Texte formidable d’un économiste génial

Mercredi 19 mai 2010

Si vous voulez comprendre la crise actuelle en Europe, et le monde économique dans lequel nous vivons, précipitez-vous sur l’article, publié dans Le Monde avant-hier, de Michel Aglietta, l’un des meilleurs spécialistes français de la finance internationale (et membre de l’Ecole de la Régulation, qui a conçu notamment le concept de « fordisme » comme type de régulation économique et sociale du capitalisme – un grand classique en terminale…).

Le texte est très clair, et très accessible même pour des élèves de terminale.

 

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Les Etats-Unis dépensent plus pour la santé, mais vivent moins qu’en France

Mardi 2 mars 2010

Les Etats-Unis consacrent de plus grand moyens financiers pour la santé par rapport à la France, en valeur absolue et en pourcentage de leur PIB. Est-ce à dire qu’ils sont en meilleure santé ?

En fait, non, c’est même le contraire (malgré le Dr House), comme le montre l’économiste Jean Gadrey, spécialiste entre autres de l’économie des services, dans un dossier passionnant sur son blog, avec des graphiques et des explications très claires ! Mortalité infantile, mortalité par diabète, ou maladies respiratoires… Comme l’écrit J. Gadrey, les Etats-Unis – en dépit de beaux succès dans le traitement de certaines maladies – sont engagés dans « une course-poursuite pour réparer les dégâts sanitaires croissants d’une société et de modes de vie pathogènes, d’une pauvreté endémique et d’un manque criant de couverture maladie. »

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Petits arrangements entre amis capitalistes

Mardi 12 janvier 2010

A l’heure de la mondialisation, des crises fracassantes et des nouvelles technologies, Le Monde rappelle une réalité parfois oubliée : le capitalisme français reste aux mains d’un club très fermé, une caste d’administrateurs issus des mêmes grandes écoles, des mêmes quartiers, des mêmes familles même, qui siègent souvent dans les conseils d’administration de plusieurs grandes sociétés du CAC 40 (les 40 plus grosses capitalisations à la Bourse de Paris)…

Une association, l’Observatoire politico-économique des structures du capitalisme, étudie les réseaux sociaux des patrons du CAC 40.

Alors, révolutionner les pratiques du capitalisme avec ces gens-là… Le pouvoir des dirigeants politiques élus par le peuple ne pèse pas lourd face à la puissance des dirigeants économiques, ceux qui ont véritablement orienté les grandes politiques du pays depuis des décennies, conformément à leurs intérêts bien entendu, qu’ils confondent avec l’intérêt général…

Du reste, rappelons cette particularité française : la plupart des patrons de grandes entreprises sont passés par des cabinets ministériels et ont servi dans les grands corps de l’Etat (comme l’inspection des Finances), avant de se servir dans le secteur privé…

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Vidéo d’un procès imaginaire : la Société contre l’Innovation

Jeudi 7 janvier 2010

Des universitaires québécois ont réalisé cette petite vidéo, très sympathique, montrant un « procès » opposant les accusateurs et les défenseurs de l’innovation, la fameuse « destruction créatrice » de J. Schumpeter (lui-même étant un acteur de ce procès dans la vidéo : c’est l’avocat de l’innovation, bien sûr ;) ). Le jury est composé des auteurs du programme de SES : va-t-il condamner l’innovation ?

Regardez cette courte vidéo pour réviser le chapitre de terminale consacré à l’innovation, et ses effets sur l’économie et la société :

http://www.dailymotion.com/videoxblr8s Tags : , , ,

De grands économistes français adoptent une lecture marxiste de la crise !

Jeudi 7 janvier 2010

Patrick Artus, économiste en chef de la banque d’investissement Natixis, vient de publier une note intitulée « Une lecture marxiste de la crise »… alors qu’il n’a pas la réputation d’être marxiste ni anti-capitaliste, loin de là.

Oui, c’est incroyable mais vrai : un économiste bien connu, qui travaille pour une banque, nous explique (avec de nombreux chiffres à l’appui) que l’excès de capital au niveau mondial entraîne des surcapacités de production, d’où un risque de baisse du taux de profit et par conséquent une accentuation de l’exploitation des salariés, etc. Je rappelle que Karl Marx prévoyait au milieu du XIXe s. la fin du capitalisme, tout simplement, et la fin des classes sociales, à la suite d’une révolution du prolétariat, lorsque l’exploitation serait trop forte…

2009 a été l’année de la redécouverte de Keynes par les économistes (mais Keynes n’a pas jamais dénoncé l’exploitation des travailleurs, ni prôné la fin du capitalisme, au contraire !) ; 2010 sera-t-elle l’année de Marx

Si un économiste très connu adopte courageusement ce point de vue (j’attends les réactions de ses collègues…), ne serait-ce pas parce que le capitalisme lui-même aurait connu une formidable régression ces dernières années vers le mode de régulation du XIXe s., c’est-à-dire la concurrence et l’exploitation sauvages (peut-être même pires qu’au XIXe s., car nous disposons de moyens financiers et technologiques incomparablement plus puissants) ?…

Quelques mois plus tôt, dans le même ordre d’idées, un autre économiste reconnu (et pas non plus classé à l’extrême-gauche), professeur à l’Ecole normale supérieure, Philippe Askenazy montrait (dans quatre petites vidéos à voir ici) que le partage de la valeur ajoutée s’effectue de nos jours au bénéfice exclusif des entreprises : celles-ci maintiennent la part du profit dans la valeur ajoutée (taux de marge) même en période de récession, alors que la part des salaires stagne et que le travail devient de plus en plus précaire : « travail précaire, capital protégé »… et tous les risques du capitalisme sont pris en charge par les travailleurs, qui ne sont pour rien dans les dérives qui ont abouti à la crise actuelle…

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Petit bêtisier des économistes

Mardi 5 janvier 2010

L’excellent mensuel Alternatives Economiques passe en revue, dans un article ce mois-ci, quelques grosses bêtises de la part d’économistes néo-libéraux, qui rêvaient d’un monde idéal entièrement régulé par le marché, avec des interventions de l’Etat réduites au minimum… Découvrez ce bêtisier, il vous sera très utile, à la fois comme élèves et comme futur citoyens.

Ces auteurs n’avaient pas commis de simples erreurs techniques, mais avaient oublié l’essentiel : que l’économie n’est pas une science exacte, qu’on peut traiter seulement avec des courbes et des équations mathématiques, mais une science sociale, morale et politique, qui doit viser le bien-être de l’ensemble de la population, et non l’enrichissement de quelques-uns au détriment de tous les autres - c’est ce que vous apprenez en SES, je l’espère du moins. ;)

C’est la crise économique actuelle qui a révélé leurs erreurs, qui depuis près de trente ans, accroissent les inégalités sociales au sein de chaque pays, et la concurrence entre tous les pays, tout en contribuant à la destruction de l’environnement… mais bien peu d’entre eux ont reconnu récemment qu’ils s’étaient trompés…

 

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Le retour du thème de la décroissance

Lundi 16 novembre 2009

Naguère, la notion de « décroissance » – limitation volontaire des besoins et de la production, afin de préserver l’environnement – était considérée comme radicale, sévère, réservée à quelques écologistes extrêmistes…

La crise économique a remis au goût du jour cette thèse. Je ne vous donnerai pas mon opinion sur cette question ; je préfère que vous vous fassiez vous-mêmes votre opinion…

http://lemonde.fr/societe/article/2009/11/14/la-crise-relance-le-theme-de-la-decroissance_1267188_3224.html

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Pourquoi ne pas nationaliser les banques ?

Samedi 14 novembre 2009

Suite à la conférence hier soir à Lyon, dans le cadre des Journées de l’économie, intitulée « Comment sortir de la crise ? », et à laquelle j’ai amené mon groupe de Préparation du concours Sciences Po, je mets en ligne une courte interview d’un économiste non conformiste, et bon connaisseur de la finance, Frédéric Lordon.

Celui-ci propose de nationaliser les banques, et parle aussi de son travail d’économiste, ses doutes sur l’avenir du capitalisme, de la démocratie et de la société… autant de questions que se posent aussi les professeurs de SES…

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L’Etat américain défend l’économie de marché ? Bien au contraire !

Samedi 24 octobre 2009

L’économiste américain James Kenneth Galbraith – fils d’un autre célèbre économiste, John Kenneth Galbraith, qui critiquait déjà le capitalisme libéral depuis les années 60 – vient de publier un livre très dur contre l’alliance de l’Etat néo-conservateur américain (à la sauce George W. Bush) avec les grandes entreprises, pour se partager le pays : L’Etat prédateur. On l’a bien vu lors du démarrage de la guerre en Irak – qui avait peu de rapport avec les « armes de destruction massive », et bien plus avec de gros marchés juteux pour les amis de la famille Bush…

Contrairement à une idée reçue, le néo-libéralisme contemporain ne vise pas à laisser le marché fonctionner tout seul (dans l’esprit de la fameuse « main invisible » de Smith) ; il s’agit d’une politique volontariste (active) de l’Etat, afin de démanteler les anciennes régulations et les anciennes protections sociales, et instaurer de nouvelles règles du jeu, généralement favorables aux grandes firmes (vous vous souvenez de la notion d’ »oligopole ») Jamais les grandes entreprises n’auraient pu faire autant de profits depuis vingt ans, et les riches s’enrichir autant, sans la complicité, consciente ou non, de l’Etat. Les petits producteurs, les consommateurs et les salariés, quant à eux, y ont trouvé beaucoup moins d’avantages…

Ainsi, les vrais défenseurs (naïfs) du marché seraient finalement… les responsables de gauche ! La droite dure, elle, aux Etats-Unis comme dans d’autres pays, est passée à autre chose, dans l’intérêt de quelques puissants, loin bien sûr de l’intérêt général…

Il faudrait par conséquent, selon l’auteur, revenir à une notion taboue, qui semble renaître de l’époque communiste : la planification !

Lisez l’entretien avec Galbraith fils, stimulant et facile à lire, dans Libération.

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Les deux Prix Nobel d’économie 2009 ont la « SES attitude »

Lundi 12 octobre 2009

En réalité, le Prix Nobel de sciences économiques n’existe pas vraiment : il s’agit d’un prix de la Banque de Suède en l’honneur d’Alfred Nobel, mais ne chipotons pas…

Les deux lauréats 2009, Elinor Ostrom et le plus connu, Oliver Williamson (photo) nous font plaisir, à nous autres praticiens des SES, puisque ces deux auteurs ont travaillé sur le cadre social de l’économie, l’importance de la régulation et des institutions dans le fonctionnement de l’économie réelle, et les limites d’un modèle uniquement individualiste et marchand. Oliver Williamson est même cité parmi les auteurs à retenir dans le chapitre de SES sur l’emploi !  :)

 

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