le diplome ‘arme des faibles ‘?

23 10 2010

thème  du rapport entre études et emploi

ce qui donne le titre a cet article est cet article là :

http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article72&PHPSESSID=b08ed2bcc9a18fc1e046872c0bfeae90

Le livre est publié dans la collection dirigée par J.P. Terrail aux éditions La Dispute. Il se situe dans un courant qui insiste sur l’importance du rapport aux savoirs des élèves et notamment dans l’accès à la culture écrite (Terrail, Rochex et Bautier sont souvent cités dans le livre). Il insiste sur l’importance de l’école pour les élèves qui n’ont que l’école pour accéder aux savoirs. Il rappelle aussi (page 76) que de nombreux travaux sociologiques remettent en cause le thème de la « démission parentale » qui est pourtant un élément important du sens commun des enseignants.

Poullaouec remet en cause la thèse du « handicap socio-culturel » et il rappelle que cette thèse « disculpe par avance l’institution scolaire de toute responsabilité dans la genèse des inégalités scolaires » (p. 87). Il lui oppose cette citation de P. Bourdieu « En omettant de donner à tous, par une éducation méthodique, ce que certains doivent à leur milieu familial, l’école sanctionne donc des inégalités qu’elle seule pourrait réduire ».

Le livre souligne aussi l’importance de l’enseignement secondaire en ce qui concerne la réussite ultérieure. En ce sens on peut dire que si l’enseignement secondaire n’est pas une propédeutique à l’enseignement supérieur, il aggrave les inégalités sociales :

« Une fois à l’université, la réussite des bacheliers ne dépend plus que de la qualité de leurs parcours antérieurs : si beaucoup d’étudiants d’origine ouvrière échouent en premier cycle universitaire, c’est avant tout parce que leur scolarité dans le secondaire ne leur a pas permis d’obtenir un bac général dans de bonnes conditions » (p. 55)
Ce livre prend donc à contrepied les critiques post-modernes ou « artistes » de l’école. Ces critiques qui dénoncent les savoirs, les apprentissages méthodiques, les disciplines scolaires. Et ce livre rappelle opportunément que pour les faibles (c’est-à-dire les victimes de la domination économique, sociale et culturelle) l’école est ou pourrait être, une composante de l’émancipation. A condition qu’elle se consacre à sa mission, conduire les élèves à réaliser des apprentissages, à s’approprier des savoirs.

d’autres articles sur ce thème  du rapport entre études et emploi

un article important d’INSEE première  en format pdf là …>

Diplômes et emploi IP1313 oct 2010 (2)

et enfin cet article  de Daniel Martinelli, Corinne Prost, division Emploi, Insee   Le domaine d’études est déterminantpour les débuts de carrière

Résumé

Le devenir professionnel des jeunes est lié à leur niveau de diplôme mais dépend aussi beaucoup de leur spécialité de formation. Ainsi, les jeunes titulaires de CAP et de BEP de la production s’insèrent mieux que certains diplômés du supérieur. De même, les titulaires de DUT-BTS industriels ont souvent des débuts de carrière plus favorables que les titulaires de masters en lettres et sciences humaines. Pour les niveaux de diplôme allant des CAP-BEP aux DUT-BTS, les spécialités des services débouchent souvent sur des segments saturés du marché du travail, alors que les formations en mécanique, électricité ou informatique sont très prisées par les entreprises.

——————————————————————————————————–

EXTRAITS :

Le diplôme reste une protection forte contre le chômage

En moyenne, sur la période 2003 – 2009, les titulaires d’un doctorat de santé ayant terminé leurs études depuis moins de onze ans, ont un taux de chômage moyen de 2 % (tableau). Leur salaire net mensuel médian est supérieur à 2 500 euros (toutes primes comprises en euros 2009). À l’autre extrémité, se trouvent les jeunes les plus pénalisés, ceux qui n’ont aucun diplôme. 23 % d’entre eux ne sont pas présents sur le marché du travail. 31 % des jeunes actifs sans diplôme sont au chômage et le salaire médian de ceux qui travaillent est proche de 1 100 euros. Ces situations illustrent le rôle protecteur que joue le diplôme face au chômage.

Certains masters conduisent au même taux de chômage qu’un Bac professionnel

« Certains diplômés du supérieur ont des taux de chômage plus élevés (entre 9 et 15 %), comparables à ceux des bacheliers professionnels. Toutefois, ces diplômés du supérieur occupent des emplois relativement qualifiés. Il s’agit des diplômés des IUT et des STS de commerce, communication, hôtellerie et tourisme, des titulaires de licences en sciences humaines et sociales, de licences tertiaires et de masters en lettres, sciences humaines, communication et services aux personnes. Parmi ces titulaires de masters, le tiers des diplômés en sociologie, psychologie et arts occupent des emplois à temps partiel et, parmi eux, près de 40 % souhaiteraient travailler davantage. Les titulaires de Deug en lettres et sciences humaines ont pour leur part des débuts mitigés. Avec un salaire médian de 1 300 euros et un taux de chômage de 15 %, leur situation est  comparable à celle des titulaires de CAP ou BEP de la production. »

Secteurs porteurs

Le taux de chômage des diplômés des écoles d’ingénieurs et de commerce et des docteurs en sciences est faible (entre 4 et 7 %) tandis que leur salaire médian est supérieur à 2 300 euros.

« Pour leur part, les diplômés des écoles de commerce ont une formation plus généraliste mais des débuts de carrière tout aussi favorables. Ils accèdent à des emplois de cadres dans des secteurs très variés. Ces diplômés travaillent notamment dans l’industrie (21 %), le commerce (19 %), les activités financières ou immobilières (21 %) et dans le conseil et l’assistance aux entreprises (22 %). » Leur salaire médian est de 2570 euros en 2009.

Source : http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1313/ip1313.xls le tableau est ci-dessous …

Les titulaires de CAP, BEP et bac pro de la production ont souvent un devenir plus favorable que ceux des services

 
                 
Indicateurs

 

Diplôme et spécialité de formation

Part

des femmes parmi les actifs (en %)

Situation vis à vis de l’emploi

       
      Taux de chômage BIT

(en %)

Part d’emplois à temps partiel

(en %)

Part des cadres

(en %)

Part des professions intermédiaires*

(en %)

Salaire médian* (en euros 2009)

Non diplômés, CEP, brevet des collèges*

37

31

19

1

10

1130

 
CAP, BEP et équivalents

- Agriculture, pêche, forêt, espaces verts

20

13

11

1

6

1 220

 
  - Agro-alimentaire, cuisine

17

14

9

0

5

1 240

 
  - Génie civil, construction, bois

2

15

2

1

5

1 280

 
  - Textile, habillement, cuir

58

27

19

.

3

1080

 
  - Mécanique

2

14

4

0

9

1 290

 
  - Electricité, électronique

3

15

6

1

13

1 300

 
  - Autres spécialités de la production

14

15

8

1

11

1 320

 
  - Commerce, vente

70

24

30

1

7

1060

 
  - Finances, comptabilité, gestion

55

23

22

0

9

1140

 
  - Secrétariat, communication

85

25

28

1

13

1100

 
  - Accueil, hôtellerie, tourisme

64

23

25

1

11

1100

 
  - Coiffure, esthétique

92

20

24

0

3

1040

 
  - Autres spécialités des services

81

17

27

0

10

1150

 
  - Ensemble CAP, BEP et équivalent

37

18

14

1

8

1200

 
Diplôme paramédical et social de niveau CAP-BEP (notamment aides-soignantes)

93

6

15

0

2

1350

 
Bac général*

  55

13

18

9

28

1290

 
Bac technologique*

55

13

17

2

22

1250

 
Bac professionnel et équivalents

- Agriculture, pêche, forêt, espaces verts

22

6

9

1

9

1190

 
  - Agro-alimentaire, cuisine

20

8

4

1

14

1320

 
  - Génie civil, construction, bois

6

5

2

2

14

1370

 
  - Mécanique

2

7

2

1

23

1400

 
  - Electricité, électronique

2

9

2

2

30

1410

 
  - Autres spécialités de la production

7

5

1

1

23

1440

 
  - Commerce, vente

61

15

21

3

20

1140

 
  - Finances, comptabilité, gestion

66

14

20

1

15

1200

 
  - Secrétariat, communication

87

20

23

2

16

1170

 
  - Accueil, hôtellerie, tourisme

55

12

21

1

24

1170

 
  - Coiffure, esthétique

92

8

15

0

5

1100

 
  - Autres spécialités des services

70

10

20

2

45

1210

 
  - Ensemble bac professionnel

39

11

11

1

20

1270

 
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un tres long dossier (1) sur la réforme des retraites

19 10 2010

Attention plus de 20 pages si vous voulez le tirer papier

La réforme des retraites

 

 un débat ouvert avec, Henri Sterdyniak  directeur du département économie de la mondialisation à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), professeur associé à l’Université Paris-Dauphine, et les lecteurs de la Provence …

vous trouverez sous ce lien un long article de Henri STERDYNIAK

http://www.rce-revue.com/IMG/pdf/Article_Sterdyniak.pdf

Henri Sterdyniak Bonjour et merci de venir dialoguer sur la question des retraites, qui nous concernera tous un jour.

angebleue13 monsieur  bonjour,pensez vous vraiment que cette mesure sur la retraite est nécessaire sans prendre part pour un parti politique juste a donnant votre avis ?
pensez vous que si la gauche repasse au pouvoir en 2012 ils ont les bons arguments pour trouver les fonds nécessaire pour la ramener a 60ans ?
merci

Henri Sterdyniak Il faut rappeler qu’il y a déjà eu une réforme des retraites en 2003 et que cette réforme prévoyait l’allongement progressif de la durée de cotisation à 42 ans. On peut penser qu’il aurait fallu laisser vivre cette réforme qui obligeait déjà ceux qui ont commencé à travailler à 20 ans à aller jusqu’à 62 ans.
Et les cadres qui commençaient à travailler à 23 ans, à aller jusqu’à 65 ans. Le problème de la réforme actuelle est qu’elle frappe surtout ceux qui ont commencé à travailler jeune, entre 18 et 20 ans et qu’elle intervient brutalement en période où le chômage est élevé.

si la gauche revient au pouvoir, il est probable qu’elle retournera à la réforme de 2003, c’est-à-dire différencier l’âge de départ à la retraite selon l’âge de début de carrière. Ceux qui ont travaillé après 20 ans devront alors aller jusqu’à 62 ans.

MamieJosette Mr Sterdyniak pensez vous qu’enterrer la ré forme de la retraite soit une solution idéale pour l’avenir ? et surtout avec l’allongement de la durée de vie!! sans cette réforme existera t-il encore une retraite ?

Henri Sterdyniak Bien sûr il faut tenir compte du fait que l’espérance de vie à 60 ans sera bientôt de l’ordre de 24 ans, donc il faudra inéluctablement reculer l’âge moyen de départ à la retraite, simplement il faut le faire de manière progressive lorsqu’effectivement il y a des emplois disponibles, de manière différenciée selon la pénibilité du travail.

Ce doit être l’occasion pour repenser le déroulement des carrières dans les entreprises, la formation permanente et la pénibilité du travail.

Bernard 13

Bonjour,
Ma question est simple.

J’aurai 60 ans en 2018, et j’ai commencé à travailler à l’âge de 18 ans. Donc, si on m’applique cette réforme, à 62 ans, j’aurai cotisé 44 ans, alors que le nombre légal sera devenu 41, 5 années en 2018. Je ne suis certainement pas seul dans mon cas. A mon époque (allez papy ;) …! ) nombre de jeunes commençaient à travailler juste après le bac. Soit vers 18, 19 ans. Honnêtement, ne devons-nous pas nous sentir les principaux lésés,
dans l ‘affaire ? Merci d’éclairer la lanterne d’un (futur ?) vieux quant à la » justice » de cette loi

Henri Sterdyniak C’est effectivement les gens qui ont commencé à travailler à 18 ans qui sont les plus grands perdants de la réforme car ils ne bénéficient pas du dispositif « carrières longues » et ils sont directement touchés par le report à 62 ans de l’âge légal.
Si on avait maintenu le principe d’une durée requise de 42 ans, vous auriez pu partir à la retraite à 60 ans. La réforme touche ceux qui ont commencé à travailler entre 16 et 18 ans : eux devront effectuer 44 années de carrière. C’est l’un des aspects les plus injustes de la réforme.

averell

Cette réforme est-elle vraiment injuste ?

Henri Sterdyniak Un des aspects les plus injsutes de la réforme est le passage de 65 à 67 ans de l’âge ouvrant droit à une retraite à taux plein. Ceci ne peut pas avoir d’effet favorable pour l’emploi car personne ne travaille au delà de 65 ans.
Le seul effet est de diminuer de façon très importante la retraite de femmes à carrières courtes qui attendaient 65 ans pour liquider leur retraite et qui devront maintenant attendre 67 ans.
Certains mouvements féministes ont déposé des recours devant la Halde ou à la COmmission européenne contre cette mesure qui frappe en quasi totalité les femmes.

patrick13012

moi je pense que l’âge légal pour la retraite devrait être de 65 ans et la il n’y aurait plus de problème pour augmenter le minimum vieillesse

Henri Sterdyniak Certes, dans beaucoup de pays européens, lâge légal de la retraite est de 65 ans mais dans tous les pays, il existe des dispositifs de pré retraite ou d’invalidité qui permettent en fait de partir à la retraite dès 60 ou 62 ans.
En Allemagne, par exemple, l’âge affiché est de 65 ans mais l’âge moyen est de 61,5 années contre 59,5 en France. On n’échappe pas à la nécessité de prévoir des dispositifs pour tous ceux qui ne peuvent pas de maintenir en emploi au delà de 60 ans. Donc l’objectif doit être de reculer en moyenne l’âge de départ à la retraite de 2 ans.
Nicolas Sarkozy a déjà annéoncé que le minimum vieillesse allait être augmenté de 25%, le minimum vieillesse ne concerne que 600 000 personnes, ce n’est pas l’élément le plus coûteux du système de retraite français.

asb13 qu’envisage la réforme sur la retraite des professions libérales et notamment des médecins libéraux car en temps que que spécialiste secteur 1 je payE 9800 Euros de CARMF par an et je n’en verrai certainement pas la couleur en 2025 date de mes 60 ans; pour ma profession ( anesthésiste réanimateur) la retraite à plus de 65 ANS est tout simplement inenvisageable pour moi et les patients surtout
merci

Henri Sterdyniak Il faut être conscient du fait que les professions libérales ont des espérances de durée de vie à 65 ans de l’ordre de 25 ans, pour des durées d’activité de l’ordre de 40 ans. Il faut donc obligatoirement qu’elles payent des cotisations élevées pour avoir des retraites satisfaisantes durant 25 ans.

Naturellement, ces cotisations élevées leur ouvrent des droits, la retraite est un droit social garanti par l’Etat et les partenaires sociaux et naturellement les personnes qui atteindront 60 ou 65 ans en 2025 auront une retraite, plus élevée en pouvoir d’acaht que celles actuelles, plus faibles relativement par rapport aux salaires de 2025 mais ils toucheront plus longtemps.

Un autre problème est que dans certaines professions, il est impossible de travailler au delà d’un certain âge, c’est pourquoi il serait souhaitable qu’il y ait des négociations au niveau des branches professionnelles pour aménager les fins de carrières en fonction des caractéristiques des emplois.

Dans certains métiers pénibles, il faudrait maintenir la possibilité de retraite précoce; pour d’autres il faudrait prévoir des évolutions de carrière à aprtir de 45/50 ans, de sorte , par exemple, que les conducteurs de bus deviennent à un certain âge responsable de ligne ou guichetier.

Verceuil La gauche française vivant dans son anachronisme permanent est : soit de mauvaise foi en rejetant toutes les réformes necessaires parce que c’est la droite qui est obligée de les faire, soit elle croit vivre dans un micro climat au pays de Candy qui nous exonèrerait de faire ce qu’on fait tous les pays développés pour sauvegarder les retraites : repousser l’age de départ.
Il y a une autre solution: mettons au service des salariés du privé l’équivalent de la PREFON qui est une retraite complémentaire par capitalisation (dont seuls les fonctionnaires bénéficient )

Henri Sterdyniak Les salariés du privé bénéficient déjà du PERP qui est l’équivalent total de la PREFON et qui donen le smêmes avantages fiscaux. Mais la retraite ne peut être basé sur la capitalisation facultative.

Les gens n’ont pas conscience du montant énorme de capital qu’il faut avoir accumulé à 60 ou 62 ans pour financer une vingtaine d’années de retraite. L’épargne ne peut être qu’un complément pour les cadres qui ont effectivement la possibilté de mettre de l’argent de côté. Pour la masse de la population, il faut un dispositif obligatoire.

grouchomarx Dans le reste de l’Europe, on travaille plus ou moins qu’en France ?

Henri Sterdyniak Il existe des pays qui font moins bien que la France, tant pour le travail des femmes que pour le travail des seniors : la Belgique, l’Italie, la Grèce. Il existe des pays plus performants : les pays scandinaves ou le Royaume Uni. Le Royaume Uni est le contre modèle : les pensions sont très faibles pour une grande partie des salariés qui n’ont pa eu la chance de travailler dans une grande entreprise ou une banque. Donc, les britanniques sont obligés de travailler longtemps et beaucoup complètent leur retraite par un petit boulot.
Les pays scandinaves ont réussi un modèle plus satisfaisant : les entreprises ont aménagé les conditions de travail et conservent plus longtemps les salariés. C’est vers ce modèle qu’il faut aller.
Dans la période récente, l’Allemagne a réussi a faire travailler plus longtemps ses salariés mais en se rapporchant britannique : paupérisation des retraités et hausse du chômage parmi les 55 / 65 ans.

dan08

a partir du moment ou tous les pays developes ont releves l’age de la retraite la france ne peut pas rester seule dans son coin donc pourquoi annuler la reforme pour faire pire dans 10ans?

Henri Sterdyniak La France a quand même la particularité d’avoir conservé un taux de fécondité satisfaisant, de l’ordre de deux enfants par femme alors que la fécondité a baissé de manière dramatique en Allemagne, Italie ou Espagne. De ce point de vue, la France s’est mieux préparé que ses voisins à la question du vieillissement de la population.

On n’échappera pas à l’allongement de la durée des carrières mais il faut essayer de la conditionner avec l’évolution du marché du travail. Certains pays annoncent qu’ils relèveront l’âge de la retraite de 65 à 67 ans alors même que rien ne garantit que les personnes de plus de 63 ans seront un jour employées. Ce n’est que des moyens détournés de faire baisser le niveau des retraites.

La France a actuellement un des systèmes de retraite les plus généreux du monde, que ce soit du point de vue du niveau des retraites, que de l’âge du départ. En contre partie, les Français acceptent de payer des cotisation relativement élevées : il faut faire évoluer progressivement ce système mais il n’y a aucune raison d’envisager sa disparition.

grouchomarx

Le gouvernement peut-il encore reculer ?

Henri Sterdyniak Certes, le gouvernement ne peut plus reculer : d’une part, les pays du G20 n’ont pas pris les mesures nécessaires pour faire reculer la domination des marchés financiers et des agences de notation. Aussi, tous les pays doivent prouver qu’ils font des efforts pour réduire les déficits publics. C’est une stratégie suicidaire car si tous les pays font des politiques d’austérité, la demande ne va pas repartir et l’europe va connaître une longue période de croissance lente avec la persistance d’un chômage élevé. Compte tenu des rapports de force en Europe, la France n’a pas été capable d’imposer une stratégie plus volontariste et donc nous sommes obligés de montrer patte blanche aux agences de notation.
D’autre part, politiquement, le gouvernement en a fait le symbole de sa volonté de changer la société française, d’inciter les salariés à travailler plus. Le problème est qu’actuellement, ce n’est pas le désir des salariés de travailler plus qui manque mais les emplois.

grouchomarx

Les socialistes sont-ils sérieux quand ils affirment qu’ils abrogeront la réforme s’isl arrivent au pouvoir en 2012 ?

Henri Sterdyniak Les socialistes pourraient abroger certains aspects de la réforme, en particulier maintenir à 65 ans l’âge ouvrant droit à la retraite à taux plein. Ils pourraient faire porter l’effort sur la durée de cotisation plutôt que sur l’âge mais cela signifie que ceux qui ont commencé à travailler après 20 ans devraont de toues façons travailler jusqu’à 62 ans.

Par ailleurs, et ceci dépend avant tout des partenaires sociaux, le gouvernement quel qu’il soit devrait favoriser la négociation au niveau des branches et des entreprises pour aménager les carrières et régler la question des métiers pénibles. Le reste est une question de choix social, les Français sont ils prêts à payer 4 ou 5 points de cotisation pour maintenir un départ à la retraite relativement précoce et maintenir un niveau de retraite relativement satisfaisant.

galak75

La Gauche a-telle vraiment fauté en repoussant cette réforme qu’elle aurait pu faire par exemple quand Jospin était chef du gouvernement ?

Henri Sterdyniak La gauche est arrivée au pouvoir avec un taux de chômage extrêmement élevé de l’ordre de 12%. Grace à la réduction du temps de travail, et aussi à la reprise économique mondiale, elle a réussi à faire baisser le chômage à 9%. Durant cette période, elle a reculé la réforme des retraites en se disant que la priorité était de réduire le taux de chômage et d’augmenter l’emploi, en particulier celui des jeunes. Ce n’était pas une mauvaise stratégie. Ce n’est que lorsque le taux de chômage baisse nettement qu’on peut prendre des mesures fortes pour allonger la durée des carrières et pour inciter les entreprises à conserver des seniors. En 2007, le taux de chômage avait baissé à 7%, c’était le bon moment, malheureusement, la crise financière de 2008/2009 a fait repartir le chômage à la hausse de sorte que la réforme de 2010 arrive à un mauvais moment. Il ne faudrait pas que les seniors restent dans les entreprises au détriment de l’embauche des jeuneS.

loutcho

pourquoi ne parles t’on pas des avantages que garde à vie les ex ministres ou sénateurs ext…. qui n’on fait qu’un passage et qui gardent à vie une compensation.
exemple:un maire ou sénateur ou ministre pour qui on à voté et est élu pendant 3 ou 4 ans toucheras une compensation de x€ à vie ? ?
est-ce juste? est-ce normal ? en tout les cas il y à silence,de tous bords.

Henri Sterdyniak

Bien sûr il faut un système juste et cond il faut remettre en cause tous les avantages injustifiés dont bénéficient certaines catégories de la population. Il y a le scandale des retraites chapeau que s’octroyent les patrons des grandes entreprises et il y a les retraites trop favorables des parlementaires et ministres.
Des réformes ont déjà eu lieu sur ces deux sujets. Les ministres et les parlementaires n’ont droit à la retraite qu’à partir de l’âge légal mais dans certains cas, ilspeuvent cumuler cette retraite avec une retraite de fonctionnaire : c’est un abus qui devrait être corrigé à l’occasion de cette réforme. Par ailleurs, le gouvernement a décidé de taxer très fortement les retraites chapeau, ce qui va dans le bon sens.

laprovence.com

Merci à tous pour vos questions et à très bientôt pour d’autres tchats sur LaProvence.com

Henri Sterdyniak

Merci de vos questions. Je vous souhaite à tous un travail intéressant et qui vous permette une carrière longue et une retraite heureuse. Mais la grande question aujourd’hui, c’est quand même celle de l’emploi, et de l’emploi des jeunes !

Sur la réforme des retraites, un renoncement peut en cacher un autre

Article paru dans l’édition du 23.09.10

Dans Le Monde du 9 septembre, une vingtaine de personnalités, intellectuellement marquées à gauche, publient une tribune affirmant qu’« une autre réforme des retraites est possible »(voir à la suite) . Nous leur donnons entièrement raison. Après six mois de faux débats, ponctués d’inusables contrevérités du gouvernement pour tromper l’opinion et de propos destinés à rassurer les marchés financiers, la vérité se dévoile peu à peu. Le projet de loi abaissera considérablement le niveau des pensions, parce que peu de salariés pourront cotiser pendant quarante-et-un ou quarante-deux ans.

Il pénalisera encore davantage qu’elles ne le sont aujourd’hui les femmes, dont les carrières sont morcelées et précaires, les jeunes qui entrent tardivement dans l’emploi, tous ceux et celles qui auront commencé à travailler avant 18 ans et qui devront cotiser au moins quarante-quatre ans ou bien qui auront exercé des métiers pénibles dont la reconnaissance légale est refusée. Toutes ces dégradations proviendront essentiellement du recul des deux âges légaux de départ à la retraite et de l’allongement de la durée de cotisation. Le gouvernement ne s’y est pas trompé : il a lui-même désigné les « fondamentaux » de son projet.

Une autre réforme est donc nécessaire et aussi possible. Mais laquelle ? Assurément pas une réforme instituant un système de retraite à deux vitesses, comme le proposent les auteurs de la tribune citée ci-dessus. Au nom de la justice, ils distinguent un « volet contributif financé par des cotisations sociales » qui symboliserait le fait que « la pension de retraite est partie intégrante du contrat salarial » et un « volet solidaire, financé par une fiscalité plus progressive », qui constituerait un « revenu de citoyenneté ». Cette proposition soulève au moins deux objections fondamentales.

La première porte sur l’acceptation de l’allongement de la durée du travail. Nos auteurs expliquent que « le nouveau système devra prendre en compte l’augmentation progressive de l’espérance de vie, à la fois par l’augmentation de la durée de cotisation et, si nécessaire, des taux de cotisation ». D’abord, les auteurs déplorent le relèvement de l’âge de la retraite à 62 ans, ensuite ils en acceptent le corollaire, le fait de travailler plus longtemps. On aura beau habiller cette contrainte de la « liberté de choix » ou de la « retraite à la carte », le résultat sera le suivant : soit condamner les salariés au travail forcé, soit baisser le montant de la pension s’ils n’ont pas la durée de cotisation requise, abandonnant ainsi l’idée que les gains de productivité futurs puissent être utilisés en partie pour réduire le temps de travail.

La deuxième objection renvoie à la séparation entre une retraite dont le fondement serait contributif et une retraite d’assistance. Elle revient à aggraver considérablement la coupure entre les retraités dont les droits expriment la continuité de leur salaire et les retraités dont la vie (la survie) ne devrait qu’à la bienveillance de la collectivité. Il s’agit dans cette conception de faire en sorte que la pension reflète le plus possible ce que le salarié aura versé durant sa vie active, et rien de plus.

C’est une rupture fondamentale avec la logique profonde de la répartition qui permet, sous certaines conditions d’âge et de cotisation, de garantir un niveau de pension connu à l’avance, et qui prolonge le salaire en maintenant sensiblement le niveau de vie acquis pendant la vie active. Le principe même du contrat salarial, qui fait de la pension une continuation du salaire par la socialisation de la masse salariale que permettent les cotisations, serait ainsi vidé de sa substance par le renforcement de la contributivité. Et la redistribution des revenus assurée par le régime par répartition, même si elle est insuffisante, disparaîtrait.

Les auteurs indiquent ainsi vouloir prendre en compte pour le calcul de la retraite l’ensemble de la carrière des salariés pour « supprimer la pénalisation dont sont aujourd’hui victimes les salariés aux carrières longues et aux faibles progressions ». L’argument laisse songeur. En effet, même pour un salarié dont la carrière progresse peu, prendre en compte l’ensemble de la carrière, au lieu des meilleures années, aboutit à une baisse du niveau de la pension, cette baisse étant d’autant plus forte que le déroulement de carrière est important. Au nom d’une réduction des inégalités, on ramène tout le monde vers le bas !

Cette conception accepte finalement une société où le chômage et la précarité sont installés de façon pérenne et où une fraction significative du salariat, notamment les femmes, ne pourra plus avoir accès à un emploi décent, à temps complet, avec une évolution de carrière significative, permettant d’accéder à une retraite correcte. Le volet non contributif de la retraite ne serait alors que le masque d’une nouvelle « loi sur les pauvres » destinée à atténuer les méfaits d’un capitalisme débridé.

Il y a derrière tout cela un oubli fondamental. Ce que ne disent jamais nos auteurs, c’est que, au fond de l’affaire des retraites, figure la question de la répartition de la richesse produite. Celle-ci s’est dégradée pour les travailleurs depuis trois décennies dans une proportion équivalente à l’envolée des dividendes : 5 points de pourcentage si l’on compare la situation actuelle à celle d’avant 1973 (cf. « Le rapport Cotis », 2009). Nous affirmer, reprenant l’antienne patronale et gouvernementale, que, « si nous vivons plus longtemps, il faut travailler plus longtemps », masque le problème essentiel de la répartition entre travail et capital, qui reste la pierre d’angle de l’évolution du capitalisme contemporain, et dont, pour notre part, nous voulons inverser l’évolution en soumettant à cotisations les dividendes versés aux actionnaires et tous les profits financiers.

Il y a une cohérence dans les propositions que nous critiquons ici. Travailler plus longtemps malgré les gains de productivité et le chômage, individualiser la condition des salariés et des retraités, au risque de vider de son contenu la notion de droit, et dissoudre le lien social permis par la socialisation d’une partie de la richesse sont le paravent du refus de poser dans le débat public l’enjeu fondamental du débat sur le financement des retraites : ce financement ne devient un problème que si on fige dans l’avenir la répartition du gâteau qui a prévalu depuis l’avènement du capitalisme financiarisé. Et, derrière cet enjeu, s’en profilent d’autres : est-on condamné à travailler toujours davantage, au mépris de notre condition humaine et de l’équilibre écologique et ne peut-il exister un temps de la vie hors de toute subordination dont la place croissante donnerait un nouveau sens au progrès ?

Alors que la confrontation actuelle sur les retraites n’est pas terminée parce que la population est majoritairement hostile au projet du gouvernement, il vaut mieux éviter de préparer des renoncements futurs, porteurs de nouvelles régressions sociales.

Gérard Filoche, Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa, Frédéric Lebaron, Christiane Marty, Willy Pelletier, Dominique Plihon, Henri Sterdyniak, Aurélie Trouvé

 

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Une autre réforme des retraites est possible !

Article paru dans l’édition du 09.09.10

Le projet du gouvernement accroît les injustices sociales et salariales

systèmes de retraite par répartition sont confrontés aux défis du vieillissement de la population comme aux conséquences d’une situation de l’emploi dramatique, lestée par les effets de la récente crise financière. Leur équilibre financier doit rester une préoccupation majeure des pouvoirs publics comme des partenaires sociaux si nous ne voulons pas ouvrir un boulevard à la retraite par capitalisation.

Pour autant, le projet de réforme des retraites proposé dans l’urgence par le gouvernement pour répondre aux exigences de la notation financière et crédibiliser la signature de la France sur le marché de la dette publique, ne garantit pas, à long terme, la pérennité de notre système par répartition. Bien au contraire, il aggrave les injustices. Sa mesure phare, le relèvement de l’âge minimum de départ à la retraite de 60 à 62 ans, accroît les inégalités et restreint les possibilités de choix des salariés sur qui repose l’essentiel des efforts consentis.

Ce sont les salariés aux carrières incomplètes qui vont le plus pâtir de la réforme en voyant leur âge de départ à taux plein reculer de 65 à 67 ans à partir de 2016. Ce sont surtout les femmes qui seront concernées et il ne fait aucun doute que le nombre de femmes pauvres va augmenter alors qu’elles forment déjà les gros bataillons des retraités les plus défavorisés.

Dans un pays où, depuis plusieurs décennies, les jeunes servent souvent de « variable d’ajustement » comme en témoignent la précarisation et l’appauvrissement d’une grande partie de la jeunesse, la réforme proposée ne rééquilibre pas non plus les rapports entre les générations, ne prévoyant pas de financement au-delà de 2020.

De leur côté, les salariés ayant commencé à travailler jeunes, souvent les moins diplômés et les moins bien payés, occupant les emplois les plus pénibles, devront cotiser plus longtemps sans voir pour autant leur pension s’améliorer. Désormais, ceux qui ont commencé à travailler entre 14 ans et 18 ans devront cotiser quarante-trois ou quarante-quatre ans. Or, chaque année, près de 100 000 jeunes commencent à travailler à 18 ans ou moins.

L’efficacité financière de la réforme proposée est aussi en question. Après 2018, les déficits continueront de se creuser, alors que les ressources du Fonds de réserve des retraites destiné à faire face, à partir de 2020, à l’arrivée à la retraite de la génération du baby-boom, auront été mal utilisées. Pour préparer l’avenir, ce fonds aurait dû, au contraire, voir ses ressources augmentées plutôt que dépensées avant terme.

Quant à la question de l’emploi des seniors qui conditionne pourtant en grande partie le financement des retraites, les mesures avancées ignorent les questions fondamentales des conditions de travail et des aménagements de fin de carrière. Avec le relèvement de l’âge de départ à 62 ans, les seniors qui se trouvent déjà majoritairement hors de l’emploi devront rester au chômage, au RSA, en maladie ou en invalidité plus longtemps, avec des allocations bien souvent plus faibles que leurs droits à la retraite. Plutôt que de réduire la dette publique, on nous propose un jeu de passe-passe entre comptes sociaux.

L’avenir de notre système de retraites nous invite à engager une réforme globale afin de corriger les inégalités, développer les possibilités de choix individuels et pérenniser le système par répartition.

Une telle réforme passe par la convergence de tous nos systèmes de base, aujourd’hui éclatés en plus de trente régimes différents aux règles illisibles pour nos citoyens. Alors que 40 % des nouveaux retraités ont cotisé dans au moins deux régimes différents de base, la complexité actuelle mine leur confiance dans le système, car elle facilite la remise en cause des droits de retraite acquis et entrave l’effort de solidarité envers ceux qui en ont le plus besoin.

La pension de retraite est partie intégrante du contrat salarial, elle est aussi un revenu de citoyenneté. Aussi, notre système de retraites doit évoluer en distinguant nettement son volet contributif, financé par des cotisations salariales, de son volet solidaire, financé par une fiscalité qui doit être plus progressive, en mettant davantage à contribution les revenus du capital et les hauts revenus.

Le nouveau système devra prendre en compte l’augmentation progressive de l’espérance de vie, à la fois par l’augmentation de la durée de cotisation et si nécessaire, des taux de cotisation. Mais, si nous vivons plus longtemps en meilleure santé, et si nous devons travailler plus longtemps pour sauver nos retraites, c’est le principe de la retraite au choix (à la carte) qui devrait prévaloir.

Cette évolution de fond permettrait non seulement d’enregistrer les droits de retraite acquis, mais aussi de faciliter les départs progressifs ou de permettre d’effectuer des pauses tout le long du parcours professionnel. Une telle clarification permettrait aux salariés de disposer d’une véritable liberté de choix, fondée sur une bonne connaissance de leurs droits, dans un cadre collectif protecteur.

Car seule la protection de la collectivité permet les véritables choix. En prenant en compte l’ensemble de la carrière des salariés, le nouveau système se doit de supprimer la pénalisation dont sont aujourd’hui victimes les salariés aux carrières longues et aux faibles progressions salariales. La solidarité nationale pourrait être mise à contribution pour mieux intégrer dans le calcul de retraite les périodes de congé maternité, de chômage ou de formation.

En outre, une véritable réforme des retraites ne peut se concevoir isolément d’une vigoureuse politique de l’emploi qui permette le maintien des seniors comme l’accès des femmes et des plus jeunes à des emplois stables.

Enfin, l’amélioration de la retraite des femmes passe par des progrès en matière d’égalité salariale et professionnelle, une politique familiale véritablement favorable à l’emploi des femmes et qui encourage un partage équitable du travail domestique entre hommes et femmes. Il faut, à la fois, développer massivement les modes de garde des jeunes enfants et prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher une gestion de la main-d’oeuvre qui pénalise les femmes trop souvent contraintes d’interrompre leur carrière pour s’occuper de leurs enfants ou de leurs parents.

Le droit à la retraite est un droit fondamental et notre système de retraite, fondé sur la solidarité entre les générations, un élément constitutif de notre pacte social. Son évolution doit se construire par le dialogue et la recherche de consensus, mais surtout dans un esprit de justice. Une telle réforme globale de notre système de retraite implique une sérieuse préparation et un large débat avant de la soumettre aux Français lors d’une prochaine échéance nationale.

C’est seulement ainsi que l’on pourra restaurer la confiance de toutes les générations dans l’avenir de notre système solidaire par répartition.

Michel Aglietta, Claude Alphandéry, François Chérèque, François Dubet

 

 

 

 

 

la réforme des retraites en Europe

un papier paru dans le Monde du 06/09/10

retraites en europe

Le projet de loi sur la réforme des retraites en France entre en débat à l’Assemblée mardi 7septembre, sans que les syndicats et le gouvernement soient parvenus à sortir du dialogue de sourds auquel ils tentent d’échapper depuis plusieurs mois. La Commission européenne estimait, dans son Livre vert sur les réformes des retraites publié en juillet, qu’il était nécessaire de repousser l’âge légal de départ à la retraite dans toute l’Europe.

La plupart des Etats membres s’y sont déjà attelés, mais la question a soulevé et soulève les mécontentements quasiment partout: en Allemagne, les sondages ont montré que 80% de la population était opposée à cette mesure, pourtant adoptée en 2007; la même année, en République tchèque, les syndicats n’ont accepté un report d’âge qu’en échange du maintien d’un système par répartition; en Grèce, c’est l’état d’urgence économique qui a eu raison, cet été, de l’opposition de la population.

Mais toute l’Europe n’a pas renoncé à se battre contre ce changement, jugé inéquitable par la plupart des syndicats. Une journée de mobilisation est prévue le 29septembre à Bruxelles, organisée par la Confédération européenne des syndicats. Le même jour, ce sera la grève générale en Espagne, où le gouvernement a finalement décidé de reporter la réforme à la fin de l’année. En France, les organisations syndicales, qui ont regretté l’absence de négociations sur ce point de la réforme, manifesteront pendant l’examen du texte.

Face au vieillissement de la population et aux déficits publics aggravés par la crise, l’urgence de la réforme fait l’unanimité, en France comme ailleurs. Mais les organisations syndicales ambitionnent une réforme mieux négociée pour pouvoir l’inscrire sur le long terme, tandis que les gouvernements sont contraints à un objectif de court terme pour assurer l’équilibre budgétaire.

« On peut lancer le débat du changement de système [de retraite], mais ce n’est pas la réponse pour la France aujourd’hui, expliquait le ministre du travail, Eric Woerth, le 2 septembre, devant l’Association des journalistes économiques et financiers. Nous pensons que la manifestation du 7 septembre sera très importante, mais ce n’est pas cela qui nous fera changer la réforme », affirmait-il encore. Le passage en force doit-il être la règle ?

Anne Rodier

 République tchèque : les limites du compromis

En 2020, un citoyen tchèque sur quatre sera âgé de plus de 60 ans. Face à ce constat démographique, les gouvernements tchèques ont longtemps joué les autruches au grand dam des institutions financières internationales – Fonds monétaire international (FMI) et Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en tête -, qui rappellent aux intéressés la nécessité de réformer le système de retraites, dont le financement s’essouffle.

Si le cabinet social-démocrate avait constitué, en 2005 ,une commission d’experts économiques de tous bords pour faire des propositions, il avait repoussé à plus tard la réforme du système, refusant les recettes libérales prônées par les économistes.

C’est le gouvernement libéral de Mirek Topolanek, privé d’une majorité stable au Parlement, qui avait franchi le premier pas en créant, début 2007, une commission politique. Les cinq formations parlementaires représentées – communistes, sociaux-démocrates, Verts, chrétiens-démocrates et libéraux – ne sont toutefois parvenues qu’à un accord a minima.

Partageant le refus de recourir à l’immigration pour financer le système, elles se sont entendues pour prolonger la durée de cotisation et reporter progressivement l’âge de la retraite à 65 ans pour les hommes et les femmes sans enfant.

Ce changement a été accepté par les syndicats et les partis de gauche contre la garantie du maintien du système par répartition et d’un niveau de pension moyen équivalent à 45 % du salaire moyen. Les sociaux-démocrates, qui avaient déjà dû renoncer à toucher aux retraites lorsqu’ils étaient aux affaires en 2003 face à une forte mobilisation des syndicats, se sont en revanche opposés à l’introduction des fonds de pension obligatoires.

Mais Petr Necas, devenu cet été premier ministre à la tête d’un cabinet ultralibéral et fort d’une confortable majorité parlementaire, compte bien « achever » la réforme en créant de tels fonds. Quitte à passer outre l’opposition politique et syndicale.


Age légal Depuis 2009, l’âge de la retraite est progressivement relevé. Il devra atteindre 65 ans en 2030 pour les hommes, et entre 63 et 65 ans pour les femmes, selon le nombre d’enfants, à partir de 2043.

Annuités Le nombre requis est passé de 25 à 35 années de cotisations.

Martin Plichta (Prague, correspondant

 

la grece de la colère à la resignation  

 

Accepter de travailler plus longtemps pour des pensions moindres, ou s’exposer à ne plus toucher de retraite pour cause de faillite d’un système qui absorbe déjà 13,5 % du produit intérieur brut (PIB) : c’est en plaçant les Grecs devant cette fausse alternative que le gouvernement a pu faire adopter une réforme qui avait jusque-là toujours été ajournée face à la pression de la rue et de l’électorat.

Mais, cette fois, « l’état d’urgence » économique décrété par le premier ministre, Georges Papandréou, face au risque de banqueroute du pays et aux pressions des bailleurs de fonds, a remporté la mise. La réforme, qui devait au départ conclure un long dialogue, vite refusé par les syndicats et l’opposition, a finalement été bouclée en juillet, avant l’échéance fixée.

Les trois grèves générales organisées depuis le printemps par les deux grandes centrales syndicales n’ont pas mobilisé les foules et, malgré une forte résistance interne, la majorité socialiste a soutenu seule le texte au Parlement.

Par sincérité ou par habileté politique, le ministre de la protection sociale avait d’abord semblé vouloir se démarquer des diktats de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI). L’avant-projet restait très flou sur le sort réservé aux femmes, pourtant plus menacées. Mais Bruxelles a rappelé Athènes au respect des engagements pris en contrepartie du prêt de 110 milliards d’euros consenti au pays.

Résultat de décennies de bureaucratie et de clientélisme, la complexité du système, voire son aberration quand il permettait à des fonctionnaires de partir à 45 ans, a aussi incité les Grecs à un certain fatalisme. Nombre d’entre eux ignorent encore combien d’années de travail supplémentaires ou combien d’euros de pension en moins le nouveau régime leur réserve. Le mécontentement pourrait s’exprimer a posteriori, une fois les mesures en vigueur. Dans l’immédiat, il s’est traduit par une explosion des départs anticipés, notamment dans l’éducation.

Age légal Pour les femmes, il sera aligné sur les hommes, de 60 à 65 ans, d’ici à 2015. Les exemptions permettant un départ anticipé sont supprimées.

Annuités D’ici à 2015, elles passent de 37 à 40.

Montant Il sera réduit de 7 % en moyenne à la même date.
Catherine Georgoutsos (Athènes, correspondance)

italie droite gauche à l’initiative des changements

Une amende de 714 000 euros par jour de retard ! C’est ce que pourrait payer l’Italie si elle n’obéit pas, d’ici au 1er janvier 2012, à l’injonction de la Commission européenne de mettre fin à la différence de régime de retraites dans sa fonction publique : les hommes doivent travailler jusqu’à 65 ans, les femmes jusqu’à 60.

Cette adaptation prévue sera une nouvelle phase d’un processus engagé et mené presque sans interruption depuis quinze ans, consistant à allonger la durée de cotisation. Entre « concertazione » et ruptures, grèves et dialogue, l’Italie, confrontée à un faible taux de natalité et à un endettement colossal (aujourd’hui autour de 1 800 milliards d’euros), a entrepris d’indexer l’âge de la retraite sur les progrès de l’espérance de vie. L’objectif est de repousser l’ouverture des droits à 69 ans à l’horizon de 2050.

Dès 1995, l’âge de départ a été porté à 65 ans et le régime de la « pension d’ancienneté » – les travailleurs ayant cotisé trente-cinq ans pouvaient faire valoir leur droit au départ, tout en cherchant une nouvelle activité – commence à être aligné sur celui de la pension vieillesse. Très avantageux, notamment pour les fonctionnaires, ce double système était aussi très onéreux.

Toutefois, la réforme ne s’appliquant qu’aux nouveaux entrants sur le marché du travail, son impact financier est limité. La réforme devrait aboutir à la quasi-fusion des deux systèmes en 2013 : seuls quarante ans de cotisation ouvriront alors droit à pension sans condition d’âge.

Ce chantier a bénéficié d’une dialectique droite-gauche qui, si elle l’a parfois retardé, lui a permis d’aboutir à un consensus. Les gouvernements de Silvio Berlusconi ont cherché à accélérer la réforme, au risque de braquer les syndicats, mais les gouvernements de Romano Prodi n’y ont pas renoncé, tout en accordant des concessions.

Résultat, si le système italien est sans doute, aujourd’hui, l’un des plus complexes d’Europe, il a aussi été l’un des plus souvent réformés, sans trop de heurts.

 Deux systèmes cohabitent.

Pension vieillesse L’âge de départ est fixé à partir de 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes.

Pension d’ancienneté Au départ allouée après 35 ans de cotisations (40 ans en 2013), elle est progressivement alignée sur la pension vieillesse et doit disparaître.

Philippe Ridet (Rome, correspondant)

espagne : une bombe à retardement

Huit mois après l’annonce d’une prochaine réforme du système des retraites, le gouvernement espagnol n’est pas encore décidé à affronter les conséquences d’une mesure impopulaire.

Fin février, cette annonce avait rompu la paix sociale qui régnait jusqu’alors et le président du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, avait essuyé sa première manifestation syndicale en six ans de mandat. Selon les organisateurs, 200 000 manifestants étaient alors descendus dans les rues de toute l’Espagne pour défendre les retraites.

Aujourd’hui, concentré sur le vote du budget, M. Zapatero a dû repousser à la fin de l’année la réforme des retraites. Il espère aussi affaiblir la grève générale prévue le 29 septembre, les syndicats en ayant fait l’un des principaux thèmes de la mobilisation.

Malgré tout, le président socialiste souhaite encore trouver un consensus politique. Pour cela, il compte sur le renouvellement du pacte de Tolède. Voté en 1995 par tous les partis politiques et approuvé par les principaux acteurs sociaux, ce document analysait les problèmes structurels du système de sécurité sociale et les principales réformes qui devaient être mises en oeuvre.

Depuis le début de l’année, la commission parlementaire du pacte de Tolède examine les propositions du gouvernement, et ce dernier s’est engagé à ne présenter son projet qu’une fois rendu le rapport de la commission.

Mais rien n’indique qu’elle parviendra cette fois à un consensus, d’autant plus qu’au printemps ses membres s’étaient insurgés contre un décret-loi visant à geler les retraites pour 2011, sur lequel ils n’avaient pas été consultés.

M. Zapatero « nous demande maintenant un accord sur les pensions alors qu’il vient de détruire celui qui existait », avait déclaré le président du Parti populaire (PP, droite), Mariano Rajoy. Pour Ignacio Fernandez Toxo, le secrétaire général du principal syndicat espagnol, les Commissions ouvrières (CCOO), M. Zapatero a oublié le « consensus social ». - (Intérim.)


Age légal Il devrait passer de 65 à 67 ans, à partir de 2013, sur douze ans.

Préretraite L’âge minimum légal passerait de 52 à 58 ans.

Montant Les prestations seraient calculées non plus sur les quinze mais sur les vingt dernières années de salaires.

allemagne : un cycle entamé en 1992

Malgré une situation démographique beaucoup plus préoccupante qu’en France, les retraites ne constituent pas, en Allemagne, une bombe sociale à retardement. Peut-être justement parce que le déclin démographique a contraint, depuis près de deux décennies – la première réforme majeure date de 1992 -, les responsables politiques à réformer le système pour lui donner une chance d’être pérenne. Certes, en arrivant au pouvoir en 1998, Gerhard Schröder (SPD) annule la réforme lancée par son prédécesseur, Helmut Kohl (CDU), l’année précédente, mais les mesures qu’il prend en 2001 et 2003 sont dans la ligne de ce qu’avaient décidé les conservateurs.

En 2001, le ministre du travail, Walter Riester, introduit notamment un système de retraites par capitalisation original : si les contribuables les plus aisés peuvent déduire cette épargne de leurs revenus imposables, les plus modestes reçoivent, au contraire, une aide de l’Etat qui peut représenter jusqu’à 90 % de leur capital.

Lors de la grande coalition qui dirige le pays de 2005 à 2009, ce sont aussi des personnalités du SPD qui portent, en 2007, la réforme aujourd’hui la plus emblématique : le recul progressif de l’âge de la retraite à 67 ans entre 2012 et 2029. La loi est donc votée par les députés de la CDU et du SPD (à l’exception de treize d’entre eux). Avec les lois dites « Hartz IV », adoptées au début de la décennie pour rendre l’Allemagne plus compétitive, ce recul de l’âge de la retraite doit parachever l’image d’un SPD réformateur mais responsable, quitte à s’éloigner du syndicat dont il est proche, le DGB.

Mais auprès des électeurs, la réforme passe mal. Selon les sondages de l’époque, près de 80 % des Allemands la désapprouvent et les manifestations du 1er mai 2007 font le plein contre ce recul social. S’il n’y a pas de grève, c’est surtout parce que la loi l’interdit, puisqu’il ne s’agit pas d’un conflit lié au travail. L’électorat de gauche s’en souviendra : beaucoup voient dans cette réforme la cause de la retentissante défaite électorale du SPD en septembre 2009.

Du coup, préparant la prochaine échéance électorale nationale, prévue pour 2013, le nouvel homme fort du SPD, Sigmar Gabriel, vient d’éteindre le mécontentement qui montait dans le parti en reportant tout début de réforme à 2015 et en y mettant comme condition qu’à cette date, 50 % des salariés de plus de 60 ans aient un travail. Ce qui n’est le cas que de 21,5 % d’entre eux aujourd’hui.


Age légal De 2012 à 2029, il sera progressivement porté de 65 à 67 ans, sauf pour les assurés justifiant d’au moins 45 années de cotisations obligatoires. L’âge légal de départ sera ajusté à l’évolution démographique.

Comptes L’équilibre financier du régime sera assuré jusqu’en 2040 au moins.

Frédéric Lemaître (Berlin, correspondant)

royaume -uni : un dossier au faible impact politique

Au Royaume-Uni, à l’exception de grèves et de manifestations qui surgissent ici et là, la réforme des retraites ne provoque guère d’émoi. Ce calme relatif est en partie lié à la dualité public-privé du système. Le financement des pensions ne dépend pas tant de l’équilibre budgétaire des régimes publics ou des perspectives démographiques, que du taux d’épargne des ménages et du niveau de pauvreté aux âges élevés, ce qui prête peu à la mobilisation. 

Le faible niveau de la pension universelle forfaitaire d’Etat – de l’ordre de 100 livres (120,4 euros) par semaine -, à laquelle s’ajoute un petit régime complémentaire, peut être compensé par l’accès à des fonds de pension d’entreprises et à des plans privés investis en Bourse. Sans parler du placement immobilier, très répandu dans cette nation de petits propriétaires pour lesquels le produit de la vente de leur logement est un élément important du pécule final.

Résultat, le royaume n’a pas de problème de soutenabilité budgétaire de ses régimes de retraite : les pensions servies par les régimes publics ne représentent que 6 % du produit intérieur brut (PIB). Et le consensus politique est de ne pas augmenter les pensions d’Etat pour résoudre le problème de la pauvreté des personnes âgées, car les prélèvements obligatoires sont perçus comme confiscatoires et pénalisants pour les jeunes.

En 2001, toutefois, une réforme a prévu le passage de l’âge de la retraite à 65 ans pour les femmes entre 2010 et 2020, l’amélioration du régime complémentaire des salariés modestes et la création de produits d’épargne retraite.

Une seconde réforme, en 2006, a été confiée à une commission d’experts dirigée par Lord Turner, ancien directeur du patronat. Le projet, ambitieux, a été saboté par le ministre des finances de l’époque, Gordon Brown, qui le jugeait trop cher. En 2007, toutefois, il a été décidé que l’âge d’accès à la pension universelle forfaitaire d’Etat passera de 65 à 68 ans entre 2024 et 2046.

Le 1er juillet, le premier ministre de la coalition entre conservateurs et libéraux-démocrates, David Cameron, a annoncé une nouvelle réforme reprenant nombre d’éléments du plan Turner.

Comment expliquer le faible impact politique d’un dossier si explosif ailleurs ? L’accent mis sur l’incitation à l’épargne, la difficulté de faire grève, le large soutien du public à la coalition au pouvoir motivent cette apathie. Et, même s’il s’organise, le lobby des retraités, victime de divisions de classe, n’a pas le pouvoir des syndicats.


Critères Les retraites d’Etat seront indexées sur les revenus et non plus sur les prix, mais sans pouvoir augmenter de plus de 2,5%. Les critères d’accès convergeront entre hommes et femmes. Les mises à la retraite d’office seront supprimées.

Fonctionnaires Leur système de retraites sera révisé.

Marc Roche (Londres, correspondant)

l’europe confrontée au vieillissement démographique

 

Le vieillissement démographique, avancé pour justifier le bien-fondé du report de l’âge de départ à la retraite, est bien réel, puisque, à l’horizon 2030, les plus de 60 ans représenteront 36 % de la population totale en Allemagne et 30 % en France.

Dans l’Union européenne, un tiers des Etats membres ont déjà fixé l’âge du départ à la retraite à 65 ans, il atteindra même 68 ans au Royaume-Uni d’ici à 2046. Mais l’âge de sortie du marché du travail est de 61,4 ans en moyenne européenne, et seulement de 59,3 ans en France. La question de l’emploi des seniors reste donc entière, tout particulièrement en France.

Le report quasi généralisé de l’âge de départ en retraite n’est pas sans conséquences sur le niveau de pension des retraités. Les partisans d’un report de l’âge de départ à la retraite comptaient initialement sur le développement de la retraite par capitalisation pour compenser la diminution du niveau des pensions.

Mais les contre-performances des fonds de pension en 2008 en raison de la crise financière ont depuis laissé de nombreux retraités démunis.




l’interim en Allemagne

27 01 2010

Schleker est la première chaîne de drogueries en Europe (4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2008 et plus de 30.000 salariés), dont on trouve les enseignes dans bien des villes allemandes. Ces jours-ci Schlecker défraie la chronique non pour ce qu’elle vend mais pour des motifs tenant à la gestion de ses ressources humaines. Le comportement de cette entreprise est révélateur des conséquences de la déréglementation du marché du travail intervenue ces dernières années et des abus qu’elle provoque. En cela, on peut parler d’un « syndrome Schlecker ». Lire l’article




encore les retraites

21 01 2010

Du fait de la crise, la négociation sur les retraites des prochains mois s’annonce encore plus délicate que les précédentes : les comptes se sont dégradés mais dans un contexte de chômage de masse, repousser l’âge de départ à la retraite reviendrait surtout à diminuer encore le montant des pensions et aggraverait le chômage des jeunes. Il faudra donc bien, à terme, augmenter les cotisations…

Les retraites vont être un des grands sujets de l’année : lors de la dernière réforme, en 2003, rendez-vous avait en effet été pris pour 2010 afin de réajuster les dispositifs en fonction des évolutions constatées.

Dans un premier temps, le gouvernement avait même caressé l’idée d’une refonte complète. Il se serait agi de transformer le régime général, qui aujourd’hui accorde une pension au prorata des revenus touchés pendant les meilleures années de la carrière professionnelle, en un système par point, analogue à celui des régimes de retraite complémentaires, selon le modèle de la réforme des retraites suédoises décidée dans les années 1990 (1). Compte tenu de la dégradation de la situation économique et de l’ampleur des incertitudes qu’une telle révolution aurait suscitée, cette hypothèse semble désormais écartée.

 

la suite là




pour les secondes suite du cours …les impayés

10 11 2009

un article du monde à propos de l’accroissement des impayés

… »Nous avons constaté une relation étroite entre la montée du chômage et les retards de paiement, explique Michel Philippin, directeur général de Laser Cofinoga (BNP Paribas, Galeries Lafayette). Plus de la moitié des clients qui ont trois mois de retard se déclarent au chômage. Le nombre d’emprunteurs qui n’avaient jamais eu de difficulté à rembourser mais connaissent aujourd’hui un premier retard a violemment augmenté. » Le taux d’impayés a grimpé à 3 % depuis le début de 2009, au lieu de 1,6 % en moyenne en période de croissance économique…




le chômage en Europe

3 11 2009

Le taux de chômage dans la zone euro (16 pays) a augmenté en septembre à 9,7 %, son plus haut niveau depuis janvier 1999, après 9,6 % en août, selon des données publiées vendredi 30 octobre par l’office européen des statistiques Eurostat. Celui-ci a recensé en septembre 184 000 chômeurs de plus qu’en août, ce qui porte le total à 15,324 millions.

Dans l’ensemble de l’Union européenne (27 pays), le taux de chômage a également progressé pour passer de 9,1 % à 9,2 %, un record depuis le début de la série de statistiques en janvier 2000. Le nombre total de chômeurs dans l’UE a atteint 22,123 millions en septembre, soit 286 000 personnes de plus qu’en août.

Parmi les Etats membres, les taux de chômage les plus bas ont été enregistrés aux Pays-Bas (3,6 %) et en Autriche (4,8 %) et les plus élevés en Lettonie (19,7 %) et en Espagne (19,3 %), indique Eurostat. Les plus faibles hausses ont été observées en Allemagne, en Italie et en Belgique.

Par ailleurs, les prix à la consommation dans la zone euro ont reculé pour le cinquième mois d’affilée en octobre, de 0,1 % sur un an, toujours selon Eurostat. L’inflation annuelle dans la zone euro s’était établie à -0,3 % en septembre, -0,2 % en août, -0,7 % en juillet et -0,1 % en juin. Après le pic historique de +4 % enregistré en juillet 2008, l’inflation n’a cessé de ralentir rapidement puis est devenue négative dans le sillage du repli des prix pétroliers et de la pire récession traversée par la région depuis 1945.

Le chômage dans l’UE depuis février 2008




matriarcat en photo ..pour les classes de seconde

10 10 2009

Vous trouverez là un bel exemple de photos de femmes vivant dans un régime matiarcal

Il y a deux ans, Nadia  Farrukhi débute un travail sur les sociétés matriarcales dans le monde : « J’avais envie de valoriser ces femmes fortes. Elles n’ont pas simplement le pouvoir dans la cuisine ou la charge de l’éducation des enfants : ce sont elles qui dictent les règles du groupe. »
Elle braque d’abord son objectif sur Tumai, un village kenyan à 300 km de Nairobi. Fondé en 2001, composé d’une soixantaine de femmes et interdit aux hommes, il est basé sur une démocratie participative et l’excision y est bannie. Un refuge solidaire pour se protéger de la violence des pères, des maris ou des soldats, que la plupart ont subie. Une rencontre si forte pour Nadia qu’elle décide à son retour de monter une association, Douniatou, pour les soutenir. Le produit de la vente des photos de deux expositions a été envoyé au Kenya : « Grâce à cet argent, elles ont acheté deux vaches, quelques chèvres et ont pu scolariser un enfant. »

Après le Kenya, Nadia met le cap sur la Chine, chez les Mosuo, une ethnie millénaire du Yunnan. Puis, elle pose son matériel en Inde, dans des tribus de l’État du Meghalaya, où ce sont les femmes qui transmettent leur nom et leur patrimoine aux enfants. « Quand j’aurai bouclé mon périple, j’aimerais monter une exposition et éditer un beau livre avec l’ensemble des matriarcats représentés. » Dans son carnet de route, Nadia a aussi prévu l’Europe de l’Est, l’Indonésie et, dès le mois de mai, le Mexique, chez une tribu descendante des Mayas : « J’ai déjà prévenu mon fils que j’allais repartir ! » Pour le moment, le petit peut se rassurer : Nadia expose jusqu’au 22 novembre dans le cadre de Photoquai, sur les bords de la Seine. Elle y présente neuf diptyques France-Algérie, réalisés entre la Cité radieuse de Le Corbusier, à Marseille, et l’Aéro-habitat d’Alger.

Cette sensibilité, Nadia dit la tenir de sa mère. « Pour moi, les femmes regardent le monde avec un grand angle. Leur champ de vision est plus large que celui des hommes. » Elle avoue pourtant préférer attendre un garçon qu’une fille : « En tant que future maman, un garçon me semble moins compliqué. » Vœu réussi, puisque le petit Nil est né peu de temps après notre rencontre. Un prénom en forme d’appel vers l’ailleurs et l’Afrique, déjà. Avec un papa lui aussi photographe, ses premiers jouets risquent de tourner autour de l’image. Effectivement : « Dès qu’on le peut, on lui achète des appareils en plastique ! »

Voir notre diaporama : un extrait du travail de Nadia dans le village de Tumai, au Kenya, et chez les Mosuo, en Chine >>

un beau reportage de géo

 

pour les femmes en Chine là un long article

et en Inde ici

Les Mosuo sont une minorité ethnique non-Chinoise vivant dans les limites de la Chine. Ils sont considérés comme étant par les anthropologues chinois comme une société matriarcale, parce qu’ils vivent toujours selon les modèles de matrilinéarité et du matrilocalité.
Ils occupent la vallée entière entourée par les hautes montagnes, dont une s’appelle « Gun mu » montagne mère », la déesse protectrice des Mosuo. Toutes les personnes de chaque clan-maison ont le nom de la femme la plus âgée, la mère du clan.
Les noms, aussi bien que la propriété commune de la maison et de la terre, sont exclusivement hérités par la lignée femelle. À environ treize ans, après la cérémonie d’initiation, les filles sont considérées comme les membres à part entière du clan et ont la clef de leur propres chambre.




les dernières statistiques du chomage

5 03 2009

vous trouverez sur le site de l’insée les dernières nouvelles du chomage , a suivre de pres en période defort chomage ..pas que pour les élèves de terminales ..aux secondes !!




les épreuves au bac

5 02 2009

le BO n°25 du 23 juin 1994 :-) )

Deux sujets de nature différente, une dissertation s’appuyant sur un dossier ou une question de synthèse étayée par un travail
préparatoire, sont offerts au choix du candidat. Ils sont déterminés de manière à ne pas limiter ces choix à une seule des dimensions du
programme, à un seul des divers champs de savoir que couvre son enseignement.

* Dissertation s’appuyant sur un dossier :
Le libellé du sujet invite le candidat à poser et à traiter, d’une façon organisée et réfléchie, un problème exigeant un effort d’analyse
économique et/ou sociologique.
Pour aider le candidat à asseoir son travail sur des bases positives et des références précises, un dossier est mis à sa disposition. Ce
dossier ne doit ni borner son horizon (en le détournant du recours à ses propres connaissances), ni lui servir de prétexte à une
paraphrase ou à un commentaire systématique et détaillé.
Il comporte six documents de nature différente (textes, graphiques, tableaux statistiques, schémas…) au maximum. Chaque texte ne
devra pas dépasser mille trois cents signes et chaque document statistique comporter plus de soixante- cinq données chiffrées.

* Question de synthèse étayée par un travail préparatoire :
La question de synthèse se distingue de la dissertation en ce qu’elle s’appuie sur un travail préparatoire imposé où la réflexion est
guidée.
Le travail préparatoire et la réponse à la question de synthèse constituent deux parties d’égale importance pour la notation. Portant sur
le même thème, elles reposent notamment sur l’étude de trois ou quatre documents de source différente. Ces documents répondent aux
mêmes normes que celles définies pour le dossier de la dissertation.

Le travail préparatoire consiste en cinq à sept questions ayant pour objet :
- de vérifier la connaissance de notions essentielles et la maîtrise des outils et des savoir-faire nécessaires, (définitions, utilisation de termes dans
un nouveau contexte, mise en oeuvre de mécanismes, réalisation de calculs, graphiques, …);
- de mesurer la capacité d’analyse du candidat sur un ou plusieurs éléments des documents proposés, en liaison avec le sujet.
Le libellé du sujet doit inviter le candidat à effectuer une démonstration en suivant la problématique imposée par la question. Il doit
permettre au candidat :
- de rassembler les informations issues du travail préparatoire et de ses connaissances
personnelles;
- d’argumenter, c’est-à-dire de mettre en ordre les informations pertinentes au regard du sujet proposé;
- de faire preuve d’esprit critique;
- de s’exprimer de façon claire, correcte,
concise (réponse de l’ordre de trois pages).




faut-il sanctionner les chômeurs?alter éco de ce mois

7 06 2008

Faut-il sanctionner les chômeurs ?

Passant outre les partenaires sociaux, le gouvernement a décidé de légiférer pour sanctionner les chômeurs qui refuseraient une « offre valable d’emploi ». Sans prévoir les contreparties nécessaires.

Les partenaires sociaux vont ouvrir les négociations pour le renouvellement de la convention fixant les règles de l’assurance chômage, qui expire le 31 décembre prochain. Au menu, les conditions de l’indemnisation du chômage, sa durée et l’évolution de son montant. Du point de vue comptable, la situation est plutôt favorable: l’Unedic, qui gère l’assurance chômage au nom des partenaires sociaux, devrait afficher un excédent de 4,6 milliards d’euros en 2008. Cela devrait permettre, si cet excédent se reproduit comme attendu en 2009, de ramener à zéro les dettes accumulées dans les périodes de vaches maigres.

Comme à chaque renouvellement de la convention, une partie de bras de fer va s’engager entre patronat et syndicats. Le premier souhaite durcir les conditions d’accès à l’indemnisation, tandis que les syndicats réclament des droits élargis. Un troisième larron s’est mêlé de la partie cette fois-ci, en la personne du gouvernement: il a décidé d’imposer un nouveau système de sanctions pour les chômeurs en passant par-dessus la tête des partenaires sociaux. Un projet de loi devrait ainsi être présenté au Parlement dans les prochaines semaines, pour mise en application dès le 1er janvier prochain, quand verra le jour le nouveau service public de l’emploi, issu de la fusion ANPE-Assedic.

Une définition qui fait débat

Le coeur du débat porte sur la définition de ce qu’est une offre valable (ou raisonnable, selon la terminologie employée par le gouvernement) d’emploi, c’est-à-dire le type d’offre qu’un demandeur d’emploi ne peut refuser sauf à se voir privé de son indemnité. A priori, rien que de très logique dans l’idée qu’un chômeur indemnisé soit tenu d’accepter les offres qui lui sont faites: l’indemnisation n’est légitime que si les chômeurs ne sont pas payés à se tourner les pouces alors qu’il existe des emplois disponibles. Comme le répète à loisir le gouvernement, le haut niveau de protection sociale dont nous bénéficions suppose de ne tolérer parallèlement aucune fraude ou abus. C’est ainsi qu’on maintiendra la légitimité du système aux yeux de ceux qui le financent via leurs cotisations. On peut bien entendu penser que c’est plutôt en insistant sur des abus, en fait très réduits en nombre et en montant, qu’on affaiblit le système.

Mais l’important n’est pas là. Il est de savoir ce qui doit ou ne doit pas être considéré comme une offre qu’on ne peut refuser. Les agents du service public de l’emploi sont déjà aujourd’hui tenus de sanctionner le chômeur qui ne recherche pas activement un emploi ou qui se refuse à saisir les offres qui lui sont communiquées. S’ils ne le font que très rarement, c’est que les sanctions leur apparaissent souvent trop lourdes et les offres mal adaptées à la qualification des demandeurs d’emploi ou à leurs contraintes familiales ou de logement. Ou encore sont si mal rémunérées que les emplois concernés les contraindraient à voir leurs revenus fortement baisser par rapport à leur salaire antérieur… C’est pour sortir de cette situation que le gouvernement entend intervenir en imposant aux partenaires sociaux une définition claire de l’offre valable d’emploi.

Sur ces bases, la dernière version du projet gouvernemental impose aux demandeurs d’emploi de réduire leurs exigences au fil du temps (1). Durant les trois premiers mois de chômage, un demandeur d’emploi serait en droit de n’accepter que les emplois s’inscrivant dans son projet professionnel, rémunérés au niveau de son salaire antérieur et situés à proximité. Durant les trois mois suivants, il serait tenu d’accepter tout emploi « compatible » avec ses qualifications, dans la même zone géographique et rémunéré au moins à 95 % de son salaire antérieur. Après six mois, toute offre d’emploi compatible, même rémunérée à 85 % du salaire précédent, et dans un rayon impliquant jusqu’à deux heures de trajet quotidien devra être acceptée. Enfin, au-delà d’un an, l’exigence de rémunération minimale serait ramenée au niveau de l’allocation chômage, soit 57,4 % du salaire antérieur dans le cas général. Un couperet qui n’a rien d’anodin, quand on sait qu’en mars 2008, en dépit de la baisse du chômage observée depuis deux ans, 26 % des demandeurs d’emploi étaient au chômage depuis plus d’un an…

Qu’attend-on de ces nouvelles règles ? D’abord, une diminution des dépenses à la charge de l’assurance chômage. De quoi réduire à terme le montant des cotisations sociales versées à l’Unedic par les entreprises, et augmenter en contrepartie les cotisations d’assurance vieillesse, afin de répondre aux besoins de financement des retraites. Le tout sans accroître les charges qui pèsent sur les entreprises.

Le second résultat attendu est clairement d’augmenter la contrainte imposée aux salariés dans un contexte marqué, à en croire le gouvernement, par des tensions croissantes sur certains types d’emplois. Comme les générations qui entrent actuellement sur le marché du travail deviennent moins nombreuses que celles qui partent à la retraite, l’objectif gouvernemental est d’augmenter la main-d’oeuvre disponible par tous les moyens. La décision de mettre progressivement fin au dispositif de dispense de recherche d’emploi dont bénéficiaient jusqu’à présent les demandeurs d’emploi de 57 ans et plus poursuit le même objectif. Au final, l’enjeu est de permettre aux entreprises qui le souhaitent d’embaucher sans difficultés.

Philippe Frémeaux

Alternatives Economiques -  n°270 – Juin 2008

Notes(1)Voir Liaisons sociales, n° 15114, 7 mai 2008.