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Interview de Daniel Cohen : le piège de l’ »homo economicus »

Mercredi 19 septembre 2012

Dans l’émission « C à vous » sur France 5, avec Alessandra Sublet (!!!), le 5 septembre, DANIEL COHEN, l’un des économistes français les plus connus, explique les causes de la crise, et montre que nous sommes piégés par la logique strictement utilitariste et compétitive de l’ »homo economicus », titre de son dernier ouvrage.

Il pose aussi des questions à plus long terme : quelle société voulons-nous ? comment ne plus faire dépendre le bonheur de l’accumulation de biens matériels ? comment remplacer la compétition sans fin (qui n’apporte que de la frustration en définitive) par la coopération et la solidarité ?

http://www.dailymotion.com/video/xtbfyy

A écouter aussi, des courtes chroniques sur la radio France Culture cette semaine (deux fois 3 minutes) :

1) Qu’est-ce que l’ »homo economicus » ?

2) La prospérité rend-elle plus heureux ?

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Rap Bourdieu versus Boudon !

Mercredi 6 juin 2012

Vous en avez rêvé, le voici : inspiré par le fameux rap Keynes-Hayek, voici un battle (ou clash, dit-on aussi) de rap entre Bourdieu et Boudon, créé au départ par un élève, Sascha (puis modifié par moi) : bravo surtout à lui !

En accompagnement musical, j’ai choisi une boucle mortelle : celle qui a été reprise dans « Bouge de là », de MC Solaar  :)

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RAP  BOURDIEU-BOUDON

Musique : Cymande, « The Message »

                    (Intro musicale)

Bourdieu:    Nous voilà réunis, mon cher ami Boudon,

Nous deux, sociologues de grand renom,

Nous deux en SES si souvent opposés,

Et si nous prenions le temps de nous expliquer ?!

Boudon:    Cela fait bien longtemps que j’attends cette proposition !

Vos théories m’amènent à me poser des questions,

D’après vous, l’individu subit la société ?

Mais cette même société, qui l’a donc forgée ?…

Bourdieu:    Elle nous imprègne de ses structures et de ses conflits

Nous sommes des agents, soit dominants soit dominés

Le Holisme est à prendre très au sérieux, mon ami

L’Individualisme Méthodologique est dépassé !

Boudon:    Ma théorie s’inspire des travaux des plus grands,

Weber et Hayek n’étaient pas des ignorants

Si la société est le corps, l’individu en est le cœur,

Nous n’en sommes pas des figurants, mais bien des acteurs !

(musique)

Bourdieu:   Mais chacun n’a pas la même quantité de capital

Culturel, social et bien sûr économique

Ces ressources sont des héritages du milieu social

Les dominants exercent une violence symbolique

Boudon:    Je ne nie pas l’iné-galité des chances

Les stratégies familiales mènent la danse

Mais la bourgeoisie n’est pas responsable

La sociologie « bourdivine » n’est qu’une fable !

(musique et intermède : reprise à « Go ! »)

Bourdieu:   L’école met en valeur les héritiers,

Mais handicape malheureusement les défavorisés,

L’habitus est la force de certaines classes sociales

Qui dominent d’autres classes : c’est un fait très banal !

Vous niez les classes, vous ne parlez que des individus,

Expliquez-moi donc, cette idée incongrue…

Boudon:   C’est l’inflation scolaire, effet pervers du système

Pour un poste, il faut de plus en plus de diplômes

Si tout le monde s’y met, l’ascenseur social est bloqué

Vous auriez quand même pu vous y intéresser !

Bourdieu:   Et l’«Homo Sociologicus», où l’avez-vous trouvé ?

Rationnel, calculateur… je n’ l’ai jamais rencontré

Boudon :   Il est plus réaliste que votre complot bourgeois

Mon cher, vous nagez en pleine paranoïa

Dès que quelqu’un réussit, c’est par sa culture de classe

L’action individuelle n’aurait-elle aucune place ?

Bourdieu :   Je crois que la situation va dégénérer,

Arrêtons-là, nous nous sommes déjà bien expliqués,

Nous recommencerons, laissons donc Monsieur Barbot

A présent finir son cours d’ « éco » !

Paroles : Sascha Maaden (TES3) – Eric Barbot – juin 2012

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Les riches ont besoin de prêter !

Samedi 10 mars 2012

Une vidéo courte mais très pertinente, avec EMMANUEL TODD, démographe, anthropologue et observateur très lucide des économies et des sociétés contemporaines :

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Comment relancer vraiment l’emploi ?

Mardi 14 février 2012

Une courte interview de Philippe Askénazy, économiste spécialiste de l’emploi : il critique des politiques de l’emploi depuis près de trente ans, qui étaient fondées sur la réduction du coût du travail et l’incitation des entreprises, qui ont échoué :

http://www.dailymotion.com/video/xog5kn Tags : , ,

Pour une école « commune » et plus démocratique

Vendredi 10 février 2012

UN ENTRETIEN INTERESSANT AVEC JEAN-PIERRE TERRAIL, sociologue spécialiste de l’éducation, et animateur du Groupe de Recherche pour la Démocratisation Scolaire, qui vient de publier de nombreuses propositions pour rendre le système éducatif moins inégalitaire socialement :
http://www.humanite.fr/sites/all/themes/humanite2010/images/pictos/humanite.pngle 8 Février 2012

Jean-Pierre Terrail « L’école doit transmettre une culture, pas trier les élèves »

Coauteur 
de l’École commune. Propositions pour 
une refondation 
du système éducatif, le sociologue Jean-Pierre Terrail détaille les propositions 
de son groupe 
de recherches pour faire reculer enfin les inégalités scolaires.
Quel est l’esprit général de votre essai consacré à l’École commune ?
La mise en place dans les années 1960-1970 de ce qu’il est convenu d’appeler « l’école unique » a généralisé l’accès au collège puis au lycée, et permis un formidable essor des scolarités. Cette expansion démocratique se grippe au milieu des années 1990, la réussite des apprentissages, notamment à l’école élémentaire, ne suivant pas l’allongement des parcours. Un bon tiers des jeunes vont de plus en plus loin dans l’enseignement supérieur, mais pour les autres rien ne change, et la situation tend même à se dégrader pour les plus faibles, selon les données convergentes des enquêtes du ministère et de l’OCDE. De ce fait, puisque l’échec scolaire affecte massivement les publics populaires, les inégalités sociales devant l’école sont aujourd’hui au moins aussi importantes que dans les années 1960.

Ce constat peut conduire à deux conclusions très différentes. Dans un premier cas de figure, on se convainc du caractère inévitable d’un fort taux d’échec dans l’acquisition du lire-écrire-compter, qui semble d’ailleurs confirmé par son apparente incompressibilité depuis des décennies. On se laissera dès lors aisément séduire par l’objectif de doter les élèves en difficulté d’un « socle commun de connaissances et de compétences », censé faciliter leur insertion sur le marché du travail.

C’est là cependant une façon d’habiller les inégalités scolaires qui intéresse surtout le contrôle patronal du marché de l’emploi peu qualifié. On peut adopter une seconde option, et c’est la nôtre, qui s’appuie sur la conviction, étayée par la recherche, que tout enfant entré normalement dans le langage doit pouvoir entrer tout aussi normalement dans la culture écrite ; qui entend s’attacher à répondre à la demande des familles, qui aspirent dans tous les milieux sociaux, à plus de 90 %, aux études supérieures pour leurs enfants ; et qui prend en considération les exigences du développement démocratique d’une société hypertechnicisée, lequel suppose en effet une élévation massive de la culture générale et technologique des jeunes générations. Nous sommes ici face à un véritable choix de société.

Refuser la solution du « socle commun » implique une analyse 
de ce qui bloque, aujourd’hui, 
la démocratisation scolaire…
Absolument. Les données de la recherche invitent à distinguer deux types d’obstacles conjoints. Ceux qui tiennent d’abord au fait que l’école unique a en charge le tri des élèves, en les mettant en concurrence, et en différenciant leurs parcours (via redoublements, multiplication des sections « adaptées », classes de niveau, orientation et filières). Inéluctablement, ceux qui entrent avec des ressources moins immédiatement appropriées à la réussite scolaire sont conduits vers les sorties les moins valorisées. Mais ils le sont en même temps parce que les dispositifs pédagogiques qui conduisent leur entrée dans la culture écrite s’avèrent très insuffisamment efficaces.

Que proposez-vous alors ?
On ne peut espérer aucune relance de la démocratisation scolaire si l’on n’agit pas très vigoureusement sur ces deux registres. Sur le premier, nous proposons que l’école commune soit déchargée de tout rôle de sélection sociale, et que lui soit confiée une mission essentielle : transmettre une culture commune à tous les jeunes, au long d’un tronc commun de trois à dix-sept ans, sans redoublement ni bifurcations internes. Rappelant qu’il n’est nul besoin d’être mis en concurrence pour apprendre (l’accès à la parole, pourtant diablement complexe, s’opère sans échecs et hors compétition), nous proposons de supprimer la notation, qui est indispensable pour classer, mais pas pour évaluer. La suppression des notes et du redoublement crée les conditions de la réussite pour tous, mais resterait parfaitement démagogique sans une amélioration massive des apprentissages cognitifs. Sur ce second registre, nous estimons qu’un réexamen d’ensemble des dispositifs qui entendaient rénover les pédagogies traditionnelles à partir des années 1970-1980 s’impose aujourd’hui. Non pas pour revenir en arrière, mais pour identifier les raisons des impasses actuelles, et retrouver l’intention démocratique des promoteurs du processus de rénovation.

Vous insistez beaucoup à cet égard sur l’enseignement élémentaire…
Comment différer à dix-huit ans l’entrée dans les voies professionnalisantes sans réussite massive des premiers apprentissages ? Depuis quarante ans, ceux qu’on appelle les « publics difficiles » ont été identifiés par ce qui leur manque pour être comme les autres, et la rénovation pédagogique a été dominée par le souci de s’adapter à ces manques. Nous pensons qu’il faut maintenant partir non plus du postulat de leurs déficits, mais de la réalité de ressources intellectuelles qui sont un bien de « commune humanité » et appartiennent à tous les êtres de langage. Au principe qui nourrit les pédagogies actuelles, « Ne pas nourrir d’attentes trop élevées à l’égard des enfants des classes populaires afin de ne pas les mettre en difficulté », nous proposons d’en substituer un autre, bien différent : « Être très exigeant avec ces enfants pour leur permettre de réussir. » En leur donnant les moyens, bien sûr, de se confronter efficacement à cette exigence.

Quelles sont les perspectives de l’école commune ?
Nous voudrions contribuer à relancer le travail sur les contenus de la culture commune. En matière de formation des enseignants, nous insistons sur l’exigence des contenus de formation (et pas seulement des modalités de recrutement), et proposons, pour l’enseignement élémentaire, d’en finir avec l’actuelle polyvalence des enseignants. Et nous posons la question : quand les responsables politiques de gauche s’empareront-ils avec force et audace de ce grand enjeu de civilisation ?

Entretien réalisé par Laurent Mouloud

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Des économistes antilibéraux critiquent les dernières mesures pour l’emploi et la compétitivité

Vendredi 3 février 2012

TRIBUNE DANS « LIBERATION » -

Par CLAUDE DEBONS, JACQUES GENEREUX, JEAN-MARIE HARRIBEY coprésident d’Attac, PIERRE KHALFA, JACQUES RIGAUDIAT, ANNE DEBREGEAS, ELODIE GROUTSCHE, MARIANNE JOURNIAC, DIDIER LE RESTE Syndicalistes, FRÉDÉRIC BOCCARA, STÉPHANIE TREILLET Economistes

Toutes les mesures présentées dimanche soir par le «président candidat» sont aussi impopulaires qu’inefficaces et dangereuses. Ce «paquet» est sans doute son cadeau de départ au patronat et aux promoteurs (30% de spéculation foncière en plus). Fidèle à sa recette du pâté de cheval et d’alouette, Nicolas Sarkozy a certes évoqué une hausse de la CSG sur les revenus du patrimoine et une taxe sur les transactions financières réduite à sa plus simple expression, mais ces annonces pèsent peu par rapport aux deux mesures chocs qu’il veut imposer avant la fin du quinquennat.

Première mesure : les «accords compétitivité emploi». Ils consistent à échanger salaire contre emploi. Ces accords, qui pourront être signés par des syndicats représentant seulement 30% des voix aux élections professionnelles, permettront aux employeurs de faire travailler leurs salariés plus longtemps sans hausse de leur rémunération. Cela revient à supprimer ce qu’il reste de la durée légale du travail instaurée en… 1848. Les entreprises pourront aussi imposer des baisses de salaire, grâce à un chantage au chômage, baptisé sauvegarde de l’emploi. Un tel accord permettrait de s’exonérer de dispositions du droit du travail et des conventions collectives et s’imposerait «à la loi et aux contrats individuels» : un salarié pourra donc être licencié s’il le refuse. Cette inversion de la hiérarchie des normes serait une rupture historique avec le modèle social français.

Deuxième mesure : la suppression des cotisations patronales de la branche «famille» de la Sécurité sociale. Comme elle concerne les salariés gagnant entre 1,6 et 2,4 Smic, ce cadeau de 13 milliards d’euros bénéficiera plutôt aux grandes entreprises. Il sera principalement «compensé» par une augmentation de 1,6 point de TVA. Sarkozy fait le pari que cela n’entraînera aucune hausse des prix, mais il se prend les pieds dans le tapis : justifier la mise en œuvre différée de cette mesure par le fait que cela permettra des achats par anticipation, c’est annoncer que les hausses de prix auront bien lieu. La consommation des ménages, surtout les plus pauvres, sera donc rabotée de 11 milliards d’euros : ce n’est rien d’autre qu’un troisième plan d’austérité !

Ces mesures s’inscrivent dans une conception globale : «Réduire les dépenses publiques, alléger le coût du travail, renforcer notre compétitivité pour créer de la croissance et créer des emplois.» Pure doxa néolibérale. Mais alléger le coût du travail, c’est en fin de compte réduire une demande salariale déjà atone. Réduire les dépenses publiques, alors que l’investissement des entreprises est au plus bas, c’est casser un autre moteur de l’activité. Une telle orientation ne peut qu’aggraver la récession et développer le chômage.

En postulant que le problème fondamental est le coût du travail, cette orientation fait l’impasse sur le coût du capital. Or, c’est bien celui-ci qui pose problème, avec l’explosion des dividendes versés aux actionnaires : ils représentent 13% de la masse salariale en 2010, contre 4% dans les années 80. Dans le même temps, la part des salaires dans la richesse produite, le PIB, a baissé de 8 points. C’est cette domination d’une logique financière sur les entreprises qui explique la faiblesse de l’investissement et des dépenses en recherche et développement. L’obsession du modèle allemand oublie que ce dernier n’est pas soutenable. Pas soutenable pour les Allemands qui ont vu ces dernières années une baisse de leurs salaires avec un fort accroissement de la pauvreté et de la précarité. Pas soutenable parce que, dans une Europe économiquement intégrée, les excédents commerciaux allemands ont pour contrepartie les déficits des autres pays d’Europe. Vouloir que tous les pays européens adoptent le modèle allemand est un projet impossible.

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Paul Krugman contre les libéraux

Dimanche 16 octobre 2011

 

Paul Krugman

UN ARTICLE DU PRIX NOBEL D’ECONOMIE dans le grand quotidien le New York Times, contre l’irréalisme des libéraux, qui vivent selon lui « dans le terrier du lapin blanc » (dans Alice au pays des merveilles…) :

L’ECONOMIE DU TERRIER DU LAPIN BLANC

Lire le compte-rendu du débat des républicains de mardi au sujet de l’économie est comme tomber dans le terrier du lapin blanc pour quiconque a un peu suivi les évènements de ces dernières années.

Tout à coup, on se retrouve dans un monde merveilleux où rien ne semble se produire comme dans la vie réelle.

Et puisque la politique économique est en relation avec le monde dans lequel nous vivons, pas le monde merveilleux issu de l’imagination du « Grand Old Party » (surnom du Parti Républicain – de droite donc : E.B.), l’idée que l’une de ces personnes puisse être notre prochain président est franchement terrifiante.

Dans le monde réel, les évènements récents ont réfuté de façon dramatique cette orthodoxie du libre marché qui régit la politique américaine depuis trois décennies. Avant tout, la longue croisade contre les réglementations financières, les efforts couronnés de succès pour défaire les règles de prudence établies après la Grande Dépression sous prétexte qu’elles n’étaient pas nécessaires, tout ceci a fini par démontrer - et la nation en a payé le prix fort - que ces règles étaient finalement nécessaires.

Dans le terrier du lapin blanc, rien de tout ça n’est arrivé. On ne s’est pas retrouvé en crise à cause de prêteurs privés à la dérive comme Countrywide Financial. On ne s’est pas retrouvé en crise parce que Wall Street a prétendu que trancher, débiter et restructurer des créances douteuses pourrait, on ne sait comment, créer des actifs notés AAA- et les agences de notation privées ont joué leur jeu. On ne s’est pas retrouvé en crise parce que des « banques parallèles » comme Lehman Brothers ont exploité des failles dans la réglementation financière pour créer des menaces de type bancaire sur le système financier sans être assujetties aux limites bancaires sur la prise de risque. Non, dans l’univers du parti républicain, on s’est retrouvé en crise par la faute du député Barney Frank, qui a obligé les banques sans défense à prêter de l’argent à des pauvres qui ne le méritaient pas.

Oui, j’exagère un peu, mais pas beaucoup. Le nom de Frank a été assimilé encore et encore au méchant de la crise, et pas seulement dans le contexte de la loi de réforme financière Dodd Frank, que les républicains veulent abroger. Il est fabuleux de constater sa soi-disant influence étant donné qu’il est démocrate et que la plus grosse partie des créances douteuses qui handicapent aujourd’hui notre économie ont été effectuées alors que George W. Bush était le président et que les républicains contrôlaient la Chambre des représentants d’une main de fer. Mais il reste le méchant numéro un quand même.

La diabolisation de Frank mise à part, c’est désormais évident que la ligne du parti républicain est de prétendre que le gouvernement est responsable de l’ensemble du problème. Il faut savoir que cette ligne de pensée s’est durcie alors même que les supposées preuves quant au gouvernement étant le principal méchant de la crise ont été discréditées. Le fait est que les règles gouvernementales n’ont pas forcé les banques à effectuer des créances douteuses et que les prêteurs soutenus par le gouvernement, alors qu’ils se sont mal comportés sur de nombreux points, ne comptabilisent que peu de ces prêts vraiment à hauts risques qui ont alimenté la bulle immobilière.

Mais tout ça c’est du passé. Que veulent faire les républicains aujourd’hui ? En particulier, que veulent-ils faire concernant le chômage? Eh bien ils veulent renvoyer Ben Bernanke, le président de la Réserve Fédérale - non parce qu’il n’en fait pas assez, ce qu’on pourrait lui reprocher, mais parce qu’il en fait trop. Ils ne proposent donc évidemment aucune action visant à créer des emplois via une politique monétaire.

Lors du débat de mardi, Mitt Romney a cité de façon fortuite N. Gregory Mankiw d’Harvard comme l’un de ses conseillers. Combien de républicains savent que Mankiw était d’avis, judicieusement selon moi, de permettre une inflation délibérée par la Réserve Fédérale afin de résoudre nos problèmes économiques ?

Ainsi donc pas de réparation monétaire. Quoi d’autre? Eh bien, Rick Perry, tel le Cheshire Cat, semblant disparaître, petit à petit, jusqu’à ce qu’on n’aperçoive plus que ses cheveux, a affirmé, de façon peu plausible, qu’il pourrait créer 1,2 million d’emplois dans le secteur énergétique. Parallèlement, Romney a appelé à des baisses d’impôts permanentes - en somme, revivons les années Bush ! Et Herman Cain ? Oh, peu importe.

A propos, quelqu’un d’autre a-t-il noté la disparition des déficits budgétaires en tant que souci premier des républicains depuis qu’ils ont commencé à parler de baisses d’impôts pour les entreprises et les riches ?

Tout cela est assez drôle. Mais c’est également, comme je l’ai dit, terrifiant. La Grande Récession aurait dû être une énorme sonnette d’alarme. Il était impossible que quelque chose comme ça se produise dans le monde moderne. Tout le monde, et je dis bien tout le monde devrait procéder à une véritable introspection, et se demander combien de ce qu’il ou elle croyait vrai ne l’est pas en réalité.

Mais le GOP a répondu à la crise non pas en repensant son dogme mais en adoptant une version encore plus brutale de ce dogme, devenant ainsi une caricature de lui-même. Pendant le débat, les présentateurs ont diffusé un clip de Ronald Reagan demandant une augmentation des recettes ; aujourd’hui, aucun homme politique espérant jouer un rôle dans le parti de Reagan n’oserait dire une chose pareille.

C’est terrible lorsqu’un individu perd pied avec la réalité. Mais c’est encore pire lorsque la même chose arrive à un parti politique entier, un parti qui a déjà le pouvoir de bloquer toutes les propositions du président et qui pourrait bientôt contrôler tout le gouvernement.

Paul Krugman 

© 2011 New York Times News Service

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Rencontre avec les « Economistes atterrés »

Samedi 15 octobre 2011

Les Economistes atterrés sont un groupe de plusieurs centaines d’économistes renommés voulant rompre avec les idées dominantes face à la crise et à la finance : ce ne sont pas des extrêmistes, seulement des spécialistes qui pensent que l’on peut gouverner autrement l’économie, et qui le prouvent par des raisonnements rigoureux.

Voici une vidéo très intéressante sur une rencontre du journal en ligne Mediapart avec quelques-uns de ces économistes, le 10 octobre - bien que longue, mais vous pouvez vous arrêter quand vous voudrez…

 http://www.dailymotion.com/video/xll0e7

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La crise du capitalisme en dessins !

Mardi 11 octobre 2011

Une petite vidéo très sympa, à regarder attentivement : la traduction en dessins d’un extrait d’une conférence du géographe DAVID HARVEY, sur la crise du capitalisme (en plus, cela vous fera travailler votre anglais, si vous écoutez bien) :

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L’économie est-elle l’ennemie de l’écologie ?

Samedi 10 septembre 2011

 

A VOIR : Un débat passionnant en vidéo (une petite heure au total) organisé par le mensuel Alternatives Economiques, entre deux spécialistes de l’analyse économique des problèmes écologiques :

- ELOI LAURENT (plutôt optimiste ; il pense qu’il est possible de sauvegarder l’environnement par une bonne politique économique)

- et BERNARD PERRET (plus pessimiste ; il faut changer radicalement notre système).

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