“Intouchables” avec le regard de la sociologie

Lundi 16 juillet 2012

UNE EXCELLENTE “CRITIQUE” DE FILM, AVEC L’APPORT DE LA SOCIOLOGIE, par un collègue professeur de SES, Thierry Rogel :

Intouchables : analyse sociologique

6 décembre 2011 par descartesculture

C’est entendu ! « Intouchables » est un immense succès populaire. Et chacun de se demander comment expliquer ce succès en cherchant des relations avec l’évolution de la société comme ce fut le cas à chaque succès inattendu, des « Visiteurs » aux « Ch’tis » (pour moi, le vrai mystère est qu’un film aussi médiocre que « les Visiteurs » ait pu dépasser les 100 000 spectateurs). Pour ceux qui auraient passé les deux derniers mois en dehors de l’hexagone rappelons qu’Intouchables raconte l’histoire de la rencontre improbable de Philippe (François Cluzet), un milliardaire tétraplégique (à la suite d’un accident de parapente) et de Driss, un jeune black de banlieue, le premier embauchant le second comme aide à domicile alors que, fraîchement sorti de prison, il apparait comme le moins bon des candidats possibles.

Il est bien sûr possible de faire une lecture sociologique de ce film mais il y a de nombreuses grilles possibles. On peut, assez classiquement, s’intéresser aux rapports de classe , lecture sociologique assez « spontanée ». De nombreux critiques ont reproché au film de masquer la réalité des oppositions sociales en représentant la rencontre improbable d’un milliardaire tétraplégique et d’un jeune black de banlieue. On peut effectivement être frappé par l’aspect « conte de fées » du film et l’apologie des bons sentiments. Cependant, on ne peut pas oublier que ce « conte de fées » est tiré d’une histoire réelle qui ne correspond peut-être pas à ce qu’on rencontre le plus souvent mais qui a existé.

Et quand bien même ? Et même si ce ne fût qu’une fiction, qu’un conte de fées moderne ? Après tout, le cinéma n’est pas dans l’obligation de construire systématiquement une thèse sociologique (c’est l’amoureux de sociologie qui écrit) et les contes de fée n’interdisent pas de comprendre le monde tel qu’il se rêve ; les frères Grimm n’ont-ils pas collecté leurs contes pour essayer d’en dégager « l’esprit du peuple allemand » ? N’oublions pas non plus qu’aujourd’hui des sociologues étudient des éléments de la culture populaire pour comprendre la société : ainsi Bruno Pequignot s’est il intéressé à la « littérature romantique » (dite à « l’eau de rose ») ou Eric Maigret aux lecteurs de Strange, la revue des super-héros des années 1970. Un conte de fées n’interdit donc pas de comprendre la société qui l’a généré, faut-il encore le savoir lire. Par ailleurs, les bons sentiments interdiraient ils de faire un bon film et un film qui parle de son temps ? Cela supposerait alors qu’on jette toute la filmographie de Franck Capra aux oubliettes, ce qui serait plus qu’une perte pour l’humanité.

Une autre lecture, plus bourdieusienne, consisterait à s’intéresser à la rencontre entre deux cultures – la musique classique, l’opéra et l’art contemporain d’un côté et « Earth, Wind and Fire » (pourtant une référence un peu datée) et le rap de l’autre – et découvrir comment ces deux univers se rencontrent, comment chacun peut apprendre de l’autre. Cette rencontre de deux univers sociaux qui n’ont a prirori rien à voir est un des thèmes récurrents du cinéma. Parmi les films les plus anciens, on peut songer à « Boudu sauvé des eaux » (Renoir – 1932 ), « Grande dame d’un jour » de Franck Capra (1933) dont il a fait le remake en 1961 (« Milliardaire pour un jour »); « Pretty woman » de Gary Marshall n’a fait que reprendre ces thèmes. Plus près de nous, on songe au « Goût des autres » d’Agnès Jaoui, un film d’une évidente inspiration « bourdieusienne ». Pour résumer à grands traits , on peut dire que Bourdieu considère que les oppositions entre classes se font essentiellement sur le mode culturel des goûts et des dégoûts (voir par exemple « La distinction »).

La démarche bourdieusienne a récemment été amendée par Bernard Lahire ou Richard Peterson qui montrent que l’opposition entre « goûts distingués » et « goûts populaires » structure moins l’espace social qu’autrefois et qu’on voit apparaitre un éclectisme culturel (nommé également « omnivorité culturelle ») qu’on retrouve plus facilement chez les diplômés et consistant à apprécier à la fois des pratiques « distinguées » et des goûts populaires voire « vulgaires » (l’exemple archétypal étant celui de l’intellectuel diplômé se délectant à la fois d’opéras et des films d’Ed Wood. On peut trouver un exemple de ce type de démarche avec le goût pour les nanars : « sociologie du Nanar » par Renaud Chartoire – http://www.la-revanche-des-ses.fr/Sociologiedunanar.pdf ). De ce point de vue, la vision des pratiques culturelles que transmet le film est, du moins pour le milliardaire Philippe, un peu dépassée ou correspond à un cas très particulier et de moins en moins présent dans la société. On préfèrera par exemple la représentation qui en est donné dans le film « Le hérisson » (tiré du roman « L’élégance du hérisson » ; le travail de Lahire est d’ailleurs évoqué dans le roman sans que cet auteur soit nommé).

On a trop souvent tendance à réduire la sociologie aux seules approches de Marx ou Bourdieu. C’est dommage car la sociologie est très riche en analyses diverses. Parmi celles-ci, il y a une tradition bien ancienne qui nous vient de Georg Simmel. Simmel c’est le sociologue des petites choses et du quotidien, de la mode, de la conversation de salon, de la coquetterie ou du regard. C’est le sociologue qui pense que la société renait à chaque rencontre entre individus. Dans cette perspective, la rencontre entre Philippe et Driss, aussi improbable ou rare soit-elle, est susceptible de nous dire des choses sur la société. Parmi les héritiers indirects de Georg Simmel, il y a celui qui est (à mes yeux et c’est ça qui compte) probablement le plus grand sociologue du 20ème siècle. Erving Goffman est un des sociologues les plus singuliers car il ne s’intéressait qu’aux « petites choses » : comment on se rencontre dans la vie, comment on se salue ou on prend congé, comment on parvient à maintenir chacun dans une interaction. Parmi ses livres, l’un des plus courts est aussi un des plus étonnants et utiles ; il s’appelle « Stigmates – les usages sociaux du handicap ».

Vous avez déjà compris le rapport avec le film « Intouchables ». Dans ce livre, Goffman part de l’idée que la vie sociale est possible parce que nous entreprenons des interactions routinières – se saluer, se serrer la main ou se regarder – sans même y penser. L’auteur se pose alors la question suivante : comment fait on pour entrer en interaction avec autrui ? Et la meilleure manière de le comprendre est d’analyser les cas où nos « routines », nos habitudes sont mises en échec : la rencontre avec une personne « stigmatisée » peut troubler ces interactions : comment entamer ces interactions routinières avec une personne aveugle, en fauteuil roulant, manchot,… ? Tout le monde a été confronté à un moment ou un autre de sa vie à un de ces moments de trouble où tous nos automatismes relationnels semblent en suspension. Mais ces moments de gêne ne concernent pas seulement les « stigmates » constitués par les handicaps corporels, ils peuvent aussi se retrouver dans les cas de stigmates sociaux ou ethniques. Il n’est qu’à voir comment l’attachée de Philippe hésite, au moins au début du film, quant à la conduite à tenir à l’égard de ce grand noir venu de banlieue.

Car Driss est évidemment aussi un stigmatisé ; au sens de Goffman, le stigmate correspond à toute caractéristique propre à l’individu qui, si elle est connue, le discrédite aux yeux des autres ou le fait passer pour une personne d’un statut moindre et il distingue trois grandes catégories de stigmates : les stigmates corporels (handicaps physiques, myopie, difformités,…), les stigmates tenant à la personnalité et/ou au passé de l’individu (troubles du caractère, séjour passé dans un hôpital psychiatrique, alcoolisme,…), les stigmates “tribaux” (race, ethnie, religion, origine sociale ou territoriale,…). Goffman s’intéresse à ces moments de rencontre entre une personne « non stigmatisée » et une personne stigmatisée et il montre que, dans tous les cas , le bon déroulement de l’interaction repose entièrement sur les épaules du stigmatisé : c’est lui qui mettra en avant ou non son stigmate, dira si on peut en parler librement ou sur le ton de l’humour ou non, rassurera son interlocuteur si celui-ci craint avoir commis une bévue.

Non seulement le stigmatisé doit porter son stigmate (ou son handicap) mais il doit porter en plus la charge de la bonne interaction, charge épuisante parceque contradictoire par nature. Il doit notamment apprécier les efforts des normaux à son égard, y compris les aides non demandées et éventuellement dévalorisantes. Goffman cite à ce titre Mac Gregor (“Facial deformities and plastic surgery” – 1953) : “L’infirme, s’il veut que la glace soit brisée, doit reconnaitre la valeur de l’aide que les autres lui apportent, pourvu qu’il les laisse faire. Je ne compte plus les fois où j’ai vu la peur et le désarroi s’évanouir du regard des gens comme je tendais la main pour quêter leur aide, et où j’ai senti une chaleur vivifiante irradier de la main secourable qui m’était alors tendue. Nous ne nous rendons pas toujours compte de l’aide que nous pouvons apporter en acceptant qu’on nous aide, ni à quel point nous construisons ainsi un terrain de rencontre.” Mais cela demande au stigmatisé de tenir une situation impossible, à savoir être comme les autres et rester à sa place. Goffman poursuit en écrivant : « le risque est que le stigmatisé se croit plus accepté qu’il n’est réellement ; ainsi le stigmatisé doit savoir jouer le rôle attendu par les normaux tout en restant à sa place; il doit donc faire comme si l’acceptation est réelle et rester conscient qu’elle ne l’est pas (…) cela implique à nos yeux de le traiter comme quelqu’un de mieux qu’il n’est peut-être, ou de pire qu’il n’est probablement (…) Bref, on lui dit qu’il est comme tout le monde et qu’il ne l’est pas, la proportion à respecter entre ces deux états étant un sujet de désaccord parmi les orateurs. Cette contradiction, cette farce, c’est son sort et son destin ».

Un autre chercheur aboutit à des conclusions similaires. Robert Murphy, ethnologue de formation, est atteint d’une tumeur, allant de la deuxième vertèbre cervicale à la huitième vertèbre dorsale, qui entraine son infirmité progressive et l’obligera à vivre dans un fauteuil jusqu’à son décès au bout de quelques mois. Dans un ouvrage magnifique, « Vivre à corps perdu », Robert Murphy procède à une analyse de son handicap de “l’intérieur” avec le savoir faire qui lui vient de sa pratique d’ethnologue (et il confirme pleinement la justesse des observations de Goffman qu’il cite souvent). Il indique notamment combien son réseau de relations sociales se réduit et se modifie à cause de sa mobilité réduite. Mais il remarque également que les gardiens noirs de son université commencent à lui parler et à être plus aimable avec lui qu’auparavant comme si son handicap le rapprochait des catégories sociales les moins favorisées. Tiens ! Le rapprochement entre Philipe et Driss serait-il si improbable que cela ? Mais alors que Goffman et Murphy s’intéressent surtout aux interactions entre stigmatisés et non stigmatisés, le film « Intouchables » traite surtout de relations entre deux stigmatisés. Philippe, diminué par son handicap physique et seul dans cette situation parmi les personnes qu’il connait. Driss, stigmatisé par sa couleur de peau, le quartier dont il est originaire et son passé de détenu (les trois formes de stigmates décelées par Goffman sont présentes).

Il faut prendre le titre du film au sérieux. « Intouchables » fait évidemment référence aux castes indiennes et à cette caste des intouchables rejetés par tous et qui ne peuvent, en théorie, entrer en contact avec aucune autre caste. Mais alors que cela relève plus ou moins directement de la lecture des Varnas (en réalité, selon l’ethnologue Jean Pierre Deliège, les intouchables n’existent pas dans la tradition) et que ce rejet est légitimé par la société, les situations d’intouchable de Driss et Philippe relèvent respectivement de la discrimination sociale et du préjugé racial pour l’un et des ratés de l’interaction pour l’autre. Mais Driss a pour « avantage » de souffrir d’un « stigmate de groupe » et non d’un stigmate individuel : dès lors qu’il retrouve ses amis du quartier il n’est plus stigmatisé (sauf peut être quand ils apprennent quel est son travail mais ce thème n’a pas été exploité dans le film). Qu’est ce qui explique le rapprochement de ces deux stigmatisés ? Au risque de se tromper, on peut supposer que l’attitude désinvolte et maladroite de Driss dès leur première rencontre permet à Philipe de ne plus se soucier du bon déroulement de l’interaction. Ce n’est plus à lui de le faire, c’est Driss qui, en « vannant » Philippe, définit l’interaction et dit ce que doit être leur échange. De temps en temps, seulement, Philippe peut être amené à le recadrer, mais si peu. Philippe n’a plus que le poids de son handicap physique à supporter, la charge sociale lui est enlevée, Driss se chargeant de l’interaction.

Mais il y a une asymétrie dans le traitement du stigmate. En effet, si Driss n’hésite jamais à se moquer de Philippe, jouant ainsi le rôle traditionnel du bouffon du roi, Philippe, de son côté, ne chambre jamais Driss sur son origine sociale, sa culture de quartier ou sa couleur de peau. Peut-être parceque dans la réalité ce ne fut pas le cas mais aussi parceque le discours aurait été extrêmement difficile à mener. Pourtant la vanne aurait été facile : face au désormais fameux « Pas de bras, pas de chocolat » nos arrières grands pères n’auraient sans doute pas hésité à faire le lien entre la couleur de peau de Driss et la couleur du chocolat. L’appellation de « Ya bon Banania » n’est pas si loin : en 1970, dans le joli film « le petit bougnat » de Bernard Toublanc-Michel (premier film où apparait Isabelle Adjani), Bougnat, un petit garçon dont le nom rappelle sa couleur d’ébène, perd le groupe de colonie de vacances auquel il participe. Courant dans un village, il est interpellé par une personne âgée qui ne peut résister à un « Y a bon Banania ! ». L’exercice aurait été difficile (l’auteur de ces lignes prend lui-même le risque d’être taxé de racisme), pourtant, la vanne sur la couleur de peau aurait marqué une véritable intégration.

On peut prendre pour illustration l’anecdote rapportée par le sociologue américain Ray Birdwhistell : ” Une fois j’ai été admis dans un groupe de garçons noirs (…) Au début que j’étais avec eux, ils prenaient soin d’employer le mot “noir” en ma présence. Peu à peu (…) ils se sont mis à plaisanter entre eux devant moi et à s’appeler “nègre” en plaisantant alors qu’auparavant ils étaient absolument incapables de l’employer. Un jour, alors que nous nagions, un des garçons m’a poussé violemment et je lui ai dit : “Arrête de faire ton nègre avec moi”. Avec un grand sourire il m’a répondu : “Va donc, eh, salaud”. A partir de ce moment nous avons tous pu employer le mot “nègre”, mais les anciennes catégories avaient complètement changé (…).” (cité dans Goffman – 1963). Il apparait dans cette anecdote que la mise en place d’interactions non problématiques et routinières repose sur le groupe des jeunes enfants noirs, stigmatisés dans la société américaine. Dans le film, seul Driss aurait pu entamer une moquerie sur son quartier d’origine ou sa couleur de peau mais il est évident qu’il aurait été risqué pour les auteurs du film de s’engager sur cette voie explosive car la France n’a toujours pas réglé ses vieux démons et que ceux-ci menacent de sourdre encore de son imaginaire.

Philippe comme Driss doivent donc faire avec leur identité ou plutôt « leurs identités », Goffman distinguant trois facettes de l’identité : l’identité sociale est celle qui est produite par les propriétés sociales de l’individu et, en l’occurrence, marquée par le stigmate. Ce qu’il appelle « l’identité personnelle » est produite au cours de l’interaction et dépend des capacités de l’individu à contrôler les informations à propos de son stigmate. Enfin “l’identité pour soi” renvoie aux sensations de l’individu et à son propre regard à l’égard de son stigmate. Une caractéristique essentielle du stigmate dans cette construction identitaire est sa plus ou moins grande visibilité : en effet, s’il est visible, les problèmes liés à l’interaction sont immédiatement prévisibles et chacun pourra s’y préparer. Lorsque Philippe convoque les différents candidats pour le poste d’aide à domicile, son handicap est clairement annoncé et l’on voit les maladresses de chaque candidat ne sachant quelle ligne d’action adopter.

Il faut la cécité et l’inconscience de Driss pour ne pas saisir tout de suite ce qu’il se passe et c’est bien ce qui séduit Philippe. Cependant, la situation n’est pas toujours aussi simple : Philippe correspond épistolairement avec une jeune fille et Driss le pousse à la rencontrer et l’incite à lui envoyer une photo. Cependant, Philippe n’a pas mis sa correspondante au courant de son infirmité, il lui faut donc la lui révéler prudemment ; s’ensuit une discussion pour savoir quelle photo choisir pour que sa correspondante comprenne qu’il est handicapé sans que l’annonce soit faite trop brusquement. On aborde alors la question de l’invisibilité du handicap ; certains handicaps sont invisibles : une myopie, une impuissance sexuelle (qui frappe d’ailleurs Philippe), une faute inavouable,…Dans ces cas l’individu peut paraitre comme non stigmatisé mais est discréditable à tout moment si son « handicap » est dévoilé. C’est alors au stigmatisé de contrôler l’information sur son handicap, en plus du déroulement de l’interaction.

On pourrait croire qu’un handicap invisible est moins douloureux qu’un handicap physique ; ce n’est nullement le cas, notamment parceque le mal n’est pas toujours pris au sérieux par l’entourage et que, ne pouvant se comparer avec autrui, ces stigmatisés tendent à générer une faible estime de soi . Philippe n’est pas le seul porteur de stigmate invisible : Driss l’est aussi, souffrant d’un secret de famille (dont je ne dirai rien ici). La secrétaire de Philippe a aussi son « secret », secret très relatif. Après s’être bien amusée de l’effet qu’elle exerce sur Driss, elle lui révèle qu’elle préfère les filles. Ce n’est pas un stigmate. Ca ne l’est plus ! Et encore, ça ne l’est plus dans certains secteurs de la société mais il ne faut pas oublier que jusqu’aux abords des années 1980-1990, être homosexuel exposait au rejet et qu’il s’agissait donc d’un pur « stigmate invisible » ; ça l’est encore aujourd’hui dans certains quartiers des grandes villes et, on peut le supposer, probablement dans le quartier de Driss. Mais Magalie, la secrétaire de Philippe, affiche son homosexualité sans aucun problème, traduction d’un stigmate devenu « orientation sexuelle ». Il existe encore un stigmate invisible, en tout cas à moitié caché, le plus ancien des stigmates et un des moins faciles à porter : Yvonne qui n’a pas d’amoureux (et en a-t-elle eu ?, on ne le sait pas) endosse le rôle de celle qu’on appelait autrefois la « vieille fille ».

Mais alors qu’auparavant la stigmatisation portait sur le fait de ne pas avoir d’enfants et fondé une famille, aujourd’hui elle porte sur le soupçon d’absence de vie sexuelle puisque « l’obligation d’épanouissement sexuel » est devenue une des injonctions les plus lourdes de la société actuelle. On remarquera que Driss aborde le problème avec la même absence de souci de « tact » qu’avec Philippe et, en cela, décharge Yvonne de la difficulté de mener l’interaction. Tous ces personnages, même s’ils relèvent parfois du cliché, sont assez représentatifs de la société actuelle, chacun devant composer avec ses particularités ou ses stigmates. Alors que la société qui émerge au 19ème siècle et qu’on appelle de la « première modernité » était caractérisée par une construction commune de l’individu à travers le travail des Grandes Institutions (l’Ecole, la famille,…), la société qui se transforme au cours des années1960 (la « seconde modernité ») autorise l’émergence des particularités individuelles ou de groupe ; on n’est plus seulement citoyen français mais aussi femme, jeune,homosexuel,…

Cette évolution souhaitable qui permet à chacun de se construire dans ses spécificités rend aussi la société plus complexe ce qui veut dire, plus clairement, que la signification des interactions n’est plus donnée a priori ; il convient maintenant de la construire au moment même de l’interaction et ce bricolage social qui tend à se généraliser est évidemment épuisant pour l’individu. Or le comportement de Driss, qui risque à tout instant de détruire l’interaction, aboutit à la simplifier en donnant d’emblée une signification : il n’essaie pas de déterminer comment avoir du tact avec Philippe, il le vanne. La vanne est ici la mise à plat de l’interaction. Venu de l’extérieur pour simplifier les interactions, il est l’exact inverse de l’ange de Pasolini. La référence au film « Théorème » pourrait paraitre absurde d’un point de vue cinématographique mais elle ne l’est pas d’un point de vue sociologique. « Théorème », film datant de 1968, met en scène une famille romaine traditionnelle, deux parents mariés et leurs deux enfants. Celle-ci sera détruite par l’arrivée d’un ange qui pervertit chacun des membres de la famille et modifie le cours de leur vie. L’ange de Pasolini est l’intervenant extérieur qui, en donnant la liberté à chacun, détruit l’institution familiale, complexifie les interactions et rend les identités individuelles flottantes.

« L’ange » Driss est celui qui vient simplifier les interactions de chacun et aide à la reconstruction des identités. L’ange Driss hérite du monde construit par l’ange de Pasolini et entame sa reconstruction, peut-être vaine. Nous sommes dans un monde beaucoup plus libre que le monde antérieur aux années 1960, un monde où l’on peut vivre avec ses particularités assumées ou subies beaucoup mieux et facilement qu’auparavant mais, du coup, un monde beaucoup plus complexe, réclamant à chaque instant une gestion cognitive des interactions, donc un monde infiniment plus épuisant pour l’individu. Driss, en nous disant que finalement les choses pourraient être simples, apporte un peu de réconfort et c’est peut-être un des éléments du film qui ont fait une partie de son succès. Certes l’histoire, pourtant réelle, est largement irréaliste et tient du conte de fées mais, comme on l’a déjà vu, même les contes de fées disent quelque chose sur notre monde.

BIBLIOGRAPHIE – Muriel Barbery : « L’Élégance du hérisson » -2006 – Gallimard. – Pierre Bourdieu : La Distinction. Critique sociale du jugement – Ed de Minuit – 1979 – Renaud Chartoire – Distinction, omnivorité et dissonance : l’exemple du cinéma bis- Idées n° 149 septembre 2007 – http://www.la-revanche-des ses.fr/Sociologiedunanar.pdf . – J.C. Croizet – J.Ph. Leyens : « Mauvaises réputations – Réalités et enjeux de la stigmatisation sociale – Armand Colin – 2003. – Erving Goffman : « Stigmates- Les usages sociaux des handicaps » – Ed. de Minuit – 1975. – Bernard Lahire : « La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi» – La Découverte – 2004 – Eric Maigret : « “Strange grandit avec moi”- Sentimentalité et masculinité chez les lecteurs de bandes dessinées de super-héros » – Revue Réseaux Numéro 70- Volume 13 – 1995. – Robert Murphy : « Vivre à corps perdu » – Terre Humaine – Plon – 1990. – Bruno Péquignot : « La relation amoureuse – Analyse sociologique du roman sentimental moderne » – L’Harmattan-1991. – Thierry Rogel : « La stigmatisation » – DEES n°107 – Mars 1997 – http://www2.cndp.fr/RevueDEES/pdf/107/05306011.pdf

FILMOGRAPHIE – Mona Achache : « Le Hérisson » – 2008 – Frank Capra : « La Grande Dame d’un jour » (Lady for a Day) – 1933 – Frank Capra : « Milliardaire pour un jour » – 1961 – Agnès Jaoui : « Le Goût des autres » – 2000 – Garry Marshall « Pretty Woman » – 1990 – Pier Paolo Pasolini « Théroème » – 1968 – Jean Renoir : « Boudu sauvé des eaux » – 1932

T.R.

Tags : , , , ,

Socialisation secondaire : la conversion de Kery James

Dimanche 29 janvier 2012

Un reportage intéressant, permettant d’illustrer les mécanismes de socialisation secondaire, distincts de la socialisation primaire : l’histoire de la conversion à l’islam du rappeur Kery James :

1/3

Image de prévisualisation YouTube

2/3

Image de prévisualisation YouTube

3/3

Image de prévisualisation YouTube Tags : ,

La transmission des inégalités par la famille

Mercredi 11 janvier 2012

Comment la famille transmet l’ordre inégal des choses
le 10 janvier 2012 – Observatoire des inégalités : inegalites.fr
La famille est un vecteur de transmission des inégalités, notamment à travers la culture de l’écrit. L’analyse de Bernard Lahire, Professeur de sociologie à l’École Normale Supérieure de Lyon. Article adapté de la revue « Regards croisés sur l’économie ».

La famille, par l’intermédiaire de laquelle chaque individu apprend à découvrir la société et à y trouver sa place, est l’espace premier qui tend à fixer les limites du possible et du désirable. L’estimation par chacun des chances de parvenir à telle ou telle position sociale, à telles ou telles ressources matérielles ou symboliques, n’a rien d’un calcul conscient et ne se présente jamais aussi clairement que la résolution d’un problème de probabilité.

Comme l’écrivaient Pierre Bourdieu et Jean Claude Passeron au début des années 1970 : « Selon que l’accès à l’enseignement supérieur est collectivement ressenti, même de manière diffuse, comme un avenir impossible, possible, probable, normal ou banal, c’est toute la conduite des familles et des enfants (et en particulier leur conduite et leur réussite à l’École) qui varie parce qu’elle tend à se régler sur ce qu’il est “raisonnablement” permis d’espérer. » (1971, p. 262). Lorsque des grands-parents, des parents, des oncles et tantes, des cousins et cousines, parfois des frères et sœurs, sont déjà passés par l’enseignement supérieur ou, au contraire, lorsqu’ils n’ont jamais accédé à un tel niveau scolaire, lorsque l’enfant a entendu parler avec enthousiasme de la réussite au BEP de mécanique du cousin germain ou lorsqu’il perçoit la déception de ses parents face à l’entrée du frère aîné à l’université plutôt qu’en classes préparatoires, il intériorise progressivement les espérances subjectives de ses parents ou des adultes les plus significatifs de son entourage. Ces espérances qui dépendent de leur propre position dans la hiérarchie des diplômes scolaires et de leur rapport au système scolaire : perçu à partir d’un certificat d’études primaires, le baccalauréat revêt une certaine valeur, mais vu d’un parcours de polytechnicien, l’entrée dans une faculté de lettres et sciences humaines est un véritable « échec », etc.

Les acteurs sont « socialement raisonnables » : ils se raisonnent ou se font une raison plus qu’ils ne raisonnent. Dans les enquêtes par entretien, il est fréquent pour le sociologue d’entendre les enquêtés utiliser des expressions du type : « Ce n’est pas pour nous ». Ce genre de formulation, qui renvoie le plus souvent à des limites culturelles (« on ne se sentirait pas à l’aise »), montre l’intériorisation des contraintes par les enquêtés : ce qui n’est pas accessible ne devient plus désirable, et l’on finit par n’aimer que ce que la situation objective nous autorise à aimer. On prend non pas ses désirs pour la réalité, mais la réalité des possibles pour ses désirs les plus personnels. C’est aussi par des mécanismes de maintien de la dignité (« je ne peux pas – sans décevoir tout mon entourage – viser moins que… ») ou d’anticipation de la possible dénonciation des prétentions (« ils vont se demander pour qui je me prends ») que les espérances subjectives se calent et, du même coup, que les inégalités se perpétuent.

Pour comprendre comment, concrètement, se réalise cette transmission des inégalités, on peut prendre l’exemple de la lecture et de l’écriture. L’école joue en effet un rôle crucial dans la reproduction des inégalités sociales, surtout dans des sociétés où l’accès au marché du travail est filtré par l’institution scolaire. L’appropriation par les jeunes de la culture écrite scolaire est au cœur des premiers problèmes rencontrés et des processus d’échec scolaire. Or, les familles dotées de ressources culturelles livrent à l’école des enfants déjà porteurs de formes bien constituées d’habileté langagière, de connaissances culturelles diversifiées et même de compétences scolaires non négligeables.

Les enfants peuvent intérioriser très tôt – avant ou en dehors même de tout acte d’écriture ou de lecture – les « raisons » ou les « contextes » de recours à l’écrit. Ils entrent familialement dans l’écrit de différentes manières, celles-ci produisant de puissants effets de socialisation lorsqu’elles sont combinées entre elles.

Il peut s’agir tout d’abord d’incitations et de sollicitations parentales expresses et pédagogiques multiples. Certains parents assurent un enseignement quasi scolaire de la lecture et de l’écriture à la maison (armé parfois de manuels scolaires). Mais c’est aussi bien d’autres choses : apprentissage explicite de techniques ou de stratégies intellectuelles (par exemple, faire un brouillon lorsqu’on veut rédiger une lettre, relire sa lettre pour corriger les fautes d’orthographe, copier sa leçon pour l’apprendre, se servir du dictionnaire, etc.), invitations à écrire des textes durant les vacances pour prendre l’habitude de mettre en récit sa propre expérience, demande expresse de prises de messages écrits lorsqu’ils décrochent le téléphone, explications verbales pour faire comprendre l’intérêt du recours aux pense-bêtes ou au calendrier en vue de préparer ses activités et de ne pas oublier des choses importantes à faire, ou encore sollicitations permanentes à la lecture (offrir des livres en cadeaux, abonner son enfant à un magazine, l’amener régulièrement à la bibliothèque, lui lire des histoires, lui poser des questions sur ce qu’il lit, lui demander de lire un texte à haute voix en le gratifiant, etc.)…

L’entrée dans l’écrit s’effectue aussi par les multiples participations directes à des pratiques d’écriture et de lecture auxquelles sont conviés (et parfois forcés…) les enfants. Ces derniers peuvent contribuer à constituer les listes de commissions ou les listes de choses à emporter en voyage en notant eux-mêmes (en demandant aux adultes de le faire pour eux ou en écrivant sous la dictée de leurs parents) ; ils peuvent être en situation de tenir la liste dans le magasin pour faire le point sur ce qu’il reste à acheter, rentrer progressivement dans une culture de l’échange épistolaire (de la simple signature aux petits mots rajoutés à la fin des lettres parentales), participer à la constitution d’un itinéraire de vacances, aider leurs parents à classer et légender les photographies familiales, etc. Concernant les pratiques de lecture, les enfants peuvent faire la cuisine avec leurs parents en suivant avec eux les instructions d’une recette écrite, lire avec eux des histoires, rechercher avec eux des éléments constitutifs d’un futur exposé scolaire, consulter avec eux des revues sur un thème lié à des vacances ou à des sorties culturelles, etc. Dans de nombreux cas, ils participent ainsi à des activités d’écriture et de lecture parentales, s’insérant sur le mode de l’« aide » ou de la participation d’« égal à égal », mais apprenant sans doute autant sur l’activité, ses fonctions et son contexte dans leur ensemble que sur le seul rôle qu’on leur fait tenir. Avant d’être capables de « faire seul », les enfants apprennent ainsi à faire le tour des activités et des contextes impliquant l’usage de l’écrit, à les cerner. Grâce à ces multiples collaborations, ils peuvent en maîtriser les fonctions et les contextes d’usage longtemps avant d’être en mesure de les prendre en charge personnellement.

Les enfants peuvent aussi essayer de « s’y voir », c’est-à-dire de se voir déjà « grands » en imitant les rôles, attitudes et pratiques caractéristiques de leurs parents. Et comme les pratiques de lecture et d’écriture familiales sont très clairement articulées sur la division sexuelle des goûts, des habitudes, des rôles et des tâches, associant de manière particulièrement forte les femmes à l’écrit (ces imitations de comportements parentaux ordinaires sont indissociables de l’identification à des rôles adultes sexués (faire – c’est-à-dire, parfois, ne pas faire – comme maman ou comme papa). Les parents décrivent ainsi les multiples situations d’imitation ordinaires de leurs propres gestes, de leurs propres manières ou manies de lecteur ou de scribe.

Une imprégnation diffuse

Enfin, les enfants entrent dans la culture de l’écrit par imprégnation indirecte et diffuse, c’est-à-dire à travers tout un climat familial plutôt qu’à travers des actes directs d’écriture et de lecture. Qu’il s’agisse de styles de parole explicites, lexicalement et syntaxiquement articulés à des habitudes de discours écrits, de types de discussions sur le sens des mots ou sur la correction syntaxique, littéraires ou philosophiques, de styles de raisonnement logiques ou mathématiques (évocations ordinaires des notions de proportions, de contradiction, etc.) ou de styles d’organisation domestique, de rapports au temps ou de rapports à l’ordre (liés à l’usage d’écrits organisateurs, planificateurs, etc.), l’écrit impose très indirectement sa présence subliminale à travers diverses attitudes et pratiques des adultes.

Lorsque l’univers familial constitue un univers à la fois pédagogiquement incitateur, faisant participer l’enfant à des activités nécessitant lecture ou écriture, fournissant des modèles d’identification pratiques commodes pour donner l’envie d’imiter, de « faire comme », et globalement « diffuseur » d’effets cognitifs ou organisationnels liés à l’incorporation par les parents d’une culture de l’écrit, alors les enfants sont dans des conditions idéales pour construire des habiletés, des représentations ou des goûts pour l’écriture et la lecture qui se révèleront au final rentables à l’école. La combinaison de ces différents ingrédients ne se rencontre que dans les familles dont le degré d’ancienneté de l’accès à l’école et à l’écrit est particulièrement élevé.

Tout oppose les enfants qui ont des grands-parents et/ou des parents quasi analphabètes ou en difficultés avec l’écrit à ceux dont les parents, les grands-parents, et parfois plusieurs générations antérieures, non seulement sont ou étaient alphabétisés, mais ont connu de longs parcours scolaires. Les premiers découvrent l’univers scolaire comme un monde relativement nouveau et étranger et dépendent le plus complètement de lui pour s’approprier les éléments d’une culture écrite. Les seconds font partie de familles scolarisées dans le secondaire ou le supérieur depuis plusieurs générations, qui ont totalement incorporé la culture scolaire, qui se la sont appropriée et peuvent ainsi se permettre de vivre un rapport plus détendu à l’univers scolaire élémentaire. Familles où les lectures parentales sont diverses et variées (des journaux aux livres en passant par les revues et les bandes dessinées) [La dimension immatérielle de tout héritage

De façon générale, les phénomènes d’héritage contribuent à faire de chaque nouveau né un être inégalement doté et saisi d’emblée par les propriétés de son milieu social-familial. Héritier d’une fortune, d’une entreprise, d’une maison, d’une terre, de biens divers et variés dont la valeur économique comme culturelle peut être très élevée (tableaux de peintres connus, grande bibliothèque, meubles de valeurs, bijoux, etc.), celui qui naît dans un milieu richement doté (quel que soit le degré et la nature de la richesse en question) a le plus souvent à sa disposition les produits accumulés par de nombreuses générations qui le distinguent immédiatement de toutes celles et ceux qui, au même moment, sont happés tout au contraire par la pauvreté, la précarité, l’incertitude et l’horizon social limité de leur milieu familial.

Mais l’héritage matériel, qu’il soit de nature plutôt économique (biens matériels ou volume financier) ou plutôt culturel (biens symboliques tels que livres, tableaux, sculptures, etc.) comporte toujours une dimension immatérielle. En effet, l’héritage ne se réduit jamais à un processus de transmission matériel, mais s’accompagne toujours de la « transmission » de tout ce qui est nécessaire pour s’approprier adéquatement l’héritage matériel en question : goûts, compétences et dispositions à agir, à percevoir ou à juger. Sans cela, l’héritage resterait, comme on dit, « à l’état de lettre morte » (ce qui prend tout son sens lorsque l’héritage est constitué de livres), c’est-à-dire ne trouverait pas les conditions de son utilisation et, a fortiori, de sa fructification. Héritages sans héritiers en mesure – tant du point de vue des compétences que du désir – de les reprendre à leur compte et de se les approprier, héritages délaissés, dilapidés ou liquidés [

[1] Concernant les conditions familiales d’accès à la lecture, les grandes enquêtes nous montrent que la part des grands lecteurs est plus importante parmi ceux qui ont bénéficié d’une histoire contée par leur mère chaque jour que parmi ceux qui n’en ont écouté aucune (ou rarement), et que le poids des grands lecteurs est plus important parmi ceux qui possédaient une bibliothèque dans leur chambre que parmi ceux qui n’en avaient pas (Singly, 1993).

[2] Cf. aussi le cas fictionnel de Moscarda Vitangelo (fils de banquier oisif, puis dilapidateur) mis en scène par Luigi Pirandello dans Un, personne et cent mille ([1926] 1982) et que j’analyse dans L’Esprit sociologique (2005) ou le cas bien réel d’un héritier n’étant pas placé dans les bonnes conditions pour hériter l’héritage paternel analysé dans Franz Kafka. Éléments pour une théorie de la création littéraire (2010).

Tags : , ,

L’esprit du Don dans la société d’aujourd’hui

Lundi 22 août 2011

Le blog de SES de Première reprend !

Avec un sujet très important, à la fois pour les SES et pour l’actualité la plus brûlante, avec la crise financière et les problèmes sociaux aujourd’hui.

Ecoutez un extrait d’une émission de radio sur France Inter cet été (“Les Maîtres nageurs”, mardi 26 juillet), qui fait référence à un ouvrage essentiel : ESSAI SUR LE DON, de MARCEL MAUSS.

Tags : , , ,

Sociologie des réseaux sociaux du net

Mardi 10 novembre 2009

Puisque nous découvrons en ce moment en cours le monde merveilleux de la sociologie, avec son vocabulaire fascinant, ses auteurs passionnants, ses débats ébouriffants… voici une conférence du sociologue Dominique Cardon sur les réseaux sociaux sur internet : Twitter, Facebook, etc.  (durée : 58 mn, mais vous n’êtes pas obligé de tout regarder bien sûr…)

Intéressant pour l’étude de la socialisation et de la culture, croisée avec la question des médias (que l’on traite souvent en option SES de première).

Tags : , ,