le stress, au travail une suite d’articles de ce jour dans le Monde

18 02 2010

Un rapport remis, mercredi 17 février, à François Fillon souligne la responsabilité des dirigeants d’entreprise face au stress des salariés et préconise de modifier à la marge leur mode de rémunération en intégrant la prise en compte de la santé de ces derniers. Le même document propose aussi de réformer l’enseignement dans les écoles de commerce et d’ingénieurs, où la formation dans ce domaine “est extrêmement pauvre”, a déploré l’un des auteurs du rapport, Muriel Pénicaud, directrice générale des ressources humaines chez Danone.

“La responsabilité sociale des entreprises est d’abord celle de ses dirigeants”, a souligné le premier ministre lors d’un point presse à Matignon, promettant que ce rapport serait débattu au sein du Conseil d’orientation sur les conditions de travail afin de contribuer au plan santé travail 2010-2014, qui doit être adopté en mars.

Parmi ses principales préconisations, le texte suggère que “la performance économique” ne soit plus le seul critère d’attribution de la rémunération variable des dirigeants. “La performance sociale doit aussi être prise en compte, incluant notamment des indicateurs de santé, de sécurité et de conditions de travail”, soulignent ses auteurs. Le document préconise aussi que les conseils d’administration des entreprises se penchent annuellement sur cette question lors d’un rendez-vous consacré à la santé de leurs salariés.
 

UN “PROBLÈME DE MANAGEMENT”

“Le problème de santé n’est pas un problème de la médecine du travail, c’est un problème de management”, a insisté l’un des auteurs du rapport, Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electric. Le troisième membre de la mission, le vice-président du conseil économique, social et environnemental Christian Larose, a jugé “consternant” l’accueil que leur ont réservé les organisations patronales. Au sein de celles-ci, “on ne veut pas bouger sur ces sujets, et on trouve toutes les raisons du monde pour dire que la question de la santé au travail n’est qu’une mode”, a-t-il déploré.

Alors qu’une série de suicides a récemment remis la souffrance des salariés au cÅ“ur de l’actualité, notamment à France Télécom, le gouvernement s’apprête à mettre en ligne sur Internet des listes des entreprises de plus de 1 000 salariés classées en trois catégories, en fonction de leurs efforts dans la prévention du stress.

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Après une série de suicides à France Télécom, le ministre du travail, Xavier Darcos, avait lancé, en octobre 2008, un plan national d’urgence pour la prévention du stress professionnel incitant les quelque 1 500 entreprises françaises de plus de 1 000 salariés à engager avant le 1er février des négociations ou des démarches sur le stress au travail.

Le ministère a donc mis en ligne, jeudi 18 février, sur le site consacré à “la santé et la sécurité au travail” Travailler-mieux.gouv.fr, les listes des entreprises classées en fonction de leurs efforts dans la prise en charge du stress.

Les entreprises se répartissent entre trois catégories : “vert” (celles qui ont déclaré avoir signé un accord de fond ou de méthode), “orange” (celles qui ont engagé une ou plusieurs réunions de négociations ou de discussions) et “rouge” (celles qui n’ont rien entrepris ou n’ont pas répondu au questionnaire soumis par le ministère). Les deux premières catégories comptent 900 entreprises (respectivement 55 % et 33 %), 600 n’ont pas répondu et sont automatiquement classées dans “rouge”.

Dans la catégorie “orange”, la plus mystérieuse, se situent France Télécom, Décathlon, Sony France, Mars Chocolat, ou encore Sephora.

Pour Jenny Urbina, déléguée générale CGT chez Sephora, la couleur orange n’est due qu’à l’urgence dans laquelle s’est retrouvée la direction. Selon elle, il n’était pas possible de signer les accords : absence de médecin du travail, documents élaborés “à la va-vite”. A ses yeux, les projets d’accords transmis étaient “scandaleux”. Pas de médecins ni d’enquête en interne. Or les problèmes semblent nombreux : sous-effectifs, horaires difficiles, vie personnelle et familiale négligée. Et “chez Sephora, nous avons 90 % de femmes”, précise-t-elle.

 

La démarche aura donc évité au géant de la parfumerie de se retrouver dans le rouge, prouvant, grâce à deux réunions, qu’un accord est en cours d’élaboration. “Ils ont juste limité la casse”, conclut-elle.

Pour Jean-Claude Delgènes, DG de Technologia, qui a mis au point le questionnaire destiné aux entreprises, la couleur rouge est très dissuasive. Les tribunaux seront sans pitié pour les entreprises traînées au pénal, les partenaires sociaux ne laisseront rien passer et les candidats à l’embauche exigeront des garanties.

En ce qui concerne les entreprises à propos desquelles un professeur aurait dit “peut mieux faire” (les classées “orange”), elles sont inscrites dans une dynamique, explique M. Delgènes. “La dynamique respecte le rythme propre aux entreprises. Elle s’inscrit dans le long terme.” Même chose si l’entreprise a les honneurs du vert ; elle ne devra pas pour autant se reposer sur ses lauriers. Si les partenaires sociaux montent au créneau, elle pourra très bien retomber dans l’orange, ou dans le rouge. Une stratégie du “name and shame” (”nommer et faire honte”), explique Xavier Darcos dans Paris Match, qui “a des conséquences sur leur image”. Le bonnet d’âne n’est pas loin.

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Le stress et l’avenir d’une illusion, par Didier Toussaint

Le 1er février, la lutte contre le stress en France aura sa date anniversaire. Le ministère du travail enjoint toute entreprise de plus de 1 000 salariés d’entamer des négociations avec les partenaires sociaux sur le sujet avant cette échéance.

On ne peut que se réjouir de la prise de conscience à l’endroit de ce fléau bien réel. Mais entre le constat et le diagnostic, il y a un gouffre. A une époque où l’efficience est devenue une religion, on a pris l’habitude de confondre le moyen d’action avec la fin. Or, il faut bien le dire, devant l’inflation de dispositifs censés détecter les risques psycho-sociaux sous forme d’observatoires ou d’indices en tous genres, le diagnostic sur le stress semble quelque peu bâclé. Trois mythes, en particulier, doivent être dissipés.

Le premier d’entre eux est celui du management. On ne cesse d’associer stress et harcèlement, et de voir une cause dans un soi-disant style de management. L’apparence des faits légitime cette analyse, leur réalité l’infirme. Le stress est un symptôme mondial. Les causes en sont connues ; pression exercée sur les salariés au nom de la rentabilité, mondialisation, chômage, sans oublier les sollicitations permanentes d’un temps réel rythmé par les technologies de l’information et de la communication.

Ce qui cesse d’être mondial parce que propre à la France, c’est le thème de la souffrance au travail, popularisé par Christophe Dejours il y a déjà dix ans. La conversion du stress en souffrance est un symptôme national dont la mise en scène s’organise autour d’un pouvoir soupçonné de harcèlement volontaire et d’une victime que cette souffrance pousserait au suicide. Il y a chez nous ce réflexe largement partagé consistant à mettre en accusation des personnes, là où dans des pays comme ceux de l’Europe du Nord, on a conscience que dans un monde qui change très vite, ce sont les structures qui doivent s’adapter en premier. Dans un pays où l’on est convaincu que l’enfer c’est les autres, l’action collective est plus volontiers envisagée sous l’angle d’un huis clos infernal entre personnes que sous son aspect institutionnel.

Le deuxième mythe sur le stress est la question de son coût. On ne cesse d’avancer que l’absentéisme et le manque d’efficacité sont un coût économique, comme si la lutte contre le mal n’allait pas de soi et devait être justifiée. Or, en matière de coût il est préférable de raisonner sur des soldes que sur des postes isolés. L’économie du stress est malheureusement globalement positive, son coût apparent étant largement compensé et dépassé par ses bénéfices. Il suffit pour s’en rendre compte de voir comment un titre s’apprécie en Bourse sur simple annonce d’un plan de licenciement. Tout indique aujourd’hui, dans la vie des affaires, que ce qui pour les personnes est facteur de stress sera pour certaines institutions financières une source de bénéfice dans des proportions qui demeurent largement favorables aux secondes. Il faut voir les choses en face ; ce qui est un coût pour elles, c’est la ressource humaine en tant que telle, et non sa souffrance.

Dernier mythe enfin, celui d’une corrélation entre l’épanouissement des salariés et la rentabilité de l’entreprise. On entend souvent dire qu’une entreprise n’est performante que si ses salariés sont heureux. L’expérience indique systématiquement le contraire. Les exemples ne manquent pas. Renault, à l’ambiance chroniquement tendue depuis l’origine, est le seul des deux survivants français d’un secteur automobile qui comptait plus de cent acteurs au début du XXe siècle. Qui veut croire aujourd’hui qu’Apple, Wall-Mart ou Toyota sont des havres de bonheur ? On ne conteste pas en revanche leur place de leaders.

Il est important de ne pas se tromper de cible. On cherche à mesurer ce qui, au fond, relève de phénomènes à la fois culturels et inconscients. Ce n’est pas seulement en quantifiant les suicides et les risques qui les induisent qu’on parviendra à contenir le mal, même si la démarche est fort utile. Chiffrer, c’est constater, c’est s’en remettre une fois de plus à ce que Robert Musil qualifiait d’arrogant langage des mathématiques. Démonter les mécanismes institués produisant de la souffrance appelle un autre type de langage, celui qui privilégie le sens des faits par rapport à leur mesure.

En France, ce n’est pas tant le stress qui génère de la souffrance que la misère institutionnelle de nos entreprises qui livrent les individus en pâture à des remèdes dont l’apparence technique, sous forme de sondages, questionnaires et formation au management, suffit à les rendre légitimes. Ce sont là des applications maladroites de pratiques anglo-saxonnes qui n’ont de sens que dans leur contexte culturel d’origine. Le choix des moyens présuppose une certaine conscience des fins.

Didier Toussaint est consultant DIT et co-auteur de Vers un autre monde économique (ouvrage collectif), éd. Descartes & Cie, Paris, 2009.

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Démocratie, travail et suicide ou Ce que travailler veut dire, par Isabelle Ferreras

Les nouvelles sont mauvaises. L’entreprise devient un lieu où l’on se suicide. Progressivement, depuis les années 1990, le phénomène prend de l’ampleur. Renault, PSA, EDF, Areva, Thalès, enfin, France Télécom. Ouvriers, employés, cadres, leur geste de désespoir ultime jette les directions dans l’incompréhension. Le capitalisme aimait croire que les facteurs de production étaient ajustables et souples – flexibles – à souhait. Vraisemblablement, tout comme la planète, l’humain aussi a ses limites. 

Comment comprendre le suicide lié au travail ? Incontestablement, le travail, aujourd’hui, mobilise intensément les attentes des individus. Il importe de comprendre ce que l’expérience du travail représente aux yeux des individus, pour comprendre ce qui peut les pousser à aller si loin. Au contraire de la psychologisation ambiante des enjeux, ce sont des réponses en termes politiques et institutionnels qu’il faut apporter. Pour y parvenir, il faut comprendre ce que représente l’expérience du travail pour celui qui travaille. C’est pourquoi l’analyse du travail se trouve directement au cÅ“ur de la réponse à donner au “problème du travail”, dont le suicide n’est que le symptôme, le plus frappant et le plus dramatique.

A l’heure où 70 % des emplois relèvent du secteur tertiaire, qu’est-ce donc que le travail dans nos sociétés démocratiques avancées ? Trois dimensions principales le caractérisent : l’expérience du travail est expressive, publique et, au fond, politique. On observe en effet aujourd’hui que le rapport au travail est de l’ordre du sens, de l’expressivité. Contredisant le postulat de la théorie économique qui présuppose un rapport de type exclusivement instrumental au travail (le travail contre le salaire), les recherches actuelles clarifient le fait que le travail est un support de sens central dans la vie de l’individu. Ainsi, même dans le cas des caissières de supermarché, poste de travail emblématique de la société des services mais se trouvant au bas de l’échelle des carrières et des salaires, la dimension instrumentale reste marginale dans le rapport au travail. En effet, la dimension instrumentale (le salaire) se voit toujours reprise dans des dimensions expressives qui la dépassent, telles que l’enjeu de l’intégration sociale ou du sentiment d’utilité à autrui.

Ensuite, l’irruption du client dans l’univers du travail, caractéristique décisive de l’économie des services, donne corps à une réalité nouvelle : travailler, du point de vue du salarié, c’est réellement prendre part à la sphère publique. Cela se joue au niveau concret des pratiques quotidiennes, au travers des attentes manifestées à l’égard de la clientèle singulièrement. Ainsi, sous le regard permanent des clients, les salariés manifestent l’attente que le régime typique de la sphère publique des sociétés démocratiques, fondé sur l’égalité des personnes, règle les échanges dans l’entreprise. Cela n’est évidemment pas le cas et explique la situation de “souffrance” actuelle.

Au fond, il fait sens de dire que l’expérience du travail est fondamentalement politique. Vu la flexibilité qui le définit aujourd’hui (des horaires, des tâches, etc.), travailler constitue une expérience d’insertion et de positionnements incessants dans les collectifs de travail. L’observation montre que les situations de travail sont analysées par les salariés au travers des registres du juste. Cela concerne les innombrables “petits” conflits quotidiens du travail (organisation des pauses, accès à une formation, réorganisation des équipes) aussi bien que les conflits majeurs (restructurations et licenciements collectifs). Ainsi, c’est l’enjeu du juste par rapport au collectif qui est l’aiguillon transversal à toutes les situations qui font la vie de l’individu au travail. Or la question du juste en référence au collectif constitue l’essence même du politique – raison pour laquelle on peut parler du travail comme expérience politique. Enfin, lorsque l’on dégage les divers registres de justice avancés par les salariés (mérite, égalité, performance, ancienneté, situation familiale, etc.), on s’aperçoit que c’est la norme de la justice démocratique qui est pensée comme la procédure adéquate pour trancher les conflits entre critères de justice rivaux. Ainsi, les personnes au travail témoignent de l’intuition qu’il serait juste qu’elles puissent participer à élaborer les règles auxquelles elles doivent se soumettre. Etrange ? Au contraire, cela est logique pour des sociétés à culture démocratique avancée…

Aujourd’hui, de nombreux obstacles s’opposent à la reconnaissance de cette attente démocratique au travail. En effet, le travail est gravement mis sous tension par l’arrangement capitaliste : celui-ci déconsidère l’intuition démocratique contenue dans l’expérience du travail en privilégiant un régime de pouvoir de type domestique, pré-démocratique, celui de l’“arbitraire patronal” – et ce, même quand il est mâtiné de présence syndicale, actuellement bien trop faible par rapport au pouvoir accordé aux détenteurs des capitaux de l’entreprise. Ainsi, le travail n’est pas qu’une “souffrance”, c’est pour cela qu’il fait souffrir. Car les attentes démocratiques qui l’animent sont gravement trompées.

Il est à craindre qu’en continuant à ignorer la question qualitative que pose le travail aujourd’hui, nos sociétés se condamnent à enregistrer la souffrance extrême de certains et la frustration grandissante de tous, conséquences de l’arbitraire capitaliste au travail. Ce n’est pas à coup de psychologues, pour renforcer les DRH, que l’on adressera sérieusement le problème qui se fait jour ici. Ce sont des réponses d’ordre organisationnel et institutionnel qui doivent être apportées : quelles institutions pour la gouvernance de l’entreprise, adéquates à ces attentes ? Quels modes d’exercice du pouvoir, légitime et non arbitraire, dans les équipes de travail ? “Une civilisation qui ruse avec ses principes, a dit Césaire, est une civilisation menacée.” A l’heure où l’économie est productive car sa main-d’Å“uvre est plus qualifiée que jamais, la France ne peut plus faire l’économie de ces questions politiques. Equiper les salariés des capacités nécessaires à participer aux décisions qui les concernent, en commençant par des droits individuels, collectifs et syndicaux adéquats, tels qu’ils puissent réellement se réapproprier leur vie au travail et leur destin personnel, ainsi qu’en faire bénéficier l’ensemble de la société par une vitalité renouvelée, voilà ce qui sera défendre, sérieusement, la “valeur travail” – et la démocratie.

Isabelle Ferreras est professeure de sociologie à l’Université catholique de Louvain, chercheuse qualifiée du Fonds national de la recherche scientifique (Bruxelles, Belgique), Senior Research Associate, Labor and Worklife Program, Harvard Law School, Harvard University.  Elle a publié “Critique politique du travail. Travailler à l’heure de la société des services” (2007, Paris, Presses de Sciences Po, 273 pp.).




pour les tes en EDS Keynes !!

9 02 2010

…1   John Maynard Keynes (1883-1946)

John Maynard Keynes, qui a révolutionné l’économie, au point que ses différents courants se définissent aujourd’hui par rapport à sa pensée, est un pur produit de Cambridge. Il a fréquenté l’élite intellectuelle de cette ville universitaire dès son plus jeune âge. Passionné par la politique, il a pris position sur les dossiers chauds de son temps, notamment en tant que journaliste, mais aussi en tant qu’acteur de la vie économique et politique. Il quitte momentanément l’enseignement à Cambridge pour travailler au Trésor britannique qu’il représente à la conférence de la Paix à Versailles. Formellement opposé aux réparations de guerre que le traité de 1919 impose aux Allemands, il les dénonce dans son pamphlet Les conséquences économiques de la paix (1919). Il démissionne alors du Trésor britannique et revient à Cambridge.

C’est dans le contexte de la crise économique des années 30 qu’il rédige son oeuvre fondamentale : La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936). Mais c’est pendant la guerre, sous le gouvernement de Winston Churchill, que Keynes atteint le sommet de son influence. Ainsi, en 1944, à la conférence de Bretton Woods qui crée le Fonds monétaire international (FMI), il est l’un des principaux architectes du système monétaire international de l’après-guerre.

Sa pensée

S’il fallait résumer la pensée de celui qui a le plus marqué la réflexion économique du XXe siècle, ce pourrait être : « Oui, le marché engendre du chômage involontaire. » Dans son grand oeuvre – La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie –, Keynes avance deux types d’explication possibles pour rendre compte de cette tendance du capitalisme à fonctionner en deçà de ses potentialités :

– une explication radicale, fondée sur l’incertitude du futur, qui pousse les hommes d’affaires à faire montre de prudence et, du coup, à investir moins qu’ils ne le devraient ;

– une explication plus traditionnelle, fondée sur le fait que toute insuffisance initiale de la demande tend à engendrer un cercle vicieux : moins de demande, donc moins de débouchés, donc moins de production, donc moins de salaires, donc moins de demande…

Alors que la deuxième analyse débouche sur une politique économique visant à regonfler la demande défaillante, la première passe par des institutions et des règles capables de réduire l’incertitude de l’avenir. Ces deux lectures de Keynes débouchent donc sur deux rôles assez différents de l’Etat : c’est toute l’ambiguïté d’un personnage brillant, capable de suivre plusieurs idées à la fois sans jamais trancher entre elles. Et c’est ce qui en fait aussi la richesse.

Ses écrits

Les conséquences économiques de la guerre (1919), éd. Gallimard, 2002, dans un volume qui contient aussi Les conséquences politiques de la paix de J. Bainville.

La fin du laissez-faire (1926), Agone éditeur, 1999.

Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936), éd. Payot, 1990.

Essais sur la monnaie et l’économie (articles – dont « La fin du laissez-faire » – rédigés entre 1923 et 1931), éd. Payot, 1972.

La pauvreté dans l’abondance (articles – dont « La fin du laissez-faire » – rédigés entre 1924 et 1938), éd. Gallimard, 2002.

Comment payer la guerre (1940), éd. L’Harmattan, 1997.

Pour aller plus loin

« Deux Keynes pour le prix d’une théorie », Alternatives Economiques n° 173, mars 2000.

« Keynes, un social libéral avant l’heure », Alternatives Economiques n° 202, avril 2002.

« John Maynard Keynes ou l’économie au service du politique et du social », Alternatives Economiques n° 220, décembre 2003.

Pour une bibliographie complète, voir le site du Center for Economic Policy Analysis (CEPA)

Alternatives Economiques - Pratique n°21 – Novembre 2005

2un cours

1. Keynes et les classiques

A – La critique de la théorie classique

Le chômage involontaire est possible

- Deux types de chômage chez les classiques : le chômage frictionnel & le chômage volontaire

- Le chômage pour Keynes résulte d’une insuffisance de la demande globale. L’inflation n’apparaît qu’en période de plein emploi lorsqu’il y a plein utilisation des facteurs de production et qu’en conséquence l’offre est inélastique.

L’offre ne crée pas sa propre demande.

B – La réponse de Keynes : le principe de la demande effective

La demande effective composée de la consommation et de l’investissement, est le moteur de l’économie : « Ce sont la propension à consommée et le montant de l’investissement nouveau qui déterminent conjointement le volume de l’emploi et c’est le volume de l’emploi qui détermine de façon unique le niveau des salaires réels ».

Cette analyse explique le paradoxe de la pauvreté dans l’abondance : Plus une communauté est riche plus sa propension marginale à consommer est faible. Dans les société pauvres, en revanche, le plein emploi est plus facile à obtenir ; un faible montant d’investissement suffit à l’assurer.

L’épargne et l’investissement sont nécessairement égaux.

C – Les déterminants de la consommation et de la propension à consommer

Le principal facteur objectif de la propension à consommer est le revenu. Ce postulat est connu sous le nom de “loi psychologique fondamentale”.

Les facteurs subjectifs sont les facteurs qui agissent sur les dépenses une fois le revenu fixé. Huit facteurs subjectifs : « précaution, prévoyance, calcul, ambition, indépendance, initiative, orgueil et avarice ».

Tout cela ne signifie pas que les taux d’intérêt n’ait aucun effet sur les montants consommés ou épargnés. Pour Keynes, la hausse des taux d’intérêt n’influencent que marginalement la consommation et l’épargne. En revanche, une hausse des taux d’intérêt défavorise considérablement l’investissement, ce qui est préjudiciable à la production, au revenu, à la consommation, donc à l’emploi. Il faut gouverner les taux d’intérêt afin qu’il détermine le niveau d’investissement le plus favorable à l’emploi : « Si le taux d’intérêt était gouverné de telle sorte que le plein emploi fût toujours maintenu, la Vertu reprendrait ses droits ».

2. L’incitation à investir

A – L’efficacité marginale du capital

L’efficacité marginale du capital est le rendement escompté de l’investissement compte tenu de la dépréciation de la machine et des coûts qui résultent de son emploi.

« L’état de confiance » joue un rôle important dans la prévision à long terme. Keynes critique la spéculation et suggère pour l’éviter la création d’une lourde taxe d’État frappant toutes les transactions.

B – Le taux d’intérêt

Le taux d’intérêt résulte de la confrontation entre l’offre et la demande de monnaie et non de la confrontation demande/offre de capitaux. « L’épargne et l’investissement sont des facteurs déterminés et non déterminant ». Keynes définit le taux d’intérêt comme « La récompense pour la renonciation à la liquidité ».

La préférence pour la liquidité des agents résulte de trois motifs :

- motif de transaction.

- motif de précaution.

- motif de spéculation.

La demande de monnaie dépend du revenu et du taux d’intérêt. La demande de monnaie est une fonction décroissante du taux d’intérêt.

C – La création monétaire stimule l’investissement en période de sous-emploi

Un accroissement de la quantité de monnaie à pour effet de diminuer le taux d’intérêt et d’augmenter l’investissement jusqu’à ce que le plein emploi soit réalisé.

En situation de plein emploi, la création monétaire provoque l’inflation, dans la mesure où tous les facteurs de production utilisés, l’augmentation de la quantité de monnaie ne peut pas accroître le niveau de la production.

3. Le rôle de l’État selon Keynes

A – La Politique monétaire de l’État

La politique principale est la politique monétaire. Il faut créer de la monnaie afin de faire baisser les taux d’intérêt. Non seulement cette politique encourage l’investissement, mais elle n’est pas préjudiciable à l’épargne qui ne dépend pas des taux d’intérêt, mais du revenu. Keynes préconise « l’euthanasie des rentiers et du capital oisif ».

Une politique de création monétaire est préférable à une baisse des salaires.

La politique monétaire est nécessaire mais pas suffisante. Il se peut qu’une fois le taux d’intérêt tombé bas, la préférence pour la liquidité devienne virtuellement absolue. La préférence pour la liquidité, rend inefficace la politique monétaire : c’est la trappe à liquidités.

B – La relance de l’investissement a un effet multiplicateur

L’investissement a un effet multiplicateur sur la production. En effet, une augmentation de l’investissement entraîne une augmentation de la production de machines, qui entraîne une augmentation des revenus donc une augmentation de la consommation, qui, accroissant la demande, augmente la production, puis le revenuÅ 

L’intervention de l’État est donc d’autant plus efficace que la propension marginale à consommer es élevée ; cette intervention a toutefois des limites :

- effet d’éviction

- risque de défiance pour l’avenir et effets d’anticipations

- l’effet multiplicateur peut profiter à l’étranger

Keynes préconise une « socialisation de l’investissement ». Il suggère que l’État procède lui-même à certains de ces investissements grâce au déficit budgétaire notamment.

C – Politique commerciale et politique de redistribution

Keynes témoigne d’une certaine sympathie envers les mercantilistes, et pense qu’il faut soutenir les exportations et limiter les importations, afin de réduire le chômage et les taux d’intérêt. « une absurde compétition internationale est préjudiciable à tous ».

Le problème principal de l’ouverture des économies est la perte d’autonomie de la politique monétaire.

Une politique favorisant la consommation peut être favorable au plein emploi. Il faut selon Keynes, favoriser l’investissement et la propension marginale à consommer. Il faut mettre en place une politique de redistribution qui permettrait d’accroître la demande globale.

Keynes se prononce aussi contre le partage du temps de travail : « nous ne voyons pas de raison valable d’obliger ceux qui préfèrent un supplément de revenus à jouir d’un supplément de loisirs

et un article sur la mode !!!

Le « concours de beauté » de John Maynard Keynes

Guillaume Erner

Cet encadré est issu de l’article « Comment se crée une mode »

La prophétie autoréalisatrice (voir ci-contre) fonctionne pour promouvoir un objet unique. En revanche, il apparaît difficile de la mobiliser seule pour lancer ex nihilo une mode. Impossible d’expliquer uniquement par son biais la mode des 4×4 ou le retour des rougets dans nos assiettes. Il faut donc isoler un mécanisme social susceptible d’expliquer une action conjointe – et cependant non concertée – d’un grand nombre d’individus.

Un tel mécanisme existe ; il a été décrit par John Maynard Keynes sous le nom de « concours de beauté ». Imaginons, nous dit J.M. Keynes, une compétition où un jury est censé classer des candidats en fonction de leur plastique. En règle générale, chacun vote en conscience, choisissant le physique qu’il préfère. Mais ici, la règle est modifiée : il s’agit d’opter non pour celui que l’on choisirait mais pour celui que l’on croit que les autres choisiront. À travers cette parabole, J.M. Keynes décrit l’exercice d’anticipations rationnelles auquel se livrent des spéculateurs opérant sur un marché. Le sens commun pense qu’il leur suffit d’acquérir les « meilleurs » titres, autrement dit ceux des entreprises les plus performantes. Pas du tout, rétorque l’économiste : face aux cours boursiers, le sage et l’ignorant sont placés sur un pied d’égalité ; ils ne savent rien ou presque. Dès lors, la bonne solution ne se trouve pas en eux-mêmes mais dans la représentation qu’ils se font des opinions d’autrui. « Conscients du peu de valeur de notre propre jugement individuel est sans valeur, nous nous efforçons de nous en remettre au jugement des autres (…). Nous essayons donc de nous conformer au comportement de la majorité ou de la moyenne. À ce petit jeu, celui qui gagne, c’est évidemment celui qui devine ce que la foule va faire (1). » Le concours de beauté nous enseigne donc qu’il vaut mieux pour sa réputation échouer avec les conventions plutôt que d’essayer vainement de réussir contre elles.

La parabole du concours de beauté modélise la situation dans laquelle nous sommes tous – fabricants, distributeurs ou consommateurs – face à l’exercice de prévision des tendances. Dès lors, celles-ci s’organisent autour de deux paradoxes. Tout d’abord, l’imitation dans ce domaine n’est pas un comportement étrange propre aux suiveurs : elle est au contraire la règle. En état d’incertitude, cette attitude est même complètement rationnelle : elle est la seule adaptée pour anticiper ce que seront les tendances. Deuxième conséquence : dans le domaine de la mode, spéculer c’est imiter. C’est pourquoi une mode est structurellement vouée à éclipser toutes les autres. L’ensemble du marché s’organisera pour répondre à la demande supposée et contribuera, dès lors, à l’amplifier.

NOTES

(1) J.M. Keynes, « The general theory of employment », Quarterly Journal of Economics, vol. LI, 1937




l’interim en Allemagne

27 01 2010

Schleker est la première chaîne de drogueries en Europe (4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2008 et plus de 30.000 salariés), dont on trouve les enseignes dans bien des villes allemandes. Ces jours-ci Schlecker défraie la chronique non pour ce qu’elle vend mais pour des motifs tenant à la gestion de ses ressources humaines. Le comportement de cette entreprise est révélateur des conséquences de la déréglementation du marché du travail intervenue ces dernières années et des abus qu’elle provoque. En cela, on peut parler d’un « syndrome Schlecker ». Lire l’article




pour les terminales Chômage inflation préoccupations des français

27 01 2010

le chomage et l’inflation inquiètent les français

Le moral des consommateurs français s’est légèrement amélioré en janvier mais leur regain d’inquiétude sur le chômage et l’inflation pourrait peser sur leurs dépenses dans les mois à venir. L’indicateur résumé de l’opinion des ménages sur la situation économique s’est redressé d’un point, à – 29, le chiffre de décembre ayant été révisé à – 30, contre – 31 en première estimation, selon l’enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages publiée mercredi par l’Insee. Les économistes s’attendaient à une stabilisation du moral des ménages, dont le rebond amorcé à l’été 2008 s’était accéléré entre août et novembre 2009 avant de marquer le pas en fin d’année dernière.

“Les Français ont conscience qu’une première étape de la crise a été franchie, mais ils savent également que les mois qui viennent s’annoncent plutôt éprouvants”, observe Alexander Law, économiste au cabinet d’études Xerfi. Si la consommation des ménages a bien tenu en 2009, comme l’ont montré les chiffres publiés mardi sur les dépenses en produits manufacturés, les inquiétudes demeurent vives pour 2010, prévient-il. “Après avoir fortement progressé au quatrième trimestre 2009, avec le boom des achats automobiles porté par la prime à la casse, la consommation des ménages devrait enregistrer un contrecoup début 2010″, prévient Frédérique Cerisier, économiste chez BNP Paribas.

HANTISE DU CHÔMAGE

Si les ménages se montrent plus optimistes sur l’évolution de leur niveau de vie et un peu plus enclins à effectuer des achats importants, ils sont, en revanche, plus inquiets sur l’évolution de l’emploi et des prix. “Pour la première fois depuis juin, les ménages sont plus nombreux à anticiper une augmentation du chômage”, souligne l’Insee.

Le nombre de demandeurs d’emploi pour le mois de décembre 2009 doit être publié à 18 heures alors que Nicolas Sarkozy s’est voulu rassurant lundi soir sur TF1 en estimant que dans les semaines et les mois qui viennent le chômage reculerait en France. Le secrétaire d’Etat à l’emploi, Laurent Wauquiez, a pour sa part évoqué une “bonne” tendance en décembre sur le front du chômage. Ces indications sont toutefois intervenues après la période de conduite de l’enquête de conjoncture réalisée du 4 au 19 janvier auprès d’environ 2 000 ménages.

Les Français perçoivent aussi un léger regain d’inflation, le solde d’opinion sur l’inflation passé augmentant par rapport à décembre (+ 3 points) et les anticipations en matière d’inflation future se dégradant nettement (+ 5 points). “L’année dernière, les prix ont augmenté de 0,1 % seulement mais cette année nous attendons une progression, certes modeste, de 1,1 % qui retirera mécaniquement un point de pourcentage au pouvoir d’achat, de sorte que ce dernier pourrait baisser”, prévient Alexander Law….




directive des services

22 01 2010

suite du cours de ce matin ..l’emploi dans un cadre européen le retard de la France pour le  le passage de la directive des services dans le droit français

http://www.euractiv.fr/marche-interieur-entreprises/article/france-en-retard-transposition-directive-services-002397

Le délai donné par la Commission européenne aux Etats membres pour transposer la directive «services» dans le droit national est dépassé depuis le 27 décembre au soir. «Nous sommes en retard, comme la quasi-totalité des Etats membres», tempère une source officielle. Mais comparaison n’est pas raison. D’autant plus que la Commission européenne ne communique pas sur l’état des transpositions.

La France a choisi de transposer cette directive secteur par secteur, en utilisant tous les instruments juridiques à sa disposition: lois, décrets et arrêtés. D’où des dizaines, voire des centaines de textes. Les uns devront être approuvés par l’Assemblée nationale et le Sénat. Pour les autres, une décision gouvernementale suffira. Mais le calendrier est pour le moins flou.




Protégé : corrigé terminale sur le déversement

21 01 2010

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encore les retraites

21 01 2010

Du fait de la crise, la négociation sur les retraites des prochains mois s’annonce encore plus délicate que les précédentes : les comptes se sont dégradés mais dans un contexte de chômage de masse, repousser l’âge de départ à la retraite reviendrait surtout à diminuer encore le montant des pensions et aggraverait le chômage des jeunes. Il faudra donc bien, à terme, augmenter les cotisations…

Les retraites vont être un des grands sujets de l’année : lors de la dernière réforme, en 2003, rendez-vous avait en effet été pris pour 2010 afin de réajuster les dispositifs en fonction des évolutions constatées.

Dans un premier temps, le gouvernement avait même caressé l’idée d’une refonte complète. Il se serait agi de transformer le régime général, qui aujourd’hui accorde une pension au prorata des revenus touchés pendant les meilleures années de la carrière professionnelle, en un système par point, analogue à celui des régimes de retraite complémentaires, selon le modèle de la réforme des retraites suédoises décidée dans les années 1990 (1). Compte tenu de la dégradation de la situation économique et de l’ampleur des incertitudes qu’une telle révolution aurait suscitée, cette hypothèse semble désormais écartée.

 

la suite là




déterminants de l’investissement révisions

10 12 2009

Les déterminants de l’investissement productif

! Recherche à partir du site :  www.educnet.education.fr/insee/invest

! Cliquer sur « pourquoi »

Pour investir, les entrepreneurs examinent la situation économique dans deux directions :

- du côté ou encore de la demande et/ou

- du côté ou encore de l’offre.

a – Du côté de la demande :

1 – De quels éléments est composée la demande adressée aux entreprises ?

! Cliquer sur « consommation »

a1 – la consommation :

2 – Quelle a été l’influence de la consommation sur l’investissement depuis 1998 ? Justifiez

par la lecture des chiffres.

! Cliquer sur « 2000 ».

3 – Pourquoi la consommation entraîne-t-elle une hausse de l’investissement ? Répondez sous

forme d’un schéma d’implication.

! Cliquer sur « l’entreprise investit suite à une augmentation de la demande si ses

capacités de production sont saturées ».

4 – Comment obtient-on un taux d’utilisation des capacités de production ? Comment a-t-il

évolué ? Justifiez par des chiffres.

! Aller à l’adresse suivante :

www.educnet.education.fr/insee/pourquoi/tauxdemarge1.htm

5 – Si vous rapprochez ce graphique du taux d’investissement, à partir de quel pourcentage, le

taux d’utilisation des capacités de production pousse les entreprises à investir ? Notion de

goulot de production.

# Complétez la phrase suivante : On peut donc considérer qu’au-delà de

, les entreprises sont face à un et sont incitées à investir

c’est-à-dire à augmenter si la augmente.

! Revenir à la page précédente et se diriger vers « les exportations ».

a2 – Les exportations :

6 – Comment a-t-on obtenu « 11.8 % » en 1997 ? Insérez ce nombre dans une phrase.

7 – Rectifiez l’erreur de 2000, inscrivez le nouveau pourcentage sur votre feuille. Comparez

l’évolution en 1999 et 2000, que constatez-vous ?

! Cliquer sur « 2000 » puis promener la souris sur les liens en bleu.

8 – Comment s’explique cette forte hausse entre 1999 et 2000 ?

! Cliquer sur « la demande mondiale adressée à la France »

9 – Quels sont les partenaires commerciaux principaux de la France ? Insérez un pourcentage

dans une phrase. Quelles raisons pouvez-vous avancer pour justifier cette situation ?

10 – La demande étrangère a-t-elle augmenté ? En quoi une augmentation des exportations

constitue-t-elle un déterminant de l’investissement ? Expliquez par un schéma d’implication.

b – Du côté de l’offre :

! Cliquer sur « les variables financières »

11 – Si l’on examine ces variables, de quoi dépend le niveau d’investissement ?

! Cliquer sur « les profits réalisés »

12 – Rappelez ce qu’est le taux de marge.

13 – Rappelez ce qu’est l’EBE. Comment obtient-on le bénéfice qui permet à l’entreprise

d’investir ?

! Cliquer sur « graphique »,

« en savoir plus sur le taux de marge ».

14 – Comment a évolué le taux de marge des sociétés non financières et des entreprises

individuelles entre 1993 et 2000 ?

15 – Comment a évolué la part des salaires dans la VA ? Déduisez-en la part de l’Etat dans la

VA ?

Revenir au graphique « Taux de marge et taux d’investissement des entreprises »

16 – Trois périodes caractérisent l’évolution du taux de marge. Lesquelles ?

17 – Qu’est-ce le taux d’investissement ? Insérez le chiffre de 1999 dans une phrase.

18 – Réalisez « l’exercice en ligne » et notez votre score.

! Revenir au « rôle des variables financières ». Aller à « s’autofinancer »

19 – Rappel : D’où provient l’autofinancement ? Qu’est-ce que le taux d’autofinancement ?

20 – Que signifie le chiffre de 1999 ? Comment a évolué le taux d’autofinancement ?

21 – Quel est le lien entre taux de marge et taux d’autofinancement ?

! Revenir au « rôle des variables financières ».

Cliquer sur « le niveau des taux d’intérêt ».

22 – Les entreprises ont-elles continué d’emprunter ?

23 – Comment ont évolué les taux d’intérêt depuis 1986 ?

24 – Dès lors, les entreprises ont-elles intérêt à placer des capitaux sur les marchés financiers

? Notion de profitabilité.

13 – Cette tendance des taux d’intérêt est-elle favorable à l’investissement ?

! Cliquer sur « Questions ».

Complétez le schéma récapitulatif suivant en utilisant les notions étudiées.

L’investissement augmente si certaines conditions sont réunies comme …

Contraintes de demande Contraintes d’offre

Condition 1 Condition 1

Condition 2 Condition 2

! Cliquer sur « Quels effets ? » – Introduction à « investissement et croissance ».

Répondre aux questions posées puis au vrai / faux et justifiez votre réponse.

a) La hausse de l’investissement encourage la croissance économique.

b) Si l’investissement augmente, la demande augmente.

c) Si la demande augmente, l’investissement augmente.




du bon usage du tableau banc

7 12 2009

pour les tes de quoi reviser les déterminants de l’investissement




pour les terminales Les salariés ont de moins en moins de place pour travailler et s’en plaignent

6 12 2009
Les salariés ont de moins en moins de place pour travailler et s’en plaignent
 Le Monde Article paru dans l’édition du 03.12.09
L’immobilier est l’une des principales sources d’économie pour les entreprises
es difficultés économiques poussent les sociétés à réduire leurs coûts. Après les salaires, l’immobilier est le second poste de dépenses pour nombre d’entreprises du secteur des services. En 2008, un poste de travail coûtait en moyenne 9 980 euros par an, selon Investment Property Data. Les entreprises sont donc à la recherche de locaux moins coûteux tout en « optimisant les mètres carrés », ce qui se traduit parfois par une réduction de l’espace dévolu à chaque salarié. 

Dans ce contexte, l’hémorragie d’emplois de la capitale vers la périphérie se poursuit. Les 1 300 salariés de Prisma Presse, venus du 17e arrondissement de Paris et de Neuilly-sur-Seine, vont emménager à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). L’entreprise de restauration Sodexho regroupe sept de ses sites, soit 900 collaborateurs, en un seul, de 18 000 mètres carrés, à Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines). Le Crédit agricole est en train d’acheter un immeuble à Montrouge (Hauts-de-Seine) pour une partie de ses équipes actuellement basées à Paris-Montparnasse. Atos va réunir 8 000 salariés à Bezons (Val-d’Oise) et faire ainsi passer son loyer de 50 à 25 millions d’euros par an, sans compter une remise de deux ans de loyer.

Si les grandes entreprises ont besoin d’immeubles entiers pour réunir leurs employés et réaliser de substantielles économies, les PME commencent à suivre le mouvement. Selon une enquête de CB Richard Ellis, ce sont environ 20 000 emplois de PME et 3 500 de PMI, qui ont, chaque année, quitté la capitale entre 2005 et 2008, au profit des départements de la petite couronne, pour les PME, et de la grande, pour les PMI.

Une vraie souffrance

Pas sûr, cependant, que les salariés y trouvent leur compte. Un sondage d’Opinion Way pour le compte d’AOS Studley, conseil immobilier, réalisé, du 22 au 30 octobre, auprès de 1 100 salariés, révèle que 33 % d’entre eux trouvent leur bureau « motivant », 23 % « purement fonctionnel » et 44 % « inadéquat ». Les surfaces octroyées à chacun ne cessent de se réduire : un salarié occupe désormais, en tout, 20 mètres carrés, mais seulement 12 mètres carrés de surface de travail proprement dit (bureau, salle de réunion).

Ce ratio continue de diminuer, puisque dans les immeubles neufs les plus « efficaces », l’espace de travail est passé de 10 à 6 mètres carrés, voire 4 dans les bureaux dits partagés ou flexibles, comme, par exemple, les expérimentent, depuis février, les employés d’Atos Consulting au 15e étage de la tour Manhattan de la Défense. Seulement 80 places sont aménagées pour accueillir 100 salariés. « Du coup, les consultants travaillent chez eux, et une vraie souffrance s’installe, qui empirera lorsque nous déménagerons à Bezons, dans un site très mal desservi », insiste Sébastien Bollinger, délégué du personnel et secrétaire du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). L’étude commandée par celui-ci montre que le temps de transport moyen passera, à cette occasion, de quarante-trois à soixante-treize minutes, tandis que la direction l’évalue à cinquante-deux minutes. Pas étonnant que, pour les salariés, le bureau idéal soit « localisé près de chez eux, accessible » et « dans un bâtiment à taille humaine », selon l’enquête menée par Foncière des régions auprès de 750 d’entre eux, et qui montre aussi que 58 % préfèrent un bureau privé plutôt que l’espace ouvert.

« Nous sommes sans doute allés trop loin dans les économies et l’uniformisation. Il faut trouver des solutions mixtes, des espaces pour six à huit personnes à la fois, offrant du confort acoustique, de l’intimité avec un mobilier plus enveloppant, des rangements », reconnaît Pierre Bouchet, de Génie des Lieux, spécialiste de l’aménagement d’espace de travail. « Il y a certes des progrès, mais les dirigeants portent encore trop leur attention et leurs moyens sur les lieux de réception, les halls d’accueil, la salle du conseil ou le bureau du PDG, et pas assez sur les espaces de trav ail », plaide Odile Duchenne, directrice d’Actineo, observatoire de la qualité de vie au bureau.

Isabelle Rey-Lefebvre