premieres ES l’inflation en Chine

22 10 2010

 


La banque centrale chinoise a surpris les marchés en décidant une hausse inattendue de ses taux directeurs, afin d’enrayer la hausse des prix. Dans un communiqué publié dans la soirée du mardi 19 octobre, la Banque populaire de Chine a annoncé une hausse à effet immédiat de son taux de rémunération des dépôts sur un an, passant de 2,25 % à 2,50 %, ainsi que de son taux de crédit sur la même période, qui grimpe de 5,31 % à 5,56 %.

Ce raidissement du crédit est un nouveau signe de la préoccupation des autorités monétaires chinoises au sujet de l’inflation et des risques de surchauffe de la deuxième économie de la planète, et notamment de son marché immobilier. Une semaine plus tôt, celles-ci avaient déjà exigé des grandes banques qu’elles augmentent le niveau minimum de leurs réserves, une manière de réduire la masse de liquidités en circulation.

Les banquiers centraux chinois n’avaient plus procédé à une telle hausse des taux d’intérêt depuis décembre 2007 de peur de casser le dynamisme de l’économie nationale dans un contexte de crise mondiale. Mais cette politique de crédit bon marché se traduit par un afflux d’argent frais dans l’économie, ce qui fait grimper les prix et incite à la spéculation. L’indice des prix à la consommation a augmenté, en septembre, de 3,5 % sur un an, atteignant son plus haut niveau depuis vingt-deux mois.

Un membre du comité de politique monétaire de la Banque populaire de Chine a argué auprès de l’agence de presse Chine nouvelle de la nécessité de chercher un équilibre entre croissance et stabilité des prix. “Les craintes liées à la hausse des prix l’ont emporté sur les appréhensions sur la croissance économique, c’est la principale raison de cette hausse”, a expliqué Li Daokui au groupe de presse étatique.

Les prix des logements en Chine, qui mécontentent une population peinant à accéder à la propriété – et tracassent son gouvernement -, ont repris en septembre leur vertigineuse ascension. Nourris par la spéculation, ils ont augmenté de 9,1 % par rapport à l’an dernier. Ils avaient auparavant baissé pendant quatre mois à la suite de mesures de contrôle des crédits immobiliers dont le succès semble n’avoir duré qu’un temps.

“Le taux de rémunération réel des dépôts est déjà en territoire négatif depuis quelques mois du fait d’une plus forte inflation, ce qui décourage les foyers de mettre leur argent à la banque et encourage la spéculation immobilière, qui génère des retours supérieurs”, relève Ren Xianfang, économiste d’IHS Global Insight à Pékin.

Pour certains analystes, le signal envoyé par la banque centrale chinoise témoigne, en outre, d’un dialogue renoué entre Pékin et Washington sur les questions monétaires à l’approche du G20 de Séoul, les 11 et 12 novembre. Le relèvement des taux ne devrait pourtant pas avoir d’effet direct sur la valeur du yuan, la devise chinoise étant non convertible.

Mercredi, au lendemain de l’annonce, l’institut d’émission chinois a d’ailleurs établi le taux de change référence du yuan 0,3 % plus bas que la veille, à 6,67 yuans pour 1 dollar. Depuis que Pékin s’est engagé, en juillet, à assouplir les règles de fluctuation de sa monnaie, le renminbi (ou yuan) s’est apprécié de 2,5 % face au billet vert.

Confiance insolente

Les marchés se demandent désormais jusqu’où la Chine compte durcir sa politique monétaire. Pour Stephen Green, économiste en chef de la banque Standard Chartered à Shanghaï, les autorités chinoises vont d’abord observer les réactions.

“Tous les arguments contre une hausse des taux d’intérêt restent valables : cela crée par exemple des difficultés pour les compagnies étatiques dans les infrastructures, qui fonctionnent avec de forts leviers de crédit. Mais quelque chose semble avoir finalement changé dans l’évaluation des risques par les autorités, constate M. Green. Nous nous attendons donc à ce que les taux soient à nouveau relevés à un moment, probablement en fonction de ce qui se passera sur les prix intérieurs. Pékin va attendre et regarder avant de bouger davantage.”

Plusieurs économistes partagent l’avis de M. Green : il ne s’agit pas d’une hausse isolée mais du début d’une nouvelle phase au cours de laquelle les autorités monétaires chinoises feront preuve de davantage de rigueur contre l’inflation.

L’annonce illustre néanmoins une confiance insolente de la Chine en son économie, qu’elle se permet de freiner. Le premier ministre, Wen Jiabao, avait assuré cet été que son ralentissement était essentiellement le résultat de mesures volontaires. Selon les derniers chiffres publiés par la Banque mondiale, elle devrait malgré tout croître de 9,5 % cette année.

Harold Thibault

Article paru dans l’édition du 21.10.10






pour les terminales Chômage inflation préoccupations des français

27 01 2010

le chomage et l’inflation inquiètent les français

Le moral des consommateurs français s’est légèrement amélioré en janvier mais leur regain d’inquiétude sur le chômage et l’inflation pourrait peser sur leurs dépenses dans les mois à venir. L’indicateur résumé de l’opinion des ménages sur la situation économique s’est redressé d’un point, à – 29, le chiffre de décembre ayant été révisé à – 30, contre – 31 en première estimation, selon l’enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages publiée mercredi par l’Insee. Les économistes s’attendaient à une stabilisation du moral des ménages, dont le rebond amorcé à l’été 2008 s’était accéléré entre août et novembre 2009 avant de marquer le pas en fin d’année dernière.

“Les Français ont conscience qu’une première étape de la crise a été franchie, mais ils savent également que les mois qui viennent s’annoncent plutôt éprouvants”, observe Alexander Law, économiste au cabinet d’études Xerfi. Si la consommation des ménages a bien tenu en 2009, comme l’ont montré les chiffres publiés mardi sur les dépenses en produits manufacturés, les inquiétudes demeurent vives pour 2010, prévient-il. “Après avoir fortement progressé au quatrième trimestre 2009, avec le boom des achats automobiles porté par la prime à la casse, la consommation des ménages devrait enregistrer un contrecoup début 2010″, prévient Frédérique Cerisier, économiste chez BNP Paribas.

HANTISE DU CHÔMAGE

Si les ménages se montrent plus optimistes sur l’évolution de leur niveau de vie et un peu plus enclins à effectuer des achats importants, ils sont, en revanche, plus inquiets sur l’évolution de l’emploi et des prix. “Pour la première fois depuis juin, les ménages sont plus nombreux à anticiper une augmentation du chômage”, souligne l’Insee.

Le nombre de demandeurs d’emploi pour le mois de décembre 2009 doit être publié à 18 heures alors que Nicolas Sarkozy s’est voulu rassurant lundi soir sur TF1 en estimant que dans les semaines et les mois qui viennent le chômage reculerait en France. Le secrétaire d’Etat à l’emploi, Laurent Wauquiez, a pour sa part évoqué une “bonne” tendance en décembre sur le front du chômage. Ces indications sont toutefois intervenues après la période de conduite de l’enquête de conjoncture réalisée du 4 au 19 janvier auprès d’environ 2 000 ménages.

Les Français perçoivent aussi un léger regain d’inflation, le solde d’opinion sur l’inflation passé augmentant par rapport à décembre (+ 3 points) et les anticipations en matière d’inflation future se dégradant nettement (+ 5 points). “L’année dernière, les prix ont augmenté de 0,1 % seulement mais cette année nous attendons une progression, certes modeste, de 1,1 % qui retirera mécaniquement un point de pourcentage au pouvoir d’achat, de sorte que ce dernier pourrait baisser”, prévient Alexander Law….




pour les terminales es : toujours la zone euro …et l’inflation

8 05 2008

Ce n’est pas une surprise : la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 8 mai, de laisser son principal taux directeur inchangé à 4 %, une décision conforme aux attentes des marchés. Le taux directeur conserve ainsi le niveau atteint en juin 2007. Un peu plus tôt, la Banque d’Angleterre (BOE) avait elle aussi annoncé le maintien de son taux directeur, à 5 %.

Le président de l’institut monétaire, Jean-Claude Trichet, a expliqué la décision, prise à l’unanimité, et fait quelques commentaires sur la situation économique en Europe. Le Français s’est de nouveau déclaré relativement confiant dans la santé de l’économie de la zone euro. “Les fondamentaux économiques restent sains”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Athènes, où se réunissait le conseil des gouverneurs de la BCE. La croissance va certes ralentir, mais se poursuivre, a-t-il redit. Il a de nouveau souligné l’incertitude “inhabituellement” élevée pesant sur les perspectives de croissance en raison des turbulences sur les marchés financiers, où les tensions demeurent.

LA LUTTE CONTRE L’INFLATION, “OBJECTIF PREMIER”

Mais M. Trichet a répété que la lutte contre l’inflation reste l’“objectif premier” de la BCE. Il a jugé que le niveau actuel des taux directeurs est adapté pour combattre les risques de dérapage des prix à moyen terme, qui continuent à augmenter, selon lui. Les prix à la consommation augmentent de plus de 3 % en zone euro, bien au-delà du seuil de tolérance de la BCE (un peu moins de 2 %).

La BCE ne manque pas de dénoncer les menaces d’un dérapage durable des prix, alimenté notamment par des hausses de salaires élevées en zone euro. Pour la BCE, la lutte contre l’inflation constitue la meilleure contribution que la politique monétaire puisse apporter à la croissance.La flambée des prix, nourrie par le pétrole cher et l’explosion des prix des aliments, pèse effectivement sur la consommation des ménages, comme l’illustre encore le recul inattendu de 0,4 % des ventes de détail en mars, annoncé mercredi.

Dans ce contexte, la BCE attendra au moins septembre avant d’agir pour stimuler la croissance, estime Stephane Deo, économiste chez UBS, préférant s’assurer que les pressions inflationnistes se relâchent progressivement comme elle le prévoit. Un grand nombre d’économistes penchent plutôt pour le dernier trimestre




pour tous: inflation change le comportement des consommateurs

22 04 2008

L’inflation démoralise les consommateurs

Samedi 19 avril, magasin Auchan à Bagnolet (Seine-Saint-Denis). Madly Darlis sort de l’hypermarché. Elle avoue avoir évité le rayon pâtisserie. Désormais, cette conductrice de bus à la RATP s’interdit les “petits plaisirs”. Même les pizzas, elle les prépare chez elle. Dans son chariot, il n’y a pas de produits alimentaires de base. Les conserves, les pâtes, les oeufs, elle les achète chez le maxi-discompteur Aldi ; elle prend le reste en grandes surfaces, Carrefour ou Auchan selon les promotions qu’elle pointe sur les catalogues. “Je fais comme tout le monde, j’en mets moins dans mon caddy et, pour ma voiture, je ne fais plus le plein”, poursuit-elle.

Flambée des matières premières et du baril de pétrole, valse des étiquettes dans les rayons, augmentation du litre d’essence à la pompe… Les Français n’ont pas le moral et commencent à se serrer la ceinture, au moins sur certaines dépenses. Sur les trois premiers mois de l’année, les volumes de produits de grande consommation vendus dans les supers et les hypermarchés ont reculé. Le premier décrochage de ce genre depuis 2001.

Et cela ne devrait pas s’arrêter. Une enquête de la banque Robeco et de l’institut IFOP publiée en mars montre que 61 % des Français ont l’intention de réduire leurs dépenses au cours des prochains mois.

Comme César Branco, par exemple. Si ce Parisien employé dans le bâtiment n’a pas changé ses habitudes dans l’alimentaire, il ajoute : “Pour l’essence, je cherche le moins cher, il y a 20 centimes d’écart, et même parfois jusqu’à 40, selon les endroits.”

ALIMENTAIRE

Depuis le début de l’année, les Français remplissent moins leurs chariots dans les supers et les hypermarchés et fréquentent de plus en plus les magasins de maxidiscompte. Après avoir stagné ces deux dernières années, ce secteur est franchement reparti à la hausse en janvier, avec un gain de 0,5 point de part de marché. Le maxidiscompte représente désormais 14,2 % des dépenses alimentaires des Français, selon TNS Worldpanel.

Principale raison de cet engouement pour les bas prix : la flambée des prix alimentaires. Une hausse inédite de 4,9 % en mars, après 4,7 % en février et 4 % en janvier ! Sur un an, ce sont les pâtes (+17,42 %) et les oeufs (+14,45 %) qui ont le plus augmenté, selon les chiffres Nielsen publiés par le magazine LSA. Conséquence : les ventes de pâtes sont en chute libre : – 2 % en mars après – 3,7 % en février, – 3,2 % en janvier et – 3,4 % en décembre. “Pour l’instant les ventes d’oeufs restent stables, peut-être parce que l’oeuf standard reste la protéine la moins chère”, relève Christian Marinoff, le directeur de l’interprofession du secteur.

“Aujourd’hui, la consommation ne s’inscrit plus dans le futur. On ne diffère pas un achat mais on fait des arbitrages : on remplit moins son chariot mais on s’achète un écran plat”, indique Olivier Geradon de Vera, vice-président du cabinet Iri Secodip.

Lorsque les consommateurs font leurs courses, ils sont de plus en plus nombreux à privilégier les marques de distributeurs ou les produits premiers prix. C’est d’autant plus vrai lorsque le budget de nos clients est très contraint”, confirme Nathalie Mesny, directrice du marketing chez Carrefour. Pour les marques nationales telles que Danone, Barilla ou encore Nestlé, cette situation pourrait devenir préoccupante si elle se poursuivait. “Nos volumes ont baissé mais il est encore trop tôt pour y voir l’effet direct de la hausse des prix”, minimise-t-on chez Danone.

“On sait que pour l’alimentation, le décalage entre la hausse des prix et sa perception par le consommateur est plus grand que pour l’essence ou les téléphones portables, nous sommes donc plus exposés”, estime néanmoins Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania).

AUTOMOBILE

Les Français voient leur budget s’alourdir. Du coup, le nombre de kilomètres effectués ne cesse de diminuer. Selon le dernier relevé de l’Union française des industries pétrolières (UFIP), le prix de l’essence sans plomb 95 a atteint un record, à 1,38 euro, et le gazole à près de 1,28 euro. A la veille des vacances de printemps, les automobilistes se sont rués sur le comparateur de prix mis en ligne par le ministère des finances pour trouver les stations les moins chères.

Les immatriculations de voitures particulières devraient augmenter en 2008 de près de 2 % selon le cabinet Xerfi. Mais les Français se portent de plus en plus sur les petites cylindrées, moins chères à l’achat et moins gourmandes en carburant. Sur le premier trimestre de 2008, elles représentent un achat sur deux. Dans le même temps, les ventes de gamme moyenne ont reculé de 10 % sur un an, le haut de gamme chute, lui, de 34,2 %. L’instauration du bonus/malus écologique explique cette redistribution des cartes depuis le début de l’année. Il est peu probable que les Français se soient mués en écologistes purs et durs ? Pour Robert Rochefort, le président du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc), la voiture ne fait plus partie des achats “fantasmes”. En témoigne le succès de la voiture à bas prix de Renault, la Logan dans l’Hexagone.

HABILLEMENT

Selon l’Institut français de la mode (IFM), en mars, les ventes ont reculé de 12 % en valeur pour les grands magasins et les commerces indépendants et de 8 % pour les chaînes spécialisées. “Il y a une vraie panne de la consommation. Les gens ont intégré la crise économique”, explique Franck Delpal de l’IFM. Selon lui, le débat autour du pouvoir d’achat, de la hausse des produits alimentaires et de l’énergie a eu raison du budget consacré à l’achat de vêtements.

LOISIRS

La baisse du pouvoir d’achat touche aussi le budget vacances. Selon une étude menée par le cabinet Guy Raffour et le voyagiste en ligne Opodo.fr, en 2007, les Français étaient moins nombreux à partir qu’en 2006. Les ménages au pouvoir d’achat élevé continuent de partir. Les ménages modestes rognent sur leurs vacances au profit d’autres dépenses considérées comme incompressibles. En 2006, les foyers qui gagnaient entre 1 200 et 1 900 euros étaient 57 % à partir en vacances. Ils n’étaient plus que 49 % en 2007.

Avec un taux d’épargne parmi les plus élevés d’Europe (15,5 % en 2006), les Français pourraient être contraints de puiser dans leur bas de laine pour maintenir leur niveau de consommation. “Pour l’instant, il n’y a aucun signe dans ce sens mais il est encore un peu tôt. S’ils ne le faisaient pas cela signifierait qu’ils ont vraiment le moral dans les chaussettes”, souligne M. Rochefort.