On a tendance à penser que le mauvais goût est d’abord chez les autres; et on parle de vulgarité, d’ignorance, de grossièreté lorsque certaines personnes ne s’intéressent pas à ce que nous nous trouvons beau…
Ce n’est pas le début d’un texte à commenter en philo, je vous rassure… Je voudrais simplement attirer votre attention sur la relativité des pratiques et des goûts culturels, en relation avec le thème que nous traitons actuellement en terminale : la persistance des inégalités dans une société en apparence démocratique et « moyennisée ». Et surtout, j’aimerais avoir vos réactions !
Premier cas : Le violoniste dans le métro. Un virtuose américain, Joshua Bell, a fait le pari de jouer durant trois quarts d’heure dans le métro de Washington… Qu’arriva-t-il ? Cette histoire a fait un buzz sur le net et dans les médias : qu’en pensez-vous ?
Lire l’article du Washington Post : »Pearls Before Breakfast » – Oui, c’est en anglais, mais ça vous exercera, et ce n’est pas difficile à lire ; en plus, il y a une vidéo
Second exemple pour alimenter votre réflexion sur le « capital culturel » : l’actuelle vente de la collection d’art Saint Laurent-Pierre Bergé (estimée à 300 millions d’euros…)
Un beau diaporama de L’Express montre cette collection telle qu’elle vivait, pourrait-on dire, dans l’hôtel particulier d’Yves Saint Laurent et Pierre Bergé rue de Babylone à Paris : on y voit, parfaitement illustrés, certains codes du goût « légitime », dans sa version la plus haute, la plus « classe » – et je le dis sans ironie aucune - Pierre Bergé était aussi un « cumulard » des formes de capital dans différents champs : capital économique (c’est un riche homme d’affaires), social (connaissant beaucoup de monde, très impliqué dans la lutte contre le Sida, et un proche ami de François Mitterrand) et culturel (son amour de l’art donc, et d’un grand artiste comme Yves Saint Laurent).
Remarquez le rapprochement de périodes et de styles différents, ou encore la préservation de l’espace (la collection est extrêmement abondante, et pourtant il y a de la place, on n’a pas l’impression d’être chez un antiquaire, « là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté »…)
Cette exemple me touche d’une part parce que j’adore l’art sous toutes ses formes, depuis toujours, et d’autre part en souvenir de J. Maynard Keynes, qui était un grand collectionneur et mécène et pensait que des activités telles que l’art, la fête, ou l’amitié, étaient bien plus importantes que l’économie (l’économiste étant appelé, selon lui, à exercer avec compétence et sérieux un métier respectable mais modeste, « un peu comme celui de dentiste », écrivait-il…)
J’ajoute une interview de Pierre Bergé (sur France 24)
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