Au niveau de l’emploi… c’est pas la joie
C’est Henri Salvador qui chantait, dans les années 70 : “au niveau des manifestations, c’est pas la joie, c’est pas la joie ! Au niveau de … etc. etc. c’est pas la joie…”
La remontée du chômage en janvier tombe mal pour le gouvernement, juste avant les élections municipales - alors que l’année 2007 s’était terminée sur un bon résultat de 7,9 % d’actifs au chômage - l’INSEE a même publié, aujourd’hui même, un taux de chômage de 7,5 % (hors DOM-TOM) pour le seul 4ème trimestre.
Mercredi après-midi, N. Sarkozy a réagi : “Nous aurons prochainement des chiffres qui montreront une baisse sans précédent du chômage dans notre pays“.
Mais en plus de la légère remontée du chômage, et de ses effets politiques, c’est surtout le développement de la précarité qui est préoccupant, au quotidien, pour des millions de salariés.
Extrait d’un article du Monde du 27/02 dernier :
Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE s’est remis à progresser de 0,7 % en janvier, soit 13 200 personnes supplémentaires parmi 1 910 500 chômeurs de la catégorie 1 à la recherche d’un emploi à temps plein sans avoir travaillé plus de 78 heures. (…)
Sur l’ensemble des catégories incluant les emplois à temps partiel et les petits boulots, la hausse des inscriptions atteint 1,4 % pour 2,379 millions de personnes. Pour l’essentiel, les nouvelles inscriptions à l’ANPE proviennent des fins de contrat à durée déterminée (+39 % par rapport au mois de décembre) et des missions d’intérim (+ 23 %), auxquelles s’ajoute un nombre beaucoup plus élevé qu’en décembre d’inscriptions pour cause de démissions (+ 44 %) et de licenciements individuels (+24 %).
(…) Parallèlement, une étude de la Dares, l’organisme de recherche du ministère de l’emploi, publiée en février, pourrait bien renforcer la perception d’une extension de la précarité de l’emploi. Selon cette enquête, 1,1 million de salariés exerçaient à la fin 2006 une activité réduite, peu ou non qualifiée et précaire (CDD, intérim, saisonnier) et de courte durée. Leur nombre aurait quasiment doublé en dix ans pour des gains, peu élevés, cumulés avec les allocations de chômage.
Et Henri Salvador concluait sa chanson ainsi : “Y a qu’au niveau de l’amour, que ça va toujours !…”