La zone euro va plutôt mieux que les Etats-Unis…

18 05 2008

… et cela est peut-être dû à la rigueur de la gestion de l’euro et des taux d’intérêt par la Banque Centrale Européenne, dirigée par Jean-Claude Trichet.

 De nombreux économistes et politiques accusaient celui-ci de tuer la croissance et l’emploi dans la zone euro, en demeurant obsédé par l’inflation (qui était très faible ces dernières années) et un “euro fort”, et en maintenant pour cela des taux d’intérêt qui seraient trop élevés - car vous vous souvenez qu’avec des taux d’intérêt élevés, on favorise l’épargne et on freine les crédits, et donc l’investissement ; et inversement si on baisse les taux d’intérêt.

 Mais aujourd’hui, on s’aperçoit que la politique anti-inflationniste de M. Trichet peut être discutée, comme toute politique, mais elle a ses avantages, du moins face à une crise comme celle qui arrive des Etats-Unis - même si l’inflation est effectivement de retour en Europe. Seulement, il ne faudrait pas confondre ces avantages à court terme, et les choix à faire sur le plus long terme :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/05/17/jean-claude-trichet-savoure-son-triomphe-avec-modestie_1046293_3234.html#ens_id=951246



Risque de krach sur le marché immobilier français

12 05 2008

Comme je l’avais rapidement évoqué en cours il y a quelques jours, de nombreux observateurs craignent l’arrivée imminente en France - après les Etats-Unis et d’autres pays européens - d’une grave crise immobilière : les prix pourraient n’augmenter que très faiblement l’an prochain, et les banques font preuve d’une très grande prudence dans les crédits accordés, ce qui pourrait bloquer le marché.

Bien entendu, cette situation présentée comme négative - avec des difficultés voire des faillites dans les agences immobilières voire certaines banques - pourrait profiter aux ménages acheteurs, qui sans être millionnaires pourraient envisager de faire une acquisition à un prix plus raisonnable que par le passé. A suivre…



C’est la fin !… et ce n’est qu’un début !

29 04 2008

Un article du Monde explique que nous sommes entrés non pas dans une, non pas dans deux, mais dans six crises simultanées ! On est mal…

Avec de beaux graphiques, comme on les aime bien en SES.

Et en plus, en complément du cours d’aujourd’hui, une analyse de la hausse des prix alimentaires.



Les Américains ont de plus en plus le blues

26 04 2008

Hausse des prix, suppressions d’emplois, crise de l’immobilier… : comme je l’ai déjà écrit sur ce blog, l’indice de confiance des ménages américains (dit indice de l’université du Michigan) est très bas, et aujourd’hui il est à son plus bas niveau depuis vingt-six ans… ce qui est l’un des signes annonciateurs d’une récession économique.



La crise financière aurait déjà coûté 1000 milliards de dollars

9 04 2008

C’est le chiffre avancé par le Fonds Monétaire International (FMI), présidé par Dominique Strauss-Kahn, dans un rapport semestriel sur la stabilité financière mondiale.

D’ores et déjà, les coûts directs et indirects de la crise financière née il y a six mois aux Etats-Unis dépasseraient donc ceux de la précédente grande crise financière, au Japon dans les années 90 - qui avait plongé le pays dans la récession pendant une dizaine d’années.



En attendant la crise…

22 03 2008

Tous les économistes et instituts de prévision semblent s’accorder sur le fait que l’économie mondiale - Etats-Unis et Europe en tête - entre dans une période de récession (croissance économique négative) ou du moins de croissance quasi-nulle. Les prévisions de croissance, qui servent d’hypothèse pour la construction du budget de l’Etat, sont revues à la baisse.

De leur côté, les patrons du CAC40 (les 40 plus grosses entreprises de la Bourse de Paris) ne sont pas si pessimistes : leurs carnets de commande se portent bien, et ils cherchent à vendre et à fabriquer dans de nouvelles régions du monde, comme la Chine.

Néanmoins, un grand économiste, Michel Aglietta, pense que cette crise est aussi grave que celle de 1929, qui a mené à la Grande Dépression des années 30.

Deux secteurs permettent à la France de s’en sortir malgré tout pas trop mal, comparé à d’autres pays : la consommation automobile et le marché immobilier. Les baraques et les bagnoles : quand ça va, tout va !  :-)



Le vrai coût de la guerre en Irak

20 03 2008

Bien entendu, le coût humain d’une guerre ne peut être réduit à des données financières, mais le rôle des économistes est d’en parler. Jo Stiglitz, prix Nobel d’économie, dans un article dans les Echos, évalue le coût total de la guerre en Irak à… 3000 milliards de dollars, depuis 5 ans, pour les Etats-Unis - et 3000 autres milliards pour le reste du monde (mais l’auteur ne précise pas cet aspect).

Au-delà des dépenses purement militaires, il faut compter le coût de l’endettement des Etats-Unis (la dette américaine est passée de 5700 milliards de $ à l’arrivée de Bush, à 9000 milliards aujourd’hui, selon le commentaire d’un internaute après l’article, citant les statistiques américaines), qui pèsera sur les générations futures, les soins médicaux et les pensions versées aux anciens combattants (il y a plus d’1,5 millions de soldats en Irak), le déréglement du marché pétrolier (de nombreux puits de pétrole ayant été détruits), et des marchés financiers mondiaux, en mauvais état actuellement : la guerre est financée à 80 % par l’épargne du reste du monde (la Chine notamment), qui serait mieux utilisée ailleurs.

3000 milliards de dollars… imaginez tout ce qu’on aurait pu faire, aux Etats-Unis et dans le monde, avec une telle somme…



Le FMI “casse” les prévisions de croissance en Europe

23 02 2008

Un rapport du Fonds monétaire international (FMI), mercredi dernier, a abaissé les prévisions de croissance du PIB de la France à 1,5 % en 2008 - contre 2 à 2,5 % selon le gouvernement. Un détail, me direz-vous ? Le problème, c’est que ça change tout pour le budget de l’Etat, calculé d’après les prévisions de croissance : de la croissance dépendent notamment les recettes fiscales. Si la croissance est supérieure aux prévisions, tout va bien, on obtient un excédent de recettes fiscales (ça arrive parfois, comme avec la “cagnotte” de 1999) ; mais si la croissance est inférieure aux prévisions, cela entraîne un déficit budgétaire, donc un creusement de la dette de l’Etat.

Le FMI reconnaît des efforts de réforme de la part du gouvernement, mais n’est globalement pas convaincu sur la capacité du pays à créer de la croissance, et dénonce un manque de sérieux dans les dépenses publiques. Face à ces analyses un peu contradictoires de la part du FMI, Christine Lagarde, ministre de l’Economie, a parlé de “schizophrénie”.

Hier vendredi, toujours du fait du ralentissement économique mondial, ce sont les prévisions de croissance pour l’Allemagne qui sont abaissées à 1,5 % - les autorités allemandes prévoyant plutôt 1,7 %.

En tout cas, ces chiffres annoncés par le FMI s’accordent avec ceux de la plupart des instituts économiques et de la Commission européenne, qui prévoient une croissance des deux principaux pays de l’Union européenne inférieure à 2 % en 2008 - ce qui ne va arranger ni l’emploi, ni la dette publique. Mais on ne sait jamais, on aura peut-être une bonne surprise…

Mais d’ores et déjà, selon des sondages récents, il semble que la confiance des ménages dans l’action économique et sociale du gouvernement s’effondre. En sociologie, on appelle cela des “prophéties autoréalisatrices” : si des prévisions sont négatives (quel que soit le domaine), et si les personnes concernées y croient, les prévisions se réalisent…



Bulletin de santé de l’économie française

15 02 2008

Au fait, l’économie française va-t-elle plutôt bien ou mal ? L’Insee vient de publier les grands indicateurs macroéconomiques de l’année 2007 : 1,9 % de croissance du PIB en 2007 (alors que les prévisions, sur lesquelles est fondé notamment le budget de l’Etat, étaient de 2 à 2,5 %). La France n’est pas bien placée de ce point de vue dans la zone euro.

Dans la présentation des Echos, le quotidien économique de référence, vous aurez un résumé de l’état de la croissance et de ses différentes composantes : consommation, investissement, etc. (avec des graphiques clairs). Peut-être en tirerez-vous quelques prévisions pour l’année à venir… qui ne seront pas forcément plus mauvaises que les prévisions officielles, régulièrement démenties par les faits..

Vous pouvez aussi voir dans Le Monde l’évolution de la croissance française, comparée à d’autres pays européens.

Mais si la croissance est faible, les profits des entreprises du CAC40 (les 40 plus grosses capitalisations boursières de la Bourse de Paris) se portent bien, comme l’explique un économiste que j’aime bien, Bernard Maris (qui n’est autre qu’Oncle Bernard, dans Charlie Hebdo).

Du côté de l’emploi, les résultats ne sont pas mauvais : près de 300 000 emplois créés l’an passé dans le secteur privé, contre 230 000 en 2006. Le secteur bâtiment-travaux publics est dynamique, mais l’industrie supprime plus d’emplois qu’elle n’en crée. Ce sont naturellement les services qui créent le plus d’emplois, mais attention, on intègre dans les services toutes les missions d’intérim (même dans le secteur secondaire), qui se sont fortement développées depuis les années 90.