Forte hausse des revenus des patrons du CAC 40

28 05 2008

J’en ai déjà parlé ici, et le mensuel économique L’Expansion (qui n’est pas une feuille révolutionnaire) rappelle que les revenus des patrons des 40 plus grosses capitalisations à la Bourse de Paris ont bondi de 58 % en 2007 : hausse des salaires (+ 5 % en moyenne, c’est déjà plus que l’ensemble des salariés), des bonus, des plus-values de stock-options (ces actions qui leur sont attribuées pour les motiver davantage…) Au total, le revenu total de ces 40 dirigeants est de 161 millions d’euros en 2007, contre 102 millions en 2006.

Le gain moyen par tête atteint 4 millions sur l’année, et provient pour une part des profits réalisés en levant leurs stock-options (en vendant leurs actions au bon moment à la Bourse). Le MEDEF présentera en septembre un rapport sur ce système des stock-options ; pour l’instant cette organisation est contre les “excès” de ce type de rémunération, mais ne veut pas de loi.

Mais ne soyons pas mesquins avec ces grands patrons, que le monde entier nous envie certainement ! Toutes ces hausses de revenus sont certainement justifiées, comme le sont les refus d’augmenter les salaires des ouvriers, ou des caissières de Carrefour… 4 millions d’euros, c’est 200 fois plus que le salaire net annuel moyen : c’est sans doute parce que les patrons du CAC 40 travaillent 200 fois plus, et sont 200 fois plus utiles à la société que la moyenne des salariés.



Les riches sont-ils plus généreux que les pauvres ?

16 05 2008

Trouvé sur le blog d’un économiste, Olivier Bouba-Olga :

Qui sont les plus généreux : les riches ou les pauvres ?

Pour le savoir, on peut s’appuyer sur l’Insee Première n°1186 de mai 2008.

Concentrons-nous d’un côté sur les 25% de ménages les plus pauvres (1er quartile), de l’autre sur les 25% de ménages les plus riches (4ème quartile).

Si on regarde d’abord qui donne, on s’aperçoit que les riches sont plus nombreux à donner que les pauvres : plus de 18% des riches donnent, contre moins de 2% des pauvres.

On se focalise ensuite sur ceux qui donnent, riches et pauvres, et on regarde combien ils donnent :

Première idée : si on regarde la médiane des dons de ces deux catégories, on s’aperçoit que les riches donnent plus : 107€ contre 50€.

Deuxième idée : oui, mais il y a des réductions d’impôt sur ces dons (75%), dont peuvent bénéficier les ménages imposables. Il faut donc regarder plutôt les dons nets, c’est-à-dire les dons effectués, desquels on soustrait les réductions d’impôts (en sachant que tout le monde ne paie pas d’impôt et ne bénéficie donc pas de ces réductions). Nouveau résultat : la médiane des pauvres passe de 50€ à environ 35€, celle des riches de 107€ à … 27€…

troisième idée : c’est bien joli de regarder ce que donnent les gens, en brut ou en net, mais il est clair que ce que l’on donne dépend de ce que l’on a. On peut donc vouloir rapporter les dons effectués aux revenus disponibles des ménages. Et on peut calculer cette part pour les dons bruts et les dons nets. On obtient alors cela :

Sur la base de ces indicateurs, que l’on raisonne en brut ou en net, les pauvres sont plus généreux que les riches : la moitié des pauvres consacrent plus de 0,23% de leurs revenus aux dons, alors que pour les riches, le chiffre est de 0,06%.

Conclusion générale : plus de riches donnent, mais ils donnent moins.



Que proposent les socialistes sur le pouvoir d’achat ?

14 05 2008

On entend souvent dire que le PS est totalement divisé et impuissant, et n’a aucun programme… C’est comme tout ce qu’on lit dans les médias : c’est ni tout à fait faux, ni tout à fait vrai…

Voici de petites vidéos courtes mais intéressantes, pour mieux comprendre les propositions des socialistes (qui ne sont pas tous d’accord entre eux, mais bon…) sur le délicat problème du pouvoir d’achat.

Je précise que Benoît Hamon, ici interviewé, fait partie de l’aile gauche du PS ; il est une des personnalités d’avenir de ce parti - en tout cas, sans se prononcer sur le contenu de ses propos, il est jeune, sympathique, intéressant et assez compétent en économie : il a donc tout pour être présent sur ce blog !  ;-)

Entraînez-vous à chercher des arguments à opposer à ce discours : l’esprit critique, c’est comme les muscles, ça s’entraîne…



Le RSA : bonnes idées mais petits moyens

8 05 2008

Le Revenu de Solidarité Active, qui doit à terme remplacer le Revenu Minimum d’Insertion, va enfin être lancé, même si son financement est toujours incertain, et insuffisant pour le moment.

Le RSA sera en partie financé par la Prime pour l’emploi (PPE), mais il ne s’adresse pas au mêmes personnes : la PPE doit consolider les revenus des travailleurs pauvres à temps plein, gagnant jusqu’à 1,4 fois le Smic, alors que le RSA doit aider les exclus à revenir dans le monde du travail, à temps partiel.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/05/07/le-rsa-nous-permettra-de-faire-la-moitie-du-chemin_1041999_823448.html#ens_id=1039019

 



Faut-il sanctionner les chômeurs ?

5 05 2008

J’évoquais dans le cours de ce matin le fonctionnement du marché du travail. Voici un débat intéressant sur la chaîne Public-Sénat, concernant les mesures prises actuellement à l’égard des chômeurs.

Il oppose Chantal Brunet, porte-parole de l’UMP, à Gérard Filoche, inspecteur du Travail et militant PS (j’ai déjà parlé de lui à propos de la réforme du Code du travail). Le débat présente les deux points de vue - libéral et anti-libéral - de manière très vivante et pédagogique : chacun se fera son opinion.

http://www.publicsenat.fr/cms/video-a-la-demande/vod.html?idE=57094



La composition sociale des filières scolaires

5 05 2008

Un tableau intéressant, trouvé sur le site de l’Observatoire des inégalités, à propos de l’origine sociale des élèves, à différents niveaux d’études : comme on dit, “y a pas photo”. Entraînez-vous à faire des phrases avec les chiffres du tableau…

Si l’on est optimiste, on peut dire qu’il y avait tout de même, au moment de l’enquête, 16 % (1/7) d’élèves de classes préparatoires ayant des parents ouvriers, employés ou inactifs : ce n’est pas rien, et il n’est donc pas impossible de suivre des filières de prestige en étant d’origine modeste - comme le disait l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, “la route est droite même si la pente est raide”…



La pauvreté se porte bien

1 05 2008

Extrait du Monde - 30/04/08 : (passages soulignés par moi)

L’emploi est de moins en moins protecteur contre la pauvreté. Tel est l’un des principaux constats mis en évidence par le cinquième rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, qui a été remis, mardi 29 avril, au Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, et à la ministre du logement et de la ville, Christine Boutin.

Ce rapport confirme que le processus de réduction de la pauvreté globalement observé sur les deux dernières décennies marque une pause : en 2005, dernière année connue, 3,7 millions de personnes (6,3 % de la population totale) vivaient en dessous du seuil de pauvreté (681 euros par mois pour une personne seule), soit un nombre identique à celui de 2003. Et l’intensité de la pauvreté tend à s’aggraver. L’écart entre le niveau de vie médian des ménages pauvres et le seuil de pauvreté ne cessant de s’accroître depuis 2002 (16,3 % en 2002 à 18,2 % 2005), de plus en plus de personnes s’éloignent de ce seuil et “s’enfoncent” dans la précarité.

 

Même l’emploi protège de moins en moins contre la pauvreté. En 2003 et 2005, le phénomène des working poor (travailleurs pauvres) s’est ainsi accentué : il y a trois ans, 1,74 million de personnes, soit 7 % des travailleurs, occupaient un emploi mais étaient malgré tout dans un ménage ayant un revenu inférieur au seuil de pauvreté ; deux ans plus tôt, ils étaient 1,47 million.

La pauvreté touche d’abord des travailleurs qui connaissant de longues périodes de chômage, mais aussi ceux qui sont employés toute l’année à temps partiel (21 % des travailleurs pauvres) et les non-salariés (27 % sont indépendants).

Les difficultés des travailleurs pauvres sont aussi souvent liées à leur situation familiale. Un tiers d’entre eux a un conjoint chômeur ou inactif (contre 23 % de l’ensemble des travailleurs) et un autre tiers est sans conjoint (contre un quart de l’ensemble des travailleurs). Plus de 40 % des travailleurs pauvres ont ainsi un revenu supérieur à un smic annuel mais qui, rapporté à la composition de leur ménage et en l’absence d’autres ressources, ne permet pas de dépasser le seuil de pauvreté.

Laetitia Van Eeckhout



Les salaires des patrons du CAC 40

24 04 2008

Voir le diaporama du quotidien économique Les Echos, sur les salaires des patrons des 40 plus grosses capitalisations à la Bourse de Paris, et leur évolution, qui semble-t-il suit d’assez près l’évolution des résultats nets de leurs sociétés.

Le salaire total en 2007, pour les patrons du CAC 40, était de 2,3 millions d’euros en moyenne : environ 100 fois plus que le salaire moyen brut.



Le point sur les inégalités salariales hommes-femmes

8 03 2008

Selon le ministre du Travail en mai 2007, l’égalité salariale hommes-femmes serait atteinte en 2010… Actuellement, le salaire horaire, à qualification et poste égal, est inférieur de 7 % chez les femmes, par rapport aux hommes. Si l’on tient compte des marges d’erreur statistique, qui sont de plusieurs points de pourcentage, l’écart serait donc faible, voire inexistant, pour un même poste et une même durée du travail. Mais justement les postes, les qualifications et les durées du travail ne sont pas les mêmes, chez les hommes et les femmes…

En réalité, selon l’APEC, les écarts de salaires entre hommes et femmes seraient de 17 % en moyenne. Selon Jean Gadrey, sociologue et économiste (bien connu des SES, notamment en terminale), ils seraient plutôt de 25 % : différences de durées du travail, différences dans les postes occupés…

Cette Journée internationale de la Femme est l’occasion de faire le point sur ces inégalités.



Lancement d’un débat sur le Revenu de Solidarité Active

4 03 2008

Le projet de Martin Hirsch - ancien président d’Emmaüs et actuel Haut-commissaire pour les Solidarités dans le gouvernement - de création d’un revenu de solidarité active (RSA) en remplacement du RMI, considéré comme incapable d’assurer l’insertion des personnes en difficulté, est en train de se concrétiser, avec le lancement dans toute la France d’un grand débat, qui permettra de préciser les modalités de mise en oeuvre de ce RSA. L’idée est d’accompagner le versement de l’aide à une reprise d’activité - important pour que la réinsertion de la personne -, sans pour cela que les entreprises en profitent pour développer encore les emplois précaires.

Rappelons qu’il y a en France plus d’un million de travailleurs pauvres (personnes qui travaillent et pourtant sont en dessous du seuil de pauvreté, de 800 € euros environ par personne), et 3 millions de ménages pauvres (soient 7 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté).

http://www.liberation.fr/actualite/societe/313477.FR.php