Pas de chute des crédits pour l’instant
Lundi 5 janvier 2009On sait que le crédit bancaire est très important dans le fonctionnement de l’économie : il est en quelque sorte le carburateur de la voiture. S’il est insuffisant, si les banques sont trop réticentes à prêter aux entreprises (investissements productifs) ou aux ménages (immobilier), c’est tout l’investissement qui est compromis, donc la croissance et l’emploi.
On parle souvent de l’effondrement des crédits - en anglais : credit crunch… il est toujours bon de citer une expression en anglais
- suite à la crise financière… mais sur son blog, l’économiste Christian Chavagneux, rédacteur en chef adjoint d’Alternatives Economiques, montre qu’il n’en est rien dans les statistiques, jusqu’au mois de novembre. Les crédits étaient alors toujours en hausse en France, pour les entreprises comme pour les ménages (malgré la crise du marché immobilier… mais certains profitent peut-être justement de la baisse des prix pour acheter) : même si les nuages s’amoncellent sur l’économie française, les agents ne semblent pas paniqués, et les banques non plus. Je ne vous livre pas un scoop, mais cette information nous autorise à être peut-être un peu moins pessimiste pour l’année à venir, et il est toujours agréable de remettre en cause une idée reçue…
Lire l’article ci-dessous, daté du 30/12/08 :
Il est où le credit crunch ?
Depuis que la finance mondiale est devenue hystérique entre la mi septembre et la mi octobre 2008, bloquant le bon fonctionnement des marchés financiers et donc le refinancement des banques, tout le monde attend l’effondrement de la distribution du crédit. Certes, ceux qui ont un peu de mémoire se souviennent que, en septembre 1998, après la crise financière en Asie, le défaut de paiement des Russes et la quasi faillite du fonds spéculatif américain LTCM, tous les experts prévoyaient un effondrement similaire du crédit en 1999, qui n’a pas eu lieu du fait des politiques de relance monétaire suivies.
De fait, en Europe, à la fin septembre le taux de croissance du crédit aux entreprises et aux ménages ralentissait mais restait toujours important. Attendez octobre, ont dit les experts. En octobre, le taux de croissance du crédit aux entreprises a été de 11,9 % et celui des prêts immobiliers de 3,5 %. Attendez novembre, ont dit les experts. La BCE vient de donner les chiffres de novembre : respectivement +11,1 % et + 2,5 %. Certes, la croissance du crédit ralentit, surtout pour le crédit logement aux ménages. L’immobilier est en crise, les prix baissent et mieux attendre pour acheter. De plus, avec la montée du chômage et des perspectives sombres en termes de croissance et d’emploi, il serait périlleux de pousser les ménages à s’endetter. Moins de crédit aux ménages peut aussi signifier moins de demande de crédit en ce moment. Mais du côté des entreprises, la progression reste forte. Etonnamment forte d’ailleurs compte tenu des perspectives et les économistes devront nous expliquer pourquoi il en est ainsi.
Mais, si les médias nous montrent souvent des particuliers ou des entrepreneurs qui n’arrivent pas à obtenir leur crédit, visiblement d’autres y arrivent. Attendons les chiffres de décembre…
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