Caisse noire de l’UIMM : merci patrons !
Un sérieux scandale secoue actuellement le Medef, la principale confédération patronale : Denis Gautier-Sauvagnac, un de ses dirigeants, aurait retiré 19 millions d’euros en espèces d’une caisse secrète de 600 millions au total - constituée par son union patronale affiliée au Medef, la puissante UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie : automobile, aéronautique, etc.) - afin de les distribuer, on ne sait trop à qui : syndicats ? partis politiques ? L’intéressé n’a rien voulu dire (et n’a pas été incarcéré, contrairement à Jérôme Kerviel, qui a tout dit mais reste en prison : allez comprendre…) En tout cas, beaucoup en ont profité, pendant des années.
Ce monsieur vient de quitter ses fonctions à l’UIMM, non sans avoir empoché un chèque de 1,5 millions d’euros - pour acheter son silence ?… Plusieurs politiques ont protesté, y compris au sein de l’UMP, et la présidente du Medef, Laurence Parisot - issue d’une nouvelle génération de patrons, jeunes et du tertiaire plutôt que de l’industrie - n’a pas du tout apprécié la manoeuvre, et a engagé un bras de fer avec l’UIMM, en réclamant la “mise à plat de ses mandats” (cad. de ses postes au sein du Medef ainsi que des caisses de protection sociale : allocation chômage, etc.). L’UIMM, héritière du fameux Comité des Forges (né en 1864), et donc plus ancienne que le Medef (ex-CNPF) lui-même, résiste et le conflit est loin d’être résolu:
Dans cette ”guerre des patrons”, l’hebdomadaire de gauche Marianne pointe le malaise actuel au sein de la gauche, qui dit beaucoup de bien de L. Parisot - par exemple, l’ancien premier ministre Michel Rocard, soutenant Mme Parisot dans Le Monde contre les “immoralités” du capitalisme. Lisez la suite ici :
Le quotidien communiste L’Humanité a de son côté publié un document secret du patronat justifiant la création d’une caisse anti-grève, dite “d’entraide professionnelle” en 1972.
D’autres informations utiles sur l’histoire des organisations patronales ici :