Le chômage à son plus haut niveau depuis 1999

Dépêche AFP du 04.03.2010

Le chômage a accéléré au quatrième trimestre 2009, à un niveau jamais vu depuis dix ans,
un défi pour le gouvernement.
La violence de la crise a fait remonter le taux de chômage en deux ans à 9,6% en moyenne en métropole, qui comptait ainsi plus de 2,7 millions de chômeurs au quatrième trimestre, et à 10% en incluant les départements d’Outre-mer (DOM), selon l’Insee.
« Le taux de chômage augmente nettement et revient au niveau de 1999 », a  souligné l’Insee dont l’estimation est provisoire, corrigée des variations saisonnières à « plus ou moins 0,4 point ».
En décembre, l’institut prévoyait que la France ne franchirait la barre des 10% DOM inclus, qu’en juin 2010.
Outre la rapidité du choc, atténué en partie par les mesures de chômage partiel, l’Insee enregistre un phénomène jamais vu, dû à la dégradation de l’emploi des jeunes hommes de 15-24 ans ayant achevé ou abandonné leur scolarité et dont près un quart (25,3%) était au chômage fin 2009.
Alors que structurellement, les femmes ont plus de mal à trouver du travail, pour la première fois, le taux de chômage masculin (9,6% en métropole, 10% avec l’outre-mer) est identique à celui des femmes. Celles-ci restent cependant davantage exposées aux petits travaux et à la pauvreté.
« Les jeunes femmes sont plus qualifiées car elles font des études plus longues que par le passé, et s’orientent vers des secteurs moins touchés par la crise comme l’action sociale, contrairement aux hommes assez présents dans l’industrie et la construction », a aussi précisé l’Insee à l’AFP.
L’ensemble des économistes et le gouvernement s’accordent à dire que le chômage continuera d’augmenter jusqu’à la mi-2010, contredisant des assurances données par le chef de l’Etat le 25 janvier.
Jeudi, la ministre de l’Economie Christine Lagarde et le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, sont restés discrets avant les annonces de Nicolas Sarkozy sur l’emploi industriel, notamment des avances remboursables sur trois ans aux PMI qui investissent au moins 5 millions d’euros et créent 25 emplois.
Mme Lagarde et M. Wauquiez ont noté dans un communiqué que si le chômage augmentait, la hausse « a été en moyenne trois fois plus faible qu’au début 2009 ». Selon Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), « côté social, le plus dur est devant nous, car le
chômage va continuer d’augmenter, moins vite qu’avant, mais les nouveaux chômeurs s’ajoutent aux anciens et de plus en plus de personnes vont tomber en fin de droits ».
Le redémarrage de l’emploi est toujours décalé par rapport à l’activité, et passera d’abord par des temps partiels et de l’intérim. Pour la première fois en vingt mois, le nombre d’intérimaires a faiblement augmenté en février, selon le secteur qui parle de « léger frémissement », pas encore de reprise.
Vendredi à 15h00 une réunion qualifiée de « technique » par l’entourage de M. Wauquiez se tiendra à Bercy avec le patronat et les syndicats pour réfléchir à l’utilisation des centaines de millions d’euros que l’Etat et l’assurance chômage entendent débloquer pour les chômeurs en fin de droits. Le dispositif ne serait pas opérationnel avant fin mars.

Si le chômage n’est pas prêt de quitter la scène sociale et politique, il pourrait en revanche disparaître des manuels de lycée, faisant polémique. En effet, la notion de « chômage », comme celle d' »emploi », d' »inégalités », de « pouvoir d’achat » ne figure pas dans le projet de programme de sciences économiques et sociales (SES) de seconde à la rentrée 2010.

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