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La croissance, pas nécessaire pour le développement ?

Mercredi 21 septembre 2011

Dans la plupart des cours de SES, et dans la plupart des devoirs de SES consacrés au sujet, il est dit que si la croissance est en général nécessaire au développement (I), elle n’est pas suffisante (II) : limites, effets pervers… rien que de très classique en SES. ;)

Mais le Rapport sur le développement humain de 2010, publié par le PNUD, vient remettre en cause cette idée : la croissance ne serait même pas nécessaire, car on a vu certains pays en développement connaître récemment à la fois une récession économique (chute du PIB, et du PIB par habitant), tout en continuant leur progrès au plan humain (IDH).

Deux extraits :

« Voyons ce que ces quarante dernières années peuvent nous apprendre sur la relation entre la croissance et le développement humain./…/
Les exemples sont nombreux. Prenons une comparaison révélatrice entre la Chine (qui a connu la croissance la plus rapide ces trente dernières années) et la Tunisie. En 1970, une petite fille naissant en Tunisie avait une espérance de vie de 55 ans, contre 63 pour une petite Chinoise. Depuis, le PIB par habitant de la Chine a bondi de 8 pour cent par an, tandis que celui de la Tunisie n’a augmenté qu’à un rythme annuel de 3 pour cent. Pourtant, une petite fille naissant aujourd’hui en Tunisie a une espérance de vie de 76 ans – un an de plus qu’une petite Chinoise. Et si 52 pour cent seu­lement des enfants tunisiens étaient scolari­sés en 1970, le taux brut de scolarisation est maintenant sensiblement plus élevé en Tunisie (78 pour cent) qu’en Chine (68 pour cent).
On trouve d’autres exemples intéressants parmi les pays dont l’économie s’est contractée ces quarante dernières années. Si la croissance économique était indispensable à l’améliora­tion de la santé et de l’éducation, la baisse du PIB bloquerait tout progrès dans ces domaines. Mais il n’en est rien : les revenus ont beau avoir baissé en Iran, au Togo et au Venezuela, l’espérance de vie y a augmenté de 14 ans en moyenne, et le taux brut de scolarisation de 31 pour cent depuis 1970.
Ce que ce résultat montre, c’est l’absence de lien entre la variation des revenus (croissance) et la variation des composantes non monétaires du développement humain. Cela n’enlève rien au fait qu’il existe une corrélation positive et statistiquement significative entre le niveau des revenus et le niveau d’éducation et de santé. »
PNUD, Rapport sur le développement humain 2010, p. 56, 57, 58.

« En premier lieu, une corrélation ne signi­fie par qu’il existe un lien de causalité dans l’une ou l’autre direction. En effet, même s’il existe une relation de cause à effet, son sens reste a priori indéterminé : l’augmentation des revenus peut améliorer la qualité de vie, tout comme des améliorations en matière d’éduca­tion et de santé peuvent rendre les sociétés plus productives.
./…/
L’énigme pourrait s’expliquer par le retard, long mais variable, avec lequel l’accroissement de la richesse se répercute sur l’éducation et la santé. On comprendrait alors la faiblesse de la corrélation : il faudrait attendre plus long­temps après l’augmentation des revenus pour observer un impact sur les autres dimensions du développement humain. Mais ce raisonne­ment est plus difficilement défendable sur de longues périodes. /…/ l’absence de corrélation reste valable pour un large échantillon de 135 pays sur plus de qua­rante ans, soit un délai suffisant à coup sûr pour que la croissance des revenus se répercute sur l’éducation et la santé à l’échelle nationale, ou pour que la baisse des revenus permette d’observer une détérioration de l’éducation et de la santé.
Une autre explication est possible : les pays riches n’ont pas suivi par le passé le même itinéraire vers l’éducation et la santé que les pays en développement de nos jours. Cette hypothèse d’une différence de nature du développement voudrait dire que la corrélation des niveaux donne une image fugitive d’un passé où seuls les pays enrichis ont pu financer d’onéreux progrès d’éducation et de santé. Or, le progrès des technologies et l’évolution des structures de la société évoquées ci-dessous permettent à présent même aux pays plus pauvres d’obtenir plus facilement des améliorations notables. Nous avons examiné plusieurs explications possibles de l’évolution de la santé et des revenus ces quarante dernières années. Nos résultats laissent penser que les pays à niveau faible ou moyen de développement humain peuvent améliorer leur niveau de santé national par des actions peu coûteuses ; mais à des degrés de développement plus élevés, les améliorations appellent des technologies plus onéreuses, ce qui réintroduit le facteur des revenus. Ces résultats sont donc compatibles avec l’hypothèse de la transformation dans le temps des possibilités et des processus menant au développement. »
PNUD, La vraie richesse des nations : Les chemins du développement humain, Rapport sur le développement humain 2010, p. 58, 59.

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Vidéo sur le développement humain

Lundi 12 septembre 2011

Une vidéo de 7mn30 synthétique et accessible, éditée à l’occasion de la sortie du 20ème Rapport sur le développement humain (publié par le PNUD, Programme des Nations Unies pour le Développement) en 2010 :

Image de prévisualisation YouTube

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L’économie est-elle l’ennemie de l’écologie ?

Samedi 10 septembre 2011

 

A VOIR : Un débat passionnant en vidéo (une petite heure au total) organisé par le mensuel Alternatives Economiques, entre deux spécialistes de l’analyse économique des problèmes écologiques :

- ELOI LAURENT (plutôt optimiste ; il pense qu’il est possible de sauvegarder l’environnement par une bonne politique économique)

- et BERNARD PERRET (plus pessimiste ; il faut changer radicalement notre système).

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Ne pas confondre sexe, genre et orientation sexuelle

Jeudi 8 septembre 2011

Sur RUE 89, un article par le sociologue Eric Fassin, spécialiste des questions de discriminations, notamment en matière sexuelle : à propos de la pétition de 80 députés de droite contre l’étude du genre en SVT en première.

 

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Emission radio sur le masculin et le féminin

Samedi 3 septembre 2011

Cette semaine, une polémique s’est développée autour de la question de l’enseignement du genre, en SVT en première – à l’instigation de certains députés et certaines associations catholiques traditionalistes : le « masculin » et le « féminin » sont-ils des caractères biologiques, ou sont-ils construits socialement ?

Une émission intéressante sur le sujet, à écouter sur FRANCE INTER : avec des sociologues et des anthropologues spécialistes du sujet.

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