<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>SES a U LICEU SAN PAULU in AIACCIU</title>
	<atom:link href="http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale</link>
	<description>UN BLOG POUR LES SES... des SES VIVANTES</description>
	<lastBuildDate>Thu, 18 Mar 2010 17:41:52 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.8.4</generator>
	<language>fr</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>Pour les Tes suite du cours sur la mobilité sociale</title>
		<link>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/03/18/pour-les-tes-suite-du-cours-sur-la-mobilite-sociale/</link>
		<comments>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/03/18/pour-les-tes-suite-du-cours-sur-la-mobilite-sociale/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 18 Mar 2010 17:38:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ghjattanera</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/?p=6482</guid>
		<description><![CDATA[Vous trouverez sur le site de l&#8217;INSEE
Le retard scolaire en fonction du milieu parental : l’influence des compétences des parents Fabrice Murat*
____________________________________
La sociologie de l’éducation met souvent en avant les inégalités de réussite scolaire en fonction de la profession du père. Cependant, d’autres facteurs, comme le revenu du ménage ou les diplômes des parents, ont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vous trouverez sur le<a title="liens entre parents et enfants sur le retard scolaire " href="http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ES424-425F.pdf" target="_blank"> site de l&#8217;INSEE</a></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 24.0px 'Times New Roman'; color: #1a1a18;"><strong>Le retard scolaire en fonction du milieu parental : l’influence des compétences des parents </strong><span style="font: 14.0px 'Times New Roman';"><strong>Fabrice Murat*</strong></span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 24.0px 'Times New Roman'; color: #1a1a18;"><span style="font: 14.0px 'Times New Roman';"><strong>____________________________________</strong></span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #1a1a18;">La sociologie de l’éducation met souvent en avant les inégalités de réussite scolaire en fonction de la profession du père. Cependant, d’autres facteurs, comme le revenu du ménage ou les diplômes des parents, ont aussi leur importance. Ces diplômes sont généralement interprétés comme <strong>la dimension « culturelle » du capital parental. </strong>Or cette dimension peut être appréhendée de bien d’autres façons : pratiques culturelles, connais- sance du système scolaire, compétences&#8230; Sur ce dernier aspect, le présent article apporte pour la première fois un éclairage statistique grâce à l’exploitation de l’enquête <em>Information et Vie Quotidienne </em>(<em>IVQ</em>). Les parents les moins compétents en lecture et en calcul ont des enfants qui redoublent plus souvent que les autres. Cette corrélation persiste même quand on contrôle les autres caractéristiques disponibles : diplômes, revenu, profession&#8230; Elle prend une forme différente selon le sexe du parent considéré. Il vaut mieux avoir un père bon en mathématiques et une mère bonne en français que l’inverse. Cela indique peut-être un partage de l’aide scolaire : les pères suivant les devoirs de mathématiques et les mères ceux de français. Cependant, les compétences ne sont pas les seules caractéristiques liées au retard scolaire. Des écarts importants apparaissent aussi selon les diplômes des parents, le revenu du ménage et ses pratiques culturelles.</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #1a1a18;">(&#8230;)</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.5px 'Times New Roman'; color: #1a1a18;">Les écarts selon les diplômes des parents (en particulier celui de la mère) tendent à être plus importants que les écarts selon la profession du père, ce qui met en avant l’importance du « capital culturel ». Cependant, celui-ci peut être appréhendé d’autres façons :</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.5px 'Times New Roman'; color: #1a1a18;">- les parents ont des savoirs scolaires (et non scolaires) inégaux et peuvent ainsi plus ou moins facilement suivre et aider leurs enfants durant leur scolarité ;</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.5px 'Times New Roman'; color: #1a1a18;">- ce capital culturel peut aussi prendre la forme de différences matérielles. La présence de livres ou d’un ordinateur par exemple peut favoriser l’acquisition de savoirs et de compétences ;</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.5px 'Times New Roman'; color: #1a1a18;">-<span style="white-space: pre;"> </span>certaines pratiques culturelles, comme les visi- tes au musée ou les sorties au cinéma, peuvent aussi indiquer la transmission de valeurs plus ou moins proches de l’école. Le style éducatif des familles a probablement aussi une influence ;</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.5px 'Times New Roman'; color: #1a1a18;">- enfin, il existe une dimension « stratégique » du capital culturel. La familiarité avec un système scolaire assez complexe permet de mieux guider l’enfant lors du choix d’un établissement, d’une option, d’une orientation.</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.5px 'Times New Roman'; color: #1a1a18;">Cet article s’intéresse essentiellement à la première composante, c’est-à-dire l’influence des compétences parentales. Les enfants dont les parents sont les plus compétents à l’écrit ou en calcul ont-ils une meilleure scolarité que les autres ?</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.5px 'Times New Roman'; color: #1a1a18;">(&#8230;)</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.5px 'Times New Roman'; color: #1a1a18;">
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.5px 'Times New Roman'; color: #1a1a18;">Cette analyse tend à montrer que les inégalités de réussite scolaire ont des origines assez variées. Si la profession des parents semble jouer un rôle assez faible, le capital économique et le capital culturel sont par contre fortement liés aux trajectoires scolaires. L’influence du capital culturel est sans doute trop grossièrement résumée par celle des diplômes des parents : des caractéristi- ques plus fines, comme les pratiques de lecture ou les difficultés scolaires précoces des parents, donnent aussi une information intéressante. De plus, les compétences parentales jouent aussi un rôle direct sur la réussite scolaire des enfants, sans doute grâce à l’aide que les parents les plus compétents peuvent apporter à leurs enfants. Ce résultat pourrait justifier des actions de forma- tions à destination des parents pour améliorer leurs compétences, à l’exemple du dispositif mis en place dans l’académie de Créteil pour les parents en difficulté (<em>La Lettre de l’Éducation</em>, 2008). Les parents seraient ainsi mieux à même d’aider leurs enfants dans leur travail et de favoriser ainsi leur réussite scolaire.<span style="white-space: pre;"> </span><span style="font: 10.5px 'Zapf Dingbats'; color: #fffffe;">n</span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/03/18/pour-les-tes-suite-du-cours-sur-la-mobilite-sociale/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>les dangers d&#8217;internet, pour un public de scolaires</title>
		<link>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/03/18/les-dangers-dinternet-pour-un-public-de-scolaires/</link>
		<comments>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/03/18/les-dangers-dinternet-pour-un-public-de-scolaires/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 18 Mar 2010 17:15:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ghjattanera</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/?p=6462</guid>
		<description><![CDATA[Faut-il y voir un dédoublement de la personnalité ? Peut-être. Faut-il s’inquiéter de la dégradation des relations ? Certainement. Si exceptionnel soit-il, l’outil Internet n’en est pas moins dangereux en milieu scolaire. Est-ce réellement le cas ? Faut-il diaboliser la toile ? Pierre-Yves Chapelain, adjoint à la direction du lycée Saint-Dominique à Saint-Herblain, confirme « le fort impact que peuvent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="padding: 0px; margin: 0px;"><a title="à quand les gants de boxe...." href="http://www.presseocean.fr/actu/actu_detail_-Internet-brouille-l’ecoute_9179-1301609_actu.Htm" target="_blank">Faut-il y voir un dédoublement de la personnalité ? Peut-être. Faut-il s’inquiéter de la dégradation des relations ? Certainement. </a>Si exceptionnel soit-il, l’outil Internet n’en est pas moins dangereux en milieu scolaire. Est-ce réellement le cas ? Faut-il diaboliser la toile ? Pierre-Yves Chapelain, adjoint à la direction du lycée Saint-Dominique à Saint-Herblain, confirme « le fort impact que peuvent avoir des réseaux sociaux comme Facebook au sein de l’établissement. Des maladresses sont issues d’échanges sur des interfaces de discussion (Chat). Et parfois, on peut régler les comptes à l’école… »</p>
<p style="padding: 0px; margin: 0px;">
<p style="padding: 0px; margin: 0px;"><strong>Joute en ligne</strong></p>
<p style="padding: 0px; margin: 0px;"><strong> </strong></p>
<p style="padding: 0px; margin: 0px;">Il y a peu de temps, deux élèves en classe de seconde ont ainsi « allumé » d’autres élèves via Facebook.</p>
<p style="padding: 0px; margin: 0px;">
<p style="padding: 0px; margin: 0px;">« Ils se moquaient de leur intimité ou encore de leur santé. Avec des pseudos, explique Pierre-Yves Chapelain, il ne faut pas se leurrer, tous les élèves vont sur Facebook. Et dans le cas présent, tout le bahut était au courant. Heureusement, cela n’a pas duré longtemps ». Après quelques recherches, les auteurs ont été démasqués. « Et bien sûr convoqués et sanctionnés ». Si Pierre-Yves Chapelain ne semble pas convaincu que les coupables aient compris leur faute, il assure que « cela a convaincu la direction de la nécessité d’une formation auprès des élèves ».</p>
<p style="padding: 0px; margin: 0px;">
<p style="padding: 0px; margin: 0px;"><strong>Internet, une nouvelle matière</strong></p>
<p style="padding: 0px; margin: 0px;">
<p style="padding: 0px; margin: 0px;">Aujourd’hui, le temps passé par les collégiens sur un ordinateur est aussi inquiétant. « On craint que les enfants aient parfois trop de liberté dans son usage. Ne serait-ce qu’avec certains jeux vidéos très violents. L’ordinateur dans la chambre n’est vraiment pas une bonne chose ». Le B2I (brevet informatique et Internet) lui semble désormais obsolète. Aujourd’hui, Internet semble avoir pris suffisamment de place dans le milieu scolaire pour devoir être considéré comme une matière à part entière. Avec ses règles et son code de conduite.</p>
<p style="padding: 0px; margin: 0px;">
<p style="padding: 0px; margin: 0px;"><strong>Cédric Blondeel</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/03/18/les-dangers-dinternet-pour-un-public-de-scolaires/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>un prophète: le film..une analyse sociologique pertinente</title>
		<link>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/03/18/un-prophete-le-film-une-analyse-sociologique-pertinente/</link>
		<comments>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/03/18/un-prophete-le-film-une-analyse-sociologique-pertinente/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 18 Mar 2010 17:12:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ghjattanera</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[entrepreneur]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[Prophète]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/?p=6442</guid>
		<description><![CDATA[Vous trouverez une belle et très intéressante analyse sociologique ,sur le site de mon collègue Denis Colombi &#8220;une heure de peine&#8221; , analyse pas courante dans la mesure où elle prend en compte des notions vues en cours ..Entreprise entrepreneur....A ne lire que si on a vu le film &#8230;.
&#8220;L&#8217;histoire d&#8217;Un prophète dépeint quelqu&#8217;un qui va [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a title="Un Prophète le Film de Jacques Audiard " href="http://uneheuredepeine.blogspot.com/2010/03/un-prophete-figure-de-lentrepreneur.html" target="_blank">Vous trouverez une belle et très intéressante analyse sociologique ,sur le site de mon collègue Denis Colombi &#8220;une heure de peine&#8221; , analyse pas courante dans la mesure où elle prend en compte des notions vues en cours ..Entreprise entrepreneur..</a>..A ne lire que si on a vu le film &#8230;.</p>
<blockquote style="line-height: 1.3em; font-family: georgia; font-style: italic; margin-top: 1em; margin-right: 20px; margin-bottom: 1em; margin-left: 20px;"><p>&#8220;L&#8217;histoire d&#8217;<em>Un prophète</em> dépeint quelqu&#8217;un qui va accéder à une position qu&#8217;il n&#8217;aurait jamais atteinte s&#8217;il n&#8217;était pas allé en prison. Le paradoxe se situe là.&#8221; (Jacques Audiard, sur le site <a style="color: #8c0209; text-decoration: none;" href="http://www.allocine.fr/film/anecdote_gen_cfilm=110268.html">Allociné</a>)</p></blockquote>
<p>Voilà comment le réalisateur résume en une petite phrase le propos de son film, et c&#8217;est la façon dont le protagoniste va atteindre une position supérieure en passant par la case prison qui peut attirer l&#8217;attention du sociologue, et surtout du sociologue économiste. Reprenons l&#8217;histoire un peu plus en détail : un petit délinquant analphabète, Malik, rentre en prison à 19 ans sans que la raison ait une quelconque importance dans le film. Là, un parrain de la mafia corse va le prendre &#8220;sous son aile&#8221; &#8211; en fait, en faire son obligé, corvéable à merci &#8211; après l&#8217;avoir obligé à assassiner un autre détenu arabe. Par la suite, Malik va se construire une carrière de grand délinquant, d&#8217;abord en travaillant pour le corse, puis, peu à peu, pour lui-même, en particulier lors de ses permissions.</p>
<p>Le film peut donc donner lieu à une première interprétation : c&#8217;est la prison qui fait le délinquant, ou du moins l&#8217;enfonce un peu plus dans cette carrière, plus qu&#8217;elle ne l&#8217;en éloigne. Mais celle-ci est incomplète : tous ceux qui passent par la prison ne deviennent pas de grands délinquants, certains parviennent même à se réinsérer, d&#8217;autres, plus simplement, n&#8217;acquièrent pas un pouvoir aussi grand que celui de Malik à sa sortie &#8211; où on le voit suivit par plusieurs voitures de ce que l&#8217;on devine être ses hommes, régnant finalement sur un petit empire de la drogue. La question reste donc entière : qu&#8217;est-ce qui permet à un tel individu de parvenir à cette position ? La prison seule ne permet pas de la comprendre.</p>
<p>Pour se faire, il est bon de considérer Malik comme un entrepreneur. En effet, il gère d&#8217;abord sa propre carrière : sur un marché du travail délinquant ou mafieux, dont on discutera de la nature par la suite, il cherche à trouver des partenaires de toute sorte pour faire des coups de plus en plus importants, et ainsi obtenir retributions tant symboliques que matérielles &#8211; les premières rendant l&#8217;obtention des secondes plus probable et plus simple. Il gère aussi peu à peu une organisation délinquante de son propre chef : en s&#8217;alliant avec un co-détenu, Jordi le gitan, et un ami fraîchement passé hors les murs, Ryad, il monte un petit trafic de drogue, avec voitures, livraisons, concurrence et tout le bazar. En prenant les choses de cette façon, on peut mieux comprendre ce qui permet à un tel individu de &#8220;réussir&#8221; dans son champ particulier d&#8217;action.</p>
<p>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un entrepreneur ? La réponse à cette question est moins simple qu&#8217;il n&#8217;y paraît. Une définition simple serait de définir l&#8217;entrepreneur comme le propriétaire d&#8217;une entreprise. Dans le monde de la délinquance organisée, le seul entrepreneur serait alors le parrain. Mais, tant dans les activités légales qu&#8217;illégales, cette définition pose problème : que fait-on des hauts managers, des directeurs salariés, ou des lieutenants qui gèrent une partie importante de l&#8217;organisation ? Ne peut-on aussi les qualifier d&#8217;entrepreneurs ? Lorsque les sociologues se penchent sur l&#8217;entrepreneur, ils ont tendance à avoir une conception assez large de celui-ci :</p>
<blockquote style="line-height: 1.3em; font-family: georgia; font-style: italic; margin-top: 1em; margin-right: 20px; margin-bottom: 1em; margin-left: 20px;"><p>[...] il existe, au moins dans les économies de marché, des acteurs sociaux travaillant au développement de leurs entreprises par la recherche du profit et par l&#8217;innovation, acteurs que la sociologie peut donc étudier. Ces entrepreneurs peuvent être propriétaires de leur entreprise, indépendants, ou cadres dirigeants. [1]</p></blockquote>
<p>Le jeune délinquant de <em>Un prophète</em> rentre progressivement dans ce rôle : loin de se cantonner à l&#8217;exécution des ordres de sa hiérarchie &#8211; c&#8217;est-à-dire le parrain corse qui lui offre sa protection en échange d&#8217;un petit service d&#8217;assassinat &#8211; il va poursuivre ses propres objectifs de profits et d&#8217;innovation. Cette figure n&#8217;a en soi rien d&#8217;exceptionnel : tout un courant de recherche s&#8217;intéresse aux <em>boundaryless careers</em> &#8211; les &#8220;carrières sans frontières&#8221; &#8211; où les individus sont moins insérés sur les rails d&#8217;une carrière défini par une organisation supérieure qu&#8217;ils n&#8217;évoluent entre plusieurs organisations, plusieurs postes, menant leur barque comme autant de petits entrepreneurs, des &#8220;craftmen&#8221; (littéralement : des artisans, au sens que pouvait avoir ce mot pour les compagnons ou les sublimes) [2]. S&#8217;il y a quelques risques à généraliser ce modèle, il n&#8217;en reste pas moins qu&#8217;il entre en résonance avec le &#8220;nouvel esprit du capitalisme&#8221; [3], où l&#8217;indépendance et la flexibilité sont valorisées. Malik s&#8217;impose donc comme une figure économiquement tout ce qu&#8217;il y a de plus légitime, si ce n&#8217;est qu&#8217;il choisit de se consacrer à des activités illégales. On peut se demander si c&#8217;est ce que Jacques Audiard avait en tête lorsqu&#8217;il déclarait :</p>
<blockquote style="line-height: 1.3em; font-family: georgia; font-style: italic; margin-top: 1em; margin-right: 20px; margin-bottom: 1em; margin-left: 20px;"><p>&#8220;Donc oui, le projet du film était de décloisonner autant le casting que de prendre en compte le fait que le monde change et que les figures héroïques doivent évoluer. A mon sens, il y a de nouvelles mythologies à bâtir sur de nouveaux visages et de nouveaux parcours.&#8221;</p></blockquote>
<p>La question que va poser la sociologie est rarement soulevé : qu&#8217;est-ce qui fait qu&#8217;un individu devient un entrepreneur ? Il y a certes la mythologie que se construisent les grands capitaines d&#8217;industries, les dirigeants d&#8217;entreprises et autres managers internationaux à grands coups d&#8217;autobiographies et d&#8217;autres constructions légendaires. L&#8217;intérêt d&#8217;<em>Un prophète</em> est justement de sortir de cette légende en montrant un individu qui très précisément un comportement d&#8217;entrepreneur, sans entrer nullement dans les images d&#8217;Epinal que l&#8217;on nous sert à n&#8217;en plus finir.</p>
<p>L&#8217;une des vertus d&#8217;<em>Un prophète</em> est de mettre en scène un individu qui ne part véritablement de rien : au moment où il arrive en prison, ses ressources se limitent à un billet de 50f qu&#8217;il essaye, sans succès, de cacher dans sa chaussure. Il ne sait ni lire, ni écrire, et devra apprendre par le biais de formations spéciales adressées aux détenus. Ainsi, pas de risque de tomber dans l&#8217;apologie des qualités &#8220;exceptionnelles&#8221; des entrepreneurs, de leur &#8220;esprit d&#8217;entreprise&#8221; et autres &#8220;esprit de compétition&#8221;. Rien ne prédestinait Malik à devenir ce qu&#8217;il sera à la fin du film. Rien, si ce n&#8217;est la position sociale bien particulière qu&#8217;il va occuper, une position qui est précisément celle d&#8217;un entrepreneur. C&#8217;est sur ce point là que le film est fondamentalement sociologique, et même, n&#8217;hésitons pas à le dire, granovettien [4] : c&#8217;est la position de l&#8217;individu dans un réseau, son encastrement, qui fait de lui ce qu&#8217;il est.</p>
<p>Pour le comprendre mieux, il faut en revenir à ce qui fait la spécificité d&#8217;un entrepreneur. Pour l&#8217;économie standard, l&#8217;entrepreneur est celui qui organise la production : le profit est alors la rémunération de la mise à disposition du capital pour la production. Cette approche ne nous dit pas grand chose de ce que fait un entrepreneur &#8211; ce qui souligne le paradoxe à voir des défenseurs de l&#8217;entreprise exiger que l&#8217;on enseigne en priorité Milton Friedman, lequel n&#8217;a jamais rien écrit d&#8217;intéressant sur leur activité&#8230; Il en va tout autrement dans la tradition autrichienne : sans entrer dans le détail des différents auteurs, l&#8217;entrepreneur se caractérise par sa capacité à mettre en relation des univers normalement séparés [1]- c&#8217;est l&#8217;entrepreneur innovateur schumpeterien ou l&#8217;arbitragiste de Mises. Le profit rémunère précisément cette activité. C&#8217;est alors la position sociale qui fait le propre de l&#8217;entrepreneur : il est entre des univers séparés et peut profiter de cette séparation. Pour Granovetter, il s&#8217;agit pour lui de trouver le bon équilibre entre encastrement dans un environnement et désencastrement, entre les liens qu&#8217;ils entretient avec les individus nécessaires à son activité et sa nécessaire extériorité [5].</p>
<p>Or, que fait Malik sinon profiter d&#8217;une telle position ? Arrivant en prison, il ne connaît certes personnes, mais peut s&#8217;intégrer plus facilement à certains réseaux : son origine ethnoraciale lui offre un point d&#8217;entrée dans le groupe des Arabes. Ce lien est exploité par son &#8220;employeur&#8221; corse pour l&#8217;envoyer assassiner un détenu &#8220;gênant&#8221;. Et voilà Malik qui se retrouve à pouvoir gérer des relations avec les Corses et les Arabes, se trouvant précisément dans une relation d&#8217;extériorité et d&#8217;intériorité vis-à-vis des deux groupes qui s&#8217;affrontent &#8211; et cette capacité s&#8217;étend peu à peu, comme en témoigne les scènes d&#8217;apprentissage de la langue corse. C&#8217;est précisément la position de l&#8217;étranger telle que la décrit Simmel [6], et il rappelle que l&#8217;étranger est avant tout le commerçant, c&#8217;est-à-dire l&#8217;entrepreneur. Et comme &#8220;nul n&#8217;est prophète en son pays&#8221;, le titre du film prend alors tout son sens.</p>
<p>Cette capacité à gérer les relations avec ce qui est socialement séparés devient encore plus claire lorsque Malik bénéficie de permissions pour aller travailler à l&#8217;extérieur de la prison : le voilà qui se retrouve à pouvoir gérer les informations qu&#8217;il donne au Corse, celles qu&#8217;il fait passer à l&#8217;extérieur, etc. Il ne fait rien d&#8217;autre que d&#8217;exploiter ce que Ronald Burt appelle un &#8220;trou structural&#8221; [7], c&#8217;est-à-dire le trou qui, dans un réseau, fait d&#8217;un individu l&#8217;unique &#8220;pont&#8221; entre deux &#8220;cliques&#8221;, le seul point de passage pour aller d&#8217;un sous-réseau à un autre. Dans sa célèbre enquête, Burt montre que la capacité des cadres supérieurs qu&#8217;il étudie à obtenir de meilleurs salaires et des avancements est directement liée à l&#8217;étendu des trous que comporte son réseau. De la même façon, Malik progresse dans la hiérarchie particulière des délinquants à mesure que son réseau s&#8217;enrichit de la sorte. De même, il ne peut mettre en place tout un trafic de drogue assez complexe parce qu&#8217;il peut faire le lien entre Gitans et Arabes et entre intérieur et extérieur de la prison.</p>
<p>Ainsi, c&#8217;est une structure très particulière de la structure de la carrière délinquante qui se dessine : une carrière où la manipulation des réseaux apparaît centrales, où les différentes étapes entre un étage et un autre sont scandées par la capacité à s&#8217;allier avec des individus de plus en plus importants, qui donnent eux-mêmes accès à un réseau plus étendu. Peu à peu, Malik peut rentrer en relation avec des chefs de mieux en mieux situés, jusqu&#8217;à pouvoir, à la toute fin du film, se débarrasser de son ancien parrain corse. Les marges de la société que pourraient constituer la prison et la délinquance n&#8217;apparaissent alors plus si marginales, tant elles ressemblent aux carrières des artistes telles que les décrit Pierre-Michel Menger [8] ou à celles des acteurs hollywoodiens que j&#8217;évoquais il y a peu [9]. Or, ce ne sont là que les avatars les plus avancés du capitalisme.</p>
<p><em>Un prophète</em> est un film complexe, qui prête à bien des lectures. Parmi celles-ci, la parabole économique, peinture saisissante du capitalisme et du libéralisme tel qu&#8217;il va, n&#8217;est pas la moins développée, même si ce n&#8217;est pas celle qui a été la plus commentée. Car il s&#8217;agit rien de moins d&#8217;une critique sociologique d&#8217;une certaine idéologie à la mode qui réadapte, en des termes plus raffinés, le &#8220;quand on veut, on peut&#8221;. La volonté ne suffit pas, loin de là, la position que l&#8217;on occupe, et que l&#8217;on vient souvent à occuper par un grand hasard &#8211; se retrouver l&#8217;Arabe exclu en prison &#8211; implique des différences très nettes dans la carrière et la trajectoire des individus. Il aurait suffit de peu de choses pour que Malik demeure le délinquant à la petite semaine qu&#8217;il est au début du film. Il n&#8217;a pas fallut beaucoup pour qu&#8217;il se retrouve le pied à l&#8217;étrier. L&#8217;histoire d&#8217;un prophète, en d&#8217;autres termes, que la grâce divine touche par hasard.</p>
<p><strong>Bibliographie</strong><br />
[1] Pierre-Paul Zalio, &#8220;Sociologie économique des entrepreneurs&#8221;, in Philippe Steiner, François Vatin, <em>Traité de sociologie</em>, 2009<br />
[2] Michael B. Arthur, &#8220;The Boundaryless career : a new perspective for organizational inquiry&#8221;, <em>Journal of Organizational Behavior</em>, 1994<br />
[3] Luc Boltanski, Eve Chiapello, <em>Le nouvel esprit du capitalisme</em>, 1999<br />
[4] Mark Granovetter, <em>Sociologie économique</em>, 2008<br />
[5] Mark Granovetter, &#8220;La sociologie économique des entreprises et des entrepreneurs&#8221;, <em>Terrains &amp; Travaux</em>, 2003<br />
[6] Georg Simmel, &#8220;Digression sur l&#8217;étranger&#8221;, <em>Sociologie</em>, 1908<br />
[7] Ronald Burt, <em>Structural Holes</em>, 1993<br />
[8] Pierre-Michel Menger, <em>Portrait de l&#8217;artiste en travailleur</em>, 2002<br />
[9] Faulkner, R. R. et Anderson, A., &#8220;Short-term projects and emergent careers : evidence from Hollywood&#8221;, American journal of sociology, 92, 1987, p. 879-909.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/03/18/un-prophete-le-film-une-analyse-sociologique-pertinente/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>les français sont usés JP Delevoye médiateur de la République</title>
		<link>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/23/les-francais-sont-uses-jp-delevoye-mediateur-de-la-republique/</link>
		<comments>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/23/les-francais-sont-uses-jp-delevoye-mediateur-de-la-republique/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 20:24:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ghjattanera</dc:creator>
				<category><![CDATA[ARTICLE DE PRESSE]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/?p=6412</guid>
		<description><![CDATA[Les français sont usés de partout dans tous les compartiments de leur vie
«Avant, on était crevés au boulot. Maintenant, on est usés partout, tendus tout le temps, dans tous les compartiments de la vie». Ainsi parle le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, qui remettait ce mardi son rapport annuel . Il dresse un tableau plutôt [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a title="article de libération " href="http://www.liberation.fr/societe/0101621022-les-francais-sont-uses-de-partout-dans-tous-les-compartiments-de-la-vie" target="_blank">Les français sont usés de partout dans tous les compartiments de leur vie</a></p>
<p style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 1.4em; display: block; padding: 0px;"><em>«Avant, on était crevés au boulot. Maintenant, on est usés partout, tendus tout le temps, dans tous les compartiments de la vie».</em> Ainsi parle le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, qui remettait ce mardi son rapport annuel . Il dresse un tableau plutôt sombre de la société, que l&#8217;on peut résumer ainsi : les Français sont «fatigués psychiquement».</p>
<p style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 1.4em; display: block; padding: 0px;">Marre de «la jungle administrative», des galères invraisemblables pour renouveler ses papiers d&#8217;identité pour les Français nés à l&#8217;étranger. Ou pour faire «simplement» corriger une erreur de l&#8217;administration&#8230; Le nombre d&#8217;affaires transmises au médiateur de la République est en nette progression, +16% par rapport à 2008. Sur les 75 000 réclamations reçues l&#8217;année dernière, un peu plus de la moitié ont été traitées, les autres ne relevant pour la plupart pas du champ de compétences de l&#8217;institution, à savoir les relations entre usagers et administrations publiques.</p>
<h3 style="margin-top: 22px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif; font-weight: normal; font-size: 1.6em; color: #101010; line-height: 19px; padding: 0px;">«Il faut absolument restaurer le droit à l&#8217;erreur pour les agents de la fonction publique»</h3>
<p style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 1.4em; display: block; padding: 0px;">Dans son rapport, Jean-Paul Delevoye regrette notamment un accueil de plus en plus dépersonnalisé et informatisé dans les services publics. <em>«Quand vous appelez, et qu&#8217;on vous dit tapez un, deux ou trois&#8230; Cela alimente la colère et le sentiment d&#8217;injustice&#8230;»</em> De la même manière, les agents manquent souvent de tact et pédagogie pour répondre aux administrés. Comme cette jeune femme qui se serait entendu dire par son médecin:<em>«Votre bébé est mort mais vous êtes assez jeune pour en faire un autre.»</em></p>
<p style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 1.4em; display: block; padding: 0px;">Ou cette autre maman, paniquée, qui amène son enfant aux urgences en pleine nuit pour une crise d&#8217;asthme. Et à qui l&#8217;hôtesse d&#8217;accueil aurait balancé: <em>«Quoi, vous n&#8217;avez pas pris les papiers d&#8217;identité de votre enfant ? Vous auriez dû y penser, c&#8217;est  pas comme ça qu&#8217;on va lutter contre le trou de la sécu&#8230;»</em> Manque de tact, incompétence ? Jean-Paul Delevoye avance deux éléments d&#8217;explication. «<em>On apprend aujourd&#8217;hui à être de bons techniciens mais pas à être des dialoguistes, à avoir de l&#8217;empathie.»</em>Deuxième problème : les administrations «se couvrent» de plus en plus derrière des procédures informatisées ou des réponses elliptiques pour éviter les procès. <em>«Il faut absolument restaurer le droit à l&#8217;erreur pour les agents de la fonction publique, qu&#8217;il puisse agir en bonne foi»</em>, insiste le médiateur.</p>
<p style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; line-height: 1.4em; display: block; padding: 0px;">En poste depuis 2004, Jean-Paul Delevoye remettait cette année son dernier rapport en tant que médiateur de la République. Ce poste, créé en 1973, sera remplacé dans les prochains mois par un nouveau statut, «Défenseur des droits», dont les contours n&#8217;ont pas encore été définis par la loi. <em>«Cet ombudsman à la française</em> <em>nécessite une loi organique et fera l&#8217;objet d&#8217;un débat parlementaire cette année.» </em>Jean-Paul Delevoye prône «une autorité forte et indépendante»<em>, </em>en mesure par exemple de se rendre de façon inopinée dans les administrations pour réclamer des réponses. <em>«Xavier Darcos a publié un classement des entreprises engageant des négociations sur le stress au travail, on pourrait faire pareil pour les administrations qui répondent ou pas&#8230;»</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/23/les-francais-sont-uses-jp-delevoye-mediateur-de-la-republique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>les inégalités note de lecture</title>
		<link>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/23/les-inegalites-note-de-lecture/</link>
		<comments>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/23/les-inegalites-note-de-lecture/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 18:28:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ghjattanera</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/?p=6382</guid>
		<description><![CDATA[Déchiffrer la société française par Louis Morin 
Note de Lise Bernard sur le site de la vie des idées
Louis Maurin, Déchiffrer la société française, préface de Denis Clerc. Paris, La Découverte, 2009, 368 pages, 18, 50 euros.
Dans Déchiffrer la société française, Louis Maurin, journaliste à Alternatives économiques, dresse un portrait de la société française et présente un état des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Déchiffrer la société française par <a title="les inégalités en France " href="http://blogs.lesechos.fr/article.php?id_article=3609" target="_blank">Louis Morin </a></p>
<p>Note de Lise Bernard sur le site de la vie des idées</p>
<div style="color: #5387a1; margin-top: 20px; margin-right: 0px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; line-height: 1.4em; font-weight: normal;">Louis Maurin, <em>Déchiffrer la société française</em>, préface de Denis Clerc. Paris, La Découverte, 2009, 368 pages, 18, 50 euros.</div>
<p style="margin-top: 0px;" align="justify">Dans <em>Déchiffrer la société française</em>, Louis Maurin, journaliste à <em>Alternatives économiques</em>, dresse un portrait de la société française et présente un état des lieux de ses grandes évolutions. Il s’appuie sur le travail de l’<a style="text-decoration: none; color: #f45000; background-image: url(http://laviedesidees.fr/squelettes/images/ext_link.gif); background-repeat: no-repeat; background-attachment: initial; -webkit-background-clip: initial; -webkit-background-origin: initial; background-color: transparent; padding-right: 13px; background-position: 100% 50%;" href="http://www.inegalites.fr/">Observatoire des inégalités</a>, qu’il dirige, et qui vise à fournir des informations et des analyses sur les inégalités depuis 2003. Le livre constituant une vaste synthèse sur la société française, nous ne rendrons pas compte ici de toutes les évolutions retracées par l’auteur. Nous chercherons moins à résumer son propos qu’à exposer sa démarche générale puis à évoquer ses analyses sur ce qui constitue sans doute le principal thème transversal de l’ouvrage : la question des inégalités.</p>
<h3 style="margin-top: 2em; margin-right: 0px; margin-bottom: 1.4em; margin-left: 0px; font-size: 1.19em; font-weight: bold; text-align: center; font-family: Georgia, Garamond, serif; padding: 0px;">Un travail de synthèse</h3>
<p style="margin-top: 0px;" align="justify">Louis Maurin considère que de nombreux discours sur la société française sont en décalage avec la réalité sociale du pays. La concentration des pouvoirs dans la capitale, par exemple, conduirait souvent les élites à se faire des idées inexactes sur les différents milieux sociaux. L’auteur entend aussi rompre avec des approches journalistiques qui lui paraissent souvent simplificatrices, avec des analyses faisant la part trop belle à un « changement radical » et avec la nostalgie de la société d’hier. Il souhaite, avec ce livre, contribuer à une connaissance de la société française qui soit plus approfondie et davantage fondée empiriquement. Il rassemble, dans cette optique, des faits qui permettent de la « déchiffrer », de mesurer et d’analyser ses évolutions. Il réunit des données statistiques qui émanent de sources et de publications diverses (INSEE, Ministère de la Justice, Ministère de l’Intérieur, Ministère de l’Éducation nationale, Ministère des Transports, Ministère de l’Emploi, Sécurité routière, Médiamétrie etc.). Il mobilise aussi, mais de façon plus marginale, des observations sur la vie quotidienne et présente les débats auxquels donnent lieu aujourd’hui certaines questions de société.</p>
<p style="margin-top: 0px;" align="justify">Ce livre repose sur un important travail de synthèse. En quinze chapitres thématiques, il dresse un panorama de la société française qui aborde des aspects très divers : la population, la famille, la question des inégalités entre hommes et femmes, l’immigration, les âges de la vie, l’école, le chômage, les inégalités, les milieux sociaux, la consommation, les loisirs, l’information, le logement, le corps, l’insécurité, la politique. Les informations rassemblées sont riches et variées et l’exposé est d’une grande clarté pédagogique : chaque chapitre s’ouvre par un glossaire et se clôt par une rubrique « repères » renvoyant à des adresses de sites internet et à des références bibliographiques. On trouve aussi, au fil du texte, des précisions sur des notions d’usage courant en sciences sociales et sur des outils méthodologiques utiles à l’analyse statistique.</p>
<p style="margin-top: 0px;" align="justify">Pour donner une idée de la démarche de l’auteur, nous pouvons mentionner deux chapitres. Le chapitre 2, consacré aux métamorphoses de la famille, analyse successivement la multiplication des divorces, la diminution du nombre d’enfants par famille, l’accroissement des familles monoparentales et des personnes vivant seules. Le chapitre 7, intitulé « Le travail et l’ombre du chômage », décrit l’essor du secteur des services, la dégradation du marché du travail à partir du milieu des années 1970 et l’extension de la précarité. Il s’intéresse aux transformations des conditions de travail, aux effets de la loi sur les trente-cinq heures et pose la question de la place du travail dans la société d’aujourd’hui.</p>
<h3 style="margin-top: 2em; margin-right: 0px; margin-bottom: 1.4em; margin-left: 0px; font-size: 1.19em; font-weight: bold; text-align: center; font-family: Georgia, Garamond, serif; padding: 0px;">Un état des lieux sur les inégalités</h3>
<p style="margin-top: 0px;" align="justify">La question des inégalités constitue sans doute la principale ligne directrice de l’ouvrage. À de nombreuses reprises, Louis Maurin rappelle à quel point des comportements varient selon les catégories sociales. Il précise, par exemple, que le diplôme et la catégorie sociale sont déterminants pour comprendre les pratiques électorales et notamment l’abstention. Il reprend sur ce point les analyses d’Anne Muxel  qui montrent que « seuls 9% des titulaires d’un diplôme supérieur à bac + 2 n’ont pas voté en 2007, contre 19% des non-diplômés » et que « 10% des cadres se sont abstenus, contre deux fois plus d’ouvriers et d’employés » (p. 326). Au fil du livre, Louis Maurin met en évidence de nombreux comportements qui varient en fonction du niveau de diplôme. La durée d’écoute de la télévision, par exemple, « le principal loisir » (p. 231) des Français (« Chaque Français de 15 ans et plus regarde en moyenne la télévision plus de 3,5 heures chaque jour, selon Médiamétrie », p. 231), est très liée au niveau de diplôme : « les titulaires d’un certificat d’étude au maximum sont 26% à la regarder plus de 30 heures par semaine, contre 5% des bac+3 » (p. 233 ; l’auteur s’appuie ici sur l’enquête de l’INSEE « Participation culturelle et sportive » de 2003). De façon plus originale, Louis Maurin souligne les inégalités face aux nouvelles technologies. Elles combinent deux grands facteurs, le diplôme et l’âge : en 2007, si 82% des diplômés du supérieur disposent d’une connexion Internet à domicile, c’est le cas de 27% des non-diplômés et si 92% des 12-17 ans ont un ordinateur, 83% des 70 ans et plus n’en possèdent pas (p. 229). L’auteur précise d’ailleurs que la moitié de la population n’a pas accès à Internet.</p>
<p style="margin-top: 0px;" align="justify">L’auteur s’intéresse également aux inégalités entre hommes et femmes. Il explique que si les filles peuvent avoir de meilleurs résultats que les garçons au brevet et au baccalauréat, elles se dirigent davantage vers des filières qui conduisent à des emplois moins bien rémunérés. Sur le marché du travail, l’auteur note l’élévation du taux d’activité féminin depuis les années 1960 tout en mentionnant que les femmes restent rares au sommet de la hiérarchie des emplois et que des inégalités salariales demeurent. Dans la sphère domestique, enfin, l’auteur évoque les évolutions des rôles au sein du couple tout en rappelant que les femmes prennent en charge la plupart des tâches domestiques.</p>
<p style="margin-top: 0px;" align="justify">Louis Maurin entreprend aussi de mettre en lumière les grandes dynamiques en matière d’inégalités dans la société française. Il souligne que l’école s’est démocratisée depuis la fin du XIXe siècle, que des progrès réalisés dans le domaine de la santé ont bénéficié à une grande part de la population et que « jusqu’en 2009, les niveaux de vie ont continué à s’améliorer, même pour les plus démunis » (p. 179). Mais il s’attache aussi à mettre en évidence l’importance des inégalités dans la France d’aujourd’hui. Il considère, à cet égard, que les médias ont tendance à surestimer le niveau de vie de la plus grande partie de la population. Il précise ainsi qu’en 2006 la moitié des ménages touchent moins de 2 263 euros mensuels après impôts et prestations sociales et que la moitié des personnes seules disposent, après d’éventuelles prestations sociales, d’un revenu mensuel disponible inférieur à 1 340 euros. Il montre aussi que celles qui ont un revenu de 3 200 euros mensuels font partie des 5% les plus riches. Enfin, il souligne que, depuis les années 1990, les inégalités de revenus progressent de nouveau et que, si nous n’assistons pas à une « explosion » de la pauvreté, cette dernière a cessé de se réduire. Il évoque ainsi la persistance d’une condition très précaire dans la France contemporaine. Il mentionne, par exemple, à partir de données de l’INSEE de 2004, que « 2, 8% des Français indiquent ne pas avoir fait de repas complet pendant au moins une journée au cours des deux semaines précédentes » (p. 170). L’auteur relève aussi le poids des inégalités en termes de « capital culturel » (Pierre Bourdieu) en mettant l’accent sur l’avantage que ce dernier peut procurer dans la société actuelle. En montrant que les inégalités sociales pèsent sur les résultats des élèves à l’école, il rappelle que la démocratisation du système scolaire reste inachevée. Il y voit notamment l’effet d’un système éducatif qui, en valorisant les savoirs académiques plus que les enseignements techniques, pénalise les élèves issus des milieux les plus éloignés de l’école. Il signale alors l’ampleur des conséquences de ces inégalités dans le cadre d’un marché du travail qui valorise souvent davantage le diplôme que l’expérience personnelle et d’une société qui a mis l’accent sur la formation initiale plus que sur la formation permanente.</p>
<p style="margin-top: 0px;" align="justify">Par les nombreuses informations qu’il rassemble, ce livre constitue une synthèse utile sur la société française et les inégalités. On peut regretter que Louis Maurin ne s’appuie pas sur un plus grand nombre de travaux de recherche académique. Il mobilise peu, par exemple, les nombreuses monographies récentes parues sur des groupes sociaux. Ces dernières constituent des contributions précieuses à la compréhension de la société française contemporaine et auraient pu certainement, à ce titre, encore enrichir son analyse. On peut regretter aussi, à la lecture, que certains points ne soient pas davantage développés. Mais c’est sans doute là la contrepartie du choix de Louis Maurin d’aborder une grande variété de thèmes. En tout état de cause, ce livre offre une contribution stimulante à l’analyse de notre société : il invite à lire, à réfléchir et à travailler sur ces questions.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/23/les-inegalites-note-de-lecture/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Lycée d&#8217;Arsonval un blog de prof génial &#8230;.</title>
		<link>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/20/lycee-darsonval-un-blog-de-prof-genial/</link>
		<comments>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/20/lycee-darsonval-un-blog-de-prof-genial/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 20 Feb 2010 18:07:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ghjattanera</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/?p=6362</guid>
		<description><![CDATA[Découverte cet après midi de ce blog d&#8217;un de mes collègues de SES au lycée d&#8217;Arsonval de Brive la Gaillarde&#8230; &#8230;http://www.lyc-arsonval-brive.ac-limoges.fr/jp-simonnet/IMG/pdf/EN140_US_20100107.pdf sur le chômage aux Etats Unis &#8230;.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Découverte cet après midi de ce blog d&#8217;un de mes collègues de SES au lycée d&#8217;Arsonval de Brive la Gaillarde&#8230; &#8230;http://www.lyc-arsonval-brive.ac-limoges.fr/jp-simonnet/IMG/pdf/EN140_US_20100107.pdf sur le chômage aux Etats Unis &#8230;.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/20/lycee-darsonval-un-blog-de-prof-genial/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>pour les tes DST de la rentrée</title>
		<link>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/20/pour-les-tes-dst-de-la-rentree/</link>
		<comments>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/20/pour-les-tes-dst-de-la-rentree/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 20 Feb 2010 16:39:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ghjattanera</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/?p=6342</guid>
		<description><![CDATA[Comme prévu le DST du 8 mars (journée de la Femme!!!) vous aurez le choix entre une dissertation et une QSTP
Il vous faut aussi laisser la première page pour la correction.
Vous aurez soin de préciser le sujet choisi et de traiter dans le cas de la QSTP le TP et la Qs sur des feuilles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme prévu le DST du 8 mars (journée de la Femme!!!) vous aurez le choix entre une dissertation et une QSTP</p>
<p>Il vous faut aussi laisser la première page pour la correction.</p>
<p>Vous aurez soin de préciser le sujet choisi et de traiter dans le cas de la QSTP le TP et la Qs sur des feuilles séparées .</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/20/pour-les-tes-dst-de-la-rentree/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>pour les tes  suite de conversation sur les grandes écoles</title>
		<link>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/19/pour-les-tes-suite-de-conversation-sur-les-grandes-ecoles/</link>
		<comments>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/19/pour-les-tes-suite-de-conversation-sur-les-grandes-ecoles/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 12:45:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ghjattanera</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/?p=6312</guid>
		<description><![CDATA[suite de la conversation animée de ce matin en cours sur les grandes écoles et les classes préparatoires
voila la blog de Camille Peugny sociologue  qui vous donne des arguments plus scientifiques que ceux développés en cours ce matin !!!!
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>suite de la conversation animée de ce matin en cours sur les grandes écoles et les classes préparatoires</p>
<p><a title="articles de sociologie " href="http://alternatives-economiques.fr/blogs/peugny" target="_blank">voila la blog de Camille Peugny sociologue </a> qui vous donne des arguments plus scientifiques que ceux développés en cours ce matin !!!!</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/19/pour-les-tes-suite-de-conversation-sur-les-grandes-ecoles/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>le stress, au travail une suite d&#8217;articles de ce jour dans le Monde</title>
		<link>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/18/le-stress-au-travail-une-suite-darticles-de-ce-jour-dans-le-monde/</link>
		<comments>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/18/le-stress-au-travail-une-suite-darticles-de-ce-jour-dans-le-monde/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 18 Feb 2010 22:05:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ghjattanera</dc:creator>
				<category><![CDATA[ARTICLE DE PRESSE]]></category>
		<category><![CDATA[COURS TES]]></category>
		<category><![CDATA[actualité]]></category>
		<category><![CDATA[conflits]]></category>
		<category><![CDATA[travail et emploi]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/?p=6282</guid>
		<description><![CDATA[Un rapport remis, mercredi 17 février, à François Fillon souligne la responsabilité des dirigeants d&#8217;entreprise face au stress des salariés et préconise de modifier à la marge leur mode de rémunération en intégrant la prise en compte de la santé de ces derniers. Le même document propose aussi de réformer l&#8217;enseignement dans les écoles de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lemonde.fr/societe/article/2010/02/17/les-dirigeants-responsables-du-stress-au-travail-selon-un-rapport_1307504_3224.html#ens_id=1266317" target="_blank">Un rapport remis, mercredi 17 février, à François Fillon souligne la responsabilité des dirigeants d&#8217;entreprise face au stress des salariés </a>et préconise de modifier à la marge leur mode de rémunération en intégrant la prise en compte de la santé de ces derniers. Le même document propose aussi de réformer l&#8217;enseignement dans les écoles de commerce et d&#8217;ingénieurs, où la formation dans ce domaine <em>&#8220;est extrêmement pauvre&#8221;</em>, a déploré l&#8217;un des auteurs du rapport, Muriel Pénicaud, directrice générale des ressources humaines chez Danone.</p>
<p><em>&#8220;La responsabilité sociale des entreprises est d&#8217;abord celle de ses dirigeants&#8221;</em>, a souligné le premier ministre lors d&#8217;un point presse à Matignon, promettant que ce rapport serait débattu au sein du Conseil d&#8217;orientation sur les conditions de travail afin de contribuer au plan santé travail 2010-2014, qui doit être adopté en mars.</p>
<p>Parmi ses principales préconisations, le texte suggère que <em>&#8220;la performance économique&#8221;</em> ne soit plus le seul critère d&#8217;attribution de la rémunération variable des dirigeants. <em>&#8220;La performance sociale doit aussi être prise en compte, incluant notamment des indicateurs de santé, de sécurité et de conditions de travail&#8221;</em>, soulignent ses auteurs. Le document préconise aussi que les conseils d&#8217;administration des entreprises se penchent annuellement sur cette question lors d&#8217;un rendez-vous consacré à la santé de leurs salariés.<br />
<em> </em></p>
<p><strong>UN &#8220;PROBLÈME DE MANAGEMENT&#8221;</strong></p>
<p><em>&#8220;Le problème de santé n&#8217;est pas un problème de la médecine du travail, c&#8217;est un problème de management&#8221;</em>, a insisté l&#8217;un des auteurs du rapport, Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electric. Le troisième membre de la mission, le vice-président du conseil économique, social et environnemental Christian Larose, a jugé <em>&#8220;consternant&#8221;</em> l&#8217;accueil que leur ont réservé les organisations patronales. Au sein de celles-ci, <em>&#8220;on ne veut pas bouger sur ces sujets, et on trouve toutes les raisons du monde pour dire que la question de la santé au travail n&#8217;est qu&#8217;une mode&#8221;</em>, a-t-il déploré.</p>
<p>Alors qu&#8217;une série de suicides a récemment remis la souffrance des salariés au cœur de l&#8217;actualité, notamment à France Télécom, le gouvernement s&#8217;apprête à mettre en ligne sur Internet des listes des entreprises de plus de 1 000 salariés classées en trois catégories, en fonction de leurs efforts dans la prévention du stress.</p>
<p>_________________________________________________________________________</p>
<p><a href="http://lemonde.fr/societe/article/2010/02/18/stress-au-travail-le-classement-des-entreprises_1307795_3224.html#ens_id=1266317">Après une série de suicides à France Télécom, le ministre du travail, Xavier Darcos, avait lancé, en octobre 2008, un plan national d&#8217;urgence pour la prévention du stress professionnel incitant les quelque 1 500 entreprises françaises de plus de 1 000 salariés à engager avant le 1<sup>er</sup> février des négociations ou des démarches sur le stress au travail.</a></p>
<p>Le ministère a donc mis en ligne, jeudi 18 février, sur le site consacré à <em>&#8220;la santé et la sécurité au travail&#8221;</em> <a href="http://www.travailler-mieux.gouv.fr/Plan-d-urgence-sur-la-prevention.html" target="_blank">Travailler-mieux.gouv.fr</a>, les listes des entreprises classées en fonction de leurs efforts dans la prise en charge du stress.</p>
<p>Les entreprises se répartissent entre trois catégories : &#8220;vert&#8221; (celles qui ont déclaré avoir signé un accord de fond ou de méthode), &#8220;orange&#8221; (celles qui ont engagé une ou plusieurs réunions de négociations ou de discussions) et &#8220;rouge&#8221; (celles qui n&#8217;ont rien entrepris ou n&#8217;ont pas répondu au questionnaire soumis par le ministère). Les deux premières catégories comptent 900 entreprises (respectivement 55 % et 33 %), 600 n&#8217;ont pas répondu et sont automatiquement classées dans &#8220;rouge&#8221;.</p>
<p>Dans la catégorie &#8220;orange&#8221;, la plus mystérieuse, se situent France Télécom, Décathlon, Sony France, Mars Chocolat, ou encore Sephora.</p>
<p>Pour Jenny Urbina, déléguée générale CGT chez Sephora, la couleur orange n&#8217;est due qu&#8217;à l&#8217;urgence dans laquelle s&#8217;est retrouvée la direction. Selon elle, il n&#8217;était pas possible de signer les accords : absence de médecin du travail, documents élaborés <em>&#8220;à la va-vite&#8221;</em>. A ses yeux, les projets d&#8217;accords transmis étaient <em>&#8220;scandaleux&#8221;</em>. Pas de médecins ni d&#8217;enquête en interne. Or les problèmes semblent nombreux : sous-effectifs, horaires difficiles, vie personnelle et familiale négligée. Et <em>&#8220;chez Sephora, nous avons 90 % de femmes&#8221;</em>, précise-t-elle.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="150" height="20" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="align" value="top" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="150" height="20" align="top"> </embed></object></p>
<p>La démarche aura donc évité au géant de la parfumerie de se retrouver dans le rouge, prouvant, grâce à deux réunions, qu&#8217;un accord est en cours d&#8217;élaboration.<em> &#8220;Ils ont juste limité la casse&#8221;</em>, conclut-elle.</p>
<p>Pour Jean-Claude Delgènes, DG de Technologia, qui a mis au point le questionnaire destiné aux entreprises, la couleur rouge est très dissuasive. Les tribunaux seront sans pitié pour les entreprises traînées au pénal, les partenaires sociaux ne laisseront rien passer et les candidats à l&#8217;embauche exigeront des garanties.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="150" height="20" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="align" value="top" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="150" height="20" align="top"></embed></object></p>
<p>En ce qui concerne les entreprises à propos desquelles un professeur aurait dit &#8220;peut mieux faire&#8221; (les classées &#8220;orange&#8221;), elles sont inscrites dans une dynamique, explique M. Delgènes. <em>&#8220;La dynamique respecte le rythme propre aux entreprises. Elle s&#8217;inscrit dans le long terme.&#8221; </em>Même chose si l&#8217;entreprise a les honneurs du vert ; elle ne devra pas pour autant se reposer sur ses lauriers. Si les partenaires sociaux montent au créneau, elle pourra très bien retomber dans l&#8217;orange, ou dans le rouge. Une stratégie du &#8220;<em>name and shame</em>&#8221; (&#8221;nommer et faire honte&#8221;), explique Xavier Darcos dans <a href="http://www.parismatch.com/Actu-Match/Societe/Actu/Stress-Le-gouvernement-ne-pouvait-rester-indifferent-168903/" target="_blank"><em>Paris Match</em></a><em>,</em> qui <em>&#8220;a des conséquences sur leur image&#8221;</em>. Le bonnet d&#8217;âne n&#8217;est pas loin.</p>
<p>_____________________________</p>
<h1><span style="font-size: small;"><a href="http://lemonde.fr/opinions/article/2010/01/28/le-stress-et-l-avenir-d-une-illusion-par-didier-toussaint_1298258_3232.html#ens_id=1266317" target="_blank">Le stress et l&#8217;avenir d&#8217;une illusion, par Didier Toussaint</a></span></h1>
<p>Le 1<sup>er</sup> février, la lutte contre le stress en France aura sa date anniversaire. Le ministère du travail enjoint toute entreprise de plus de 1 000 salariés d&#8217;entamer des négociations avec les partenaires sociaux sur le sujet avant cette échéance.</p>
<p>On ne peut que se réjouir de la prise de conscience à l&#8217;endroit de ce fléau bien réel. Mais entre le constat et le diagnostic, il y a un gouffre. A une époque où l&#8217;efficience est devenue une religion, on a pris l&#8217;habitude de confondre le moyen d&#8217;action avec la fin. Or, il faut bien le dire, devant l&#8217;inflation de dispositifs censés détecter les risques psycho-sociaux sous forme d&#8217;observatoires ou d&#8217;indices en tous genres, le diagnostic sur le stress semble quelque peu bâclé. Trois mythes, en particulier, doivent être dissipés.</p>
<p>Le premier d&#8217;entre eux est celui du management. On ne cesse d&#8217;associer stress et harcèlement, et de voir une cause dans un soi-disant style de management. L&#8217;apparence des faits légitime cette analyse, leur réalité l&#8217;infirme. Le stress est un symptôme mondial. Les causes en sont connues ; pression exercée sur les salariés au nom de la rentabilité, mondialisation, chômage, sans oublier les sollicitations permanentes d&#8217;un temps réel rythmé par les technologies de l&#8217;information et de la communication.</p>
<p>Ce qui cesse d&#8217;être mondial parce que propre à la France, c&#8217;est le thème de la souffrance au travail, popularisé par Christophe Dejours il y a déjà dix ans. La conversion du stress en souffrance est un symptôme national dont la mise en scène s&#8217;organise autour d&#8217;un pouvoir soupçonné de harcèlement volontaire et d&#8217;une victime que cette souffrance pousserait au suicide. Il y a chez nous ce réflexe largement partagé consistant à mettre en accusation des personnes, là où dans des pays comme ceux de l&#8217;Europe du Nord, on a conscience que dans un monde qui change très vite, ce sont les structures qui doivent s&#8217;adapter en premier. Dans un pays où l&#8217;on est convaincu que l&#8217;enfer c&#8217;est les autres, l&#8217;action collective est plus volontiers envisagée sous l&#8217;angle d&#8217;un huis clos infernal entre personnes que sous son aspect institutionnel.</p>
<p>Le deuxième mythe sur le stress est la question de son coût. On ne cesse d&#8217;avancer que l&#8217;absentéisme et le manque d&#8217;efficacité sont un coût économique, comme si la lutte contre le mal n&#8217;allait pas de soi et devait être justifiée. Or, en matière de coût il est préférable de raisonner sur des soldes que sur des postes isolés. L&#8217;économie du stress est malheureusement globalement positive, son coût apparent étant largement compensé et dépassé par ses bénéfices. Il suffit pour s&#8217;en rendre compte de voir comment un titre s&#8217;apprécie en Bourse sur simple annonce d&#8217;un plan de licenciement. Tout indique aujourd&#8217;hui, dans la vie des affaires, que ce qui pour les personnes est facteur de stress sera pour certaines institutions financières une source de bénéfice dans des proportions qui demeurent largement favorables aux secondes. Il faut voir les choses en face ; ce qui est un coût pour elles, c&#8217;est la ressource humaine en tant que telle, et non sa souffrance.</p>
<p>Dernier mythe enfin, celui d&#8217;une corrélation entre l&#8217;épanouissement des salariés et la rentabilité de l&#8217;entreprise. On entend souvent dire qu&#8217;une entreprise n&#8217;est performante que si ses salariés sont heureux. L&#8217;expérience indique systématiquement le contraire. Les exemples ne manquent pas. Renault, à l&#8217;ambiance chroniquement tendue depuis l&#8217;origine, est le seul des deux survivants français d&#8217;un secteur automobile qui comptait plus de cent acteurs au début du XX<sup>e</sup> siècle. Qui veut croire aujourd&#8217;hui qu&#8217;Apple, Wall-Mart ou Toyota sont des havres de bonheur ? On ne conteste pas en revanche leur place de leaders.</p>
<p>Il est important de ne pas se tromper de cible. On cherche à mesurer ce qui, au fond, relève de phénomènes à la fois culturels et inconscients. Ce n&#8217;est pas seulement en quantifiant les suicides et les risques qui les induisent qu&#8217;on parviendra à contenir le mal, même si la démarche est fort utile. Chiffrer, c&#8217;est constater, c&#8217;est s&#8217;en remettre une fois de plus à ce que Robert Musil qualifiait d&#8217;arrogant langage des mathématiques. Démonter les mécanismes institués produisant de la souffrance appelle un autre type de langage, celui qui privilégie le sens des faits par rapport à leur mesure.</p>
<p>En France, ce n&#8217;est pas tant le stress qui génère de la souffrance que la misère institutionnelle de nos entreprises qui livrent les individus en pâture à des remèdes dont l&#8217;apparence technique, sous forme de sondages, questionnaires et formation au management, suffit à les rendre légitimes. Ce sont là des applications maladroites de pratiques anglo-saxonnes qui n&#8217;ont de sens que dans leur contexte culturel d&#8217;origine. Le choix des moyens présuppose une certaine conscience des fins.</p>
<p><em>Didier Toussaint est consultant DIT et co-auteur de </em>Vers un autre monde économique <em>(ouvrage collectif), éd. Descartes &amp; Cie, Paris, 2009. </em></p>
<p><em>_____________________</em></p>
<h1><span style="font-size: small;"><a href="http://lemonde.fr/opinions/article/2009/12/18/democratie-travail-et-suicide-ou-ce-que-travailler-veut-dire-par-isabelle-ferreras_1282541_3232.html#ens_id=1266317" target="_blank">Démocratie, travail et suicide ou Ce que travailler veut dire, par Isabelle Ferreras</a></span></h1>
<h1><span style="font-size: small;"><em></em></span></h1>
<h1><span style="font-size: small;"><em></em></span></h1>
<p><span style="font-size: small;">Les nouvelles sont mauvaises. L&#8217;entreprise devient un lieu où l&#8217;on se suicide. Progressivement, depuis les années 1990, le phénomène prend de l&#8217;ampleur. Renault, PSA, EDF, Areva, Thalès, enfin, France Télécom. Ouvriers, employés, cadres, leur geste de désespoir ultime jette les directions dans l&#8217;incompréhension. Le capitalisme aimait croire que les facteurs de production étaient ajustables et souples – flexibles &#8211; à souhait. Vraisemblablement, tout comme la planète, l&#8217;humain aussi a ses limites. </span></p>
<p>Comment comprendre le suicide lié au travail ? Incontestablement, le travail, aujourd&#8217;hui, mobilise intensément les attentes des individus. Il importe de comprendre ce que l&#8217;expérience du travail représente aux yeux des individus, pour comprendre ce qui peut les pousser à aller si loin. Au contraire de la psychologisation ambiante des enjeux, ce sont des réponses en termes politiques et institutionnels qu&#8217;il faut apporter. Pour y parvenir, il faut comprendre ce que représente l&#8217;expérience du travail pour celui qui travaille. C&#8217;est pourquoi l&#8217;analyse du travail se trouve directement au cœur de la réponse à donner au <em>&#8220;problème du travail&#8221;</em>, dont le suicide n&#8217;est que le symptôme, le plus frappant et le plus dramatique.</p>
<p>A l&#8217;heure où 70 % des emplois relèvent du secteur tertiaire, qu&#8217;est-ce donc que le travail dans nos sociétés démocratiques avancées ? Trois dimensions principales le caractérisent : l&#8217;expérience du travail est expressive, publique et, au fond, politique. On observe en effet aujourd&#8217;hui que le rapport au travail est de l&#8217;ordre du sens, de l&#8217;expressivité. Contredisant le postulat de la théorie économique qui présuppose un rapport de type exclusivement instrumental au travail (le travail contre le salaire), les recherches actuelles clarifient le fait que le travail est un support de sens central dans la vie de l&#8217;individu. Ainsi, même dans le cas des caissières de supermarché, poste de travail emblématique de la société des services mais se trouvant au bas de l&#8217;échelle des carrières et des salaires, la dimension instrumentale reste marginale dans le rapport au travail. En effet, la dimension instrumentale (le salaire) se voit toujours reprise dans des dimensions expressives qui la dépassent, telles que l&#8217;enjeu de l&#8217;intégration sociale ou du sentiment d&#8217;utilité à autrui.</p>
<p>Ensuite, l&#8217;irruption du client dans l&#8217;univers du travail, caractéristique décisive de l&#8217;économie des services, donne corps à une réalité nouvelle : travailler, du point de vue du salarié, c&#8217;est réellement prendre part à la sphère publique. Cela se joue au niveau concret des pratiques quotidiennes, au travers des attentes manifestées à l&#8217;égard de la clientèle singulièrement. Ainsi, sous le regard permanent des clients, les salariés manifestent l&#8217;attente que le régime typique de la sphère publique des sociétés démocratiques, fondé sur l&#8217;égalité des personnes, règle les échanges dans l&#8217;entreprise. Cela n&#8217;est évidemment pas le cas et explique la situation de <em>&#8220;souffrance&#8221;</em> actuelle.</p>
<p>Au fond, il fait sens de dire que l&#8217;expérience du travail est fondamentalement politique. Vu la flexibilité qui le définit aujourd&#8217;hui (des horaires, des tâches, etc.), travailler constitue une expérience d&#8217;insertion et de positionnements incessants dans les collectifs de travail. L&#8217;observation montre que les situations de travail sont analysées par les salariés au travers des registres du juste. Cela concerne les innombrables <em>&#8220;petits&#8221;</em> conflits quotidiens du travail (organisation des pauses, accès à une formation, réorganisation des équipes) aussi bien que les conflits majeurs (restructurations et licenciements collectifs). Ainsi, c&#8217;est l&#8217;enjeu du juste par rapport au collectif qui est l&#8217;aiguillon transversal à toutes les situations qui font la vie de l&#8217;individu au travail. Or la question du juste en référence au collectif constitue l&#8217;essence même du politique – raison pour laquelle on peut parler du travail comme expérience politique. Enfin, lorsque l&#8217;on dégage les divers registres de justice avancés par les salariés (mérite, égalité, performance, ancienneté, situation familiale, etc.), on s&#8217;aperçoit que c&#8217;est la norme de la justice démocratique qui est pensée comme la procédure adéquate pour trancher les conflits entre critères de justice rivaux. Ainsi, les personnes au travail témoignent de l&#8217;intuition qu&#8217;il serait juste qu&#8217;elles puissent participer à élaborer les règles auxquelles elles doivent se soumettre. Etrange ? Au contraire, cela est logique pour des sociétés à culture démocratique avancée…</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, de nombreux obstacles s&#8217;opposent à la reconnaissance de cette attente démocratique au travail. En effet, le travail est gravement mis sous tension par l&#8217;arrangement capitaliste : celui-ci déconsidère l&#8217;intuition démocratique contenue dans l&#8217;expérience du travail en privilégiant un régime de pouvoir de type domestique, pré-démocratique, celui de l&#8217;<em>&#8220;arbitraire patronal&#8221;</em> – et ce, même quand il est mâtiné de présence syndicale, actuellement bien trop faible par rapport au pouvoir accordé aux détenteurs des capitaux de l&#8217;entreprise. Ainsi, le travail n&#8217;est pas qu&#8217;une <em>&#8220;souffrance&#8221;</em>, c&#8217;est pour cela qu&#8217;il fait souffrir. Car les attentes démocratiques qui l&#8217;animent sont gravement trompées.</p>
<p>Il est à craindre qu&#8217;en continuant à ignorer la question qualitative que pose le travail aujourd&#8217;hui, nos sociétés se condamnent à enregistrer la souffrance extrême de certains et la frustration grandissante de tous, conséquences de l&#8217;arbitraire capitaliste au travail. Ce n&#8217;est pas à coup de psychologues, pour renforcer les DRH, que l&#8217;on adressera sérieusement le problème qui se fait jour ici. Ce sont des réponses d&#8217;ordre organisationnel et institutionnel qui doivent être apportées : quelles institutions pour la gouvernance de l&#8217;entreprise, adéquates à ces attentes ? Quels modes d&#8217;exercice du pouvoir, légitime et non arbitraire, dans les équipes de travail ? <em>&#8220;Une civilisation qui ruse avec ses principes,</em> a dit Césaire,<em> est une civilisation menacée.&#8221;</em> A l&#8217;heure où l&#8217;économie est productive car sa main-d&#8217;œuvre est plus qualifiée que jamais, la France ne peut plus faire l&#8217;économie de ces questions politiques. Equiper les salariés des capacités nécessaires à participer aux décisions qui les concernent, en commençant par des droits individuels, collectifs et syndicaux adéquats, tels qu&#8217;ils puissent réellement se réapproprier leur vie au travail et leur destin personnel, ainsi qu&#8217;en faire bénéficier l&#8217;ensemble de la société par une vitalité renouvelée, voilà ce qui sera défendre, sérieusement, la <em>&#8220;valeur travail&#8221;</em> – et la démocratie.</p>
<p><em>Isabelle Ferreras est professeure de sociologie à l&#8217;Université catholique de Louvain, chercheuse qualifiée du Fonds national de la recherche scientifique (Bruxelles, Belgique), Senior Research Associate, Labor and Worklife Program, Harvard Law School, Harvard University.  Elle a publié &#8220;Critique politique du travail. Travailler à l&#8217;heure de la société des services&#8221; (2007, Paris, Presses de Sciences Po, 273 pp.).</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/18/le-stress-au-travail-une-suite-darticles-de-ce-jour-dans-le-monde/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Protégé&#160;: TES pge 110 corrigé de la question de synthèse sur les politiques de l&#8217;emploi</title>
		<link>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/13/tes-pge-110-corrige-de-la-question-de-synthese-sur-les-politiques-de-lemploi/</link>
		<comments>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/13/tes-pge-110-corrige-de-la-question-de-synthese-sur-les-politiques-de-lemploi/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 13 Feb 2010 18:00:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ghjattanera</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/?p=6232</guid>
		<description><![CDATA[Il n&#8217;y pas d&#8217;extrait, car cet article est protégé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<form action="http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/wp-pass.php" method="post">
<p>Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous&nbsp;:</p>
<p><label for="pwbox-6232">Mot de passe&nbsp;:<br />
<input name="post_password" id="pwbox-6232" type="password" size="20" /></label><br />
<input type="submit" name="Submit" value="Envoyer" /></p></form>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://lewebpedagogique.com/scienzeconomichesuciale/2010/02/13/tes-pge-110-corrige-de-la-question-de-synthese-sur-les-politiques-de-lemploi/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
