La politique aujourd’hui : le « storytelling »

Mardi 21 juin 2011

UN DOCUMENTAIRE SUR UN SUJET PASSIONNANT dans le domaine de la communication politique : la technique du « STORYTELLING » (mettre en scène une action, une campagne de communication, sous la forme d’une histoire qu’on raconte, comme un feuilleton, un récit, une épopée…)

On peut ainsi vendre un « candidat », ou même une guerre, et manipuler les foules avec les mêmes techniques utilisées pour lancer une nouvelle voiture ou un film de cinéma… La réalité et la fiction se confondent, avec parfois des dérives terribles (comme lors de la guerre en Irak) :

1ère partie :

2ème partie :

3ème partie :

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Un ministre veut lutter contre « les dérives de l’assistanat »

Lundi 9 mai 2011

LAURENT WAUQUIEZ, ancien secrétaire d’Etat à l’Emploi et actuel ministre des Affaires européennes, propose – avec son mouvement politique « La Droite sociale » – un projet de loi contre « l’assistanat », et souhaite notamment limiter l’ensemble des aides sociales perçues par une personne à 75 % du SMIC.

Lire l’article dans le quotidien (favorable au gouvernement) LE FIGARO.

Un bon exemple d’actualité à citer dans une accroche d’introduction d’un devoir en terminale, pour un sujet sur la protection sociale ou l’emploi…

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Concours d’entrée à l’ENA : triste et conformiste…

Lundi 2 mai 2011

L’Ecole Nationale d’Administration recrute les futurs hauts fonctionnaires de l’Etat.

01 mai 2011

Les candidats à l’Ena manquent de couleurs

Dans le hall de l'Ena à Strasbourg, 21 janv 2009 (Vincent Kessler, Reuters)
De bons élèves, bosseurs, capables de résumer des dossiers et de construire des plans, mais souvent ternes et terriblement conformistes: c’est le portrait que dresse la présidente du jury du concours 2010 à l’ENA des candidats qu’elle a vu défiler. De futurs hauts fonctionnaires prêts à se fondre dans un moule mais bien moins à innover ou à se démarquer.

Chaque année, le président du jury – qui préside en fait les trois concours d’entrée (externe, interne et le « troisième concours » pour les candidats ayant déjà une expérience professionnelle) – tire le bilan de son expérience. Il relève ce qui a plus ou moins bien marché et fait des recommandations. La note doit servir à améliorer le concours, et donc le recrutement de la haute fonction publique.

Le rapport de Michèle Pappalardo – une énarque, conseillère maître à la Cour des comptes – est particulièrement instructif. Dans un style direct – ses précédesseurs sont souvent plus maniérés -, elle confie ses surprises et ses déceptions.

Il ressort que les jeunes ont une image bien tristounette de l’administration et que le conservatisme ambiant a de beaux jours devant lui. On y voit des candidats convenus, sans grand relief ni originalité, qui ne se distinguent guère les uns des autres. D’où l’intérêt d’ »ouvrir » le recrutement grâce à la nouvelle prépa Ena pour étudiants boursiers qui, la première année, n’a pas réussi à faire entrer de candidat.

Seuls ceux du troisième concours – ingénieurs, consultants, journalistes, sportifs de haut niveau, etc -, souvent personnels et inventifs, dénotent.

« J’ai deux regrets majeurs, résume Michèle Pappalardo: trop de conformisme et pas assez de diversité« .

- A propos de conformisme: « Nous n’avons pas été éblouis par l’originalité des candidats, écrit-elle, à commencer par leur apparence vestimentaire: à part un corsage, deux vestes et une cravate colorées et un seul pantalon de velours… tous les autres candidats étaient en costume-cravate et tailleur noir ou anthracite, voire bleu marine; en outre certains étaient visiblement mal à l’aise dans ces tenues qui n’étaient pas à leur taille. Cela donne le sentiment que les candidats ont une image de l’Ecole et de la fonction publique très conformiste, à l’image de cet «uniforme» qu’ils se sont efforcés d’endosser« .

L'Ena à Strasbourg le 19 fev 2009 (Vincent Kessler, Reuters) Les « originaux », venus avec un peu de couleur sur le dos, ont presque tous été admis, précise-t-elle, « pas tant pour leur tenue que parce qu’elle était en phase avec un certain tempérament, une capacité à s’affirmer dans l’échange avec le jury. »

Le  conformisme est aussi dans les têtes. A l’écrit, souligne la présidente du jury, « les candidats se sont souvent contentés de résumer les dossiers qui leur étaient proposés sans y apporter de dimension personnelle« .

A l’oral, il faut insister pour avoir une opinion un peu personnelle: « peu nombreux sont les candidats qui cherchaient réellement à convaincre le jury de leur position ou même qui ont «osé» donner leur avis (…). » Lorsque le jury cherchait à discuter avec eux, « souvent soit ils ne savaient pas, soit ils ne voulaient pas argumenter et défendre leur position et étaient donc tout à fait prêts à en changer dès qu’un contre argument leur était présenté« .

- A propos du manque de diversité, Michèle Palappardo s’attarde d’abord sur le peu de femmes admises. En 2010, pour les trois concours, elles étaient 26 sur 80 reçus, soit 32,5% – contre 36,25% en 2009, 38,75% en 2008, 36,20 % en 2007.

C’est au concours externe que la situation est la pire: 30% de reçues alors qu’elles sont 44,6% de candidates – loin des 37,5% de reçues en 2009, 40% en 2008 et 41,5% en 2007.

« La réduction du taux de réussite des candidates au concours et l’écart qui s’accroît entre le taux de féminisation des inscrits et des reçus mériteraient d’être analysés pour essayer de corriger cette évolution très regrettable« .

La diversité sociale ou ethnique est plus difficile à mesurer, faute d’éléments tangibles. Michèle Pappalardo souligne que quelques candidats issus de l’immigration – « de pays méditerranéens ou d’Europe de l’Est » – ont réussi le concours. Mais cela reste infime.

Elle avance une explication à cette homogénéité: les candidats sortent trop des mêmes formations, des mêmes prépas et des mêmes écoles – Sciences Po Paris pour le concours externe. Ils sont trop formatés.

En 2010, sur les 19 admis qui ont suivi une année de prépa, 11 l’ont fait à Sciences Po et 8 à Paris I – ENS (l’Ecole normale supérieure).

De plus, parmi les 40 reçus, 33 sont diplômés de Sciences Po et 1 est en 4ème année. Les autres sont diplômes de Paris I (Panthéon-Sorbonne et ENS), des Ponts et Chaussées, de l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris (ESCP) ou d’HEC.

A leur décharge, estime Michèle Pappalardo, les attentes du jury ne sont pas assez claires. Du coup, ne sachant pas trop ce qui est valorisé, les candidats et les prépas préfèrent assurer et être consensuels.

Reste que dans le Bulletin Quotidien du 1er avril,- une lettre d’informatoin destinée aux « décideurs » -, on liste avec délice tous « les fils » et « filles de », et même « petits-fils de », qui ont réussi l’Ena. Gloire aux héritiers !

Crédits photos: Un élève regardant les photos des anciennes promotions dans le hall de l’Ena à Strasbourg le 21 janvier 2009 (Vincent Kessler, Reuters); l’entrée de l’école le 19 février 2009 (V. Kessler, Reuters)

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Politiques de la « diversité » : attention danger

Lundi 18 avril 2011

Le terme de « diversité » est à la mode en ce moment ; la reconnaissance des différences inspirent de nombreuses politiques publiques. Pourtant, cette approche présente des limites, comme le montre le Président de l’Association des paralysés de France :

Promouvoir la diversité permet-il vraiment de combattre les inégalités sociales ?

La « diversité » est à la mode et occulte les inégalités sociales. Les personnes handicapées, comme bien d’autres, n’ont pas grand chose à y gagner. Le point de vue de Jean-Marie Barbier, président de l’Association des paralysés de France, extrait du hors-série « Les inégalités en France » d’Alternatives Economiques.

La « diversité » est à la mode en France. Ce concept fait depuis quelques années partie du vocabulaire des entreprises, en parallèle avec celui de « responsabilité sociale ». La promotion de la diversité vient peu à peu remplacer la lutte contre les discriminations : ce changement de vocabulaire a-t-il un sens et lequel ? Que recouvre le vocable de « diversité » ? Quels moyens sont envisagés pour promouvoir cette diversité, et avec quelle efficacité ? N’existe-t-il pas des dérives à défendre une telle idée ? En particulier, diversité et égalité sont-elles compatibles ? Pour les personnes en situation de handicap, comme pour bien d’autres, il faut se méfier de certains discours.

Une diversité partiale et partielle

De la lutte contre les « discriminations » à la « promotion de la diversité », un changement de vocabulaire apparaît dans les discours politiques et médiatiques. D’un vocabulaire traduisant violences, souffrances et inégalités subies par des personnes du fait d’une caractéristique personnelle, on passe à un vocabulaire positif : la différence est une chance, une richesse à mettre en avant. Et ce changement de vocabulaire ne semble recouvrir ni les mêmes populations, ni les mêmes méthodes.

En effet, si le champ des discriminations est précisément défini, notamment dans l’article 225-1 du Code pénal, celui de la diversité telle que présentée jusqu’à présent ne semble prendre en compte que la composante « origine », voire les différences hommes/femmes. Et les personnes en situation de handicap ? Quitte à parler de diversité, faisons en sorte qu’elle ne soit ni partiale, ni partielle ! Qu’elle n’oublie pas les personnes malades, handicapées ou homosexuelles notamment.

Des chartes rarement suivies d’effets

En outre, alors que la discrimination est sanctionnée juridiquement, la diversité semble, elle, exprimer une solution par la mise en place de politiques volontaristes (relevant de la responsabilité sociale des entreprises, par exemple). Reste à savoir lesquelles, et si elles sont pertinentes… Les chartes sont le nouvel outil, symbole de la prise de conscience et de la bonne volonté politique. Elles se multiplient, sur tous les sujets, à tous les échelons du territoire, dans tous les milieux… Souvent signées en concertation avec les partenaires concernés, elles permettent d’affirmer engagements et actions à mener. Evitons de douter ici de la réalité de ce volontarisme pour nous attarder sur un constat : les chartes se résument souvent à de l’affichage et sont rarement suivies d’effets. Et pour cause : elles se réduisent la plupart du temps à une énumération de mesures qui prennent en réalité leur source dans des dispositions législatives, alors qu’elles devraient se centrer sur des mesures concrètes permettant d’aller au-delà des obligations légales. Ainsi, la diversité dans les entreprises doit-elle être mesurée par de réels indicateurs, outils de contrôle de l’effectivité de la politique mise en place, susceptibles de valider les démarches faites et le cas échéant de les sanctionner. C’est à ce prix qu’il est possible de parler d’engagement !

Enfermer une population dans sa différence

La promotion de la diversité est souvent associée à la discrimination positive. Une idée en réalité contraire au principe républicain d’égalité ! Plutôt que d’accorder un traitement préférentiel à une catégorie de personnes, n’est-il pas préférable de prendre des mesures appropriées et de développer des actions positives en amont (accès à la formation prenant en compte les besoins spécifiques, par exemple…) afin de permettre à la catégorie de personnes en rupture d’égalité de parvenir à celle-ci ? Peut-être faut-il aussi penser la diversité en termes de visibilité. Visibilité médiatique bien sûr, parce que la télévision est le reflet de la société et de ses composantes. Mais plus largement visibilité dans toutes les instances politiques et décisionnelles.

Promouvoir la diversité repose toutefois sur un mécanisme qui fait exister une population par sa différence. De ce fait même, apporter une réponse ciblée à cette population peut comporter le risque de renforcer sa catégorisation et sa stigmatisation. De plus, la promotion de la diversité si elle s’appuie sur la revendication de l’égalité des chances doit prendre garde à ne pas laisser s’installer une dynamique fondée uniquement sur la compétition et le mérite. Enfin, la promotion de la diversité n’est qu’un des volets de la politique à mener pour lutter contre les inégalités sociales. En ce sens, elle ne doit pas servir d’alibi à l’Etat pour pallier l’absence de politiques sociales globales répondant aux difficultés de tous.

Casser la logique de politiques à part

Le traitement politique de la vie quotidienne des personnes en situation de handicap illustre cette opposition, pas seulement conceptuelle, entre diversité et inégalités. Alors que la réalité de ces personnes est de vivre trop souvent encore dans une rupture d’accès aux droits les plus fondamentaux (éducation, emploi, santé, revenus, etc.), de ne pas être à égalité avec les autres, les choix politiques faits vont trop souvent dans le sens de politiques spécifiques, de bonnes intentions (combien de chartes déjà affichées sur l’accessibilité des villes sans résultats concrets par exemple…) et de tentation de discrimination positive, donc de communautarisme !

Face aux enjeux et aux écueils, il semble alors indispensable de casser la logique de politiques « à part » et de tendre vers des politiques transversales, c’est-à-dire des politiques sociales basées sur la non-discrimination, le droit commun, l’égalité de traitement, des actions positives et la solidarité nationale.

Par Jean-Marie Barbier, président de l’Association des paralysés de France.

Extrait du hors-série poche n°43, « Les inégalités en France » d’Alternatives Economiques.

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L’ancien président de la FED américaine a-t-il compris la crise financière ?

Jeudi 31 mars 2011

ALAN GREENSPAN, l’ancien président de la FED (Réserve fédérale américaine), considéré comme un « gourou », un magicien de la finance jusqu’à la crise des subprime, a toujours défendu la déréglementation des marchés financiers, et l’absence d’encadrement par l’Etat, en grande partie responsable de la grande crise financière de 2007-2008, et de la crise économique globale qui a suivi.

Greenspan critique aujourd’hui la nouvelle loi destinée à réguler les activités spéculatives des banques.

Crise des subprimes : Alan Greenspan ne fait pas son mea culpa

LEMONDE | 30.03.11

Alan Greenspan (à gauche), président de la Réserve fédérale américaine de 1987 à 2006, et Ben Bernanke qui la dirige depuis.

Alan Greenspan (à gauche), président de la Réserve fédérale américaine de 1987 à 2006, et Ben Bernanke qui la dirige depuis.REUTERS/JASON REED

Londres, correspondant – Les croisés du libéralisme financier refusent à faire leur mea culpa à propos de leur rôle prépondérant dans le déclenchement de la crise des subprimes, en 2008-2009. Le dernier en date est l’ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan, aux commandes entre 1987 et 2006.

Dans un article publié dans l’édition datée du 30 mars du Financial Times, l’ex-banquier central, âgé de 85 ans, tire à boulets rouges sur la loi Dodd-Frank de re-réglementation définie comme « une création ne pouvant que déstabiliser les marchés et une menace potentielle au niveau de vie des Américains ».

A écouter le champion du « moins d’Etat », cette législation, adoptée en juillet 2010 et destinée à contrôler l’activité des banques, ne permet qu’un « coup d’œil rapide sur les mécanismes internes du plus subtil système financier ».

HOSTILE À LA RÉGLEMENTATION DES PRODUITS DÉRIVÉS

Le message de M. Greenspan n’a pas changé d’un iota : le système est le seul qui fonctionne et il rend tout le monde plus riche, pourvu que l’Etat ne l’étouffe pas. Son hostilité, en 1998, à toute réglementation des produits dérivés l’atteste. La faillite du fonds spéculatif américain Long Term Capital Management et les risques systémiques posés à l’économie américaine reposent alors la question du contrôle des risques.

L’intervention in extremis de la banque fédérale de New York et d’un consortium de banques, pour éviter une réaction en chaîne mettant en difficulté l’ensemble des établissements financiers qui lui avaient fait crédit, soulève des interrogations sur l’absence de législation digne de ce nom sur les produits dérivés.

Brooksley Born, la présidente de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), l’organisme fédéral de surveillance des marchés à terme, fraîchement nommée par Bill Clinton, propose alors d’inclure la supervision de ces instruments financiers extrêmement dangereux. Alan Greenspan, qui a siégé au conseil d’administration de la banque JP Morgan, l’une des grandes usines à produits dérivés, avant de prendre les commandes de la Fed, sort de son devoir de réserve pour torpiller cette initiative. Or, les produits dérivés adaptés aux produits financiers liés au marché immobilier, les fameux subprimes, seront l’un des facteurs de déclenchement de l’implosion des marchés à l’automne 2008.

« JE SUIS CRITIQUÉ POUR DES CHOSES QUE JE N’AI PAS FAITES »

M. Greenspan a passé la main en 2006 à Ben Bernanke, après dix-neuf ans à la tête de la banque fédérale. Aux louanges ont succédé les critiques acerbes d’une politique de laisser-faire à l’origine du tsunami financier. « J’ai été félicité pour des choses que je n’ai pas faites et je suis critiqué aujourd’hui pour des choses que je n’ai pas faites », répond-il à ses détracteurs.

Outre les apparitions télévisées et les conférences hautement rémunérées, l’expert retraité conseille le spéculateur de haut vol John Paulson – le « sultan des subprimes » – et la Deutsche Bank.

Un peu d’humilité parfois aurait mieux valu qu’une filandreuse plaidoirie. La vieillesse n’est pas une excuse. Le prédécesseur de M. Greenspan à la tête de la FED, Paul Volcker, en témoigne. Le « Maestro », âgé de 83 ans, est l’architecte de la Volcker Rule qui a inspiré le texte Dodd-Frank interdisant aux banques d’affaires de spéculer à l’aide de leurs fonds propres.

Marc Roche

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La situation des petits pays fragiles d’Europe ne s’arrange pas

Mercredi 30 mars 2011

SUR FRANCE 24 :
Les économies fragiles de l’Union européenne au menu des discussions à Bruxelles
Les économies fragiles de l'Union européenne au menu des discussions à Bruxelles
L’Union européenne et le FMI devraient bientôt proposer un plan de soutien financier au Portugal. Après la Grèce et l’Irlande, c’est la troisième fois que Bruxelles doit intervenir. Mais les fonds de l’UE ne sont pas illimités…
Par Sébastian SEIBT (texte)

Le Portugal s’est réveillé, ce jeudi, sans gouvernement mais toujours avec des dettes qu’il peine à honorer. Jusqu’alors peu enclin à demander l’aumône, Lisbonne devrait, selon les spécialistes, officiellement solliciter une aide financière à l’Union européenne (UE) et au Fonds monétaire international (FMI).

« Si l’opposition a voté contre le plan d’austérité du gouvernement [mercredi, ndlr], cela signifie qu’elle n’est pas opposée à un recours à l’aide internationale », juge Céline Antonin, spécialiste de l’économie portugaise à l’OFCE-Sciences-Po.

De fait, avec son nouveau tour de vis économique, le Premier ministre socialiste, José Socrates, espérait apaiser les craintes des marchés financiers. Et ainsi éviter de devoir demander de l’argent à ses voisins. Raté.

Le voisin ibère

La démission du gouvernement ne change rien aux échéances. En juin, le Portugal doit rembourser environ 9 milliards d’euros de prêts qui arrivent à terme. Le pays n’a pas l’argent et peut difficilement s’endetter davantage. Il devrait, en effet, emprunter à un taux d’intérêt de plus de 7 % sur 10 ans, alors que l’Allemagne obtient des prêts à 3 %. Lorsque la Grèce avait appelé l’UE et le FMI à la rescousse, elle était soumise à un taux  d’un peu plus de 6 %.

« Le Portugal va avoir besoin, pour 2011, d’environ 26 milliards d’euros d’aides », estime Céline Antonin. Une enveloppe que l’Union européenne ne devrait pas avoir trop de mal à débloquer. Mais à force d’aider ses économies en péril, l’addition commence à être salée.

L’opération de sauvetage de la Grèce a déjà coûté 110 milliards d’euros à l’UE et au FMI tandis que l’Irlande a encaissé une aide de 80 milliards d’euros. Avec le Portugal, la facture devrait s’élever à plus de 200 milliards d’euros.

Pour l’heure, le fonds de stabilité mis en place par les Vingt-Sept dispose encore de ressources puisqu’il a été doté de 500 milliards d’euros. Mais aujourd’hui tout le monde à Bruxelles espère que l’effet domino s’arrêtera avec le Portugal. « Le prochain candidat, si on regarde les courbes d’évolution des taux d’intérêt, est l’Espagne », indique Céline Antonin. Si le voisin ibère devait également avoir recours à l’aide internationale, le montant « dépasserait alors largement les sommes versées jusqu’à présent ».

Marchés pas impressionés

Les 500 milliards du fonds de soutien sembleraient, alors, beaucoup moins rassurants. Le problème est que l’Union européenne ne dispose pas d’un plan B. Augmenter le fonds ? « Cela a déjà pris un an aux États de la zone euro pour tomber d’accord sur le montant actuel, je les imagine mal décider de l’augmenter encore », tranche Céline Antonin. Les efforts déployés jusqu’à présent par les autorités européennes ne semblent en outre pas du tout avoir impressionné les marchés. « Les taux d’intérêt auxquels l’Irlande ou la Grèce peuvent emprunter sur les marchés n’ont pas beaucoup baissé », confirme Céline Antonin.

Reste que les déboires financiers de ces pays peuvent être, paradoxalement, une bonne chose pour la zone euro. « Il est en effet beaucoup plus compliqué de spéculer contre la dette de grands pays comme l’Espagne ou l’Italie », conclut Céline Antonin. Les autorités européennes peuvent, ainsi, espérer que les marchés se montrent moins agressifs maintenant que les cibles les plus vulnérables sont tombées.

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La misère du budget de la Justice en France

Mercredi 30 mars 2011

DANS « ALTERNATIVES ECONOMIQUES » CE MOIS-CI :

La grande misère de la justice

Guillaume Duval et Laurent Jeanneau
Alternatives Economiques n° 300 – mars 2011

Mardi 29 mars 2011, les magitrats manifestent pour dénoncer l’état de la justice française. La France consacre en effet très peu d’argent au fonctionnement de sa justice par rapport à ses voisins européens.

En colère, les juges se sont fortement mobilisés début février, en reportant les audiences non urgentes et en organisant plusieurs manifestations. Ce mouvement faisait suite aux accusations portées contre eux par le chef de l’Etat, après le meurtre de la jeune Laëtitia, probablement tuée par un ancien détenu en période probatoire, mais non suivi effectivement par les services judiciaires. Les juges et les autres personnels du ministère protestent contre le manque de moyens qui explique à leurs yeux les nombreux dysfonctionnements de la justice française, et notamment ceux qui ont été mis en évidence lors de l’affaire Laëtitia.

58 euros par habitant

En matière de justice comme dans d’autres domaines, l’efficacité des services publics ne peut bien sûr pas s’apprécier uniquement à l’aune des moyens mis à leur disposition, mais quand même : selon les données collectées par la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (Cepej) du Conseil de l’Europe, le budget de la justice française est l’un des plus faibles d’Europe [1]. La France consacre 58 euros par an et par habitant à sa justice, c’est-à-dire deux fois moins que l’Allemagne (le modèle tant vanté par ailleurs…). Avec 86 euros par an et par habitant, l’Espagne dépense également largement plus que l’Hexagone. C’est aussi le cas du Royaume-Uni (79) ou encore de l’Italie (72).

Un autre indicateur intéressant est le nombre de magistrats par habitants. Là encore, la France est largement sous dotée : on y recense près de 11 juges professionnels pour 100 000 habitants (en tenant compte des juges administratifs), contre 24 en Allemagne, 18 au Portugal, 15 en Belgique…

Même constat en ce qui concerne les procureurs : la France en compte 3 pour 100 000 habitants, bien moins que le Portugal (13), le Danemark (11), l’Allemagne (6) ou l’Espagne (5). Pourtant, le rôle des procureurs dans le fonctionnement de la justice est très important en France : ils règlent directement près d’une affaire sur deux, sans qu’il y ait d’intervention d’un juge indépendant du ministère public. Une situation sans équivalent en Europe, ce qui fait dire à la Cepej que «  le procureur français apparaît comme particulièrement chargé  ».

L’argent ne fait pas tout

Manifestement, il y a donc bien un (gros) problème de moyens en France. Quel impact cela a-t-il sur le cours de la justice ? La Cepej a estimé le temps qu’il faudrait dans chaque pays pour juger le stock d’affaires en attente. En France, 286 jours seraient nécessaires pour traiter ces dossiers, soit bien plus qu’au Danemark (206), en Suède (197) ou en Autriche, championne en la matière (129). Mais certains pays, pourtant mieux dotés budgétairement que l’Hexagone, font largement moins bien, comme l’Espagne (296), mais surtout l’Italie (533). Si dépenser plus n’est donc pas toujours suffisant pour garantir l’efficacité d’un système judiciaire, cela n’en reste pa moins une condition nécessaire. Notamment en France.

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L’emprise du clan Ben Ali sur l’économie tunisienne

Lundi 21 février 2011

Sur un blog du quotidien Libération consacré à la Tunisie, voici une belle infographie montrant l’emprise du clan de l’ancien dictateur tunisien Ben Ali sur l’économie tunisienne. Une oligarchie familiale, qui avait fait main basse sur une grande partie des richesses du pays.

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« La stratégie du choc » de Naomi Klein

Samedi 5 février 2011

Voici un documentaire (2010), tiré d’un livre éponyme (paru en 2007), intitulé « La Stratégie du choc », de la célèbre essayiste antilibérale américaine Naomi Klein.

Celle-ci explique comment les gouvernements libéraux, à partir des années 1970, se sont inspirés de certaines méthodes de manipulation des individus, fondées sur les chocs et la désorientation, afin d’imposer aux sociétés contemporaines des réformes impopulaires prônées par les économistes ultra-libéraux, tels que l’Américain Milton Friedman.

Et si nos sociétés étaient moins démocratiques que nous le croyons ?

Un documentaire éprouvant (avec des séquences dures, évoquant les dictatures en Amérique latine notamment) – et sa thèse peut être discutée bien sûr – mais c’est très intéressant. (durée : 1h18)

1ère partie :

http://www.dailymotion.com/videoxffee4

2ème partie :

http://www.dailymotion.com/videoxffexu

3ème partie :

http://www.dailymotion.com/videoxfffe9

4ème partie :

http://www.dailymotion.com/videoxff6xk

5ème partie :

http://www.dailymotion.com/videoxff6pq

http://www.dailymotion.com/video/xfffe9_la-strategie-du-choc-3-5_news
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Débat très intéressant sur les impôts

Mercredi 2 février 2011

Qui doit payer plus ou moins d’impôts ?

Cette question sensible est relancée aujourd’hui, avec la parution d’un ouvrage collectif de brillants jeunes économistes françaises, dont Thomas Piketty, spécialiste des inégalités et des hauts revenus.

Regardez un débat très intéressant dans l’émission « Ce soir ou jamais », lundi 31 janvier, avec à la fois des personnalités « de gauche » (Piketty, Olivier Besancenot) et d’autres franchement libérales, voire ultralibérales – c’est ce pluralisme qui est intéressant.

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