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Quand les enfants se passent de télé

Samedi 31 mai 2008

Une école primaire dans une ZEP de Strasbourg (le quartier du Neuhof) a lancé une expérience  : que les enfants éteignent télés et autres jeux vidéo et consoles de jeux pendant 10 jours. L’objectif était un taux de réussite de 70 % : il semble qu’il ait été de 90 %, avec toutes sortes d’effets positifs :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/05/29/quand-les-enfants-se-desintoxiquent-des-ecrans_1051343_3224.html

C’est simple et ça fait du bien… Alors, à quand un “jeûn de télé” au lycée ?


Le marché de l’angoisse

Mercredi 21 mai 2008

Le quotidien gratuit “Metro” titre ce matin : “Après les ponts et les grèves du mois du mai : Les lycéens sont-ils prêts pour le bac ?”, avec le chapeau suivant : “Elèves, professeurs ou parents, ils sont tous d’accord : les “événements” des dernières semaines vont pénaliser les candidats. L’heure est à l’angoisse et au bachotage.”…

 Suivent des témoignages affolés de certains lycéens, les commentaires désabusés des responsables de l’Education nationale (comme un inspecteur d’académie qui dit que “les élèves n’ont pas à subir les conséquences des perturbations”)… et bien entendu, les déclarations des cours privés, qui annoncent des “inscriptions de dernière minute” pour des “stages intensifs”, et claironnent que leur chiffre d’affaires est en progression de 10 à 20 % par an. Il n’y a donc pas que la presse ou le gouvernement qui ont intérêt à exploiter la peur et le ressentiment dans l’opinion publique.

Je me contenterai de rappeler cinq points - que vous pourrez éventuellement transmettre à vos copains de terminale :

- En dehors de quelques établissements bloqués, il y a eu cette années trois jours de grève de professeurs : ceux-ci ne sont donc pour rien dans cette “angoisse” ;

- Il n’y a pas eu de “ponts” au mois de mai dans les lycées, puisque les cours avaient lieu les vendredis 1er et 8 mai… mais il est vrai que toutes les familles n’étaient pas disposées à rester…;

- Cette année, le bac débute le 16 juin, soit une semaine plus tard que l’an dernier : et une semaine de révision, c’est énorme ;

- Le taux de réussite au bac l’an dernier était de 85 % environ en filière générale (donc plus que les 80 % de l’année 68, où le bac avait été soi-disant “donné” - en plus il concernait 5 fois moins de lycéens) L’année précédente, ce taux avait été à peine inférieure. Donc, on ne peut pas dire qu’il s’agisse d’un examen périlleux pour tout élève un peu sérieux et solide qui révisera normalement ;

- Une grève, surtout si elle se prolonge, est un acte grave, qu’on ne fait pas de gaîté de coeur, et qui a des coûts : pour les salariés, ce sont des jours de salaire perdus (et dans le privé, des risques pour leur carrière), et pour les élèves et les étudiants, il y a aussi des “coûts d’opportunité” de ces joyeuses manifs et autres blocages qu’ils ont organisés. Il n’y a ni à s’en plaindre, ni à s’en réjouir ; il y a seulement des choix à faire et à assumer, que le mouvement réussisse ou échoue. Les candidats au bac apprennent là une leçon qui leur sera au moins aussi utile que le diplôme lui-même…


La liberté de la presse en question ?

Jeudi 15 mai 2008

Un collègue de SES, Régis Roussillon, a analysé le traitement par la presse d’une visite de M. Sarkozy dans une usine de notre région. Selon lui, cela pose des questions, concernant la liberté de la presse. Je reprends l’essentiel de son message ; à vous de voir :

Avez-vous entendu parler de la visite de Nicolas Sarkozy à Vienne (Isère) dans l’usine de yaourts Yoplait ?

Le traitement médiatique de cet évènement est l’occasion de constater que la liberté de la presse est plus que menacée. C’est là que les blogs montrent les limites de l’(auto)censure dans la presse.

L’édition nationale de Libération se contente de  quelques lignes.

Voir aussi une vidéo ici :

Si l’article du Figaro (quotidien de droite) faisait complètement abstraction du contexte de l’arrivée de NS dans la ville gallo-romaine, ce grand titre a tenu à montrer que la souffrance au travail est une invention : l’admiration de ces ouvriers pour le chef de l’Etat se lit dans leurs yeux. Ah, les vertus de l’entreprise, source d’épanouissement extraordinaire !…

Le Nouvel Obs  reprend également la Photo Reuters parue dans le Figaro :
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/20080513.REU5301/

Le Monde et Les Echos ignorent également le contexte du voyage à Vienne :
http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/05/14/les-economistes-redoutent-une-croissance-encore-plus-faible-en-2009-qu-en-2008_1044774_0.html

Bonne lecture à tous,

Régis Roussillon


Protéger sa vie privée sur le net

Lundi 12 mai 2008

La CNIL (Commission Nationale Informatique & Libertés) vient de publier un document à l’intention des 12-17 ans afin de les sensibiliser à la nécessité de limiter les informations personnelles qu’ils divulgent sur le net, que ce soit sur leurs blogs ou sur des sites de type Facebook, Myspace, etc.

A première vue, vous pourriez répliquer que vous n’avez rien à cacher, et que vous ne voulez pas vous auto-censurer, mais il y a deux problèmes : d’une part, ces “réseaux sociaux” sont dirigés par des entreprises, qui peuvent exploiter commercialement toutes les données récoltées sur vous ; d’autre part, le web n’oubliera RIEN de ce que vous publiez : certains informations pourraient devenir gênantes dans quelques années.

Donc, faites attention à vous - vous n’êtes pas obligés de répondre à toutes les questions personnelles que les sites vous posent -, et respectez également les infos personnelles sur les autres.

Voir : http://www.ecrans.fr/Vie-privee-sur-net-la-CNIL-veut,4071.html

 


Les mensonges-boomerangs

Samedi 3 mai 2008

Dans sa chronique dans Le Monde sur le fameux ”storytelling” politique, Christian Salmon analyse les rumeurs d’atrocités commises par les islamistes afghans sur les femmes, rumeurs non vérifiées voire créées de toute pièce par les responsables de communication, puis utilisées par les hommes politiques anglo-saxons - et aujourd’hui par M. Sarkozy - pour justifier l’envoi de militaires en Afghanistan, et contrer les oppositions à l’intervention armée - un procédé vieux comme le monde, mais perfectionné avec le savoir-faire médiatique contemporain (vous vous souvenez de la séquence de la jeune fille “albanaise” et de son chat, dans “Des Hommes d’influence”…)

Le problème est qu’à force de raconter n’importe quoi, les dirigeants politiques risquent de perdre toute crédibilité dans l’opinion publique, même lorsqu’ils voudront et devront dire la vérité :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/05/02/le-paradoxe-du-sarkozysme-par-christian-salmon_1040583_3232.html