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12 10 2009

un article du monde sur la hausse des taux

Taux et changes

L’Australie ouvre le bal de la hausse des taux

Une banque centrale des pays du G20 a lancé cette semaine le coup d’envoi de la normalisation des politiques monétaires de la période d’après-crise. L’Australie, dont l’économie est soutenue par ses exportations et la demande chinoise de matières premières, a relevé, mardi 6 octobre, d’un quart de point, à 3,25 %, son principal taux directeur.

Les marchés s’attendaient à une hausse prochaine des taux d’intérêt en Australie, mais pas aussi vite. Un seul des vingt économistes interrogés peu avant la réunion de la banque centrale par l’agence Bloomberg avait prévu une hausse des taux. La Norvège pourrait suivre, estiment les économistes, dès le 26 octobre.

Pour les Etats-Unis et la zone euro, le moment de la normalisation monétaire n’est pas aussi proche. Le niveau actuel des taux d’intérêt pilotés par la Banque centrale européenne (BCE) reste « approprié », a jugé jeudi, à l’issue de la réunion de l’institution, son président, Jean-Claude Trichet. Il a indiqué que le scénario économique rempli d’incertitudes de la BCE était le même que le mois dernier. Il a cité la hausse des prix des matières premières et de l’énergie comme étant un risque qui pouvait autant peser sur la croissance que sur l’inflation.

Aux Etats-Unis, Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale (Fed), a déclaré jeudi que « les politiques accommodantes se justifieront sans doute pendant une période prolongée ». « A un certain stade toutefois, a-t-il ajouté ; quand la reprise économique s’ancrera, nous devrons resserrer la politique monétaire pour prévenir l’apparition d’un problème inflationniste. »

Dans l’état actuel des choses, les économistes ne s’attendent pas à ce que la Fed ou la BCE relèvent leurs taux avant mi-2010, voire début 2011 pour certains. Selon les économistes interrogés par Reuters, le taux directeur de la BCE remonterait à 1,25 % à la fin du troisième trimestre et terminerait 2010 à 1,5 %.

Malgré tout, les banques centrales commencent à réfléchir au retrait des mesures exceptionnelles et à l’allégement de leur bilan. Du côté américain, la Fed est entrée en négociation avec les banquiers pour voir comment elle pourrait réduire son bilan, qui est passé de 800 milliards de dollars avant la crise à près de 2 000 milliards (1 355 milliards d’euros) avec sa politique de rachats d’actifs.

L’Europe est inquiète

Une des pistes envisagée par la banque centrale consisterait à mettre en pension auprès du secteur financier les titres qu’elle possède dans son bilan, une opération appelée « reverse repo ». Selon les économistes de Natixis, « cette opération permettrait à la Fed de se séparer pendant une période déterminée des actifs situés dans son bilan (dans le cas présent, vraisemblablement jusqu’à leur maturité) » en échange d’une rémunération. Cela « offrirait donc le double avantage de normaliser la taille du bilan de la Fed et de drainer les liquidités excessives sur le marché américain », poursuivent-ils. Le problème est que les banquiers de proximité de la Fed, l’équivalent des spécialistes en valeurs du Trésor en France, c’est-à-dire ceux habilités à participer aux opérations de vente d’emprunts par le Trésor, ont des capacités bilantielles actuellement très limitées du fait de la crise.

La Fed chercherait donc un moyen de réaliser son opération avec des fonds de placement monétaire qui, eux, ont souffert d’un retour de l’appétit pour le risque des investisseurs et de la baisse des taux d’intérêt qui a fait fondre leur rendement.

Par ailleurs, sur le marché des changes, le billet vert a été affecté en début de semaine par un article dans la presse britannique évoquant le projet de plusieurs pays d’abandonner le dollar comme devise de négoce du pétrole. Il a poursuivi sa chute au cours de la semaine – atteignant jeudi 1,4818 dollar pour 1 euro -, au point que les banques centrales asiatiques sont intervenues sur le marché des changes pour ralentir la progression de leur propre monnaie face au dollar.

L’Europe, impuissante à contrôler sa monnaie qui est dirigée par le dollar et la politique américaine, est de plus en plus inquiète. L’engagement exprimé par les autorités américaines en faveur d’un dollar fort est « extrêmement important dans les circonstances actuelles », a rappelé jeudi M. Trichet.

Cécile Prudhomme



pour les terminales es : toujours la zone euro …et l’inflation

8 05 2008

Ce n’est pas une surprise : la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 8 mai, de laisser son principal taux directeur inchangé à 4 %, une décision conforme aux attentes des marchés. Le taux directeur conserve ainsi le niveau atteint en juin 2007. Un peu plus tôt, la Banque d’Angleterre (BOE) avait elle aussi annoncé le maintien de son taux directeur, à 5 %.

Le président de l’institut monétaire, Jean-Claude Trichet, a expliqué la décision, prise à l’unanimité, et fait quelques commentaires sur la situation économique en Europe. Le Français s’est de nouveau déclaré relativement confiant dans la santé de l’économie de la zone euro. « Les fondamentaux économiques restent sains », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Athènes, où se réunissait le conseil des gouverneurs de la BCE. La croissance va certes ralentir, mais se poursuivre, a-t-il redit. Il a de nouveau souligné l’incertitude « inhabituellement » élevée pesant sur les perspectives de croissance en raison des turbulences sur les marchés financiers, où les tensions demeurent.

LA LUTTE CONTRE L’INFLATION, « OBJECTIF PREMIER »

Mais M. Trichet a répété que la lutte contre l’inflation reste l’« objectif premier » de la BCE. Il a jugé que le niveau actuel des taux directeurs est adapté pour combattre les risques de dérapage des prix à moyen terme, qui continuent à augmenter, selon lui. Les prix à la consommation augmentent de plus de 3 % en zone euro, bien au-delà du seuil de tolérance de la BCE (un peu moins de 2 %).

La BCE ne manque pas de dénoncer les menaces d’un dérapage durable des prix, alimenté notamment par des hausses de salaires élevées en zone euro. Pour la BCE, la lutte contre l’inflation constitue la meilleure contribution que la politique monétaire puisse apporter à la croissance.La flambée des prix, nourrie par le pétrole cher et l’explosion des prix des aliments, pèse effectivement sur la consommation des ménages, comme l’illustre encore le recul inattendu de 0,4 % des ventes de détail en mars, annoncé mercredi.

Dans ce contexte, la BCE attendra au moins septembre avant d’agir pour stimuler la croissance, estime Stephane Deo, économiste chez UBS, préférant s’assurer que les pressions inflationnistes se relâchent progressivement comme elle le prévoit. Un grand nombre d’économistes penchent plutôt pour le dernier trimestre