Tous les billets de septembre 2010

Budget de l’Etat 2011 : la rigueur, surtout pour les ménages

mercredi 29 septembre 2010

Le gouvernement promettait une forte remise en cause des « niches fiscales » (réductions d’impôts pour certaines catégories de la population). En réalité, le retrécissement des niches fiscales est très limité, et le budget est marqué par la « rigueur », surtout aux dépens des ménages, et en épargnant au maximum les entreprises et les plus riches (pas de suppression du fameux « bouclier fiscal », ou d’autres avantages qui ne touchent que les ménages les plus aisés).

Parmi les champs d’intervention qui vont souffrir le plus, il y a le logement social (alors qu’il manque 900 000 logements sociaux, selon la Fondation Abbé Pierre), l’Education nationale (qui connaît environ 15000 suppressions de postes par an depuis cinq ans), ou encore l’écologie, avec des niches fiscales moins intéressantes sur les équipements énergétiques et un budget en baisse (- 4 % pour le Ministère de l’Ecologie, ce qui est un peu curieux alors qu’on parle beaucoup de développement durable de nos jours).

Un commentaire d’une journaliste du Monde :

http://www.dailymotion.com/video/xf07oc

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Révisions des calculs valeur-volume

mardi 28 septembre 2010

Pour mieux comprendre la question importante du pouvoir d’achat et des indices de prix, et pouvoir lire correctement tous les tableaux statistiques en terminale, allez consulter une belle animation multimédia réalisée par un collègue de SES.

Appuyez sur une touche du clavier pour que les phrases se succèdent à l’écran, et faites les exercices proposés.

 

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La question des retraites rappelle les inégalités hommes-femmes dans le travail

vendredi 24 septembre 2010

Le report de l’âge de départ à la retraite à taux plein quelle que soit la durée de cotisation – 65 ans aujourd’hui, 67 ans demain si la loi sur les retraites s’impose – est l’occasion de revenir sur un phénomène qui ne s’améliore guère en France : les inégalités entre hommes et femmes dans le monde du travail, et dans le déroulement des carrières.

La société considère souvent comme normal, acceptable en tout cas, que les femmes interrompent leurs carrières pour s’occuper de leurs enfants, souvent durant plusieurs années. De plus, 80 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes.

Ainsi, leurs évolutions de salaires sont bien moins bonnes que celles des hommes, et finalement le montant moyen de leurs pensions de retraite est inférieure de moitié à celui des hommes… La situation sera aggravée si les femmes sont obligées de cotiser plus longtemps pour avoir une retraite complète. Le gouvernement vient d’entamer des discussions à ce sujet, mais rien n’est encore promis ni décidé.

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L’intégration selon Groland

mercredi 22 septembre 2010

Une vidéo de l’émission « culte » de Canal+, « Groland », qui n’a rien de scientifique, et qui est pourtant assez vraie hélas…  🙂

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La « colère des riches » aux Etats-Unis

mercredi 22 septembre 2010

Le Prix Nobel d’économie Paul Krugman analyse dans l’un de ses articles pour le New York Times la mobilisation actuelle des plus riches, pour défendre les réductions d’impôts décidées par George W. Bush mais qui ne seront pas reconduites par Obama : c’est intéressant, car en France aussi, les riches sont de plus en plus riches mais « décomplexés » (comme disent les journalistes), très mobilisés, et ont tendance à confondre leurs intérêts particuliers avec l’intérêt général…

 

La colère des riches, par Paul Krugman
20 septembre 2010
Les Américains les plus privilégiés sont chauffés à blanc contre la volonté d’Obama de ne pas reconduire les réductions d’impôts décidées par George Bush, considérées comme un droit acquis inaliénable. Aveuglés par la rage, certains n’hésitent plus à comparer la réglementation des bonus à l’invasion de la Pologne par les nazis, et l’on peut lire dans le magazine Fortune qu’Obama « le kényan » rêve d’une revanche anticolonialiste sur les USA. Tant d’excès pourrait prêter à sourire, écrit Krugman, à ceci près que grâce à l’influence qu’ils exercent sur le monde politique, il n’est pas impossible qu’ils parviennent à bloquer la mesure – avant de réclamer ensuite de nouveaux sacrifices pour les autres, au nom de l’indispensable austérité. —Rappelons qu’en 2005, le revenu des 0,1% des américains les plus riches a atteint 10% du total, et celui du 1% représentait 21% de l’ensemble des revenus.

Paul Krugman, New York Times, 19 septembre 2010

L’Amérique est balayée par une vague de colère. Certes, cette colère chauffée à blanc reste un phénomène minoritaire et ne concerne pas la majorité de nos concitoyens. Mais la minorité en colère est vraiment en colère, et ceux qui en font partie considèrent qu’on leur enlève ce à quoi ils ont droit. Et crient vengeance.

Non, je ne parle pas des « Tea Parties » (la droite conservatrice de l' »Amérique profonde », menée par Sarah Palin, qui attaque violemment Obama, notamment sur son projet de création d’une sécurité sociale obligatoire – E. B.). Je parle des riches.

Cette période est terrible pour beaucoup de gens dans ce pays. La pauvreté, en particulier l’extrême pauvreté, a fait un bond durant la récession ; des millions de personnes ont perdu leur logement. Les jeunes ne parviennent pas à trouver un emploi ; les cinquantenaires qui ont été licenciés craignent de ne plus jamais retravailler.

Malgré cela, ces manifestations de colère – cette forme de rage qui amène à comparer le président Obama à Hitler, ou à l’accuser de trahison – on ne la trouve pas chez les Américains qui endurent ces souffrances. Mais on la rencontre chez ceux qui sont les plus privilégiés, qui n’ont pas à s’inquiéter de perdre leurs emplois, leurs maisons ou leur assurance maladie, mais qui sont outrés, indignés, à l’idée de devoir payer des impôts légèrement plus élevés.

Cette rage des riches monte depuis que M. Obama est entré en fonction. Elle est tout d’abord restée confinée à Wall Street. Lorsque le New York Times a publié un article intitulé « La plainte des 1% », cela concernait les financiers dont les entreprises avaient été renflouées avec l’argent des contribuables, et qui étaient rendus furieux par la proposition que le prix à payer pour cette opération de sauvetage doive inclure une limitation temporaire des bonus. Lorsque le milliardaire Stephen Schwarzman a comparé une proposition d’Obama à l’invasion de la Pologne par les nazis, la mesure en question prévoyait de supprimer une niche fiscale qui bénéficie en particulier aux gestionnaires de fonds comme lui.

Aujourd’hui, alors qu’il s’agit de décider du sort des baisses d’impôt mises en place par Bush – les taux d’imposition des plus riches reviendront-ils aux niveaux de l’ère Clinton ? -, la colère des riches s’est amplifiée. Et à certains égards, elle a changé de nature.

D’une part, cette folie furieuse a gagné le débat public. C’est une chose lorsqu’un milliardaire s’épanche durant un diner. C’en est un autre lorsque le magazine Forbes met en une un article affirmant que le président des États-Unis tente délibérément de mettre à bas l’Amérique au nom d’un programme « anticolonialiste » venu du Kenya, et que « les États-Unis sont dirigés selon les rêves d’un membre de la tribu Luo durant les années 1950 ». Lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts des riches, il semble que les règles normales du dialogue civilisé (et rationnel) ne soient plus applicables.

Dans le même temps, parmi les privilégiés, l’apitoiement sur soi est devenu acceptable, voire même à la mode.

Les défenseurs des réductions d’impôt prétendaient habituellement être principalement préoccupés par la volonté d’aider les ménages américains moyens. Même les allégements fiscaux pour les riches étaient justifiés en termes de retombées économiques, en affirmant que grâce aux réductions des impôts au sommet, l’économie serait plus forte, au bénéfice de tous.

Mais aujourd’hui, ceux qui réclament des baisses d’impôts ne tentent même pas de défendre cette thèse du « ruissellement vers le bas » de la prospérité. Les républicains soutiennent que l’augmentation des impôts pour les plus riches nuirait aux petites entreprises, mais ils ne donnent pas le sentiment d’y croire vraiment. Par contre, on entend couramment nier de façon véhémente que ceux qui gagnent 400 ou 500.000 dollars par an soient riches. On nous dit : regardez les dépenses des ménages dans cette tranche de revenu – les impôts fonciers qu’ils doivent payer sur leurs maisons luxueuses, le prix payé pour envoyer leurs enfants dans des écoles privées d’élite, et ainsi de suite. Tout ce qui fait qu’ils parviennent à peine à joindre les deux bouts.

Parmi ceux qui sont indéniablement les plus riches, on voit émerger un état d’esprit combatif pour la défense de leurs droits acquis : c’est leur argent, et ils ont le droit de le garder. « Les impôts sont le prix à payer pour une société civilisée », jugeait Oliver Wendell Holmes – mais c’était il y a fort longtemps [1]

Le spectacle donné par les Américains fortunés – les plus privilégiés sur cette planète -, se laissant complaisamment aller à l’apitoiement sur soi, pourrait paraître drôle, à ceci près : ils pourraient fort bien parvenir à leurs fins. Peu importe la facture de 700 milliards de dollars requise pour prolonger ces avantages fiscaux haut de gamme [2] : pratiquement tous les républicains et quelques démocrates se précipitent au secours de ces riches opprimés.

Voyez-vous, les riches sont différents de vous et moi : ils ont plus d’influence. C’est en partie dû à leurs contributions aux campagnes électorales, mais cela résulte aussi de la pression sociale qu’ils peuvent exercer sur les politiques. Ces derniers passent beaucoup de temps avec les riches. Et lorsque les riches sont menacés de payer un supplément d’impôt de 3 ou 4 pour cent sur leur revenu, les politiques compatissent, de façon bien plus aiguë, à l’évidence, que lorsqu’ils sont confrontés à la douleur des familles qui perdent leurs emplois, leurs maisons, et leurs espoirs.

Et lorsque ce débat sur les impôts sera clos, d’une façon ou d’une autre, on peut être assuré que ceux qui défendent aujourd’hui les revenus de l’élite reviendront à la charge et exigeront des réductions de dépense sur les retraites et les allocations chômage. L’Amérique doit faire des choix difficiles, diront- ils ; nous devons tous accepter de faire des sacrifices.

Mais lorsqu’ils disent « nous », cela signifie « vous ». Ce sacrifice ne concerne que les petits.

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La protestation politique serait un indice de développement

mardi 21 septembre 2010

Des sociologues tchèques, qui mènent depuis plusieurs années une vaste étude sur les activités politiques des Européens, dans 20 pays, montrent que ce sont les citoyens des pays avec le niveau de PIB par habitant le plus élevé, le niveau d’éducation de la population le plus élevé également, et l’économie la plus moderne (avec un grand poids du secteur tertiaire) qui protestent le plus : pétitions, manifestations…

Ainsi, la protestation politique serait donc non seulement un signe de bonne santé démocratique, mais  un critère de développement, la vie politique étant corrélée au dynamisme économique.

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Onze banques françaises lourdement sanctionnées pour non-respect de la concurrence

lundi 20 septembre 2010

Onze banques viennent de recevoir une amende de près de 400 millions d’euros de la part de l’Autorité de la concurrence, pour s’être entendues entre elles au sujet de la tarification des chèques.

Cette décision relance la question de la nécessité de lois, voire d’un contrôle strict de l’Etat, pour éviter que les établissements financiers ne nuisent à l’économie « réelle », celle des consommateurs, des employeurs, des emplois… comme on a pu le voir au moment de la grande crise financière de 2008, qui a entraîné une crise économique majeure dont les pays développés ne sont pas encore sortie. Ce qui n’empêche pas les banques de refaire de nouveau d’énormes profits en 2009 – par exemple, 5,9 milliards d’euros de bénéfice net pour la seule BNP-Paribas…

 

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L’extrême-droite xénophobe entre au parlement suédois

lundi 20 septembre 2010

La Suède est souvent désignée comme un modèle dans le domaine de la protection sociale, ou des égalités hommes-femmes. Pourtant, dans ce pays parmi les plus développés et les plus démocratiques au monde, les élections législatives ce week-end ont permis au parti d’extrême-droite, xénophobe et populiste, d’obtenir 5,8 % des voix et d’entrer ainsi au Parlement.

Comme la droite traditionnelle et la gauche ont obtenu des scores proches, aucune des deux principales formations n’arrivant à obtenir la majorité absolue, l’extrême-droite pourrait se trouver dans une position d’arbitre, pour le vote des lois, ce qui met mal à l’aise les démocrates européens… Un événement éloigné de la France, mais qui reflète la montée en Europe d’un certain état d’esprit, à l’égard des étrangers, et des valeurs d’égalité et de tolérance.

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La classe moyenne progresse dans le monde, et les inégalités se creusent

vendredi 17 septembre 2010

Alors que les terminales ES étudient la croissance et le développement en SES, une étude tombe à pic : un grand groupe d’assurance allemand vient de faire le point sur la situation des ménages dans 50 pays (représentant 87 % du PIB mondial), et leur patrimoine (puisque c’est ce qui intéressait les assureurs).

Allez lire l’article dans Le Monde, c’est intéressant : on y voit que la classe moyenne a triplé au niveau mondial, en dix ans, mais que les inégalités se creusent entre les pays

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Le microcrédit : la solution miracle pour sortir du sous-développement ?

mercredi 15 septembre 2010

Le système du microcrédit – ou « banque des pauvres » : accorder de tous petits crédits à des pauvres, pour qu’ils puissent investir dans de petites affaires (artisanat, commerce, agriculture) – a été développé avec succès dans les pays en développement, et même dans nos pays développés, à la suite de l’expérience de Muhammad Yunus, fondateur de la Grameen Bank au Bangladesh, et récemment prix Nobel de la paix.

Mais le microcrédit est-il la panacée pour vaincre la pauvreté ?

Voici deux vidéos pour mieux comprendre les enjeux du microcrédit, et du développement en général :

Une courte vidéo, uniquement positive, sur Muhammad Yunus (où il insiste sur l’excellent taux de remboursement des prêts aux pauvres) :

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Un extrait d’une conférence (en janvier dernier) d’Esther Duflo, l’une des jeunes économistes français les plus prometteuses, qui a fait toute sa carrière aux Etats-Unis (elle étudie l’économie du développement au prestigieux Massachusetts Institute of Technology), où ses travaux ont déjà été récompensés par des prix prestigieux. Elle dresse un bilan plus mitigé du microcrédit, dans son dernier ouvrage La Politique de l’autonomie (Seuil, 2010). Selon elle, la priorité absolue du microcrédit, qui est le remboursement des prêts, va à l’encontre d’une prise de risque, qui permettrait un développement plus important des petites entreprises. Mais les experts internationaux veulent que les pauvres du Sud soient totalement « responsables », « autonomes », aussi lucides et rigoureux qu’un chef d’entreprise occidental du XXIe s… Du coup, le microcrédit permet à des individus de créer leur propre emploi, mais guère plus :

http://www.dailymotion.com/video/xbu1fs Tags : , , ,