le chômage en Europe

3 11 2009

Le taux de chômage dans la zone euro (16 pays) a augmenté en septembre à 9,7 %, son plus haut niveau depuis janvier 1999, après 9,6 % en août, selon des données publiées vendredi 30 octobre par l’office européen des statistiques Eurostat. Celui-ci a recensé en septembre 184 000 chômeurs de plus qu’en août, ce qui porte le total à 15,324 millions.

Dans l’ensemble de l’Union européenne (27 pays), le taux de chômage a également progressé pour passer de 9,1 % à 9,2 %, un record depuis le début de la série de statistiques en janvier 2000. Le nombre total de chômeurs dans l’UE a atteint 22,123 millions en septembre, soit 286 000 personnes de plus qu’en août.

Parmi les Etats membres, les taux de chômage les plus bas ont été enregistrés aux Pays-Bas (3,6 %) et en Autriche (4,8 %) et les plus élevés en Lettonie (19,7 %) et en Espagne (19,3 %), indique Eurostat. Les plus faibles hausses ont été observées en Allemagne, en Italie et en Belgique.

Par ailleurs, les prix à la consommation dans la zone euro ont reculé pour le cinquième mois d’affilée en octobre, de 0,1 % sur un an, toujours selon Eurostat. L’inflation annuelle dans la zone euro s’était établie à -0,3 % en septembre, -0,2 % en août, -0,7 % en juillet et -0,1 % en juin. Après le pic historique de +4 % enregistré en juillet 2008, l’inflation n’a cessé de ralentir rapidement puis est devenue négative dans le sillage du repli des prix pétroliers et de la pire récession traversée par la région depuis 1945.

Le chômage dans l’UE depuis février 2008




pour les terminales ES le nouveau modèle de croissance

20 10 2009
 
 

 
 
voici le texte du résumé !
 Nous assistons à l’emboîtement de trois crises successives

1.    La crise est profonde car elle concentre de façon différée les conséquences de trois chocs :

  •  la crise des valeurs technologiques des années 2000 (surinvestissement dans certains secteurs intenses en R & D dont les firmes du Nasdaq furent emblématiques)qui remettait en question les rendements attendus des TIC, la rémunération des facteurs, les incitations et les règles à définir pour garantir un sentier de croissance stable ;
  •  la crise des ressources rares (flambée des cours des matières premières alimentaires et énergétiques) et une dégradation écologique accélérée, qui dès2006 marquaient l’incompatibilité entre la croissance mondiale et le prélèvement sur les ressources ;
  •  la crise actuelle de surendettement massif aux États-Unis, qui a permis dans un premier temps de maintenir la dépense des ménages, freinée par la contrainte de pouvoir d’achat et la montée des inégalités. Cette vague de consommation et d’investissement résidentiel à crédit a d’abord différé l’impact réel des deux premiers chocs sur la croissance, avant de l’aggraver.

La croissance des années 2000 a été alimentée par l’automobile et la construction dans de nombreux pays développés, amplifiée par la dépense publique aux États-Unis, et par le développement d’industries et de services de gamme moyenne dans les pays émergents, plutôt que tirée par des biens et services nouveaux à forte marge des pays anciennement industrialisés.

 

2.    La crise peut paradoxalement freiner le phénomène de destruction créatrice mais elle diffère plus qu’elle n’interrompt la vague d’innovation.

Les crises sont parfois perçues comme des accélérateurs de changement, nécessaires au renouvellement des structures productives à travers un jeu de « destruction créatrice ». Si la R & D exerce traditionnellement un rôle stabilisateur sur l’activité (l’innovation demeure une des premières priorités pour 64 % des entreprises selon l’enquête du Boston Consulting Group), le resserrement du crédit risque, dans le contexte actuel, de faire reculer les dépenses d’innovation, de favoriser les entreprises établies au détriment des nouveaux entrants et d’entraver in fine le redéploiement vers les nouveaux secteurs.

Les crises, contrairement aux idées reçues, figent les modèles de production, les phases ascendantes du cycle étant mieux à même d’animer la régénérescence des structures productives :

  •  tout changement d’organisation d’un modèle de production comporte d’importants coûts fixes pour les entreprises, coûts qu’elles abordent plus difficilement en période de rentabilité dégradée ;
  •  la mortalité des nouveaux entrants, qui disposent de faibles fonds de roulement et dont la rentabilité est souvent différée, est importante en période de récession.

Les gains d’efficacité des TIC ont été notables depuis 30 ans mais certains secteurs porteurs se rapprochent d’une phase de maturité et leur potentiel de croissance est désormais moindre. Néanmoins, l’idée d’un ralentissement durable de la croissance par essoufflement technologique ne paraît pas recevable.

  • Certains domaines issus de l’hybridation des champs scientifiques sont riches de promesses (biotechnologies, nanotechnologies, sciences cognitives, écotechnologies). De nombreuses techniques nouvelles qui n’ont pas encore  rencontré de demande de masse solvable trouveront bientôt des applications en lien avec une demande de consommations innovantes qui ne se tarit pas. D’autant que ces technologies hybrides répondent à des besoins sociaux, en matière de santé et d’environnement notamment.
  • Nous entrerions dans une phase de « synthèse créative » où les technologies s’agencent entre elles (développement des interfaces, hybridation) de manière à mieux correspondre aux besoins des individus, et rencontrent une demande de masse solvable. La consommation de biens et services à forte teneur technologique résiste à la crise. Les gains de productivité des TIC sont à attendre moins de l’automatisation des services que d’une réorganisation de leur chaîne de valeur et d’un développement des interfaces entre l’industrie et les services, autorisant un développement inégalé de ces derniers.

3.    Les nouvelles interfaces industrie-services constituent un gisement potentiel de croissance

Le renouvellement des moteurs de croissance pourrait dès lors résider dans une nouvelle articulation entre les services et les biens répondant à la satisfaction d’un besoin fonctionnel plus vaste que le produit lui-même. La valeur ne réside plus dans la production matérielle mais dans la capacité à répondre à un besoin. Pour exemple, on pourrait imaginer demain qu’un vendeur d’électricité ne se contente plus de vendre des kW/h mais une température optimum dans un habitat ou un local professionnel, ce qui nécessite une chaîne de compétences encore difficiles à réunir pour le moment.

Y a-t-il pour autant un renversement de la dynamique industrie-services ? Le rôle moteur de l’industrie par le jeu de la sous-traitance et de l’externalisation des fonctions tertiaires serait-il remis en cause ? Deux thèses s’affrontent à cet égard :

  • l’économie servicielle traduirait un simple mouvement de différenciation croissante des biens par le service joint. On assisterait à un approfondissement du productivisme réactif plus qu’à sa transformation, avec un rôle accru de la fonction de distribution et une externalisation plus poussée des processus de fabrication standardisés ;
  •   à l’inverse, l’économie des services transformée par l’insistance sur la fonctionnalité gagnerait fortement en autonomie et deviendrait motrice. On assisterait alors au développement du pilotage par l’aval de la production par des entreprises « intégratrices » (combinant stratégie, conception et vente) pour répondre à la « valeur client ».

Qu’il s’agisse de l’économie des bouquets (Philippe Moati), de l’économie de la fonctionnalité (Dominique Bourg), ou de l’économie du quaternaire (Michèle Debonneuil), cette évolution s’inscrit pourtant dans une transformation longue des modes de consommation et de production, accélérée par le développement des TIC. L’ère numérique conduit à rapprocher les entreprises de leurs clients grâce à une connaissance plus fine et plus immédiate de leurs attentes et offre de nouvelles potentialités de diffusion des biens et des services. Elle renforce l’importance de la proximité et de la valeur client, qui s’est trouvée confirmée dans la crise.

Selon un sondage TNS Sofres, la satisfaction du client et la qualité du service et des produits sont les premiers points forts et sources de croissance respectivement cités à 75 % et 65 % par les entreprises interrogées, loin devant le prix des produits et l’efficacité de la fabrication.

Dans le même temps, les mutations sociales où l’acte de consommation devient réalisation de soi et les applications nouvelles du Web 2.0 renforcent le pouvoir du consommateur, sa faculté à critiquer l’offre, à la modifier voire à la co-produire, et ses capacités d’engagement et d’autonomie (modèle wiki mais aussi consommation responsable). Ce pouvoir restauré du « consom’acteur » induit lui-même une réactivité des marques qui utilisent ces nouvelles fonctionnalités du consommateur pour entretenir un lien toujours plus étroit avec lui, et modifie, plus rapidement que par le passé, les biens et les services proposés. La satisfaction des besoins pourrait ainsi devenir le moteur d’une économie servicielle renouvelée.

Bien que difficile à quantifier dans un processus de transformation en cours, l’économie de l’usage et de la fonctionnalité à forte valeur ajoutée existe déjà. Elle est très présente dans le marché interentreprises (imagerie médicale, photocopieurs, informatique) où la vente de biens à forte technologie a cédé la place à celle d’un service autorisant une mise à jour permanente des techniques. L’économie de l’usage s’est également développée dans les télécommunications, avec la tarification des services et non des biens qui y sont associés, ou dans les services financiers avec la bancassurance. Elle prend de l’ampleur dans le commerce où elle redéfinit les marques de l’agroalimentaire ou du bricolage pour répondre à des besoins globaux d’aménagement du logement ou de santé-diététique. Elle atteint aujourd’hui le « coeur » industriel, avec les pneus vendus aux kilomètres parcourus et les véhicules en libre-service. L’économie de l’usage occupe une place encore faible mais peut voir son rôle accru par la prise en compte des contraintes environnementales.

4.    Le déclassement accéléré d’une économie industrielle polluante

et sa réinvention lente

Les secteurs de l’automobile et de la construction sont les épicentres de la crise. Les baisses de production dans ces secteurs sont d’une grande ampleur. La crise y est d’autant plus aiguë qu’elle succède à des années plutôt fastes, soutenues par la croissance des pays émergents et du crédit.

Le secteur de l’automobile est très affecté par le ralentissement de la demande dans les pays riches comme dans les économies émergentes. Il est dès lors confronté à des surcapacités qui seront lentes à résorber. Le secteur doit répondre de surcroît à une urgence écologique du fait de sa forte contribution au changement climatique et aux pollutions urbaines, en particulier pour les véhicules à forte motorisation.

La construction qui subit de plein fouet l’éclatement de la bulle immobilière mondiale est moins confrontée que l’automobile à un réaménagement durable de la demande.

Les besoins liés à l’accroissement des exigences en matière d’urbanisme durable et aux changements sociodémographiques renouvelant les formes d’habitat des personnes âgées, des populations étudiantes ou des familles, structurent une croissance de la demande de long terme.

Ces deux secteurs connaissent dès lors une mutation technologique profonde, avec une hybridation des domaines scientifiques et un approfondissement des filières techniques qui pourraient amener des ruptures technologiques (dans les matériaux pour la construction et dans l’approvisionnement énergétique des voitures). Les progrès de la domotique dans les bâtiments et des systèmes embarqués dans les voitures autorisent des flux d’informations avec les clients-résidents qui offrent de nouvelles fonctionnalités et occasionnent la prestation de nouveaux services.

Ces évolutions nécessiteront cependant une transition de plus longue durée que la sortie de crise : les consommateurs n’y sont disposés qu’à un prix acceptable ; les taux de renouvellement des équipements sont lents (12 ans pour la voiture et plus de 80 ans pour le bâtiment) et les innovations nécessitent le plus souvent des infrastructures (rechargement des batteries pour la voiture électrique, réseau intelligent de distribution d’électricité dans le bâtiment) qui sont longues à mettre en place. De ce point de vue, un soutien des pouvoirs publics apparaît indispensable.

5.    De nouveaux biens et services qui ne sont pas encore à la portée de tous : une crise du pouvoir d’achat plus que de l’hyperconsommation

L’idée selon laquelle les nouveaux arbitrages des consommateurs viseraient à corriger les abus d’une « hyperconsommation » passée et seraient durablement défavorables à la croissance doit être relativisée :

  • l’émergence de nouveaux comportements éco-responsables ou solidaires est très graduelle. La diffusion de ces comportements est elle-même tributaire d’une évolution positive du pouvoir d’achat ;
  • ces nouveaux comportements s’inscrivent dans la tendance longue d’une segmentation des marchés, d’une différenciation/personnalisation des biens et

 des prestations toujours plus poussée, et au final de montée en gamme à travers la proposition de « solutions » individualisées et de biens durables à meilleur rendement énergétique. En ce sens, ils s’inscrivent dans une logique de croissance ;

  • la crise n’a pas entamé l’appétit de consommation même si des arbitrages se font au profit des produits moins superflus. Lors des précédentes sorties de crise, la consommation des ménages est restée un moteur central de la croissance. La crise actuelle pourrait s’inscrire dans la même logique, d’autant que la consommation s’affirme toujours comme vecteur prégnant de construction identitaire, surtout parmi les jeunes générations.

6.    La dernière décennie a fait ressortir de profonds problèmes de solvabilisation de la demande de nouveaux produits qui ont deux sources principales

Le développement de la consommation des nouveaux produits et services est entravé par la difficulté de financer celle des biens premiers (alimentation, logement, transport). Ces biens premiers sont affectés par une hausse des prix relatifs et représentent pour partie des dépenses contraintes dont le poids a sensiblement augmenté depuis 30 ans. L’extension des dépenses contraintes est inégalitaire et se double d’une exposition variable à la contrainte énergétique. La composante contrainte des dépenses des ménages toutes catégories confondues, a connu une progression continue, puisqu’elle passe de 20 % en 1960 à 36 % en 2006 (Insee 2007), avec une nouvelle phase d’accélération depuis 2001. Les disparités sont importantes, la charge budgétaire des dépenses contraintes pouvant aller du simple au double (de 42 % des dépenses totales pour le premier décile de revenu à 24 % pour le décile le plus haut). 

Les clivages sont marqués face au coût du logement et à la diffusion de nouvelles pratiques tarifaires. L’analyse des statuts d’occupation révèle notamment une surexposition au prix des loyers de quatre catégories de ménages : les ménages les moins riches, les moins de 30 ans, les familles monoparentales et les Parisiens. Le lieu de résidence constitue donc un facteur très puissant d’hétérogénéité.

Une partie de la population voit son pouvoir d’achat affecté selon deux modalités principales.

La restauration de la profitabilité des entreprises dans les années 2000 dans les pays développés a été le résultat d’une exacerbation de la concurrence par les coûts et d’une recrudescence des stratégies d’externalisation qui ont particulièrement pesé sur les travailleurs les moins qualifiés. La pression sur le pouvoir d’achat a emprunté des canaux distincts selon les pays :

  • une montée des inégalités et de la proportion des bas salaires dans les pays anglo-saxons (éviction technologique des peu qualifiés, concurrence deséconomies émergentes, érosion des protections sociales pour faciliter la réactivité des entreprises) ;
  • une dégradation relative de la qualité de l’emploi et des conditions de travail des bas salaires en France12 et une limitation des salaires des classes  moyennes entre bas et hauts salaires. Les inégalités instantanées ne se sont pas creusées en France mais :

- les formes contractuelles instables issues de la « dualisation » de l’emploi ont diminué l’espérance de revenu tout au long de la vie de certains salariés peu qualifiés ;

- le pouvoir d’achat du salaire médian progresse peu.

C’est la crainte d’une perte de pouvoir d’achat et d’une limitation de la consommation qui apparaît comme un facteur d’inquiétude sur fond de peur du déclassement. De fait, la crise est anxiogène : selon l’enquête TNS Sofres, 85 % des salariés estiment qu’ils pourraient être touchés à l’avenir, fortement pour la moitié d’entre eux, les différences de perception entre statuts professionnels étant faibles. Cette crainte recouvre des réalités diverses. Un tiers des salariés se sentent menacés dans leur emploi (dont 10 % « beaucoup »), la proportion atteignant 50 % pour les moins de 25 ans. Mais c’est avant tout par son impact sur le pouvoir d’achat que la crise touche les salariés (et leurs proches). La crise « oblige à changer les comportements de consommation » pour 64 % de la population.

7.    Le modèle d’ajustement dual de l’emploi et d’incitation au travail en question

L’ajustement de l’emploi qu’a connu l’économie française depuis début 2008 a été d’une ampleur sans précédent et a surpris par sa rapidité. Les mécanismes à l’œuvre aujourd’hui valident et amplifient l’idée d’une « dualisation » du marché du travail, combinant un ajustement particulièrement prononcé de l’emploi pour les salariés de la périphérie (contrats précaires ou sous-traitance) et une stabilité remarquable pour les salariés du « noyau dur ».

  • Si dans la récession de 1993, l’intérim n’avait contribué que très marginalement aux destructions totales d’emplois, il représente 60 % des destructions d’emplois entre le premier trimestre 2008 et le premier trimestre 2009.
  • En moyenne, au deuxième trimestre 2009, 319 000 personnes étaient dans une situation de chômage partiel ou technique, soit un niveau supérieur au maximum observé durant la récession de 1993. La hausse concerne principalement le secteur de l’industrie et, dans une moindre mesure, celui de la construction.

En revanche, la précarité des salariés appartenant au cœur d’activité des entreprises ne semble pas globalement accentuée dans cette crise. Les comportements de rétention des compétences sur les travailleurs les plus qualifiés sont même particulièrement affirmés.

 

 

Ce modèle d’ajustement dual est-il durable ?

La contestation sociale a pour toile de fond une montée en puissance de la valeur travail ressentie comme source d’épanouissement personnel et de construction de csens. La crise a exacerbé un rapport paradoxal au travail. Selon TNS Sofres13, le travail reste essentiel pour trouver sa place dans la société et pour s’épanouir personnellement pour plus de 90 % des Français.

Les motivations les plus fédératrices sont l’ambiance au travail et l’intérêt du travail

(67 %), bien avant les salaires. Rien de bien neuf ici. En revanche, les attentes relatives à l’autonomie (liberté dans l’organisation de son travail, 49 % ; participation à la prise de décision, 38 % ; responsabilités, 38 % également) progressent sensiblement par rapport à l’enquête « valeurs » de 2008. Elles apparaissent à présent au même niveau que les attentes en matière de rémunération.

Pourtant, la relation au travail s’est affaiblie dans les pays occidentaux sous l’effet de la crise et des pratiques managériales qui l’ont accompagnée. Le travail est alors perçu comme plus contraint, source de stress, ayant même perdu du sens.

Ces différents éléments sont en phase avec les analyses sur la mutation du travail14.

Conçu au départ comme une obligation sociale animée par une éthique du devoir, le travail serait devenu un instrument rationnel de développement individuel, source de sécurité et de revenu, puis un vecteur d’accomplissement et d’expression personnels dans une société devenue post-matérialiste. Parmi les Européens, les Français sont ceux qui adhèrent le plus à l’idée que le travail est nécessaire au développement des capacités personnelles. C’est dans ce cadre qu’on peut articuler quelques paradoxes :

  • le travail, bien qu’essentiel, doit prendre moins de place dans la vie. Pourcertains cela tient en partie aux mauvaises relations sociales en France

(Philippon, 200715) ou aux conditions de travail ;

  • de façon plus positive, on peut expliquer ce paradoxe par l’articulation du travail avec d’autres éléments indispensables tels que la vie de famille ou les loisirs devenus modes d’expression et de réalisation de soi, à l’instar des consommations créatives, telles que le modèle wiki. Il y aurait donc de nouveaux équilibres à trouver entre ces différentes formes d’accomplissement ;
  • le travail peut être à la fois plébiscité et vécu comme perdant du sens, compte tenu des pratiques managériales exacerbées pendant la crise, en raison d’une attente élevée de construction identitaire et non simplement utilitariste. Le modèle d’ajustement dual de l’emploi à des effets pervers sur la productivité, dans la lignée de la transformation de la place du travail. Les modes de rémunération et de motivation dans le travail pourraient donc devoir évoluer pour faire face aux effets négatifs sur la productivité.
  • L’introduction massive des rémunérations variables liées à la performance s’est révélée un mécanisme de flexibilité pour les entreprises.
  • Mais les effets pervers de ces indicateurs de performance sont parfois nombreux et les travaux en économie des ressources humaines16 précisent les cas, les secteurs ou les entreprises, dans lesquels les gains escomptés des indicateurs (une plus grande motivation des salariés) sont annulés par leurs inconvénients.
  • Des études récentes remettent en cause l’efficacité de la motivation des individus par leur niveau de salaire et manifestent une transformation de la valeur travail.

Les comportements de rétention des compétences observés durant la crise peuvent aussi être l’expression d’une certaine inertie d’adaptation des secteurs matures.

L’ajustement dual de l’emploi, qui favorise l’adaptation à court terme de l’offre aux fluctuations cycliques de la demande, n’est pas forcément le système le mieux adapté pour favoriser un redéploiement plus profond de l’offre. Les rétentions sont stabilisantes à court terme mais pourraient aussi se solder par une inertie des structures productives et par une faible malléabilité des secteurs. Il faut prendre garde à ce que les pays à ajustement lent ne soient pas en définitive ceux qui prennent du retard dans le repositionnement stratégique des secteurs.

8.    Repenser l’ancrage territorial des activités et des hommes

On a assisté avec la crise à plusieurs phénomènes :

  • une renationalisation des enjeux d’emploi qui a conduit certains grands groupes mondiaux à ajuster de préférence dans un premier temps l’emploi sur leur périmètre offshore ;
  • la dépréciation des capitalisations qui est de nature à relancer dans un second temps le processus de restructuration/concentration via des OPA ;
  • la réanimation du débat sur les délocalisations. Sont pointés tour à tour le risque d’une accélération du mouvement de délocalisation ou au contraire l’opportunité d’une relocalisation des activités (induite par la hausse tendancielle de la composante énergétique des coûts de transports, la nonsoutenabilité des déséquilibres de paiement liés à la mobilité des capitaux et la tendance à la servicisation de l’industrie).

Ces phénomènes ne remettent pas en cause le mouvement général de réorganisation de la chaîne de valeur qui incite à une externalisation des segments à faible ou moyenne valeur ajoutée.

Un mouvement correcteur naturel parfois annoncé de relocalisation est peu probable.

Les échecs répétés en matière de délocalisation ne créent pas une contre-tendance.

Ils sont inhérents à la délocalisation, comme les faillites le sont aux créations d’entreprises. La hausse des coûts du transport, évoquée souvent comme facteur de relocalisation, devrait, selon le CEPII, être extrêmement forte pour induire un impact négatif significatif sur les échanges.

 

À moyen terme, les différentiels de coûts et de demande qui prévalent dans les arbitrages en matière de localisation resteront prégnants :

  • le différentiel de croissance potentielle entre pays émergents et pays développés de l’OCDE semble sensiblement se creuser après crise. Les BRIC renouent rapidement avec une croissance forte, et les sous-jacents sociaux de la demande intérieure pourraient sortir renforcés de la crise ;

la récession peut conduire transitoirement à un moindre recours à la soustraitance pour mieux mobiliser les capacités existantes. Au-delà, le mouvement de délocalisation devrait demeurer sur sa tendance. Selon TNS Sofres, si parmi la minorité d’entreprises ayant déjà délocalisé, 22% déclarent que la crise les conduit à amplifier les délocalisations, la quasi-totalité des dirigeants qui n’ont pas délocalisé

  • Toutefois, même si la servicisation de l’industrie n’implique pas des relocalisations mécaniques, les nouvelles organisations industrielles peuvent être conciliées avec des objectifs d’emploi, si elles s’associent à des évolutions importantes des mobilités et des qualifications, sectorielles et en niveaux, et ce hors même prise en compte de l’impact des départs à la retraite.

La recherche d’une répartition optimale des activités du point de vue des coûts de transaction et de la stabilité de l’emploi confère dans ces conditions un rôle clé aux politiques procompétitives (R & D, financement des PME, infrastructures…) et aux stratégies territoriales, notamment de formation. L’implication des services dans les filières de production s’accroît considérablement, ce qui impose de repenser les notions de compétitivité, d’attractivité ou de vulnérabilité des territoires. Dans ce maillage équilibré et stable du territoire en entités intermédiaires, ni trop disséminées ni trop concentrées, les services cognitifs (recherche fondamentale, enseignement supérieur, conseil en entreprise, publicité, marketing…) et organisationnels joueront un rôle décisif.

 

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12 Caroli E. et Gautié J. (dir.), Bas salaires et qualité de l’emploi : l’exception française ?, Collection

du CEPREMAP, Paris, Éditions Rue d’Ulm, 509 p.

13 Sondage réalisé par TNS Sofres pour le Centre d’analyse stratégique, septembre 2009.

14 Davoine L. et Méda D. (2009), « Quelle place le travail occupe t-il dans la vie des Français par rapport aux Européens ? », Informations sociales 2009/3, n° 153, p. 48-55

15 Philippon T. (2007), Le Capitalisme d’héritiers. La crise française du travail, Paris, Le Seuil.

16 « Personnel economics ».

 

 

 …..

 
Sur le site du Centre d’analyse stratégique le rapport sur le nouveau modèle de croissance du groupe de travail présidé par Daniel Cohen.
 

Outre le texte intégral du rapport, on trouve un résumé très clair et un tableau résumant les idées essentielles

 




suicides au travail ..une heure de peine le blog de D. Combi

15 10 2009

un excelent travail de la part de mon jeune collègue sur son blog  sur les suicides au travail




des articles sur le suicide au travail …

26 09 2009

Un article de Baudelot et Establet :
 
« La signification du travail dans nos sociétés ne se réduit pas à une dépense pénible d’énergie compensée par des gratifications matérielles, ainsi que le voudrait une économétrie sommaire. Il faut mettre en relation le travail et la signification que chacun lui attribue, non seulement dans le moment présent, mais sur la perspective d’une vie, inscrite dans le temps long des générations. »
 
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/09/25/chomeurs-et-precaires-sont-les-plus-touches-par-christian-baudelot-et-roger-establet_1245141_3232.html#ens_id=647065

 

 
Un article de Christophe Dejours :
 
« Ceux qui se suicident au travail ne sont pas toujours des jean-foutre ni des bras cassés, mais plutôt ceux qui aiment leur travail et se sont dévoués sans compter pour leur entreprise. Si ces gens réussissent et sont aimés, pourquoi se suicident-t-ils ? Parce que plus la tâche devient difficile à accomplir, plus il faut donner de soi, à chaque modification des objectifs, il faut transformer ses savoir-faire. « 
« Pourquoi les salariés consentent-ils à des contrats d’objectifs au-dessus de leurs forces et acceptent-ils de donner leur concours à des pratiques professionnelles que, moralement, ils réprouvent ? Parce que l’organisation du travail a détruit le collectif et la coopération. C’est seulement lorsqu’il y a du collectif qu’on peut débattre de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas, juger de ce qui est juste et injuste et finalement élaborer des compromis rationnels entre qualité et quantité. « 
« Travailler, ce n’est pas seulement produire, c’est aussi vivre ensemble. »
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/09/25/contre-l-isolement-l-urgence-du-collectif-par-christophe-dejours_1245140_3232.html#ens_id=647065
 

 

France Télécom : l’évaluation individuelle à l’origine du mal-être, par Marin Ledun et Brigitte Font Le Bret
 
« L’évaluation individuelle des compétences est encore une fois l’une des clefs pour comprendre ce phénomène. Tant que les résultats sont au rendez-vous, le stress généré par les nouvelles règles du travail se transforme en volonté de bien faire et se solde par un surinvestissement croissant du salarié dans sa vie professionnelle, récompensé par une reconnaissance hiérarchique, le plus souvent sous la forme de primes au mérite et de nouvelles responsabilités. Le jour où ces principes sont remis en question (par exemple, du fait d’une perte de responsabilités, d’une mutation forcée dans une autre ville, d’un changement d’équipe ou même de métier), l’univers de reconnaissance professionnelle et d’estime de soi dans lequel le salarié s’est construit s’effondre brutalement. Avec les drames humains que l’on sait. »
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/09/25/france-telecom-l-evaluation-individuelle-a-l-origine-du-mal-etre-par-marin-ledun-et-brigitte-font-le-bret_1245143_3232.html#ens_id=647065




la rentrée

8 09 2009

bonjour

qq mots d’explications du silence estival …la clé 3G de mon opérateur orange a  refusé de fonctionner …promis cela ne poura pas se reproduire .

Ce blog va continuer à fonctionner en paralèlle avec le cahier de textes….du lycée mais nombre d’informations seront aussi sur le cahier de textes…cela est OBLIGATOIRE …Pourquoi alors conserver ce blog ….il n’y a pas de mot de passe pour certains textes réservés à mes seuls élèves comme les corrections d’exercices d’une part et d’autre part l’actualité économique est par nature abondante ….et le cahier de textes ne reçoit pas les commentaires .

 

une suite d’informations

Les tpe de premiere …les thèmes sont inchangés vous trouverez donc là un ensemble de liens pour vous documenter sur les dits thèmes ….les deux themes communs a toutes les séries

 L’homme et la nature

Contraintes et libertés

et les thèmes de la série ES

.Les entreprises et leurs stratégies territoriales
. Pouvoirs et société
. La famille
. La consommation

dès à présent je vous conseille de tirer papier les differentes fiches et de les lire avec grande attention….c’est une grande source d’information

classe de terminale ES

le manuel reste le même je vous demande d’avoir autant que faire ce peut aussi dès la rentrée à votre disposition les Trois Repères :

 Croissance emploi développement Jean-Paul DELÉAGE, Jérôme GAUTIÉ, Bernard GAZIER, Dominique GUELLEC, Yannick L’HORTY , Jean-Paul PIRIOU
Repères 488

les Mutations de la société française Robert CASTEL, Louis CHAUVEL, Dominique MERLLIÉ, Érik NEVEU, Thomas PIKETTY
Repères 489
les enjeux de la mondialisation Christian CHAVAGNEUX, Françoise MILEWSKI, Jean PISANI-FERRY, Dominique PLIHON, Michel RAINELLI, Jean-Pierre WARNIER
Repères 490 

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en ligne a l’ofcedu mois de juillet les voix pour sortir dela crise en renforcant les solidarités mondiales

Cette année, les membres du Gn se réunissent au plus fort d’une période critique de l’Histoire contemporaine, du moins sur le plan économique et social : ils doivent affronter la plus grave crise des 80 dernières années. En paraphrasant Keynes on peut aller jusqu’à affirmer que le destin du monde est entre leurs mains. Ils peuvent agir de manière telle qu’il soit possible de sortir de la crise en créant les conditions pour qu’à l’avenir la croissance soit plus soutenable et plus favorable à l’environnement, et que ses fruits soient distribués de manière plus équitable à la fois au sein de chaque pays et entre eux. Autrement, ils devront assumer l’écrasante responsabilité historique d’avoir manqué au mandat qui leur a été confié par leurs peuples, alors que les circonstances exceptionnelles qu’ils rencontrent leur offrent une marge de manoeuvre beaucoup plus grande que celle dont ils disposent en temps « normal ». C’est pourquoi un groupe « d’experts », sans aucune autre injonction que celle qui découle de leur condition de citoyens du monde, a décidé de se réunir pour réfléchir à ce qui peut être fait, en espérant que de leur réflexion pourraient émerger quelques recommandations utiles aux gouvernements du monde. Ce groupe, qui s’est auto-baptisé Gn Fantôme, s’est constitué à l’initiative de Joseph Stiglitz et Jean-Paul Fitoussi. Il a bénéficié du partenariat desUniversités Luiss de Rome et Columbia de New York qui doivent ici en être remerciées. Le groupe s’est réuni deux fois, la première à l’Université de Columbia à New York les 4 et 5 février 2009 et la seconde à Rome les 6-7 mai 2009.

suite du texte en pdf!!!!

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un numéro hs de sciences humaines qui parle d’économie

le premier article ….

l’économie, c’est aussi la société

Xavier Molénat

La socioéconomie refuse de réduire les échanges économiques à des individus rationnels se coordonnant grâce à des mécanismes de marchés, et met en évidence le rôle des réseaux, du pouvoir, de la confiance, des institutions… Un nouveau regard bienvenu à l’heure de la crise.

On ne sait pas encore comment le monde se remettra de la crise financière, mais on connaît déjà l’identité des premières victimes collatérales : les économistes. « De toutes les bulles économiques qui ont été percées, peu ont explosé de manière aussi spectaculaire que celle de la réputation de la science économique elle-même », notait récemment The Economist (1). Les économistes ont en effet été chargés de tous les maux : ils auraient à la fois encouragé les comportements exubérants des agents financiers, échoué à voir venir la crise, et seraient maintenant à court de solutions pour la résoudre ! Le plus étonnant est que les attaques les plus virulentes viennent… des économistes eux-mêmes. Et pas n’importe lesquels : selon Paul Krugman, prix Nobel 2008, la plupart des travaux de macroéconomie des trente dernières années se sont avérés « au mieux spectaculairement inutiles, au pire indiscutablement nocifs (2) » ! Quant à Uwe Reinhardt, de l’université de Princeton, « une bonne part de la production académique des économistes modernes » lui fait penser à ces « savants du Moyen Âge qui appliquaient le dicton de Saint-Anselme, “credo ut intellegam” : je crois pour comprendre » (3). Cette croyance, c’est évidemment le socle de ce que l’on appelle la théorie néoclassique (ou standard) : « Des acteurs rationnels (donc calculateurs), cherchant chacun à maximiser leurs intérêts matériels et parvenant à se coordonner de façon optimale grâce à un processus de marché (prix et incitations amenant à prendre les bonnes décisions) (4). »

 

La socioéconomie à la rescousse

Il faut certes être arrogant comme un économiste pour penser qu’une crise, aussi profonde soit-elle, réduise à néant les apports d’une discipline vieille de plus de 200 ans. Et comme le souligne le prix Nobel d’économie Myron Scholes, « il y a les modèles, et ceux qui utilisent les modèles ». Mais même les plus ardents défenseurs de la science économique, comme The Economist, en appellent à un « changement de mentalité (…) car après tout les économistes sont des social scientists, qui essaient de comprendre ce qui se passe dans le monde réel ».

Au-delà du contexte actuel de crise, c’est l’occasion rêvée de se tourner vers un champ de recherches en plein renouveau (particulièrement en France), que l’on pourrait appeler la socioéconomie. Ce domaine aux contours flous rassemble naturellement des sociologues, mais aussi des historiens, des anthropologues et des… économistes, qui ont en commun de ne pas vouloir laisser le monopole de l’analyse économique à la théorie néoclassique, aujourd’hui encore nettement dominante. Leur conviction, qui s’appuie entre autres sur l’œuvre de prédécesseurs illustres tels que Karl Marx ou Max Weber (encadré de l’article Une petite histoire de la socioéconomie ), est que les activités économiques sont, comme les autres, des activités sociales, même si ce ne sont pas nécessairement des activités sociales comme les autres. Ils tentent donc de repeupler le monde, quelque peu désertique à leur goût, de la théorie standard (des individus, des marchés), en montrant que le monde économique « réel », d’une part, s’inscrit dans l’histoire et, d’autre part, doit, pour fonctionner, s’appuyer sur des institutions, des réseaux, des relations de confiance ou de pouvoir, des conventions, des croyances… On peut ainsi voir qu’un marché aussi standardisé que celui du vêtement obéit à la fois aux lois du marché, tout en faisant place à une diversité de stratégies industrielles pour tenter de s’inscrire dans les jeux sociaux distinctifs qui caractérisent l’habillement (article La garde-robe des économistes ). L’entrepreneur peut également être vu comme un « travailleur collectif », s’appuyant sur des dispositifs sociaux et des outils pour constituer un réseau unique de compétences et de ressources (article La longue marche du créateur d’entreprise ). L’argent, de ce point de vue, n’est pas un outil transparent : il reçoit souvent une valeur affective ou morale (il peut être « propre » ou « sale », « honnête » ou « malhonnête ») et fait l’objet d’usages sociaux différenciés (article Argent et transactions intimes ). Bref, l’économie, c’est aussi la société.

……la suite vendredi …

 




de nouvelles faillites bancaires aux Etats-Unis et autres articles sur les Etats-Unis

2 05 2009

Aux Etats-Unis, la plus grosse faillite bancaire de l’année

l’économie américaine descend une nouvelle marche ..la chute des investissements

le taux de chômage aux Etats Unis depuis 1999




génial article de A Parienty à propos du protectionnisme

5 04 2009

 

Et maintenant le protectionnisme ?

Le monde connaît une crise économique très sérieuse. Cependant, jusqu’ici, les parallèles avec la Grande Crise de 29 ont eu pour principale fonction de bien marquer la différence entre la situation d’alors et les difficultés actuelles, histoire sans doute de se rassurer. Pour l’instant, malgré la chute vertigineuse du commerce mondial prévue en 2009, la tentation protectionniste, qui avait joué un si grand rôle dans l’approfondissement de la crise des années trente, a été contenue. Mais les choses peuvent basculer rapidement et nous rapprocher nettement des années noires de l’avant-guerre.
Le protectionnisme consiste à favoriser les producteurs opérant sur le territoire national par rapport aux autres, soit en limitant l’entrée de produits étrangers sur le territoire national par des quotas ou des normes difficiles à atteindre, soit en améliorant artificiellement la compétitivité des produits locaux par des droits de douane sur les biens importés ou des subventions accordées aux producteurs locaux. Selon la Banque mondiale, 2008 a été une année de remontée du protectionnisme ; et les choses pourraient s’aggraver rapidement.
Les plans de relance de l’activité élaborés récemment sont souvent à la limite du protectionnisme. L’aide à l’automobile en fournit un bon exemple. L’aide apportée par le budget de l’Etat aux constructeurs automobiles français (ou allemands ou américains) est une subvention qui les avantage face aux autres fabricants en réduisant leurs coûts. Bien qu’il soit justifié d’empêcher des destructions massives d’emplois dans ce secteur si c’est possible, il faut veiller à ce qu’un pays ne cherche pas à exporter son chômage par une croissance artificielle de ses parts de marché. En l’absence de coordination, les subventions à l’industrie automobile devraient atteindre cette année la somme faramineuse de 48 milliards de dollars, selon la Banque mondiale. Au surplus, l’essentiel de ces subventions concerne les pays riches et est souvent accompagné de clauses protectionnistes (maintien de l’emploi en France, par exemple, ce qui est une invitation explicite à supprimer des emplois ailleurs, compte tenu des surcapacités massives dans le secteur. Les pays de l’Est européen ne s’y sont pas trompés, qui ont violemment protesté contre le plan Sarkozy). L’effet de ces aides devrait donc être essentiellement de repousser les assauts des constructeurs implantés dans les pays en développement, aux frais du contribuable européen ou américain.
Pour l’instant, la Banque mondiale dénombre 47 mesures protectionnistes nouvelles au cours des derniers mois, ainsi qu’une remontée des actions anti-dumping. L’impact de ces mesures ne devrait pas être trop important, sauf si elles déclenchent un cycle de représailles. Mais il suffirait de peu de choses pour modifier la tendance. Lors du G20 de cette semaine, l’administration américaine devrait mettre l’accent sur la nécessité d’une politique budgétaire plus active en Europe et au Japon, les Etats-Unis ne pouvant plus tirer seuls la croissance mondiale. Il est probable que, sous l’impulsion de l’Allemagne, ils se verront opposer une fin de non recevoir. L’inénarrable Angela Merkel (qui ressemble beaucoup à Lady Thatcher, non pas dans son idéologie, mais dans sa mentalité d’épicière, dans son style I want my money back) ne semble en effet pas prête à des concessions sur ce point.




encore la crise ..les échos un très bon dossier

1 04 2009

 

Où en sommes-nous ? Bientôt deux ans après le début de l’épidémie des  » subprimes « , six mois presque jour pour jour après la déflagration Lehman, la crise, ce mot gigogne, attrape-tout, que l’on plaque sur les multiples incendies qui s’allument dans la maison capitaliste, a changé de nature.

A la sidération devant la débandade accélérée des banques et des marchés a succédé la prévisible mécanique de la récession, qui déroule ses enchaînements implacables d’un bout à l’autre de la planète : effondrement du crédit, contraction du commerce mondial, chute de la production industrielle, remontée en flèche du chômage.

La séquence est bien en place. Le 19 mars dernier, le Fonds monétaire international en a donné le tempo. Les pays développés devront affronter un recul de leur PIB de 3 % cette année. Un chiffre inconnu depuis 1945. Un chiffre qui pourrait encore se détériorer si le déluge de statistiques calamiteuses de ces derniers jours se poursuit.

C’est à ce moment de l’histoire que se réunissent ce soir à Londres les chefs d’Etat du G20. Avec pour mission de repenser la régulation financière, c’est-à-dire une partie de l’avenir du modèle capitaliste, alors que toute leur énergie est aujourd’hui concentrée sur l’urgence du présent : celle de colmater les voies d’eau dans leurs économies dévastées par l’ouragan financier.

la suite là

et en plus un très bon dossier

 




Pourquoi les grands patrons sont ils si bien payés ?Telos

31 03 2009

 

Pourquoi les patrons sont ils si bien payés …TELOS

Les scandales autour des rémunérations ou des indemnités versées aux dirigeants de grandes entreprises se multiplient. L’idée que le patron d’une firme qui fait appel à l’aide publique ou supprime massivement des emplois puisse bénéficier de plusieurs millions d’euros de bonus ou de parachute doré choque. Mais il a fallu une crise grave pour que ces revenus considérables fassent véritablement débat. La connaissance récente de ce qui relevait autrefois du secret des affaires n’avait jusqu’alors guère suscité de réactions. Selon une justification régulièrement donnée, il n’y aurait aucune raison qu’un patron d’une entreprise du CAC 40 gagne moins qu’une vedette du sport, du cinéma et de la chanson ; lui aussi appartiendrait à une élite issue d’une sélection très étroite.

C’est oublier que toutes les élites ne bénéficient pas des mêmes avantages : un conseiller d’État ou un professeur au Collège de France gagne au maximum cinq fois le SMIC, sept ou huit fois avec les primes. Rien de commun avec le directeur général de l’Oréal qui a gagné, sans compter le rendement considérable de ses stocks options, plus de 250 fois le SMIC en 2007, soit 20 ans de salaire d’un smicard par mois.




les impots sur le revenus …premières es et terminales es

25 03 2009

 

 Catastrophe, ils baissent l’impôt

Ça y est. Ça les a repris, comme une envie pressante. Ils recommencent à baisser la fiscalité. Après le sommet social de jeudi dernier, Nicolas Sarkozy a annoncé une diminution de l’impôt sur le revenu de 1,1 milliard d’euros. Ils sont impossibles, ces politiques. Ils doivent pourtant bien savoir qu’il est urgent de relever cet impôt-là.

Entendons-nous bien. Les Français paient beaucoup d’impôts, trop sans doute. Avec un Etat plus efficace, nous ne serions peut-être pas les champions du monde de la dépense publique (53 % du PIB). Mais les Français ne paient pas assez d’impôt sur le revenu. A peine 60 milliards d’euros cette année, à en croire les prévisions officielles, moins de 3 % des richesses produites dans l’année, mesurées par le PIB. A titre de comparaison, le discret duo CSG et CRDS ramasse moitié plus et la TVA trois fois plus. A titre de comparaison encore, aucun pays développé n’a un impôt sur le revenu aussi faible. Les Américains paient trois fois plus, les Suédois cinq fois.

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…………….Ensuite, la suspension de l’impôt sur le revenu ne profitera pas aux Français les plus fragiles. Par définition, elle concerne les Français qui paient cet impôt. Or 17 millions de foyers n’ont pas cette chance. Ils ne bénéficieront donc pas de la mesure (sauf quelques-uns, qui auraient été imposés s’ils n’avaient pas eu tel ou tel abattement). Si la société française était également répartie sur une échelle à dix barreaux, le gouvernement donnerait ainsi un avantage fiscal uniquement à ceux qui sont autour du cinquième barreau ! Un cinquième barreau où l’on retrouve beaucoup de fonctionnaires et de retraités, les couches de la population les moins exposées à la crise… Non, décidément, il n’est pas raisonnable de jouer avec l’impôt sur le revenu.