C’est depuis 1961 qu’est organisé ce concours, créé par le Ministère de l’Éducation Nationale, sur un sujet tiré de l’histoire de la Résistance et de la Déportation. Ce concours est à mi-chemin entre Histoire, Mémoire et formation civique et morale.
Faire entendre les derniers survivants de la Résistance (tel M. Jacques Desbonnet) et des camps de concentration (M. Eugène Leroux, M. Charles Baron, et pour la troisième année consécutive Mme Lili Leignel) est une démarche privilégiée. Alors que ces témoignages directs se raréfient, ces rencontres permettent aux élèves participants d’approfondir leurs connaissances de cette période et de ne pas l’oublier. Le courage dans lequel ces témoins puisent pour revenir sur leurs souffrances permet aussi de découvrir les valeurs qui sous-tendirent les actions de leurs aînés et de réfléchir sur le sens de leur engagement et de leur sacrifice.
Depuis 2002 , et sous l’impulsion d’Annick Ségard, professeur de Lettres, le lycée participe au concours de la Résistance.
Cette année, ce sont des élèves de seconde dans le cadre de l’accompagnement personnalisé et la classe de 1ère ESb qui ont réfléchi aux valeurs de la résistance dans le système concentrationnaire nazi, travail piloté par B. Ivanec, S. Moreau et A. Ségard.
TÉMOIGNAGE DE MADAME LILI LEIGNEL-ROSENBERG,
ANCIENNE DÉPORTÉE

Mercredi 14 mars 2012, des élèves de 2nde et de 1ère ont écouté dans le plus grand silence le témoignage bouleversant de Mme Leignel. Rescapée des camps de Ravensbrück et de Bergen-Belsen, elle a été arrêtée à l’âge de 11 ans, le 27 octobre 1943, avec ses parents et ses frères plus jeunes parce qu’ils étaient juifs.
Son intervention renouvelée dans notre lycée est cette année liée au concours national de la Résistance et de la Déportation dont le sujet est « Résister dans les camps nazis». « Les archives nazies ont laissé peu de renseignements directs à ce sujet. De façon compréhensible les commandants des camps ont rarement transmis à leurs supérieurs des rapports sur les actes de désobéissance » (Claire Andrieu, historienne, spécialiste de l’histoire politique et sociale des années 1940-1946). C’est donc par les témoignages écrits et enregistrés que l’on peut connaître les
actes de résistance dans les camps mais aussi par une rencontre avec les survivants qui témoignent encore aujourd’hui.
Après une phase de préparation menée avec leurs professeurs d’histoire, B. Ivanec, M. Kerriou et S. Moreau ou en heure de vie de classe avec A. Ségard avec la projection du courtmétrage Ligne de vie, cette rencontre a permis aux élèves de mieux connaître le milieu des camps et de renforcer l’idée qu’ils avaient sur les possibilités très limitées de résister que le système concentrationnaire laissait aux détenus du fait même de sa conception et de son organisation. A travers le récit de Madame Leignel, ils ont pu connaître les formes et les effets qu’a pu prendre cette résistance. Ils se souviendront longtemps par exemple des extraits de chansons (interdites bien sûr) entonnées par Mme Leignel en néerlandais, en allemand, en russe, en hongrois, en polonais, en français dans la reprise d’une chanson de Charles Trénet qui évoquait la vie difficile dans les camps.
Mme Leignel a répondu aux questions posées, notamment sur les raisons de sa présence
au lycée. « Il faut que vous les jeunes, vous sachiez que cela a bel et bien existé, a-t-elle dit. Je
veux que vous soyez vigilants. Je vous recommande d’être tolérants. » Son témoignage a alors pris
une dimension citoyenne.