La crise du capitalisme en dessins !

mardi 11 octobre 2011

Une petite vidéo très sympa, à regarder attentivement : la traduction en dessins d’un extrait d’une conférence du géographe DAVID HARVEY, sur la crise du capitalisme (en plus, cela vous fera travailler votre anglais, si vous écoutez bien) :

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La croissance, pas nécessaire pour le développement ?

mercredi 21 septembre 2011

Dans la plupart des cours de SES, et dans la plupart des devoirs de SES consacrés au sujet, il est dit que si la croissance est en général nécessaire au développement (I), elle n’est pas suffisante (II) : limites, effets pervers… rien que de très classique en SES. 😉

Mais le Rapport sur le développement humain de 2010, publié par le PNUD, vient remettre en cause cette idée : la croissance ne serait même pas nécessaire, car on a vu certains pays en développement connaître récemment à la fois une récession économique (chute du PIB, et du PIB par habitant), tout en continuant leur progrès au plan humain (IDH).

Deux extraits :

« Voyons ce que ces quarante dernières années peuvent nous apprendre sur la relation entre la croissance et le développement humain./…/
Les exemples sont nombreux. Prenons une comparaison révélatrice entre la Chine (qui a connu la croissance la plus rapide ces trente dernières années) et la Tunisie. En 1970, une petite fille naissant en Tunisie avait une espérance de vie de 55 ans, contre 63 pour une petite Chinoise. Depuis, le PIB par habitant de la Chine a bondi de 8 pour cent par an, tandis que celui de la Tunisie n’a augmenté qu’à un rythme annuel de 3 pour cent. Pourtant, une petite fille naissant aujourd’hui en Tunisie a une espérance de vie de 76 ans – un an de plus qu’une petite Chinoise. Et si 52 pour cent seu­lement des enfants tunisiens étaient scolari­sés en 1970, le taux brut de scolarisation est maintenant sensiblement plus élevé en Tunisie (78 pour cent) qu’en Chine (68 pour cent).
On trouve d’autres exemples intéressants parmi les pays dont l’économie s’est contractée ces quarante dernières années. Si la croissance économique était indispensable à l’améliora­tion de la santé et de l’éducation, la baisse du PIB bloquerait tout progrès dans ces domaines. Mais il n’en est rien : les revenus ont beau avoir baissé en Iran, au Togo et au Venezuela, l’espérance de vie y a augmenté de 14 ans en moyenne, et le taux brut de scolarisation de 31 pour cent depuis 1970.
Ce que ce résultat montre, c’est l’absence de lien entre la variation des revenus (croissance) et la variation des composantes non monétaires du développement humain. Cela n’enlève rien au fait qu’il existe une corrélation positive et statistiquement significative entre le niveau des revenus et le niveau d’éducation et de santé. »
PNUD, Rapport sur le développement humain 2010, p. 56, 57, 58.

« En premier lieu, une corrélation ne signi­fie par qu’il existe un lien de causalité dans l’une ou l’autre direction. En effet, même s’il existe une relation de cause à effet, son sens reste a priori indéterminé : l’augmentation des revenus peut améliorer la qualité de vie, tout comme des améliorations en matière d’éduca­tion et de santé peuvent rendre les sociétés plus productives.
./…/
L’énigme pourrait s’expliquer par le retard, long mais variable, avec lequel l’accroissement de la richesse se répercute sur l’éducation et la santé. On comprendrait alors la faiblesse de la corrélation : il faudrait attendre plus long­temps après l’augmentation des revenus pour observer un impact sur les autres dimensions du développement humain. Mais ce raisonne­ment est plus difficilement défendable sur de longues périodes. /…/ l’absence de corrélation reste valable pour un large échantillon de 135 pays sur plus de qua­rante ans, soit un délai suffisant à coup sûr pour que la croissance des revenus se répercute sur l’éducation et la santé à l’échelle nationale, ou pour que la baisse des revenus permette d’observer une détérioration de l’éducation et de la santé.
Une autre explication est possible : les pays riches n’ont pas suivi par le passé le même itinéraire vers l’éducation et la santé que les pays en développement de nos jours. Cette hypothèse d’une différence de nature du développement voudrait dire que la corrélation des niveaux donne une image fugitive d’un passé où seuls les pays enrichis ont pu financer d’onéreux progrès d’éducation et de santé. Or, le progrès des technologies et l’évolution des structures de la société évoquées ci-dessous permettent à présent même aux pays plus pauvres d’obtenir plus facilement des améliorations notables. Nous avons examiné plusieurs explications possibles de l’évolution de la santé et des revenus ces quarante dernières années. Nos résultats laissent penser que les pays à niveau faible ou moyen de développement humain peuvent améliorer leur niveau de santé national par des actions peu coûteuses ; mais à des degrés de développement plus élevés, les améliorations appellent des technologies plus onéreuses, ce qui réintroduit le facteur des revenus. Ces résultats sont donc compatibles avec l’hypothèse de la transformation dans le temps des possibilités et des processus menant au développement. »
PNUD, La vraie richesse des nations : Les chemins du développement humain, Rapport sur le développement humain 2010, p. 58, 59.

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Vidéo sur le développement humain

lundi 12 septembre 2011

Une vidéo de 7mn30 synthétique et accessible, éditée à l’occasion de la sortie du 20ème Rapport sur le développement humain (publié par le PNUD, Programme des Nations Unies pour le Développement) en 2010 :

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La haute bourgeoisie se met en scène à Chantilly

mercredi 29 juin 2011

REPORTAGE VIDEO POUR « MEDIAPART » avec la sociologue Monique Pinçon-Charlot, à l’occasion du Prix de Diane, l’un des concours hippiques les plus prestigieux et les plus chics de l’année.

Un TD grandeur nature sur la classe dominante.  🙂

http://www.dailymotion.com/video/xji0yu Tags : , , ,

Corrigés de tous les sujets du bac SES 2011

mardi 28 juin 2011

REALISES PAR L’EQUIPE DU WEB PEDAGOGIQUE. Merci à eux !

CORRIGE DES SUJETS D’ENSEIGNEMENT OBLIGATOIRE ET DE SPECIALITE

Pour le plan de la dissert, les deux parties pouvaient être inversées bien sûr : « Il y a des problèmes liés aux mutations de l’emploi… Mais l’emploi reste important… » Mais attention, ne pas confondre « travail » et « emploi » 😉

Pour la QSTP, il ne fallait pas sortir des limites du sujet – et il y avait déjà beaucoup à dire, venant du cours…

J’ai trouvé les sujets tous bons, et très faisables pour un(e) candidat(e) ayant travaillé régulièrement toute l’année

Personnellement, je trouve que la dissertation avait un dossier documentaire plus riche (avec des documents parfois techniques à lire, mais intéressants), et un sujet plus stimulant, que la QSTP (toujours choisie par au moins deux tiers des candidats, alors qu’elle n’est pas toujours le sujet le plus « payant »…).

RV mardi 5 à 9h pour les résultats au Lycée Condorcet !

J’y serai, pour discuter avec vous, vous féliciter ou vous donner des conseils pour le choix des disciplines à l’oral de rattrapage…

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Qu’est-ce que le libéralisme ?

jeudi 16 juin 2011

ENTRETIEN TRES INTERESSANT AVEC LE PHILOSOPHE JEAN-CLAUDE MICHEA, spécialiste du libéralisme. (durée : 20 mn)

Cet auteur livre quelques réflexions stimulantes, et parfois provocatrices, sur la société libérale :

http://www.dailymotion.com/video/xfnts4 Tags : , , , ,

Keynes versus Hayek : deuxième round !

vendredi 27 mai 2011

LA SUITE DU MATCH, sous forme de battle de rap entre les deux grands économistes du siècle… Ils reviennent avec un flow d’enfer et des paroles à bien retenir pour le bac… J’adore :

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Révision bac : Croissance économique et développement durable

jeudi 26 mai 2011

SUR UN AUTRE BLOG DU « WEB PEDAGOGIQUE », voici un plan détaillé sur le premier chapitre du programme de terminale :

Dossier EDD : la croissance économique est-elle compatible avec le développement durable ?

le 18 mai 2011

Je ne vous apprendrai rien en disant qu’on attend de vous une réponse argumentée plutôt qu’une simple prise de position. Dans ce type de sujet où deux termes s’opposent, une posture classique revient à analyser les impacts de l’un sur l’autre. Dans un premier temps, il est plus simple d’aller dans le sens du sujet (croissance et développement durable sont incompatibles) puis de montrer qu’ils se nourrissent l’un l’autre. Cela ne sert à rien d’essayer de faire plus original : ce type de plan vous permet de présenter vos idées de manière cohérente.

Vous pourrez en conclusion rappeler la complexité du sujet (comme le montre l’exemple du barrage des Trois-Gorges) puis prendre position à la lumière des différents arguments exposés précédemment. Ne cherchez pas à trouver une solution (vous venez de démontrer qu’il n’y avait pas une seule solution), mais vous pouvez par exemple imaginer, selon vous, quel axe de développement sera privilégié dans les prochaines années.

La recherche de la croissance économique et celle d’un développement durable ne sont-elles pas incompatibles? Cette question est présente dans le projet de programme 2012 de Terminale, déjà sous-entendue dans le programme actuel et a fait l’objet de sujets au bac ES.

PLAN DETAILLE

Le développement durable peut être ici appréhendé dans ces différentes dimensions. Ainsi les dimensions sociales et environnementales du développement durable rentrent-elles en contradiction avec l’objectif de croissance économique ?

  • I. Croissance économique et développement durable semblent inconciliables
    • A. La croissance économique compromet le développement durable
    • B. Le développement durable freine la croissance économique
  • II. Croissance économique et développement durable peuvent aller de pair
    • A. La croissance économique rend possible le développement durable
    • B. Le développement durable stimule la croissance économique

I. Croissance économique et développement durable semblent inconciliables

A. La croissance économique compromet le DD

1. La croissance économique a un impact négatif sur l’environnement. L’accroissement de la production (et de la consommation) s’accompagne d’une plus forte consommation d’énergie, de l’épuisement des ressources naturelles, de davantage de déchets ménagers et industriels… Les pays les plus riches sont le plus souvent ceux qui ont l’empreinte écologique la plus élevée. Pour illustrer le fait que produire est un acte polluant, certains sites d’entreprise présentent leur impact environnemental (certes pour montrer les efforts faits pour le minimiser).

L’exemple d’Apple est intéressant, l’entreprise décompose les différents stades de la pollution durant la vie de ses produits: la fabrication, le transport, les installations telles que les bureaux, les centres de distribution, les points de vente, mais aussi l’utilisation par les consommateurs et le recyclage. Autre idée pour illustrer ces propos: trouver une vidéo d’entreprise et demander aux élèves les différents moments où une pollution peut s’exercer. Le site de Méo propose une vidéo succincte mais claire de la production de son café.

2. L’accroissement des revenus se fait souvent au prix de l’accroissement des inégalités, ce qui compromet la dimension sociale du DD. Par exemple l’externalisation de la production dans les secteurs du textile ou des jouets dans les PED est l’occasion d’exploiter une main d’œuvre bon marché.

B. Le DD freine la croissance économique

1. Les taxes créées sous le principe « pollueur-payeur » viennent alourdir les coûts de production et rendent les entreprises moins compétitives que leurs homologues étrangères non soumises aux mêmes règlementations. C’est d’ailleurs l’argument que le Medef avait avancé pour argumenter contre le projet de la taxe carbone. Ainsi Laurence Parisot avait déclaré en mars 2010 suite à l’abandon du projet: « Nous sommes soulagés, notamment pour toute l’industrie qui n’aurait pas supporté ce nouveau handicap de compétitivité. » (source: Medef)

2. Pour les adeptes de la décroissance, la préservation de l’environnement passe par la fin du consumérisme et du productivisme.(voir notre article à ce sujet)

II. Pourtant croissance économique et DD peuvent aller de pair

A. La croissance économique rend possible le DD

1. D’un point de vue social, la hausse des revenus distribués (salaires) et des montants de prélèvements obligatoires à l’origine de la redistribution, générée par la croissance économique, permet de réduire les inégalités. L’exemple du commerce équitable nous montre aussi qu’une partie des revenus de l’activité de production peuvent être réinvestis dans des projets de développement, au service de la population et de l’environnement. Un article sur le commerce équitable est présent sur notre site.

2. La protection de l’environnement serait davantage la préoccupation des pays riches. Ce serait à partir d’un certain niveau de richesse, une fois les besoins primaires et secondaires assurés, que les populations seraient plus enclines à se préoccuper de l’environnement.

B. Le DD stimule la croissance économique

1. Concernant la dimension sociale du DD, des services de santé et d’éducation pour tous permettent d’améliorer le capital humain et ainsi la productivité.

Une meilleure répartition des richesses accroitrait la consommation (et donc stimulerait la production) du fait des propensions marginales à consommer plus fortes chez les bas revenus. Ainsi la Chine commence à compter aujourd’hui sur sa consommation intérieure pour continuer à doper sa croissance économique. On peut lire sur le site de l’Ambassade de la République Populaire de Chine en France que « la Chine s’efforcera d’établir un mécanisme à long terme afin d’accroître la consommation intérieure pour les cinq années à venir, a indiqué Zhang Ping, directeur de la Commission nationale pour le Développement et la Réforme. Les  mesures pour encourager la consommation domestique comprennent la stimulation du marché de l’emploi, la promotion du processus d’urbanisation, le réajustement du système de distribution des revenus, le renforcement du réseau de sécurité sociale et l’optimisation de l’environnement de la consommation ».

2. Concernant la dimension environnementale du DD, la recherche d’économie d’énergie contribue à la réduction des coûts de production et rend l’entreprise plus compétitive. De plus, les contraintes visant à protéger l’environnement (taxes sur la pollution, lutte contre la raréfaction des matières premières et sources d’énergie utilisées) incitent les entreprises à innover. Or l’innovation est source de croissance économique et renforce la compétitivité des entreprises. Par exemple les transporteurs aériens cherchent des solutions pour s’adapter à la raréfaction et à la hausse du prix du pétrole telles que la conception d’avions fonctionnant à l’hydrogène ou aux biocarburants de deuxième génération. Vous trouverez plus d’informations à ce sujet dans un article du site Capital, Comment l’aérien se prépare à l’après pétrole.

Enfin l’environnement est un marché à part entière, en plein essor (ex: production et montage des panneaux photovoltaïques, succès des voitures hybrides, multiplication des gammes de produits bio…).

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L’OCDE crée un nouvel indicateur de « bien-être »

jeudi 26 mai 2011

DANS « LE MONDE » :

A la Une > Economie

La difficile mesure du bien-être des populations

LEMONDE.FR | 25.05.11

Le produit intérieur brut a désormais son pendant subjectif, ciblé sur le bien-être et le progrès social : l'indice "vivre mieux", élaboré par l'OCDE.

Le produit intérieur brut a désormais son pendant subjectif, ciblé sur le bien-être et le progrès social : l’indice « vivre mieux », élaboré par l’OCDE.ASSOCIATED PRESS/Edmond Terakopian

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a mis en ligne, mardi 24 mai, un indicateur destiné à mesurer le bien-être des habitants de ses trente-quatre pays membres. Cet indicateur, qui regroupe dix-neuf variables réparties en onze critères, comme le logement ou l’éducation, est la première traduction concrète du rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi de 2009.

Commandé par Nicolas Sarkozy à l’économiste américain Joseph Stiglitz, ce rapport avait pour objectif de réfléchir aux limites du baromètre privilégié qu’est le produit intérieur brut (PIB : somme des valeurs ajoutées produites en un an par l’économie d’un pays). « Le PIB, ce n’est pas un indicateur suffisant » pour mesurer l’évolution d’une société, explique Jean-Paul Fitoussi, professeur d’économie et coauteur du rapport. Un tremblement de terre et les reconstructions qu’il implique, une augmentation de la violence qui pousse les gens à s’équiper de systèmes d’alarmes, « tout cela accroît le PIB mais sûrement pas le bien-être », constate-t-il. Même en matière de revenus, « lorsque l’on vous dit que la croissance est de 3 %, eh bien, elle n’est de 3 % pour personne, elle est de 3 % en moyenne ». Dans ses conclusions, le rapport de 2009 préconisait de modifier les systèmes de mesures statistiques mais également de réfléchir à de nouveaux indicateurs pour compléter le PIB. C’est dans cette optique que s’inscrit le projet présenté par l’OCDE.

L’INDICATEUR DE L’OCDE, « UN PREMIER ESSAI D’APPLICATION »

Partant des recommandations du rapport, l’OCDE établit une liste de onze critères : logement, revenu, emploi, communauté, éducation, environnement, gouvernance, santé, satisfaction, sécurité et l’équilibre vie professionnelle-vie familiale. Ces critères, notés de 1 à 10, comprennent plusieurs indicateurs, renvoyant à des mesures statistiques objectives, comme le taux d’emploi ou l’espérance de vie, et subjectives, comme la satisfaction, établie à partir de sondages. Le poids accordé à chaque critère dépend de l’internaute, qui peut lui donner une importance de 1 à 5 pour établir son indicateur personnel. Pour Jean-Claude Fitoussi, « c’est un premier essai d’application ; […] pour l’instant, on tâtonne ».

Jean Gadrey, professeur d’économie et animateur du Forum pour de nouveaux indicateurs de richesse (FAIR), salue « une bonne initiative« , mais se montre réservé sur certains points. « C’est un indicateur orienté vers le bien-être individuel, et pas du tout vers ce que l’on pourrait appeler la ‘qualité d’une société' », regrette-t-il. Selon lui, cet indicateur manque de mesures de « santé sociale », comme le pourcentage de personnes pauvres, de personnes couvertes par l’assurance maladie ou encore, le revenu des dix pour cent les plus riches divisés par le revenu des dix pour cent les plus pauvres, un indicateur d’inégalité utilisé par les Nations unies. Ces manques expliquent en partie les mauvais résultats de la France, et les bons résultats des Etats-Unis : « Si on avait tenu compte d’indicateurs plus sociaux, la France serait remontée [dans le classement] », constate-t-il. Autre réserve, la faible place réservée à l’écologie, qui n’est représentée que par une seule des dix-neuf variables : la pollution de l’air en ville.

« UN THÈME QUI FAIT FLORÈS PARMI LES DÉCIDEURS POLITIQUES »

A court terme, les effets politiques de ce type d’indicateur restent limités. Mais « les décideurs politiques s’aperçoivent qu’ils sont parfois en porte-à-faux avec la société quand ils se ‘vantent’ d’une croissance du PIB élevée alors qu’une très grande fraction de la société n’en bénéficie pas », estime Jean-Paul Fitoussi. « Cela va influencer leur discours », nuance Jean Gadrey, qui compte davantage sur le débat public pour faire avancer cette question. Du côté des statisticiens, Stefan Lollivier,  directeur de la direction des statistiques démographiques et sociales de l’Insee, explique que la réflexion sur les indicateurs de bien-être avance : « c’est un thème qui fait florès parmi les statisticiens et les décideurs politiques ».

L’Insee s’est associé à Eurostat, l’organisme statistique de la Commission européenne, et à l’OCDE pour mettre en place de nouvelles mesures. En effet, l’indicateur de l’OCDE se fonde sur des données déjà existantes, auxquelles s’ajoutent quelques enquêtes d’opinion. « Nous sommes plus ambitieux côté européen, parce que nous voulons modifier le système de mesures. C’est-à-dire modifier les enquêtes européennes pour les adapter aux recommandations du rapport Stiglitz et pour que la statistique publique ajoute des questions qui n’existent pas forcément, notamment sur la sociabilité, les liens entre vie familiale et vie professionnelle », détaille M. Lollivier. L’Insee expérimente une collecte où différentes activités, comme travailler ou s’occuper des enfants, sont évaluées sur une échelle de 1 à 10, allant de l’agréable au désagréable. L’institut cherche également à identifier les populations fragiles, qui cumulent les indicateurs de mauvaise qualité de vie.

L’autre chantier majeur, c’est la pondération des différents critères et leur agrégation. Le rapport Stiglitz était très réticent à l’idée de proposer des indicateurs synthétiques. « Nous n’aurons jamais de pondération satisfaisante, c’est clair et net, parce qu’il y a autant d’avis que de personnes », reconnaît Stefan Lollivier. Mais, « parce que en termes de communication, c’est un message qui passe beaucoup mieux », un indicateur synthétique lui semble tout de même nécessaire. « L’OCDE a fait un très bon travail, mais ce n’est vraiment qu’un début, résume Jean-Paul Fitoussi. Avant que nous aboutissions à quelque chose d’achevé, il faudra du temps. »

Thomas Baïetto

Mesure du bien-être

Les clés Comment mesure-t-on le PIB et le bien-être ?

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Révisions : regardez les petites fiches d’Alter Eco !

vendredi 22 avril 2011

Le mensuel Alternatives Economiques a publié un hors-série sur « La Société française » : on peut lire des extraits de ces articles, sous forme de petits articles accompagnés à chaque fois d’un graphique.

Parfait pour les révisions pour le bac !

http://www.alternatives-economiques.fr/la-societe-francaise_fr_pub_1085.html

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