le diplome ‘arme des faibles ‘?

23 10 2010

thème  du rapport entre études et emploi

ce qui donne le titre a cet article est cet article là :

http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article72&PHPSESSID=b08ed2bcc9a18fc1e046872c0bfeae90

Le livre est publié dans la collection dirigée par J.P. Terrail aux éditions La Dispute. Il se situe dans un courant qui insiste sur l’importance du rapport aux savoirs des élèves et notamment dans l’accès à la culture écrite (Terrail, Rochex et Bautier sont souvent cités dans le livre). Il insiste sur l’importance de l’école pour les élèves qui n’ont que l’école pour accéder aux savoirs. Il rappelle aussi (page 76) que de nombreux travaux sociologiques remettent en cause le thème de la « démission parentale » qui est pourtant un élément important du sens commun des enseignants.

Poullaouec remet en cause la thèse du « handicap socio-culturel » et il rappelle que cette thèse « disculpe par avance l’institution scolaire de toute responsabilité dans la genèse des inégalités scolaires » (p. 87). Il lui oppose cette citation de P. Bourdieu « En omettant de donner à tous, par une éducation méthodique, ce que certains doivent à leur milieu familial, l’école sanctionne donc des inégalités qu’elle seule pourrait réduire ».

Le livre souligne aussi l’importance de l’enseignement secondaire en ce qui concerne la réussite ultérieure. En ce sens on peut dire que si l’enseignement secondaire n’est pas une propédeutique à l’enseignement supérieur, il aggrave les inégalités sociales :

« Une fois à l’université, la réussite des bacheliers ne dépend plus que de la qualité de leurs parcours antérieurs : si beaucoup d’étudiants d’origine ouvrière échouent en premier cycle universitaire, c’est avant tout parce que leur scolarité dans le secondaire ne leur a pas permis d’obtenir un bac général dans de bonnes conditions » (p. 55)
Ce livre prend donc à contrepied les critiques post-modernes ou « artistes » de l’école. Ces critiques qui dénoncent les savoirs, les apprentissages méthodiques, les disciplines scolaires. Et ce livre rappelle opportunément que pour les faibles (c’est-à-dire les victimes de la domination économique, sociale et culturelle) l’école est ou pourrait être, une composante de l’émancipation. A condition qu’elle se consacre à sa mission, conduire les élèves à réaliser des apprentissages, à s’approprier des savoirs.

d’autres articles sur ce thème  du rapport entre études et emploi

un article important d’INSEE première  en format pdf là …>

Diplômes et emploi IP1313 oct 2010 (2)

et enfin cet article  de Daniel Martinelli, Corinne Prost, division Emploi, Insee   Le domaine d’études est déterminantpour les débuts de carrière

Résumé

Le devenir professionnel des jeunes est lié à leur niveau de diplôme mais dépend aussi beaucoup de leur spécialité de formation. Ainsi, les jeunes titulaires de CAP et de BEP de la production s’insèrent mieux que certains diplômés du supérieur. De même, les titulaires de DUT-BTS industriels ont souvent des débuts de carrière plus favorables que les titulaires de masters en lettres et sciences humaines. Pour les niveaux de diplôme allant des CAP-BEP aux DUT-BTS, les spécialités des services débouchent souvent sur des segments saturés du marché du travail, alors que les formations en mécanique, électricité ou informatique sont très prisées par les entreprises.

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EXTRAITS :

Le diplôme reste une protection forte contre le chômage

En moyenne, sur la période 2003 – 2009, les titulaires d’un doctorat de santé ayant terminé leurs études depuis moins de onze ans, ont un taux de chômage moyen de 2 % (tableau). Leur salaire net mensuel médian est supérieur à 2 500 euros (toutes primes comprises en euros 2009). À l’autre extrémité, se trouvent les jeunes les plus pénalisés, ceux qui n’ont aucun diplôme. 23 % d’entre eux ne sont pas présents sur le marché du travail. 31 % des jeunes actifs sans diplôme sont au chômage et le salaire médian de ceux qui travaillent est proche de 1 100 euros. Ces situations illustrent le rôle protecteur que joue le diplôme face au chômage.

Certains masters conduisent au même taux de chômage qu’un Bac professionnel

« Certains diplômés du supérieur ont des taux de chômage plus élevés (entre 9 et 15 %), comparables à ceux des bacheliers professionnels. Toutefois, ces diplômés du supérieur occupent des emplois relativement qualifiés. Il s’agit des diplômés des IUT et des STS de commerce, communication, hôtellerie et tourisme, des titulaires de licences en sciences humaines et sociales, de licences tertiaires et de masters en lettres, sciences humaines, communication et services aux personnes. Parmi ces titulaires de masters, le tiers des diplômés en sociologie, psychologie et arts occupent des emplois à temps partiel et, parmi eux, près de 40 % souhaiteraient travailler davantage. Les titulaires de Deug en lettres et sciences humaines ont pour leur part des débuts mitigés. Avec un salaire médian de 1 300 euros et un taux de chômage de 15 %, leur situation est  comparable à celle des titulaires de CAP ou BEP de la production. »

Secteurs porteurs

Le taux de chômage des diplômés des écoles d’ingénieurs et de commerce et des docteurs en sciences est faible (entre 4 et 7 %) tandis que leur salaire médian est supérieur à 2 300 euros.

« Pour leur part, les diplômés des écoles de commerce ont une formation plus généraliste mais des débuts de carrière tout aussi favorables. Ils accèdent à des emplois de cadres dans des secteurs très variés. Ces diplômés travaillent notamment dans l’industrie (21 %), le commerce (19 %), les activités financières ou immobilières (21 %) et dans le conseil et l’assistance aux entreprises (22 %). » Leur salaire médian est de 2570 euros en 2009.

Source : http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1313/ip1313.xls le tableau est ci-dessous …

Les titulaires de CAP, BEP et bac pro de la production ont souvent un devenir plus favorable que ceux des services

 
                 
Indicateurs

 

Diplôme et spécialité de formation

Part

des femmes parmi les actifs (en %)

Situation vis à vis de l’emploi

       
      Taux de chômage BIT

(en %)

Part d’emplois à temps partiel

(en %)

Part des cadres

(en %)

Part des professions intermédiaires*

(en %)

Salaire médian* (en euros 2009)

Non diplômés, CEP, brevet des collèges*

37

31

19

1

10

1130

 
CAP, BEP et équivalents

- Agriculture, pêche, forêt, espaces verts

20

13

11

1

6

1 220

 
  - Agro-alimentaire, cuisine

17

14

9

0

5

1 240

 
  - Génie civil, construction, bois

2

15

2

1

5

1 280

 
  - Textile, habillement, cuir

58

27

19

.

3

1080

 
  - Mécanique

2

14

4

0

9

1 290

 
  - Electricité, électronique

3

15

6

1

13

1 300

 
  - Autres spécialités de la production

14

15

8

1

11

1 320

 
  - Commerce, vente

70

24

30

1

7

1060

 
  - Finances, comptabilité, gestion

55

23

22

0

9

1140

 
  - Secrétariat, communication

85

25

28

1

13

1100

 
  - Accueil, hôtellerie, tourisme

64

23

25

1

11

1100

 
  - Coiffure, esthétique

92

20

24

0

3

1040

 
  - Autres spécialités des services

81

17

27

0

10

1150

 
  - Ensemble CAP, BEP et équivalent

37

18

14

1

8

1200

 
Diplôme paramédical et social de niveau CAP-BEP (notamment aides-soignantes)

93

6

15

0

2

1350

 
Bac général*

  55

13

18

9

28

1290

 
Bac technologique*

55

13

17

2

22

1250

 
Bac professionnel et équivalents

- Agriculture, pêche, forêt, espaces verts

22

6

9

1

9

1190

 
  - Agro-alimentaire, cuisine

20

8

4

1

14

1320

 
  - Génie civil, construction, bois

6

5

2

2

14

1370

 
  - Mécanique

2

7

2

1

23

1400

 
  - Electricité, électronique

2

9

2

2

30

1410

 
  - Autres spécialités de la production

7

5

1

1

23

1440

 
  - Commerce, vente

61

15

21

3

20

1140

 
  - Finances, comptabilité, gestion

66

14

20

1

15

1200

 
  - Secrétariat, communication

87

20

23

2

16

1170

 
  - Accueil, hôtellerie, tourisme

55

12

21

1

24

1170

 
  - Coiffure, esthétique

92

8

15

0

5

1100

 
  - Autres spécialités des services

70

10

20

2

45

1210

 
  - Ensemble bac professionnel

39

11

11

1

20

1270

 
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le stress, au travail une suite d’articles de ce jour dans le Monde

18 02 2010

Un rapport remis, mercredi 17 février, à François Fillon souligne la responsabilité des dirigeants d’entreprise face au stress des salariés et préconise de modifier à la marge leur mode de rémunération en intégrant la prise en compte de la santé de ces derniers. Le même document propose aussi de réformer l’enseignement dans les écoles de commerce et d’ingénieurs, où la formation dans ce domaine « est extrêmement pauvre », a déploré l’un des auteurs du rapport, Muriel Pénicaud, directrice générale des ressources humaines chez Danone.

« La responsabilité sociale des entreprises est d’abord celle de ses dirigeants », a souligné le premier ministre lors d’un point presse à Matignon, promettant que ce rapport serait débattu au sein du Conseil d’orientation sur les conditions de travail afin de contribuer au plan santé travail 2010-2014, qui doit être adopté en mars.

Parmi ses principales préconisations, le texte suggère que « la performance économique » ne soit plus le seul critère d’attribution de la rémunération variable des dirigeants. « La performance sociale doit aussi être prise en compte, incluant notamment des indicateurs de santé, de sécurité et de conditions de travail », soulignent ses auteurs. Le document préconise aussi que les conseils d’administration des entreprises se penchent annuellement sur cette question lors d’un rendez-vous consacré à la santé de leurs salariés.
 

UN « PROBLÈME DE MANAGEMENT »

« Le problème de santé n’est pas un problème de la médecine du travail, c’est un problème de management », a insisté l’un des auteurs du rapport, Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electric. Le troisième membre de la mission, le vice-président du conseil économique, social et environnemental Christian Larose, a jugé « consternant » l’accueil que leur ont réservé les organisations patronales. Au sein de celles-ci, « on ne veut pas bouger sur ces sujets, et on trouve toutes les raisons du monde pour dire que la question de la santé au travail n’est qu’une mode », a-t-il déploré.

Alors qu’une série de suicides a récemment remis la souffrance des salariés au cœur de l’actualité, notamment à France Télécom, le gouvernement s’apprête à mettre en ligne sur Internet des listes des entreprises de plus de 1 000 salariés classées en trois catégories, en fonction de leurs efforts dans la prévention du stress.

_________________________________________________________________________

Après une série de suicides à France Télécom, le ministre du travail, Xavier Darcos, avait lancé, en octobre 2008, un plan national d’urgence pour la prévention du stress professionnel incitant les quelque 1 500 entreprises françaises de plus de 1 000 salariés à engager avant le 1er février des négociations ou des démarches sur le stress au travail.

Le ministère a donc mis en ligne, jeudi 18 février, sur le site consacré à « la santé et la sécurité au travail » Travailler-mieux.gouv.fr, les listes des entreprises classées en fonction de leurs efforts dans la prise en charge du stress.

Les entreprises se répartissent entre trois catégories : « vert » (celles qui ont déclaré avoir signé un accord de fond ou de méthode), « orange » (celles qui ont engagé une ou plusieurs réunions de négociations ou de discussions) et « rouge » (celles qui n’ont rien entrepris ou n’ont pas répondu au questionnaire soumis par le ministère). Les deux premières catégories comptent 900 entreprises (respectivement 55 % et 33 %), 600 n’ont pas répondu et sont automatiquement classées dans « rouge ».

Dans la catégorie « orange », la plus mystérieuse, se situent France Télécom, Décathlon, Sony France, Mars Chocolat, ou encore Sephora.

Pour Jenny Urbina, déléguée générale CGT chez Sephora, la couleur orange n’est due qu’à l’urgence dans laquelle s’est retrouvée la direction. Selon elle, il n’était pas possible de signer les accords : absence de médecin du travail, documents élaborés « à la va-vite ». A ses yeux, les projets d’accords transmis étaient « scandaleux ». Pas de médecins ni d’enquête en interne. Or les problèmes semblent nombreux : sous-effectifs, horaires difficiles, vie personnelle et familiale négligée. Et « chez Sephora, nous avons 90 % de femmes », précise-t-elle.

 

La démarche aura donc évité au géant de la parfumerie de se retrouver dans le rouge, prouvant, grâce à deux réunions, qu’un accord est en cours d’élaboration. « Ils ont juste limité la casse », conclut-elle.

Pour Jean-Claude Delgènes, DG de Technologia, qui a mis au point le questionnaire destiné aux entreprises, la couleur rouge est très dissuasive. Les tribunaux seront sans pitié pour les entreprises traînées au pénal, les partenaires sociaux ne laisseront rien passer et les candidats à l’embauche exigeront des garanties.

En ce qui concerne les entreprises à propos desquelles un professeur aurait dit « peut mieux faire » (les classées « orange »), elles sont inscrites dans une dynamique, explique M. Delgènes. « La dynamique respecte le rythme propre aux entreprises. Elle s’inscrit dans le long terme. » Même chose si l’entreprise a les honneurs du vert ; elle ne devra pas pour autant se reposer sur ses lauriers. Si les partenaires sociaux montent au créneau, elle pourra très bien retomber dans l’orange, ou dans le rouge. Une stratégie du « name and shame » (« nommer et faire honte »), explique Xavier Darcos dans Paris Match, qui « a des conséquences sur leur image ». Le bonnet d’âne n’est pas loin.

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Le stress et l’avenir d’une illusion, par Didier Toussaint

Le 1er février, la lutte contre le stress en France aura sa date anniversaire. Le ministère du travail enjoint toute entreprise de plus de 1 000 salariés d’entamer des négociations avec les partenaires sociaux sur le sujet avant cette échéance.

On ne peut que se réjouir de la prise de conscience à l’endroit de ce fléau bien réel. Mais entre le constat et le diagnostic, il y a un gouffre. A une époque où l’efficience est devenue une religion, on a pris l’habitude de confondre le moyen d’action avec la fin. Or, il faut bien le dire, devant l’inflation de dispositifs censés détecter les risques psycho-sociaux sous forme d’observatoires ou d’indices en tous genres, le diagnostic sur le stress semble quelque peu bâclé. Trois mythes, en particulier, doivent être dissipés.

Le premier d’entre eux est celui du management. On ne cesse d’associer stress et harcèlement, et de voir une cause dans un soi-disant style de management. L’apparence des faits légitime cette analyse, leur réalité l’infirme. Le stress est un symptôme mondial. Les causes en sont connues ; pression exercée sur les salariés au nom de la rentabilité, mondialisation, chômage, sans oublier les sollicitations permanentes d’un temps réel rythmé par les technologies de l’information et de la communication.

Ce qui cesse d’être mondial parce que propre à la France, c’est le thème de la souffrance au travail, popularisé par Christophe Dejours il y a déjà dix ans. La conversion du stress en souffrance est un symptôme national dont la mise en scène s’organise autour d’un pouvoir soupçonné de harcèlement volontaire et d’une victime que cette souffrance pousserait au suicide. Il y a chez nous ce réflexe largement partagé consistant à mettre en accusation des personnes, là où dans des pays comme ceux de l’Europe du Nord, on a conscience que dans un monde qui change très vite, ce sont les structures qui doivent s’adapter en premier. Dans un pays où l’on est convaincu que l’enfer c’est les autres, l’action collective est plus volontiers envisagée sous l’angle d’un huis clos infernal entre personnes que sous son aspect institutionnel.

Le deuxième mythe sur le stress est la question de son coût. On ne cesse d’avancer que l’absentéisme et le manque d’efficacité sont un coût économique, comme si la lutte contre le mal n’allait pas de soi et devait être justifiée. Or, en matière de coût il est préférable de raisonner sur des soldes que sur des postes isolés. L’économie du stress est malheureusement globalement positive, son coût apparent étant largement compensé et dépassé par ses bénéfices. Il suffit pour s’en rendre compte de voir comment un titre s’apprécie en Bourse sur simple annonce d’un plan de licenciement. Tout indique aujourd’hui, dans la vie des affaires, que ce qui pour les personnes est facteur de stress sera pour certaines institutions financières une source de bénéfice dans des proportions qui demeurent largement favorables aux secondes. Il faut voir les choses en face ; ce qui est un coût pour elles, c’est la ressource humaine en tant que telle, et non sa souffrance.

Dernier mythe enfin, celui d’une corrélation entre l’épanouissement des salariés et la rentabilité de l’entreprise. On entend souvent dire qu’une entreprise n’est performante que si ses salariés sont heureux. L’expérience indique systématiquement le contraire. Les exemples ne manquent pas. Renault, à l’ambiance chroniquement tendue depuis l’origine, est le seul des deux survivants français d’un secteur automobile qui comptait plus de cent acteurs au début du XXe siècle. Qui veut croire aujourd’hui qu’Apple, Wall-Mart ou Toyota sont des havres de bonheur ? On ne conteste pas en revanche leur place de leaders.

Il est important de ne pas se tromper de cible. On cherche à mesurer ce qui, au fond, relève de phénomènes à la fois culturels et inconscients. Ce n’est pas seulement en quantifiant les suicides et les risques qui les induisent qu’on parviendra à contenir le mal, même si la démarche est fort utile. Chiffrer, c’est constater, c’est s’en remettre une fois de plus à ce que Robert Musil qualifiait d’arrogant langage des mathématiques. Démonter les mécanismes institués produisant de la souffrance appelle un autre type de langage, celui qui privilégie le sens des faits par rapport à leur mesure.

En France, ce n’est pas tant le stress qui génère de la souffrance que la misère institutionnelle de nos entreprises qui livrent les individus en pâture à des remèdes dont l’apparence technique, sous forme de sondages, questionnaires et formation au management, suffit à les rendre légitimes. Ce sont là des applications maladroites de pratiques anglo-saxonnes qui n’ont de sens que dans leur contexte culturel d’origine. Le choix des moyens présuppose une certaine conscience des fins.

Didier Toussaint est consultant DIT et co-auteur de Vers un autre monde économique (ouvrage collectif), éd. Descartes & Cie, Paris, 2009.

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Démocratie, travail et suicide ou Ce que travailler veut dire, par Isabelle Ferreras

Les nouvelles sont mauvaises. L’entreprise devient un lieu où l’on se suicide. Progressivement, depuis les années 1990, le phénomène prend de l’ampleur. Renault, PSA, EDF, Areva, Thalès, enfin, France Télécom. Ouvriers, employés, cadres, leur geste de désespoir ultime jette les directions dans l’incompréhension. Le capitalisme aimait croire que les facteurs de production étaient ajustables et souples – flexibles – à souhait. Vraisemblablement, tout comme la planète, l’humain aussi a ses limites. 

Comment comprendre le suicide lié au travail ? Incontestablement, le travail, aujourd’hui, mobilise intensément les attentes des individus. Il importe de comprendre ce que l’expérience du travail représente aux yeux des individus, pour comprendre ce qui peut les pousser à aller si loin. Au contraire de la psychologisation ambiante des enjeux, ce sont des réponses en termes politiques et institutionnels qu’il faut apporter. Pour y parvenir, il faut comprendre ce que représente l’expérience du travail pour celui qui travaille. C’est pourquoi l’analyse du travail se trouve directement au cœur de la réponse à donner au « problème du travail », dont le suicide n’est que le symptôme, le plus frappant et le plus dramatique.

A l’heure où 70 % des emplois relèvent du secteur tertiaire, qu’est-ce donc que le travail dans nos sociétés démocratiques avancées ? Trois dimensions principales le caractérisent : l’expérience du travail est expressive, publique et, au fond, politique. On observe en effet aujourd’hui que le rapport au travail est de l’ordre du sens, de l’expressivité. Contredisant le postulat de la théorie économique qui présuppose un rapport de type exclusivement instrumental au travail (le travail contre le salaire), les recherches actuelles clarifient le fait que le travail est un support de sens central dans la vie de l’individu. Ainsi, même dans le cas des caissières de supermarché, poste de travail emblématique de la société des services mais se trouvant au bas de l’échelle des carrières et des salaires, la dimension instrumentale reste marginale dans le rapport au travail. En effet, la dimension instrumentale (le salaire) se voit toujours reprise dans des dimensions expressives qui la dépassent, telles que l’enjeu de l’intégration sociale ou du sentiment d’utilité à autrui.

Ensuite, l’irruption du client dans l’univers du travail, caractéristique décisive de l’économie des services, donne corps à une réalité nouvelle : travailler, du point de vue du salarié, c’est réellement prendre part à la sphère publique. Cela se joue au niveau concret des pratiques quotidiennes, au travers des attentes manifestées à l’égard de la clientèle singulièrement. Ainsi, sous le regard permanent des clients, les salariés manifestent l’attente que le régime typique de la sphère publique des sociétés démocratiques, fondé sur l’égalité des personnes, règle les échanges dans l’entreprise. Cela n’est évidemment pas le cas et explique la situation de « souffrance » actuelle.

Au fond, il fait sens de dire que l’expérience du travail est fondamentalement politique. Vu la flexibilité qui le définit aujourd’hui (des horaires, des tâches, etc.), travailler constitue une expérience d’insertion et de positionnements incessants dans les collectifs de travail. L’observation montre que les situations de travail sont analysées par les salariés au travers des registres du juste. Cela concerne les innombrables « petits » conflits quotidiens du travail (organisation des pauses, accès à une formation, réorganisation des équipes) aussi bien que les conflits majeurs (restructurations et licenciements collectifs). Ainsi, c’est l’enjeu du juste par rapport au collectif qui est l’aiguillon transversal à toutes les situations qui font la vie de l’individu au travail. Or la question du juste en référence au collectif constitue l’essence même du politique – raison pour laquelle on peut parler du travail comme expérience politique. Enfin, lorsque l’on dégage les divers registres de justice avancés par les salariés (mérite, égalité, performance, ancienneté, situation familiale, etc.), on s’aperçoit que c’est la norme de la justice démocratique qui est pensée comme la procédure adéquate pour trancher les conflits entre critères de justice rivaux. Ainsi, les personnes au travail témoignent de l’intuition qu’il serait juste qu’elles puissent participer à élaborer les règles auxquelles elles doivent se soumettre. Etrange ? Au contraire, cela est logique pour des sociétés à culture démocratique avancée…

Aujourd’hui, de nombreux obstacles s’opposent à la reconnaissance de cette attente démocratique au travail. En effet, le travail est gravement mis sous tension par l’arrangement capitaliste : celui-ci déconsidère l’intuition démocratique contenue dans l’expérience du travail en privilégiant un régime de pouvoir de type domestique, pré-démocratique, celui de l’« arbitraire patronal » – et ce, même quand il est mâtiné de présence syndicale, actuellement bien trop faible par rapport au pouvoir accordé aux détenteurs des capitaux de l’entreprise. Ainsi, le travail n’est pas qu’une « souffrance », c’est pour cela qu’il fait souffrir. Car les attentes démocratiques qui l’animent sont gravement trompées.

Il est à craindre qu’en continuant à ignorer la question qualitative que pose le travail aujourd’hui, nos sociétés se condamnent à enregistrer la souffrance extrême de certains et la frustration grandissante de tous, conséquences de l’arbitraire capitaliste au travail. Ce n’est pas à coup de psychologues, pour renforcer les DRH, que l’on adressera sérieusement le problème qui se fait jour ici. Ce sont des réponses d’ordre organisationnel et institutionnel qui doivent être apportées : quelles institutions pour la gouvernance de l’entreprise, adéquates à ces attentes ? Quels modes d’exercice du pouvoir, légitime et non arbitraire, dans les équipes de travail ? « Une civilisation qui ruse avec ses principes, a dit Césaire, est une civilisation menacée. » A l’heure où l’économie est productive car sa main-d’œuvre est plus qualifiée que jamais, la France ne peut plus faire l’économie de ces questions politiques. Equiper les salariés des capacités nécessaires à participer aux décisions qui les concernent, en commençant par des droits individuels, collectifs et syndicaux adéquats, tels qu’ils puissent réellement se réapproprier leur vie au travail et leur destin personnel, ainsi qu’en faire bénéficier l’ensemble de la société par une vitalité renouvelée, voilà ce qui sera défendre, sérieusement, la « valeur travail » – et la démocratie.

Isabelle Ferreras est professeure de sociologie à l’Université catholique de Louvain, chercheuse qualifiée du Fonds national de la recherche scientifique (Bruxelles, Belgique), Senior Research Associate, Labor and Worklife Program, Harvard Law School, Harvard University.  Elle a publié « Critique politique du travail. Travailler à l’heure de la société des services » (2007, Paris, Presses de Sciences Po, 273 pp.).




pour les terminales Chômage inflation préoccupations des français

27 01 2010

le chomage et l’inflation inquiètent les français

Le moral des consommateurs français s’est légèrement amélioré en janvier mais leur regain d’inquiétude sur le chômage et l’inflation pourrait peser sur leurs dépenses dans les mois à venir. L’indicateur résumé de l’opinion des ménages sur la situation économique s’est redressé d’un point, à – 29, le chiffre de décembre ayant été révisé à – 30, contre – 31 en première estimation, selon l’enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages publiée mercredi par l’Insee. Les économistes s’attendaient à une stabilisation du moral des ménages, dont le rebond amorcé à l’été 2008 s’était accéléré entre août et novembre 2009 avant de marquer le pas en fin d’année dernière.

« Les Français ont conscience qu’une première étape de la crise a été franchie, mais ils savent également que les mois qui viennent s’annoncent plutôt éprouvants », observe Alexander Law, économiste au cabinet d’études Xerfi. Si la consommation des ménages a bien tenu en 2009, comme l’ont montré les chiffres publiés mardi sur les dépenses en produits manufacturés, les inquiétudes demeurent vives pour 2010, prévient-il. « Après avoir fortement progressé au quatrième trimestre 2009, avec le boom des achats automobiles porté par la prime à la casse, la consommation des ménages devrait enregistrer un contrecoup début 2010″, prévient Frédérique Cerisier, économiste chez BNP Paribas.

HANTISE DU CHÔMAGE

Si les ménages se montrent plus optimistes sur l’évolution de leur niveau de vie et un peu plus enclins à effectuer des achats importants, ils sont, en revanche, plus inquiets sur l’évolution de l’emploi et des prix. « Pour la première fois depuis juin, les ménages sont plus nombreux à anticiper une augmentation du chômage », souligne l’Insee.

Le nombre de demandeurs d’emploi pour le mois de décembre 2009 doit être publié à 18 heures alors que Nicolas Sarkozy s’est voulu rassurant lundi soir sur TF1 en estimant que dans les semaines et les mois qui viennent le chômage reculerait en France. Le secrétaire d’Etat à l’emploi, Laurent Wauquiez, a pour sa part évoqué une « bonne » tendance en décembre sur le front du chômage. Ces indications sont toutefois intervenues après la période de conduite de l’enquête de conjoncture réalisée du 4 au 19 janvier auprès d’environ 2 000 ménages.

Les Français perçoivent aussi un léger regain d’inflation, le solde d’opinion sur l’inflation passé augmentant par rapport à décembre (+ 3 points) et les anticipations en matière d’inflation future se dégradant nettement (+ 5 points). « L’année dernière, les prix ont augmenté de 0,1 % seulement mais cette année nous attendons une progression, certes modeste, de 1,1 % qui retirera mécaniquement un point de pourcentage au pouvoir d’achat, de sorte que ce dernier pourrait baisser », prévient Alexander Law….




directive des services

22 01 2010

suite du cours de ce matin ..l’emploi dans un cadre européen le retard de la France pour le  le passage de la directive des services dans le droit français

http://www.euractiv.fr/marche-interieur-entreprises/article/france-en-retard-transposition-directive-services-002397

Le délai donné par la Commission européenne aux Etats membres pour transposer la directive «services» dans le droit national est dépassé depuis le 27 décembre au soir. «Nous sommes en retard, comme la quasi-totalité des Etats membres», tempère une source officielle. Mais comparaison n’est pas raison. D’autant plus que la Commission européenne ne communique pas sur l’état des transpositions.

La France a choisi de transposer cette directive secteur par secteur, en utilisant tous les instruments juridiques à sa disposition: lois, décrets et arrêtés. D’où des dizaines, voire des centaines de textes. Les uns devront être approuvés par l’Assemblée nationale et le Sénat. Pour les autres, une décision gouvernementale suffira. Mais le calendrier est pour le moins flou.




encore les retraites

21 01 2010

Du fait de la crise, la négociation sur les retraites des prochains mois s’annonce encore plus délicate que les précédentes : les comptes se sont dégradés mais dans un contexte de chômage de masse, repousser l’âge de départ à la retraite reviendrait surtout à diminuer encore le montant des pensions et aggraverait le chômage des jeunes. Il faudra donc bien, à terme, augmenter les cotisations…

Les retraites vont être un des grands sujets de l’année : lors de la dernière réforme, en 2003, rendez-vous avait en effet été pris pour 2010 afin de réajuster les dispositifs en fonction des évolutions constatées.

Dans un premier temps, le gouvernement avait même caressé l’idée d’une refonte complète. Il se serait agi de transformer le régime général, qui aujourd’hui accorde une pension au prorata des revenus touchés pendant les meilleures années de la carrière professionnelle, en un système par point, analogue à celui des régimes de retraite complémentaires, selon le modèle de la réforme des retraites suédoises décidée dans les années 1990 (1). Compte tenu de la dégradation de la situation économique et de l’ampleur des incertitudes qu’une telle révolution aurait suscitée, cette hypothèse semble désormais écartée.

 

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pour les terminales Les salariés ont de moins en moins de place pour travailler et s’en plaignent

6 12 2009
Les salariés ont de moins en moins de place pour travailler et s’en plaignent
 Le Monde Article paru dans l’édition du 03.12.09
L’immobilier est l’une des principales sources d’économie pour les entreprises
es difficultés économiques poussent les sociétés à réduire leurs coûts. Après les salaires, l’immobilier est le second poste de dépenses pour nombre d’entreprises du secteur des services. En 2008, un poste de travail coûtait en moyenne 9 980 euros par an, selon Investment Property Data. Les entreprises sont donc à la recherche de locaux moins coûteux tout en « optimisant les mètres carrés », ce qui se traduit parfois par une réduction de l’espace dévolu à chaque salarié. 

Dans ce contexte, l’hémorragie d’emplois de la capitale vers la périphérie se poursuit. Les 1 300 salariés de Prisma Presse, venus du 17e arrondissement de Paris et de Neuilly-sur-Seine, vont emménager à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). L’entreprise de restauration Sodexho regroupe sept de ses sites, soit 900 collaborateurs, en un seul, de 18 000 mètres carrés, à Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines). Le Crédit agricole est en train d’acheter un immeuble à Montrouge (Hauts-de-Seine) pour une partie de ses équipes actuellement basées à Paris-Montparnasse. Atos va réunir 8 000 salariés à Bezons (Val-d’Oise) et faire ainsi passer son loyer de 50 à 25 millions d’euros par an, sans compter une remise de deux ans de loyer.

Si les grandes entreprises ont besoin d’immeubles entiers pour réunir leurs employés et réaliser de substantielles économies, les PME commencent à suivre le mouvement. Selon une enquête de CB Richard Ellis, ce sont environ 20 000 emplois de PME et 3 500 de PMI, qui ont, chaque année, quitté la capitale entre 2005 et 2008, au profit des départements de la petite couronne, pour les PME, et de la grande, pour les PMI.

Une vraie souffrance

Pas sûr, cependant, que les salariés y trouvent leur compte. Un sondage d’Opinion Way pour le compte d’AOS Studley, conseil immobilier, réalisé, du 22 au 30 octobre, auprès de 1 100 salariés, révèle que 33 % d’entre eux trouvent leur bureau « motivant », 23 % « purement fonctionnel » et 44 % « inadéquat ». Les surfaces octroyées à chacun ne cessent de se réduire : un salarié occupe désormais, en tout, 20 mètres carrés, mais seulement 12 mètres carrés de surface de travail proprement dit (bureau, salle de réunion).

Ce ratio continue de diminuer, puisque dans les immeubles neufs les plus « efficaces », l’espace de travail est passé de 10 à 6 mètres carrés, voire 4 dans les bureaux dits partagés ou flexibles, comme, par exemple, les expérimentent, depuis février, les employés d’Atos Consulting au 15e étage de la tour Manhattan de la Défense. Seulement 80 places sont aménagées pour accueillir 100 salariés. « Du coup, les consultants travaillent chez eux, et une vraie souffrance s’installe, qui empirera lorsque nous déménagerons à Bezons, dans un site très mal desservi », insiste Sébastien Bollinger, délégué du personnel et secrétaire du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). L’étude commandée par celui-ci montre que le temps de transport moyen passera, à cette occasion, de quarante-trois à soixante-treize minutes, tandis que la direction l’évalue à cinquante-deux minutes. Pas étonnant que, pour les salariés, le bureau idéal soit « localisé près de chez eux, accessible » et « dans un bâtiment à taille humaine », selon l’enquête menée par Foncière des régions auprès de 750 d’entre eux, et qui montre aussi que 58 % préfèrent un bureau privé plutôt que l’espace ouvert.

« Nous sommes sans doute allés trop loin dans les économies et l’uniformisation. Il faut trouver des solutions mixtes, des espaces pour six à huit personnes à la fois, offrant du confort acoustique, de l’intimité avec un mobilier plus enveloppant, des rangements », reconnaît Pierre Bouchet, de Génie des Lieux, spécialiste de l’aménagement d’espace de travail. « Il y a certes des progrès, mais les dirigeants portent encore trop leur attention et leurs moyens sur les lieux de réception, les halls d’accueil, la salle du conseil ou le bureau du PDG, et pas assez sur les espaces de trav ail », plaide Odile Duchenne, directrice d’Actineo, observatoire de la qualité de vie au bureau.

Isabelle Rey-Lefebvre




le chômage en Europe

3 11 2009

Le taux de chômage dans la zone euro (16 pays) a augmenté en septembre à 9,7 %, son plus haut niveau depuis janvier 1999, après 9,6 % en août, selon des données publiées vendredi 30 octobre par l’office européen des statistiques Eurostat. Celui-ci a recensé en septembre 184 000 chômeurs de plus qu’en août, ce qui porte le total à 15,324 millions.

Dans l’ensemble de l’Union européenne (27 pays), le taux de chômage a également progressé pour passer de 9,1 % à 9,2 %, un record depuis le début de la série de statistiques en janvier 2000. Le nombre total de chômeurs dans l’UE a atteint 22,123 millions en septembre, soit 286 000 personnes de plus qu’en août.

Parmi les Etats membres, les taux de chômage les plus bas ont été enregistrés aux Pays-Bas (3,6 %) et en Autriche (4,8 %) et les plus élevés en Lettonie (19,7 %) et en Espagne (19,3 %), indique Eurostat. Les plus faibles hausses ont été observées en Allemagne, en Italie et en Belgique.

Par ailleurs, les prix à la consommation dans la zone euro ont reculé pour le cinquième mois d’affilée en octobre, de 0,1 % sur un an, toujours selon Eurostat. L’inflation annuelle dans la zone euro s’était établie à -0,3 % en septembre, -0,2 % en août, -0,7 % en juillet et -0,1 % en juin. Après le pic historique de +4 % enregistré en juillet 2008, l’inflation n’a cessé de ralentir rapidement puis est devenue négative dans le sillage du repli des prix pétroliers et de la pire récession traversée par la région depuis 1945.

Le chômage dans l’UE depuis février 2008




les dernières statistiques du chomage

5 03 2009

vous trouverez sur le site de l’insée les dernières nouvelles du chomage , a suivre de pres en période defort chomage ..pas que pour les élèves de terminales ..aux secondes !!




cours de terminale la souffrance au travail

8 01 2009

suite du cours sur la souffrance au travail un article du journal Le Monde




les inégalités hommes femmes

8 01 2009

Les inégalités de salaires hommes-femmes : du temps de travail aux discriminations

 Le temps partiel subi en France

lLe taux de chômage selon le sexe