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Un film soixante-huitard : “L’AN 01″

Vendredi 2 mai 2008

Pour mon anniversaire, c’est moi qui vous offre un cadeau : voici un film rare, “L’An 01″, réalisé en 1973 par Jacques Doillon (avec Alain Resnais et l’ethnologue Jean Rouch) avec très peu de moyens mais énormément d’acteurs - vous en reconnaîtrez beaucoup - et plein de lecteurs d’Hara-Kiri, Charlie-Hebdo et d’autres, jusqu’en Afrique !

Et si on arrêtait tout, pour de bon, du jour au lendemain ?… Non pas pour simplement mettre le bazar, mais pour vraiment changer la vie ? Y est-on vraiment prêts ? De quoi a-t-on vraiment envie ?

Une bonne illustration du véritable esprit de mai 68, sans commémoration pompeuse ni nostalgie hypocrite.

Durée : 1h23.

1ère partie : http://www.dailymotion.com/adrien_fournier/video/xfp68_a-lan-01

2ème partie : http://www.dailymotion.com/adrien_fournier/video/xfpfv_b-lan-01


1908-2008 : tout est différent, tout est semblable…

Lundi 31 mars 2008

« Les effets de la crise de l’Amérique du Nord se sont fait sentir depuis le début de l’année… » - Les Echos de l’exportation, numéro 1, 2 avril 1908. 

Le premier quotidien économique français, Les Echos, fête cette semaine ses 100 ans : l’occasion de regarder en arrière, sur la “longue durée”, comme disent les historiens.

Lorsqu’on compare la France de 1908 et celle de 2008, on constate que l’économie et la société ont profondément changé, bien sûr, mais d’un autre côté, on observait déjà en 1908 plusieurs des phénomènes d’aujourd’hui : crise boursière, innovations, mondialisation… qui sont le propre du capitalisme - système qui malgré des crises graves et récurrentes a toujours fait preuve d’une étonnante capacité d’adaptation…


Mai 68, si loin…

Vendredi 21 mars 2008

Le mouvement de mai 68 a débuté le 22 mars à Nanterre (nouvelle université à l’ouest de Paris) ; cette année, pour les 40 ans du “mouvement du 22 mars” et des événements de mai 68, les médias et de nombreux intellectuels en rajoutent dans la nostalgie. Mais, qu’en est-il du côté des étudiants d’aujourd’hui ? Se sentent-ils concernés par cette vague de révolte de la fin des années 60, qui voulait changer radicalement la société ?

Une analyse d’une étudiante d’aujourd’hui.

Et vous, qu’en pensez-vous ?


Rituels républicains : la commémoration de la Résistance

Lundi 3 mars 2008

Je vous ai promis, dans le cours de ce matin, des documents vidéos montrant des discours de commémoration des martyrs de la Résistance.

Voici tout d’abord le premier discours officiel de Nicolas Sarkozy en tant que Président de la République, en mai dernier, en hommage aux jeunes résistants assassinés en août 1944 à la Cascade du Bois de Boulogne, à Paris :

http://www.dailymotion.com/relevance/search/discours%2Bsarkozy/video/x1zw9v_discours-de-sarkozy-au-bois-de-boul_politics

Observez attentivement l’organisation de la cérémonie, le ton de ce discours, son contenu : à qui il s’adresse, les émotions et les messages politiques qu’il veut transmettre…

Vous pouvez ensuite relever les points communs et les différences avec LE discours de référence sur la Résistance : celui d’André Malraux lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon, le 19 décembre 1964.

André Malraux est à l’époque ministre de la Culture (le Général de Gaulle étant le premier Président de la Ve République), c’est aussi un grand écrivain et un grand résistant. Il utilise un art oratoire qui peut paraître suranné même pour l’époque, d’autant que le sujet du discours est contemporain, mais c’est ce qui rend ce discours si particulier et si émouvant. Pierre Messmer, au premier rang pour le discours de N.Sarkozy, est déjà là, en tant que ministre des Armées. La chaîne de télévision de l’époque, l’ORTF, insère dans le discours des images d’archives, comme celles des camps de la mort, mais la force du verbe de Malraux est déjà insoutenable.

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=CAF89027428

Sentez le vent de décembre qui secoue les cheveux de Malraux et ses feuilles de papier, comme si nous étions dans un maquis du Vercors, écoutez ce discours inoubliable, notamment lors de l’exorde (dernière partie d’un discours dans la rhétorique classique, qui doit être un sommet de conviction et d’émotion, et c’est bien le cas ici), regardez les visages des membres du gouvernement, pour la plupart d’anciens résistants, les yeux baissés de Georges Pompidou, le Premier ministre à la droite du Général de Gaulle, le fondateur de la France Libre, exceptionnellement en uniforme ; regardez le Général lui-même, le visage tremblant d’émotion, les tambours qui attaquent le “Chant des partisans”… Tout cela est au-delà de la grandeur.