Tous les billets de octobre 2009

Crise : le pire est devant nous, selon l’OFCE

mardi 27 octobre 2009

Encore un article, et après je pars vraiment… 😉

L’Observatoire Français des Conjonctures Economiques – le laboratoire de macroéconomie de Sciences Po Paris – vient de publier des prévisions pessimistes pour la croissance l’an prochain : le chômage s’aggraverait, dépassant 10 % de la population active, et la croissance serait inférieure à 1 %… Seule consolation, si l’on peut dire, la France ferait plutôt mieux que ses partenaires… mais cela veut dire que personne ne tirerait nos exportations…

Selon Jean-Paul Fitoussi, le directeur de cet institut, et l’un des économistes français les plus écoutés, « on (le gouvernement, donc) commet une indignité en disant qu’on est sorti de la crise ».

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Bonnes fréquentations

lundi 26 octobre 2009

 Sur l’ensemble de l’année scolaire 2008-2009, du 1er septembre au 1er septembre, il y a eu environ 150 visites par jour en moyenne sur le Barblog 100 % SES Terminale.

Depuis le 1er septembre 2009, soient depuis près de deux mois, ce sont 440 visites par jour en moyenne ! J’ai eu du mal à y croire, et j’ai refait le calcul plusieurs fois, mais c’est vrai.

Alors un immense MERCI à tous pour votre curiosité, votre fidélité, ça fait très plaisir de voir que les SES peuvent intéresser de plus en plus de monde. N’hésitez pas à laisser des commentaires : j’aimerais beaucoup connaître un peu mieux certains lecteurs réguliers. 🙂

Je prends quelques jours de vacances, mais il y a sans doute un ou deux articles qui vous intéresseront, en vous promenant un peu sur le blog…


Rencontre avec la femme idéale

dimanche 25 octobre 2009

Oui, elle existe, extrêmement intelligente, extrêmement belle ; de plus, tout un chacun peut passer une heure avec elle, et sa compagnie est extrêmement agréable.

Mais dépêchez-vous, le bonheur passe comme le vent, et la vidéo (à regarder en plein écran 🙂 ) n’est diffusée gratuitement que jusqu’au 30/10 !  Attention, n’essayez pas de l’avancer ou de la reculer, sinon elle se bloque et revient au début : ne touchez à rien, et profitez de ce moment qui vous apportera beaucoup.

« Elisabeth Badinter à contre-courant », de l’émission Empreintes sur France 5
http://www.france5.fr/videos/documentaires/?id=3884#

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Souviens-toi, l’hiver dernier

dimanche 25 octobre 2009

Face à l’actualité brûlante, et bruyante, transmise par les médias, il est bon de prendre parfois du recul, et de revenir sur des événements, et des documents, du passé récent. Ainsi, la crise financière, qui a connu son pic l’hiver dernier.

La crise a-t-elle été résolue ? Le fonctionnement du système financier a-t-il changé ?

Regardez ces deux beaux reportages, à la fois précis et pédagogiques, tirés de l’émission « Pièces à conviction » sur France 3 (diffusé en novembre 2008). Ils sont intéressants non seulement par leur contenu, mais pour voir la manière dont les médias ont traité cette crise (manière de poser les problématiques, d’interroger les responsables…) :

1) Peut-on faire confiance aux banques ? (la formulation de la question est de moi, et poser la question, c’est déjà y répondre 😉 )  (durée : 30 mn)

2) Comment des communes ont été ruinées (durée : 33 mn)

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L’Etat américain défend l’économie de marché ? Bien au contraire !

samedi 24 octobre 2009

L’économiste américain James Kenneth Galbraith – fils d’un autre célèbre économiste, John Kenneth Galbraith, qui critiquait déjà le capitalisme libéral depuis les années 60 – vient de publier un livre très dur contre l’alliance de l’Etat néo-conservateur américain (à la sauce George W. Bush) avec les grandes entreprises, pour se partager le pays : L’Etat prédateur. On l’a bien vu lors du démarrage de la guerre en Irak – qui avait peu de rapport avec les « armes de destruction massive », et bien plus avec de gros marchés juteux pour les amis de la famille Bush…

Contrairement à une idée reçue, le néo-libéralisme contemporain ne vise pas à laisser le marché fonctionner tout seul (dans l’esprit de la fameuse « main invisible » de Smith) ; il s’agit d’une politique volontariste (active) de l’Etat, afin de démanteler les anciennes régulations et les anciennes protections sociales, et instaurer de nouvelles règles du jeu, généralement favorables aux grandes firmes (vous vous souvenez de la notion d' »oligopole ») Jamais les grandes entreprises n’auraient pu faire autant de profits depuis vingt ans, et les riches s’enrichir autant, sans la complicité, consciente ou non, de l’Etat. Les petits producteurs, les consommateurs et les salariés, quant à eux, y ont trouvé beaucoup moins d’avantages…

Ainsi, les vrais défenseurs (naïfs) du marché seraient finalement… les responsables de gauche ! La droite dure, elle, aux Etats-Unis comme dans d’autres pays, est passée à autre chose, dans l’intérêt de quelques puissants, loin bien sûr de l’intérêt général…

Il faudrait par conséquent, selon l’auteur, revenir à une notion taboue, qui semble renaître de l’époque communiste : la planification !

Lisez l’entretien avec Galbraith fils, stimulant et facile à lire, dans Libération.

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Affaire Jean Sarkozy : la naissance de l’e-démocratie ?

samedi 24 octobre 2009

Après une vaste campagne sur internet, par les internautes eux-mêmes (on appelle cela un « buzz » comme vous le savez sans doute), contre sa candidature à la présidence de l’Etablissement public d’aménagement de la Défense (EPAD, qui gère le plus grand quartier d’affaires européen, à l’ouest de Paris), Jean Sarkozy a décidé de ne devenir… qu’administrateur de l’Epad, parmi d’autres. Saluons sa très grande modestie ! 🙂

Plus sérieusement, cette affaire a mis en lumière la puissance nouvelle d’internet comme média politique, non seulement pour la communication, mais pour la mobilisation de citoyens.

Lire l’article du Monde :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/23/retrait-de-jean-sarkozy-premiere-victoire-de-l-e-democratie_1257757_823448.html#ens_id=1052464

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La Chine s’est remise en marche

vendredi 23 octobre 2009

Le quotidien Les Echos fait le point sur la croissance chinoise, et d’autres indicateurs tels que l’investissement, qui sont de nouveau à des niveaux impressionnants.

L’économie et la société chinoises ont également des faiblesses structurelles non résolues, et la question du développement durable se pose de manière de plus en plus aiguë. Néanmoins, actuellement le monde a bien besoin de cette locomotive pour sortir de la crise… mais ce dynamisme économique ne manquera pas de remettre un jour en question la suprêmatie des Etats-Unis et de leur dollar sur l’économie mondiale.

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Pour la sortie de crise en Europe, c’est chacun pour soi

jeudi 22 octobre 2009

Les 27 pays membres de l’Union européenne abordent la « sortie de crise » à venir avec des rythmes et des politiques économiques très dispersés, ce qui nuirait bien entendu à la relance. Aucune coordination d’envergure par la Commission européenne…

Lire l’article du Monde :

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/10/22/les-vingt-sept-abordent-en-ordre-disperse-la-sortie-de-crise-economique_1257366_1101386.html#ens_id=1244163

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L’analyse de deux sociologues sur Jean Sarkozy

mardi 20 octobre 2009

Le pouvoir doit-il s’exhiber, ou pas ?

Michel et Monique Pinçon-Charlot sont deux sociologues, spécialistes de la haute bourgeoisie et des beaux quartiers. Ils donnent leur interprétation rapide de l’affaire Jean Sarkozy.

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On peut prévoir une reprise très molle en 2010

lundi 19 octobre 2009

En dépit de l’optimisme affiché du gouvernement – qui annonce une croissance de plus de 1 % en 2010, selon le Premier Ministre – le quotidien Le Monde propose une analyse bien plus prudente, et s’attend à une « reprise décevante » en 2010 :

Les données publiées ces derniers mois laissent penser que la France a connu à nouveau, au troisième trimestre, une croissance de son produit intérieur brut (PIB) : l’Insee prévoit une hausse de 0,5 %, après 0,3 % au deuxième trimestre. Au second semestre, la croissance française sera ainsi dans le vert et celle de la zone euro y reviendra. Pour la suite, le premier ministre, François Fillon, a versé dans l’optimisme, mardi 13 octobre, en laissant entendre que l’hypothèse du budget 2010 (une hausse de 0,75 % du PIB) serait sans doute dépassée : « Les prévisions que je fais pour l’année 2010, les économistes disent qu’elles sont trop prudentes, qu’on aura sans doute plus de 1 % de croissance. » La crise ne sera-t-elle alors déjà qu’un mauvais souvenir ?

 

Il faut le souhaiter. Mais rien n’assure que le rebond observé actuellement – de part et d’autre de l’Atlantique – se prolongera à l’identique : « Depuis six mois, un fort rebond a été enregistré grâce aux politiques de relance budgétaire et monétaire, aux perfusions – a priori temporaires – apportées à certains secteurs, comme l’automobile ou l’immobilier, et à l’effet technique de la fin du déstockage des entreprises, qui conduit à un redémarrage de la production sensible sur un ou deux trimestres », souligne Bruno Cavalier, chef économiste de la société de Bourse Oddo.

En 2010, une phase de « transition » s’ouvrira, où la demande privée devra prendre le relais. Or le doublement du prix du pétrole (de 33,87 dollars en décembre 2008 à plus de 75 dollars, soit 50,30 euros aujourd’hui) ou les difficultés d’accès au crédit vont peser lourdement. La zone euro sera aussi particulièrement pénalisée par la flambée de la monnaie unique face à un billet vert affaibli : le cours de l’euro est passé de 1,25 dollar en février à près de 1,50 dollar…

En 2009, l’investissement public s’est substitué autant que faire se peut à la demande privée. « Mais cet effet s’essoufflera à partir de la mi-2010 » en France, prévient Natacha Valla, économiste de Goldman Sachs. « Qu’est-ce qui prendra le relais ? L’investissement des entreprises et la consommation des ménages ne semblent pas en mesure de reprendre vigoureusement ; reste à savoir si le commerce extérieur sera suffisamment dynamique », indique-t-elle. Mais la compétitivité des produits fabriqués en zone euro est aujourd’hui sous pression : « Le taux de change fondamental de l’euro se situe autour de seulement 1,15 à 1,20 dollar. L’Europe, qui n’est pas à l’origine de la crise, risque d’être le dindon de la farce et d’être la dernière zone à redémarrer véritablement », estime l’économiste Marc Touati, directeur général de la société de Bourse Global Equities. Il évalue le coût de cet euro trop fort à environ 0,8 point de PIB en 2009 et 0,5 point en 2010 – en France comme dans la zone euro. « La Banque centrale européenne a trop joué avec le feu en tardant à abaisser ses taux d’intérêt et en les maintenant à 1 %, alors que ses homologues se sont toutes rapprochées rapidement de 0 %, ce qui a encouragé l’euro trop fort », poursuit-il.»

M. Touati anticipe toutefois une baisse de l’euro à partir du printemps ou de l’été 2010, permettant de réduire les effets du change « à partir de l’automne 2010 ». Aujourd’hui, en effet, les Européens paient le risque qu’ont pris les responsables américains de relancer leur économie par des moyens non conventionnels – comme la monétisation de la dette publique ou des taux d’intérêt proches de 0 % -, ce qui mine le dollar, tandis que la BCE est restée plus orthodoxe. Une fois que la reprise de l’économie sera installée outre-Atlantique, produisant une tension des taux d’intérêt américains à long terme, le dollar retrouvera de la vigueur. Un autre scénario est possible, mais pas souhaitable : la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait être obligée, en cas de crise de confiance sur le billet vert, d’augmenter plus tôt que prévu ses taux directeurs.

Par ailleurs, pour que les mesures de relance entraînent l’économie de la zone euro, elles doivent être accompagnées d’une reprise du crédit, qui est loin d’être acquise. Les entreprises sont confrontées à la frilosité des banques et à un taux d’utilisation de leurs capacités de production encore historiquement bas, et donc peu incitatif pour investir.

En France, Mme Valla attend plutôt de 2010 « un rebond technique des investissements des entreprises après une chute brutale ». « Si certaines grandes entreprises peuvent à nouveau se financer à des conditions intéressantes sur les marchés, des difficultés persistent pour les secteurs cycliques ou les entreprises les plus fragiles. Quant aux PME, elles sont aux prises avec des problèmes urgents d’accès au crédit, notamment de trésorerie, simplement pour financer leur exploitation avant même de songer à investir », indique-t-elle. Les ménages sont aussi touchés : « On peut espérer seulement que la phase aiguë de la crise immobilière sera passée et que l’investissement dans le logement arrêtera de freiner la croissance, mais pas qu’il la soutiendra », prévoit M. Cavalier. De plus, la deuxième vague – sociale – de la crise et la hausse des prix de l’énergie feront sentir leurs effets.

« La consommation des ménages sera durablement affectée par la montée du chômage et la fin de la désinflation », juge Mme Valla.

Enfin, l’hétérogénéité de la zone euro, porteuse de tensions sur les marchés obligataires et de difficultés pour piloter la politique monétaire de la BCE, représente un autre risque. « L’Allemagne et la France, qui n’ont pas connu les comportements les plus extrêmes et les plus aberrants dans la bulle du crédit, s’en sortiront le mieux. A l’inverse, je ne serais pas surpris que l’Espagne subisse encore une contraction de son PIB l’an prochain car elle a perdu son moteur de croissance : le surdimensionnement incroyable du secteur immobilier », dit M. Cavalier. Et la situation restera aussi difficile à la périphérie de la zone, au Royaume-Uni et dans les pays d’Europe de l’Est.

Finalement, « l’année 2010 va décevoir ceux qui extrapolent la poursuite de l’amélioration que l’on observe depuis six mois, en fait très largement due à des phénomènes techniques et temporaires. Elle va aussi décevoir ceux qui pensent que nous allons renouer rapidement avec les rythmes de croissance des cinq années d’avant-crise », conclut M. Cavalier. C’est même à « un affaissement des rythmes d’activité » que l’on assisterait, selon lui, au premier semestre 2010, de part et d’autre de l’Atlantique. M. Cavalier attend 0,9 % de croissance en zone euro en 2010, 1 % en France et 2 % aux Etats-Unis, mais ces chiffres traduisent « en grande partie des phénomènes statistiques dits d’acquis de croissance de la fin 2009 ». Dans l’Hexagone, 2010 pourrait donc manquer de punch. « D’où l’idée du grand emprunt qui devrait permettre à la France, et à son industrie notamment, de sauver les meubles en 2010, c’est-à-dire de rester sur le chemin d’une croissance, mais seulement d’une croissance molle », ajoute M. Touati. Plus tard, le désendettement public risquera de peser à son tour, en espérant que la reprise sera alors plus assurée.

Adrien de Tricornot

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