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La technique – explication d’un texte philosophique (sections technologiques)

Dimanche 26 février 2012

photographie d’August SANDERS

Préparation au baccalauréat – sections technologiques

sujet 3 : explication d’un texte philosophique

 

Texte

Ce n’est pas parce qu’il a des mains que l’homme est le plus intelligent des êtres, mais c’est parce qu’il est le plus intelligent des êtres qu’il a des mains. En effet, l’être le plus intelligent est celui qui est capable de bien utiliser le plus grand nombre d’outils : or, la main semble bien être non pas un outil, mais plusieurs. Car elle est pour ainsi dire un outil qui tient lieu des autres. C’est donc à l’être capable d’acquérir le plus grand nombre de techniques que la nature a donné l’outil de loin le plus utile, la main. Aussi ceux qui disent que l’homme n’est pas bien constitué et qu’il est le moins bien pourvu des animaux (parce que, dit-on, il est sans chaussures, il est nu et n’a pas d’armes pour combattre), sont dans l’erreur. Car les autres animaux n’ont chacun qu’un seul moyen de défense et il ne leur est pas possible de le changer pour un autre, mais ils sont forcés pour ainsi dire, de garder leurs chaussures pour dormir et pour faire n’importe quoi d’autre, et ne doivent jamais déposer l’armure qu’ils ont autour de leur corps ni changer l’arme qu’ils ont reçu en partage. L’homme, au contraire, possède de nombreux moyens de défense, et il lui est toujours loisible d’en changer et même d’avoir l’arme qu’il veut et quand il veut. Car la main devient griffe, serre, corne, ou  lance ou épée ou toute autre arme ou outil. Elle peut être tout cela parce qu’elle est capable de tout saisir et de tout tenir. »

Aristote, Les parties des animaux

 

Questions

Remarques : les questions se divisent en deux types de questions :

-      Il y a d’abord des questions qui visent à expliquer le texte. La lecture du texte doit donc être méthodique ; L’explication doit être la plus précise et détaillée possible.

-      Il y a pour finir une dernière question qui est une question de réflexion sur le thème du texte. Dans cette question, en s’appuyant sur ses connaissances et sur les éléments de compréhension du texte qu’il a dégagé, l’élève construit une argumentation pour répondre à la question posée.

 

1.  Donnez la thèse du texte et les étapes de l’argumentation.

 

Conseils de méthode pour réussir lexercice :

Pour répondre à cette question il faut chercher :

-   1) le thème du texte

-   2) la question posée par le texte (qui porte sur le thème du texte)

-   3) la thèse du texte (qui répond à la question posée par le texte)

-   4) les étapes de l’argumentation (on découpe précisément le texte en indiquant le début et la fin de la partie ; on résume chaque partie à l’aide d’une phrase ; il doit y avoir une seule idée par partie ; chaque partie doit contenir une idée différente)

Thème : L’homme ou la main de l’homme

Question posée par le texte : Pourquoi l’homme a-t-il des mains ?

Thèse du texte : L’homme a des mains car il est le plus intelligent des êtres.

Thèse opposée (vue en cours) : l’homme a des mains car il est l’être vivant le plus faible ou le plus démuni (Mythe de Prométhée, thèse de Protagoras exposée par Platon)

Plan du texte (étapes de l’argumentation) :

Le découpage du texte doit être précis. Il y a une seule idée par partie.Chaque partie doit pouvoir être résumée en une phrase. 

-        1° partie :

Lignes 1-8 : Thèse du texte : l’homme est le plus intelligent des êtres parce qu’il a des mains.

-       2° partie :

Lignes 8-15  (« Aussi ceux qui disent… »): Critique de la thèse de Platon (l’homme est le plus démuni des animaux c’est pour cela qu’il a des mains)

-       3° partie :

Lignes 16- 20 (« L’homme au contraire… »): La main est l’outil des outils.

2.  Pourquoi les mains sont-elles caractéristiques de l’homme ?

Pour Aristote, la main est la caractéristique de l’homme. C’est-à-dire que l’usage de la main définit l’homme et le distingue des autres animaux.

-       Pour Aristote la main est le prolongement de l’intelligence. L’homme est le seul être possédant la raison ou le logos. La raison et l’usage de la main vont conditionner le rapport de l’homme au monde. L’animal est dans un rapport immédiat à la nature. A chaque problème qu’il rencontre la nature a prévu une réponse en le dotant d’organes adaptés. Pour l’homme c’est différent. Le rapport de l’homme au monde se fait par la médiation de la pensée et de la technique qui est une certaine façon de penser le monde. Lorsque l’homme rencontre un problème, il ne peut compter que sur lui-même pour trouver une solution (même si selon Aristote c’est la nature qui a doté l’homme de la raison et des mains)

-       La main est un organe très particulier, polyvalent qui n’est pas spécialisé dans une seule fonction comme le sont les organes des autres animaux. Cela permet à l’homme de s’adapter plus facilement à son environnement.

Remarque : Les anthropologues font correspondre l’apparition de l’humanité à l’acquisition de la bipédie par l’homme. Le passage à la station debout à libéré l’usage de la main, qui était jusqu’alors principalement utilisée pour le déplacement. Cette évolution s’est accompagnée en parallèle d’un développement du cerveau humain. Ce qui distingue cette approche de l’humanisation de l’homme de la thèse d’Aristote, c’est que pour l’anthropologie l’homme est d’abord un homo faber (un homme qui fabrique) avant d’être un homo sapiens (un homme qui raisonne). La main et l’expérimentation du monde qu’elle permet ont une influence sur la formation des capacités cognitives de l’homme. (voir question suivante)

3. Qu’est-ce qui vient en premier : les mains in et le rôle de l’intelligence est-elle importante ?

Pour Aristote l’intelligence est déterminante. C’est elle qui guide la main dans ses activités. La distinction entre la main et l’intelligence est importante car on pourrait aussi penser que la main dans sa capacité à expérimenter le monde peut façonner l’intelligence humaine et lui permettre de développer de nouvelles capacités cognitives. C’est sur ce point que les résultats de l’anthropologie divergent des thèses d’Aristote.

4.     Expliquez les phrases suivantes : « C’est donc à l’être capable d’acquérir le plus grand nombre de techniques que la nature a donné l’outil de loin le plus utile, la main. Aussi ceux qui disent que l’homme n’est pas bien constitué et qu’il est le moins bien pourvu des animaux (parce que, dit-on, il est sans chaussures, il est nu et n’a pas d’armes pour combattre), sont dans l’erreur ».

Première phrase :

Cette première phrase expose la thèse d’Aristote :

Si la nature a donné à l’homme des mains c’est dans un but précis. Parce que l’homme est doté de raison et est le plus intelligent des êtres, il saura  bien se servir de ses mains. Son intelligence et ses mains permettront à l’homme d’acquérir le plus grand nombre de techniques. Cela fera  non seulement de l’homme, l’animal le mieux doté de la nature, mais cela fera surtout de l’homme un être humain.

La nature ne fait rien en vain, si elle attribue à un être vivant une capacité c’est dans un but bien précis. Pour les Grecs la nature est un tout, dans lequel chaque être, chaque chose a sa place et réalise ce pourquoi il est fait. La répartition des capacités est  réfléchie en fonction de ces objectifs. L’homme a été doté d’une raison et de main pour réaliser son humanité. L’homme ne peut quitter la condition animale et se réaliser dans son humanité que dans l’usage de la raison à travers le savoir et le savoir-faire.

Deuxième phrase :

« Ceux qui pensent que… » Ici Aristote fait allusion à la thèse de Protagoras rapportée par Platon dans le Mythe de Prométhée de Protagoras, thèse qu’il conteste « …sont dans l’erreur ».

Pour  Protagoras l’homme est le plus démuni des animaux.

A l’origine de l’humanité, Zeus confia aux deux frères Prométhée et Epiméthée la tâche de distribuer aux êtres vivants des capacités leur permettant de survivre dans la nature et d’assurer la pérennité de leur espèce. Epiméthée voulut se charger de la distribution, mais il oublia de garder des capacités pour les hommes. Aussi quand vint le tour de l’homme, il ne lui restait plus rien. Dépourvu de toute capacité lui permettant de survivre dans la nature, l’homme se retrouva être le plus faible et le plus démuni des animaux.

Pour pallier à cette faiblesse originelle Prométhée vola la technique et le feu aux dieux pour les offrir aux hommes. La technique n’est donc ici qu’une prothèse artificielle qui vient compenser la faiblesse naturelle de l’homme.

Question de réflexion

5.      La technique permet-elle à l’homme de s’affranchir des contraintes liées à sa condition naturelle ?

Méthode : Jusqu’à présent les questions visaient à expliquer le texte. Cette question est une question de réflexion qui permet de discuter de la thèse du texte et d’élargir la réflexion. Ici le  correcteur  s’attache à évaluer les capacités argumentatives de l’élève. La réponse doit donc être construite. Il faut faire une courte introduction, un développement structuré, une conclusion.

Ici même sans documents supplémentaires on pouvait traiter la question. Il fallait procéder comme pour une dissertation et problématiser la question.

• Dans un premier temps, il fallait analyser au brouillon le sens de la question posée : Ici la question porte sur la signification de la technique pour l’homme. (Quel sens à la technique pour l’homme ? Que nous révèle la technique sur la condition humaine ?)  —–> Remarque : on retrouve le thème du texte d’Aristote.

• On peut repérer dans la formulation de la question une première thèse ou une première réponse à la question posée : la technique est un instrument de libération pour l’homme.

• On peut déjà entrevoir que la thèse adverse sera : la technique est un instrument d’asservissement de l’homme.

• Pour que notre réponse soit satisfaisante, il serait souhaitable de trouver par la suite une troisième thèse qui nous sorte de l’alternative pour/contre la technique.

• On a  à notre disposition deux thèses : celle de Platon - la technique pallie à la faiblesse originelle de l’homme, et   celle d’Aristotela technique est la marque de la condition humaine. Elle distingue l’homme des autres espèces vivantes, et lui donne un avantage par sa grande adaptabilité au milieu.

→ Dans les deux thèses la technique libère l’homme. Cependant cette libération n’a pas le même sens pour les deux philosophes.

-       Pour Platon la technique permet à l’homme de gagner une liberté de mouvement : il peut faire en quelque sorte plus de choses que ne le permettrait sa condition naturelle. Mais cette liberté est ambivalente car l’homme est dépendant de ses prothèses techniques. Si on lui enlève, il devient le plus faible des animaux.

-       Pour Aristote, la technique émancipe l’homme. Puisqu’elle est l’expression du logos (de la raison, ou de la faculté de penser le monde), elle modifie en profondeur (de façon « essentielle ») le rapport de l’homme à la nature. En transformant la nature grâce à son savoir-faire, l’homme instaure une rupture entre lui et la nature. Par cette rupture l’homme s’émancipe : il quitte la condition animale pour s’élever à la condition humaine. Dans la condition humaine, l’homme développe des capacités que ne possède pas l’animal : la capacité de raisonner et de connaître le monde, la capacité de décider pour lui-même. Cette capacité de décider pour soi, c’est ce qu’on appelle la liberté du jugement ou l’autonomie. Elle est à proprement parler la marque de l’humanité en l’homme.

 

♦ Pour approfondir la question voir sur le blog le cours La technique

Exemple d’introduction propsée à partir du travail de Lola E.

Dans Les parties des animaux, Aristote défend l’idée que l’homme est un animal technicien, capable de tout entreprendre pour satisfaire ses besoins. Mais la technique lui-permet-elle de s’affranchir de ses conditions naturelles ? L’homme peut-il oublier qu’il reste un être naturel parmi les autres ? Dans une première partie nous verrons que la technique définit la condition humaine et détermine les rapports de l’homme à son milieu, le distinguant ainsi de toutes les autres espèces vivantes. Mais l’homme aujourd’hui a peut-être présumé de ses forces et se trouve confronté à des situations qu’il a pour la plupart générées en désirant acquérir toujours plus de puissance, et situations qui le dépassent. Dans une troisième partie nous verrons que si l’homme  veut s’assurer un avenir, il doit désormais de toute urgence repenser son rapport à la nature.

Exemple de plan :

I. La technique libère l’homme du besoin et de la nécessité.

Méthode :  il est utile de commencer le développement avec une définition générale de la technique afin de savoir de quoi on parle précisément.

Définition de la technique : la technique est l’ensemble des moyens qui permettent de réaliser une fin. (Remarque : cette définition est importante car elle ne réduit pas la technique à l’outil ou à la machine. La technique est d’abord une façon de penser : un savoir-faire).

La thèse de Protagoras : le Mythe de Prométhée – la technique pallie à la faiblesse originelle de l’homme.

Insuffisance de la thèse de Protagoras : La liberté qu’acquiert l’homme n’est qu’une liberté de mouvement, si on retire à l’homme ses prothèses techniques, l’homme reste le plus démuni des êtres vivants. Cette liberté de mouvement est illusoire, non seulement l’homme reste soumis aux contraintes liées à sa condition naturelle mais il est dépendant de ses prothèses techniques.

II. La technique émancipe l’homme

La thèse d’Aristote : la technique est la marque de l’humanité en l’homme.

En travaillant (transformant) la nature, l’homme humanise le milieu dans lequel il vit en lui imprimant sa marque et en même temps, l’homme se construit comme un être humain.

La thèse de Descartes : les progrès de la science et de la technique font de l’homme le maître et le possesseur de la nature. Aujourd’hui le progrès des sciences et des techniques n’ont plus pour finalité la satisfaction des besoins de l’homme mais la puissance. Grâce aux sciences et aux techniques l’homme peut désormais affirmer sa suprématie sur l’ensemble de la nature.

III. Sans réflexion éthique sur son usage et son développement, la technique asservit l’homme.

- Le progrès technique permet aujourd’hui de produire l’homme lui-même et d’accroître la domination de l’homme sur l’homme (part exemple les progrès du génie génétique pourraient permettre de produire un homme parfait qui n’aurait plus rien de naturel).

- L’homme est capable de fabriquer des objets techniques (les « moyens sans fin ») dont il est incapable de maîtriser les effets (par exemple la bombe atomique) qui menacent l’avenir de l’humanité.

- La quête de  puissance a déséquilibré les rapports de l’homme à la nature. Aujourd’hui les conséquences de l’activité humaine menacent l’avenir de l’humanité (réchauffement climatique, gazs à effet de serre)

Le problème n’est pas du côté de la technique ou des moyens mais du côté des fins, des objectifs que l’homme se donne. En poursuivant un idéal de puissance, les hommes se sont pris les pieds dans leur propre démesure. Il est temps pour nous de revenir à davantage de mesure et de rééquilibrer nos rapports à la nature et à notre propre nature : le développement technique doit s’accompagner d’une réflexion éthique.

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Exercice : La formation de l’esprit scientifique

Dimanche 10 octobre 2010

 ♦ Travail en classe, évalué, permettant de voir si les élèves ont acquis les techniques de la lecture méthodique d’un texte de philosophie. La durée était de 2 heures afin de permettre à chaque élève de travailler à son rythme. Des exercices préparatoires avaient familiarisés les élèves avec le type de questions posées. Le but de cette premère évaluation est de faire le point sur les compétences acquises par les élèves, compétences indispensables pour pouvoir travailler un texte philosophique et de remédier immédiatement aux écarts qui pourraient s’instaurer entre les élèves dès le début de l’année.

♦ En ce qui concerne la question réflexion, le thème avait été annoncé (l’opinion)  pour que les élèves qui le souhaitent puissent faire des recherches personnelles. Ce thème était en relation avec le texte de Karl Jaspers  étudié précédemment, les élèves avaient donc la possibilité de se contenter de réinvestir leurs connaissances nouvellement acquises. Pour l’instant aucune contrainte formelle n’a été imposée sur cette partie de l’exercice, exercice  surtout destiné à accumuler des matériaux pour préparer la formation à l’exercice de la dissertation philosophique.

  

Objectif :

préparation à l’épreuve de l’explication d’un texte philosophique

la lecture méthodique d’un texte philosophique

 

 

fractales

« La science dans son besoin d’achèvement comme dans son principe   s’oppose absolument à l’opinion. S’il lui arrive, sur un point particulier de légitimer l’opinion, c’est pour d’autres raisons que celles qui fondent l’opinion ; de sorte que l’opinion a, en droit[1], toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l’opinion[2] ; il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffirait pas, par exemple de la rectifier sur des points particuliers, en maintenant, comme une sorte de morale provisoire. L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout il faut savoir poser des problèmes et quoiqu’on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes. C’est véritablement ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. »

 Gaston BACHELARD, La formation de l’esprit scientifique, 1938

Notes du texte
[1]  « en droit » signifie ici dans son principe, dans ce qui la fonde. 

[2] On peut définir très généralement l’opinion comme une « une représentation collective » (E. DURKHEIM), comme « un jugement collectif porté sur un fait ou sur une croyance par une société donnée » ( A. Lalande) L’opinion a donc une dimension sociale ou collective  qui fonde son autorité et qui fait qu’elle s’impose à l’individu.

Questions de compréhension :

 1) Quel le thème du texte ?

 2) A quelle question répond ce texte ?

 3) Quelle est la thèse du texte ?

 4) Quelles sont les étapes de l’argumentation ?

( Je divise le texte en plusieurs parties. Je résume en une phrase l’idée contenue dans chaque partie et je précise la relation logique qui lie les parties entre elles. Je ne me contente pas de découper le texte.)

 5) Expliquer « l’opinion a, en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas. Elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. »

 6) Expliquer : « S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. » 

→ Question de réflexion :

Doit-on se libérer de ses opinions ?

 

  

  

  

  

CORRECTION

  

Remarque : La difficulté du texte est que les élèves se sont retrouvé face à un texte opposant deux notions : l’opinion et l’esprit scientifique. Comme le mot « opinion  » est répété 7 fois dans le texte ils en ont déduit que le texte portait sur l’opinion (ce qui était un mauvais calcul) . Or ici le texte est construit sur une opposition entre l’opinion qu’il faut justement rejeter pour lui préférer l’esprit scientifique. L’opinion est donc un thème secondaire dont la fonction est de mettre en valeur les caractéristiques de l’esprit scientifique selon Gaston Bachelard

  

CORRECTION

le thème : la science (la connaissance) ; l’esprit scientifique ; la démarche scientifique.

la question posée par le texte : « comment procède la science » ? ou « qu’est-ce qui caractérise (définit) l’esprit scientifique » ?

la thèse du texte : La science détruit les opinions et les évidences. Elle procède par questionnement, en construisant des problèmes à résoudre.

  

Remarques: pour l’instant il n’y a toujours qu’un seul thème par texte et donc par voie de conséquence un seule question et une seule thèse répondant à cette question. Il doit y avoir une cohérence entre le thème, la question et la thèse. Cette cohérence nécessaire permet de s’auto-évaluer.

Si le thème et la thèse choisis par l’élève ne portent que sur une partie du texte, c’est qu’il y a un problème. Beaucoup d’élèves ont choisi comme thème l’opinion. Souvent en arrivant au travail sur l’argumentation (plan) du texte, ils pouvaient se rendre compte par eux même-qu’il y avait un problème.

Autres réponses intéressantes  : Maéna, Kristel nous proposent comme thèse : l’esprit scientifique, comme question posée par le texte : « comment se forme l’esprit scientifique » ? Mais elles donnent ensuite une thèse incomplète : par exemple « on forme l’esprit scientifique en détruisant l’opinion ». Cette réponse n’est pas satisfaisante car elle ne précise pas en quoi consiste cet esprit scientifique. C’est pour cela qu’il souvent très utile  de revenir à la question philosophique de base « qu’est-ce que…..? »

Les étapes de l’argumentation

1°partie du texte - Lignes 1 à 2 : Dans la première phrase du texte Gaston Bachelard oppose la science et l’opinion. Il annonce qu’il prendra le partie de la science (« l’opinion a en droit toujours tort« ).

2°partie du texte- Lignes 2 à 4 : Gaston Bachelard   caractéristiques de l’opinion et montre son incapacité à établir une quelconque certitude.

3° partie du texte-Lignes 4 à la fin : Gaston bachelard caratérise l’esprit scientifique par sa capacité à poser les bonnes questions  en construisant des problèmes à résoudre (thèse du texte).

Remarque : on pouvait aussi se contenter de diviser le texte en deux parties:

I° partie : L ‘opinion ne peut fonder aucune certitude ou connaissance vraie (lignes 1 à 4)

II° Partie : L’esprit scienctitifique consiste  d’abord à construire des problèmes (lignes 4 à la fin)

Résumer en une phrase l’idée contenue dans la partie permet de vérifier la pertinence de notre découpage du texte, si plusieurs phrases sont nécessaires c’est que le découpage n’est pas satisaisant.

  

Questions de compréhension du texte :

□ Expliquer « l’opinion a, en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas. Elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. »

• Pour expliquer le texte il était important de donner une définition de l’opinion, définition indispensable pour comprendre pourquoi l’opinion  »a en droit, toujours tort ». Il fallait également préciser le sens du verbe « penser ». Il fallait aussi s’interroger sur l’opposition utilité /connaissance.

AYSE :  »Si l’on reprend la définition de DURKHEIM,  l’opinion peut être définie comme un jugement collectif. C’est cette dimension sociale et collective qui s’impose à l’individu et qui légitime à ses yeux  ses opinions. Elle a une dimension subjective. L’opinion relève donc davantage de la croyance que de la connaissance.  la croyance est un sentiment subjective de certitude qui ne repose pas nécessairement sur une preuve ou une connaissance scientifique.  Or penser ce n’est pas simplement avoir des opinions, ou avoir des certitudes. penser c’est réfléchir, c’est soumettre ses opinions à l’examen critique de la raison. Lorsque Gaston Bachelard écrit « l’opinion pense mal ; elle ne pense pas ». Il veut dire que deux dangers menancent le savoir. le premier consiste à croire que toute opinion particulière et subjective a une portée universelle, ce qui conduit don détenteur a vouloir l’imposer en refusant le débat. Le deuxième consiste à renoncer à rechercher la vérité. dans les deux cas l’opinion est donc un obstacle à la science qui ne peut pas se développer ».

Remarque : Comme beaucoup d’autres d’élèves mis en difficulté part le texte,  Ayse a « oublié » d’expliquer la dernière phrase!

□  Expliquer : « S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. »

  

  

Question de réflexion:

  

Remarques- extraits de bonnes copies- erreurs à éviter    

  

DANS L’INTRODUCTION

Méthode - Il est utile de préciser l’intérêt ou l’actualité de la question de la question posée et d’en préciser l’enjeu. Par exemple :

Dans nos démocraties l’opinion semble jouer un rôle décisif. Quelqu’en soit le sujet, les sondages d’opinion se succèdent comme s’ils étaient déterminants dans chaque décision  politique. Il est donc important de réfléchir sur le fondement de nos opinions.

Méthode : avant de répondre à la question posée de la il est judicieux de la « mettre en question« . De se demander par exemple ce que pouvait bien sous-entendre le verbe « se libérer« . Cette démarche est ensuite très utile pour construire la problématique de la dissertation.

Alexandra :  » Se libérer de l’opinion est-ce l’oublier ou seulement s’en détacher »?

MAIS ATTENTION DE NE PAS REFORMULER LE SUJET PROPOSE !

Par exemple, Virginie : « Le problème est de savoir s’il est bon de libérer ses opinions ? Au sens de « libérer » j’entends dévoiler, laisser libre cours à sa pensée, à son jumenent« .Ici on peut féliciter Virginer de définir le verbe »libérer » mais attention ici il s’agit du verbe « se libérer« , ce qui n’a mas les mêmes conséquences pour la suite du développement. Reformuler le sujet comme le fait Virginie « Est-il bon de libérer ses opinions ? » alors que la question posée au départ était  » Doit-on se libérer de ses opinions ?« peut conduire à un hors-sujet dans le sens où l’élève ne répond pas à la question qui est posée.

DANS LE DEVELOPPEMENT

Nicolas : » Avant de se poser la question de savoir si l’on doit se libérer de nos opinions, il est nécessaire de s’en poser une autre : d’où viennent nos opinions ? Emile Durkheim défint généralement l’opinion comme une « représenatation collective, comme un jugement collectif porté sur un fait ou sur une croyance par une société donnée. L’opinion s’impose donc aux individus parce qu’elle a une dimensuion sociale et collective qui fonde son autorité ».

 Méthode : la démarche de Nicolas qui consiste à définir le sens des mots avant de répondre au problème  est ce que l’on attend dans une dissertation de philososophie.

A partir de cette définition de DURKHEIM, Alexandra construit une ébauche de problématique :

→ 1) définition de Durkheim

Attention: la dimension collective de l’opinion ne suffit pas à la disqualifier. Les théories scientifiques sont aussi des représentations collectives.

→ 2) conséquences de cette définition :

- a) L‘opinion a donc un sens positif car elle marque l’appartenance à un groupe et permet la cohésion de ce groupe.

- b) L’opinion a un aspect négatif car elle tend à uniformiser notre façon de penser;

- c) Pour affirmer notre singularité il faudrait donc « se libérer » de l’opinion.

Autres éléments de définition de l’opinion :

Alexandra :  » L’opinion est marquée par notre subjectivité. Elle résulte souvent d’un calcul avantages/inconvénients lié à nos intérêts. Ce qui fait dire à Gaston bachelard qu’elle est davantage l’expression de nos besoins que le résultat de la recgeherche d’un savoir vrai. L’opinion exprime notre positionnement dans le monde ».

Les élèves ont relevé comme caractéristitiques de l’opinion :

- l’opinion est subjective. Flora « l’opinion nous ressemble ».

- l’opinion est vraisemblable. Elle peut ressembler à la vérité parce qu’on la considère qu’on certaine. Cela n’implique pas pour autant qu’elle soit vraie.

- Ele est marquée par la pluralité : à une question répondent souvent plusieurs opinons. Pierre et Julien remarquent très justement que cette pluralité des opinions peut être source de conflit.

- Julien souligne comme Alexandra que « l’opinion est déterminée par les intérêts de celui qui la formule ». Il retrouve ainsi le texte de Bachelard pour qui « l’opinion ne pense pas; Elle traduit des besoins en connaissances ».

Il était intéressant dans le développement de se réapproprier l’idée de Bachelard selon laquelle exprimer son opinion ce n’est synonyme de penser, réfléchir ou juger.

Il était utile ici d’utiliser le travail fait sur le texte de Kark Jaspers (cf. Qu’estce que la philosophie ?) et de se réapproprier l’opposition dogmatisme/connaissance.

• la définition donnée dans le cours du verbe critiquer (examiner la valeur de ) était aussi très utile.

DANS LA CONCLUSION

  

Marion ( Excuse moi si je me suis permis de remettre un peu d’ordre et de développer ton idée) :  » L’opinion ne doit pas être rejetée, mais elle doit être utilisée avec discernement et s’appuyer sur des connaissances objectives. L’homme est un être libre qui doit décider de ses actions, dans cetains domaines comme la politique ou la morale il n’existe pas de connaissances objectives. Avoir des opinions est donc nécessaire, car elles interviennent dans tous les choix et les décisions que nous devront prendre pour agir dans le monde. Ce qui importe c’est de comprendre ce qui fonde nos opinions « .

Remarque – qualité du travail : le travail de Marion est très satisfaisant car même si pour l’instant Marion ne dispose pas de tous les éléments lui permettant de développer ses intuitions (nous ne sommes qu’au début de l’année) son argumentation débouche sur une prise de position personnelle. Penser par soi-même un problème est l’objectif de tout travail philososophique. Bravo!

  

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terminée, en cours de réalisation

  

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La méthode de l’explication de texte – l’introduction

Jeudi 23 septembre 2010

REDIGER L’INTRODUCTION D’UNE EXPLICATION DE TEXTE.

A la suite du travail d’explication du texte de Karl Jaspers (voir  introduction du cours 2010-2011 : qu’est-ce que la philosophie ?), nous allons maintenant rédiger l’introduction de l’explication de texte.

 L’objectif de l’introduction est de présenter les grandes lignes du travail à venir. Sur quel thème porte l’extrait à expliquer ? Quel problème l’auteur se propose-t-il de résoudre ? Quelle thèse sera défendue ?  Quelles sont les étapes de l’argumentation ? Sur quelle question ou quel problème ce texte ouvre-t- il une discussion ?

Ce travail a déjà été préparé au brouillon. rédiger l’introduction c’est donc faire une synthèse d’éléments déjà identifiés lors des lectures préparatoires à l’explication du texte. Ainsi la rédaction de l’introduction n’offre aucune difficulté particulière si le travail préparatoire a été fait méthodiquement. La seule difficulté peut consister dans l’annonce de la discussion du texte, puisqu’il vaut mieux trouver un problème qui soit stimulant pour la réflexion et qui permette à l’élève de mettre en valeur ses connaissances philosophiques.

Exemples d’introduction :

Marianne : «  Dans ce texte de 1965, extrait de l’ouvrage « introduction à la philosophie », Karl Jaspers s’interroge sur la nature de la philosophie qu’il définit comme « l’amour du savoir » et « la recherche de la vérité ». Son point de vue s’appuie sur une double opposition du savant au philosophe, de la philosophie au dogmatisme. Mais on peut cependant se demander si le dogmatisme n’est pas un moment nécessaire de la recherche de la vérité ? »

Rouh :  » Dans son texte de 1965, « Introduction à la philosophie », Karl Jaspers définit le philosophe comme « l’amoureux du savoir » et l’oppose au savant qui « possède la vérité. Mais quel est donc l’intérêt de rechercher ce que l’on ne devra jamais posséder ? »

Julie :  » Introduction à la philosophie » est un texte de Karl Jaspers qui tente de nous faire comprendre la nature de la philosophie. Pour l’auteur la philosophie est avant tout une démarche :  « philosopher c’est être en route ». Elle s’oppose ainsi au dogmatisme. On peut cependant se demander si le savant et le philosophe sont si éloignés l’un de l’autre ? Le philosophe n’a-t-il pas besoin de connaissances pour ensuite les remettre en question? »

Thibault : « Le texte de Karl Jaspers,  » Introduction à la philososophie », paru en 1965 a pour thème la philosophie. L’auteur s’interroge sur la définition de la philosophie qui est pour lui, avant tout, « amour du savoir » et « recherche de la vérité ». Pour cela il oppose les philosophes aux savants. La question que nous pose plus généralement ce texte est la suivante : face au savoir vaut-il mieux se comporter en savant ou en philosophe ?

Morgane : « ce texte, « introduction à la philosophie » de karl Jaspers a pour thème la philosophie. En effet l’auteur s’interroge sur ce qu’est la philosophie. La philosophie est l’amour du savoir et la recherche de la vérité. Pour cela Karl Jasper oppose la philosophie et le dogmatisme. Mais l’opposition entre le philosophe et le savant est-elle aussi radicale ? »

Jéremy :  » Dans ce texte écrit en 1965, Karl Jaspers nous présente la démarche philosophique. Pour lui la philosophie est amour du savoir et recherche de la vérité, elle s’oppose au dogmatisme. Ce texte nous interroge plus largement sur la frontière qui sépare savoir et ignorance, fontière qui est loin d’être évidente« .


2010-2011 INTRODUCTION : QU’EST-CE QUE LA PHILOSOPHIE ?

Mercredi 15 septembre 2010

 

 

Pour commencer notre année de philosophie, nous allons travailler sur un texte du philosophe allemand Karl JASPERS (XX° siècle) afin d’essayer d’entrevoir ce que peut bien enseigner la philosophie, discipline nouvelle qui reste très mystérieuse pour un élève de terminale.

En même temps nous mettrons progessivement en place les bases méthodologiques de l’exercice intitulé « explication d’un texte philosophique« , dont la maîtrise est nécessaire pour l’épreuve du baccalauréat qui couronne l’année scolaire.

 

Exercice 1 

lire méthodiquement un texte

  

« Le mot grec « philosophe » (philosophos) est formé par opposition à sophos. Il désigne celui qui aime le savoir, par différence avec celui qui possédant le savoir, se nomme savant. Ce sens persiste encore aujourd’hui : l’essence de la philosophie c’est la recherche de la vérité non sa possession, même si elle se trahit elle-même, comme il arrive souvent, jusqu’à dégénérer en dogmatisme, en un savoir mis en formules, complet, transmissible par l’enseignement. Faire de la philosophie c’est être en route. Les questions en philosophie sont plus essentielles que les réponses, et chaque réponse devient une nouvelle question ».

 Karl JASPERS, Introduction à la philosophie,1965.

 

Questions de compréhension du texte

1)     Quel est le thème du texte ?

2)     Quelle est la question posée par le texte ?

3)     Sur quelle opposition se construit le texte ?  

4)     Quelle est la thèse du texte ?

5)     Comment le texte définit-il le dogmatisme ?

 6)   Pourquoi le dogmatisme s’oppose-t-il à l’attitude philosophique ? ( la réponse doit être développée, il est conseillé de travailler au brouillon)

  

Correction de l’exercice

 Remarques

- Immédiatement certains élèves ont été mis en difficulté dans la  lecture du texte qui ne contient pourtant pas de difficulté majeure. Certains élèves ont été tout simplement déstabilisés par l’usage du mot « dogmatisme » et ne se sont pas rendu compte qu’il était défini dans le texte. Ils se sont tout simplement arrêtés de lire  le texte au mot dogmatisme.

 → Pas de panique :  Pour lire un texte , il faut remettre les termes utilisés dans l’extrait proposé qui en éclaire le sens. D’un texte à l’autre la signification d’un terme peut varier, il n’est pas nécessaire de comprendre le sens de chaque mot pris un à un, par contre, il faut toujours remettre les termes utilisés dans leur contexte .

 - Certains élèves ont eu des difficultés pour distinguer le thème et la thèse du texte.

 → Le thème est l’objet général du texte, autrement dit de quoi ça parle, indépendamment de l’approche choisie par l’auteur et de l’opinion (la thèse)  de l’auteur

  

Le thème du texte proposé ici est « la philosophie », tout simplement.

  

 Remarque :

- répondre que le thème du texte est « la définition de la philosophie » n’est pas satisfaisant car déjà on annonce l’approche choisie par l’auteur, ainsi que la thèse du texte

Méthode : Etre capable de saisir le thème général du texte permettra par la suite lorsque vous aurez acquis une culture philosophique de mobiliser vos connaissances autour de ce thème pour débattre avec l’auteur du texte

 Méthode : Chaque texte de philosophie est une réponse à une question ou un problème posé. Cette question peut être clairement posée dans le texte ou être implicite. Pour trouver la thèse du texte il est très utile de poser la question soulevée par le texte à laquelle la thèse du texte répond. Cette question porte sur le thème général du texte.

 

La question posée dans ce texte est :

« qu’est-ce que la philosophie » ?

  

Remarques :

- Il est plus simple de répondre sous la forme d’une question mais la réponse « A travers ce texte  Karl Jaspers recherche le sens de la philosophie » est une réponse satisfaisante.

-  Poser la question « la philosophie est-ce la recherche de la vérité et non sa possession ou bien un savoir en formules où ne découle aucune réflexion ? » n’est pas satisfaisant dans la mesure où la question posée donne la réponse attendue.

Exemple de question qui passe à côté du texte et qui montre que l’élève n’a pas compris le texte : « L’attitude philosophique n’a-t-elle pas évolué à l’encontre de ses valeurs de départ au fil du temps ? »

Dans certains cas le texte donne à penser et soulève par conséquent un certain nombre de questions qui ne sont pas la question posée par le texte mais qui résultent de la réponse apportée. Par exemple «  Comment peut-on chercher la vérité sans vouloir la posséder ? »

 La réponse à cette question sera la thèse du texte.

 La philosophie est définie dans ce texte comme l’amour du savoir et la recherche de la vérité.

 Guillaume C. nous propose une excellente réponse car il ne paraphrase pas le texte, ce qui montre qu’il a compris le texte et se l’est approprié :« Ce texte soutient la thèse selon laquelle la philosophie contrairement au dogmatisme, doit chercher le savoir sans prétendre jamais l’avoir[définitivement] trouvé. Le philosophe se doit de n’avoir aucune certitude et « d’être sans cesse en route » vers le savoir.

 Méthode : Pour pouvoir évaluer son travail il est important de comprendre la relation entre le thème/la question posée/ la thèse du texte.

-   La question posée se rapporte au thème.

La thèse du texte est une réponse à cette question.

Si ces trois éléments ne peuvent pas être mis en relation, cela signifie qu’il y a une erreur de compréhension du texte.

 → La thèse d’un texte est généralement le résultat d’une démonstration ou d’une argumentation. Il sera donc important ensuite d’affiner la compréhension de la thèse en repérant les différentes étapes de l’argumentation.

  

Dans cet exemple, comme le texte est très court, on pouvait juste relever que l’exposé de la thèse se construit autour d’une double opposition  philosophe / le savant, philosophie /dogmatisme.

 Remarque :

Beaucoup d’élèves ont eu semble-t-il du mal à repérer les termes principaux de l’opposition et ont relevé plutôt l’opposition entre « recherche du savoir/possession du savoir ». Ce n’est pas faux mais cela  traduit un manque de méthode dans l’approche du texte.

  → La définition du dogmatisme :

Le dogmatisme désigne une attitude par rapport au savoir. Le « savant » dogmatique  se contente d’apprendre des connaissances toutes faites, qu’il tient pour vraies. Ici le terme « savant » est synonyme d’érudition (posséder beaucoup de connaissances).

Dans ce texte le mot dogmatisme a une valeur péjorative soulignée par l’utilisation du verbe « dégénérer ». Le dogmatisme renvoie à une attitude rigide face au savoir. Le savant dogmatique tient ses connaissances pour vraies et n’est pas prêt à les remettre en question.

  → Pour reprendre la réponse de  Sébastien :  « Tout d’abord le dogmatisme et l’attitude philosophique ont pour but de répondre à des questions. Cependant l’intérêt n’est pas le même ; En effet le dogmatisme s’attache d’abord à la réponse. Il veut un résultat unique, définitif, [Charlotte rajoute : universel], clair, net et précis qui réponde à son questionnement. Alors que la philosophie s’intéresse non au résultat, mais à la recherche du résultat ».

 Timothée : « le savoir dogmatique est un savoir composé d’idées arrêtées et  de questions résolues. »

Le dogmatisme s’oppose à l’attitude philosophique car alors que le savant reste figé dans un savoir qu’il considère comme achevé, le philosophe, lui est toujours en mouvement. Il ne se satisfait jamais des réponses apportées à ses questions, chaque réponse appelant une nouvelle question. Alors que le savant est persuadé savoir avec certitude, l’attitude philosophique consiste à considérer que rien n’est jamais définitivement acquis et qu’il ne saurait se satisfaire des réponses qu’il trouve à ses questions. Cependant Karl Jaspers remarque que le dogmatisme reste une tentation pour la philosophie.

  

Remarques :

 On pouvait comme Mounir ou Pierre utiliser l’exemple du dogme religieux pour expliquer le sens du mot dogmatisme. Un dogme religieux est une vérité qui repose sur l’autorité d’un texte  religieux. Il s’affirme comme une vérité unique et exclusive de toute autre. Il ne peut être discuté ou remis en question.

Il est intéressant de remarquer que certains élèves n’ont pas pu définir le mot dogmatisme dans la question 5, certainement parce que le mot leur semblait trop effrayant. Mais qu’ils ont, en quelque sorte malgré eux, fait ce travail de définition pour répondre à la question 6, qui reprenait la question 5 mais était formulée différemment. Il aurait été constructif de revenir alors sur la question 5 pour effectuer des corrections.

  

● Des élèves ont fait des remarques très intéressantes sur le texte qui peuvent ouvrir le débat :

Yassine remarque que le dogmatisme qui fige la pensée s’oppose à la liberté de pensée. Pierre  souligne lui, la liberté de la recherche philosophique.

Pierre remarque qu’il n’y a pas nécessairement une opposition radicale entre le philosophe et le savant, puisque le philosophe a besoin d’accumuler des connaissances, pour ensuite s’en écarter.

Mathieu remarque que l’attitude philosophique ne va pas de soi et demandera certainement un effort contre nature à l’homme qui préfèrera toujours la facilité des idées préconçues. Il s’étonne d’ailleurs que certains puissent préférer la difficulté de la réflexion. Le constat fait par Mathieu rejoint celui que faisait déjà Descartes au XVII° siècle, qui développe la même idée dans ses Méditations.

Maylis remarque que le dogmatisme conduit inévitablement à une uniformisation de la pensée tandis que l’attitude philosophique permet de construire une réflexion personnelle.

Kevin remarque qu’apprendre ce n’est pas synonyme de raisonner. Le savant apprend. Le philosophe raisonne.

Doriane et Alix  font le parallèle entre le dogmatisme et l’attitude « scolaire ».

 

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Correction de l’explication du texte de Kant :  » L’ homme a besoin d’un maître » (exercice en 4 heures baccalauréat blanc)

Mercredi 11 mars 2009

Photographie de la foule lors de l’investtiture de barack Obama

                                                                                    

 

 

TEXTE A EXPLIQUER

 

 

 

 

L’homme est un animal qui, du moment où il vit parmi d’autres individus de son espèce, a besoin d’un maître. Car il abuse à coup sûr de sa liberté à l’égard de ses semblables ; et, quoique, en tant que créature raisonnable, il souhaite une loi qui limite la liberté de tous, son penchant à l’égoïsme l’incite toutefois à se réserver, dans toute la mesure du possible, un régime d’exception pour lui-même. Il lui faut donc un maître qui batte en brèche sa volonté particulière et le force à obéir à une volonté universellement valable, grâce à laquelle chacun puisse être libre.

 

Mais où va-t-il trouver ce maître ? Nulle part ailleurs que dans l’espèce humaine. Or ce maître, à son tour est, tout comme lui, un animal qui a besoin d’un maître. De quelque façon qu’il s’y prenne, on ne conçoit vraiment pas comment il pourrait se procurer, pour établir la justice publique, un chef juste par lui-même : soit qu’il choisisse à cet effet une personne unique, soit qu’il s’adresse à une élite de personnes triées au sein d’une société. Car chacune d’elles abusera toujours de la liberté si elle n’a personne au-dessus d’elle pour imposer vis-à-vis d’elle-même l’autorité des lois.

 

Emmanuel KANT

 

 

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question

                                                                      

 

 

EXPLICATION DU TEXTE

Eléments de correction

 
 
REMARQUES
 

 

- 1) L’explication de ce texte avait été préparée en cours notamment avec l’explication du texte de Kant sur « l’insociable sociabilité » de l’homme. Certains élèves ont encore du mal à réinvestir leurs connaissances, souvent parce que ces connaissances sont trop approximatives.
 
 
- 2) Expliquer le texte précisément, dans le détail ne veut pas dire « désarticuler » le texte. Il est important de toujours ramener chaque élément, chaque partie du texte à l’ensemble, de ne jamais perdre de vue la cohérence globale du texte. 
  

- 3) Préparation du travail au brouillon:  

Dans ce texte, en se basant sur l’étude des champs lexicaux on peut  distinguer trois grandes thématiques possibles:

- l’animalité

- la maîtrise  

- la liberté

 

Le texte explique le rapport entre « le besoin d’un maître », l’animalité et la liberté humaine.Le thème de la maîtrise semble le plus important. Le texte semble l’opposer aux thèmes de l’animalité et de la liberté.  La première lecture du texte fait ressortir l’idée que la domination d’un maître permet de limiter les abus de la liberté de l’homme car ce dernier conserve une part d’animalité.

 

La difficulté principale rencontrée par les élèves a résidé dans l’interprétation du mot « maître » .

 

 

Introduction

 

L’introduction présente le problème soulevé par le texte ainsi que les étapes de sa résolution. Elle doit être synthétique.

Il faut appliquer les consignes données et se demander :

-         Quel est le thème du texte ?

-         Quel est le problème (lié au thème) soulevé par le texte ?

-         Comment l’auteur résout-il ce problème ? Autrement dit quelle est la thèse du texte ? [on peut noter aussi au brouillon les thèses adverses qui seront ensuite utiles pour discuter la thèse de l'auteur]

-         Quelles sont les étapes de l’argumentation ?

 

  • Dans la rédaction de l’introduction on reprend ces éléments auxquels on peut ajouter:

- l’intérêt ou l’actualité du problème et le point sur lequel on se propose de discuter la thèse de l’auteur.

 

Exemple :

 Le thème abordé dans ce texte est la liberté, plus précisément la liberté politique. L’auteur pose la question suivante : Connaissant la nature foncièrement égoïste  de l’homme, comment peut-on réaliser la justice, synonyme de liberté ou de respect des droits de chacun, en société ? Kant ne voit qu’une réponse possible : pour que les hommes soient libres, il leur faut un maître ! Cette réponse peut paraître paradoxale au premier abord car l’idée de domination ou d’obéissance, excluent la liberté. Nous sommes donc face à une contradiction qu’il nous faudra dépasser pour comprendre les enjeux du texte…

 

Explication détaillée du texte.

 

[Phrase 1] L’homme est un animal qui, du moment où il vit parmi d’autres individus de son espèce, a besoin d’un maître.

Dans l’état de nature, c’est-à-dire en dehors de toute société organisée, l’homme est déterminé dans ses comportements – comme n’importe quel « animal » -  par la satisfaction de ses besoins et de ses intérêts particuliers, cette tendance cette inclination de l’homme est désignée par Kant, dans la suite du texte sous le terme d’égoïsme. cela explique que lorsque les hommes  vivent en société [« parmi d'autres individus de son espèce »], ils aient besoin d’une autorité, d’un « maître ». Pourquoi la vie en société exige-t-elle l’existence d’une autorité ? C’est ce qu’explique la phrase suivante.

 

Remarque : Ici on rencontre la difficulté principale du texte : le mot « maître ».  Dans son explication de texte, l’élève ne peut faire l’économie d’une définition de ce terme. Deux sens sont possibles : 1) le maître c’est celui qui représente la contrainte ou la domination ; 2) le maître, au sens socratique du terme, c’est celui qui éduque, qui « guide » son élève qui lui apprend à devenir un homme [c'est une thématique qui a été étudiée au premier trimestre].  A ce niveau du texte il est difficile de se prononcer sur le sens à donner au mot « maître ». Il faut donc souligner la difficulté et garder à l’esprit les deux sens.

 

[Phrase 2] Car il abuse à coup sûr de sa liberté à l’égard de ses semblables ; et, quoiqu’en tant que créature raisonnable, il souhaite une loi qui limite la liberté de tous, son penchant à l’égoïsme l’incite toutefois à se réserver, dans toute la mesure du possible, un régime d’exception pour lui-même.

Dans l’état de nature, la liberté se définit comme une liberté de mouvement : être libre c’est faire ce que l’on veut, c’est ne rencontrer aucun obstacle ou aucun empêchement à la réalisation de son vouloir. Ainsi, les hommes soumis à la satisfaction de leurs intérêts particuliers auront tendance à « abuser de leur liberté » : ils chercheront à imposer leur volonté aux autres par la force ou par la ruse et à satisfaire leurs besoins au détriment des autres. Il faut avoir à l’esprit que dans l’état de nature tout est permis, aucune règle morale, aucune loi n’encadrent les comportements. la seule loi qui me guide c’est celle de mon « égoïsme ». (Remarque: ici l’égoïsme c’est la tendance qui me pousse à satisfaire mes besoins et mes intérêts pour survivre. Le mot n’a aucune connotation morale; être « égïste » ce n’est ni bien, ni mal, c’est juste un comportement naturel).

Cependant l’homme est aussi une « créature raisonnable ». Pour Kant cela signifie deux choses . D’une part,  la raison est la capacité qui permet à l’homme de mettre en relation, de calculer, de juger quel est le moyen le plus efficace de satisfaire ses intérêts.  L’homme vivant à l’état de nature est donc en mesure de juger par lui-même que l’efficacité de la force ou de la ruse est toute relative. Je ne suis jamais sûre d’être toujours le plus fort ou le plus rusé. Aussi il est donc beaucoup plus intéressant pour moi de convaincre les autres de s’associer avec moi, de passer  un pacte de »non-agression » qui prendra la forme d’un contrat fixant des règles ou des limites à mes actions. On peut penser que tous les individus feront le même calcul et accepteront, parce que c’est dans leur intérêt, de se soumettre à une autorité, la loi, qui restreindra leur liberté de mouvement. Ils ne pourront plus faire ce qu’ils veulent, mais seulement ce qui est autorisé ou qui n’est pas interdit par la loi.( On retrouve ici le raisonnement de Hobbes, et il est intéressant de développer le parallèle entre les deux penseurs).

Or Kant ne perd pas de vue que l’homme qu’il étudie et qu’il décrit est son contemporain. Qu’il ne s’agit pas d’un homme abstrait, théorique. Il remarque donc que même si l’homme est prêt à faire des concessions pour vivre avec les autres, son égoïsme naturel ne le quitte pas lorsqu’il vit en société. Ainsi même s’il accepte de se soumettre à l’autorité de la loi, l’individu cherchera toujours à biaiser le contrat social afin d’obtenir pour lui-même les conditions les plus avantageuses s’il en a la possibilité , au détriment des autres si nécessaire. On peut faire deux remarques : 1) l’égoïsme naturel des hommes est une menace permanente pour la société qui doit s’en prémunir[on retrouve cette idée chez Freud, dans Malaise dans la civilisation] 2) on peut en déduire, que l’homme ne cherchera pas spontanément dans le contrat l’égalité devant la loi. S’il a la garantie d’être le plus fort, et s’il peut de ce fait être le chef, il préfèrera le régime despotique ou tyrannique qui sera à son avantage.

 

Mais pour Kant,  la raison c’est aussi la faculté qui nous porte vers la réalisation de l’universel, c’est-à-dire vers la réalisation du genre humain ou de l’humanité. [ C'est le moment de se souvenir que Kant est un philosophe des Lumières]. L’homme et le seul être capable de se donner des valeurs collectives pour agir (par exemple la solidarité, la liberté, la justice…), valeurs qui dépassent la satisfaction de ses intérêts particuliers et qui contribuent à fonder une collectivité ou une société. Car vivre en société, c’est partager des valeurs communes (cf. texte d’Aristote « l’homme est un animal politique) valables pour tous les membres de la communauté. Tel est le sens du mot « universel ».

Ici on peut développer le texte en montrant que nous ne vivons pas en société simplement pour satisfaire nos intérêts privés. mais que nous avons besoin de la vie en société pour nous émanciper, c’est-à-dire quitter la condition animale et  réaliser notre « humanité ».

 

[Phrase 3] Il lui faut donc un maître qui batte en brèche sa volonté particulière et le force à obéir à une volonté universellement valable, grâce à laquelle chacun puisse être libre.

L’idée développée dans cette phrase est paradoxale : puisque qu’à la fois Kant prône la nécessité » d’une autorité qui « force » chacun à « obéir »,  et en même temps cette autorité est la condition  qui permettra à chacun d’être libre.

L’égoïsme naturel de l’homme, qu’il prenne la forme de la guerre de tous contre tous dans l’état de nature ou de la tyrannie,  est une menace permanente pour la société et pour l’humanité dans son ensemble. Il doit donc amener  chaque individu à renoncer ou à dépasser son égoïsme. Le problème est de savoir comment ? Nous sommes ici face à la difficulté soulevée dès la première phrase qu’il nous faut maintenant résoudre.

Il semble difficile de former une collectivité ou une société uniquement à partir de l’usage de la force ou de la contrainte, de la peur ou de la violence. Car même si dans ce cas la liberté politique minimale garantie par le contrat, se limite à la sécurité de chacun contre la violence des autres, rien ne garantit le citoyen contre la violence du chef. On peut utiliser l’argumentaire de Jean-Jacques Rousseau dans Le contrat social. Il démontre que dans ce cas là le pacte social, par lequel chacun renonce à sa liberté de mouvement pour se soumetre à la volonté du monarque, est un faux contrat ; que la force ne peut en aucun cas fonder le droit. Le droit suppose la respect des libertés individuelles. Le maître ne pourra donc pas être le monarque absolu de Hobbes ou le tyran.

Il nous reste la seconde hypothèse, le maître est celui qui « éduque » à la liberté et qui apprend à chacun à être son propre maître. Ici on peut approfondir le texte en discutant des modalités de l’apprentissage, ou de l’éducation  à la citoyenneté. Comment dans un Etat va-t-on apprendre aux individus à se comporter de façon libre et responsable ? Quel sens alors donner à la notion de liberté, car dans ce cas il ne s’agira pas de faire ce que l’on veut ? Que veut dire alors l’adjectif responsable?

 

[Phrase 4] Mais où va-t-il trouver ce maître ? [phrase5] Nulle part  ailleurs que dans l’espèce humaine.

Cette remarque peut sembler étrange mais il faut se souvenir que Kant vit au XVIII° siècle, et qu’à cette époque le fondement du pouvoir politique c’est l’autorité religieuse. Pour Kant la religion ne peut en aucun cas fonder l’autorité du maître car d’une part la religion prône l’obéissance au dogme religieux sans recourir à l’usage critique de la raison, et d’autre part la religion subordonne la liberté et la responsabilité de l’homme à l’amour de Dieu. Dans le vocabulaire de Kant on peut dire que la religion maintient l’homme dans l’hétéronomie (qui s’oppose à l’autonomie synonyme de liberté). La religion n’éduque pas l’homme à la liberté et ne peut donc contribuer à établir une société dans laquelle chacun sera libre.

Cette remarque peut ouvrir une discusion sur les relations entre liberté politique et laïcité.

 

[Phrase 6] De quelque façon qu’il s’y prenne, on ne conçoit vraiment pas comment il pourrait se procurer, pour établir la justice publique, un  chef juste par lui-même : soit qu’il choisisse à cet effet une personne unique, soit qu’il s’adresse à une élite de personnes triées au sein d’une société. [Phrase 7] Car chacune abusera toujours de la liberté si elle n’a personne au-dessus d’elle pour imposer vis-à-vis d’elle-même l’autorité des lois.

Dans la dernière partie du texte, Kant pose le problème – sans y répondre- de la constitution d’une République, dans laquelle chacun vise l’intérêt commun et non son intérêt personnel, et dans laquelle chacun puisse vivre librement dans le respect de ses droits et de ceux d’autrui. Comment garantir la justice ? Que le pouvoir soit dans les mains d’un seul homme, ou d’un groupe d’hommes, il n’en sont pas moins hommes et peuvent d’être tentés d’abuser de leur position.

 Puisque l’homme n’obéit pas spontanément aux lois, et se réserve naturellement « un régime d’exception », il s’agit donc d’instaurer un système où le pouvoir – l’autorité – est contrôlé et où le peuple dans son ensemble participe à la construction des lois. Ce système est mis en place aujourd’hui dans les démocraties qui appliquent le principe de séparation des pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire. Chacun exerçant sur les autres un pouvoir de contrôle.

Ici, au terme de l’explication de texte, puisque Kant ne répond pas,  peut s’ouvrir une discussion de philosophie politique sur les fondements  d’un régime politique libéral (qu respecte les libertés individuelles) et démocratique (qui respecte la volonté du peuple). Qu’est- ce qui fonde un « Etat libre » comme l’écrirait Spinoza ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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