Le retour du débat Keynes-Hayek

Vendredi 16 janvier 2009

Avec la crise, les économistes et les hommes politiques semblent redécouvrir l’intérêt de la théorie keynésienne – qui avait été écartée durant deux décennies, sauf en SES bien sûr… ;) . A l’université de Cambridge, en Angleterre, Keynes avait comme collègue dans les années 40 un autre brillant économiste, mais très libéral celui-ci, un Autrichien réfugié en Angleterre, Friedrich von Hayek - l’un des inspirateurs du néo-libéralisme théorique et politique, dominant de la fin des années 70 à aujourd’hui. Les discussions entre les deux hommes – qui s’appréciaient - devaient être animées, et passionnantes…

L’un des meilleurs spécialistes de Keynes et de Hayek, le Québecois Gilles Dostaler vient d’écrire pour le quotidien économique La Tribune un article très accessible pour vous, au sujet de l’intérêt du débat Keynes-Hayek dans la crise actuelle . Lisez-le tous, c’est intéressant en terminale.

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Choisir Keynes ou Friedman ? Les deux !

Samedi 3 janvier 2009

Pour expliquer les crises économiques (et notamment aujourd’hui la grande crise du début du XXIe s.), et proposer des solutions pour en sortir, deux courants théoriques s’opposent : le courant keynésien, minoritaire parmi les économistes, héritier du grand économiste de Cambridge, fonde la crise et donc la relance sur la demande – les dépenses de consommation et d’investissement, et aussi les dépenses de l’Etat, afin de stimuler la croissance - ; en face, le courant libéral, dont les politiques sont plus axées sur l’offre (les profits des entreprises, l’épargne des ménages) et sur la lutte contre les déséquilibres financiers (contrôle de l’inflation et des déficits publics : on parle aussi de monétarisme, pour rappeler le strict contrôle de la monnaie, comme pendant les années précédant la création de l’euro), une politique d’austérité donc (beaucoup emploient le mot  »rigueur », ça fait sérieux ;) ), incarnée par l’économiste de Chicago Milton Friedman – qui s’est radicalement opposé à Keynes, sur tous les sujets (y compris les explications de la crise des années 30) à partir du début des années 70, la fin des Trente Glorieuses donc (Keynes ne pouvait pas répondre, il était mort en 1946, mort d’épuisement après avoir négocié les accords de Bretton Woods au nom de l’Europe).

Vous avez compris, en observant l’évolution du pouvoir d’achat des ménages et de la part des profits dans la valeur ajoutée, que c’est l’approche de Friedman qui a largement influencé les politiques des gouvernements depuis le début des années 80, notamment en Europe. L’année 2008 marque, comme je l’ai dit, le « retour de Keynes », avec la mise en place de politiques de relance – par exemple les 26 milliards qui vont être consacrés par la France à une relance de l’investissement.

Selon Daniel Cohen, économiste connu, nous n’aurions en fait pas à choisir aujourd’hui entre Keynes et Friedman ; pour résoudre la crise, il nous faudrait les deux ! 

Lisez son article, très accessible, dans Le Monde :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/01/02/keynes-ou-friedman-par-daniel-cohen_1137164_3232.html

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Economiste de l’année : and the winner is…

Vendredi 2 janvier 2009

Keynes of course !  ;)

Lire, daté du 31/12 : http://www.lesechos.fr/info/analyses/4813934-le-vrai-faux-retour-de-l-etat.htm

L’année 2008 marquera l’histoire comme celle de la première grande crise financière du XXIe s., mais aussi celle de la fin d’un cycle idéologique et politique qui avait écarté la théorie keynésienne – à partir de la fin des années 70 – au profit d’un « néo-libéralisme » prônant la déréglementation des marchés (notamment financiers) et le désengagement de l’Etat de l’économie…

 

 

Aujourd’hui, les discours des dirigeants d’entreprises comme des politiques sont bien différents, même de la part des plus libéraux : encore faudrait-il s’accorder sur les interventions de l’Etat considérées comme bénéfiques dans l’économie, en vue d’une véritable régulation de la finance mondiale, et pas seulement l’injection de liquidités pour renflouer des banques en difficulté – ayant développé des activités aussi opaques que lucratives durant des années. « The End of laissez-faire » (en conservant l’expression française) était le titre d’un petit ouvrage du « magicien de Cambridge » (l’un de ses surnoms) dès 1926…

Le Figaro – quotidien pourtant de droite, donc libéral -, a consacré ce 2 janvier tout un article sur « John Maynard Keynes, l’homme de l’année 2009″ ! L’article résume bien la biographie de l’économiste partisan de l’intervention de l’Etat : à lire par ceux qui font « spécialité SES », mais aussi tous les autres.

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Les limites du plan de relance européen

Jeudi 18 décembre 2008

Un économiste critique cette semaine, dans la revue Alternatives Economiques (le deuxième journal économique français en nombre de lecteurs, très apprécié en SES) le plan de relance européen, inspiré de Keynes bien sûr – avec ses qualités et ses défauts.

(Non, il ne sera pas dit que j’aurai cessé de citer Keynes, même pendant cette semaine de perturbation des lycées.  ;) )

Lisez l’article, il est très accessible (et utile pour mieux comprendre le cours, comme tout ce que je mets sur ce blog) :

http://www.alternatives-economiques.fr/crise-plan-de-relance-sarkozy_fr_art_633_41396.html

 

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Keynes est vivant ! Les Prix Nobel le fréquentent

Dimanche 30 novembre 2008

Plusieurs Prix Nobel ont récemment fait des déclarations en faveur d’une plus grande intervention de l’Etat, et d’une meilleure prise en compte des phénomènes psychologiques, comme la confiance : en somme, une condamnation implicite du néo-libéralisme – dominant chez les savants et les politiques depuis le début des années 80 -, et un grand retour à Keynes. 

Lisez l’article très accessible sur les analyses de la crise, par les Prix Nobel d’économie, dans le journal suisse Le Temps, avec les deux encadrés sur G. Akerlof et M. Spence.

En SES, nous ne sommes pas Prix Nobel, mais tout cela, nous le savions et nous l’enseignions depuis longtemps ; et comme vous le savez, je ne déteste pas Keynes, et j’y ferai encore référence au cours de l’année. Mais certains universitaires et certains patrons nous traitaient de tous les noms, nous accusant d’anticapitalisme, de partialité… et mélanger la sociologie ou l’histoire à « la science économique », quelle horreur !… et cela même aujourd’hui, en dépit de la crise financière qui prouve de manière éclatante le bien-fondé du pluralisme, en matière théorique et dans l’utilisation des sciences sociales.  ;)

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