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Explication de texte : Que disons-nous lorsque nous affirmons qu’un corps « existe » ? (texte de BERKELEY)

Vendredi 2 mars 2012


image du film matrix

Il semble évident que les diverses impressions ou idées imprimées sur les sens […] ne peuvent exister autrement que dans un esprit qui les perçoit. Je pense qu’une connaissance intuitive de cela peut s’obtenir par quiconque fera attention à ce que veut dire le terme « exister » lorsqu’il est appliqué aux choses sensibles. Je dis que la table sur laquelle j’écris existe, c’est-à-dire que je la vois et je la touche ; et si, je n’étais pas dans mon bureau, je dirai que cette table existe, ce par quoi j’entendrais que, si j’étais dans mon bureau, je pourrai la percevoir ; ou bien que quelque autre esprit la perçoit actuellement. « Il y eut une odeur «  c’est-à-dire, qu’elle fut sentie ; « il y eu un son », c’est-à-dire, il fut entendu ; « il y eut une couleur ou une figure » ; elle fut perçue par la vue ou le toucher. C’est tout ce que je puis entendre par des expressions telles que celles-là. Car, quant à ce que l’on dit de l’existence absolue de choses non pensantes, sans aucun rapport avec le fait qu’elles soient perçues, cela semble parfaitement inintelligible. L’esse de ces choses-là c’est leur percipi ; et il n’est pas possible qu’elles aient une existence quelconque en dehors des esprits ou des choses pensantes qui les perçoivent.

Berkeley, Principes de la connaissance humaine

 

Présentation du travail préparatoire au brouillon :

 

  1. 1.   Lecture globale du texte :

Ces éléments seront ensuite repris pour rédiger l’introduction du commentaire de texte qui présente synthétiquement le problème posé par le texte, la thèse du texte et les problèmes soulevés par cette thèse.

Thème :

Question posée par le texte :

- Thèse du texte 

- Thèse opposée 

- Etapes de l’argumentation 

 

Tous ces éléments seront ensuite repris pour rédiger l’introduction. La fonction de l’introduction est de présenter l’explication de texte : on va donc d’une part poser le problème soulevé par le texte, d’autre part présenter la thèse du texte et les étapes de l’argumentation. Si la thèse de l’auteur soulève un problème qui ouvre ensuite une discussion,  on annonce la discussion.

 

 

1. Correction (travail qu’il faut effectuer au brouillon afin d’avoir une grille de lecture du texte)

 

Thème : l’existence (des choses sensibles)

Question posée par le texte : Que veut dire exister pour une chose sensible ? (ligne 4 « que veut dire le verbe »exister » lorsqu’il est appliqué aux choses sensibles »)

Thèse : Exister c’est être perçu. (ligne 13 « l’esse de ces choses-là, c’est leur percipi »)

La thèse adverse est la thèse de Descartes portant sur l’existence absolue  de la substance étendue (les corps, ou dans le langage de Berkeley, les « choses non-pensantes »).

Remarque : Berkeley ne remet pas en question l’existence des corps, il dit simplement que leur existence étant relative à l’esprit qui perçoit, nous ne pouvons avoir à leur propos aucune certitude.

 

Plan de l’argumentation

I° partie (lignes 1à 4): Berkeley pose le problème qu’il va examiner. L’existence de l’esprit est une évidence. Mais que veut dire exister pour les choses sensibles ou les corps ?

II° partie (ligne 4 à 11) : Berkeley expose le problème à l’aide d’exemples. ON ne peut connaître l’existence d’une chose que par la perception.

III° Partie : Berkeley expose la thèse du texte : Par conséquent Exister pour une chose sensible, c’est être perçu. Rien de plus

 

 

 

2.   Explication détaillée du texte

 

Phrase 1 – Il semble évident que les diverses impressions ou idées imprimées sur les sens […] ne peuvent exister autrement que dans un esprit qui les perçoit.

[Remarque : Dans cette première phrase, ce qui est en jeu c’est l’existence de l’esprit, ce n’est pas encore l’existence des choses sensibles. Ce n’est qu’une fois qu’on aura démontré l’existence de l’esprit que l’on pourra en déduire le mode d’existence des choses sensibles ; il est important de suivre la progression de l’exposition, c’est pour cela qu’on explique le texte pas à pas, phrase par phrase.]

Berkeley fait un constat général qu’il considère comme une vérité acquise (utilisation du mode impersonnel « il semble ») : il ne peut y avoir de sensations que parce que qu’il existe un esprit qui les perçoit. L’existence de l’esprit est par conséquent une certitude.

Berkeley distingue ici la sensation de la perception : la sensation est la donnée brute des sens, la perception est l’interprétation de ces données par l’esprit.

L’évidence c’est ce qui s’impose à notre esprit avec une telle force qu’on ne peut pas en douter, de la même façon que le Cogito. D’ailleurs si tu y réfléchis bien, ici on peut faire le parallèle avec le raisonnement de Descartes lorsque ce dernier met en œuvre le doute méthodique : s’il y a des idées, des doutes, des sensations ou des perceptions (quelle que soit pour l’instant leur valeur ou leur signification), c’est parce qu’il existe un être qui produit ces idées, ces doutes, sensations ou ces perceptions.

Phrase 2 - Je pense qu’une connaissance intuitive de cela peut s’obtenir par quiconque fera attention à ce que veut dire le terme « exister » lorsqu’il est appliqué aux choses sensibles.

Cette connaissance est « intuitive ». Elle est accessible à tous (universelle). Elle s’impose à notre esprit. Comme Descartes, Berkeley pose comme évidente et certaine l’existence de l’esprit dans le monde. Cette affirmation est importante. Car si l’on peut affirmer avec certitude l’existence de l’esprit, on va voir que pour ce qui est des corps il en est tout autrement dans la mesure où nous n’avons de relation au monde extérieur à notre pensée QUE par l’intermédiaire des sens.

Il faut ici se rappeler que pour Descartes il existe deux substances dans le monde ou deux façons d’être au monde : l’esprit (la substance pensante), le corps (la substance étendue). Ce que Berkeley met en question ici c’est l’existence d’une substance étendue qui existerait par elle-même, indépendamment de la pensée.

Maintenant que l’existence de l’esprit est posée avec certitude, nous découvrons  dans cette deuxième phrase,  ce qui intéresse plus précisément Berkeley dans ce texte : l’existence des choses sensibles. Spontanément les hommes croient à l’existence de ce dont ils parlent. Mais dire que l’on perçoit ou sent cela ne prouve pas nécessairement l’existence de ce que l’on perçoit ou sent. Descartes l’avait montré en faisant l’hypothèse du rêve ou du malin génie.

Mialy R. « Lorsque l’on perçoit un objet ou une personne, on peut dire qu’il ou elle existe, qu’il est devant nous. Nous avons la certitude de cette déduction, sans chercher l’origine de notre croyance. De même que lorsque nous croyons à l’existence absolue, c’est-à-dire l’existence des choses qui ne sont pas matériels tel que Dieu ou une idée, on se dit tout de suite que cette existence est bien réelle, sans savoir ni chercher pourquoi nous pensons comme ceci. Ces déductions découlent donc de l’habitude, de notre façon de penser ».

Il est donc nécessaire de s’interroger sur ce que l’on met sous le mot « exister » lorsqu’on parle des choses sensibles. Berkeley a ici une démarche « critique » : son propos consiste à examiner (« faire attention ») ce nous mettons sous les mots « substance étendue » ou « matière » ou « choses sensibles ». Nous verrons alors que l’idée « d’existence » appliquée aux choses sensibles est bien différente de ce que l’on entend ordinairement.

 

Phrase 3  - Je dis que la table sur laquelle j’écris existe, c’est-à-dire que je la vois et je la touche ; et si, je n’étais pas dans mon bureau, je dirai que cette table existe, ce par quoi j’entendrais que, si j’étais dans mon bureau, je pourrai la percevoir ; ou bien que quelque autre esprit la perçoit actuellement.

Pour réfléchir à ce que peut signifier mot « exister » pour une chose sensible [il est très important de toujours faire le lien avec l’idée qui précède], Berkeley prend maintenant un exemple. La table sur laquelle j’écris est d’abord un ensemble de sensations produites par mon esprit, sensations que je perçois, où qui pourraient être perçues par un esprit, c’est-à-dire qui sont organisées par mon esprit qui  leur donner la signification d’une table. Que je sois là, à toucher la table, ou que j’imagine que je pourrai la toucher cela ne change rien.  La table c’est à la fois une action de mon esprit et un mot.  Elle n’existe pas en tant qu’objet du monde (étymologiquement l’objet c’est ce qui est jeté devant moi, devant ma conscience ou ma capacité de percevoir, et qui se tient là dans son extériorité).

La table n’est donc qu’un mot du langage. L’utilisation répétée du verbe « dire » est importante ici. Car non seulement  la critique touche la croyance spontanée en l’existence de nos sensations et de nos perceptions, mais elle touche aussi la représentativité des idées, c’est-à-dire la croyance  selon laquelle un mot ou une idée générale  désignerait une réalité.

Nous sommes donc  capables d’avoir des idées, des perceptions ou des représentations, sans pour autant que ces idées aient une réalité tangible à l’extérieur de mon esprit. La table est une production de mon esprit, elle n’existe pas à l’extérieur de mon esprit. C’est pour cela que le fait que je sois dans le bureau ou à l’extérieur du bureau ne change rien.

 

Phrase 4  - « Il y eut une odeur «  c’est-à-dire, qu’elle fut sentie ; « il y eu un son », c’est-à-dire, il fut entendu ; « il y eut une couleur ou une figure » ; elle fut perçue par la vue ou le toucher. Phrase 5  « C’est tout ce que je puis entendre par des expressions telles que celles-là ».

Pour Berkeley les odeurs, les sons, les couleurs, les idées ne sont que des productions de mon esprit, des pensées, et rien d’autre. L’odeur, c’est l’action de sentir, le son, c’est l’action d’entendre, la couleur ou la figure c’est l’action de voir. Par exemple Le rouge n’existe pas en tant que tel, le triangle n’existe pas en tant que tel, l’amertume n’existe pas en tant que telle. Ce sont des idées générales exprimées par le langage qui n’ont aucune correspondance dans une réalité extérieure à mon esprit.

Attention Berkeley réfute les thèses matérialistes, mais il réfute également les thèses idéalistes comme celle de Platon. Pour Platon, le triangle isocèle rouge que je perçois dans le monde sensible n’est qu’une apparence. Il n’est que la copie imparfaite de l’archétype du triangle qui se tient dans le monde intelligible, qui contrairement au triangle perçu, possède une réalité et une vérité absolue. Pour Berkeley l’idée du triangle est un concept du langage et n’a pas plus de réalité que le triangle perçu par la sensation.

Phrase 6 - Car, quant à ce que l’on dit de l’existence absolue de choses non-pensantes, sans aucun rapport avec le fait qu’elles soient perçues, cela semble parfaitement inintelligible.

Si nos sensations et nos perceptions ne sont que des idées produites par notre esprit, alors la démarche scientifique qui cherche à poser l’existence absolue  (c’est-à-dire l’existence en soi et pour soi, de façon autonome) de « choses non pensantes »  (les corps) est absurde. Dans la mesure où la réalité ne peut être donnée que par la médiation de notre esprit, ce que Kant appellera plus tard, « la chose-en-soi » nous est inaccessible. Les choses sensibles n’existent que « pour nous ».

Phrase 7  – L’esse de ces choses-là c’est leur percipi ; et il n’est pas possible qu’elles aient une existence quelconque en dehors des esprits ou des choses pensantes qui les perçoivent.

Dans la dernière phrase, Berkeley expose la thèse du texte. En conclusion, pour répondre à la question posée initialement par le texte, lorsqu’on dit  qu’une chose sensible « existe » on ne dit rien d’autre qu’elle est perçue ou pensée. En aucun cas on n’affirme quoique ce soit quand à son existence comme un objet se tenant dans le monde extérieur à notre esprit qui le pense.

 

 

 

3.   Pistes de discussions du texte

• Pour Berkeley puisque la réalité ne peut être donnée que dans la perception, il est absurde de chercher à connaître une réalité objective qui existerait indépendamment de nous et des formes de notre sensibilité ( lignes 11 – 13) . Ce que Kant appellera plus tard la « chose-en-soi ».Pour Berkeley comme pour Kant plus tard, les choses n’existent que « pour-nous ». Or connaître cette « chose-en-soi » c’est justement l’ambition de la science moderne–à Ici on a une piste qui ouvre la discussion sur le texte : puisqu’on peut dire qu’en réfutant l’idée qu’il puisse exister avec certitude une « substance étendue » au sens de Descartes (ce que l’opinion commune appelle « la matière »), on peut dire que Berkeley fait preuve de scepticisme : ce que je connais de la réalité du monde est relatif aux formes de ma perception et de mon esprit. L’idée d’une vérité absolue est absurde.

 

• Pour Berkeley, le fait de penser l’idée de Dieu, ne démontre pas l’existence de Dieu. Attention même si cette affirmation ouvre les portes à l’athéisme,  Berkeley ne dit pas que Dieu n’existe pas. L’existence de Dieu relève de la foi et pas de la science ou de la philosophie.

Kant reprendras cette idée en la formulant un peu différemment : si nous n’appréhendons les objets de la science ou de la raison que par l’intermédiaire de notre sensibilité, cela signifie que Dieu que nous ne pouvons ni sentir ni percevoir, n’est pas un objet de la raison (de l’entendement). Autrement dit qu’il est absurde de vouloir démontrer en faisant usage de la raison , l’existence ou la non existence de Dieu. Cette absurdité conduit la raison à des contradictions ou a des antinomies. La raison pouvant alors affirmer logiquement une chose et son contraire.

 

 


La technique – explication d’un texte philosophique (sections technologiques)

Dimanche 26 février 2012

photographie d’August SANDERS

Préparation au baccalauréat – sections technologiques

sujet 3 : explication d’un texte philosophique

 

Texte

Ce n’est pas parce qu’il a des mains que l’homme est le plus intelligent des êtres, mais c’est parce qu’il est le plus intelligent des êtres qu’il a des mains. En effet, l’être le plus intelligent est celui qui est capable de bien utiliser le plus grand nombre d’outils : or, la main semble bien être non pas un outil, mais plusieurs. Car elle est pour ainsi dire un outil qui tient lieu des autres. C’est donc à l’être capable d’acquérir le plus grand nombre de techniques que la nature a donné l’outil de loin le plus utile, la main. Aussi ceux qui disent que l’homme n’est pas bien constitué et qu’il est le moins bien pourvu des animaux (parce que, dit-on, il est sans chaussures, il est nu et n’a pas d’armes pour combattre), sont dans l’erreur. Car les autres animaux n’ont chacun qu’un seul moyen de défense et il ne leur est pas possible de le changer pour un autre, mais ils sont forcés pour ainsi dire, de garder leurs chaussures pour dormir et pour faire n’importe quoi d’autre, et ne doivent jamais déposer l’armure qu’ils ont autour de leur corps ni changer l’arme qu’ils ont reçu en partage. L’homme, au contraire, possède de nombreux moyens de défense, et il lui est toujours loisible d’en changer et même d’avoir l’arme qu’il veut et quand il veut. Car la main devient griffe, serre, corne, ou  lance ou épée ou toute autre arme ou outil. Elle peut être tout cela parce qu’elle est capable de tout saisir et de tout tenir. »

Aristote, Les parties des animaux

 

Questions

Remarques : les questions se divisent en deux types de questions :

-      Il y a d’abord des questions qui visent à expliquer le texte. La lecture du texte doit donc être méthodique ; L’explication doit être la plus précise et détaillée possible.

-      Il y a pour finir une dernière question qui est une question de réflexion sur le thème du texte. Dans cette question, en s’appuyant sur ses connaissances et sur les éléments de compréhension du texte qu’il a dégagé, l’élève construit une argumentation pour répondre à la question posée.

 

1.  Donnez la thèse du texte et les étapes de l’argumentation.

 

Conseils de méthode pour réussir lexercice :

Pour répondre à cette question il faut chercher :

-   1) le thème du texte

-   2) la question posée par le texte (qui porte sur le thème du texte)

-   3) la thèse du texte (qui répond à la question posée par le texte)

-   4) les étapes de l’argumentation (on découpe précisément le texte en indiquant le début et la fin de la partie ; on résume chaque partie à l’aide d’une phrase ; il doit y avoir une seule idée par partie ; chaque partie doit contenir une idée différente)

Thème : L’homme ou la main de l’homme

Question posée par le texte : Pourquoi l’homme a-t-il des mains ?

Thèse du texte : L’homme a des mains car il est le plus intelligent des êtres.

Thèse opposée (vue en cours) : l’homme a des mains car il est l’être vivant le plus faible ou le plus démuni (Mythe de Prométhée, thèse de Protagoras exposée par Platon)

Plan du texte (étapes de l’argumentation) :

Le découpage du texte doit être précis. Il y a une seule idée par partie.Chaque partie doit pouvoir être résumée en une phrase. 

-        1° partie :

Lignes 1-8 : Thèse du texte : l’homme est le plus intelligent des êtres parce qu’il a des mains.

-       2° partie :

Lignes 8-15  (« Aussi ceux qui disent… »): Critique de la thèse de Platon (l’homme est le plus démuni des animaux c’est pour cela qu’il a des mains)

-       3° partie :

Lignes 16- 20 (« L’homme au contraire… »): La main est l’outil des outils.

2.  Pourquoi les mains sont-elles caractéristiques de l’homme ?

Pour Aristote, la main est la caractéristique de l’homme. C’est-à-dire que l’usage de la main définit l’homme et le distingue des autres animaux.

-       Pour Aristote la main est le prolongement de l’intelligence. L’homme est le seul être possédant la raison ou le logos. La raison et l’usage de la main vont conditionner le rapport de l’homme au monde. L’animal est dans un rapport immédiat à la nature. A chaque problème qu’il rencontre la nature a prévu une réponse en le dotant d’organes adaptés. Pour l’homme c’est différent. Le rapport de l’homme au monde se fait par la médiation de la pensée et de la technique qui est une certaine façon de penser le monde. Lorsque l’homme rencontre un problème, il ne peut compter que sur lui-même pour trouver une solution (même si selon Aristote c’est la nature qui a doté l’homme de la raison et des mains)

-       La main est un organe très particulier, polyvalent qui n’est pas spécialisé dans une seule fonction comme le sont les organes des autres animaux. Cela permet à l’homme de s’adapter plus facilement à son environnement.

Remarque : Les anthropologues font correspondre l’apparition de l’humanité à l’acquisition de la bipédie par l’homme. Le passage à la station debout à libéré l’usage de la main, qui était jusqu’alors principalement utilisée pour le déplacement. Cette évolution s’est accompagnée en parallèle d’un développement du cerveau humain. Ce qui distingue cette approche de l’humanisation de l’homme de la thèse d’Aristote, c’est que pour l’anthropologie l’homme est d’abord un homo faber (un homme qui fabrique) avant d’être un homo sapiens (un homme qui raisonne). La main et l’expérimentation du monde qu’elle permet ont une influence sur la formation des capacités cognitives de l’homme. (voir question suivante)

3. Qu’est-ce qui vient en premier : les mains in et le rôle de l’intelligence est-elle importante ?

Pour Aristote l’intelligence est déterminante. C’est elle qui guide la main dans ses activités. La distinction entre la main et l’intelligence est importante car on pourrait aussi penser que la main dans sa capacité à expérimenter le monde peut façonner l’intelligence humaine et lui permettre de développer de nouvelles capacités cognitives. C’est sur ce point que les résultats de l’anthropologie divergent des thèses d’Aristote.

4.     Expliquez les phrases suivantes : « C’est donc à l’être capable d’acquérir le plus grand nombre de techniques que la nature a donné l’outil de loin le plus utile, la main. Aussi ceux qui disent que l’homme n’est pas bien constitué et qu’il est le moins bien pourvu des animaux (parce que, dit-on, il est sans chaussures, il est nu et n’a pas d’armes pour combattre), sont dans l’erreur ».

Première phrase :

Cette première phrase expose la thèse d’Aristote :

Si la nature a donné à l’homme des mains c’est dans un but précis. Parce que l’homme est doté de raison et est le plus intelligent des êtres, il saura  bien se servir de ses mains. Son intelligence et ses mains permettront à l’homme d’acquérir le plus grand nombre de techniques. Cela fera  non seulement de l’homme, l’animal le mieux doté de la nature, mais cela fera surtout de l’homme un être humain.

La nature ne fait rien en vain, si elle attribue à un être vivant une capacité c’est dans un but bien précis. Pour les Grecs la nature est un tout, dans lequel chaque être, chaque chose a sa place et réalise ce pourquoi il est fait. La répartition des capacités est  réfléchie en fonction de ces objectifs. L’homme a été doté d’une raison et de main pour réaliser son humanité. L’homme ne peut quitter la condition animale et se réaliser dans son humanité que dans l’usage de la raison à travers le savoir et le savoir-faire.

Deuxième phrase :

« Ceux qui pensent que… » Ici Aristote fait allusion à la thèse de Protagoras rapportée par Platon dans le Mythe de Prométhée de Protagoras, thèse qu’il conteste « …sont dans l’erreur ».

Pour  Protagoras l’homme est le plus démuni des animaux.

A l’origine de l’humanité, Zeus confia aux deux frères Prométhée et Epiméthée la tâche de distribuer aux êtres vivants des capacités leur permettant de survivre dans la nature et d’assurer la pérennité de leur espèce. Epiméthée voulut se charger de la distribution, mais il oublia de garder des capacités pour les hommes. Aussi quand vint le tour de l’homme, il ne lui restait plus rien. Dépourvu de toute capacité lui permettant de survivre dans la nature, l’homme se retrouva être le plus faible et le plus démuni des animaux.

Pour pallier à cette faiblesse originelle Prométhée vola la technique et le feu aux dieux pour les offrir aux hommes. La technique n’est donc ici qu’une prothèse artificielle qui vient compenser la faiblesse naturelle de l’homme.

Question de réflexion

5.      La technique permet-elle à l’homme de s’affranchir des contraintes liées à sa condition naturelle ?

Méthode : Jusqu’à présent les questions visaient à expliquer le texte. Cette question est une question de réflexion qui permet de discuter de la thèse du texte et d’élargir la réflexion. Ici le  correcteur  s’attache à évaluer les capacités argumentatives de l’élève. La réponse doit donc être construite. Il faut faire une courte introduction, un développement structuré, une conclusion.

Ici même sans documents supplémentaires on pouvait traiter la question. Il fallait procéder comme pour une dissertation et problématiser la question.

• Dans un premier temps, il fallait analyser au brouillon le sens de la question posée : Ici la question porte sur la signification de la technique pour l’homme. (Quel sens à la technique pour l’homme ? Que nous révèle la technique sur la condition humaine ?)  —–> Remarque : on retrouve le thème du texte d’Aristote.

• On peut repérer dans la formulation de la question une première thèse ou une première réponse à la question posée : la technique est un instrument de libération pour l’homme.

• On peut déjà entrevoir que la thèse adverse sera : la technique est un instrument d’asservissement de l’homme.

• Pour que notre réponse soit satisfaisante, il serait souhaitable de trouver par la suite une troisième thèse qui nous sorte de l’alternative pour/contre la technique.

• On a  à notre disposition deux thèses : celle de Platon - la technique pallie à la faiblesse originelle de l’homme, et   celle d’Aristotela technique est la marque de la condition humaine. Elle distingue l’homme des autres espèces vivantes, et lui donne un avantage par sa grande adaptabilité au milieu.

→ Dans les deux thèses la technique libère l’homme. Cependant cette libération n’a pas le même sens pour les deux philosophes.

-       Pour Platon la technique permet à l’homme de gagner une liberté de mouvement : il peut faire en quelque sorte plus de choses que ne le permettrait sa condition naturelle. Mais cette liberté est ambivalente car l’homme est dépendant de ses prothèses techniques. Si on lui enlève, il devient le plus faible des animaux.

-       Pour Aristote, la technique émancipe l’homme. Puisqu’elle est l’expression du logos (de la raison, ou de la faculté de penser le monde), elle modifie en profondeur (de façon « essentielle ») le rapport de l’homme à la nature. En transformant la nature grâce à son savoir-faire, l’homme instaure une rupture entre lui et la nature. Par cette rupture l’homme s’émancipe : il quitte la condition animale pour s’élever à la condition humaine. Dans la condition humaine, l’homme développe des capacités que ne possède pas l’animal : la capacité de raisonner et de connaître le monde, la capacité de décider pour lui-même. Cette capacité de décider pour soi, c’est ce qu’on appelle la liberté du jugement ou l’autonomie. Elle est à proprement parler la marque de l’humanité en l’homme.

 

♦ Pour approfondir la question voir sur le blog le cours La technique

Exemple d’introduction propsée à partir du travail de Lola E.

Dans Les parties des animaux, Aristote défend l’idée que l’homme est un animal technicien, capable de tout entreprendre pour satisfaire ses besoins. Mais la technique lui-permet-elle de s’affranchir de ses conditions naturelles ? L’homme peut-il oublier qu’il reste un être naturel parmi les autres ? Dans une première partie nous verrons que la technique définit la condition humaine et détermine les rapports de l’homme à son milieu, le distinguant ainsi de toutes les autres espèces vivantes. Mais l’homme aujourd’hui a peut-être présumé de ses forces et se trouve confronté à des situations qu’il a pour la plupart générées en désirant acquérir toujours plus de puissance, et situations qui le dépassent. Dans une troisième partie nous verrons que si l’homme  veut s’assurer un avenir, il doit désormais de toute urgence repenser son rapport à la nature.

Exemple de plan :

I. La technique libère l’homme du besoin et de la nécessité.

Méthode :  il est utile de commencer le développement avec une définition générale de la technique afin de savoir de quoi on parle précisément.

Définition de la technique : la technique est l’ensemble des moyens qui permettent de réaliser une fin. (Remarque : cette définition est importante car elle ne réduit pas la technique à l’outil ou à la machine. La technique est d’abord une façon de penser : un savoir-faire).

La thèse de Protagoras : le Mythe de Prométhée – la technique pallie à la faiblesse originelle de l’homme.

Insuffisance de la thèse de Protagoras : La liberté qu’acquiert l’homme n’est qu’une liberté de mouvement, si on retire à l’homme ses prothèses techniques, l’homme reste le plus démuni des êtres vivants. Cette liberté de mouvement est illusoire, non seulement l’homme reste soumis aux contraintes liées à sa condition naturelle mais il est dépendant de ses prothèses techniques.

II. La technique émancipe l’homme

La thèse d’Aristote : la technique est la marque de l’humanité en l’homme.

En travaillant (transformant) la nature, l’homme humanise le milieu dans lequel il vit en lui imprimant sa marque et en même temps, l’homme se construit comme un être humain.

La thèse de Descartes : les progrès de la science et de la technique font de l’homme le maître et le possesseur de la nature. Aujourd’hui le progrès des sciences et des techniques n’ont plus pour finalité la satisfaction des besoins de l’homme mais la puissance. Grâce aux sciences et aux techniques l’homme peut désormais affirmer sa suprématie sur l’ensemble de la nature.

III. Sans réflexion éthique sur son usage et son développement, la technique asservit l’homme.

- Le progrès technique permet aujourd’hui de produire l’homme lui-même et d’accroître la domination de l’homme sur l’homme (part exemple les progrès du génie génétique pourraient permettre de produire un homme parfait qui n’aurait plus rien de naturel).

- L’homme est capable de fabriquer des objets techniques (les « moyens sans fin ») dont il est incapable de maîtriser les effets (par exemple la bombe atomique) qui menacent l’avenir de l’humanité.

- La quête de  puissance a déséquilibré les rapports de l’homme à la nature. Aujourd’hui les conséquences de l’activité humaine menacent l’avenir de l’humanité (réchauffement climatique, gazs à effet de serre)

Le problème n’est pas du côté de la technique ou des moyens mais du côté des fins, des objectifs que l’homme se donne. En poursuivant un idéal de puissance, les hommes se sont pris les pieds dans leur propre démesure. Il est temps pour nous de revenir à davantage de mesure et de rééquilibrer nos rapports à la nature et à notre propre nature : le développement technique doit s’accompagner d’une réflexion éthique.

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EXPLICATION DE TEXTE : introduction à la méthode de l’explication d’un texte philosophique

Dimanche 7 novembre 2010

 

On pose la question de savoir si l’homme est par nature moralement bon ou mauvais. Il n’est ni l’un ni l’autre, car l’homme par nature n’est pas du tout un être moral ; il ne devient un être moral que lorsque sa raison s’élève jusqu’aux concepts du devoir et de la loi. On peut cependant  dire qu’il contient en lui-même à l’origine des impulsions menant à tous les vices, car il possède des penchants et des instincts qui le poussent d’un côté bien que la raison le pousse du côté opposé. Il ne peut donc devenir moralement bon que par la vertu, c’est-à-dire en exerçant une contrainte sur lui-même, bien qu’il puisse être innocent s’il est sans passion.

La plupart des vices naissent de ce que l’état de culture fait violence à la nature et  cependant notre destination en tant qu’hommes est de sortir du pur état de nature où nous ne sommes que des animaux.

 Emmanuel KANT

 

1) Travail en groupe

Déterminer

- le thème

- la question posée par le texte

- la thèse du texte

- les étapes de l’argumentation

2) Correction

Thème : l’homme

Question posée par le texte : L’homme est-il un être moral par nature ?

Thèse : Si l’on entend par « nature » l’ensemble des caractères innés de l’homme, l’homme n’est pas un être moral par nature. Cependant c’est l’exercice de la moralité qui permet à l’homme d’atteindre la condition humaine.  

Thèses adverses :Ici Kant s’oppose à la fois à Thomas Hobbes pour qui l’homme est mauvais par nature et à Jean-Jacques Rousseau pour qui l’homme est naturellement bon. Pour Kant, l’homme n’est ni mauvais, ni bon par nature.

Plan du texte :

Remarque – Il ne faut pas  se contenter ici de « saussissonner » le texte.

 1) Nous découpons le texte en plusieurs parties.

 2) Nous résumons chaque partie par une phrase. Ce qui nous permet de vérifier que nous maîtrisons le texte. Si nous ne pouvons faire ce travail de résumé (une idée par partie) c’est que notre découpage n’est pas satisfaisant. « cependant » est une articulation logique du texte. Il relie la première et la deuxième partie. La présentation du plan doit mettre en évidence cette articulation.

I° partie - lignes 1 à 4 : Kant présente la thèse du texte : l’homme n’est ni bon ni mauvais par nature.

II° partie – lignes 4 [on peut cependant...] à 10 : Kant explicite sa thèse. L’homme est un être paradoxal par nature. S’il n’est « instinctivement »  ni bon ni mauvais, il possède la capacité de s’élever à la moralité : la raison. La moralité est donc le résultat d’une pratique,  d’un apprentissage. 

III° partie- lignes 11 à 13 :  La moralité est le destin de l’Humanité (ce qui guide son évolution). Bien que  la vie en société soit source de vices et que les hommes que  nous observons autour de nous soient pour la plupart guidés par leurs intérêts, la destinée de l’homme est de se réaliser dans la moralité.

 

3) Rédaction de l’explication de texte à partir des éléments de correction donnés en classe.

 

L’introduction présente le texte et le travail effectué sur le texte. Dans l’introduction de l’explication de texte, il faut  présenter le texte (thème, thèse, étape de l’argumentation) et le travail de discussion effectué sur le texte. Le correcteur doit être en mesure de voir, dès la lecture de l’introduction , si l’élève à compris le texte et est en mesure de prendre un peu de recul par rapport au texte pour débattre avec l’auteur. L’introduction doit être assez courte et synthétique.

• Exemple  : Correction de l’introduction à partir du travail de Myriam :

 « Dans ce texte, Kant s’interroge sur la nature de l’homme. Il se propose de résoudre la question des origines de la morale chez l’homme. En effet si l’homme est pour Kant ni bon, ni mauvais par nature, nous verrons qu’il possède en lui la capacité de devenir un être moral. Le texte se divise en trois parties : de la ligne 1 à 4, Kant pose la thèse du texte qu’il explicite ensuite dans les lignes 4 à 10, en s’appuyant sur la nature paradoxale de l’homme. Dans la dernière partie (lignes 11 à 13) Kant,  fait preuve d’optimisme en affirmant que,  même si nous observons le mal autour de nous, le destin de l’humanité est de se réaliser dans la moralité» [présentation de l'explication de texte]. Nous nous interrogerons sur la thèse de Kant. Philosophe des Lumières, il pensait que le progrès des sciences et des techniques ne pourrait que conduire au bonheur et au progrès moral de l’humanité. Aujourd’hui, face aux catastrophes qui ont marqué l’histoire du XX° siècle,  nous nous demanderons si au contraire, le destin de l’humanité n’est pas plutôt dans la destruction et la barbarie. [ développement et discussion des thèses de l'auteur]

Remarque : L’explication d’un texte philosophique n’est pas un exercice facile. D’une part il faut comprendre le texte sans trahir la pensée de l’auteur et en même temps il ne s’agit pas de le paraphraser. D’autre part, la discussion du texte nécessite de posséder des connaissances philosophiques (ici il est important par exemple de montrer comment Kant se positionne par rapport à ses prédecesseurs Hobbes et Rousseau) et culturelles en général ( on peut opposer à la vision humaniste de Kant les catastrophes humaines et technologiques – les camps d’exterminations de la seconde guerre mondiale, les génocides perpétrés au XX° siècle, la bombe atomique lâchée sur Hiroshima, la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, la catastrophe écologique et environnementale due au réchauffement de la planète du fait de la production de gaz à effet de serre…). Lorsque les élèves se précipitent le jour du baccalauréat sur cet exercice en pensant qu’ils pourront toujours tirer quelque chose du texte alors qu’ils n’ont aucune connaissances, le résultat est souvent très décevant. On ne choisit jamais l’explication de texte par défaut

 

 

Correction : Explication détaillée du texte

[Phrase 1] Dans la première phrase du texte Kant pose le problème à résoudre : L’homme est-il un être moral par nature ? Est-il spontanément bon ou mauvais ? Le sens moral est-il inné en l’homme ? Kant s’adresse ici au public éclairé de son époque (« On ») qui suit la polémique opposant les thèses de Jean-Jacques Rousseau et de Thomas Hobbes. En effet pour J.J Rousseau l’homme est spontanément bon et témoigne de la pitié lorsqu’il voit son semblable souffrir. Par contre pour Hobbes l’homme est naturellement mauvais vis-à-vis de son semblable  : il est «un loup pour l’homme». Uniquement préoccupé par la satisfaction de ses  besoins et de ses intérêts, l’homme est prêt à tout pour les satisfaire, au détriment de ses congénères si cela est nécessaire. L’enjeu de cette polémique est important car de la conception (bonne ou mauvaise) de la nature de l’homme, découle pour chacun de ces auteurs, une conception de l’Etat et du pouvoir politique. Pour Hobbes les hommes sont incapables de se gouverner par eux-mêmes et ne peuvent que se soumettre à l’autorité d’un despote, alors que pour Rousseau, même si la société tend à corrompre la nature originaire de l’homme, le corps social aspire fondamentalement à l’autonomie et à la liberté politique. Nous verrons que Kant, tout en critiquant l’insuffisance de la conception de Rousseau, partage avec celui-ci l’idée d’une émancipation de l’humanité dans la réalisation de la liberté. Dans cette conception, l’éducation de l’homme occupe une place centrale.

 [Phrase 2, 1°partie] Aussi Kant répond en affirmant, à la fois contre Rousseau et Hobbes, que l’homme n’est à son origine ni bon ni mauvais, « car l’homme par nature n’est pas du tout un être moral ». L’origine peut être considérée ici en deux sens, selon que l’on se place sur le plan de l’individu ou de l’espèce humaine dans son ensemble. « L’origine » désigne  d’une part l’origine de chaque individu, la naissance ; d’autre part, elle désigne l’origine de l’humanité. Quoi qu’il en soit, Kant considère l’humanité ou la condition humaine comme le produit d’un développement individuel et comme le produit d’une évolution historique par lequel l’homme quitte progressivement le stade « sensible » dans lequel il est uniquement porté  à satisfaire passivement les besoins de sa sensibilité pour s’élever au stade « moral » où l’homme se réalisera comme une volonté qui choisit , comme une liberté.

 

[Phrase 2, 2° partie] – Que l’homme ne soit pas spontanément un être moral tient à la  définition même de la moralité. En effet, pour Kant, l’attitude morale consiste à agir selon la raison en comprenant la signification du devoir et de la loi. Celui qui agit bien ne se contente pas d’obéir à la règle ou à la loi. S’il obéit c’est parce qu’il comprend le pourquoi et la légitimité de la règle ou de la loi. Il choisit donc volontairement d’obéir. Il n’est pas contraint. La loi ou le devoir ne sont donc pas incompatibles avec l’exercice de sa liberté. Ici Kant ne fait que reprendre la thèse de Rousseau selon laquelle la liberté consiste dans l’obéissance à la règle que l’on se donne. Cette compréhension et ce choix nécessitent la faculté de juger, autrement dit la faculté d’user de sa raison avec discernement. Or cette faculté de juger , l’homme ne peut l’acquérir que par l’instruction et l’éducation. Elle ne lui est pas immédiatement donnée.Kant reprend les thèses de Rousseau en matière d’éducation. Etymologiquement éduquer, vient du latin educere, conduire hors de. L’éducation vise à conduire l’homme hors de la condition animale pour l’amener à la condition humaine, où il se réalise comme un être moral, libre et responsable. De même si l’on se place sur le plan due l’histoire de l’humanité,  les réalisations de la raison humaine (les connaissances scientifiques, les techniques, le droit) ne peuvent que conduire l’espèce humaine  sur la voie du progrès technique, économique et social, réalisant ainsi les conditions d’une vie meilleure pour tous les hommes ( ce que Kant désigne sous l’expression « paix perpétuelle »).

 

[Phrase 3] Si l’homme n’est ni bon ni mauvais à l’origine, cela tient à sa nature duale. L’homme est double : Comme l’animal il possède un corps et une sensibilité dont il subit les inclinations et les penchants. C’est-à-dire qu’instinctivement l’homme est porté à agir en satisfaisant en priorité ses intérêts et les besoins de son corps et de sa sensibilité. Pour Kant de tels penchants conduisent l’homme au vice dans le sens où ils maintiennent l’homme du côté de l’animalité. Mais l’homme possède aussi une faculté que ne possède pas l’animal, la raison qui va porter l’homme à satisfaire des besoins qui sont à l’opposé de ceux du corps : il s’agit ici du désir de connaître le vrai, de chercher le bien, besoins spirituels dont la satisfaction nécessite que l’on dépasse les intérêts de la sensibilité. [Phrase 4] Mais, comme le remarquait un siècle plus tôt Descartes, dans la mesure où l’homme n’est pas spontanément porté vers le vrai, le bien, le juste, l’acquisition de la moralité va demander à l’homme un effort « contre nature ». Ce n’est que par la pratique et en exerçant une contrainte sur lui-même, sur sa nature sensible soumise aux passions du corps, que l’homme pourra donc devenir vertueux. Pour Kant l’innocence ne suffit pas à définir l’attitude morale. En effet la moralité suppose d’agir conformément à la raison et de choisir délibérément le bien. L’enfant innocent qui ne connaît ni le bien ni le mal n’est pas un être moral, comme le serait un être dépourvu de passion qui n’aurait pas à choisir de lutter contre les appétits de son corps.

[Phrase 5] Kant reprend à nouveau une thèse de Rousseau selon laquelle le développement de la culture et de la civilisation tendent à corrompre la nature de l’homme en créant de faux besoins comme le goût du luxe, des honneurs, du pouvoir, en suscitant l’envie et la jalousie. Mais pour Kant l’humanité ne peut se développer que dans la culture qui est le produit de la raison humaine. Car  tel est le destin de l’espèce humaine : sortir de l’animalité pour s’élever à la condition humaine et, loin de la nécessité et du besoin, réaliser sur terre  la paix et le règne de la liberté. Kant est un philosophe des Lumières. Bien qu’il observe autour de lui le jeu des égoïsmes et la misère de la condition humaine, il est convaincu que le progrès des sciences et des techniques conduiront au bonheur matériel et moral de l’humanité.

 

Pour l’instant, nous ne développerons pas dans la correction, le débat autour des thèses contenues dans le texte. Pour l’instant l’objectif de l’exercice consiste d’abord à amener les élèves à comprendre et s’approprier les techniques de l’explication détaillée d’un texte philosophique. De plus, au premier trimestre les connaissances des élèves sont encore limitées. L’exercice a été fait en classe, les élèves n’avaient pas les moyens de se documenter.

 (Page en cours de réalisation )                                    

 

 

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Exercice : La formation de l’esprit scientifique

Dimanche 10 octobre 2010

 ♦ Travail en classe, évalué, permettant de voir si les élèves ont acquis les techniques de la lecture méthodique d’un texte de philosophie. La durée était de 2 heures afin de permettre à chaque élève de travailler à son rythme. Des exercices préparatoires avaient familiarisés les élèves avec le type de questions posées. Le but de cette premère évaluation est de faire le point sur les compétences acquises par les élèves, compétences indispensables pour pouvoir travailler un texte philosophique et de remédier immédiatement aux écarts qui pourraient s’instaurer entre les élèves dès le début de l’année.

♦ En ce qui concerne la question réflexion, le thème avait été annoncé (l’opinion)  pour que les élèves qui le souhaitent puissent faire des recherches personnelles. Ce thème était en relation avec le texte de Karl Jaspers  étudié précédemment, les élèves avaient donc la possibilité de se contenter de réinvestir leurs connaissances nouvellement acquises. Pour l’instant aucune contrainte formelle n’a été imposée sur cette partie de l’exercice, exercice  surtout destiné à accumuler des matériaux pour préparer la formation à l’exercice de la dissertation philosophique.

  

Objectif :

préparation à l’épreuve de l’explication d’un texte philosophique

la lecture méthodique d’un texte philosophique

 

 

fractales

« La science dans son besoin d’achèvement comme dans son principe   s’oppose absolument à l’opinion. S’il lui arrive, sur un point particulier de légitimer l’opinion, c’est pour d’autres raisons que celles qui fondent l’opinion ; de sorte que l’opinion a, en droit[1], toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l’opinion[2] ; il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffirait pas, par exemple de la rectifier sur des points particuliers, en maintenant, comme une sorte de morale provisoire. L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout il faut savoir poser des problèmes et quoiqu’on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes. C’est véritablement ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. »

 Gaston BACHELARD, La formation de l’esprit scientifique, 1938

Notes du texte
[1]  « en droit » signifie ici dans son principe, dans ce qui la fonde. 

[2] On peut définir très généralement l’opinion comme une « une représentation collective » (E. DURKHEIM), comme « un jugement collectif porté sur un fait ou sur une croyance par une société donnée » ( A. Lalande) L’opinion a donc une dimension sociale ou collective  qui fonde son autorité et qui fait qu’elle s’impose à l’individu.

Questions de compréhension :

 1) Quel le thème du texte ?

 2) A quelle question répond ce texte ?

 3) Quelle est la thèse du texte ?

 4) Quelles sont les étapes de l’argumentation ?

( Je divise le texte en plusieurs parties. Je résume en une phrase l’idée contenue dans chaque partie et je précise la relation logique qui lie les parties entre elles. Je ne me contente pas de découper le texte.)

 5) Expliquer « l’opinion a, en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas. Elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. »

 6) Expliquer : « S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. » 

→ Question de réflexion :

Doit-on se libérer de ses opinions ?

 

  

  

  

  

CORRECTION

  

Remarque : La difficulté du texte est que les élèves se sont retrouvé face à un texte opposant deux notions : l’opinion et l’esprit scientifique. Comme le mot « opinion  » est répété 7 fois dans le texte ils en ont déduit que le texte portait sur l’opinion (ce qui était un mauvais calcul) . Or ici le texte est construit sur une opposition entre l’opinion qu’il faut justement rejeter pour lui préférer l’esprit scientifique. L’opinion est donc un thème secondaire dont la fonction est de mettre en valeur les caractéristiques de l’esprit scientifique selon Gaston Bachelard

  

CORRECTION

le thème : la science (la connaissance) ; l’esprit scientifique ; la démarche scientifique.

la question posée par le texte : « comment procède la science » ? ou « qu’est-ce qui caractérise (définit) l’esprit scientifique » ?

la thèse du texte : La science détruit les opinions et les évidences. Elle procède par questionnement, en construisant des problèmes à résoudre.

  

Remarques: pour l’instant il n’y a toujours qu’un seul thème par texte et donc par voie de conséquence un seule question et une seule thèse répondant à cette question. Il doit y avoir une cohérence entre le thème, la question et la thèse. Cette cohérence nécessaire permet de s’auto-évaluer.

Si le thème et la thèse choisis par l’élève ne portent que sur une partie du texte, c’est qu’il y a un problème. Beaucoup d’élèves ont choisi comme thème l’opinion. Souvent en arrivant au travail sur l’argumentation (plan) du texte, ils pouvaient se rendre compte par eux même-qu’il y avait un problème.

Autres réponses intéressantes  : Maéna, Kristel nous proposent comme thèse : l’esprit scientifique, comme question posée par le texte : « comment se forme l’esprit scientifique » ? Mais elles donnent ensuite une thèse incomplète : par exemple « on forme l’esprit scientifique en détruisant l’opinion ». Cette réponse n’est pas satisfaisante car elle ne précise pas en quoi consiste cet esprit scientifique. C’est pour cela qu’il souvent très utile  de revenir à la question philosophique de base « qu’est-ce que…..? »

Les étapes de l’argumentation

1°partie du texte - Lignes 1 à 2 : Dans la première phrase du texte Gaston Bachelard oppose la science et l’opinion. Il annonce qu’il prendra le partie de la science (« l’opinion a en droit toujours tort« ).

2°partie du texte- Lignes 2 à 4 : Gaston Bachelard   caractéristiques de l’opinion et montre son incapacité à établir une quelconque certitude.

3° partie du texte-Lignes 4 à la fin : Gaston bachelard caratérise l’esprit scientifique par sa capacité à poser les bonnes questions  en construisant des problèmes à résoudre (thèse du texte).

Remarque : on pouvait aussi se contenter de diviser le texte en deux parties:

I° partie : L ‘opinion ne peut fonder aucune certitude ou connaissance vraie (lignes 1 à 4)

II° Partie : L’esprit scienctitifique consiste  d’abord à construire des problèmes (lignes 4 à la fin)

Résumer en une phrase l’idée contenue dans la partie permet de vérifier la pertinence de notre découpage du texte, si plusieurs phrases sont nécessaires c’est que le découpage n’est pas satisaisant.

  

Questions de compréhension du texte :

□ Expliquer « l’opinion a, en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas. Elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. »

• Pour expliquer le texte il était important de donner une définition de l’opinion, définition indispensable pour comprendre pourquoi l’opinion  »a en droit, toujours tort ». Il fallait également préciser le sens du verbe « penser ». Il fallait aussi s’interroger sur l’opposition utilité /connaissance.

AYSE :  »Si l’on reprend la définition de DURKHEIM,  l’opinion peut être définie comme un jugement collectif. C’est cette dimension sociale et collective qui s’impose à l’individu et qui légitime à ses yeux  ses opinions. Elle a une dimension subjective. L’opinion relève donc davantage de la croyance que de la connaissance.  la croyance est un sentiment subjective de certitude qui ne repose pas nécessairement sur une preuve ou une connaissance scientifique.  Or penser ce n’est pas simplement avoir des opinions, ou avoir des certitudes. penser c’est réfléchir, c’est soumettre ses opinions à l’examen critique de la raison. Lorsque Gaston Bachelard écrit « l’opinion pense mal ; elle ne pense pas ». Il veut dire que deux dangers menancent le savoir. le premier consiste à croire que toute opinion particulière et subjective a une portée universelle, ce qui conduit don détenteur a vouloir l’imposer en refusant le débat. Le deuxième consiste à renoncer à rechercher la vérité. dans les deux cas l’opinion est donc un obstacle à la science qui ne peut pas se développer ».

Remarque : Comme beaucoup d’autres d’élèves mis en difficulté part le texte,  Ayse a « oublié » d’expliquer la dernière phrase!

□  Expliquer : « S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. »

  

  

Question de réflexion:

  

Remarques- extraits de bonnes copies- erreurs à éviter    

  

DANS L’INTRODUCTION

Méthode - Il est utile de préciser l’intérêt ou l’actualité de la question de la question posée et d’en préciser l’enjeu. Par exemple :

Dans nos démocraties l’opinion semble jouer un rôle décisif. Quelqu’en soit le sujet, les sondages d’opinion se succèdent comme s’ils étaient déterminants dans chaque décision  politique. Il est donc important de réfléchir sur le fondement de nos opinions.

Méthode : avant de répondre à la question posée de la il est judicieux de la « mettre en question« . De se demander par exemple ce que pouvait bien sous-entendre le verbe « se libérer« . Cette démarche est ensuite très utile pour construire la problématique de la dissertation.

Alexandra :  » Se libérer de l’opinion est-ce l’oublier ou seulement s’en détacher »?

MAIS ATTENTION DE NE PAS REFORMULER LE SUJET PROPOSE !

Par exemple, Virginie : « Le problème est de savoir s’il est bon de libérer ses opinions ? Au sens de « libérer » j’entends dévoiler, laisser libre cours à sa pensée, à son jumenent« .Ici on peut féliciter Virginer de définir le verbe »libérer » mais attention ici il s’agit du verbe « se libérer« , ce qui n’a mas les mêmes conséquences pour la suite du développement. Reformuler le sujet comme le fait Virginie « Est-il bon de libérer ses opinions ? » alors que la question posée au départ était  » Doit-on se libérer de ses opinions ?« peut conduire à un hors-sujet dans le sens où l’élève ne répond pas à la question qui est posée.

DANS LE DEVELOPPEMENT

Nicolas : » Avant de se poser la question de savoir si l’on doit se libérer de nos opinions, il est nécessaire de s’en poser une autre : d’où viennent nos opinions ? Emile Durkheim défint généralement l’opinion comme une « représenatation collective, comme un jugement collectif porté sur un fait ou sur une croyance par une société donnée. L’opinion s’impose donc aux individus parce qu’elle a une dimensuion sociale et collective qui fonde son autorité ».

 Méthode : la démarche de Nicolas qui consiste à définir le sens des mots avant de répondre au problème  est ce que l’on attend dans une dissertation de philososophie.

A partir de cette définition de DURKHEIM, Alexandra construit une ébauche de problématique :

→ 1) définition de Durkheim

Attention: la dimension collective de l’opinion ne suffit pas à la disqualifier. Les théories scientifiques sont aussi des représentations collectives.

→ 2) conséquences de cette définition :

- a) L‘opinion a donc un sens positif car elle marque l’appartenance à un groupe et permet la cohésion de ce groupe.

- b) L’opinion a un aspect négatif car elle tend à uniformiser notre façon de penser;

- c) Pour affirmer notre singularité il faudrait donc « se libérer » de l’opinion.

Autres éléments de définition de l’opinion :

Alexandra :  » L’opinion est marquée par notre subjectivité. Elle résulte souvent d’un calcul avantages/inconvénients lié à nos intérêts. Ce qui fait dire à Gaston bachelard qu’elle est davantage l’expression de nos besoins que le résultat de la recgeherche d’un savoir vrai. L’opinion exprime notre positionnement dans le monde ».

Les élèves ont relevé comme caractéristitiques de l’opinion :

- l’opinion est subjective. Flora « l’opinion nous ressemble ».

- l’opinion est vraisemblable. Elle peut ressembler à la vérité parce qu’on la considère qu’on certaine. Cela n’implique pas pour autant qu’elle soit vraie.

- Ele est marquée par la pluralité : à une question répondent souvent plusieurs opinons. Pierre et Julien remarquent très justement que cette pluralité des opinions peut être source de conflit.

- Julien souligne comme Alexandra que « l’opinion est déterminée par les intérêts de celui qui la formule ». Il retrouve ainsi le texte de Bachelard pour qui « l’opinion ne pense pas; Elle traduit des besoins en connaissances ».

Il était intéressant dans le développement de se réapproprier l’idée de Bachelard selon laquelle exprimer son opinion ce n’est synonyme de penser, réfléchir ou juger.

Il était utile ici d’utiliser le travail fait sur le texte de Kark Jaspers (cf. Qu’estce que la philosophie ?) et de se réapproprier l’opposition dogmatisme/connaissance.

• la définition donnée dans le cours du verbe critiquer (examiner la valeur de ) était aussi très utile.

DANS LA CONCLUSION

  

Marion ( Excuse moi si je me suis permis de remettre un peu d’ordre et de développer ton idée) :  » L’opinion ne doit pas être rejetée, mais elle doit être utilisée avec discernement et s’appuyer sur des connaissances objectives. L’homme est un être libre qui doit décider de ses actions, dans cetains domaines comme la politique ou la morale il n’existe pas de connaissances objectives. Avoir des opinions est donc nécessaire, car elles interviennent dans tous les choix et les décisions que nous devront prendre pour agir dans le monde. Ce qui importe c’est de comprendre ce qui fonde nos opinions « .

Remarque – qualité du travail : le travail de Marion est très satisfaisant car même si pour l’instant Marion ne dispose pas de tous les éléments lui permettant de développer ses intuitions (nous ne sommes qu’au début de l’année) son argumentation débouche sur une prise de position personnelle. Penser par soi-même un problème est l’objectif de tout travail philososophique. Bravo!

  

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terminée, en cours de réalisation

  

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La méthode de l’explication de texte – l’introduction

Jeudi 23 septembre 2010

REDIGER L’INTRODUCTION D’UNE EXPLICATION DE TEXTE.

A la suite du travail d’explication du texte de Karl Jaspers (voir  introduction du cours 2010-2011 : qu’est-ce que la philosophie ?), nous allons maintenant rédiger l’introduction de l’explication de texte.

 L’objectif de l’introduction est de présenter les grandes lignes du travail à venir. Sur quel thème porte l’extrait à expliquer ? Quel problème l’auteur se propose-t-il de résoudre ? Quelle thèse sera défendue ?  Quelles sont les étapes de l’argumentation ? Sur quelle question ou quel problème ce texte ouvre-t- il une discussion ?

Ce travail a déjà été préparé au brouillon. rédiger l’introduction c’est donc faire une synthèse d’éléments déjà identifiés lors des lectures préparatoires à l’explication du texte. Ainsi la rédaction de l’introduction n’offre aucune difficulté particulière si le travail préparatoire a été fait méthodiquement. La seule difficulté peut consister dans l’annonce de la discussion du texte, puisqu’il vaut mieux trouver un problème qui soit stimulant pour la réflexion et qui permette à l’élève de mettre en valeur ses connaissances philosophiques.

Exemples d’introduction :

Marianne : «  Dans ce texte de 1965, extrait de l’ouvrage « introduction à la philosophie », Karl Jaspers s’interroge sur la nature de la philosophie qu’il définit comme « l’amour du savoir » et « la recherche de la vérité ». Son point de vue s’appuie sur une double opposition du savant au philosophe, de la philosophie au dogmatisme. Mais on peut cependant se demander si le dogmatisme n’est pas un moment nécessaire de la recherche de la vérité ? »

Rouh :  » Dans son texte de 1965, « Introduction à la philosophie », Karl Jaspers définit le philosophe comme « l’amoureux du savoir » et l’oppose au savant qui « possède la vérité. Mais quel est donc l’intérêt de rechercher ce que l’on ne devra jamais posséder ? »

Julie :  » Introduction à la philosophie » est un texte de Karl Jaspers qui tente de nous faire comprendre la nature de la philosophie. Pour l’auteur la philosophie est avant tout une démarche :  « philosopher c’est être en route ». Elle s’oppose ainsi au dogmatisme. On peut cependant se demander si le savant et le philosophe sont si éloignés l’un de l’autre ? Le philosophe n’a-t-il pas besoin de connaissances pour ensuite les remettre en question? »

Thibault : « Le texte de Karl Jaspers,  » Introduction à la philososophie », paru en 1965 a pour thème la philosophie. L’auteur s’interroge sur la définition de la philosophie qui est pour lui, avant tout, « amour du savoir » et « recherche de la vérité ». Pour cela il oppose les philosophes aux savants. La question que nous pose plus généralement ce texte est la suivante : face au savoir vaut-il mieux se comporter en savant ou en philosophe ?

Morgane : « ce texte, « introduction à la philosophie » de karl Jaspers a pour thème la philosophie. En effet l’auteur s’interroge sur ce qu’est la philosophie. La philosophie est l’amour du savoir et la recherche de la vérité. Pour cela Karl Jasper oppose la philosophie et le dogmatisme. Mais l’opposition entre le philosophe et le savant est-elle aussi radicale ? »

Jéremy :  » Dans ce texte écrit en 1965, Karl Jaspers nous présente la démarche philosophique. Pour lui la philosophie est amour du savoir et recherche de la vérité, elle s’oppose au dogmatisme. Ce texte nous interroge plus largement sur la frontière qui sépare savoir et ignorance, fontière qui est loin d’être évidente« .