Correction
EXEMPLE D’ INTRODUCTION A PARTIR DU CORRIGE D’UNE COPIE D’ ELEVE
Exemple1
«Le désir anime l’essentiel d’une vie humaine : il accompagne l’homme tout au long de son existence. « La vie entière se passe à désirer » dit d’ailleurs Jean de la Bruyère. Sans le désir nous n’aurions plus le goût de vivre, nous serions condamnés à l’ennui ou à la mort. Par ailleurs le désir occupe une place prépondérante dans la société actuelle, celle-ci étant de plus en plus tournée vers la multiplication et la satisfaction de tous nos désirs. C’est dans cette logique de » société de consommation », que l’on est souvent amené à penser que le bonheur s’atteint en satisfaisant tous nos désirs. Cependant les désirs humains ne peuvent-ils avoir des conséquences bonnes ou mauvaises pour l’être humain ? Au terme de cette étude nous tenterons de répondre à la problématique suivante : Ne désire-ton que ce qui est bon ? Autrement dit ne désirons nous que les choses que nous estimons bonnes ? A première vue, il paraît évident d’affirmer que nous ne désirons que ce qui nous semble être bon. En outre le désir étant d’essence subjective, nous verrons qu’il est perçu différemment d’un point de vue extérieur. Enfin, nous en viendrons à nous demander si cette estimation ne peut pas être faussée par le désir, celui-ci dissimulant alors des conséquences inattendues».
REMARQUE concernant le travail de l’élève : L’introduction est maladroite. Pour rédiger l’introduction, il est important de comprendre quelle est sa fonction dans la dissertation. L’introduction présente un problème et les étapes de la résolution de ce problème. Elle comprend trois moments :
- 1) L’enjeu de la question. On amorce l’introduction en expliquant pourquoi aujourd’hui cette question est importante pour nous
- 2) on développe le problème en montrant que sous cette question très particulière (le sujet de la dissertation) se cache une question de fond, plus générale, plus essentielle qui renvoie à la condition humaine.
- 3) On annonce le plan du développement qui répond au problème posé.
→ Enjeu de la question
Pour poser l’intérêt de la question, il est préférable de partir du particulier (de la situation historique) pour ensuite généraliser, élargir vers la condition humaine.
Tu écris : « Le désir anime l’essentiel d’une vie humaine : il accompagne l’homme tout au long de son existence. « La vie entière se passe à désirer » dit d’ailleurs Jean de la Bruyère. Sans le désir nous n’aurions plus le goût de vivre, nous serions condamnés à l’ennui ou à la mort. Par ailleurs le désir occupe une place prépondérante dans la société actuelle, celle-ci étant de plus en plus tournée vers la multiplication et la satisfaction de tous nos désirs. »
Correction :
Dans notre société de consommation, le jeu des désirs occupe une place prépondérante, notre système économique ne pouvant se perpétuer que sur l’infinie multiplication et reproduction des désirs [situation actuelle]. Ainsi comme l’écrivait Jean de la Bruyère « la vie entière se passe à désirer ». Il semblerait que sans le désir nous serions condamnés à l’ennui ou à la mort.[inutile de développer davantage tu le feras ensuite dans le corps de la dissertation]
Ici j’ai éliminé tout ce qui relevait de la thèse et de la réponse au problème. «Le désir anime l’essentiel d’une vie humaine ». Pour l’instant tu poses le problème. Tu ne dois pas donner la réponse avant d’avoir posé le problème.
→ Le problème
Cependant les désirs humains ne peuvent-ils avoir des conséquences bonnes ou mauvaises pour l’être humain ?
Cette question est maladroite et surtout très dangereuse car elle change complètement le sens du sujet de la dissertation. Elle risque de te conduire à un hors sujet. A abandonner.
Au terme de cette étude nous tenterons de répondre à la problématique suivante : Ne désire-ton que ce qui est bon ? Autrement dit ne désirons nous que les choses que nous estimons bonnes ?
Ici tu ne fais que répéter le sujet de la dissertation : le problème de fond ici c’est « Qu’est-ce que le désir ? Comment ça fonctionne ? » Est-ce que nous désirons des choses parce qu’elles possèdent une qualité particulière qui les rend désirables ? Ou est-ce que c’est le désir lui-même qui leur attribue cette qualité et les rend désirables ?
→ Les étapes de la résolution du problème
« A première vue, il paraît évident d’affirmer que nous ne désirons que ce qui nous semble être bon. En outre le désir étant d’essence subjective, nous verrons qu’il est perçu différemment d’un point de vue extérieur. Enfin, nous en viendrons à nous demander si cette estimation ne peut pas être faussée par le désir, celui-ci dissimulant alors des conséquences inattendues. »
Ton plan est trop vague et annonce que ta réflexion n’est pas assez approfondie et qu’elle restera inachevée. Ici tu n’esquisses en fait qu’un axe très général.
Exemple de correction :
I. Dans un premier temps effectivement il faut s’interroger sur ce qu’est le « bon » pour l’homme et démontrer que les hommes ne désirent logiquement que ce qui est bon [Cela n’a donc rien d’une évidence. Je te rappelle que la démarche philosophique consiste à mettre en question les évidences].
II. MAIS le « bon » a pour chacun une dimension particulière, subjective. Et la plupart du temps le « bon » c’est ce qui satisfait d’abord nos intérêts. Ainsi ce qui est bon pour nous ne l’est pas nécessairement pour autrui. Comme ce qui nous semble bon peut s’avérer ensuite mauvais pour nous même (par exemple la cigarette qui nous donne un cancer). Les hommes peuvent donc désirer le mal. Comment alors distinguer le bon du mauvais ?
III. Pour savoir ce qui est absolument bon, il est nécessaire d’apprendre à désirer.
Exemple 2
« Le désir anime la plupart de notre vie et la complique. Il est effet la cause de la plupart de nos actions et de nos rêves et peut nous faire croire que le monde entier n’a pour fin que de satisfaire nos désirs. Nous allons ainsi nous interroger sur la nature bonne ou mauvaise des objets de notre désir. Le désir est-il toujours déterminé comme bon ? Est-ce que ne désire que ce qui nous apparaît comme bon ? Ne désire-ton pas parfois des choses que nous savons mauvaises ?
Afin de répondre à ces questions, nous étudierons la nature et les conditions du désir ainsi que la théorie idéaliste de Platon. Puis nous verrons qu’à cette théorie s’opposera la théorie matérialiste de Spinoza et nous nous pencherons également sur les conséquences du désir. Enfin, nous tenterons d’apporter la réponse, la plus juste possible à la question posée ».
Commentaires :
Introduction qui n’est pas satisfaisante car elle est trop approximative : elle ne pose ni le problème sur le fond ; elle ne présente pas de façon précise les étapes de la résolution du problème.
Cela indique que le travail préparatoire sur le plan détaillé est insuffisant, que la réflexion n’a pas été menée à son terme et que l’élève ne parvient pas à répondre à la question posée.
→ L’intérêt de la question
Le désir anime la plupart de notre vie et la complique. Il aurait fallu ici donner un exemple concret, de désirs contradictoires, pris dans la vie quotidienne pour montrer l’intérêt de cette question aujourd’hui et amorcer l’introduction. Pourquoi est-ce que le désir complique notre vie ? Que le désir nous pose problème, c’est un constat qui ne va pas de soi.
Il est effet la cause de la plupart de nos actions et de nos rêves et peut nous faire croire que le monde entier n’a pour fin que de satisfaire nos désirs. Cette phrase est inutile car tu es déjà dans la réponse alors que tu n’as pas posé le problème à résoudre.
→ Poser le problème
Nous allons ainsi nous interroger sur la nature bonne ou mauvaise des objets de notre désir. Le problème est mal posé. Ici tu vas t’interroger sur la nature du désir, c’est le problème de fond. Pour cela il te faut définir ce que l’on entend par « bon ». Le désir est-il toujours déterminé comme bon ? La rédaction est maladroite, Le désir est-il toujours tourné vers le bon ? Est-ce qu’on ne désire que ce qui nous apparaît comme bon ? Attention avec l’usage du mot « apparaître », tu introduis implicitement une nuance entre ce qui est bon et ce qui a l’apparence du bon. Ne désire-t-on pas parfois aussi des choses que nous savons mauvaises ?
A la suite de ce questionnement tu devrais en conclure que le problème de fond ce ;’est pas la nature de l’objet désiré, mais la nature du désir lui-même.
→ Les étapes du développement (la résolution du problème)
Afin de répondre à ces questions [en fait à cette question de fond : qu’est-ce que désirer ?], nous étudierons la nature et les conditions du désir ainsi que la théorie idéaliste de Platon [ici c’est beaucoup trop vague, il faut préciser en une phrase la thèse de Platon : nous ne désirons que ce qui est bon]. (I°partie)
Ensuite pour construire une cohérence logique entre les différentes parties, tu pouvais utiliser la nuance entre ce qui est bon (par nature) et ce qui n’a que l’apparence du bon. Mais ce qui est bon pour nous ne l’est pas nécessairement pour les autres, ou même pour nous même (l’alcool pour l’alcoolique, la drogue pour le toxicomane). Ainsi nous pouvons désirer ce qui n’est pas bon.
Puis nous verrons qu’à cette théorie s’opposera la théorie matérialiste de Spinoza. A nouveau c’est trop vague, et tu te contentes d’empiler des thèses sans construire de relation cohérente entre elles.
Pourquoi ? Parce que c’est notre désir qui rend les choses désirables (thèse de Spinoza) (II°Partie)
Et nous nous pencherons également sur les conséquences du désir. Là, je t’avoue qu’on ne voit pas bien où tu veux en venir ou quelle est l’idée sous-jacente.
Enfin, nous tenterons d’apporter la réponse, la plus juste possible à la question posée ».
-1) Il faut éviter les mots de liaison tes que « puis », « enfin », « ensuite » qui se contentent d’empiler les idées au lieu de les construire
-2) Toute ta dissertation est la construction de la réponse au problème, pas seulement la deuxième partie.
Ici nous en sommes arrivés à cette idée que puisque c’est le désir qui rend les choses désirables, l’homme peut tout à fait désirer des choses néfastes pour lui-même et pour les autres. Maintenant est-ce que la réflexion doit s’arrêter sur ce constat qui répond au sujet de la dissertation ? Non car comme le dis au début de ton introduction le désir nous complique la vie, complique les relations des hommes entre eux et si l’on va plus loin, menace l’équilibre social. Donc étant par nature asocial le désir humain doit être contrôlé, canalisé, éduqué. (III°partie)
Développement
→Du bon usage des définitions
On ne met pas les définitions dans l’introduction sinon on perd ses munitions et il ne nous reste plus rien pour construire le problématique.
VIRGINIE G. : Qu’est-ce que le Bon ou le Bien ? [Il est important de préciser que l'on considère ces deux mots comme synonymes]. Très généralement le bon ou le bien désigne tout ce qui génère en nous une satisfaction, tandis que le mal serait le contraire ce qui génère de l’insatisfaction. Ainsi pour John Locke » Nous appelons Bien tout ce qui est propre à produire en nous du plaisir et au contraire nous appelons mal ce qui est propre à produire en nous du de la douleur » (Essais philosophique concernant l’entendement humain). On retrouve la même définition chez Thomas Hobbes : « l’objet quel qu’il soit, de l’appétit ou du désir d’un homme, est ce que pour sa part celui-ci appelle bon ; et il appelle mauvais l’objet de sa haine et de son aversion » (Le Léviathan) [Très bien ici tu poses une définition. Mais il faut en faire quelque chose]. Par conséquent si l’on considère, avec Platon, que le désir est l’expression d’un manque alors toute chose venant satisfaire ou combler ce manque, sera considérée comme un bien c’est-à -dire comme « bonne ». [Ici tu appliques la définition donnée juste au-dessus]. Donc les hommes ne désirent logiquement que ce qui est bon.
Exemple de corrigé du développement de la copie de Lisa
I°partie
Ton travail à partir de l’étymologie est maladroit, tu raisonnes à l’envers.
Désirer, vient du latin desiderare, de la même famille que considerare, tous les deux dérivés de sidus, l’étoile. Considerare c’est contempler un astre, alors que desiderare, c’est regretter son absence. Ainsi étymologiquement le désir c’est le regret ou la nostalgie d’un astre disparu. Le désir inscrit donc l’existence humaine dans l’expérience de la durée. Il conditionne l’existence de l’homme. Cette idée est intéressante (le realtion entre le désir, le temps et la condition humaine) mais tu ne la développes pas.
A la fois le désir c’est ce qui va nous permettre de nos projeter vers un futur, vers quelque chose qui n’est pas, et en même temps le désir c’est ce qui nous retient vers le passé, vers quelque chose qui n’est plus. Le désir est donc l’expérience du manque, de la perte, de l’insatisfaction. ICI TU AS UN PROBLEME DE CONSTRUCTION DE TON PLAN puisque ta partie ce termine là-dessus alors que c’est là qu’il te faut placer le développement « l’expression « le désir est un panier percé ». Cela exprime à quel point le désir révèle à celui qui désire ses manques constitutifs. Schopenhauer remarque par ailleurs « que dès qu’un désir meurt, un autre renaît, notre frustration –et donc notre malheur- est infinie». Pour lui il est de l’essence du désir de ne pouvoir être satisfait de définitivement. Il ne peut l’être que par instant, ponctuellement.
A partir de ce constat tu peux donner une définition générale du bon. Le bon pour l’homme c’est ce qui comble cette insatisfaction. Le bon c’est l’expérience de la satisfaction. Or cette recherche du bon ou de la complétude, c’est ce qui caractérise la condition de l’homme. Toutes ses actions seront constamment orientées vers la recherche du bon. Même si le désir est du manque, le désir sera donc aussi puissance de création et d’affirmation pour l’homme.
Je ne fais que reprendre les éléments que tu donnes mais je les articule différemment ce qui permet de les développer et donc d’approfondir la réflexion.
Maintenant il faut travailler la liaison avec l’idée suivante. Si le désir est par définition le manque, que désirons-nous ?
Par définition ce qui est bon, c’est ce qui apporte de l’agrément du plaisir ou de la satisfaction. DONC le bon c’est tout ce qui permettra de combler l’insatisfaction liée au manque qui définit le désir [J’applique la définition du désir que j’ai posée plus haut, je ne me contente pas d’empiler les définitions]. C’est ainsi que pour Platon l’homme ne peut pas vouloir délibérément le mal. L’homme ne peut désirer que le bon. [Je reviens sur le sujet de la dissertation, je réponds à la question posée à l’aide d’une première thèse, et surtout je ne me contente pas de citer Platon, je donne sa thèse qui est ici utile dans le déroulement de ma démonstration.]
II. Si logiquement comme le pense Platon nous ne pouvons désirer que le bon, dans les faits, il nous arrive de désirer le mal pour nous ou pour les autres. Ici il aurait fallu donner un exemple concret. L’alcoolique désire boire parce que c’est bon pour lui. C’est du moins l’impression qu’il en a. Hors la science et la médecine démontrent qu’une consommation d’alcool excessive ou régulière est mauvaise pour la santé. Donc l’alcoolique se trompe ou s’illusionne sur ce qui est bon pour lui. En désirant le bon, il désire en fait le mal. Dans ce cas-là, il ne choisit pas son désir, c’est son désir qui le choisit, qui s’impose à lui comme une force naturelle qui emporte sa volonté, comme une tyrannie intérieure qui lui apporterait désordre et violence. Le désir nous rendrait donc irresponsable. [J’ai mis le verbe au conditionnel car à cette étape de ton développement, c’est encore une hypothèse qui reste à démontrer, peut-on généraliser cette affirmation à tous les hommes]
Ici il manque une transition entre ces deux sous-parties de la deuxième partie. Il te faut revenir sur la thèse de Platon : Contrairement à ce que pensait Platon nous ne désirons pas les choses parce qu’elles sont en soi bonne, parce qu’elles possèdent une propriété qui les rend désirables, mais c’est notre désir qui rend les choses bonnes et donc désirables. C’est donc pour cela que l’homme peut désirer des choses qui lui sont néfastes.
Ce n’est que maintenant que tu peux faire référence et citer Spinoza qui développe cette thèse « Nous ne désirons aucune chose parce que nous la jugeons bonne, mais au contraire nous jugeons une chose bonne parce que nous la désirons » La thèse de Spinoza vient appuyer ton raisonnement. C’est important car en philosophie il n’y a pas d’argument d’autorité. Ce n’est pas parce qu’un philosophe a dit quelque chose que cela a nécessairement de la valeur. Ce qui importe on l’a vu c’est la démarche, c’est le raisonnement qui conduit à cette conclusion.
III. Nouvelle idée donc nouvelle partie. A nouveau il te manque une transition entre les deux idées « le désir rend les choses désirables « et le désir est l’essence de l’homme ».
Si l’homme est un être de désir, qu’il peut désirer des choses pour lui et donc se condamner au malheur tout en recherchant le bonheur. Comment l’homme peut-il faire pour désirer et être heureux être heureux ?
- Il peut apprendre à ne pas désirer. C’est l’ataraxie d’Epicure.
- Mais le désir comme nous l’avons vu dans la première partie est aussi source de créativité pour l’homme. Non seulement le désir est ce qui porte l’homme vers le monde, mais le désir c’est ce qui va lui permettre de développer sa propre humanité. C’est ainsi que pour Spinoza, « le désir est l’essence de l’homme ». Donc le problème ici ce n’est pas de ne plus désirer, mais d’éduquer notre désir.
La conclusion est trop vague et donc n’est pas satisfaisante, car ta réflexion n’est pas abouti. Tu te contentes en fait de résumer la dernière partie.
EXEMPLE 3 Corrigé à partir de la copie de Laura
→ Du bon usage des citations et des éléments de cours.
DEVELOPPEMENT
Méthode : il faut toujours partir d’une analyse du sujet de la dissertation. Les connaissances que tu mets en œuvre (étymologie, références) doivent te permettre, dans un premier temps de développer le questionnement.
Si tu poses l’étymologie du mot désir, c’est parce que ce qui est en jeu dans ce sujet de dissertation c’est la définition philosophique du désir (répondre à la question « Qu’est-ce que le désir ? »). Il faut le préciser. L’étymologie n’est qu’un point de départ qui va nous servir à poser un problème.
I°partie : l’homme ne désire que ce qui est bon
Ta référence au Banquet de Platon est maladroite. Si tu utilises Platon, c’est parce qu’il te permet de répondre à la question posée. Donc tu dois t’approprier tes connaissances et les reformuler en fonction de la question posée. Tout ce qui ne sert pas à répondre à la question posé ne doit pas être retenu. Par exemple « Cette contemplation de la vérité est qualifiée de dialectique ascendante, elle est représentée dans l’Allégorie de la caverne, lors du passage de la « vérité des ombres » à la découverte du reflet ». L’aspect métaphysique du « monde des idées » est repris au IV° siècle par Saint Augustin dans les Confessions… » Cette digression est inutile. Ici tu poses en les empilant des connaissances sans te les approprier. Ton travail ressemble plus à de l’histoire des idées, qu’à une réflexion philosophique. Du coup tu minores les idées importantes qui te seraient utiles dans ton développement, car tu ne les développes pas. « Selon Saint-Augustin, le désir est un désir de l’absolu », « il est de l’essence même du désir d’être déçu ou insatisfait …. C’est pourtant la volonté de satisfaire ses désirs qui permet à l’homme d’avancer, d’exister ».
Dans ta première partie l’idée qu’il faut démontrer est que l’on ne désire que ce qui est bon.
- A) – 1) Etymologie du mot désir qui nous amène à l’idée de l’absence ou du manque. Ici tu pouvais utiliser la référence à Freud à laquelle tu fais allusion dans ta troisième partie concernant la dimension nostalgique du désir : le désir c’est la recherche d’un bonheur perdu, celui que le nouveau-né aurait connu dans sa relation à sa mère dans les toutes premières années de son existence.
– 2) Le désir c’est par définition le manque. Tu illustres alors cette idée par le mythe d’Eros en utilisant la partie qui concerne la généalogie d’Eros, fils de Pôros et de Pénia, de la Ressource et de l’indigence.
- B) On ne désire que ce qui nous manque, on ne peut donc désirer que le bon ou le bien c’est-à-dire la satisfaction. Ici tu utilises la partie du mythe dans lequel Platon explique que l’amoureux désire avant tout la beauté parce que la beauté est ce qui nous permet d’accéder au souverain bien (au plus désirable pour l’homme) la vérité. L’homme qui désire être lui-même, c’est-à-dire être un homme digne de ce nom ne peut que désirer la beauté et la vérité, le bien.
II° Partie : L’homme peut désirer que ce qui est mauvais pour lui
- A) Le désir c’est l’essence de l’homme. L’homme est un être de désir. Il construit son humanité dans la recherche de la satisfaction de ses désirs. C’est ici qu’il fallait mettre la citation de Bachelard « l’homme est création du désir et non pas du besoin ». Dans cette partie tu développes la distinction désir/besoin afin de montrer la spécificité du désir humain.
B) -1) Pour approfondir ta réflexion, tu opposes maintenant la thèse de Spinoza à la thèse de Platon évoquée dans la première partie de ton développement : pour Platon on ne désire que ce qui est par définition désirable (la beauté), pour Spinoza c’est notre désir qui rend les choses belles ou désirables.
– 2) Ici pour faire écho à ta première partie tu peux donner en exemple le sentiment amoureux et la thèse de la cristallisation chez Stendhal.
C) en conséquence l’homme peut désirer ce qui est mauvais pour lui. [ici ta réflexion a évolué puisque tu as dépassé la thèse de la première partie].
III° partie : l’homme doit apprendre à désirer le bon.
A) Platon : la nature duale de l’homme. [C’est ici que tu pouvais utiliser l’Allégorie de la caverne, en montrant que l’homme qui cherche le bien doit se détacher des illusions du corps et de la sensibilité].
B) Le désir vise l’absolu (Saint Augustin), à moins de ne croire en Dieu, il ne peut être satisfait. L’homme sans Dieu est donc condamné au malheur. Si l’homme s’entête à rechercher le bonheur comment alors pourra-t-il le trouver ?
C) Désir et bonheur
- 1) L’ataraxie : si l’essence de l’homme est le désir (II° partie) et que le désir est la source du malheur de l’homme (I° partie) alors l’homme doit apprendre à ne pas désirer. Il doit se contenter de satisfaire ses besoins afin de ne souffrir d’aucuns déséquilibres (Epicure).
- 2) Apprendre à désire c’est adapter ses désirs à l’ordre du monde (Epictète, Descartes). [C’est dommage que tu ne développes pas plus, si tu donnes une citation, tu dois en expliquer l’intérêt, c’est-à-dire montrer comment cette question permet de répondre à la question posée.]
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le désir