Pour les terminales de l’importance de la culture et des institutions dans le processus de l’innovation

18 10 2011

Si Steve Jobs avait été italien, il serait devenu garagiste…

Chronique  Le Monde| 12.10.11 |

Si Steve Jobs avait été napolitain, Steve Jobs se serait appelé Stefano Lavori (qui veut dire « travaux », traduction de jobs en italien) et son ami Steve Wozniak, Stefano Vozzini (ce qui ne veut rien dire). Ainsi commence l’histoire édifiante, drôle et triste, postée sur Facebook par Antonio Menna au lendemain de la mort du fondateur d’Apple le 5 octobre. Comme leurs modèles américains, les deux garçons sont passionnés de technologie et s’enferment toute la journée dans un garage pour mettre au point un modèle d’ordinateur révolutionnaire. « Mais, ils se font traiter de tapettes car ils sont toujours ensemble », note Antonio Menna.

A Naples, il n’y a pas Mike Markkula, pour verser sans garantie 250 000 dollars afin de soutenir ce qui n’est encore qu’une idée. Lavori et Vozzini font le tour des banques : « Venez avec vos parents, nous ne faisons pas crédit à qui n’a rien. » Comme Jobs avait vendu son combi Volkswagen, les deux Stefano vendent leur scooter pour acheter les premières pièces afin d’assembler leur invention. Mais voilà qu’un voisin soupçonneux les dénonce aux policiers municipaux.

Ceux-ci déboulent dans le garage : « Votre activité est elle en règle ? Vos papiers. » Lavori et Vozzini ont beau expliquer qu’il s’agit d’un laboratoire, rien n’y fait. Pire, le garage n’est pas aux normes. Le lendemain ce sont les carabiniers qui débarquent. Puis les services financiers et, enfin, le comité d’hygiène et de sécurité : « Avec un pot-de-vin, on peut s’arranger. » Dociles, Stefano et Stefano vendent leur second scooter et leurs collections de bandes dessinées.

Mais les premières commandes arrivent. Il faut fonder une entreprise. Où trouver les capitaux ? Rendez-vous est pris avec un conseiller fiscal. « Votre idée est formidable, ragazzi ! On peut faire jouer les fonds de la région. Il va falloir aussi un peu d’argent pour « huiler » le système. J’ai un ami qui pourra nous aider en échange d’un petit cadeau. Quoi ? Vous n’avez même pas de quoi payer mes honoraires ? Mais vous vous croyez où ? »

Un « pizzo » pour la Camorra

Ils s’accrochent jusqu’à ce que, un matin, on sonne à la porte. C’est un représentant de la Camorra, la Mafia napolitaine : « On sait que vous êtes en train de faire  des sous. Alors il faudrait songer à donner  un petit quelque chose. » Tempêtes sous les crânes : s’ils payent le pizzo qu’on leur réclame, ils n’auront plus d’argent pour leur activité. S’ils ne donnent pas, le garage sera plastiqué. S’ils dénoncent la Mafia à la police, ils devront quitter la région pour toujours. Et s’ils ne le font pas, ils risquent la prison.

Le découragement les gagne. Les fonds régionaux ne sont jamais arrivés. Les taxes les ont ruinés. Un jour, le père de Stefano Lavori prend son fils à part : « Vide le garage et louons des box pour les voitures, ce sera mieux. » Depuis les deux Stefano sont gardiens de parking. « Le Apple de Naples ne verra jamais le jour, écrit Antonio Menna, car si tu nais dans au mauvais endroit, même en étant « affamé et fou » tu restes avec ta faim et ta folie. Rien de plus. »

Philippe Ridet (Rome, correspondant)

à retrouver là 




destruction créatrice JA Schumpeter …EDS

17 10 2011

un articleassez ancien d’Elie Cohen à retrouver là 

« L’impulsion fondamentale qui met en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d’organisation industrielle… un même processus de mutation industrielle révolutionne incessamment de l’intérieur la structure économique, en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs. Ce processus de destruction créatrice … » Capitalisme, socialisme et démocratie Payot 190 pp 116

 

En ces temps de krach de la « Nouvelle Economie » il est rafraîchissant de relire Schumpeter, économiste de l’innovation mais aussi des cycles, théoricien du capitalisme mais aussi analyste subtil des marchés imparfaits, praticien de l’économie mais aussi observateur inquiet du devenir des démocraties. Pour qui prend la peine de le lire encore, tout devient lumineux : les ressorts de la croissance comme ceux de son épuisement, le rôle de l’entrepreneur comme la montée de la grande organisation, les mécanismes atemporels du marché comme leur inscription dans une histoire et une géographie.

 

En critiquant le « circuit stationnaire » de Walras et en se donnant pour programme explicite la recherche des lois du changement, Schumpeter produit une théorie de la dynamique économique. C’est l’entrepreneur qui enclenche la dynamique de la « destruction créatrice » et met en branle le changement social. En état stationnaire, le profit est impossible, or l’entrepreneur est celui qui, par l’innovation, cherche le profit. Pour financer l’investissement, les banques prêtent à l’entrepreneur et créent à cet effet une monnaie gagée sur des résultats futurs. Ainsi le capital se forme, il est rémunéré par l’intérêt sur les emprunts. Au total le profit dégagé après paiements des intérêts est la rémunération du risque pris.

 

Schumpeter n’aurait guère été dépaysé par nos débats récents sur la « Nouvelle économie », il aurait vu dans le foisonnement technologique des réseaux, des mobiles, des bio-technologies une de ces grappes d’innovations qui sont à l’origine d’un changement de paradigme technique, source d’une nouvelle vague de gains de productivité et donc de croissance. Il aurait reconnu la figure familière de l’entrepreneur chez les jeunes gens pressés de l’internet, et chez les « venture capitalistes » les innovateurs financiers des temps nouveaux. Comme théoricien des cycles, il n’aurait guère adhéré aux discours sur la croissance continue sans retournements, ni crises . Comme théoricien de notre modernité, il aurait fait merveille. Dans les sociétés modernes, écrivait-il, la recherche du profit par l’innovation est limitée par la logique de la démocratie et contrée par les passions idéologiques. Rien n’est donc jamais acquis, ni l’économie ouverte, ni la responsabilité de l’entrepreneur, ni la bénévolence du pouvoir politique. Là aussi le mouvement anti-mondialisation sonne comme un rappel aux réalités. La contestation de l’ouverture économique au nom de la préservation des différences, la dénonciation des autorités de régulation qu’il s’agisse du FMI, de l’OMC, ou de l’Union Européenne au nom de la souveraineté, de la préservation de la planète ou de la défense des pauvres peut si l’on n’y prend garde réhabiliter le protectionnisme.

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un cours lui aussi ancien mais encore opérationnel

Les médias présentent journellement la compétition entre nations comme un problème de compétitivité. Les exemples allemand et japonais montrent que la qualité des produits, leur aspect novateur sont des éléments importants. Ce faisant, on introduit le rôle fondamental de la recherche pure, donnant naissance aux inventions, et de la mise sur le marché de ces produits, c’est à dire l’innovation.

Ainsi, on réaffirme l’actualité de l’analyse de J.A. Schumpeter (1883-1950). Cet économiste américain d’origine autrichienne, tout en étant libéral, emprunte à plusieurs écoles, ce qui en fait un “ inclassable ”. Sa pensée n’est pas réductrice : il intègre l’histoire économique et sociale, ainsi que des éléments sociologiques.

Ouvrages principaux : “ théorie de l’évolution économique ” (1912), “ business cycles ” (1939), “ capitalisme, socialisme et démocratie ” (1942), “ histoire de l’analyse économique ” (1954). Par rapport au libéralisme « standard », il s’intéresse à la croissance à long terme et réfute ainsi l’idée d’une tendance longue vers l’état stationnaire. Comme « hétérodoxe », il n’hésite pas à faire référence à Marx, et intègre dans ses travaux des études sociales et politiques.

 

I L’analyse schumpeterienne de la croissance.

(1) La théorie des cycles.

a) Principes.

La théorie de Schumpeter s’inscrit dans la même démarche que celle vulgarisée à partir des travaux de l’économiste soviétique Kondratiev. Ce dernier a tenté de démontrer l’existence de cycles longs du capitalisme (ondes longues / long waves). Un cycle se définit par l’enchaînement mécanique récurrent suivant : expansion / crise / dépression / reprise. On repère une phase d’expansion à l’accroissement durable de la production ou des prix (et inversement). La durée moyenne de tels cycles serait de 50 ans. Ils seraient récurrents, d’où le nom de cycles. Cela donnerait au capitalisme un caractère non stationnaire (remise en cause de la thèse libérale), et non déterminé (remise en cause de la thèse marxiste). Sous forme de schéma :

b) L’apport de Schumpeter.

Schumpeter lui-même a des difficultés à faire apparaître clairement ces cycles ; la lecture de « capitalisme, socialisme et démocratie »(1942) indique qu’il reconnaît les cycles suivants :
Note de lecture : selon Schumpeter, une crise majeure a eu lieu en 1857, mettant fin à une phase d’expansion longue commencée entre 1840 et 1850 ; la dépression dura selon lui jusqu’en 1897.
Les auteurs contemporains cherchent à leur tour à mettre en évidence des « cycles » d’inventions et d’innovations qui pourraient « coller » au schéma schumpeterien. Ainsi, l’Expansion, dans un numéro fameux de 1983, sous la plume de Ph. Lefournier, proposait le diagramme suivant :

source : Philippe Lefournier, « la fin d’un monde », dans deux siècles de révolution industrielle, Hachette-L’Expansion 1983

Note de lecture : on comptait 17 innovations fondamentales vers 1890, et 8 inventions fondamentales vers 1900.

Le graphique montre évidemment des cycles, caractérisés par des «pics», comme par exemple en 1890, pour les innovations. On compte environ 50 ans entre ces sommets, ce qui confirmerait la périodicité de Kondratiev/Schumpeter.

On peut, avec certaines précautions, admettre l’existence d’un lien entre l’innovation et le rythme de la croissance. Tout se passe comme si les inventions atteignaient leur maximum au cours des phases de dépression. Préparées durant la phase B du cycle, elles suscitent alors une nouvelle phase d’expansion. Ce lien a été désigné par certains auteurs comme une révolution technologique* = innovation exerçant des effets d’entraînement si importants qu’elle remodèle l’ensemble du système productif, l’organisation du travail, les rapports sociaux et les modèles socioculturels. Ch. Stoffaës distingue cinq «révolutions industrielles».

périodes 1789-1849 1849-1896 1896-1945 1945-1995 1995-2025
cycles du … textile-charbon sidérurgie-chemins de fer automobile-électricité pétrole, chimie, aéronautique informatique, bio-technologies

Remarquons encore une fois que les périodes mises en évidence changent au gré des auteurs …

 

(2) La dynamique du capitalisme selon Schumpeter : la « destruction créatrice ».

La destruction créatrice est, selon Schumpeter, le processus par lequel des entreprises nouvelles, fondées sur des innovations, se substituent à des entreprises vieillies et routinières, ce qui provoque une disparition des firmes et branches anciennes, donc une « destruction », mais aussi l’apparition de nouveaux secteurs porteurs, la « création ».
Elle a des effets ambivalents :

- elle a des effets dépressifs : la concurrence accrue pour les entreprises vieillies conduisant aux restructurations, au désinvestissement, au chômage.

- mais elle a également des effets expansifs : investissements forts et créations d’emplois dans les activités nouvelles, développement économique grâce à l’élévation du niveau de vie.

Démonstration :

· phase d’expansion :

en phase d’expansion, les innovations majeures permettent à ceux qui les maîtrisent de disposer d’un monopole temporaire => superprofits dans la branche innovante => attraction d’investisseurs attirés par ces profits => effets d’entraînement amont-aval ( plus de commandes aux autres secteurs, par exemple) => plus d’investissements => accélération croissance économique => créations d’emplois, surchauffe (la demande est trop forte hausse prix, hausse TXI car trop d’investissements à financer) => dégradation de la rentabilité des activités nouvelles.

· Phase de dépression:

saturation marché des innovations + destruction des activités anciennes => baisse des profits dans les secteurs innovants, restructurations dans les secteurs vieillis => désinvestissements, licenciements, restructurations => recul de l’activité => baisse Demande => dégradation de la conjoncture, baisse prix, baisse des TXI => capitaux disponibles pour financer les prochaines innovations (on retrouve le constat empirique du § précédent, à savoir la montée des inventions durant la phase B).

(3) Le problème de la discontinuité des innovations.

Pour Schumpeter, les innovations n’apparaissent pas de manière continue, mais en « grappes ». Une grappe d’innovations : apparition dans un cours laps de temps d’un ensemble d’innovations complémentaires, exerçant un effet d’entraînement sur l’économie. Exemple : fin XIX ème siècle, le moteur à explosion, l’industrie pétrolière, le macadam, etc … Cette simultanéité résulte des effets d’entraînement que les entrepreneurs exercent les uns sur les autres. Elle est indispensable pour créer des déséquilibres dans l’économie, amenant de nouveaux ajustements. Si les innovations apparaissaient de manière continue, leurs effets seraient absorbés par le système, donc très atténués.  Si les innovations apparaissent en grappes, elles provoquent l’apparition de goulets d’étranglement nécessitant de remodeler le système technique. De plus, leur impact sur l’investissement devient suffisamment fort pour permettre aux entrepreneurs de réaliser des super-profits et concurrencer des branches anciennes, précipitant leur destruction et, partant, le remodelage de l’économie. Au contraire, une innovation à rythme continu s’apparenterait à une innovation incrémentale, qui, par exemple, ne bouleverse qu’à la marge les comportements, et n’engendre pas un renouvellement des techniques productives. Exemple : four à micro-ondes.

On peut mettre en avant une explication « sociologique » de cette discontinuité : on retrouve la conception de Schumpeter selon laquelle les entrepreneurs forment une élite, capable de faire preuve de suffisamment de force de caractère pour vaincre la routine. Il leur faut donc d’abord briser des obstacles, vaincre des résistances inutiles avant de pouvoir imposer leurs idées (cf. Marcel Dassault et le Mirage I voulu par l’Armée de l’Air, absurdité technique, et M. Dassault imposant tout seul son concept de Mirage III, réussite absolue).

De même, il existe aussi une explication technique : même celui qui a des idées nouvelles ne peut pas toujours les mettre en pratique si le reste du système technique n’atteint pas un niveau suffisant : la vapeur sous l’antiquité, le fardier de Cugnot, la voiture à explosion de Lenoir … Ainsi, l’apparition d’innovations viables n’est possible que lorsque le système technique s’est ajusté, c’est à dire à la suite de la mise en place d’un ensemble de techniques interdépendantes et complémentaires.

II L’analyse schumpeterienne de l’innovation.

(1) Une sociologie de l’entrepreneur.

Schumpeter essaye de magnifier le rôle de l’entrepreneur. Il le définit comme celui qui a assez de force pour introduire une innovation dans l’économie. Ex: Ford ou Citroën introduisant le travail à la chaîne. Malheureusement, l’immense majorité des dirigeants de firmes ne sont que des gestionnaires : comptables, financiers, ingénieurs de production. Ils ne font qu’appliquer de manière routinière des techniques apprises. Au total, Schumpeter montre que l’entrepreneur est un être isolé qui doit lutter contre le goût pour la routine et la tendance au bureaucratisme. Ces êtres, peu nombreux, capables de parvenir à leurs fins, forment ainsi une sorte d’élite (thèse de 1912).

(2) Sa conception de l’innovation.
Pour Schumpeter, une innovation va bien au delà du simple aspect technique. Il distingue en effet cinq types d’innovations :

- procédés de fabrication nouveaux

- innovations de produits

- innovations dans l’organisation

- innovations de marchés

- innovations dans les sources d’approvisionnement.

Exemples : voici quelques faits contemporains, correspondent-t-ils à des innovations au sens de Schumpeter ?

OUI NON Justification
mise sur le marché du DVD X nouveau produit
mise en évidence du génome humain X invention pas encore commercialisée
tunnel sous la Manche. X nouveau produit
maïs transgénique X nouveau produit
exploration de Mars par un robot X sciences pures
nouveau packaging pour Pepsi-Cola X c’est une innovation « incrémentale »

 

(3) Une vision critique de la concurrence.

Schumpeter est réservé sur la Concurrence Pure et Parfaite(CPP). En effet, il sait que l’innovation est certes le moteur de la croissance, mais c’est en même temps un acte risqué. Pour accepter cette prise de risque, l’innovateur doit pouvoir compter sur du temps pour imposer ses idées, ce qui va à l’encontre d’une concurrence trop forte. Il doit être « rassuré » en pouvant compter sur un certain flux de recettes lui permettant de rentabiliser sa « mise de fond » initiale. C’est dans ces conditions que Schumpeter est un défenseur de la concurrence monopolistique et des oligopoles. Ceux-ci permettent d’éviter une concurrence « sauvage » et une lutte trop dure portant uniquement sur les prix et les coûts de production.

Pourquoi ? Ces formes de marché  non ou moins concurrentielles permettent de réaliser des superprofits. Ceux-ci permettent aux firmes innovatrices de bénéficier de rentes de situation (vendent à un prix supérieur à celui qui prévaudrait en CPP ; exemples contemporains : Microsoft avec Windows, la SNCF pour le TGV …). Elles dégagent alors des capitaux pour financer leurs investissements, ce dont bénéficie alors l’ensemble de l’économie.

Mais ce tableau n’est pas idéal : quand la concurrence est insuffisante, on observe

- une hausse des prix défavorables aux consommateurs (cf. le pseudo marché français de la téléphonie mobile)

- risque de sclérose des entreprises avec le développement du bureaucratisme, freinant à terme la capacité d’innovation (IBM au début des années 1980 : la firme crée le PC, concept qui va lui échapper par manque de réactivité et erreurs stratégiques, à cause de sa « culture » de vente de gros systèmes à des clients plus ou moins captifs).

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et pour les élèves suivant l’enseignement de spécialité un cours ..qui leur permettra de faire les exercices sur ce chapitre d’EDS

 

 




déterminants de l’investissement révisions

10 12 2009

Les déterminants de l’investissement productif

! Recherche à partir du site :  www.educnet.education.fr/insee/invest

! Cliquer sur « pourquoi »

Pour investir, les entrepreneurs examinent la situation économique dans deux directions :

- du côté ou encore de la demande et/ou

- du côté ou encore de l’offre.

a – Du côté de la demande :

1 – De quels éléments est composée la demande adressée aux entreprises ?

! Cliquer sur « consommation »

a1 – la consommation :

2 – Quelle a été l’influence de la consommation sur l’investissement depuis 1998 ? Justifiez

par la lecture des chiffres.

! Cliquer sur « 2000 ».

3 – Pourquoi la consommation entraîne-t-elle une hausse de l’investissement ? Répondez sous

forme d’un schéma d’implication.

! Cliquer sur « l’entreprise investit suite à une augmentation de la demande si ses

capacités de production sont saturées ».

4 – Comment obtient-on un taux d’utilisation des capacités de production ? Comment a-t-il

évolué ? Justifiez par des chiffres.

! Aller à l’adresse suivante :

www.educnet.education.fr/insee/pourquoi/tauxdemarge1.htm

5 – Si vous rapprochez ce graphique du taux d’investissement, à partir de quel pourcentage, le

taux d’utilisation des capacités de production pousse les entreprises à investir ? Notion de

goulot de production.

# Complétez la phrase suivante : On peut donc considérer qu’au-delà de

, les entreprises sont face à un et sont incitées à investir

c’est-à-dire à augmenter si la augmente.

! Revenir à la page précédente et se diriger vers « les exportations ».

a2 – Les exportations :

6 – Comment a-t-on obtenu « 11.8 % » en 1997 ? Insérez ce nombre dans une phrase.

7 – Rectifiez l’erreur de 2000, inscrivez le nouveau pourcentage sur votre feuille. Comparez

l’évolution en 1999 et 2000, que constatez-vous ?

! Cliquer sur « 2000 » puis promener la souris sur les liens en bleu.

8 – Comment s’explique cette forte hausse entre 1999 et 2000 ?

! Cliquer sur « la demande mondiale adressée à la France »

9 – Quels sont les partenaires commerciaux principaux de la France ? Insérez un pourcentage

dans une phrase. Quelles raisons pouvez-vous avancer pour justifier cette situation ?

10 – La demande étrangère a-t-elle augmenté ? En quoi une augmentation des exportations

constitue-t-elle un déterminant de l’investissement ? Expliquez par un schéma d’implication.

b – Du côté de l’offre :

! Cliquer sur « les variables financières »

11 – Si l’on examine ces variables, de quoi dépend le niveau d’investissement ?

! Cliquer sur « les profits réalisés »

12 – Rappelez ce qu’est le taux de marge.

13 – Rappelez ce qu’est l’EBE. Comment obtient-on le bénéfice qui permet à l’entreprise

d’investir ?

! Cliquer sur « graphique »,

« en savoir plus sur le taux de marge ».

14 – Comment a évolué le taux de marge des sociétés non financières et des entreprises

individuelles entre 1993 et 2000 ?

15 – Comment a évolué la part des salaires dans la VA ? Déduisez-en la part de l’Etat dans la

VA ?

Revenir au graphique « Taux de marge et taux d’investissement des entreprises »

16 – Trois périodes caractérisent l’évolution du taux de marge. Lesquelles ?

17 – Qu’est-ce le taux d’investissement ? Insérez le chiffre de 1999 dans une phrase.

18 – Réalisez « l’exercice en ligne » et notez votre score.

! Revenir au « rôle des variables financières ». Aller à « s’autofinancer »

19 – Rappel : D’où provient l’autofinancement ? Qu’est-ce que le taux d’autofinancement ?

20 – Que signifie le chiffre de 1999 ? Comment a évolué le taux d’autofinancement ?

21 – Quel est le lien entre taux de marge et taux d’autofinancement ?

! Revenir au « rôle des variables financières ».

Cliquer sur « le niveau des taux d’intérêt ».

22 – Les entreprises ont-elles continué d’emprunter ?

23 – Comment ont évolué les taux d’intérêt depuis 1986 ?

24 – Dès lors, les entreprises ont-elles intérêt à placer des capitaux sur les marchés financiers

? Notion de profitabilité.

13 – Cette tendance des taux d’intérêt est-elle favorable à l’investissement ?

! Cliquer sur « Questions ».

Complétez le schéma récapitulatif suivant en utilisant les notions étudiées.

L’investissement augmente si certaines conditions sont réunies comme …

Contraintes de demande Contraintes d’offre

Condition 1 Condition 1

Condition 2 Condition 2

! Cliquer sur « Quels effets ? » – Introduction à « investissement et croissance ».

Répondre aux questions posées puis au vrai / faux et justifiez votre réponse.

a) La hausse de l’investissement encourage la croissance économique.

b) Si l’investissement augmente, la demande augmente.

c) Si la demande augmente, l’investissement augmente.




du bon usage du tableau banc

7 12 2009

pour les tes de quoi reviser les déterminants de l’investissement




Pour les terminales ES la relance version Keynes

21 10 2009

suite du cours ..et un clin d’oeil à  JPD…voila article en entier et le lien là

Tout comme il y a un rêve libéral d’une société harmonieuse dans la concurrence, il y a un rêve keynésien d’une politique de relance permettant d’éviter les crises et qui, en plus, ne creuse pas les déficits. Ce rêve repose sur un effet un peu magique, l’effet dit “multiplicateur” de la dépense publique. Grâce à cet effet, 1 € de dépense publique permet une hausse du PIB de plus de 1 €.

Pourquoi cela ? Parce que l’argent reçu est à son tour dépensé. Lorsque l’Etat investit dans des grands projets, il permet à des entreprises d’embaucher des travailleurs qui reçoivent un salaire. Ces personnes dépensent à leur tour leur salaire, ce qui stimule l’activité économique (ainsi que cela est bien connu depuis les “villes champignons” qui poussaient autour des chantiers de construction des lignes de chemin de fer, je sais que c’est vrai, je l’ai lu dans Lucky Luke).

Pour poursuivre avec la métaphore du chantier, les commerçants et restaurateurs qui bénéficient de ces revenus accrus vont à se tour dépenser cet argent. Par exemple, ils vont à leur tour embaucher pour faire face à l’afflux de la demande. Ils vont acheter de nouveaux produits à leurs fournisseurs, et les entrepreneurs dont les revenus augmentent pourront acheter plus de biens de consommation (une nouvelle voiture, une télévision à écran plat, etc.).

Ces flux de dépenses s’additionnent les uns aux autres. C’est pour cela que, même si une partie de l’argent reçu par chacun est épargné, il y a, au final, un effet plus grand sur l’activité que l’impulsion qui a été initialement donnée par le gouvernement.

Si l’effet multiplicateur est suffisamment fort, on entre dans le rêve keynésien : non seulement l’économie est relancée, le chômage est évité, et le dirigeant politique jouit d’une popularité qui lui assure un sommeil paisible. Mais, cerise sur le gâteau, la relance ne coûte rien : le surcroît d’activité est tellement fort qu’il permet d’accroître les recettes de l’Etat à hauteur de ce qui a été dépensé initialement. Il ne faut en effet pas oublier que l’Etat perçoit des recettes à chaque nouveau tour de dépenses, ne serait-ce que, dans le cas des biens de consommation, grâce à la TVA. Mais les revenus de l’Etat augmentent également à proportion des hausses de revenus des ménages (hausse des rentrées de l’impôt sur le revenu) et des entreprises (hausse des recettes de l’impôt sur les sociétés).

Tout dépend finalement de l’ampleur de l’effet multiplicateur. Et c’est là que ça se gâte. Comme le démontre Olivier Bouba-Olga, le multiplicateur n’est pas très élevé en France : il n’atteint que 1,23. Pour 1 € dépensé par l’Etat, le PIB augmente de 1,23 €. C’est certes plus que 1, mais ce n’est pas beaucoup plus. C’est en tous cas très insuffisant pour permettre à la relance de s’auto-financer.

La relance va donc creuser le déficit, ce qui ne manquera pas d’alimenter plus tard les critiques à l’égard de l’Etat dépensier qui creuse les déficits, et on nous fera encore une fois pleurer sur les pauvres petits enfants français qui naissent endettés (alors qu’ils naissent riches, puisqu’ils ont à leur disposition, gratuitement, du fait du travail des générations passées, non seulement des institutions qui garantissent la paix et la justice, mais aussi des écoles, des hôpitaux avec des médecins dedans, des routes, et une montagne de capital productif accumulé dans les entreprises).

Par ailleurs, comme le montre mon voisin de bureau Arnaud Parienty, les dépenses engagées par le gouvernement français dans le cadre de son plan de relance sont très insuffisantes pour lutter contre la récession actuelle et éviter la hausse du chômage.

Pourquoi le multiplicateur n’est-il pas plus fort ? Comme l’indique Olivier Bouba-Olga, à cause de trois fuites :

- les consommateurs ne dépensent que 80% de leur revenu, et non pas 100%

- le revenu des consommateurs est ponctionné par les taxes à hauteur de 45%

- une part de l’argent dépensé profite à des producteurs étrangers de biens et services

Ces trois fuites nous indiquent comment on pourrait accroître le multiplicateur.

D’abord en notant que plus un ménage est pauvre, plus son taux d’épargne est faible (dans le jargon, on dit que sa “propension à consommer” est élevée). Il y a ici une justification en faveur de politiques fiscales redistribuant les revenus vers les plus pauvres, ainsi qu’en faveur d’une hausse des minima sociaux, puisque les personnes recevant ces revenus en dépensent la quasi-totalité.

Ensuite en baissant les impôts. C’est ce qu’a fait Bush avec son chèque de 1200$ aux ménages américains, et c’est ce que se propose de faire Obama. (A mon sens, la priorité n’est pas tant de diminuer les impôts sur les classes moyennes que de les accroître sur les personnes aisées et de redistribuer vers les plus modestes. Toute la question est évidemment de savoir où l’on met la barre permettant de définir ce que sont les personnes aisées.)

Enfin, on voit que plus un pays est ouvert, plus une part important de l’argent dépensé par l’Etat de ce pays profite non pas à ses producteurs, mais à des producteurs étrangers. C’est notamment à cause de cette fuite que la politique de relance de la gauche en 1981, même si elle n’a pas échoué à relancer l’activité comme on le répète trop souvent, a été problématique parce qu’elle a creusé le déficit commercial, les consommateurs français se tournant vers les produits allemands de meilleure qualité. (On se rappelle de la blague de Coluche à l’époque : “Comment reconnaître un produit français ? C’est facile, c’est le plus cher” – je cite de mémoire).

A l’inverse, un pays peu ouvert souffre moins de cette perte. Ce pays existe, il s’appelle l’Europe. Si tous les pays européens stimulent simultanément leur activité, certes des consommateurs français vont acheter plus de biens allemands ou espagnols, mais à leur tour les Anglais et les Italiens vont acheter plus de biens français. L’effet multiplicateur au niveau européen sera plus fort, et donc également au niveau de chaque pays. C’est pour cela que tous les regards se tournent vers l’Allemagne.

Autrement dit, si l’Europe fonctionnait et se coordonnait, on se rapprocherait un peu du rêve keynésien évanoui en Europe depuis “l’échec” de la relance Mauroy de 1982. Certes on ne serait pas dans la félicité keynésienne où la rareté et les crises sont abolies, mais on en serait un peu moins loin. C’est pourquoi les keynésiens (il paraît qu’il y en a à Alternatives Economiques) soutiennent la construction européenne.

Sinon, il reste évidemment l’alternative protectionnisme. En un sens, un keynésien est protectionniste, afin de maximiser l’effet multiplicateur de la dépense publique nationale. (Je dois dire que cette mesure ne me semble pas souhaitable, sauf au cas par cas pour sauvegarder certains secteurs : il est important de préserver le libre-échange entre pays européens, afin de préserver la construction européenne. Mais cela est discutable)

Au final, on retiendra que le cocktail idéal pour un effet multiplicateur maximal, c’est donc :
- la baisse des taxes ;
- des mesures qui accroissent les revenus des plus modestes ;
- et la coordination au niveau européen (ou le protectionnisme).




Protégé : sous pdf tableau schema sur la décision d’investir

16 10 2008

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