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dissertation : « Le bonheur n’est-il qu’une illusion » ?

Mercredi 18 avril 2012

 

 

Réponses aux questions des élèves :

Dans ce sujet il n’y a pas de difficulté majeure puisqu’il n’y a qu’une seule notion au centre de la question : « qu’est-ce que le bonheur » ?

Définir ce qu’est le le bonheur sera donc le fil conducteur de toute la dissertation.

Si j’analyse méthodiquement  le sujet (sans me prendre la tête pour l’instant avec toutes les références  philosophiques que j’ai accumulées, ce qu’a tendance à faire l’élève normal qui du coup récite, recopie au lieu de réfléchir),  sans avoir fait polytechnique ou l’ENA, je peux voir que le sujet me propose une alternative :

- 1) le bonheur est une illusion

- 2) le bonheur n’est pas une illusion.

Remarque méthodique : le plan de la dissertation ne se limitera pas à cette alternative. Premièrement parce qu’une bonne dissertation comporte au moins trois parties. Pourquoi ? Parce qu’en philosophie on a pour mauvaise habitude de montrer que la réalité est plus complexe que le OUI/NON  ou le POUR/CONTRE et que souvent les oppositions et les paradoxes sont destinés à être dépassés.

Quoiqu’il en soit que le bonheur soit ou ne soit pas une illusion, on ne peut pas ici faire l’économie de préciser minutieusement (définir)  ce que l’on entend par le mot illusion.

Méthode : en philosophie, il est très important de définir précisément de quoi on parle.

1) Cela permet d’éviter les malentendus ;

2) Cela permet de progresser dans sa réflexion en s’appuyant sur ces définitions, qui peuvent par la suite évoluer, être enrichies ou même contestées. Les définitions sont des outils qui nous sont utiles à des moments donnés de notre réflexion. C’est pour cela qu’il est complètement sans intérêt de stocker des définitions dans des parties du développement où elles ne servent à rien, comme dans l’introduction par exemple.

Définition du mot illusion :

Si on se base sur l’étymologie du mot, le verbe latin illudere signifie « se jouer de »,au sens de « tromper, abuser ». Le mot illusion, formé à partir de la voix passive du verbe illudere, désigne l’état de celui qui est joué, trompé, abusé.

L’illusion présente donc à la fois  un aspect négatif (elle peut être synonyme de croyance ou d’opinion fausse) et à la fois un aspect positif : Celui qui est victime d’une illusion croit sincèrement à cette chose fausse qu’il affirme…et donc effectivement on peut être heureux de ses illusions.

On a souvent tendance à associer les termes d’erreur et d’illusion. Cependant une illusion n’est pas une erreur. L’erreur se distingue de l’illusion car elle est suceptible d’être corrigée. Par exemple si j’ai fait une erreur dans un raisonnement mathématique et que le professeur me montre où se situe mon erreur, si je comprends son explication, alors je vais corriger on erreur, et il n’y a pas de raison que je me trompe de nouveau sur ce point. Au contraire de l’erreur, l’ illusion survit à sa réfutation. On peut prendre l’exemple du soleil qui ne nous semble pas si loin de nous lorsque nous le regardons. Le savoir des astronomes aura beau réfuter cette perception erronnée, nous n’imaginerons pas moins que le soleil n’est pas si loin. Ici la connaissance vraie ne fait pas disparaître la perception illusoire.

 → Maintenant reste à savoir si nous nous contentons de cela et si des illusions sont susceptibles de nous rendre heureux  (le bonheur est une illusion) ou s’il nous faut malgré tout, trouver le moyen de dépasser l’illusion (sous-entendu parce qu’elle ne peut pas faire véritablement notre bonheur, que le véritable bonheur ne peut être une illusion) ?  A VOUS DE DECIDER !

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dissertation : « la liberté humaine est-elle incompatible avec la réalisation du bonheur ? »

Mercredi 18 avril 2012

Réponses aux questions posées par mail qui peuvent être utiles à tout le monde :

METHODE :

1) Pour bien démarrer et éviter le hors sujet, il faut d’abord repérer la difficulté du sujet pour éviter le piège.

Le sujet de la dissertation contient deux notions au programme de cette année: la liberté, le bonheur. Cependant la question de fond qui doit nous servir de fil conducteur tout au long de la dissertation ne porte que sur une seule notion, qui est la notion principale.

Est-ce que le problème de fond c’est de savoir « qu’est-ce que la liberté?  » ou est-ce que le problème de fond c’est de savoir « qu’est-ce que le bonheur » ?

 

2) Sans aller immédiatement chercher des références philosophiques compliquées et abstraites, je peux remarquer que la question posée contient implicitement deux thèses :

-a) La liberté est incompatible avec la réalisation du bonheur.

-b) La liberté est compatible avec la réalisation du bonheur.

Cela ne veut pas dire que la dissertation devra se limiter à l’examen de ces deux thèses. Une bonne dissertation comporte au moins trois parties, et en philosophie, on remarque souvent que les oppositions ou les paradoxes sont destinés à être dépassés.

Pour l’instant je ne prends partie pour aucune des deux thèses, car comme Socrate, je ne sais qu’une seule chose, c’est que je ne sais pas,  et je me demande « pourquoi ? »

Pourquoi la liberté humaine est incompatible avec la réalisation du bonheur ? Qu’est-ce que j’entends ici sous les mots liberté et bonheur.

Je fais ensuite la même chose pour l’autre thèse :

Pourquoi la liberté humaine est compatible avec la réalisation du bonheur (et peut-être même est une condition de réalisation du bonheur….mais je m’avance) ? Qu’est-ce que je mets sous chacun de ces deux mots liberté et bonheur.

Peut-être que selon les thèses je n’aurai ni la même définition du bonheur, ni la même définition de la liberté.

3) Dans le sujet un mot, bien que secondaire,  est important : c’est le mot « réalisation« . Il ne s’agit pas simplement ici d’être heureux un jour, et de continuer à être malheureux pour l’instant, mais d’être heureux tout de suite, ici et maintenant :-)

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Dissertation : Y-a-t-il une vérité de l’amour ?

Vendredi 7 octobre 2011

 » Qui ne commence pas par l’amour ne saura jamais ce qu’est la philosophie »

Platon

 

Alphaville, J.L Godard

« L’amour est à réinventer, on le sait »

Rimbaud, Une saison en enfer, Délires I

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 MA PREMIERE  DISSERTATION

Y-a-t-il une vérité de l’amour ?

Me voilà enfin devant mon premier sujet de dissertation philosophique de l’année !

 Pas de panique !

1) Je lis attentivement le sujet pour le comprendre et le « faire parler ». Avant de répondre à la question je dois construire un problème.

 j’analyse le sujet :

Y-a-t-il une vérité de l’amour ?

Ce sujet contient deux notions : la vérité, l’amour.

 Je dois d’abord distinguer la notion principale qui est au centre du questionnement philosophique.

Ici la question philosophique de fond  à laquelle on va s’efforcer de répondre est :

Qu’est-ce que l’amour ? 

Cette la question est le centre de notre questionnement : comprendre la nature de l’amour.

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Remarque 1 : Cette question « qu’est-ce que l’amour ? est beaucoup trop générale pour être traitée par un élève de terminale. Pour simplifier, on a réduit le champ d’investigation en mettant l’amour en relation avec la question de la vérité.

Remarque 2 : Comme l’amour est en quelque sorte le propre de l’homme, derrière cette question qu’est-ce que l’amour, se cache la question « qu’est-ce que l’amour signifie pour l’homme ? » ou « Qu’est-ce que l’amour nous révèle sur l’homme ? »  

En philosophie toutes les questions reviennent à cette première question : qu’est-ce que cela veut dire vivre comme un homme ( et pas comme un animal) dans ce monde? Qu’est-ce qui fait la spécificité de la condition humaine ? Que je m’interroge sur l’amour, le travail, la science, en dernier ressort je suis toujours en train de m’interroger sur ce que cela signifie vivre comme un être humain dans ce monde.

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• Le sujet porte donc sur l’amour mais que signifie exactement la question « Y-a-t-il une vérité de l’amour ?

Ici il est bon de s’interroger sur le sens du mot «vérité». Si je prends un dictionnaire comme Le petit Robert. La vérité me renvoie à 1) ce qui est vrai  ; 2) ce qui est réel

Autrement dit, y-a-t-il en ce monde quelque chose que l’on appelle « l’amour », chose sur laquelle on puisse tenir des affirmations « vraies » expliquant l’être de cette chose, des affirmations qui soit à la fois objectives et unviverselles ?

objectives : quelque soit la personnalité de l’amoureux, l’amour reste identique à lui-même ; la personnalité de l’amoureux n’influence pas la nature de l’amour .

universelles : valables pour tout homme, en tout lieu, en tout temps.

On commence à voir se dessiner un certain nombres de problèmes.

1) concernant la réalité de l’amour

Ce que je saisis, ce que j’expérimente  dans la réalité ce sont des personnes amoureuses. Jamais je ne peux saisir l’amour indépendamment de la personne qui éprouve cet amour. Rien ne me prouve que l’amour existe vraiment indépendamment de celui qui l’éprouve. L’amour n’existe peut-être pas en lui-même.

2) concernant la possibilité d’un savoir vrai de l’amour

S’il n’existe que des expériences singulières et subjectives de l’amour, comment est-il possible d’extraire ou d’abstraire de cette expérience un savoir objectif et universel ? 

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La question posée « y-a-t-il une vérité de l’amour ?  » contient des réponses implicites. La façon dont je vais me positionner par rapport à ces réponses implicites va me permettre de constuire mon développement. 

1) Il y a une vérité de l’amour, autrement dit l’expérience de l’amour permet d’accéder à une connaissance vraie.

2) Il n’y a pas de vérité de l’amour, soit parce qu’il n’y a rien que l’on puisse désigner par ce mot, soit parce que l’amour est une expérience subjective et relative à chaque individu qui ne peut être dépassée par une connaissance objective, universelle, vraie. Ce que l’on désigne comme étant de l’amour est donc soit une erreur, soit une illusion, soit un mensonge.

Il peut être parfois très utile de partir de ce que l’on entend, des idées toutes faites (par exemple : l’amour est aveugle ), d’examiner l’opinion commune pour voir si elle est fondée, si elle a du sens, pour l’approfondir  et peut-être pour la dépasser.

Lorsqu’on affirme que « l’amour est aveugle » que dit-on si ce n’est que l’amour est un mensonge, une illusion ou erreur. 

On retrouve cette opinion dans la tradition des moralistes français qui affirme que l’amour n’existe pas et qu’il n’est que le masque du désir sexuel. Il faut donc se méfier de l’amour qui nous enracine dans les besoins du corps, et nous éloigne de la connaissance qui est le propre de l’homme.

Jim Dine

METHODE : Toute ma dissertation est une démontration de MA THESE  qui est exposée dans la dernière partie  du développement. Pour cela je réfute d’abord les thèses qui s’opposent à la mienne.

A. si je pense que l’amour conduit à un savoir vrai dans un premier temps j’examinerai la thèse adverse « il n’y a pas de vérité de l’amour » pour pouvoir la critiquer et la dépasser.

B. Si je pense que l’amour ne conduit pas à un savoir vrai alors dans ce cas je partirai de la thèse adverse, « il y a une vérité de l’amour » pour la critiquer et la dépasser.

Une bonne dissertation doit comporter au moins trois parties. Une dissertation en deux parties risque d’enfermer la discussion dans une alternative pour/contre, sans que l’élève puisse se positionner véritablement.

• l’introduction

L’introduction  présente le problème à résoudre et les étapes de sa résolution.

1) Dans un premier temps on montre que sujet pose un problème de fond et on explique pourquoi il y a un intérêt pour nous à soulever cette question ( c’est une question d’actualité, elle concerne chacun d’entre nous….etc)

2) On présente ensuite les étapes de la résolutions du problème (plan du développement)

Remarque : cela suppose qu’au brouillon on sache déjà parfaitement où doit aboutir la réflexion. L’introduction est ce que l’on rédige en dernier une fois que l’on a en tête tous les éléments du problème et de la résolution du problème.

Dans l’introduction on ne met aucune définition. Le travail de définition se fait dans le développement lorsqu’il est nécessaire de préciser le sens d’un terme. Une définition est un moyen de faire progresser le raisonnement. Dans l’introduction, une définition n’a aucune utilité.

Twombly

LA REFERENCE IMPORTANTE :

La conception de l’amour développée par Platon dans Le Banquet

Pour Platon, il y a une vérité de l’amour. L’amour conduit bien  a un universel.

Pour approfondir, sur France culture : 

 • l’amour peut-il être vrai ?

http://www.franceculture.com/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-la-verite-14-l-amour-peut-il-etre-vrai-2011-09-26.h

• Du toucher à la caresse : Sartre et Merleau-Ponty

http://www.franceculture.com/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-la-main-24-du-toucher-a-la-caresse-sartre-et-merlea

• De l’amour : Stendahl, cristallisation, rouge et parme

http://www.franceculture.com/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-de-l-amour-45-stendhal-cristallisation-rouge-et-par

• De l’amour : Pascal et les qualités empruntées

http://www.franceculture.com/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-de-l-amour-35-pascal-et-les-qualites-empruntees-201

• De l’amour : Allan Bloom, lecteur de Rousseau

http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-de-l-amour-25-allan-bloom-lecteur-de-rousseau-2010-

En cliquant dans la colonne de gauche sur les mots Eros, désir,  amour, philosophie …vous trouverez d’autres références. Les articles s’affichent les uns à la suite des autres, il faut faire dérouler le curseur.

A suivre…

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dissertation : travailler moins est-ce vivre mieux ?

Samedi 12 mars 2011

Correction du baccalauréat blanc TES

TRAVAILLER MOINS EST-CE VIVRE MIEUX ?

La difficulté de ce sujet réside principalement dans la formulation du sujet qui contient deux notions philosophiques : « le travail« , le « bien-vivre » et le bonheur [qui n'est pas explicitement formulé comme tel (" vivre mieux") dans le sujet].


Il faut donc  déterminer ici qu’elle est la notion principale qu’il s’agit d’approfondir et quelle est la notion secondaire qui supporte ce travail de définition.


Ici tous les élèves sont tombés dans le piège : la notion principale est le «bien-vivre». La question de fond à résoudre est  «Qu’est-ce que bien- vivre” ?


Cette question est au coeur des interrogations philosophiques de tout homme. En effet contrairement à l’animal,  l’homme ne se contente pas de vivre, il aspire à être heureux dans sa vie. Il aspire à « vivre-bien« . Or la plupart du temps l’homme fait les mauvais choix :en voulant être heureux, il fait son propre malheur. Il est donc important avant de décider ou d’agir de se se demander  qu’est-ce que  « vivre-bien » ?


Rappel sur la méthode

Philosopher c’est d’abord questionner. C’est questionner ce qui est donné, c’est questionner ce qui apparaît comme évident. Pour un philosophe rien n’est définitivement donné, rien n’est évident. questionner ne signifie pas nécessairement rejeter. Il s’agit simplement d’examiner le fondement sur lequel repose ces évidences. Ces évidences sont-elles fondées ou non ? Pour un philosophe rien n’est jamais définitivement donné. Rien n’est évident.

On va analyser le sujet en cherchant à dégager les thèses implicites contenues dans la question posée.

Le sujet de cette dissertation, tel qu’il est formulé suggère deux évidences (largement répandues dans l’opinion commune) qu’il faut mettre en question. Les sujets correspondent à des questions étudiées en cours et sont conçus de façon à orienter les élèves sur certaines problématiques. L’exercice de la dissertation doit se concevoir dans le cadre d’une discipline scolaire. Pour un élève qui connaît son cours,  et qui a compris « l’esprit de l’exercice » la il n’y a en principe aucune difficulté

1) le travail est synonyme de malheur.

2) Une vie heureuse est une vie de loisirs

Autrement dit, ici il ne s’agissait pas de parler du travail en général, mais d’examiner la valeur de la proposition  suggérée par le sujet: « le travail est synonyme de malheur pour l’homme ».


Construction de la problématique : Exemple de progression du questionnement  à partir des thèses suggérées par le sujet :

- 1) Si le travail est synonyme de malheur pour l’homme (entendu comme l’individu),  cela signifie que pour que l’homme soit heureux, il faut que l’homme travaille moins ou ne travaille plus. Dans ce cas là une vie heureuse est une vie sans travail, une vie de loisirs (il faut définir le mot loisir) .

- 2) Mais une telle hypothèse est-elle réalisable? Le travail n’est-il pas le lot de la condition humaine ? Une vie heureuse n’est-elle pas une vie dans laquelle l’homme peut se réaliser ? Une vie dans laquelle il peut réaliser son humanité ? Le travail n’est-il pas alors  le moyen qui permet à l’homme de s’émanciper ?

- 3) Maintenant que l’esclavage est aboli, une vie de loisirs est une utopie. Malgré les progrès des connaissances et des techniques, les hommes (entendu comme le genre humain)  doivent travailler pour subvenir à leurs besoins. La solution ne se trouve donc pas dans la suppression du travail, mais dans une transformation du travail : l’organisation du travail doit être au service de l’homme et non l’inverse comme c’est le cas aujourd’hui.

Remarque :

Dans la construction de la problématique  de la dissertation je procède en généralisant : je passe de la situation individuelle (cet homme là vivant à cette époque bien précise dans des conditions historiques particulières) à la situation générale du tout homme : sans transformation de la nature par le travail, il n’y aurait pas d’humanité, c’est pour cela qu’il ne s’agit pas de supprimer le travail qui n’est pas un mal en soi mais de le transformer, de l’adapter aux hommes.

En philosophie ce que l’on interroge ce n’est pas la situation historique de cet homme là , mais c’est la condition humaine qui concerne tous les hommes sans exception. Ainsi lorsque vous vous inteoger sur l’homme vous devez absolument vous interroger sur cette expérience que vous partager avec tous les hommes et pas simplement sur votre cas particulier.

———–> pour arriver à cette généralisation l’élève, même génial, a besoin de s’appuyer sur son cours de philosophie.






André KERTESZ, Manifestation , 1916



REMARQUES FAITES A PARTIR DES COPIES D’ELEVES




Est-il encore nécessaire de répéter ce qu’est une INTRODUCTION ?


L’introduction présente votre travail de façon synthétique.

Elle montre 1) que vous avez compris le problème posé ; 2) que vous avez résolu le problème.

Elle ne peut être rédigée qu’au terme du travail préparatoire, une fois que vous avez posé  au brouillon dans un plan détaillé les axes de votre réflexion, et que par conséquent, vous savez exactement ce que vous allez démontrer ou défendre.

Dans beaucoup de copies il est clair que l’introduction a été rédigée sans qu’ait été effectué ce travail préparatoire préalable indispensable. Le correcteur pourrait interrompre la lecture de la copie au niveau de l’introduction tant il apparaît clairement que l’élève 1) n’a pas compris le problème posé 2) que l’élève ne traite pas la question posée et ne propose aucune résolution (ou tentative de résolution) du problème.


Eléments indispensables dans une introduction :


- a) On amorce l’introduction en présentant l’intérêt ou l’actualité de la question posée. Le philosophe pense le monde dans lequel il vit. Il est donc important de faire le lien entre l’actualité et le sujet de la dissertation.

- b) On montre que sous ce sujet ou cette question particulière se dessine une question de fond plus générale qui intéresse qui intéresse tout homme parce qu’elle porte sur la condition humaine (sur ce que c’est qu’être un être humain).

- c) On présente les étapes de la résolution du problème ( ce qui veut dire qu’avant de rédiger l’introduction, on a résolu le problème !!!)

On évite de donner des éléments de réponse (définitions, thèses) avant d’avoir posé le problème à résoudre car dans ce  cas là si on affirme avant de questionner, il n’y a plus de problème donc plus d’utilité à faire une dissertation !



DEVELOPPEMENT


Le plan du développement


I) Le travail est synonyme de malheur pour l’homme . Par conséquent  pour que l’homme soit heureux, il faut que l’homme travaille moins ou ne travaille plus. Une vie heureuse est une vie sans travail, une vie de loisirs.

- a)La définition courante du travail

A l’origine le mot travail vient du latin « tripalium »qui désignait d’abord un appareil formé de trois pieux  servant à maintenir les chevaux pour les ferrer, puis un instrument de torture. De même le mot latin « labor« , d’où sont ici les mots «labour» et «labeur»  évoque à la fois le travail et la peine. L’origine étymologique du mot suggère donc l’idée d’un assujettissement pénible ( 1° définition étymologique du mot travail)  : On retrouve ce sens dans l’interprétation biblique des origines de l’homme. Le travail est un châtiment : Dieu punit le premier péché de l’homme, en chassant Adam du jardin d’Eden et en l’obligeant à cultiver une terre envahie par les épines et les chardons.  « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front » (Genèse, 3, 19)

- b) Le travail exprime d’abord pour l’homme une nécessité vitale.

L’homme est un être marqué par le dénuement (cf. Mythe de Protagoras rapporté par Platon) qui ne peut survivre dans la nature qu’au prix d’efforts douloureux. A la différence de l’animal, rien de ce dont il a besoin pour survivre  (pour manger, pour se chauffer, pour se vêtir) ne lui est immédiatement donné. Pour survivre, l’homme est condamné sans relâche à transformer ou à travailler le milieu hostile dans lequel il vit.

- c) Une vie heureuse est une vie de loisirs

Pour les Grecs le travail exprime la misère de l’homme. Cet  assujettissement au besoin ou à la nécessité dévalorise l’homme. C’est pour cela que dans l’Antiquité, le travail  est réservé aux esclaves. L’homme qui possède une dignité, est un homme « libre », qui a des loisirs,  c’est-à-dire qui n’est pas assujetti à la nécessité, qui n’est pas obligé de satisfaire ses besoins naturels en travaillant (définition du mot loisir). Ainsi l’homme libre peut donc consacrer tout son temps aux activités qui font la noblesse de l’homme: la contemplation et la réflexion philosophique, ainsi que la politique afin de réaliser dans la Cité le souverain bien : la justice.

- d) « Vivre-bien » c’est vivre selon la justice

En effet nous dit Aristote, pour l’homme le problème n’est pas de vivre, mais de « vivre-bien ». Or le bonheur que tous recherchent est inconcevable sans la justice. Vivre heureux n’est pas simplement satisfaire tous ses besoins nécessaires, ou superflus. Cette conception égoïste ou centrée sur soi du bonheur ne peut que conduire à la discorde et au malheur. Vivre heureux c’est vivre dans une relation de justice avec les autres membres de la Cité. Ici la justice ne consiste pas simplement dans le respect de la loi. Si la sécurité est une condition nécessaire au bonheur, elle n’est pas une condition suffisante. Pour être heureux l’homme a besoin d’être aussi reconnu ou respecté par ses semblables qui lui attribuent une valeur égale à celle qu’ils s’attribuent à eux-même. L’homme a besoin qu’on lui reconnaisse une valeur ou une dignité. Le bonheur consiste donc non seulement dans la sécurité matérielle des individus mais aussi dans l’égalité qui fonde la fraternité ou pour reprendre le terme d’Aristote l’amitié entre les hommes , indispensable pour cimenter une communauté.


II. Le travail émancipe l’homme.Le travail est la condition d’une vie heureuse.


- a) La définition philosophique du travail

Si le travail exprime d’abord l’assujettissement de l’homme à la nécessité biologique, il  révolutionne  la condition de l’homme. Dans son sens le plus général, le travail désigne l’ ensemble des activités par lesquelles l’homme transforme les choses de la nature pour produire des biens utiles à sa vie (2° définition philosophique du mot travail).En contraignant l’homme à dompter les forces de la nature pour les mettre à son service, le travail libère l’homme de l’assujettissement à la nécessité. Pour survivre, l’homme transforme la matière, pour cela il apprend à la connaître et il en devient le maître (cf. Descartes).


-b) Hegel : la dialectique du maître et de l’esclave.

Le thème du travail comme instrument de libération de l’homme a été développé par F. Hegel dans un texte connu sous le nom de « la dialectique du maître et de l’esclave ». Hegel imagine dans ce texte deux hommes en guerre l’un contre l’autre, luttant chacun pour affirmer sa liberté. Celui qui gagne c’est celui qui accepte de mettre sa vie en jeu,  c’est celui qui risque la mort, alors que l’autre craignant pour sa vie choisit de se soumettre. Celui-là devient alors l’esclave du vainqueur, du maître et travaille pour subvenir aux besoin du maître qui lui, profite des agréments de la vie.

Mais petit-à-petit le maître qui a interposé l’esclave entre lui et le monde matériel, ne fait plus rien. Il oublie les contraintes du monde matériel et  ne sait plus rien faire. En revanche l’esclave, qui lui est sans cesse occupé à travailler, apprend à vaincre la nature et acquiert une nouvelle liberté.

Le maître devient alors paradoxalement dépendant de l’esclave pour satisfaire ses besoins, alors que l’esclave grâce au travail s’humanise et se libère de la nécessité.


-c) Le travail humanise l’homme et le monde dans lequel il vit

Le travail de l’homme est une transformation intelligente de la nature. Il est le résultat d’un processus qui préexiste dans l’imagination du travailleur (cf. Marx). c’est en sens que pour Marx le travail de l’homme est infiniment supérieur au travail de l’animal. Comme Hegel l’a montré dans la dialectique du mâitre et de l’esclave, le travail libère l’homme de la nécessité en faisant émerger son humanité, mais le travail de l’homme humanise le monde en faisant du milieu dans lequel nous vivons le reflet de notre humanité. Aujourd’hui rares sont les lieux, les paysages, qui n’ont pas été façonnés par l’homme. Le travail rend l’univers « habitable » pour l’homme. Il met la nature au service de l’homme.


-d) Le travail possède une valeur morale

Le travail permet à l’homme de se réaliser et de trouver sa place dans l’édifice social qui se construit comme nous l’avons vu dans la première partie sur la base de solidarités entre les individus. Il a donc une valeur bénéfique pour l’homme.


III. Aujourd’hui les hommes doivent retrouver ce sens libérateur et positif du travail pour « vivre-mieux ».


- a) le capitalisme aliène le travailleur (Marx)


-b) transformer le rapport de l’homme au travail c’est réduire le temps de travail, rémunérer les salariés pour qu’ils puissent vivre décemment  et mettre le système de production au service de l’homme.



dernière partie  EN COURS DE REDACTION









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Dissertation : Ne désire-t-on que ce qui est bon ?

Vendredi 18 février 2011

Correction

 

  

EXEMPLE D’ INTRODUCTION  A PARTIR  DU CORRIGE D’UNE COPIE D’ ELEVE


 Exemple1


«Le désir anime l’essentiel d’une vie humaine : il accompagne l’homme tout au long de son existence. « La vie entière se passe à désirer » dit d’ailleurs Jean de la Bruyère. Sans le désir nous n’aurions plus le goût de vivre, nous serions condamnés à l’ennui ou à la mort. Par ailleurs le désir occupe une place prépondérante dans la société actuelle, celle-ci étant de plus en plus tournée vers la multiplication et la satisfaction de tous nos désirs. C’est dans cette logique de » société de consommation », que l’on est souvent amené à penser que le bonheur s’atteint en satisfaisant tous nos désirs. Cependant les désirs humains ne peuvent-ils avoir des conséquences bonnes ou mauvaises pour l’être humain ? Au terme de cette étude nous tenterons de répondre à la problématique suivante : Ne désire-ton que ce qui est bon ? Autrement dit ne désirons nous que les choses que nous estimons bonnes ? A première vue, il paraît évident  d’affirmer que nous ne désirons que ce qui nous semble être bon. En outre le désir étant d’essence subjective, nous verrons qu’il est perçu différemment d’un point de vue extérieur. Enfin, nous en viendrons à nous demander si cette estimation ne peut pas être faussée par le désir, celui-ci dissimulant alors des conséquences inattendues».

 

REMARQUE concernant le travail de l’élève : L’introduction est maladroite. Pour rédiger l’introduction, il est important de comprendre quelle est sa fonction dans la dissertation. L’introduction présente un problème et les étapes de la résolution de ce problème. Elle  comprend trois moments :

- 1) L’enjeu de la question. On  amorce l’introduction en expliquant pourquoi aujourd’hui cette question est importante pour nous

- 2) on développe le problème en montrant que sous cette question très particulière (le sujet de la dissertation) se cache une question de fond, plus générale, plus essentielle qui renvoie à la condition humaine.

- 3) On annonce le plan du développement qui répond au problème posé.


 

Enjeu de la question

Pour poser l’intérêt de la question, il est préférable de partir du particulier (de la situation historique) pour ensuite généraliser, élargir vers la condition humaine.

Tu écris : « Le désir anime l’essentiel d’une vie humaine : il accompagne l’homme tout au long de son existence. « La vie entière se passe à désirer » dit d’ailleurs Jean de la Bruyère. Sans le désir nous n’aurions plus le goût de vivre, nous serions condamnés à l’ennui ou à la mort. Par ailleurs le désir occupe une place prépondérante dans la société actuelle, celle-ci étant de plus en plus tournée vers la multiplication et la satisfaction de tous nos désirs. »

Correction :

Dans notre société de consommation, le jeu des désirs occupe une place prépondérante, notre système économique ne pouvant se perpétuer que sur l’infinie multiplication et reproduction des désirs [situation actuelle]. Ainsi  comme l’écrivait Jean de la Bruyère « la vie entière se passe à désirer ». Il semblerait que sans le désir nous serions condamnés à l’ennui ou à la mort.[inutile de développer davantage tu le feras ensuite dans le corps de la dissertation]

Ici j’ai éliminé tout ce qui relevait de la thèse et de la réponse au problème. «Le désir anime l’essentiel d’une vie humaine ». Pour l’instant tu poses le problème. Tu ne dois pas donner la réponse avant d’avoir posé le problème.


 

 

Le problème

Cependant les désirs humains ne peuvent-ils avoir des conséquences bonnes ou mauvaises pour l’être humain ?

Cette question est maladroite et surtout très dangereuse car elle change complètement le sens du sujet de la dissertation. Elle risque de te conduire à un hors sujet. A abandonner.

Au terme de cette étude nous tenterons de répondre à la problématique suivante : Ne désire-ton que ce qui est bon ? Autrement dit ne désirons nous que les choses que nous estimons bonnes ?

Ici tu ne fais que répéter le sujet de la dissertation : le problème de fond ici c’est « Qu’est-ce que le désir ? Comment ça fonctionne ? » Est-ce que nous désirons des choses parce qu’elles possèdent une qualité particulière qui les rend désirables ? Ou est-ce que c’est le désir lui-même qui leur attribue cette qualité et les rend désirables ?

 

Les étapes de la résolution du problème

« A première vue, il paraît évident  d’affirmer que nous ne désirons que ce qui nous semble être bon. En outre le désir étant d’essence subjective, nous verrons qu’il est perçu différemment d’un point de vue extérieur. Enfin, nous en viendrons à nous demander si cette estimation ne peut pas être faussée par le désir, celui-ci dissimulant alors des conséquences inattendues. »

Ton plan est trop vague et annonce que ta réflexion n’est pas assez approfondie et qu’elle restera inachevée. Ici tu n’esquisses en fait qu’un axe très général.

Exemple de correction :

I.  Dans un premier temps effectivement il faut s’interroger sur ce qu’est le « bon » pour l’homme et démontrer que les hommes ne désirent logiquement que ce qui est bon [Cela n’a donc rien d’une évidence. Je te rappelle que la démarche philosophique consiste à mettre en question les évidences].


II MAIS le « bon » a pour chacun une dimension particulière, subjective. Et la plupart du temps le « bon » c’est ce qui satisfait d’abord nos intérêts. Ainsi ce qui est bon pour nous ne l’est pas nécessairement pour autrui. Comme ce qui nous semble bon peut s’avérer ensuite mauvais pour nous même (par exemple la cigarette qui nous donne un cancer). Les hommes peuvent donc désirer le mal. Comment alors distinguer le bon du mauvais ?

III. Pour savoir ce qui est absolument bon, il est nécessaire d’apprendre à désirer.


 

  Exemple 2

« Le désir anime la plupart de notre vie et la complique. Il est effet la cause de la plupart de nos actions et de nos rêves et peut nous faire croire que le monde entier n’a pour fin que de satisfaire nos désirs. Nous allons ainsi nous interroger sur la nature bonne ou mauvaise des objets de notre désir. Le désir est-il toujours déterminé comme bon ? Est-ce que ne désire que ce qui nous apparaît comme bon ? Ne désire-ton pas parfois des choses que nous savons mauvaises ?

Afin de répondre à ces questions, nous étudierons la nature et les conditions du désir ainsi que la théorie idéaliste de Platon. Puis nous verrons qu’à cette théorie s’opposera la théorie matérialiste de Spinoza et nous nous pencherons également sur les conséquences du désir. Enfin, nous tenterons d’apporter la réponse, la plus juste possible à la question posée ».

 

Commentaires :

Introduction qui n’est pas satisfaisante car elle est trop approximative : elle ne pose ni le problème sur le fond ; elle ne présente pas de façon précise les étapes de la résolution du problème.

Cela indique que le travail préparatoire sur le plan détaillé est insuffisant, que la réflexion n’a pas été menée à son terme et que l’élève ne parvient pas à répondre à la question posée.


 

L’intérêt de la question

Le désir anime la plupart de notre vie et la complique. Il aurait fallu ici donner un exemple concret, de désirs contradictoires, pris dans la vie quotidienne pour montrer l’intérêt de cette question aujourd’hui et amorcer l’introduction. Pourquoi est-ce que le désir complique notre vie ? Que le désir nous pose problème, c’est un constat qui ne va pas de soi.

Il est effet la cause de la plupart de nos actions et de nos rêves et peut nous faire croire que le monde entier n’a pour fin que de satisfaire nos désirs. Cette phrase est inutile car tu es déjà dans la réponse alors que tu n’as pas posé le problème à résoudre.


 

Poser le problème

Nous allons ainsi nous interroger sur la nature bonne ou mauvaise des objets de notre désir. Le problème est mal posé. Ici tu vas t’interroger sur la nature du désir, c’est le problème de fond. Pour cela il te faut définir ce que l’on entend par « bon ». Le désir est-il toujours déterminé comme bon ? La rédaction est maladroite, Le désir est-il toujours tourné vers le bon ?  Est-ce qu’on ne désire que ce qui nous apparaît comme bon ? Attention avec l’usage du mot « apparaître »,  tu introduis implicitement une nuance entre ce qui est bon et ce qui a l’apparence du bon. Ne désire-t-on pas parfois aussi des choses que nous savons mauvaises ?

A la suite de ce questionnement tu devrais en conclure que le problème de fond ce ;’est pas la nature de l’objet désiré, mais la nature du désir lui-même.


Les étapes du développement (la résolution du problème)

Afin de répondre à ces questions [en fait à cette question de fond : qu’est-ce que désirer ?], nous étudierons la nature et les conditions du désir ainsi que la théorie idéaliste de Platon [ici c’est beaucoup trop vague, il faut préciser en une phrase la thèse de Platon : nous ne désirons que ce qui est bon]. (I°partie)

Ensuite pour construire une cohérence logique entre les différentes parties, tu pouvais utiliser la nuance entre ce qui est bon (par nature) et ce qui n’a que l’apparence du bon. Mais ce qui est bon pour nous ne l’est pas nécessairement pour les autres, ou même pour nous même (l’alcool pour l’alcoolique, la drogue pour le toxicomane). Ainsi nous pouvons désirer ce qui n’est pas bon.

Puis nous verrons qu’à cette théorie s’opposera la théorie matérialiste de Spinoza. A nouveau c’est trop vague, et tu te contentes d’empiler des thèses sans construire de relation cohérente entre elles.

Pourquoi ? Parce que c’est notre désir qui rend les choses désirables (thèse de Spinoza) (II°Partie)

Et nous nous pencherons également sur les conséquences du désir. Là, je t’avoue qu’on ne voit pas bien où tu veux en venir ou quelle est l’idée sous-jacente.

Enfin, nous tenterons d’apporter la réponse, la plus juste possible à la question posée ».

-1) Il faut éviter les mots de liaison tes que « puis », « enfin », « ensuite » qui se contentent d’empiler les idées au lieu de les construire

-2) Toute ta dissertation est la construction de la réponse au problème, pas seulement la deuxième partie.

Ici nous en sommes arrivés à cette idée que puisque c’est le désir qui rend les choses désirables, l’homme peut tout à fait désirer des choses néfastes pour lui-même et pour les autres. Maintenant est-ce que la réflexion doit s’arrêter sur ce constat qui répond au sujet de la dissertation ? Non car comme le dis au début de ton introduction le désir nous complique la vie, complique les relations des hommes entre eux et si l’on va plus loin, menace l’équilibre social. Donc étant par nature asocial le désir humain doit être contrôlé, canalisé, éduqué. (III°partie)


 

Développement


Du bon usage des définitions

On ne met pas les définitions dans l’introduction sinon on perd ses munitions et il ne nous reste plus rien pour construire le problématique.

VIRGINIE G. : Qu’est-ce que le Bon ou le Bien ? [Il est important de préciser que l'on considère ces deux mots comme synonymes]. Très généralement le bon ou le bien désigne tout ce qui génère en nous une satisfaction, tandis que le mal serait le contraire ce qui génère de l’insatisfaction. Ainsi pour John Locke  » Nous appelons Bien  tout ce qui est propre à produire en nous du plaisir et au contraire nous appelons mal ce qui est propre à produire en nous du de la douleur » (Essais philosophique concernant l’entendement humain). On retrouve la même définition chez Thomas Hobbes : « l’objet quel qu’il soit, de l’appétit ou du désir d’un homme, est ce que pour sa part celui-ci appelle bon ; et il appelle mauvais l’objet de sa haine et de son aversion » (Le Léviathan) [Très bien ici tu poses une définition. Mais il faut en faire quelque chose]. Par conséquent si l’on considère, avec Platon,  que le désir est l’expression d’un manque  alors toute chose venant satisfaire ou combler ce manque, sera considérée comme un bien c’est-à -dire comme « bonne ». [Ici tu appliques la définition donnée juste au-dessus]. Donc les hommes ne désirent logiquement que ce qui est bon.

  

Exemple de corrigé du développement  de la copie de Lisa

  

I°partie

Ton travail à partir de l’étymologie est maladroit, tu raisonnes à l’envers.

Désirer, vient du latin desiderare, de la même famille que considerare, tous les deux dérivés de sidus, l’étoile. Considerare c’est contempler un astre, alors que desiderare, c’est regretter son absence. Ainsi étymologiquement le désir c’est le regret ou la nostalgie d’un astre disparu. Le désir inscrit donc l’existence humaine dans l’expérience de la durée. Il conditionne l’existence de l’homme. Cette idée est intéressante (le realtion entre le désir, le temps et la condition humaine) mais tu ne la développes pas.

A la fois le désir c’est ce qui va nous permettre de nos projeter vers un futur,  vers quelque chose qui n’est pas, et en même temps le désir c’est ce qui nous retient vers le passé, vers quelque chose qui n’est plus. Le désir est donc l’expérience du manque, de la perte, de l’insatisfaction. ICI TU AS UN PROBLEME DE CONSTRUCTION DE TON PLAN puisque ta partie ce termine là-dessus alors que c’est là qu’il te faut placer le développement « l’expression « le désir est un panier percé ». Cela exprime à quel point le désir révèle à celui qui désire ses manques constitutifs.  Schopenhauer remarque par ailleurs « que dès qu’un désir meurt, un autre renaît, notre frustration –et donc notre malheur-  est infinie». Pour lui il est de l’essence du désir de ne pouvoir être satisfait de définitivement. Il ne peut l’être que par instant, ponctuellement.

A partir de ce constat tu peux donner une définition générale du bon. Le bon pour l’homme c’est ce qui comble cette insatisfaction. Le bon c’est l’expérience de la satisfaction. Or cette recherche du bon ou de la complétude, c’est ce qui caractérise la condition de l’homme. Toutes ses actions seront constamment orientées vers la recherche du bon. Même si le désir est du manque,  le désir sera donc aussi puissance de création et d’affirmation pour l’homme.

Je ne fais que reprendre les éléments que tu donnes mais je les articule différemment ce qui permet de les développer et donc d’approfondir la réflexion.

Maintenant il faut travailler la liaison avec l’idée suivante. Si le désir est par définition le manque, que désirons-nous ?

Par définition ce qui est bon, c’est ce qui apporte de l’agrément du plaisir ou de la satisfaction. DONC le bon c’est tout ce qui permettra de combler l’insatisfaction liée au manque qui définit le désir [J’applique la définition du désir que j’ai posée plus haut, je ne me contente pas d’empiler les définitions]. C’est ainsi que pour Platon l’homme ne peut pas vouloir délibérément le mal. L’homme ne peut  désirer que le bon. [Je reviens sur le sujet de la dissertation, je réponds à la question posée à l’aide d’une première thèse, et surtout je ne me contente pas de citer Platon, je donne sa thèse qui est ici utile dans le déroulement de ma démonstration.]

II. Si logiquement comme le pense Platon nous ne pouvons désirer que le bon, dans les faits, il nous arrive de désirer le  mal pour nous ou pour les autres. Ici il aurait fallu donner un exemple concret. L’alcoolique désire boire parce que c’est bon pour lui. C’est du moins l’impression qu’il en a. Hors la science et la médecine démontrent qu’une consommation d’alcool excessive ou régulière est mauvaise pour la santé. Donc l’alcoolique se trompe ou s’illusionne sur ce qui est bon pour lui. En désirant le bon, il désire en fait le mal. Dans ce cas-là, il ne choisit pas son désir, c’est son désir qui le choisit, qui s’impose à lui comme une force naturelle qui emporte sa volonté, comme une tyrannie intérieure qui lui apporterait désordre et violence. Le désir nous rendrait donc irresponsable. [J’ai mis le verbe au conditionnel car à cette étape de ton développement, c’est encore une hypothèse qui reste à démontrer, peut-on généraliser cette affirmation à tous les hommes] 

Ici il manque une transition entre ces deux sous-parties de la deuxième partie. Il te faut revenir sur la thèse de Platon : Contrairement à ce que pensait Platon nous ne désirons pas les choses parce qu’elles sont en soi bonne, parce qu’elles possèdent une propriété qui les rend désirables, mais c’est notre désir qui rend les choses bonnes et donc désirables. C’est donc pour cela que l’homme peut désirer des choses qui lui sont néfastes.

Ce n’est que maintenant que tu peux faire référence et citer Spinoza qui développe cette thèse « Nous ne désirons aucune chose parce que nous la jugeons bonne, mais au contraire nous jugeons une chose bonne parce que nous la désirons » La thèse de Spinoza vient appuyer ton raisonnement. C’est important car en philosophie il n’y a pas d’argument d’autorité. Ce n’est pas parce qu’un philosophe a dit quelque chose que cela a nécessairement de la valeur. Ce qui importe on l’a vu c’est la démarche, c’est le raisonnement qui conduit à cette conclusion.

III. Nouvelle idée donc nouvelle partie. A nouveau il te manque une transition entre les deux idées « le désir rend les choses désirables «  et le désir est l’essence de l’homme ».

Si l’homme est un être de désir, qu’il peut désirer des choses pour lui  et donc se condamner au malheur tout en recherchant le bonheur. Comment l’homme peut-il faire pour désirer et être heureux être heureux ?

-          Il peut apprendre à ne pas désirer. C’est lataraxie d’Epicure.

-          Mais le désir comme nous l’avons vu dans la première partie est aussi source de créativité pour l’homme. Non seulement le désir est ce qui porte l’homme vers le monde, mais le désir c’est ce qui va lui permettre de développer sa propre humanité. C’est ainsi que pour Spinoza, « le désir est l’essence de l’homme ». Donc le problème ici ce n’est pas de ne plus désirer, mais d’éduquer notre désir.

 

La conclusion est trop vague et donc n’est pas satisfaisante, car ta réflexion n’est pas abouti. Tu te contentes en fait de résumer la dernière partie.

  

  

EXEMPLE 3   Corrigé à partir de la copie de Laura

  

 → Du bon usage des citations et des éléments de cours.

  

DEVELOPPEMENT 

Méthode : il faut toujours partir d’une analyse du sujet de la dissertation. Les connaissances que tu mets en œuvre (étymologie, références) doivent te permettre, dans un premier temps  de développer le questionnement.

Si tu poses l’étymologie du mot désir, c’est parce que ce qui est en jeu dans ce sujet de dissertation c’est la définition philosophique du désir (répondre à la question « Qu’est-ce que le désir ? »). Il faut le préciser. L’étymologie n’est qu’un point de départ qui va nous servir à poser un problème.

I°partie :  l’homme ne désire que ce qui est bon

Ta référence au Banquet de Platon est maladroite. Si tu utilises Platon, c’est parce qu’il te permet de répondre à la question posée. Donc tu dois t’approprier tes connaissances et les reformuler en fonction de la question posée. Tout ce qui ne sert pas à répondre à la question posé ne doit pas être retenu. Par exemple « Cette contemplation de la vérité est qualifiée de dialectique ascendante, elle est représentée dans l’Allégorie de la caverne, lors du passage de la « vérité des ombres » à la découverte du reflet ». L’aspect métaphysique du « monde des idées » est repris au IV° siècle par Saint Augustin dans les Confessions… » Cette digression est inutile. Ici tu poses en les empilant des connaissances sans te les approprier. Ton travail ressemble plus à de l’histoire des idées, qu’à une réflexion philosophique. Du coup tu minores les idées importantes qui te seraient utiles dans ton développement, car tu ne les développes pas. « Selon Saint-Augustin, le désir est un désir de l’absolu », « il est de l’essence même du désir d’être déçu ou insatisfait …. C’est pourtant la volonté de satisfaire ses désirs qui permet à l’homme d’avancer, d’exister ».

Dans ta première partie l’idée qu’il faut démontrer est que l’on ne désire que ce qui est bon.

-          A) – 1) Etymologie du mot désir qui nous amène à l’idée de l’absence ou du manque. Ici tu pouvais utiliser la référence à Freud à laquelle tu fais allusion dans ta troisième partie concernant la dimension nostalgique du désir : le désir c’est la recherche d’un bonheur perdu, celui que le nouveau-né aurait connu dans sa relation à sa mère dans les toutes premières années de son existence.

 

      – 2) Le désir c’est par définition le manque. Tu illustres alors cette idée par le mythe d’Eros en utilisant la partie qui concerne la généalogie d’Eros, fils de Pôros et de Pénia, de la Ressource et de l’indigence.

 

-          B) On ne désire que ce qui nous manque, on ne peut donc désirer que le bon ou le bien c’est-à-dire la satisfaction. Ici tu utilises la partie du mythe dans lequel Platon explique que l’amoureux désire avant tout la beauté parce que la beauté est ce qui nous permet d’accéder au souverain bien (au plus désirable pour l’homme) la vérité. L’homme qui désire être lui-même, c’est-à-dire être un homme digne de ce nom ne peut que désirer la beauté et la vérité, le bien.

 

 II° Partie : L’homme peut désirer que ce qui est mauvais pour lui

-          A) Le désir c’est l’essence de l’homme. L’homme est un être de désir. Il construit son humanité dans la recherche de la satisfaction de ses désirs. C’est ici qu’il fallait mettre la citation de Bachelard « l’homme est création du désir et non pas du besoin ». Dans cette partie tu développes la distinction désir/besoin afin de montrer la spécificité du désir humain.

 

         B) -1) Pour approfondir ta réflexion, tu opposes maintenant la thèse de Spinoza à la thèse de Platon évoquée dans la première partie de ton développement : pour Platon on ne désire que ce qui est par définition désirable (la beauté), pour Spinoza c’est notre désir qui rend les choses belles ou désirables.

 

      – 2) Ici pour faire écho à ta première partie tu peux donner en exemple le sentiment amoureux et la thèse de la cristallisation chez Stendhal.

        C) en conséquence l’homme peut désirer ce qui est mauvais pour lui. [ici ta réflexion a évolué puisque tu as dépassé la thèse de la première partie].

 

III° partie : l’homme doit apprendre à désirer le bon.

    A) Platon : la nature duale de l’homme. [C’est ici que tu pouvais utiliser l’Allégorie de la caverne, en montrant que l’homme qui cherche le bien doit se détacher des illusions du corps et de la sensibilité].

   B) Le désir vise l’absolu (Saint Augustin), à moins de ne croire en Dieu, il ne peut être satisfait. L’homme sans Dieu est donc condamné au malheur. Si l’homme s’entête à rechercher le bonheur comment alors pourra-t-il le trouver ?

  C) Désir et bonheur

 - 1) L’ataraxie : si l’essence de l’homme est le désir (II° partie) et que le désir est la source du malheur de l’homme (I° partie) alors l’homme doit apprendre à ne pas désirer. Il doit se contenter de satisfaire ses besoins afin de ne souffrir d’aucuns déséquilibres (Epicure).

 - 2) Apprendre à désire c’est adapter ses désirs à l’ordre du monde (Epictète, Descartes). [C’est dommage que tu ne développes pas plus, si tu donnes une citation, tu dois en expliquer l’intérêt, c’est-à-dire montrer comment cette question permet de répondre à la question posée.]

 

 

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