Pour expliquer les crises économiques (et notamment aujourd’hui la grande crise du début du XXIe s.), et proposer des solutions pour en sortir, deux courants théoriques s’opposent : le courant keynésien, minoritaire parmi les économistes, héritier du grand économiste de Cambridge, fonde la crise et donc la relance sur la demande – les dépenses de consommation et d’investissement, et aussi les dépenses de l’Etat, afin de stimuler la croissance - ; en face, le courant libéral, dont les politiques sont plus axées sur l’offre (les profits des entreprises, l’épargne des ménages) et sur la lutte contre les déséquilibres financiers (contrôle de l’inflation et des déficits publics : on parle aussi de monétarisme, pour rappeler le strict contrôle de la monnaie, comme pendant les années précédant la création de l’euro), une politique d’austérité donc (beaucoup emploient le mot »rigueur », ça fait sérieux
), incarnée par l’économiste de Chicago Milton Friedman – qui s’est radicalement opposé à Keynes, sur tous les sujets (y compris les explications de la crise des années 30) à partir du début des années 70, la fin des Trente Glorieuses donc (Keynes ne pouvait pas répondre, il était mort en 1946, mort d’épuisement après avoir négocié les accords de Bretton Woods au nom de l’Europe).
Vous avez compris, en observant l’évolution du pouvoir d’achat des ménages et de la part des profits dans la valeur ajoutée, que c’est l’approche de Friedman qui a largement influencé les politiques des gouvernements depuis le début des années 80, notamment en Europe. L’année 2008 marque, comme je l’ai dit, le « retour de Keynes », avec la mise en place de politiques de relance – par exemple les 26 milliards qui vont être consacrés par la France à une relance de l’investissement.
Selon Daniel Cohen, économiste connu, nous n’aurions en fait pas à choisir aujourd’hui entre Keynes et Friedman ; pour résoudre la crise, il nous faudrait les deux !
Lisez son article, très accessible, dans Le Monde :
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/01/02/keynes-ou-friedman-par-daniel-cohen_1137164_3232.html
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