les retraites suite (2)

22 10 2010

un article d’alternatives économiques

Oui, les jeunes seront bien victimes de la réforme des retraites

 

Face à la mobilisation croissante des lycéens et étudiants, les défenseurs de la réforme des retraites affirment que le report de l’âge minimal de départ en retraite n’aggraverait pas le chômage des jeunes. Ils ont malheureusement tort, au moins à court terme… 

Les défenseurs de la réforme ont raison d’insister sur la complexité du lien entre âge de départ en retraite et niveau d’emploi. Il n’y a rien d’automatique en effet à ce qu’un emploi libéré par le départ d’un senior soit occupé par un jeune. Ce départ peut aussi être l’occasion pour une entreprise de supprimer l’emploi en question, voire de délocaliser toute une activité si, par exemple, de nombreux « baby boomers » partent en retraite en même temps… Dans de tels cas de figure, retarder le départ des personnes concernées aurait pour résultat de préserver des emplois dans l’immédiat, même si ce ne sera sans doute que très provisoire… De plus, tous les économistes conviennent qu’à long terme le niveau de l’activité économique tend à s’ajuster à celui de l’offre de travail. 

Autrement dit : si les seniors restent plus longtemps en emploi, on finira bien par trouver autre chose à faire faire aux jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Et donc, au final, il y aura à la fois plus d’activité économique et d’emplois. Certains pays, parviennent en effet à avoir des taux d’emplois élevés tant pour les seniors que pour les jeunes. Et pas seulement les plus libéraux et les plus inégalitaires, puisque cela concerne notamment les pays scandinaves. Cet ajustement n’a cependant rien d’automatique : en France cela fait déjà trente ans qu’on n’a toujours pas trouvé quoi faire faire à 10 % de la population active… 

De plus, à long terme nous sommes tous morts comme le rappelait fort justement John Maynard Keynes. Or, ce qui, sous certaines conditions, peut être vrai à long terme ne l’est en tout cas certainement pas à court terme : dans l’immédiat la hausse de la population à la recherche d’un emploi engendrée par le recul de l’âge de départ en retraite va bien se traduire par des difficultés supplémentaires pour les jeunes. C’est d’ailleurs un phénomène qu’on a déjà observé depuis le début de la crise. Les réformes des retraites antérieures ainsi que le durcissement des conditions d’accès à la Dispense de recherche d’emploi pour les chômeurs et au dispositif « Carrières longues » mis en place en 2003 pour les retraites anticipés, ont déjà entrainé un recul sensible de l’âge de départ des seniors. 

Du coup on a assisté depuis deux ans à une hausse significative de l’emploi des 55-64 ans (+ 274 000 personnes entre le 2ème trimestre 2008 et le 2ème trimestre 2010 selon les chiffres de l’enquête emploi), malgré une crise sans précédent depuis 1929 qui a causé la perte de 500 000 emplois dans le secteur concurrentiel. Tandis que, a contrario, l’emploi des jeunes de 15 à 29 ans, déjà très faible en France, reculait lui nettement (- 133 000 personnes entre le 2ème trimestre 2008 et le 2ème trimestre 2010). Une tendance qui devrait donc se poursuivre et s’aggraver si la réforme des retraites proposée par le gouvernement est adoptée. 

Le choix implicite fait avec cette réforme est bien d’avoir moins de retraités et plus de chômeurs, notamment chez les jeunes. Sur le plan des comptes publics, un tel choix est d’ailleurs rationnel : un chômeur, surtout s’il est jeune et n’a pas encore travaillé, coûte beaucoup moins cher à la collectivité qu’un retraité. Mais pour l’avenir du pays, il est difficile de considérer que ce calcul cynique puisse être un choix optimal. 

Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques | Article Web – 21 octobre 2010



encore les retraites

21 01 2010

Du fait de la crise, la négociation sur les retraites des prochains mois s’annonce encore plus délicate que les précédentes : les comptes se sont dégradés mais dans un contexte de chômage de masse, repousser l’âge de départ à la retraite reviendrait surtout à diminuer encore le montant des pensions et aggraverait le chômage des jeunes. Il faudra donc bien, à terme, augmenter les cotisations…

Les retraites vont être un des grands sujets de l’année : lors de la dernière réforme, en 2003, rendez-vous avait en effet été pris pour 2010 afin de réajuster les dispositifs en fonction des évolutions constatées.

Dans un premier temps, le gouvernement avait même caressé l’idée d’une refonte complète. Il se serait agi de transformer le régime général, qui aujourd’hui accorde une pension au prorata des revenus touchés pendant les meilleures années de la carrière professionnelle, en un système par point, analogue à celui des régimes de retraite complémentaires, selon le modèle de la réforme des retraites suédoises décidée dans les années 1990 (1). Compte tenu de la dégradation de la situation économique et de l’ampleur des incertitudes qu’une telle révolution aurait suscitée, cette hypothèse semble désormais écartée.

 

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suite de cours terminales de ce matin

27 05 2008

Le  boum des retraités pourrait ne pas avoir lieu

  paru dans les échos le 26/05/08

  

  

Le départ à la retraite des baby-boomers aux Etats-Unis, ces 78 millions d’Américains nés entre 1946 et 1964, devait être une sorte de « tsunami des tempes grisonnantes ». Nombre d’entreprises – agences de voyages, maisons luxueuses de retraite, conseillers financiers – s’apprêtaient à bénéficier de la manne accumulée pendant toute leur vie active par ces nouveaux retraités. Mais, estime « Business Week », ils risquent d’être déçus. « La démographie n’a rien à voir avec le destin. » D’une part, un nombre plus faible que prévu de ces baby-boomers devenus papy ou mamy sera assez riche ou assez jeune pour s’offrir tout ce qu’on propose. D’autre part, d’après la firme de consultants Coyne Partnership, la taille du marché de la retraite aux Etats-Unis et son taux de croissance seront nettement moins importants qu’attendu.

Comme tous les Américains, les papy-boomers doivent affronter la crise, boursière et immobilière, ainsi que la flambée des prix de l’énergie et des soins de santé. Ce qui oblige nombre d’entre eux à reprendre un travail. Il y aurait déjà 14 % de retraités qui auraient suivi cette voie. Petit avantage, souligne le magazine américain, ce retour dans la vie active repousse la date prévue pour la faillite des caisses de retraite. Au-delà des raisons conjoncturelles liées à l’actuelle crise économique, des causes financières et sociales profondes devraient obliger nombre d’entreprises à revoir leurs projections à long terme sur ce phénomène. D’après les calculs de Coyne, il y aurait de 5 à 10 millions de retraités de moins que prévu à l’horizon 2017. Premier signe de ce phénomène, au cours des quatre premiers mois de 2008, environ 30 % des personnes âgées de soixante-cinq à soixante-neuf ans étaient encore employées ou à la recherche d’un emploi, nettement plus qu’en 2000 (24 %). L’une des causes est la multiplication des divorces, qui obligent de plus en plus de baby-boomers à ne compter que sur un seul revenu. L’autre est l’augmentation du nombre de femmes cadres occupant des emplois moins durs physiquement que les générations précédentes. Enfin, les baby-boomers sont la première génération aux Etats-Unis à devoir compter sur des retraites par capitalisation et non sur des pensions garanties. Ce qui appelle tout le monde à plus de prudence.




pourquoi 41 ans de cotisations pour les retraites

23 05 2008

Les syndicats appellent à une journée de mobilisation, jeudi 22 mai, contre le passage annoncé de 40 à 41 années de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Pour Raphaël Hadas-Lebel, président du Conseil d’orientation des retraites, cette augmentation est inévitable du fait du choc démographique lié au vieillissement de la population. Selon Thomas Piketty, économiste, notre système de retraites est devenu bien trop complexe. Il estime qu’il serait temps d’en changer en s’inspirant du modèle suédois. Propos recueillis par  Constance Baudry et Jonathan Parienté