pour les terminales J.Stiglitz L’austérité ne marchera pas …

18 10 2011

L’économiste américain, prix Nobel d’économie en 2001, livre son analyse sur la crise et sur les moyens d’y faire face.

Youphil: Les banques refont des profits et les bonus augmentent, mais nous sommes toujours dans un marasme économique. Pourquoi?

Joseph Stiglitz: C’est parce que le problème fondamental n’était pas seulement un problème qui vient du secteur financier. En 2007, l’économie avait une maladie qui a été masquée par la bulle immobilière qui a permis aux gens de consommer au-delà de leurs moyens. Si on n’avait pas eu cette bulle, on aurait eu un déficit en demande agrégée et l’économie aurait été faible.

Revenir à un système bancaire réparé nous laisse donc quand même avec les problèmes d’une économie faible. Renflouer les banques était nécessaire, mais pas suffisant. Et c’est là que le gouvernement d’Obama et ceux qui étaient proches du système bancaire se sont trompés. Les banques se sont très mal comportées et elles ont agravé la crise. En passant beaucoup de temps à s’occuper des banques, on en a oublié les problèmes de fonds.

Youphil: Quels sont ces problèmes de fond?

J.S.: Ceux qui ont causé la bulle. Il faut comprendre pourquoi nous avons eu besoin de diminuer les taux d’intérêts à ce point. C’est dû, entre autres, à la compétition avec les marchés émergents, la productivité croissante dans l’industrie qui se serait traduite par plus de chômage, le système monétaire international qui a amené les pays à épargner de plus en plus, les prix élevés de l’énergie qui transfèrent l’argent aux pays producteurs de pétrole. Voici certaines de ces causes auxquelles nous n’avons pas fait face.

Youphil: Vous parlez souvent de fétichisme du déficit. Qu’est-ce donc?

J.S.: C’est cette idée que la plus importante chose que nous devons faire est de se débarasser du déficit et que, si nous ne faisons que cela, l’économie sera saine. C’est évidemment incorrect. En ce moment, diminuer le déficit affaiblira l’économie. L’austérité n’est pas la solution ; cela aggravera nos problèmes.

Vraiment, ce que nous devons faire est trouver comment remettre les Etats-Unis au travail. Or cela requerra plus de dépenses et une augmentation du déficit.

Youphil: Quelles sont les solutions concrètes qu’il faudrait appliquer maintenant?

J.S.: Au niveau mondial, nous avons besoin d’une stratégie de croissance orientée. Ce qui implique de répondre à cette question : comment peut-on stimuler l’économie pour qu’elle crée des emplois?

Le second problème de l’Europe est la résolution de la crise de l’euro. Comment soutient-on les pays qui ont des difficultés en préservant l’euro? Voilà pour le court terme.

Sur le moyen terme, il y a deux défis qui ne seront pas résolus vite mais dont il faut se soucier: d’abord, les inégalités croissantes dans la plupart des pays et, ensuite, la réforme du système monétaire et de réserve international.

Youphil: Comment stimuler l’emploi?

J.S.: Cela demandera des dépenses publiques. Pour le moment, nous sommes en train de couper les dépenses publiques aux Etats-Unis. Ce faisant, le gouvernement est en fait en train de contribuer au problème du chômage plutôt que de compenser les faiblesses du secteur privé.

Nous avons besoin d’énormes efforts d’investissements en infrastructure, en technologie et en éducation. Il faut donc un programme d’investissement créateur d’emplois, qui aide l’économie à restructurer sa dépendance par rapport aux secteurs qui doivent être affaiblis (l’immobilier, l’industrie, la finance) et à aller vers des secteurs qui doivent être intensifiés (les services, la santé, l’éducation)

Youphil: Que peut-on faire par rapport à la crise de l’euro?

J.S.: Une partie de la réponse repose sur la solidarité européenne et l’engagement à aider les pays en difficulté. Cela peut prendre différentes formes: une euro-obligation, un cadre physique commun avec des taxes communes pour soutenir l’activité économique européenne, une stratégie de croissance, reconnaître que la Grèce ne résoudra pas ses problèmes par l’austérité et qu’elle doit se concentrer sur la croissance. Il y a beaucoup de possibilités, mais ce qui ne marchera pas c’est l’austérité.

Youphil: Avez-vous un conseil à donner à Christine Lagarde?

J.S.: Il faut créer un nouveau système de réserve globale. Sur le court terme, il faut étendre les droits de tirages spéciaux. Cela avait été fait en 2009, et ça a aidé, mais il faut maintenant le faire sur une base régulière. Les trois autres défis sont: améliorer le système de recouvrement de la dette souveraine, réguler les flux entre les pays et réguler les institutions financières globales.

Youphil: Qu’en est-il du problème de l’inégalité croissante?

J.S: Sur le court terme, il faut renforcer la taxation progressive, les filets de sécurité et la protection sociale. Sur le long terme, le plus important est de s’assurer que tout le monde ait accès à l’éducation qu’il mérite. Penser aussi à la manière dont les politiques industrielles peuvent augmenter la demande de main d’oeuvre au bas de l’échelle.

Jusqu’à présent, le secteur privé a mis l’accent sur des innovations qui créent du chômage, au lieu d’innovations qui protègent notre environnement par exemple. Si on réquilibre ces innovations, notre économie sera plus saine.

Une de mes inquiétudes est que les taux d’intérêts de plus en plus bas encouragent les entreprises à choisir des robots qui remplaceront la main d’œuvre. Nous sommes en fait en train de créer les fondements d’une économie sans emploi.

Youphil: Comment imposer cela au secteur privé qui cherche à diminuer les coûts?

J.S.: Nous devons les encourager à penser à des coûts qui peuvent être subventionnés, comme les coûts environnementaux.

Youphil: Vous étiez à Occupy Wall Street le 2 octobre. Qu’en pensez-vous?

J.S.: J’étais un peu surpris que ça ait mis autant de temps à se faire! C’est tout à fait compréhensible que les Américains soient furieux. On leur a dit: “si on donne 800 millions de dollars aux banques, elle recouvreront leur santé. Ne mettons pas de contraintes et les prêts seront restaurés et l’économie se rétablira.” Et c’était faux.

A la place, on a vu le gouvernement donner de l’argent aux banques, les banques donner de l’argent à leurs cadres, payer les dividendes et les gros bonus. Les banques se sont rétablies mais les prêts aux petites et moyennes entreprises n’ont pas été rétablis. L’Américain moyen souffre, les banques continuent de l’expulser de chez lui, les saisies continuent avec la même violence, les abus des banques sous la forme de prêts prédateurs ou de cartes de crédits aussi, alors même que ce sont les contribuables américains qui ont renfloué les banques.

Quand on donne autant d’argent aux banques et qu’elles retournent la faveur en maltraitant le citoyen moyen, c’est compréhensible qu’ils soient énervés. Et en plus, il n’y a toujours pas de travail.

Youphil: Toutes ces propositions impliquent un plus grand investissement de la part de l’Etat.  Les Etats-Unis sont-ils prêts à faire cela?

J.S.: Cela va être difficile, mais de plus en plus d’Américains voient que le marché n’est pas la solution. Il ne s’agit pas d’abandonner le marché mais c’est l’équilibre qui n’est pas bon. C’est aussi ce qu’a réalisé le mouvement du Tea Party qui, d’une certaine manière a eu le même genre de genèse.

Ils ont raison dans une certaine mesure sur le diagnostic, mais leur réponse est incorrecte car ils déséquilibrent encore plus le système en se débarrassant du rôle du gouvernement.

La question n’est pas celle de la taille du gouvernement mais de ce que le gouvernement a fait. Donc il ne s’agit pas juste d’occuper Wall Street, mais d’empêcher Wall Street de faire ce qu’il fait et de lui faire faire ce qu’il doit faire. De la même manière, il s’agit donc de faire en sorte que le gouvernement fasse ce qu’il doit faire.

Youphil: Cela requiert une volonté politique forte…

J.S.: Ce qui est intéressant est que ce mouvement est parti de New York et s’est répandu dans tout le pays. Mais évidemment, l’argent et les lobbyistes parlent plus fort donc je ne pense pas que ce soit un problème qui soit résolu du jour au lendemain.

Youphil: Et avec les prochaines élections?

J.S.: A vrai dire, je ne suis pas très optimiste. Je pense que cela prendra encore cinq ans.

Youphil: D’autant plus qu’il y a un risque de récession en double-creux aux Etats-Unis et en Europe…

J.S.: Je pense que ce risque est élevé. Peut-être qu’il y aura une croissance très lente, mais que ce soit ça ou une récession en double-creux, la croissance sera trop molle pour avoir un impact sur les 25 millions d’Américains au chômage qui veulent trouver un emploi.

Crédit photo: Joseph Stiglitz à l’opéra de Sidney – Daniel Baud.

 

 

 




les liens avec la crise de 29…Avec la crise, les théories keynésiennes sont remises au goût du jour

18 10 2011

là un article de la Dépeche 

Avec la crise, les théories keynésiennes sont remises au goût du jour

Réguler le capitalisme sans porter atteinte à l’autonomie de l’entreprise privée et refuser l’idée que les marchés s’autorégulent, tel est le credo de Keynes, l’un des penseurs économiques les plus influents du XXe siècle, auteur de la “Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie”.

“Keynes a bâti sa théorie en partant de l’hypothèse que les marchés dysfonctionnaient et que le dysfonctionnement des marchés impliquait, pour que l’économie capitaliste puisse tenir debout, une intervention publique”, selon Jean-Paul Fitoussi, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

“Or, ce qui se passe aujourd’hui, c’est qu’on a un dysfonctionnement majeur des marchés” et que cela “a amené naturellement à une intervention publique qui a été massive”, constate l’économiste.

Pour Keynes, dans un contexte de crise, l’Etat doit adopter une politique monétaire avec injection de liquidités et baisse des taux d’intérêt.

Il doit aussi relancer la demande grâce en particulier à un accroissement des investissements publics et la redistribution des revenus au profit des classes aux ressources les moins élevées.

Des recettes qui reviennent en vogue dans les cabinets ministériels: le ministre des Finances britannique Alistair Darling a indiqué dimanche que la Grande-Bretagne allait augmenter ses dépenses publiques, suggérant le choix d’une approche keynésienne, en engageant des projets de grande envergure notamment dans le logement, l’énergie et les petites et moyennes entreprises.

Toutefois, pour Edwin Le Héron, président de l’Association pour le développement des études keynésiennes, toute relance conjoncturelle “part dans le vide”.

“Il faut séparer deux choses, souligne-t-il. Il y a d’une part un certain nombre de personnes qui disent qu’il faut re-réguler le capitalisme, qu’il faut changer la structure du capitalisme (…). Il y en a d’autres qui disent qu’il y a une politique de relance de l’économie réelle, avec des plans de relance conjoncturelle”.

“Les deux peuvent apparaître comme des idées keynésiennes”, mais “j’ai tendance à penser que ce qui me semble keynésien, c’est une refonte structurelle du capitalisme”, estime-t-il.

L’annonce de la réunion d’une série de sommets pour élaborer et appliquer les réformes du système financier international va dans ce sens. Mais “la fenêtre est très étroite” selon M. Le Héron, qui souligne les réticences des Américains à réformer un système issu des accords de Bretton Woods de 1944 et qui étaient centrés sur le modèle américain.

Plus optimiste, M. Fitoussi juge que “tous les pays actuellement sont à la recherche de bonne régulation, parce que la crise n’a épargné” personne. Si tout le monde a ressenti l’urgence de la régulation, tous ne sont pas d’accord sur ses modalités, note-t-il, faisant notamment allusion aux pays européens.

“In fine l’Europe a été capable de s’accorder sur un plan, la zone euro, et l’UE ensuite a été capable de s’accorder sur un plan global de sauvetage du système financier”, rappelle M. Fitoussi.”Cela implique que peut-être les pays européens pourraient s’accorder sur un plan global de régulation des marchés”, estime-t-il.




l’impact de la crise sur la stabilité de l’euro (JPDen particulier ) pour tous en général!!

1 07 2009

sur le, site de la fondation Res Publica présidée par JP Chevement le compte rendu des débats sur ce sujet si épineux de la stabilité de l’euro …

Avec
• Dominique Garabiol, administrateur de la Fondation et directeur à la Caisse nationale des caisses d’épargne,
• Jean-Luc Gréau, économiste indépendant, auteur de « L’avenir du capitalisme » et de « La trahison des économistes » (1),
• Christian Saint-Etienne, professeur à Paris Dauphine, membre du Conseil d’analyse économique et auteur de « La fin de l’euro » (2),
• Jean-Pierre Patat, conseiller au CEPII et ancien Directeur général à la Banque de France, auteur d’une « Histoire monétaire de la France » et d’une « Histoire de l’Europe monétaire » (3),

entourés de :
• Alain Dejammet, ambassadeur de France et président du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica,
• Francis Gutmann, ambassadeur de France et ancien président de Gaz de France,
• Jean-Pierre Cossin, conseiller maître à la Cour des Comptes,
• Jean-Paul Escande, ancien président de banque.
 




La Fed teste la solidité des grandes banques américaines en cas d’aggravation de la crise

2 05 2009
La Fed teste la solidité des grandes banques américaines en cas d’aggravation de la crise
Article paru dans Le Monde édition du 26.04.09
Ces simulations – chômage très élevé, accélération de la récession, faillites en chaîne… – visent à s’assurer des capacités de résistance des dix-neuf plus grands établissements financiers du pays
a Réserve fédérale américaine (Fed, banque centrale) a indiqué, vendredi 29 avril, les deux critères « méthodologiques » qui président à l’audit que le Trésor mène sur les 19 principales banques des Etats-Unis, celles qui détiennent plus de 100 milliards de dollars d’actifs. Ces « tests de résistance » (stress tests), selon la formule utilisée, portent sur leur niveau de fonds propres nécessaire pour traverser la récession et sur leurs moyens de se prémunir contre les risques de défaillance de leurs propres partenaires. Les résultats de l’audit seront connus le 4 mai. 

« Que se passerait-il si… ? » Par exemple, si la récession en 2009 était plus grave que prévue ? Si la croissance reculait de 3,3 %, avec une poussée très importante du chômage (jusqu’à 10,3 %), des faillites de petites entreprises, et un effondrement des prix de l’immobilier, alors que la Fed prévoit une décroissance de 2 % seulement ? Que se passerait-il si une banque était soudainement confrontée à des défauts concomitants de ses partenaires en affaires ?

Sur le premier critère, l’audit vise « à jauger l’étendue des besoins en fonds propres suivant une gamme de situations économiques potentielles », précise la Fed. Selon les scénarios, l’Etat américain mesure les montants qu’il aura éventuellement à apporter aux banques, dès lors qu’il exige d’elles, pour se protéger, de préserver un niveau de capitalisation supérieur aux normes usuelles.

La Fed a clairement stipulé que Washington ne laissera sombrer aucune de ces 19 banques, qui détiennent la moitié des prêts alloués aux Etats-Unis. Sur le second critère, hormis l’énoncé de principes, le document de la Fed est beaucoup moins disert. Pourtant, la manière de se prémunir des risques « systémiques » est aujourd’hui considérée par ses analystes comme l’enjeu numéro un de l’assainissement du système bancaire.

Ainsi, début mars, six grandes banques américaines plus la Deutsche Bank, la Britannique Barclays et la Suisse UBS ont constitué une caisse de compensation commune, intitulée ICE, pour pallier à l’avenir le défaut sur les produits dérivés de dettes (les CDS). Son modèle a été conçu par deux chercheurs en ingénierie financière, Marco Avallaneda, de la New York University, et Rama Cont, de Columbia. Comment faire, se sont-ils demandés, pour que le « cas AIG » ne se reproduise pas ? Cet assureur s’est trouvé insolvable parce que des centaines d’organismes financiers se sont tournés vers lui en même temps, puisqu’il les garantissait contre leurs pertes sur les CDS. Mais les pouvoirs publics n’avaient aucun moyen de connaître ce fait.

Dans le système mis en place avec ICE, la contribution des banques au fonds de garantie n’est pas basée sur leur volume d’activités, mais proportionnelle au risque que leur exposition aux produits toxiques fait courir aux autres. Or, pour que ce risque soit calculable, il faut que les informations le concernant soient connues. ICE est supervisé par la Fed, qui a tout intérêt à ce que ce type d’organisme se multiplie, car elle aura ainsi un accès au marché des produits « toxiques » non régulés jusqu’à présent car comptabilisés « hors bilan ».

Il s’agit là d’un exemple restreint portant sur une seule catégorie de produits financiers. Mais il montre que les autorités américaines cherchent à développer une « transparence » des moyens d’accès à l’information boursière qui leur faisait auparavant défaut, sans pour autant paraître réguler sévèrement les marchés.

Sylvain Cypel




de nouvelles faillites bancaires aux Etats-Unis et autres articles sur les Etats-Unis

2 05 2009

Aux Etats-Unis, la plus grosse faillite bancaire de l’année

l’économie américaine descend une nouvelle marche ..la chute des investissements

le taux de chômage aux Etats Unis depuis 1999




encore la crise ..les échos un très bon dossier

1 04 2009

 

Où en sommes-nous ? Bientôt deux ans après le début de l’épidémie des ” subprimes “, six mois presque jour pour jour après la déflagration Lehman, la crise, ce mot gigogne, attrape-tout, que l’on plaque sur les multiples incendies qui s’allument dans la maison capitaliste, a changé de nature.

A la sidération devant la débandade accélérée des banques et des marchés a succédé la prévisible mécanique de la récession, qui déroule ses enchaînements implacables d’un bout à l’autre de la planète : effondrement du crédit, contraction du commerce mondial, chute de la production industrielle, remontée en flèche du chômage.

La séquence est bien en place. Le 19 mars dernier, le Fonds monétaire international en a donné le tempo. Les pays développés devront affronter un recul de leur PIB de 3 % cette année. Un chiffre inconnu depuis 1945. Un chiffre qui pourrait encore se détériorer si le déluge de statistiques calamiteuses de ces derniers jours se poursuit.

C’est à ce moment de l’histoire que se réunissent ce soir à Londres les chefs d’Etat du G20. Avec pour mission de repenser la régulation financière, c’est-à-dire une partie de l’avenir du modèle capitaliste, alors que toute leur énergie est aujourd’hui concentrée sur l’urgence du présent : celle de colmater les voies d’eau dans leurs économies dévastées par l’ouragan financier.

la suite là

et en plus un très bon dossier

 




pour les terminales le cours

23 03 2009

vous trouverez un argumentaire sur une partie du cours ”

La crise révèle à quel point les structure de l’Union européenne sont inadaptées pour permettre une coopération efficace sur le plan économique. L’analyse de Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques.

 prendredes notes sur les propos tenus dans la vidéo …et demander des explixations par commentaires




du grain à moudre.. la zone euro

9 03 2009

une émission de radio du grain à moudre sur france culture

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/grain/

« Les pays qui ont des taux de croissance à l’européenne pouvaient supporter une dette publique égale à 60 % du PIB lorsque les taux d’intérêt étaient faibles. Or, avec un endettement de 80 à 90 % du PIB dans une multitude de pays et la hausse prévisible des taux d’intérêt, on peut s’attendre au pire », écrit Kenneth Rogoff, l’ancien économiste en chef du FMI ce matin dans Les Echos.
Et, en effet, les plans de relance qui se succèdent depuis 6 mois – sans effet apparent sur la croissance et sur l’emploi – commencent à inquiéter sérieusement les marchés.
Jusqu’à une période toute récente, les investisseurs, échaudés par leurs pertes sur le marché des actions, se sont précipités sur les emprunts d’Etats. Et ceux-ci ont pu emprunter à des taux raisonnables. Mais les marchés ont fait leurs comptes. Ils ont calculé que le niveau d’endettement – actuel et prévisible – de certains Etats rendait possible le défaut de paiement de certains d’entre eux. C’est-à-dire que les plus endettés seraient bientôt dans l’incapacité matérielle de payer les intérêts de leurs dettes. Du coup, pour ces Etats suspects, les primes de risque se sont mises à grimper – rendant leurs charges financières encore plus lourdes.
Sachant qu’au sein de la zone euro, il existe des Etats supportant un niveau d’endettement – et donc de remboursement – raisonnables, et d’autres qui ne sont probablement plus capables de rembourser, combien de temps, la zone peut-elle résister à cet effet de ciseau qui menace de la couper en deux ?
Question subsidiaire : et la France, de quel côté se situera-t-elle alors ?

  Invités

 
Agnes Benassy Queré.  Directrice du CEPII
Professeur d’économie à l’Université Paris X Nanterre et Professeur chargé de cours à l’École polytechnique

 
Laurence Boone.  Chef économiste France chez Barclays Capital



l’Europe à l’épreuve de la récession

5 03 2009

sur le site de la fondation Schuman

L’Europe à l’épreuve de la récession

Auteurs :
Jean-François Jamet : ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure et de l’Université Harvard, est économiste et enseigne à Sciences-Po.
Franck Lirzin : ancien élève de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), est ingénieur des mines.

Résumé

Alors que la Commission peine à coordonner les politiques des Etats membres face à la crise, il est essentiel que des initiatives fortes soient prises pour que la récession ne devienne pas dépression. Ceci implique notamment la mise en place d’instruments de sauvegarde destinés à protéger l’Union européenne des effets dévastateurs des crises de changes (assurance de prêts de la BCE aux Banques centrales faisant face à des crises de change, coordination avec le FMI, fonds de garantie européen, augmentation des fonds structurels) ou de faillites bancaires (possibilité de convertir de la dette obligataire en action en cas de défaut). Ces instruments ne doivent pas néanmoins limiter la discipline budgétaire nécessaire des Etats membres dont la dette publique est d’ores et déjà trop élevée. Pour les autres pays, il est important de clairement indiquer que des efforts seront mis en œuvre au terme de la crise pour assainir les finances publiques.

Il faut également accroître l’effort de coordination des plans de relance pour que les pays s’entendent sur les instruments à utiliser, assurent la rapidité et l’efficacité de leur mise en œuvre et coupent court aux rumeurs de protectionnisme. La possibilité pour la BCE de créer une ligne de crédit spéciale pour l’achat de billets de trésorerie pourrait, par exemple, permettre de relâcher la pression sur ce point en limitant le recours aux Etats pour le refinancement des grandes entreprises. Des initiatives au niveau international (relance de la coopération transatlantique en matière d’intégration commerciale, conclusion du cycle de Doha à l’OMC) sont nécessaires pour envoyer un signal fort de refus du protectionnisme. Par ailleurs, la crise sociale associée à la crise économique rend également nécessaire une réponse des Etats et de la Commission qui pourrait trouver sa cohérence autour d’un objectif commun de renforcement de l’effort de formation professionnelle en faveur des chômeurs et de l’aide au retour à l’emploi.

Enfin, les hommes politiques européens doivent faire preuve de responsabilité, en particulier au moment des élections européennes de juin prochain. L’esprit européen doit l’emporter sur la tentation du repli sur soi. Des solutions, cherchées et apportées ensemble, peuvent et doivent constituer le fondement d’une solidarité européenne qui est la meilleure protection contre le risque de transformation de la récession en dépression.

la suite là




crise financière suite mais pas encore fin !!

14 10 2008

Jacques Sapir analyse les mécanismes de la crise de liquidité paralysant l’activité bancaire, qui selon lui remet en cause le modèle standard de la théorie économique, incapable de rendre compte de la situation : « la gestion de la crise n’implique pas seulement une volonté politique, qui n’est pas toujours pleinement présente ou toujours cohérente… elle nécessite aussi une transformation radicale et fondamentale du cadre théorique. »