel

Le scénario noir du nouveau sacrifice des jeunes générations est écrit, sauf à réagir immédiatement : chômage massif, risque inédit de déclassement des jeunes diplômés, déstabilisation de la « société de classes moyennes » à la racine du remplacement générationnel faute de recrutements, exclusion des sans-bac…..

Le surdéveloppement d’une partie ou l’autre de l’alternative suscite les incohérences insoutenables, en prélude à son échec, sa déstabilisation et son effondrement – temporaire – jusqu’à boucler le cycle : le backlash. Mais il serait naïf de croire que, en perdant une bataille, le capitalisme a perdu la guerre.

Cet échec du capitalisme relève avant tout de son incapacité à assurer le développement de long terme des progrès. Marchés immobiliers et financiers insoutenables, stagnation voire déclin de l’espérance de vie dans les pays à faible Etat-providence, inégalités croissantes notamment dans le partage de l’investissement éducatif, surendettement, rétrécissement des classes moyennes, abondance d’effets d’annonce sans lendemain, sont autant de signes de la désagrégation d’un régime où la transmission intergénérationnelle est problématique.

 

DÉVALUATIONS DES DIPLÔMES

 

Pour autant, le socialisme tel que nous l’avons connu depuis trente ans n’est pas exempt de critiques. L’explosion des effectifs d’un lycée et d’une université low cost de 1988 à 1994, sans soucis véritables pour le placement des jeunes, confronte les nouvelles générations à la dévaluation des diplômes. Quant à la responsabilité de la stagnation scolaire depuis 1994, elle est au moins un peu partagée, la période 1997 à 2002 étant dans l’alignement des périodes des gouvernements de droite.

Ces politiques désordonnées d’exubérance et de restriction scolaires ont suscité une génération appartenant aux classes moyennes par ses diplômes et aux classes populaires par sa condition, sans grand espoir de retour, confrontant les enfants des catégories moyennes au péril du déclassement social…..

 

5Une crise qui va transformer le monde, par Martin Wolf

« Cette crise porte un coup dévastateur à la crédibilité et la légitimité des États-Unis à travers le monde, » a asséné Wolf aux Sénateurs américains qui l’avaient convié à à donner sa lecture de la situation. Martin Wolf est un adepte résolu de la mondialisation. Mais loin de se contenter de chanter ses mérites, comme beaucoup, c’est un esprit aigu qui sait analyser les faiblesses du système, en saisir les contradictions, y déceler les tendances lourdes, et n’hésite pas a exprimer franchement son opinion. Devant les Sénateurs, il ne s’est pas cantonné à une analyse économique technique, mais leur a signifié à quel point cette crise « made in USA » serait lourde de conséquences globales. Car au delà de leur statut désormais compromis, c’est le modèle de la mondialisation qu’ils avaient impulsé qui est désormais remis en cause. Si les USA eux même ne parviennent pas à maitriser le marché libre, qui le pourrait ? Si la mondialisation présente de tels dangers, pourquoi s’y insérer ? Cette crise va ouvrir une période de transformations profondes, diagnostique-t-il. Le rôle des USA, mais aussi de l’occident dans son ensemble, sera remis en cause, en raison de leur échec patent à prévenir de telles catastrophes. De la même façon que le souvenir de la Dépression des années trente avait façonné le monde durant près d’un demi siècle, cette crise redéfinira pour longtemps les orientations et les choix politiques dans le monde entier. Elle entraînera un renforcement du contrôle exercé par le politique sur les marchés, prévoit Wolf, mais elle bouleversera aussi les hiérarchies établies. Les pays émergents ne se contenteront plus d’être réduits au second rôle dans des institutions internationales dont les responsables en titre ont fait un si mauvais usage. Les pays asiatiques, en particulier, qui gardent encore le souvenir cuisant des humiliations subies de la part du FMI et des USA en 1998, rappelle Wolf, réclameront d’obtenir voix au chapitre. Ce à quoi nous sommes confrontés c’est bien à une rupture de dimension historique : « l’effondrement du système financier occidental, alors que la Chine semble prospère, marque de façon humiliante la fin du “moment unipolaire”. »

6Les usages du pacs

La création du pacs en 1999 a modifié le paysage matrimonial français. Le nombre croissant de pacs contractés a conduit à se demander si les couples préfèrent désormais le pacs au mariage ou au concubinage. Marion Leturcq montre qu’il n’est pas justifié d’attribuer la baisse récente du nombre de mariages au pacs, car celle-ci répond à une baisse tendancielle depuis les années 1950, attribuable à une désaffection du mariage. L’étude de la réforme de 2005 du régime d’imposition des couples pacsés révèle que la conclusion du pacs obéit de manière significative à des motivations fiscales…..

7 Le déclin du mariage, un problème social ?

Le mariage et la famille ébranlés

Les évolutions de la structure familiale américaine sont marquées, comme partout en Occident, par un relatif déclin de la nuptialité, la progression des divorces et de la monoparentalité. Il n’en reste pas moins que le mariage reste valorisé, même chez les parents célibataires. On liste, dans le désordre, quelques-uns des principaux constats relevés par Wilson.

  • En 2000, la moitié seulement des ménages américains avaient à leur tête un couple marié, contre 78 % en 1950 et 61 % en 1980.
  • Parmi les familles ayant des enfants de moins de 18 ans, moins des trois quarts avaient à leur tête un couple marié en 2000. Cette proportion était de 93 % en 1950 et de 81 % en 1980.
  • La proportion de naissances hors mariage est passée de 12 % en 1970 à 18 % en 1980 et à plus du tiers aujourd’hui.
  • En 1963, 83 % des femmes âgées de 25 à 55 ans étaient mariées. En 2000, cette proportion est nettement inférieure aux deux tiers.
  • En 1960, un cinquième des enfants noirs vivaient avec leur mère isolée, sans leur père. Vers 2000, c’est le cas du cinquième des enfants blancs, et de plus de la moitié des enfants noirs.
  • Les trois quarts des maternités précoces (des naissances avant la majorité des mères) sont le fait d’adolescentes non mariées. Dans le cas des jeunes filles noires mineures qui ont des enfants, 90 % d’entre elles ne sont pas mariées.
  • Les parents célibataires sont trois fois plus nombreux que les parents mariés à connaître des problèmes de drogue et d’alcool…..

8Ce que parler de « classes moyennes » veut dire




les damnés de la dette par Paul Krugman

3 04 2009
 

 

Krugman s’inquiète de l’apparition de signes déflationnistes dans l’indice mesurant le coût du travail, alors même que les USA n’en sont selon le Congressional Budget Office qu’au début d’une baisse de la production qui sera la plus longue et la plus forte depuis les années 1930. La tentation de sauver les meubles – se traduisant pour les entreprises par une réduction des prix et pour les travailleurs par l’acceptation de salaires révisés à la baisse, si elle peut sembler justifiable comme un pis aller à l’échelle individuelle, provoque sur l’ensemble de l’économie un dangereux processus de contraction de l’activité, encore amplifié par le fait que la baisse généralisée du niveau des prix et des revenus a pour conséquence d’alourdir le poids du remboursement des dettes. C’est là, dit-il, l’illustration de ces cas de figures bien connus des économistes où un comportement qui semble rationnel à l’échelle individuelle est désastreux pour la collectivité lorsqu’il est adopté par l’ensemble de ses acteurs. Fort bien, nous voilà avertis. Une question, tout de même : la concurrence mondialisée au moins-disant salarial, revendiquée comme indispensable à la performance économique durant la période précédant cette crise, ne présentait-elle pas cette même caractéristique ?

Paul Krugman, 30 janvier 2009

Dans un article célèbre publié en 1958 mon vieux professeur Jagdish Bhagwati avait décrit les conditions pouvant provoquer une « croissance de misère » [J’aborde ce point car je crains que l’élément clé de notre situation économique actuelle ne soit que nous soyons damnés sur de multiples fronts.

Le paradoxe de l’épargne en fournit l’un des exemples les plus connu : lorsque tout le monde essaie d’épargner plus dans une économie où les taux d’intérêt sont proches de zéro, les revenus chutent pour tout le monde et la situation empire. Le paradoxe du « deleveraging », du désendettement, est désormais bien connu lui aussi : lorsque toutes les banques vendent des actifs pour tenter de réduire leur exposition et la taille de leur bilan, cela a pour résultat une chute du prix de ces actifs et aggrave leurs problèmes de capitalisation.

Mais il existe au moins une autre forme de damnation qui m’inquiète vraiment : le paradoxe de la déflation. Une entreprise peut tenter de préserver son activité, ou un travailleur son emploi, en acceptant de baisser ses prix ou son salaire, mais quand tout le monde agit de même, cela produit une déflation de la dette – c’est à dire une augmentation de la charge réelle du remboursement de cette dette, qui pèse sur l’économie – et commence à induire des anticipations déflationnistes dans les décisions d’investissement et de crédit, ce qui déprime d’autant l’économie. Et une fois que l’on est pris dans le piège de la déflation, il devient très difficile d’en sortir.

A mon avis, le chiffre réellement effrayant publié aujourd’hui n’est pas celui du PIB, quoi que parfaitement mauvais, mais celui de l’indice du coût du travail, qui montre que les gains salariaux chutent rapidement. Les salaires ne sont pas déjà orientés à la baisse (bien que les réductions de salaires dans certaines entreprises sont plus fréquentes qu’à aucun moment depuis les années 1930), et nous n’observons pas pour l’instant de déflation réelle des prix à la consommation, mais nous nous en rapprochons. Et nous ne sommes pourtant que dans les premiers stades de la crise, selon le directeur du Congressional Budget Office, qui écrit :

en l’absence d’un changement dans la politique budgétaire, le CBO prévoit que l’écart entre la production et le potentiel de production de la nation sera le plus important, en durée et en valeur depuis la Dépression des années 1930.

Cela devrait vraiment être le point clé dans le débat sur la relance. Oui, les effets de la politique budgétaire sont incertains, oui, l’accroissement massif de l’endettement est risqué, mais ne rien faire serait encore plus risqué, car il y a une forte probabilité que si nous n’agissons pas fortement la déflation va s’installer dans l’économie. Nous pourrions être damnés si nous la faisons, mais nous serions à coup sur damnés si nous ne la faisons pas.

[1] immiserizing growth




deux vidéo de socio ….premières et terminales ES

3 04 2009

Les rencontres du livre de sciences humaines
Crise urbaine, crise sociale ? (01:21:07)
par Christian Topalov (25.08)et Stephane Beaud(17.06)
et grace à un de vos camarades



les sujets du bac ..en nouvelle calédonie

1 04 2009

vous trouverez là les sujets du bac posés en Nouvelle Calédonie sans les documents




encore la crise ..les échos un très bon dossier

1 04 2009

 

Où en sommes-nous ? Bientôt deux ans après le début de l’épidémie des  » subprimes « , six mois presque jour pour jour après la déflagration Lehman, la crise, ce mot gigogne, attrape-tout, que l’on plaque sur les multiples incendies qui s’allument dans la maison capitaliste, a changé de nature.

A la sidération devant la débandade accélérée des banques et des marchés a succédé la prévisible mécanique de la récession, qui déroule ses enchaînements implacables d’un bout à l’autre de la planète : effondrement du crédit, contraction du commerce mondial, chute de la production industrielle, remontée en flèche du chômage.

La séquence est bien en place. Le 19 mars dernier, le Fonds monétaire international en a donné le tempo. Les pays développés devront affronter un recul de leur PIB de 3 % cette année. Un chiffre inconnu depuis 1945. Un chiffre qui pourrait encore se détériorer si le déluge de statistiques calamiteuses de ces derniers jours se poursuit.

C’est à ce moment de l’histoire que se réunissent ce soir à Londres les chefs d’Etat du G20. Avec pour mission de repenser la régulation financière, c’est-à-dire une partie de l’avenir du modèle capitaliste, alors que toute leur énergie est aujourd’hui concentrée sur l’urgence du présent : celle de colmater les voies d’eau dans leurs économies dévastées par l’ouragan financier.

la suite là

et en plus un très bon dossier

 




1 04 2009

suite del’article précedent