jeudi 20 octobre 2011

Face aux périls écologiques, les urgences d’une planète surpeuplée

LEMONDE | 20.10.11

La Terre souffre de l’homme qui lui demande de plus en plus de ressources pour survivre et combler ses aspirations à la consommation. Les progrès technologiques permettront-ils d’éviter un épuisement total de notre planète ?

MANGER

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la croissance démographique nécessitera une augmentation de la production agricole de 50 % d’ici à 2030 et de 70 % d’ici à 2050. Pour la majorité des experts, la Terre a le potentiel pour répondre à ces objectifs et nourrir les 9 milliards d’habitants qu’elle devrait compter en 2050.

Mais à quel prix ? En 2009, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) se sont livrés à un petit exercice prospectif. Dans le cadre de l’enquête Agrimonde, leurs chercheurs ont imaginé deux scénarios : dans le premier, les tendances actuelles se prolongent d’ici à 2050, et priorité est donnée à la croissance économique et au « bien-être immédiat des hommes » ; le second privilégie « la durabilité des systèmes agricoles et agroalimentaires ».

Le premier cas de figure entraîne une hausse de 590 millions d’hectares des surfaces cultivées ou utilisées pour l’élevage (un milliard et demi d’hectares sont exploités aujourd’hui), une perte de biodiversité, une montée des problèmes environnementaux et une accélération du changement climatique.

Autant de phénomènes évités par le scénario alternatif. Mais celui-ci suppose une convergence mondiale vers un nouveau mode de consommation : les disponibilités alimentaires seraient alors de 3 000 kilocalories par jour et par personne (dont 500 d’origine animale), soit une diminution de 25 % en moyenne pour les populations des pays riches par rapport à leur régime actuel, mais une augmentation d’autant pour les habitants d’Afrique subsaharienne.

La nécessité d’une transition vers un nouveau modèle agricole mondial est de plus en plus évoquée, y compris au sein des institutions internationales : « Il faut garantir une transition des systèmes alimentaires et agricoles vers des systèmes moins gourmands en énergie fossile et moins polluants », écrivent ainsi les experts du Comité de la sécurité alimentaire, plate-forme des Nations unies, dans un rapport présenté lundi 17 octobre.

Dans 9 milliards d’hommes à nourrir (François Bourin, 432 p., 22 euros), livre qu’ils ont récemment cosigné, Marion Guillou et Gérard Matheron, qui président respectivement l’INRA et le Cirad, concluent sur six recommandations : accentuer les efforts de recherche ; mettre l’accent sur les partenariats internationaux et le partage d’informations ; réinvestir dans l’agriculture ; limiter la volatilité des prix des denrées alimentaires ; faire évoluer les modes de consommation ; repenser la gouvernance mondiale en matière de sécurité alimentaire.

« On peut gagner énormément, rien qu’en travaillant sur les irrationalités du système, affirme Olivier De Schutter, le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation. On insiste beaucoup sur la nécessité de produire plus pour répondre à une demande en croissance. Mais on oublie les gaspillages alimentaires ou les biocarburants qui entrent en concurrence avec les cultures alimentaires… »

Selon une étude parue en 2009, 40 % de l’alimentation disponible aux Etats-Unis est gaspillée chaque année.

HABITER

Une personne sur deux vit en ville. Chaque année, le nombre de citadins augmente de 60 millions. En 2050, ils seront 6,3 milliards, soit 70 % de la population. Ces chiffres font tourner la tête. Il y a deux siècles, seules deux villes, Londres et Pékin, dépassaient le million d’habitants. En 1950, elles étaient 75 ; en 2008, 431. La planète compte désormais 21 villes de plus de 10 millions d’habitants.

L’urbanisation n’est plus un phénomène lié aux pays riches : alors que, dans les années 1950, Tokyo, New York, Londres et Paris occupaient les premières places dans le classement des villes, seule la capitale japonaise conserve désormais son titre de première agglomération mondiale, avec ses 36 millions d’habitants. Les grandes villes occidentales ont été supplantées par les mégacités indiennes et brésiliennes. Dans les trente prochaines années, le processus d’urbanisation proviendra surtout des pays en voie de développement, mais à une vitesse plus rapide que celle que connut l’Europe.

La physionomie de la planète est en pleine mutation, le Sud s’urbanise tandis que le Nord stagne. Dans les pays en développement, la population urbaine devrait doubler d’ici à 2050, alors que celle des pays développés, sous l’effet notamment de la baisse de la natalité, devrait diminuer. En un siècle, la population de New Delhi, en Inde, est passée de 238 000 habitants à 22 millions.

Dans un rapport de 2009 sur les 19 megacités de plus de 10 millions d’habitants, l’ONU souligne que ces géantes urbaines aggravent les inégalités sociales. Près d’un milliard d’habitants vivent dans des bidonvilles. Dans dix ans, selon les projections des Nations unies, ils seront 1,5 milliard, soit 40 % des citadins. La Chine et l’Inde – les deux pays les plus peuplés au monde – concentrent à elles seules 40 % des taudis de la planète.

Sur le plan écologique, tout reste à faire : les villes qui dévorent jour après jour de nouveaux espaces sont responsables de 80 % des émissions mondiales de CO2 et de 75 % de la consommation mondiale d’énergie. Les transports représentent un tiers des émissions de gaz à effet de serre.

APPROVISIONNER

En 2011, à en croire les calculs de l’ONG californienne Global Footprint Network (GFN), 270 jours ont suffi aux habitants de la planète pour consommer les ressources annuelles de la Terre. Il aura donc fallu moins de dix mois – le jour J est le 27 septembre – pour épuiser notre budget mondial. Ce seuil à partir duquel il faut vivre « à crédit » en puisant dans notre capital est franchi de plus en plus tôt. En 2000, il se situait début novembre.

Depuis 2003, GFN veut marquer les esprits en publiant chaque année l’empreinte écologique des milliards d’humains. L’indicateur est pionnier, et sa conception méthodologique souffre de biais, nul ne le conteste. Mais il a le mérite de souligner combien la croissance démographique pèse de plus en plus sur nos ressources naturelles, rendant leur accès de plus en plus conflictuel et destructeur.

Tous les jours, les effets de cette vie « à découvert » se font connaître : déforestation ; surexploitation des ressources marines ; accumulation de CO2 dans l’atmosphère ; stress hydrique… Les chiffres sont là. Treize millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année, soit l’équivalent d’un terrain de football toutes les deux secondes.

Le 28 juillet 2010, l’Assemblée générale des Nations unies reconnaissait l’accès à l’eau potable comme « droit de l’homme ». Une avancée historique. Pour autant, que va changer concrètement ce consensus mondial, pour les 2,9 milliards de personnes qui ne disposent pas d’un robinet chez elles ou à proximité ? Et les 2,6 milliards privées d’un assainissement de base ?

Les terres agricoles sont, elles aussi, de plus en plus disputées. Rognées par l’étalement urbain, elles sont également lorgnées par les promoteurs des biocarburants et les investisseurs privés. Selon des chiffres publiés fin septembre par l’ONG britannique Oxfam, 227 millions d’hectares, soit la superficie de l’Europe de l’Ouest, ont été vendus ou loués dans les pays en développement depuis 2001, principalement à des groupes internationaux. La majorité de ces terres ne devraient pas être exploitées. Les acquéreurs préfèrent jouer la carte de la spéculation foncière.

SE SOIGNER

Soigner, mais aussi renforcer les systèmes de santé et développer une prévention des maladies pour 7 milliards d’êtres humains, ne constitue pas le moindre des défis posés à notre planète. Que ce soit du côté des maladies transmissibles, à commencer par l’infection par le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme (responsables à eux trois d’environ 5 millions de décès par an dans le monde) ou bien de celui des maladies non transmissibles, qui ont tué 36 millions de personnes en 2008, selon les Nations unies, la réponse internationale demeure en deçà des besoins.

Les progrès accomplis en termes d’espérance de vie moyenne, passée de 52,5 ans en 1950 à 69,2 ans en 2009, sont menacés par les taux élevés de mortalité infantile et le poids des maladies transmissibles et non transmissibles dans les pays en développement. De même, l’épidémie mondiale de diabète et d’obésité, qui touche de manière prépondérante les populations les moins favorisées dans les pays développés, représente un facteur de risque qui alimente tant les maladies cardiovasculaires que les cancers.

Les maladies cardiovasculaires arrivent en tête des causes de mortalité dans le monde : 17,3 millions de morts en 2008, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), soit 30 % de l’ensemble des causes de décès. Contrairement à une idée reçue, 80 % des décès dus à des maladies cardiovasculaires surviennent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, et ils concernent autant les hommes que les femmes. Le cancer, quant à lui, est responsable de 7,6 millions de décès annuels, soit environ 13 % des causes de disparition. Ce nombre pourrait s’élever à 11 millions en 2030.

Le sida a révélé le fossé grandissant entre la santé dans les pays riches et les pays pauvres. Une mobilisation internationale massive a été enclenchée depuis dix ans pour tenter de le combler. Si des succès majeurs ont été obtenus, avec la mise sous traitement de 6,6 millions de personnes infectées par le VIH, l’Onusida calcule que 9 autres millions d’individus auraient, eux aussi, besoin de médicaments antirétroviraux.

Au-delà des efforts ponctuels et des structures permanentes, comme le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, la question posée est celle du développement de la prévention et du renforcement des systèmes de santé. Les échecs passés montrent à quel point il est indispensable de développer l’accès aux soins et à des conditions d’hygiène décentes pour freiner la propagation des maladies infectieuses et casser la dynamique croissante des maladies chroniques.

APPRENDRE

C’est une bombe à retardement. Provoquée par la crise économique, la baisse des aides et des investissements dans l’école risque d’être lourde de conséquences. Selon l’Unesco, il ne sera pas possible de généraliser d’ici à 2015 la scolarisation des enfants dans le primaire, pourtant l’un des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Si les chiffres montrent (en trompe-l’oeil) une croissance assez nette d’un milliard de dollars (724,7 millions d’euros) entre 2008 et 2009, « une bonne partie de cette hausse provient des prêts de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), des prêts – et non des dons -, qui devront donc être remboursés », explique Elise Legault, chercheuse à l’Unesco.

Aggravant la situation, les Etats les plus influents dans les programmes d’aide bilatérale – qui représentent 67 % de l’aide à l’éducation de base en 2009 – réviseraient leurs dons à la baisse. « Certains pays, comme les Pays-Bas ou les Etats-Unis, prévoient des coupes importantes dans leur budget à l’éducation, or chacun d’entre eux donne environ 10 % de l’aide totale », estime l’Unesco. Principales victimes de cette moindre générosité ? Les pays les plus pauvres. Pour scolariser tous leurs enfants de moins de 10 ans d’ici à 2015, ils auraient besoin, chaque année, de 11,6 milliards d’euros. Ils n’en reçoivent que deux aujourd’hui.

La planète compte aujourd’hui 1,85 milliard d’enfants de moins de 15 ans, soit 26 % de la population mondiale. Demain, cette proportion ne devrait pas sensiblement varier. Mais une grande partie de l’humanité vivra en 2050 dans les régions du monde où la proportion d’enfants non scolarisés sera la plus importante. Actuellement, 30 millions d’enfants non scolarisés vivent déjà en Afrique subsaharienne et 16,3 millions en Asie du Sud et de l’Est. En 2008, le taux de scolarisation en Afrique subsaharienne était de 73 % alors qu’il atteignait 95 % en Amérique du Nord et en Europe occidentale.

Les guerres n’arrangent rien. Les deux tiers environ des enfants non scolarisés vivent dans des pays en conflit. Selon l’Unesco, une réduction de 10 % seulement des budgets militaires dans les pays en développement qui dépensent plus pour leur armée que pour l’enseignement primaire, parmi lesquels le Pakistan, l’Angola, le Tchad ou encore l’Afghanistan, permettrait de scolariser 9,5 millions d’enfants.

Rémi Barroux, Marie-Béatrice Baudet, Paul Benkimoun, Sophie Landrin et Gilles van Kote

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L’économie est-elle l’ennemie de l’écologie ?

samedi 10 septembre 2011

 

A VOIR : Un débat passionnant en vidéo (une petite heure au total) organisé par le mensuel Alternatives Economiques, entre deux spécialistes de l’analyse économique des problèmes écologiques :

– ELOI LAURENT (plutôt optimiste ; il pense qu’il est possible de sauvegarder l’environnement par une bonne politique économique)

– et BERNARD PERRET (plus pessimiste ; il faut changer radicalement notre système).

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Le tsunami au Japon a créé une mer de déchets dans le Pacifique

lundi 20 juin 2011

SUR UN BLOG DU « MONDE » consacré à une « économie sociale et durable »…

Lundi 20 juin 2011

Le tsunami au Japon a donné naissance à une mer de déchets

Ce sont des centaines de milliers de carcasses de voitures et de camions, d’épaves de bateaux et d’avions, de débris d’habitations ou d’installations industrielles que le tsunami du 11 mars, qui a dévasté la côte nord-est du Japon, jusqu’à 10 kilomètres à l’intérieur des terres, a emportés sur son passage. Conséquence : une « gigantesque décharge » d’objets de toute sorte s’est formée en pleine mer et est entrée « dans un infernal cercle océanique, la boucle du Pacifique Nord, dont le tour complet se fait en dix ans », assure l’association Robin des Bois, qui appelle à la prise en charge internationale de ces millions de tonnes de déchets.

Si les déchets les plus lourds ont coulé, ils n’en continuent pas moins à rejeter en mer des hydrocarbures, solvants, acides, pesticides et autres polluants toxiques, comme des PCB ou des composés bromés. « L’océan n’est pas seulement contaminé par la radioactivité, loin de là », alerte l’association de défense de l’environnement. Et d’ajouter : « Les risques de collision entre des gros déchets, conteneurs maritimes et troncs d’arbres, et les navires de surface et les sous-marins ne sont pas négligeables. » Ainsi, après le typhon Morakot qui avait dévasté Taiwan en 2009, 170 000 tonnes de bois avaient été récupérées dans les eaux territoriales du sud du Japon, mais la majorité des bois flottés avaient été entraînés par les courants du Pacifique.

Les détritus les plus légers, eux, comme des dizaines de milliers de bouteilles en plastique ou d’emballages alimentaires, flottent désormais dans le Pacifique. « Ils seront en partie captés et piégés par un courant circulaire et formeront l’Eastern Garbage Patch, une zone d’accumulation où la densité de déchets est élevée », explique l’association. Portés par les courants, ils devraient atteindre les côtes de l’archipel d’Hawaï au printemps prochain. Ils poursuivront ensuite leur course vers les côtes américaines, de l’Alaska à la Californie, d’ici deux ans.

Entre temps, c’est autant de pollution et d’atteintes à la faune et la flore que redoute l’association. Car ces déchets flottants ont tendance à leurrer les oiseaux, les poissons, les mammifères marins qui risquent de s’étouffer en les avalant. Sans compter que, selon Robin des Bois, « les milliers d’engins de pêche arrachés aux quais et aux épaves de bateaux de pêche par le tsunami japonais ne manqueront pas de se livrer pendant des décennies à la ‘pêche fantôme’, capturant par milliers des mammifères marins, des oiseaux, des espèces menacées d’extinction ».

Photos : AFP/YOMIURI SHIMBUN et Robin des Bois

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Vidéo sur la décroissance

jeudi 9 juin 2011

UNE INTERVENTION TRES PEDAGOGIQUE DE SERGE LATOUCHE (8 mn), « apôtre » de la décroissance :

http://www.dailymotion.com/video/xbli4s Tags : , ,

La bataille du bio !

mardi 31 mai 2011

http://www.dailymotion.com/video/x2c3nq Tags : , , ,

Révision bac : Croissance économique et développement durable

jeudi 26 mai 2011

SUR UN AUTRE BLOG DU « WEB PEDAGOGIQUE », voici un plan détaillé sur le premier chapitre du programme de terminale :

Dossier EDD : la croissance économique est-elle compatible avec le développement durable ?

le 18 mai 2011

Je ne vous apprendrai rien en disant qu’on attend de vous une réponse argumentée plutôt qu’une simple prise de position. Dans ce type de sujet où deux termes s’opposent, une posture classique revient à analyser les impacts de l’un sur l’autre. Dans un premier temps, il est plus simple d’aller dans le sens du sujet (croissance et développement durable sont incompatibles) puis de montrer qu’ils se nourrissent l’un l’autre. Cela ne sert à rien d’essayer de faire plus original : ce type de plan vous permet de présenter vos idées de manière cohérente.

Vous pourrez en conclusion rappeler la complexité du sujet (comme le montre l’exemple du barrage des Trois-Gorges) puis prendre position à la lumière des différents arguments exposés précédemment. Ne cherchez pas à trouver une solution (vous venez de démontrer qu’il n’y avait pas une seule solution), mais vous pouvez par exemple imaginer, selon vous, quel axe de développement sera privilégié dans les prochaines années.

La recherche de la croissance économique et celle d’un développement durable ne sont-elles pas incompatibles? Cette question est présente dans le projet de programme 2012 de Terminale, déjà sous-entendue dans le programme actuel et a fait l’objet de sujets au bac ES.

PLAN DETAILLE

Le développement durable peut être ici appréhendé dans ces différentes dimensions. Ainsi les dimensions sociales et environnementales du développement durable rentrent-elles en contradiction avec l’objectif de croissance économique ?

  • I. Croissance économique et développement durable semblent inconciliables
    • A. La croissance économique compromet le développement durable
    • B. Le développement durable freine la croissance économique
  • II. Croissance économique et développement durable peuvent aller de pair
    • A. La croissance économique rend possible le développement durable
    • B. Le développement durable stimule la croissance économique

I. Croissance économique et développement durable semblent inconciliables

A. La croissance économique compromet le DD

1. La croissance économique a un impact négatif sur l’environnement. L’accroissement de la production (et de la consommation) s’accompagne d’une plus forte consommation d’énergie, de l’épuisement des ressources naturelles, de davantage de déchets ménagers et industriels… Les pays les plus riches sont le plus souvent ceux qui ont l’empreinte écologique la plus élevée. Pour illustrer le fait que produire est un acte polluant, certains sites d’entreprise présentent leur impact environnemental (certes pour montrer les efforts faits pour le minimiser).

L’exemple d’Apple est intéressant, l’entreprise décompose les différents stades de la pollution durant la vie de ses produits: la fabrication, le transport, les installations telles que les bureaux, les centres de distribution, les points de vente, mais aussi l’utilisation par les consommateurs et le recyclage. Autre idée pour illustrer ces propos: trouver une vidéo d’entreprise et demander aux élèves les différents moments où une pollution peut s’exercer. Le site de Méo propose une vidéo succincte mais claire de la production de son café.

2. L’accroissement des revenus se fait souvent au prix de l’accroissement des inégalités, ce qui compromet la dimension sociale du DD. Par exemple l’externalisation de la production dans les secteurs du textile ou des jouets dans les PED est l’occasion d’exploiter une main d’œuvre bon marché.

B. Le DD freine la croissance économique

1. Les taxes créées sous le principe « pollueur-payeur » viennent alourdir les coûts de production et rendent les entreprises moins compétitives que leurs homologues étrangères non soumises aux mêmes règlementations. C’est d’ailleurs l’argument que le Medef avait avancé pour argumenter contre le projet de la taxe carbone. Ainsi Laurence Parisot avait déclaré en mars 2010 suite à l’abandon du projet: « Nous sommes soulagés, notamment pour toute l’industrie qui n’aurait pas supporté ce nouveau handicap de compétitivité. » (source: Medef)

2. Pour les adeptes de la décroissance, la préservation de l’environnement passe par la fin du consumérisme et du productivisme.(voir notre article à ce sujet)

II. Pourtant croissance économique et DD peuvent aller de pair

A. La croissance économique rend possible le DD

1. D’un point de vue social, la hausse des revenus distribués (salaires) et des montants de prélèvements obligatoires à l’origine de la redistribution, générée par la croissance économique, permet de réduire les inégalités. L’exemple du commerce équitable nous montre aussi qu’une partie des revenus de l’activité de production peuvent être réinvestis dans des projets de développement, au service de la population et de l’environnement. Un article sur le commerce équitable est présent sur notre site.

2. La protection de l’environnement serait davantage la préoccupation des pays riches. Ce serait à partir d’un certain niveau de richesse, une fois les besoins primaires et secondaires assurés, que les populations seraient plus enclines à se préoccuper de l’environnement.

B. Le DD stimule la croissance économique

1. Concernant la dimension sociale du DD, des services de santé et d’éducation pour tous permettent d’améliorer le capital humain et ainsi la productivité.

Une meilleure répartition des richesses accroitrait la consommation (et donc stimulerait la production) du fait des propensions marginales à consommer plus fortes chez les bas revenus. Ainsi la Chine commence à compter aujourd’hui sur sa consommation intérieure pour continuer à doper sa croissance économique. On peut lire sur le site de l’Ambassade de la République Populaire de Chine en France que « la Chine s’efforcera d’établir un mécanisme à long terme afin d’accroître la consommation intérieure pour les cinq années à venir, a indiqué Zhang Ping, directeur de la Commission nationale pour le Développement et la Réforme. Les  mesures pour encourager la consommation domestique comprennent la stimulation du marché de l’emploi, la promotion du processus d’urbanisation, le réajustement du système de distribution des revenus, le renforcement du réseau de sécurité sociale et l’optimisation de l’environnement de la consommation ».

2. Concernant la dimension environnementale du DD, la recherche d’économie d’énergie contribue à la réduction des coûts de production et rend l’entreprise plus compétitive. De plus, les contraintes visant à protéger l’environnement (taxes sur la pollution, lutte contre la raréfaction des matières premières et sources d’énergie utilisées) incitent les entreprises à innover. Or l’innovation est source de croissance économique et renforce la compétitivité des entreprises. Par exemple les transporteurs aériens cherchent des solutions pour s’adapter à la raréfaction et à la hausse du prix du pétrole telles que la conception d’avions fonctionnant à l’hydrogène ou aux biocarburants de deuxième génération. Vous trouverez plus d’informations à ce sujet dans un article du site Capital, Comment l’aérien se prépare à l’après pétrole.

Enfin l’environnement est un marché à part entière, en plein essor (ex: production et montage des panneaux photovoltaïques, succès des voitures hybrides, multiplication des gammes de produits bio…).

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Débat indispensable sur la « décroissance »

mardi 19 avril 2011

FAUT-IL TOURNER LE DOS A LA CROISSANCE ?

Dans l’émission « Arrêt sur images », le 8 avril, un débat passionnant sur la notion de « décroissance », avec des intervenants bien connus dans le milieu économique :

http://www.dailymotion.com/video/xi2uq5 Tags : , , , ,

Comprendre Fukushima en 3 minutes

vendredi 15 avril 2011

GRACE A UNE ANIMATION AUDIOVISUELLE DU QUOTIDIEN « LE MONDE »

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Tchernobyl, souvenons-nous…

lundi 14 mars 2011

La catastrophe nucléaire au Japon me donne envie de vous renvoyer à un documentaire extraordinaire, que j’ai mis en ligne ici, il y a deux ans et demi, consacré à Tchernobyl : il y a 25 ans – c’est beaucoup et c’est si peu…

Une catastrophe écologique sans précédent, doublée d’un immense mensonge des autorités politiques, soviétiques mais aussi occidentales :

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Vivent les belles vaches !

samedi 26 février 2011

DANS « LIBERATION » :

Au Salon de l’agriculture, les vaches rares font de la résistance

Par ELODIE AUFFRAY

La béarnaise (181 femelles) a des cornes en forme de lyre.

La béarnaise (181 femelles) a des cornes en forme de lyre. (E.A.)

Au beau milieu du vaste pavillon numéro 1, au salon de l’agriculture, le coin des «races bovines en conservation» fait figure d’îlot de résistance aux méthodes d’élevage intensives.

On y trouve trois de ces quinze races menacées de disparition: la petite bretonne pie noir (1400 représentantes), la blonde et solide béarnaise, (185) aux cornes en forme de lyre, la Villard-de-Lans, costaude et froment (un peu plus de 400). Des poids plume à côté des 2,5 millions de prim’Holstein ou des 600.000 normandes.

Cédric Briand, éleveur de bretonnes pie noir dans la région de Redon. La bretonne pie noir est de petit gabarit, mais elle a «un caractère bien trempé», décrit le paysan.

Ces «vaches rares» ont vu leurs effectifs chuter à partir des années 1950 et la modernisation de l’agriculture. Il faut nourrir la France, le choix est fait de se concentrer sur quelques races. La solide béarnaise, essentiellement utilisée pour les travaux agricoles, tombe en désuétude avec l’arrivée du tracteur. La bretonne pie noir -700.000 représentantes en 1900, 300 en 1970- n’était pas non plus «adaptée à l’époque. Elle produit un lait très crémeux, mais en petite quantité», explique Cédric Briand, président de l’Union pour la bretonne pie noir, «fils, petit-fils, arrière-petit-fils d’éleveurs de bretonnes».

Sursaut dans les années 1970, grâce à l’acharnement de quelques passionnés. Le premier plan de sauvegarde est mis en place en 1975, pour la pie noir. «De vieux têtus bretons avaient gardé quelques bêtes. Des éleveurs, plutôt des néoruraux, les ont reprises et se sont engagés dans la conservation de l’espèce», raconte Cédric Briand.

La béarnaise est une vache «autonome», décrit Jean-Michel Missègue, bien adaptée aux montagnes du territoire qui l’a façonnée. Bonne marcheuse, elle est capable de parcourir des dizaines de kilomètres pour trouver sa pitance.

La remontée est lente. Il faut développer les effectifs, tout en évitant la consanguinité. Les programmes génétiques et l’entretien coûtent cher. Jean-Michel Missègue, du conservatoire des races d’Aquitaine, n’a pas manqué de le rappeler à Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l’Ecologie, qui s’était arrêtée devant les belles béarnaises.

«C’est un combat difficile, dans un monde productiviste. Nos techniques d’élevage vont à l’encontre des méthodes courantes», juge le technicien d’élevage. «Nous n’accélérons pas la croissance de nos vaches, détaille-t-il. Plus on l’accélère, plus on perd en qualité». Cédric Briand explique vouloir «proposer autre chose» face au «rouleau compresseur» de l’agriculture intensive.

Autres atouts de la bretonne pie noir: sa «précocité sexuelle» et sa «rusticité», décrit le panneau de présentation, son lait «très riche, très crémeux, très fromageable», ajoute Cédric Briand.

Dans leur exploitation, Cédric Briand et ses deux associés produisent 90.000 litres de lait de pie noir chaque année. «La norme dans la région, pour une exploitation laitière, c’est 300.000!», compare le jeune agriculteur.

Dans le Béarn, l’élevage de la blonde locale sert surtout «à la consommation personnelle, ou pour des ventes occasionnelles au boucher du coin», regrette Jean-Michel Missègue. «Pour conserver une race, il faut réfléchir à la valorisation des produits», résume-t-il.

Eleveuse de 35 villardes, «par nostalgie de ce que faisaient [ses] grands-parents», Catherine Duboucher «s’en sort car on commercialise tout en vente directe, à la ferme». Idem pour Cédric Briand. Cédric Briand, qui juge que la bretonne pie noir «répond aux attentes sociétales».

Pratique: Défilé de races bovines en conservation, sur le ring bovin du salon de l’agriculture, pavillon 1. Dimanche 27 février, de 14h00 à 15h00.

Vache assez costaude, couleur forment uniforme, la Villard-du-Lans est faite pour le Vercors. «Une charolaise aurait trop mal aux pattes, parce que nos plaines sont très caillouteuses», décrypte Catherine Dubouch.

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