Corrigé du bac blanc n°1

samedi 5 février 2011

Corrigé QSTP : Innovation & croissance

Travail préparatoire

1. L’innovation peut prendre la forme d’un produit ou d’un procédé nouveau. Ainsi, l’apparition du téléphone portable, de l’iPhone ou de l’iPad sont des innovations de produits. L’innovation de procédés concerne les modes de production ou de commercialisation : métier Jacquard, travail à la chaîne, vente par correspondance…

2. L’innovation entraîne des conséquences positives pour les entreprises. Les entreprises innovantes ont en effet des performances économiques supérieures à celles des entreprises non innovantes. Les écarts de performances entre ces deux types d’entreprises sont maximaux lorsque l’innovation porte à la fois sur les produits et sur les procédés : la progression des parts de marché des entreprises innovantes est de 5,4 points supérieure à la progression des parts de marché des entreprises non innovantes. Les écarts sont moindres pour les innovations « séparées », mais ils ne sont pas négligeables (les innovations de produits assurent une croissance de parts de marché supérieure de 3,4 points). Pour la valeur ajoutée : l’innovation « combinée » permet une croissance de la valeur ajoutée supérieure de 5,2 points au bénéfice des entreprises innovantes.

3. De nombreuses innovations produisent des effets bénéfiques sur le développement humain : la mise au point d’un vaccin; un nouveau procédé de diffusion des connaissances, comme la transmission télématique des données, ou de nouveaux procédés d’impression diminuant les coûts d’accès à l’écrit, donc au savoir.

4. L’innovation technologique peut agir sur la productivité du travail, à travers la mécanisation, l’automatisation, ou la mise en place de nouvelles organisations du travail. La même quantité de travail humain permet, dans ces conditions, l’obtention d’une production croissante. Les théoriciens de la « croissance endogène » montrent que l’innovation et la formation de la main-d’oeuvre sont des facteurs décisifs de croissance économique.

5. Certaines composantes du développement humain ont des effets rétroactifs sur la capacité d’innovation. Un meilleur état de santé, un niveau de connaissance plus élevé, une participation citoyenne et sociale plus intense stimulent la créativité et l’adhésion aux innovations, à la fois sur le plan individuel et sur le plan collectif.

6. Lorsqu’on analyse la répartition du financement de l’innovation, on constate que près des trois quarts des ressources proviennent des entreprises elles-mêmes, par réinvestissement dans l’innovation des profits des périodes antérieures. Cette capacité dépend donc de manière massive des profits que ces entreprises ont pu tirer de leur activité. Il s’agit en quelque sorte d’un cercle vertueux : le dynamisme de la croissance économique fournit à ces entreprises les moyens financiers de leur effort d’innovation, ce qui en retour leur garantit la progression de leurs résultats. La croissance économique renforce aussi les recettes de l’État (puisque le produit fiscal est lié au niveau d’activité économique), facilitant le cofinancement privé-public de nombreux projets innovateurs.

7. Selon l’analyse de l’OCDE, les États ont des responsabilités spécifiques à assumer dans la stimulation de l’innovation. C’est en effet en amont des processus productifs que les dépenses publiques dans la recherche et l’enseignement créent les conditions d’apparition de l’innovation : projets de recherche fondamentale, investissements dans l’enseignement secondaire et supérieur… Dans l’Union européenne, la « stratégie de Lisbonne » à partir de 2000 cherche à promouvoir l’ « économie de la connaissance ».

Question de synthèse
Introduction

Depuis le milieu des années 90, les TIC (technologies de l’information et de la communication) sont devenues centrales dans les économies développées, tant dans les produits que dans les procédés de fabrication et de commercialisation. Les économistes ont remis à l’honneur la théorie de Joseph Schumpeter, qui dans les années 30 et 40, considérait que l’innovation était un facteur de croissance décisif. Comment l’innovation favorise-t-elle la croissance économique ? Celle-ci ne favorise-t-elle pas en retour l’innovation ? Nous verrons que l’innovation est à la fois une cause (1ère partie), et une conséquence de la croissance (2nde partie).

I. L’innovation est source de croissance économique.

1. Effets sur la demande

Les innovations de produits permettent de mieux satisfaire les besoins humains et d’améliorer notamment la consommation des ménages. Ex. de consommation individuelles ou collectives : alimentation (conservation des aliments, préparation des plats, etc.), transports, télécommunications, santé… La seconde moitié du 20e siècle a été marquée par des améliorations significatives de la couverture des besoins. Ces innovations, par le dynamisme des achats qu’elles engendrent, sont un élément important de soutien de la demande et par là même de la croissance économique. Les nouveaux équipements (informatique, vidéo…) soutiennent l’activité économique en favorisant une large diffusion de ces biens dans la population.

2. Effets sur l’offre

Au niveau des entreprises, les « grappes d’innovations » (Schumpeter) dans les procédés permettent de réaliser des gains de productivité du travail et du capital qui entraînent une amélioration de la compétitivité-prix des entreprises (par répercussion à la baisse sur les coûts de production) mais aussi, souvent, de la compétitivité hors prix (structurelle), en améliorant la qualité des produits et leur adaptation au marché, ce qui profite également aux consommateurs. Dans les deux cas, les entreprises innovantes tirent avantage de ces progrès en termes de gains de parts de marché et de croissance de leur valeur ajoutée (document 1). La capacité à mieux faire face à la concurrence, est, au niveau macroéconomique, une source de croissance.

II. La croissance économique facilite aussi l’innovation et son financement
1. La question du financement de l’innovation

Les entreprises ont en effet intérêt à l’innovation, mais pour la mettre en œuvre, elles ont besoin de ressources financières. Le financement de la recherche-développement nécessite des capitaux. Cette ressource est d’autant plus abondante que l’entreprise a dégagé des profits, qu’elle peut alors réinvestir dans son effort d’innovation. L’autofinancement constitue près des trois quarts du mode de financement des projets innovants, car cette option garantit à l’entreprise l’autonomie de sa stratégie (document 3). Au niveau macro-économique, une croissance économique soutenue rentabilise les coûts de la recherche et l’innovation en accroissant la profitabilité des sommes ainsi investies, ce qui suscite de nouveaux projets innovants.

2. Le rôle des pouvoirs publics

Un autre acteur joue cependant aussi un rôle majeur dans ce domaine. Dans la plupart des grands pays développés, sous des modalités diverses, l’État favorise en effet la recherche fondamentale ou appliquée. Lorsque la croissance est forte, les recettes fiscales augmentent, ce qui permet de financer davantage de projets de recherche. De même, des capacités budgétaires accrues permettent à la puissance publique d’investir dans l’amélioration de la qualification de la main-d’œuvre par le biais des dépenses d’enseignement et de mettre ainsi à disposition des entreprises un meilleur capital humain, favorable à l’innovation.

Conclusion

Comme l’a montré Schumpeter, la croissance économique et l’innovation entretiennent des rapports circulaires. Si l’innovation pérennise la croissance, celle-ci, en retour, permet une amélioration sensible du niveau de développement (document 2). À travers l’amélioration de l’état sanitaire et du niveau d’instruction de la population, ces transformations créent les conditions d’une adhésion collective à l’idée du progrès, état d’esprit indispensable à l’apparition d’une croissance endogène.



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Comment assurer la prospérité pour tous dans un monde limité

mardi 7 septembre 2010

Une vidéo très intéressante, pour bien entamer l’année de terminale, avec l’interview de l’un des meilleurs économistes français, Daniel Cohen, sur la mondialisation et quelques problèmes qu’elle pose. (durée : 11 mn)

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Corrigé de la dissert. sur l’innovation

lundi 11 janvier 2010

POUR LES TES1, voici le plan détaillé du sujet vu aujourd’hui en TD :

Introduction :

Ne pas oublier les trois parties indispensables d’une introduction :

– Accroche, exemple concret, historique ou d’actualité.

– Définitions des principaux termes du sujet, intégrées dans le questionnement du sujet (problématique : question directe ou indirecte obligatoire)

– Annonce claire du plan, sans redondance avec ce qui précède.

I – A long terme, l’innovation est un facteur décisif de la croissance économique.

1. Le poids des dépenses en R&D (DIRD) dans le PIB est corrélé au niveau de richesse et de développement (Doc. 2). Les différents types d’innovation distingués par J.A. Schumpeter en particulier, arrivant par « grappes », permettent de relancer le profit des entreprises, puis par extension la croissance (les innovations majeures correspondant à des débuts de phase ascendante des cycles longs, Doc. 1 et 4).

2. Les invest. dans l’innovation entraînent des gains de productivité, qui ont des effets à la fois sur l’offre et la demande (Doc. 6) : retroaction, cercle vertueux… (en rappelant les différents enchaînements)

3. Ce cercle vertueux est renforcé par les externalités positives de l’innovation (Doc. 5), qui justifient une intervention des pouvoirs publics : théorie de la croissance endogène, Romer & Lucas.

II – Toutefois, à court terme, l’innovation a des effets incertains et ambigus.

1. La « destruction créatrice » de J.A. Schumpeter (Doc. 3) a des effets destructeurs sur les économies et les sociétés locales. Elle creuse aussi les inégalités, entre ceux qui sont à l’origine de ces innovations, et profitent du « monopole temporaire » qu’elles permettent, et ceux qui en subissent les contre-coups, et ne peuvent s’adapter.

2. Les cycles longs révélés par Kondratieff et Schumpeter (Doc. 4) sont des interprétations un peu simplistes de l’histoire, dont les processus sont infiniment complexes : il y a plusieurs durées de cycles (cycles sur 50 ans, sur 10 ans, voire sur 5-6 ans…), ils ne sont pas synchronisés entre les pays (les cycles aux Etats-Unis précèdent les cycles européens).

3. En fin de compte, il n’est même pas certain que les innovations constituent encore le principal déterminant de la reprise de la croissance (ou a contrario du ralentissement de celle-ci). Plusieurs facteurs économiques, politiques et socioculturels doivent intervenir pour que l’innovation favorise réellement la croissance. En outre, actuellement, les innovations se succèdent à un rythme tel qu’elles ne sont pas toujours rentabilisées par les entreprises ; et à l’heure des TIC mondialisées, la propriété intellectuelle n’est pas toujours protégée (Doc. 5).

Conclusion :

– Résumer le devoir, puis répondre clairement au sujet posé.

– Finir sur une « ouverture », de préférence fondée sur l’actualité (la consultation régulière de ce blog est donc plus que conseillée 😉 )

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Vidéo d’un procès imaginaire : la Société contre l’Innovation

jeudi 7 janvier 2010

Des universitaires québécois ont réalisé cette petite vidéo, très sympathique, montrant un « procès » opposant les accusateurs et les défenseurs de l’innovation, la fameuse « destruction créatrice » de J. Schumpeter (lui-même étant un acteur de ce procès dans la vidéo : c’est l’avocat de l’innovation, bien sûr 😉 ). Le jury est composé des auteurs du programme de SES : va-t-il condamner l’innovation ?

Regardez cette courte vidéo pour réviser le chapitre de terminale consacré à l’innovation, et ses effets sur l’économie et la société :

http://www.dailymotion.com/video/xblr8s Tags : , , ,

La fabrication d’une Clio comme si vous y étiez

mercredi 6 janvier 2010

Renault Flins prolonge la production de la Clio Campus!

Emboutissage, sertissage, assemblage, peinture, sellerie… Ca fait rêver !  😉

En complément de l’étude des gains de productivité en SES (dans « Les sources de la croissance », ou le chapitre suivant sur le Progrès technique, cela dépend de la progression choisie par les professeurs), regardez ce joli film de Renault, en deux parties d’une dizaine de minutes chacune, sur la fabrication d’une Clio – avec des images d’archives sur l’usine de Boulogne-Billancourt dans les années 60 (ce qui permet de mesurer l’ampleur des innovations).

Ce sont des images qu’on voit peu, mais qui concernent pourtant des milliers de salariés, sans compter tous les autres dans les petites entreprises de sous-traitance qui fournissent des pièces pour les grandes entreprises comme Renault.

1ère partie :

http://www.dailymotion.com/video/xaht2m

2ème partie :

http://www.dailymotion.com/video/xaht37 Tags : , , , , ,

2009 a révolutionné les usages du net

mardi 29 décembre 2009

L’utilisation d’internet évolue vers une mobilité croissante, et l’explosion du nombre de participants aux « réseaux sociaux » : il ne s’agira plus, dans un avenir proche, de joindre simplement quelqu’un (par le téléphone mobile ou le mail), mais d’attirer le monde à soi, à partir de son smartphone ou d’une plate-forme comme Facebook, qui gérera toutes nos adresses, nos rendez-vous, voire nos achats… Deux articles du quotidien économique Les Echos font le point sur ces innovations :

Sur l’internet mobile :

http://blogs.lesechos.fr//article.php?id_article=3357

Sur les réseaux sociaux :

http://www.lesechos.fr/info/hightec/afp_00217304-2009-l-annee-ou-les-reseaux-sociaux-ont-explose.htm

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10 révolutions internet des années 2000

mardi 24 novembre 2009

 

Le quotidien économique Les Echos récapitule, dans un diaporama, 10 événements qui ont marqué la décennie en ce qui concerne internet  : Youtube, Facebook, Twitter, ou l’iPhone, ont révolutionné la vie quotidienne dans les pays développés, et même certains pays émergents (comme lors des manifestations en Iran l’an dernier), alors que ces produits et ces services n’existaient pas dix ans auparavant…

http://www.lesechos.fr/diaporamas/index.php?id_diap=DIAP201109506_C1660A&id_rub=0&id_sous_rub=0&auto=0&id_photo=15247

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Internet et les relations entre générations

mercredi 11 novembre 2009

On croit souvent que les différentes générations sont isolées, du point de vue culturel comme dans l’usage des nouvelles technologies (ou TIC : technologies de l’information et de la communication). Or, dans cet extrait de conférence sur les usages numériques, une sociologue montre qu’on assiste actuellement à un développement des relations intergénérationnelles, et à une « socialisation inversée », où ce sont les jeunes qui transmettent aux plus anciens des pratiques et des savoirs-faire liés à internet.

Voici une vidéo intéressante pour l’étude de l’intégration sociale et du progrès technique en terminale, ainsi que pour les thèmes du concours des IEP :

Vidéo TIC et générations (durée : 35 mn)

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Un documentaire formidable sur la marchandisation du monde

mercredi 7 octobre 2009

 Quel est le prix de la vie ?

Regardez attentivement un documentaire culte en SES, intitulé « Le Bien commun : l’assaut final », ici présenté en 5 parties sur Dailymotion (durée totale : une heure).

Il explique comment le « Dieu marché » cherche à étendre son empire à toutes les ressources naturelles et à toutes les activités humaines, tous les « biens publics » qui pourraient être gérés de manière non marchande, mais qui attirent les convoitises des entreprises privées. Le documentaire se concentre sur la marchandisation du vivant : nature, santé…

Les exemples choisis (10 à 15 mn chacun) sont très parlants, et bien expliqués :

L’eau

Les plantes (médicaments traditionnels, OGM) 

Le corps humain

L’assurance santé

Les médicaments génériques contre le Sida (conclusion sur les accords internationaux qui interdisent aux Etats de s’opposer à cette marchandisation)

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Microsoft supprime des emplois pour la première fois

vendredi 23 janvier 2009

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Microsoft fut durant une partie des années 90 la première capitalisation boursière mondiale, et – à travers la figure de son PDG, Bill Gates (l’homme le plus riche du monde d’alors) le symbole de la « nouvelle économie », celle de l’informatique et des hautes technologies qui faisaient rêver les investisseurs et les économistes. Après le krach boursier de 2000, les valeurs technologiques ont perdu de leur superbe à la Bourse, et Microsoft a évité de peu le démantèlement par la justice américaine – l’entreprise étant accusée, lors d’un célèbre procès à la fin des années 90, d' »abus de position dominante » (cad. de monopole abusif) sur le marché des systèmes d’exploitation (Internet Explorer étant fourni de manière quasi-obligatoire avec Windows).

Depuis, Microsoft est demeurée l’entreprise dominante du secteur, qui s’est contentée semble-t-il d’une rente de leader, alors que les systèmes d’exploitation rivaux (tels que Linux) gagnaient du terrain, et que son concurrent, Apple (à qui Bill Gates avait copié le système d’exploitation et le logiciel de traitement de texte – eh oui, Windows et Word sont de vulgaires copies d’Apple) se tournait résolument vers l’innovation : gamme McBook, les iPod et iPhone qui se vendent par millions… 

Aujourd’hui, Microsoft est en difficulté, et va devoir supprimer 5000 emplois sur 91000 (Intel est également en crise), alors qu’Apple est en pleine forme – même si les problèmes de santé de son charismatique fondateur, Steve Jobs, vont poser d’autres problèmes.

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