La haute bourgeoisie se met en scène à Chantilly

Mercredi 29 juin 2011

REPORTAGE VIDEO POUR « MEDIAPART » avec la sociologue Monique Pinçon-Charlot, à l’occasion du Prix de Diane, l’un des concours hippiques les plus prestigieux et les plus chics de l’année.

Un TD grandeur nature sur la classe dominante.  :)

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Salaires : le grand écart salariés-patrons

Jeudi 23 juin 2011

DANS LE MENSUEL ECONOMIQUE « L’EXPANSION » :

2010, millésime en or pour les grands PDG

Par Franck Dedieu - publié le 01/06/2011

Stock-options, bonus, retraites chapeaux… D’après notre classement exclusif, entre 2003 et 2010, la rémunération des PDG du CAC 40 a augmenté de 20 %, hors inflation. Leurs salariés ont été moins gâtés. La fracture salariale continue de s’aggraver.

Carlos Ghosn. Par rapport à son prédécesseur, les revenus du PDG de Renault-Nissan ont grimpé de 328% depuis 2003. A comparer aux 15% dont ont dû se contenter ses salariés.
REUTERS/Charles Platiau

Prime pour les uns, déprime pour les autres. Même au sein des profitables entreprises du CAC 40, la fracture salariale s’élargit entre les salariés et leurs dirigeants. Selon les calculs exclusifs de L’Expansion, depuis sept ans (entre 2003 et 2010), la masse salariale des entreprises regroupées au sein du CAC 40 ramenée à chaque employé a crû de 13 %, contre 35 % pour la rémunération des patrons. En euros constants – autrement dit, compte tenu de l’inflation -, leurs 4,7 millions d’employés dans le monde voient globalement leurs paies varier d’à peine 1 %, quand celles des dirigeants s’envolent de 20 %.

Derrière cette moyenne se cachent bien sûr des disparités. A Saint-Gobain et à EADS, la paie de la base varie comme celle du PDG. Les deux parties se serrent la ceinture à Veolia et à Alcatel. A Vivendi ou chez Bouygues, le patron perd même du pouvoir d’achat quand le gros de la troupe s’enrichit. Mais, dans la plupart des cas, les écarts se creusent entre le général en chef et ses ouvriers, ses employés et même ses cadres. Si nulle part les fiches de paie individuelles ne baissent, les frais de personnel par employé s’érodent ou stagnent selon un processus à l’oeuvre depuis longtemps : la part des effectifs fond dans les pays riches mais s’accroît dans les zones à bas coûts. Cas d’école avec Schneider Electric : l’Europe et l’Amérique du Nord employaient 78 % des salariés en 2003, contre 57 % aujourd’hui. Idem chez Renault, où le « déplumage » des effectifs français (22 000 salariés depuis 2003) ne se rapporte pas au « ramage » du patron, Carlos Ghosn, nanti d’un salaire multiplié par quatre par rapport à celui de son prédécesseur, Louis Schweitzer. Encore ces émoluments managériaux n’additionnent-ils que le salaire de base et les bonus. Avec les gains sur les stock-options, les actions gratuites, les dividendes et les jetons de présence, la rémunération globale atteint 4,2 millions par PDG. Soit 186 salaires moyens. « Nous sommes dans le même bateau », répète à l’envi Carlos Ghosn à ses salariés. Pas dans la même cabine.

Salariés-dirigeants: le grand écart

Société Patron actuel Evolution de 2003 à 2010 de la masse salariale par personne (*) Evolution de 2003 à 2010 du salaire du PDG (**)
Renault (1) Carlos Ghosn 15 % 328 %
EDF (2) Henri Proglio 15 % 192 %
Essilor Hubert Sagnières - 5 % 171 %
Technip Thierry Pilenko 7 % 155 %
Capgemini (3) Paul Hermelin - 28 % 116 %
ArcelorMittal Lakshmi Mittal - 16 % 114 %
Natixis Laurent Migon 64 % 171 %
LVMH Bernard Arnault 2 % 109 %
Vallourec Philippe Crouzet 51 % 155 %
GDF Suez (2) (4) Gérard Mestrallet 26 % 122 %
Crédit agricole Jean-Paul Chifflet 12 % 85 %
Peugeot Philippe Varin 8 % 79 %
Sanofi-Aventis Christopher Viehbacher 3 % 64 %
Danone Franck Riboud 19 % 76 %
Accor Gilles Pélisson 8 % 63 %
Air liquide Benoît Potier 6 % 61 %
Michelin Michel Rollier 12 % 66 %
Schneider Electric Jean-Pascal Tricoire - 5 % 27 %
BNP Paribas Baudouin Prot - 3 % 20 %
Unibail-Rodamco Guillaume Poitrinal 60 % 70 %
Alstom(3) Patrick Kron 26 % 34 %
Saint-Gobain Pierre-André de Chalendar 11 % 19 %
PPR François-Henri Pinault 45 % 51 %
Publicis Maurice Lévy 8 % 13 %
Alcatel Ben Verwaayen - 1 % 4 %
EADS Louis Gallois 19 % 22 %
Pernod-Ricard(5) Pierre Pringuet 3 % 3 %
Veolia Antoine Frérot 2 % - 1 %
Société générale Frédéric Oudéa - 15 % - 21 %
Axa Henri de Castries 23 % 16 %
Lafarge Bruno Lafont 20 % 9 %
Carrefour Lars Olofsson 8 % - 4 %
Total Christophe de Margerie 21 % 8 %
Vivendi Jean-Bernard Lévy 7 % - 18 %
Suez Environnement (3) Jean-Louis Chaussade 15 % - 12 %
France Télécom Stéphane Richard 24 % - 8 %
Bouygues Martin Bouygues 35 % 0 %
Vinci Xavier Huillard 18 % -25 %
L’Oréal Jean-Paul Agon 6 % -42 %
Moyenne 13 % 35 %
Moyenne, inflation déduite 1 % 20 %

(1) Y compris la rémunération versée par Nissan au titre de mars 2009-mars 2010. (2) Comparaison 2005-2010, hypothèse d’un bonus maximal pour Henri Proglio. (3) Comparaison 2004-2010. (4) Moyenne du salaire entre le PDG de Suez et celui de Gaz de France. (5) Comparaison 2006-2010. NB : pas d’informations suffisantes pour STMicroelectronics.

Méthodologie

(*) Masse salariale: il s’agit de l’évolution des frais de personnel rapportée au nombre d’employés dans le groupe entre 2003 et 2010. Ce ratio traduit la place accordée sur le plan comptable à la rémunération du travail, il ne représente pas la fiche de paie individuelle par salarié.

(**) Rémunération du patron: il s’agit de l’évolution du salaire fixe et variable perçu par le président entre 2003 et 2010. Pour les groupes dans lesquels il y a eu des changements de PDG entre les deux périodes, la comparaison se fonde sur les rémunérations perçues par deux personnes différentes mais ayant le même titre de prés

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L’oligarchie financière, selon les Pinçon-Charlot

Vendredi 17 juin 2011

ARTICLE DANS « LE MONDE » par un couple de sociologues qu’on aime bien en SES, les Pinçon-Charlot, spécialistes de la haute bourgeoisie et de l’aristocratie, et qui croient à l’existence des classes sociales, surtout dans les « beaux quartiers » :

Nous vivons sous le régime de l’oligarchie financière

LEMONDE | 17.06.11 | 14h06  •  Mis à jour le 17.06.11 | 17h45

La séparation des pouvoirs est institutionnelle, mais reste en grande partie théorique. Dans la pratique, la classe dominante cumule toutes les formes de pouvoir. Ses membres, au coeur de l’Etat, des grandes entreprises, des banques, de l’armée, des arts et des lettres, entretiennent des relations assez proches pour que chacun, dans sa sphère d’influence, puisse décider dans le sens des intérêts de la classe.

La France des héritiers ne peut avancer sous l’étendard de l’héritage. La culture, le mérite, le droit sont appelés à la rescousse. Les châteaux privés, classés monuments historiques, sont un exemple de cette alchimie à l’oeuvre. Les procédures de classement utilisent à la fois le juridique et l’esthétique pour asseoir la légitimité des propriétaires. Les intéressés sont persuadés d’être dans le domaine de la défense du bien commun. Un château classé a, comme une bourgeoise élégante, de la classe. Le classement est la sélection de ce qui, social matérialisé dans les bâtiments ou incorporé dans les personnes, mérite de survivre dans la mémoire des hommes et dans les paysages des villes et des campagnes.

Les faveurs fiscales de la loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat de 2007 (TEPA), avec une baisse sans précédent de la fiscalité sur les successions et les donations, profitent aux plus aisés. Ces faveurs manifestent l’importance accordée aux dynasties familiales fortunées, qui inscrivent l’excellence sociale dans le temps long de la lignée et qui accaparent les privilèges sur plusieurs générations.

La notion de patrimoine, ensemble des biens transmissibles, est en phase avec les outils juridiques issus de la financiarisation. Ainsi la société holding, qui permet l’accroissement des richesses au sein de la famille, en même temps que le contrôle d’entreprises par celle-ci, organise la transmission générationnelle en lui assurant de solides avantages fiscaux. Les affaires des familles Bolloré, Arnault ou Pinault, pour ne citer que quelques amis du président, sont structurées de cette manière.

La famille Wildenstein a utilisé un outil juridique anglo-saxon, le trust, pour assurer la transmission d’un important patrimoine composé d’oeuvres d’art de grande valeur, avec des tableaux de Picasso, Bonnard, Van Gogh. Des trusts ont été créés dans des paradis fiscaux auxquels Daniel Wildenstein, mort en 2001, a confié une part importante de son patrimoine. Hervé Morin, alors ministre de la défense, a justifié l’existence de ces trusts par la volonté d’éviter la dispersion des collections. Les Wildenstein sont une dynastie de marchands d’art qui en est à la cinquième génération. Guy Wildenstein est un ami de Nicolas Sarkozy, l’un des fondateurs de l’UMP et l’un des généreux donateurs réunis dans le « premier cercle ».

Label d’utilité publique

Le petit monde des grandes fortunes a toujours été celui des collectionneurs. Ce goût pour l’art et le rôle de mécène ont permis de rendre légitimes des fortunes colossales sans commune mesure avec le travail dont elles étaient censées être le fruit. La culture donne aux grandes richesses le label d’utilité publique chargé de rendre supportable l’accumulation de l’argent à un seul pôle de la société en transformant l’arbitraire de l’héritage en mérite. Le capital symbolique lié à ces investissements artistiques vient parachever la force de la dynastie familiale dans une immortalité symbolique qui se concrétise, dans un musée comme le Louvre, par des plaques de marbre où sont gravés les noms des donateurs ou avec l’ouverture à la visite de leurs châteaux classés.

Malgré la mondialisation, l’oligarchie continue à coopter des dynasties. Les familles de l’aristocratie de l’argent gèrent leurs dynasties dans une forme de collectivisme pratique qui met ensemble les ressources de chacun pour décupler une force commune qui permet de maintenir et de développer un libéralisme économique toujours plus déréglementé.


Ouvrage : « Président des riches » (éd. Zones, 2010).

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues Article paru dans l’édition du 18.06.11

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Des riches plus riches, des pauvres plus pauvres

Vendredi 10 juin 2011

DANS « ALTERNATIVES ECONOMIQUES » DU MOIS DE JUIN :

Les riches toujours plus riches

Denis Clerc
Alternatives Economiques n° 303 – juin 2011
couverture

L’écart de niveaux de vie s’est creusé entre les plus pauvres et les plus aisés depuis 2003. En cause, la Bourse et l’immobilier.

Les inégalités se creusent en France. Pas par le bas, du fait de l’accroissement de la part des pauvres dans la population, mais par le haut, les riches devenant sans cesse plus riches. Les chiffres que vient de publier l’Insee [1] sont sans appel. Dans le bas de la pyramide sociale, la proportion des personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté est passée de 14,5 % à 13 % entre 1996 et 2008 (dernière année connue). Comme le seuil de pauvreté est calculé chaque année en fonction du niveau de vie médian (la moitié des personnes disposant de moins, la moitié de plus), cette baisse implique que, au moins entre 1997 et 2001 (années durant lesquelles a eu lieu la totalité de la baisse constatée), le niveau de vie du bas de la pyramide sociale a progressé plus vite que la médiane. Cela s’explique principalement par la diminution du taux de chômage, qui durant ces années-là est passé de 11 % à 8 %.

Depuis 2002, on observe une quasi-stabilité du taux de pauvreté, liée au fait que le chômage ne recule plus, aux retraits du marché du travail et à la proportion croissante de personnes isolées et de familles monoparentales. Mais s’il n’y a proportionnellement pas plus de pauvres en 2008 qu’en 2002, leur pauvreté s’est accentuée. En 1996, l’intensité de la pauvreté était de 19,2 %. Cela signifiait que la moitié des pauvres disposaient d’un niveau de vie inférieur d’au moins 19,2 % au seuil de pauvreté de l’époque. Six ans après (2002), elle s’était réduite à 16,6 %. La pauvreté n’avait pas seulement reculé, elle était devenue moins intense. Encore six ans après (2008), cette intensité était revenue à 18,5 %.

L’envolée des dividendes

Dans le haut de la pyramide, c’est un paysage bien différent que l’on peut découvrir. Dans le dixième le plus aisé de la population, on dispose en 2008 d’un niveau de vie très confortable, puisqu’il est d’au moins 3 000 euros par mois [2]. Jusqu’en 2003, le niveau de vie de ce dixième aisé évoluait à peu près au même rythme que celui du dixième le plus modeste. La société évoluait alors «  en sablier  », selon les termes d’Alain Lipietz : les plus modestes et les plus aisés voyaient leur niveau de vie évoluer plus rapidement que celui des couches intermédiaires. Mais à partir de 2003, la donne change : les plus modestes voient leur niveau de vie suivre celui des couches intermédiaires, tandis que les plus aisés connaissent un envol de leurs revenus. Ces derniers disposaient en 2003 de 23,4 % des revenus totaux des ménages après impôts, mais de 24,3 % en 2008. Alors que le niveau de vie moyen de ce dixième le plus favorisé était, en 2003, en moyenne 6,07 fois supérieur au niveau de vie moyen du dixième le plus modeste, l’écart est de 6,67 en 2008 : un dixième de plus. Soit une accentuation de 5 000 euros par an de l’écart moyen.

Explication de l’Insee : «  Les revenus du patrimoine du dernier décile [le dixième le plus aisé] augmentent de 11 % par an en moyenne, expliquant la quasi-totalité de l’accroissement spécifique de leur niveau de vie.  » Le bouclier fiscal n’a joué qu’un rôle sans doute très mineur dans cette affaire ; ce qui est en cause, c’est l’accroissement constant des dividendes et des loyers, les uns et les autres profitant essentiellement au dixième le mieux loti.

Denis Clerc
Alternatives Economiques n° 303 – juin 2011
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Depuis 7 ans, les inégalités se sont creusées vers le haut

Jeudi 28 avril 2011

ARTICLE DE L’AGENCE FRANCE PRESSE :

AFP, Mise a jour : 28 avril 2011

Les inégalités se creusent en faveur des plus riches

Les Français les plus aisés ont continué à s’enrichir ces dernières années, creusant encore les inégalités avec les plus modestes même si le taux de pauvreté est resté relativement stable, selon une étude de l’Insee publiée jeudi.

Distribution de nourriture et de couches pour bébés dans un centre des Restos du Coeur à Asnières, le 30 novembre 2010

AFP/Archives

Globalement, « entre 1996 et 2008, les inégalités de niveau de vie évoluent peu », note l’Insee dans l’édition 2011 de « Revenus et patrimoines des ménages ».

Ainsi, si l’on compare le niveau de vie maximum des 10% de ménages les moins riches (10.520 euros) au niveau de vie minimum des 10% les plus riches (35.550 euros), on constate en 2008 un rapport « relativement stable » (3,4 contre 3,5 en 1996), a expliqué en conférence de presse Jean-Louis Lhéritier, chef du département Ressources et conditions de vie des ménages.

Le « niveau de vie » se calcule en divisant les revenus du ménage par le nombre de personnes qui le composent mais en tenant compte des économies d’échelle induites par la vie en commun (un seul réfrigérateur…) et du fait que les enfants consomment moins que les adultes.

Cette notion permet de comparer des ménages de taille et de composition différentes. Le niveau de vie moyen est de 22.110 euros, le niveau de vie médian de 19.000.

Toutefois, nuance l’Institut de la statistique, ces moyennes « ne rendent pas compte des tendances aux extrémités ». Or, avant 2004, les inégalités avaient tendance à se réduire parce que les ménages les plus pauvres voyaient leur niveau de vie se rapprocher des classes intermédiaires.

A l’inverse, à partir de 2004, « on a une tendance à l’augmentation des inégalités par le haut » de l’échelle, selon M. Lhéritier.

Car depuis cette date, « les niveaux de vie des personnes les plus modestes cessent d’augmenter plus rapidement que les niveaux de vie intermédiaires alors que ceux des plus aisées continuent leur progression », note cette étude, qui s’arrête juste avant les premiers effets de la crise financière.

Résultat, le ratio de richesses (en niveau de vie) détenues par les 20% les plus aisés et celle détenue par les 20% les plus modestes a augmenté de 4 à 4,3 entre 1996 et 2008.

Cette progression « est liée à une forte hausse des revenus, en particulier des revenus du patrimoine, qui sont fortement concentrés chez les personnes les plus aisées », note l’étude, qui précise que ces revenus ont augmenté de 11% par an.

Parallèlement, entre 1996 et 2008, le taux de pauvreté monétaire (personnes vivant sous le seuil de pauvreté, fixé à 60% du revenu médian soit 950 euros mensuels en 2008) est passé de 14,5% de la population à 13% en 2008.

Mais là encore, cette moyenne cache de fortes disparités.

Ainsi, la baisse de la pauvreté est « concentrée de 1997 à 2001, période de forte croissance et de baisse du chômage » avant de rester stable jusqu’en 2008, a noté Jean-Louis Lhéritier.

Malgré la baisse globale, la pauvreté touche autant les chômeurs, qui sont en 2008 comme en 1996 toujours 35% à vivre avec moins de 950 euros par mois. Elle touche davantage les familles monoparentales (26% en 1996, 30% en 2008) et les personnes seules.

Les familles nombreuses sont elles aussi toujours largement touchées par la pauvreté mais beaucoup moins en 2008 qu’en 1996 (27,8% contre 19,7%), essentiellement grâce aux « revalorisations des prestations sociales », selon Magda Tomasini, chef de la division Revenus et patrimoines des ménages.

Les couples, avec ou sans enfant, sont les seuls à avoir bénéficié de la baisse du taux de pauvreté.

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Les Français ont doublé leur patrimoine en dix ans

Lundi 24 janvier 2011

Cette année, l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF), impôt qui touche en gros les patrimoines à partir d’environ 1 million d’euros, a été particulièrement rentable pour l’Etat, avec 400 millions d’euros de recettes au-delà des prévisions.

A ce propos, LIRE L’ARTICLE DANS LE QUOTIDIEN LE MONDE (paru le 21 novembre 2010) :

Les Français investissent massivement dans la pierre et dans l'assurance-vie.

Les Français investissent massivement dans la pierre et dans l’assurance-vie.AFP/THOMAS COEX

Le patrimoine des Français a doublé en dix ans pour dépasser 10 000 milliards d’euros, selon les résultats d’une étude publiés vendredi par le Figaro. La richesse des Français, qui investissent massivement dans la pierre et dans l’assurance-vie, se chiffre précisément à 10 060 milliards d’euros, soit huit années de revenus ou cinq années de PIB, rapporte le quotidien, qui cite des chiffres pour l’année 2009 communiqués par la direction du Trésor à quelques parlementaires de la majorité.

Les Français sont ainsi plus riches que les Allemands ou les Américains, dont le patrimoine représente six années de revenus, mais moins que les Britanniques (onze années), note le quotidien. La flambée des prix de l’immobilier explique largement cette envolée du patrimoine dans la décennie écoulée, les appartements, maisons et terrains représentant 61 % du patrimoine privé, écrit le Figaro.

La publication de ces chiffres intervient alors que le gouvernement planche sur la fiscalité du patrimoine. Un rapport commandé par l’UMP propose notamment de taxer davantage les résidences principales et secondaires des Français.

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Le grand retour des rentiers

Lundi 6 décembre 2010

Lisez un intéressant (et court) article du site L’Observatoire des inégalités, concernant la montée actuelle des inégalités de patrimoine.

Globalement, depuis vingt ans, l’écart de richesse entre les 10 % de la population les plus riches, et les 10 % les plus pauvres, a peu varié ; cependant, les 1 % (ou les 0,1 %) les plus riches se sont considérablement enrichis, grace  à la progression des hauts salaires, et aux revenus de leur patrimoine. Le poids de l’héritage dans la richesse nationale ne cesse de croitre (20 % du PIB aujourd’hui), ce qui reflète le retour des rentiers du début du XXe s.

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M. Sarkozy est-il le président des riches ?

Lundi 18 octobre 2010

le-president-des-riches

Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon forment un couple de sociologues bien connus des élèves de série ES. Ils dissèquent depuis vingt ans le milieu de la grande bourgeoisie et de l’aristocratie, avec une approche théorique proche de celle de Pierre Bourdieu.

Leur nouvelle enquête, Le Président des riches : enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy, est un livre à la fois rigoureux et militant. Chiffres et faits à l’appui, ils démontrent comment la France se transforme en oligarchie, en un régime politique dans lequel la souveraineté appartient à un petit groupe de personne, à une classe restreinte et privilégiée. Selon ces sociologues, le pouvoir actuel est au service d’une classe, la grande bourgeoisie, dont Nicolas Sarkozy s’est fait le porte-parole. Suite à la soirée au Fouquet’s, après les vacances du nouveau président sur le yacht du milliardaire Vincent Bolloré, les deux sociologues ont décidé de tenir un journal d’enquête qui a abouti à cet ouvrage. Ils racontent « en un récit tragi-comique, les cadeaux faits aux plus riches et les réformes rétrogrades qui conduisent à l’appauvrissement des plus pauvres. »

En compilant ces faits, les Pinçon-Charlot nous offrent un bilan d’étape de la Sarkozie, et prouvent que le gouvernement mène systématiquement une politique en faveur des nantis. Une démarche d’autant plus précieuse que le mode de gouvernement de l’ « omniprésident » privilégie à la fois l’urgence absolue (un événement en chasse un autre tous les jours), le double discours (il n’est pas rare qu’une chose et son contraire soient annoncées le même jour) mais aussi le mensonge pur et simple, en disant une chose mais faisant son contraire. Un des exemples les plus explicites concerne la « moralisation du capitalisme » et la pseudo-fin des paradis fiscaux. En atteste la vaste blague de la liste noire établie en janvier 2009 des pays « fiscalement non coopératifs », dix huit micro-Etats, qui n’accueillent que 0,6 % des 500 milliards d’euros français installés dans des paradis fiscaux !

De longs développements sont consacrés à la contre-révolution fiscale de l’été 2007, durant laquelle le seuil du bouclier fiscal a été abaissé de 60 à 50 %, de nouvelles niches fiscales créées et les droits sur les successions et donations quasiment supprimés. Six pour cent des contribuables concernés par le bouclier fiscal ont récupéré 63% du total des restitutions. Un accaparement à l’opposé du partage des richesses ! « 979 bénéficiaires du bouclier fiscal se sont vus restituer 368 millions d’euros, soit un moyenne de 376 134 euros, qui atteint les six millions pour les dix les plus favorisés. Pour Liliane Bettencourt, troisième fortune professionnelle de France, avec 17 milliards d’euros, ce sera 30 millions, soit plus de 5 % du coût global du bouclier. »

La défiscalisation quasi-totale des successions et des donations, deux mois après l’élection présidentielle, montre les honneurs que Nicolas Sarkozy octroie à un milieu dont l’héritage forme la clef de voûte. Les Pinçon-Charlot ont calculé qu’ « un enfant peut recevoir, tous les six ans, des donations pour un montant cumulé de 313 948 euros ». Ils estiment que deux milliards et demi d’euros sont octroyés chaque année pour « favoriser la transmission des patrimoines familiaux et la pérennité de la classe dominante. Le capitalisme héréditaire est assumé… » « Le sacre de Nicolas Sarkozy est celui du racisme social. L’argent ne doit plus se cacher, il est la consécration naturelle du talent, du courage, de l’utilité sociale et de toute réussite. »

Un autre épisode a permis à Sarkozy de faire sienne la devise de Guizot (ministre de Louis-Philippe, pendant la Révolution industrielle) « Enrichissez-vous » : celui du sauvetage des banques. La dette contractée par l’État pour renflouer les banques au cœur de la crise financière de l’automne 2008 creuse le déficit tout en renflouant les rentiers ! « Les coûts du remboursement de la dette, liée notamment à tous ces cadeaux faits aux riches, doivent être couverts au prix de coupes sévères dans les dépenses publiques et sociales. » Les profits restent privés mais la dette est socialisée.

Ainsi, il a été décidé d’« aider les banques… mais sans se mêler de leurs affaires. L’absence de contrôle sur l’utilisation de ces milliards d’euros a permis une relance de l’activité spéculative, qui avait justement mené à la crise ». Les Pinçon-Charlot démontrent également comment l’État organise sa propre insolvabilité (« il n’y a plus d’argent dans les caisses », « nous sommes en faillite », « l’Etat est obligé d’emprunter pour payer 10 % des retraites »…)

Des anecdotes plus personnelles sont égrenées tout au long de l’ouvrage. Quelques épisodes croustillants illustrent le népotisme (placer sa famille ou ses amis proches à des postes importants) du Président. La liste d’amis intimes directement favorisés par le pouvoir est réellement impressionnante, les détails des petits arrangements troublants. Les conflits d’intérêts fourmillent. On l’a vu quand le Président a tenté d’installer son fils à la présidence de l’EPAD (Etablissement public d’aménagement de La Défense : premier quartier d’affaires d’Europe). Garder un contrôle total du fief « Hauts-de-Seine » semble être une préoccupation majeure du Président. Ainsi, les Pinçon-Charlot montrent comment le projet de loi sur le Grand Paris favorise essentiellement les intérêts des Hauts-de-Seine (banlieue ouest, département le plus riche de France).

Pour porter des coups fatals à l’oligarchie économique et financière, les Pinçon-Charlot invitent à nationaliser les banques et les agences de notations, à interdire la titrisation, et d’autres mesures radicales, sur lesquelles on n’est pas obligé de les suivre… Enfin, dans un épilogue intitulé « Que faire des riches ? », Michel et Monique nous engagent simplement à « faire des riches notre exemple », dans la mesure où leur puissance est due à leur solidarité.

 

Le Président des riches. Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy, de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Ed. Zones.

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La France 3ème au palmarès des millionnaires en dollars

Mardi 12 octobre 2010

On dit souvent que les impôts en France font fuir les riches à l’étranger…

Le Figaro – quotidien libéral – rapporte l’étude d’une banque suisse sur les millionnaires en dollars dans le monde : la France se classe au 3ème rang mondial, avec 2,2 millions de millionnaires (9 % des millionnaires du monde) qui vivent chez nous. 

Par ailleurs, la France dépasse le Royaume-Uni (qui a presque la même population) pour le PIB par habitant, et elle dépasse aussi le Japon. Pas trop mal pour un pays que certains disent en faillite, et ne pouvant plus payer ses retraites…

On apprend aussi que les millionnaires dans le monde représentent 0,5 % (1/200) de la population, et détiennent 35 % (1/3) de la richesse totale !

 

Sur cette question des très grandes fortunes, écoutons le milliardaire Warren Buffett, très écouté dans le monde financier (propos tenus dans un colloque récent aux Etats-Unis – article du Figaro le 5 octobre) :

Les Etats-Unis devraient imposer davantage les plus riches, a estimé le milliardaire américain Warren Buffett, troisième fortune mondiale, lors d’une colloque sur les femmes les plus puissantes organisé par le magazine Fortune aujourd’hui à Washington.

« On va avoir besoin d’environ 20% du PIB pour financer tout ce qu’on croit avoir le droit d’avoir dans ce pays et personne ne va nous donner cet argent », a déclaré M. Buffett, un des rares invités masculins de cette conférence.

« Si vous ne le prenez pas auprès de gens comme moi, vous n’allez pas l’avoir de la part de ceux qui leur servent à manger », a lancé le milliardaire qui a promis de verser la quasi-totalité de sa fortune à des oeuvres philanthropiques.

Grâce aux réductions d’impôts accordées aux plus riches par le président George W. Bush, Warren Buffett affirme avoir été l’individu proportionnellement le moins imposé au sein de son propre bureau, mieux placé que sa secrétaire et la femme de ménage.
« Je paye un plus bas taux d’imposition que la femme de ménage et ce n’est pas comme cela que le système devrait fonctionner », a ajouté M. Buffett, PDG de la holding d’investissement Berkshire Hathaway.

La question de l’extension des mesures fiscales en faveur des plus riches est au centre du débat électoral à quelques semaines des élections parlementaires de mi-mandat.

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La « colère des riches » aux Etats-Unis

Mercredi 22 septembre 2010

Le Prix Nobel d’économie Paul Krugman analyse dans l’un de ses articles pour le New York Times la mobilisation actuelle des plus riches, pour défendre les réductions d’impôts décidées par George W. Bush mais qui ne seront pas reconduites par Obama : c’est intéressant, car en France aussi, les riches sont de plus en plus riches mais « décomplexés » (comme disent les journalistes), très mobilisés, et ont tendance à confondre leurs intérêts particuliers avec l’intérêt général…

 

La colère des riches, par Paul Krugman
20 septembre 2010
Les Américains les plus privilégiés sont chauffés à blanc contre la volonté d’Obama de ne pas reconduire les réductions d’impôts décidées par George Bush, considérées comme un droit acquis inaliénable. Aveuglés par la rage, certains n’hésitent plus à comparer la réglementation des bonus à l’invasion de la Pologne par les nazis, et l’on peut lire dans le magazine Fortune qu’Obama « le kényan » rêve d’une revanche anticolonialiste sur les USA. Tant d’excès pourrait prêter à sourire, écrit Krugman, à ceci près que grâce à l’influence qu’ils exercent sur le monde politique, il n’est pas impossible qu’ils parviennent à bloquer la mesure – avant de réclamer ensuite de nouveaux sacrifices pour les autres, au nom de l’indispensable austérité. —Rappelons qu’en 2005, le revenu des 0,1% des américains les plus riches a atteint 10% du total, et celui du 1% représentait 21% de l’ensemble des revenus.

Paul Krugman, New York Times, 19 septembre 2010

L’Amérique est balayée par une vague de colère. Certes, cette colère chauffée à blanc reste un phénomène minoritaire et ne concerne pas la majorité de nos concitoyens. Mais la minorité en colère est vraiment en colère, et ceux qui en font partie considèrent qu’on leur enlève ce à quoi ils ont droit. Et crient vengeance.

Non, je ne parle pas des « Tea Parties » (la droite conservatrice de l’ »Amérique profonde », menée par Sarah Palin, qui attaque violemment Obama, notamment sur son projet de création d’une sécurité sociale obligatoire – E. B.). Je parle des riches.

Cette période est terrible pour beaucoup de gens dans ce pays. La pauvreté, en particulier l’extrême pauvreté, a fait un bond durant la récession ; des millions de personnes ont perdu leur logement. Les jeunes ne parviennent pas à trouver un emploi ; les cinquantenaires qui ont été licenciés craignent de ne plus jamais retravailler.

Malgré cela, ces manifestations de colère – cette forme de rage qui amène à comparer le président Obama à Hitler, ou à l’accuser de trahison – on ne la trouve pas chez les Américains qui endurent ces souffrances. Mais on la rencontre chez ceux qui sont les plus privilégiés, qui n’ont pas à s’inquiéter de perdre leurs emplois, leurs maisons ou leur assurance maladie, mais qui sont outrés, indignés, à l’idée de devoir payer des impôts légèrement plus élevés.

Cette rage des riches monte depuis que M. Obama est entré en fonction. Elle est tout d’abord restée confinée à Wall Street. Lorsque le New York Times a publié un article intitulé « La plainte des 1% », cela concernait les financiers dont les entreprises avaient été renflouées avec l’argent des contribuables, et qui étaient rendus furieux par la proposition que le prix à payer pour cette opération de sauvetage doive inclure une limitation temporaire des bonus. Lorsque le milliardaire Stephen Schwarzman a comparé une proposition d’Obama à l’invasion de la Pologne par les nazis, la mesure en question prévoyait de supprimer une niche fiscale qui bénéficie en particulier aux gestionnaires de fonds comme lui.

Aujourd’hui, alors qu’il s’agit de décider du sort des baisses d’impôt mises en place par Bush – les taux d’imposition des plus riches reviendront-ils aux niveaux de l’ère Clinton ? -, la colère des riches s’est amplifiée. Et à certains égards, elle a changé de nature.

D’une part, cette folie furieuse a gagné le débat public. C’est une chose lorsqu’un milliardaire s’épanche durant un diner. C’en est un autre lorsque le magazine Forbes met en une un article affirmant que le président des États-Unis tente délibérément de mettre à bas l’Amérique au nom d’un programme « anticolonialiste » venu du Kenya, et que « les États-Unis sont dirigés selon les rêves d’un membre de la tribu Luo durant les années 1950 ». Lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts des riches, il semble que les règles normales du dialogue civilisé (et rationnel) ne soient plus applicables.

Dans le même temps, parmi les privilégiés, l’apitoiement sur soi est devenu acceptable, voire même à la mode.

Les défenseurs des réductions d’impôt prétendaient habituellement être principalement préoccupés par la volonté d’aider les ménages américains moyens. Même les allégements fiscaux pour les riches étaient justifiés en termes de retombées économiques, en affirmant que grâce aux réductions des impôts au sommet, l’économie serait plus forte, au bénéfice de tous.

Mais aujourd’hui, ceux qui réclament des baisses d’impôts ne tentent même pas de défendre cette thèse du « ruissellement vers le bas » de la prospérité. Les républicains soutiennent que l’augmentation des impôts pour les plus riches nuirait aux petites entreprises, mais ils ne donnent pas le sentiment d’y croire vraiment. Par contre, on entend couramment nier de façon véhémente que ceux qui gagnent 400 ou 500.000 dollars par an soient riches. On nous dit : regardez les dépenses des ménages dans cette tranche de revenu – les impôts fonciers qu’ils doivent payer sur leurs maisons luxueuses, le prix payé pour envoyer leurs enfants dans des écoles privées d’élite, et ainsi de suite. Tout ce qui fait qu’ils parviennent à peine à joindre les deux bouts.

Parmi ceux qui sont indéniablement les plus riches, on voit émerger un état d’esprit combatif pour la défense de leurs droits acquis : c’est leur argent, et ils ont le droit de le garder. « Les impôts sont le prix à payer pour une société civilisée », jugeait Oliver Wendell Holmes – mais c’était il y a fort longtemps [2] : pratiquement tous les républicains et quelques démocrates se précipitent au secours de ces riches opprimés.

Voyez-vous, les riches sont différents de vous et moi : ils ont plus d’influence. C’est en partie dû à leurs contributions aux campagnes électorales, mais cela résulte aussi de la pression sociale qu’ils peuvent exercer sur les politiques. Ces derniers passent beaucoup de temps avec les riches. Et lorsque les riches sont menacés de payer un supplément d’impôt de 3 ou 4 pour cent sur leur revenu, les politiques compatissent, de façon bien plus aiguë, à l’évidence, que lorsqu’ils sont confrontés à la douleur des familles qui perdent leurs emplois, leurs maisons, et leurs espoirs.

Et lorsque ce débat sur les impôts sera clos, d’une façon ou d’une autre, on peut être assuré que ceux qui défendent aujourd’hui les revenus de l’élite reviendront à la charge et exigeront des réductions de dépense sur les retraites et les allocations chômage. L’Amérique doit faire des choix difficiles, diront- ils ; nous devons tous accepter de faire des sacrifices.

Mais lorsqu’ils disent « nous », cela signifie « vous ». Ce sacrifice ne concerne que les petits.

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