Freeze des profs de SES à Paris

Vendredi 2 avril 2010

Toujours à la recherche de formes de manifestation innovantes, une cinquantaine d’ »Obsédés SESsuels », de retour d’une manifestation nationale qui avait réuni plusieurs centaines de professeurs de SES venus de toute la France, en direction de l’Assemblée nationale, ont réalisé deux « freezes », dans le quartier des Halles à Paris, mercredi 31 mars vers 16h. Les manifestants portaient les t-shirts de combat de l’APSES, et lisaient les grands classiques de notre programme : Bourdieu, Weber, Durkheim, Smith, Hayek…

Bientôt d’autres « freezes » des élèves et des profs de SES, dans les lycées un peu partout en France, pour protester contre l’horaire ridicule des SES en seconde, les suppressions de postes d’enseignants, et l’absence de formation des nouveaux professeurs stagiaires ?… Are you ready ?  ;)

Tags : ,

Un grand sociologue défend les SES

Dimanche 14 février 2010

Pourquoi faire des SES, et être en ES ?

Lisez le bel article de Stéphane Beaud – sociologue, grand spécialiste des quartiers populaires -, dans Libération, à propos des SES :

http://www.liberation.fr/societe/0101617924-lycee-eco-sans-socio-n-est-que-ruine-de-l-ame

Tags : ,

Le sociologue François Dubet démissionne de la commission des nouveaux programmes de SES

Mardi 2 février 2010

François Dubet, célèbre sociologue, était l’unique représentant de sa discipline dans le « groupe d’experts » chargé de rédiger les nouveaux programmes de SES, en quatrième vitesse – par exemple, il n’a fallu que trois réunions pour concocter le lamentable nouveau programme de seconde. Voici sa lettre de démission, où il évoque notamment l’intervention directe du cabinet du ministre (probablement lui-même sous l’influence de lobbies patronaux très puissants) dans le programme :

 


Chers collègues
 
La publication du projet de programme de SES de la classe de seconde provoque des réactions si fortes que, déjà, la légitimité de ce programme me paraît mise en cause. Or, un programme n’est efficace que si les enseignants y adhèrent.
 
Sans doute, les réactions de certaines associations professionnelles d’enseignants de SES sont-elles très excessives. Mais il est vrai que si nous avons travaillé sérieusement et dans un climat apaisé, nous avons travaillé très vite, nous n’avons eu le temps de consulter personne et le Cabinet du ministère a sensiblement transformé notre projet. Peut-être aurait-il été raisonnable de travailler sur l’ensemble du programme des trois années de lycée pour que la cohérence du projet apparaisse plus clairement.
 
J’ai le sentiment que la perspective sociologique en ressort très appauvrie. Je ne peux évidemment pas cautionner ce rétrécissement, non par corporatisme disciplinaire, mais parce que je suis convaincu de ce que les sciences sociales participent à la formation d’un citoyen éclairé tout en préparant à des études supérieures et à des activités professionnelles.Je regrette que le projet de mêler les approches économiques et sociologiques sur les mêmes objets ait été très affaibli. Par exemple, l’entreprise apparait moins comme un monde du travail, comme un monde social, que sous la forme d’une unité de production plus ou moins adaptée à des environnement mouvants.
 
Je souhaite donc me retirer de notre commission en souhaitant qu’à l’avenir la transformation de notre système d’enseignement se fasse de manière plus paisible et plus concertée, y compris avec ceux qui voient un danger dans chaque changement.
 
Bien cordialement
 
François Dubet

Et comme vous avez été sages, j’ajoute une interview du même François Dubet (qui a une approche plutôt individualiste méthodologique, très différente de Bourdieu par exemple… mais qui est un très bon connaisseur de l’école) : comment rendre l’école plus juste ? (durée : 8 mn)

Tags : , ,

On parle des SES dans Libération

Samedi 30 janvier 2010

Un article du quotidien Libération évoque la disparition de certains thèmes importants, et intéressants pour les élèves, dans le nouveau programme de seconde, et en particulier la question du chômage :

http://www.liberation.fr/societe/0101616311-le-chomage-matiere-a-economies

Tags : , ,

Le chômage n’est plus au programme de SES de seconde…

Mardi 26 janvier 2010

… ni les PCS, ni les inégalités, ni la famille, ni le pouvoir d’achat, ni l’investissement…

En fait, aucun thème concret, qui fasse sens pour des élèves de 15 ans, n’est abordé…

Le site indépendant Rue 89 examine ce triste  nouveau programme… :

http://eco.rue89.com/2010/01/26/le-chomage-disparait-du-programme-deconomie-de-seconde-135580

Vous aussi, vous pouvez donc vous faire une idée, et laisser des commentaires !

Tags : ,

Rassemblement pour défendre les SES à Lyon

Lundi 25 janvier 2010

Ce qui nous arrive est vraiment grave ; et certains universitaires bien informés nous disent que le ministère veut vraiment aller au bout, pour dénaturer et disloquer l’enseignement des SES.

Si vous voulez soutenir les SES, qui dans la réforme des lycées perdraient leurs TD en demi-groupes, et la sociologie en seconde (puis sans doute en première et terminale), venez nous rencontrer lors de notre « exposition éphémère » à Lyon en plein air, et avec musique et chansons « spéciales SES »,

Mercredi 27 janvier de 14h à 17h, Place de la République

(M° Cordeliers ou Bellecour)

Je serai très heureux de rencontrer des lecteurs lyonnais de ce blog. Vous me reconnaîtrez à mon micro… :)

 

Tags : ,

Un nouveau programme de seconde catastrophique

Lundi 25 janvier 2010

Vous trouverez ci-dessous le communiqué de presse de l’Association des Professeurs de SES sur le nouveau programme de seconde de SES (qui devrait s’appliquer à la prochaine rentrée).

Celui-ci se limite à la manipulation de concepts abstraits et d’outils totalement déconnectés des questionnements que nous avons actuellement pour initier les élèves de seconde aux SES : famille, chômage, fonctionnement des entreprises… En démocratie, ce n’est pas aux politiques d’écrire l’histoire (cf colonisation) et il ne leur revient pas le droit d’imposer leur approche de l’économie et de la société (une société sans chômage, sans inégalités, sans conflits, sans organisation du travail…). Merci de faire circuler très massivement ce communiqué et le programme. Par ailleurs on organise une soirée de défense des SES. Elle n’est pas réservée aux profs de SES bien au contraire :

Vendredi 29 janvier 2010 à partir de 18h30
 Soirée de défense festive des SES, « On n’est pas couchés »
 au Café Rive droite, 2 rue Berger  75001 Paris

http://www.apses.org

Communiqué de presse de l’APSES du 23 janvier 2010

Par qui et pour qui a été fait le nouveau programme de SES de seconde ?

Le Ministère vient de communiquer aux éditeurs le projet de nouveau programme de sciences économiques et sociales (SES) de seconde. Ce projet de programme réoriente profondément les finalités de l’enseignement de SES.

1. Un programme qui gomme systématiquement les enjeux économiques et sociaux contemporains

Le Ministère a choisi délibérément d’évacuer du programme de SES proposé en classe de seconde la plupart des questions de société qui y étaient abordées jusqu’à présent : suppression des questionnements sur l’emploi et le chômage, sur l’investissement, sur les revenus et les inégalités ou encore sur les transformations de la famille au profit de questions sur l’épargne, la fixation des prix (y compris du prix d’équilibre) dans une perspective positiviste et monolithique de l’économie. Taire les questions de société, c’est renoncer à la dimension citoyenne que véhiculent tous les enseignements généraux du lycée et faire perdre à l’enseignement des SES ce qui fonde son succès depuis plus de 40 ans. Le parlement avait tenté de faire enseigner les « aspects positifs de la colonisation » en Histoire-Géographie, le Ministère souhaite-t-il faire enseigner les « aspects positifs de l’économie » en SES, bref une « économie Bisounours » ?

2. Un programme qui marginalise les autres sciences sociales

Les entrées sociologiques du programme sont réduites à la portion congrue et placées à la fin. Or, le document diffusé par le Ministère précise qu’il faudra traiter « au moins les 10 premières questions ». Compte tenu de sa lourdeur, les autres sciences sociales deviennent de facto optionnelles au profit d’un enseignement désincarné d’économie fondamentale. Le ministère relègue la sociologie, l’anthropologie, la science politique au rang d’accessoires alors même que ces disciplines permettent aux lycéens de prendre du recul et donc de mieux comprendre des éléments essentiels de leur environnement quotidien comme la famille, l’école, les médias. Après avoir pourtant rendu un vibrant hommage à Claude Lévi-Strauss, Luc Chatel souhaite-t-il donc à ce point « cacher ces sciences sociales qu’il ne saurait voir » ?. Mais le sort réservé à l’économie n’est pas pour autant plus enviable. C’est une présentation de l’économie atemporelle sans hommes ni institutions, une économie réduite à des courbes, dérivées, élasticités et autre prix d’équilibre. Le Ministère souhaite-t-il vraiment que les lycéens puissent disposer des moyens de se repérer dans l’actualité économique et sociale dans laquelle ils baignent à travers les discussions de famille et la télévision ?

3. Un programme inadapté à des élèves de 15 ans qui découvrent un nouvel enseignement

Ce programme démontre une fois de plus que contrairement à ses déclarations, les questions pédagogiques sont loin d’être une préoccupation pour le Ministère. Nous  avions  déjà pu observer cette contradiction entre la communication et les actes lorsque  le Ministère, tout en affirmant haut et fort  qu’il souhaitait élever la culture économique des Français, avait commencé par réduire à la portion congrue le volume horaire de l’enseignement de SES (90 minutes par semaine seulement et suppression du travail en groupe réduit) ! Mais le choix des notions que le Ministère considère qu’un élève de seconde, doit apprendre en priorité est aussi éloquent :

§         Sur le thème de la consommation, les élèves seront censés se passionner pour la notion « d’élasticité-prix », tandis que dans le même temps, on leur refuse de parler de pouvoir d’achat

§         Sur le thème de l’entreprise, ils devront découvrir les joies des « constructions des courbes de coûts » tandis qu’il leur sera interdit de parler d’innovation ou de la distinction entre chiffre d’affaires et profit

§         Sur le thème du marché, on préférera leur parler de la construction du « prix d’équilibre » plutôt que de ce qu’est une « économie de marché » qui nécessite un ensemble de « règles » que les acteurs doivent respecter.

On demande à des lycéens venant de quitter le collège d’aborder l’économie par l’apprentissage d’outils abstraits. C’est l’idée que l’on fait découvrir et aimer la musique par la répétition préalable des gammes. Or, pour qui connaît le public lycéen, a fortiori en seconde, c’est raisonner à l’envers. C’est au contraire parce qu’on part des questions contemporaines qui font sens pour les lycéens que ces derniers consentent à fournir l’effort nécessaire pour assimiler des outils. Voudrait-on réduire l’attractivité des SES et de la série ES que l’on ne s’y prendrait pas autrement.

Si la confection de tout programme est une succession de choix, le Ministère a préféré imposer les siens, au détriment même du travail réalisé par le groupe d’experts qu’il a pourtant lui-même constitué. On en vient  à croire que le programme était déjà écrit. Cette façon de procéder est proprement inacceptable.

En conséquence, l’APSES appelle les professeurs de SES à exprimer leur refus de ce programme démesuré, inadapté et dénaturé lors de la consultation organisée par le Ministère à partir du 8 février. Si le programme n’était pas profondément remanié, et l’horaire alloué augmenté (pourquoi nombre d’enseignements d’exploration ont 3h ?), l’APSES se verrait dans l’obligation d’appeler les collègues à la désobéissance citoyenne et à ne pas appliquer ce programme à la rentrée 2010. Elle appelle d’ores et déjà tous les citoyens à se mobiliser lors de la semaine d’action pour les SES à compter du lundi 25 janvier, et à participer à la manifestation du 30 janvier pour exprimer ce refus d’une réforme qui marginalise et dénature les SES.

Tags : , ,

Plus de postes pour l’enseignement privé, moins de postes pour l’enseignement public

Vendredi 8 janvier 2010

J’évite d’afficher ici des informations syndicales, mais je dois tout de même mettre au courant les citoyens qui lisent ce blog d’une évolution importante, en ce qui concerne l’enseignement secondaire dans ce pays.

Alors que l’Education nationale a supprimé plus de 50 000 postes de fonctionnaires depuis 4 ans, afin de ne pas remplacer tous les départs en retraite et ainsi réduire le nombre de professeurs (et de fonctionnaires de l’Education nationale en général), donc les dépenses de l’Etat dans ce domaine, le nombre de places aux concours de l’enseignement public a par conséquent lui aussi, diminué. Par exemple, pour 2010, le nombre de postes au CAPES externe (le concours d’enseignants du secondaire qui a le plus de postes) est en légère diminution (5006 postes cette année contre 5095 l’an dernier, public et privé confondus), et toujours largement inférieur au nombre de départs en retraite.

Ce qui est plus surprenant, c’est que le nombre de postes au CAPES de l’enseignement privé (appelé CAFEP), lui, est cette année multiplié par plus de deux  (1260 postes contre 569 l’an dernier) !

Selon la réglementation, la répartition des postes devrait être de 80 % pour le public et 20 % pour le privé : ce ratio n’est plus respecté pour le CAFEP, puisqu’il faudrait 6300 postes au total au CAPES (public + privé), alors qu’il n’y en a que 5006.

Vous me direz : quel est le problème, puisque la variation du nombre d’enseignants du privé ne concerne pas le budget de l’Education nationale… Eh bien si, les profs du privé sont payés par l’Etat ! Le privé (l’Eglise catholique, par exemple) ne finance que les dépenses matérielles, de fonctionnement – chauffage, éclairage, papier… – ou d’investissement – équipements, constructions…

Voici quelques exemples d’évolutions des postes aux concours, par discipline :

Lettres modernes : 40 postes en moins au concours du public, et dans le même temps 126 postes en plus au concours du privé (200 postes contre 74 l’an dernier) ;

Lettres classiques : de 12 postes dans le privé en 2009 à 40 en 2010 !

Philosophie : 20 pour le privé, contre 5 l’an dernier, alors que le public n’offre que 32 postes ;

Histoire-géographie : 75 postes au CAFEP l’an dernier, 182 cette année ;

Anglais : 42 postes en moins pour le public, 52 postes en plus pour le privé (soient 95 postes contre 43 l’an dernier) ;

Physique-chimie : de 80 à 202 postes au concours du privé ;

SVT : de 75 à 200 ;

SES : de 6 à 15 ;

Maths : de 109 à 155.

Pourquoi démanteler l’enseignement public et favoriser l’enseignement privé ?

Je vous donnerai des éléments de réponse par la suite… et vous-mêmes, faites votre petite enquête autour de vous… ;)

 

Tags : ,

0 heure de SES pour décider de son orientation en seconde…

Jeudi 10 décembre 2009

Un article d’un professeur honoraire de SES, Gérard Grosse, montre que la réforme Chatel ne permettra pas un rééquilibrage des séries générales au lycée, bien au contraire. La série ES sera la grande perdante de la réforme, avec des options et des spécialités en moins, et des heures de SES en moins également. Un élève de seconde aura de 0 à 54 heures de cours de SES seulement pour choisir une éventuelle orientation en série ES…

http://www.idies.org/index.php?post/Reequilibrage-des-series-au-lycee-Le-compte-ny-est-decidement-pas

Un blog de Libération fait lui aussi un bilan aujourd’hui de la mobilisation dans les différentes disciplines, et en particulier les SES bien sûr (qui ont bougé bien avant l’H-G, mais passons) :

http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2009/12/r%C3%A9forme-du-lyc%C3%A9e-les-disciplines-se-rebiffent.html

Tags : ,

1000 profs de SES à Paris mercredi

Samedi 5 décembre 2009

Mercredi dernier à Paris, un millier de professeurs de SES, et seulement des profs de SES, venus de toute la France (1/5 de l’effectif total : quelle autre discipline peut en faire autant ?) se sont retrouvés à Paris, pour manifester contre la réforme Chatel, du Palais-Royal jusqu’à la Place de la République à la nuit tombée :

http://www.youtube.com/watch?v=lHJ48OuSkY0&feature=player_embedded
et la nuit : http://www.youtube.com/watch?v=EAaqjz9Meq8

Je ne vous montre pas cette vidéo pour me vanter, mais pour partager avec les amis des SES notre combat et nos actions. Nous avions fait une manif similaire il y a un an jour pour jour ; en fait les SES se battent pour leur survie tous les 2-3 ans en moyenne, depuis quinze ans…

Je rappelle que dans le projet de réforme du lycée, les SES :

- Ne conservent qu’une heure et demi de cours (sans demi-groupes de TD !) en seconde : que peut-on apprendre en 90 mn hebdomadaires ?

- Perdent l’option SES (« sciences po ») en Première ES ;

- Perdent une heure de cours en Terminale ;

- Perdent la spécialité Langue vivante renforcée au bac ES ;

- Les horaires totaux de cours en 1ES et en TES sont inférieurs à ceux de la série S – qui aura aussi plus d’options et de spécialités au choix : au nom de quoi ? De plus, il sera possible pour les élèves de changer de série (en rattrapant certains cours pendant les vacances), mais combien d’élèves de 1ES ou 1L pourront passer en 1re S ? ;)  Ainsi, la réforme qui était censée remettre en cause la suprématie de la série S va en réalité la renforcer.

En définitive, tous les observateurs s’accordent à dire que  la réforme « fait l’économie » (selon le joli jeu de mot de Libération) des SES et de la série ES : toutes les matières perdraient des heures de cours (donc des postes de profs, c’est le principal objectif du ministère) mais personne ne serait aussi pénalisé que nous, qui jouons actuellement la survie même de la série ES – pourtant très dynamique ces dernières années, mais qui pourrait perdre une grande partie de ses effectifs…

Ainsi, la manifestation parisienne n’était pas un aboutissement, mais le début d’un combat de longue haleine. Nous avons la motivation, les méthodes, et le soutien des élèves et des parents, espérons-le, car notre cause est on ne peut plus juste, pour la réussite des élèves et l’avenir du lycée.

La devise de l’Apses (Association des professeurs de SES) : « La défaite est impossible ! » D’autres manifs seront organisées le jour ou la nuit, d’autres karaokés géants dans les rues et devant les lycées, à Lyon et ailleurs… Vous viendrez ?  ;)

 

Tags : ,