Dissertation : Y-a-t-il une vérité de l’amour ?

Vendredi 7 octobre 2011

 » Qui ne commence pas par l’amour ne saura jamais ce qu’est la philosophie »

Platon

 

Alphaville, J.L Godard

« L’amour est à réinventer, on le sait »

Rimbaud, Une saison en enfer, Délires I

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 MA PREMIERE  DISSERTATION

Y-a-t-il une vérité de l’amour ?

Me voilà enfin devant mon premier sujet de dissertation philosophique de l’année !

 Pas de panique !

1) Je lis attentivement le sujet pour le comprendre et le « faire parler ». Avant de répondre à la question je dois construire un problème.

 j’analyse le sujet :

Y-a-t-il une vérité de l’amour ?

Ce sujet contient deux notions : la vérité, l’amour.

 Je dois d’abord distinguer la notion principale qui est au centre du questionnement philosophique.

Ici la question philosophique de fond  à laquelle on va s’efforcer de répondre est :

Qu’est-ce que l’amour ? 

Cette la question est le centre de notre questionnement : comprendre la nature de l’amour.

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Remarque 1 : Cette question « qu’est-ce que l’amour ? est beaucoup trop générale pour être traitée par un élève de terminale. Pour simplifier, on a réduit le champ d’investigation en mettant l’amour en relation avec la question de la vérité.

Remarque 2 : Comme l’amour est en quelque sorte le propre de l’homme, derrière cette question qu’est-ce que l’amour, se cache la question « qu’est-ce que l’amour signifie pour l’homme ? » ou « Qu’est-ce que l’amour nous révèle sur l’homme ? »  

En philosophie toutes les questions reviennent à cette première question : qu’est-ce que cela veut dire vivre comme un homme ( et pas comme un animal) dans ce monde? Qu’est-ce qui fait la spécificité de la condition humaine ? Que je m’interroge sur l’amour, le travail, la science, en dernier ressort je suis toujours en train de m’interroger sur ce que cela signifie vivre comme un être humain dans ce monde.

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• Le sujet porte donc sur l’amour mais que signifie exactement la question « Y-a-t-il une vérité de l’amour ?

Ici il est bon de s’interroger sur le sens du mot «vérité». Si je prends un dictionnaire comme Le petit Robert. La vérité me renvoie à 1) ce qui est vrai  ; 2) ce qui est réel

Autrement dit, y-a-t-il en ce monde quelque chose que l’on appelle « l’amour », chose sur laquelle on puisse tenir des affirmations « vraies » expliquant l’être de cette chose, des affirmations qui soit à la fois objectives et unviverselles ?

objectives : quelque soit la personnalité de l’amoureux, l’amour reste identique à lui-même ; la personnalité de l’amoureux n’influence pas la nature de l’amour .

universelles : valables pour tout homme, en tout lieu, en tout temps.

On commence à voir se dessiner un certain nombres de problèmes.

1) concernant la réalité de l’amour

Ce que je saisis, ce que j’expérimente  dans la réalité ce sont des personnes amoureuses. Jamais je ne peux saisir l’amour indépendamment de la personne qui éprouve cet amour. Rien ne me prouve que l’amour existe vraiment indépendamment de celui qui l’éprouve. L’amour n’existe peut-être pas en lui-même.

2) concernant la possibilité d’un savoir vrai de l’amour

S’il n’existe que des expériences singulières et subjectives de l’amour, comment est-il possible d’extraire ou d’abstraire de cette expérience un savoir objectif et universel ? 

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La question posée « y-a-t-il une vérité de l’amour ?  » contient des réponses implicites. La façon dont je vais me positionner par rapport à ces réponses implicites va me permettre de constuire mon développement. 

1) Il y a une vérité de l’amour, autrement dit l’expérience de l’amour permet d’accéder à une connaissance vraie.

2) Il n’y a pas de vérité de l’amour, soit parce qu’il n’y a rien que l’on puisse désigner par ce mot, soit parce que l’amour est une expérience subjective et relative à chaque individu qui ne peut être dépassée par une connaissance objective, universelle, vraie. Ce que l’on désigne comme étant de l’amour est donc soit une erreur, soit une illusion, soit un mensonge.

Il peut être parfois très utile de partir de ce que l’on entend, des idées toutes faites (par exemple : l’amour est aveugle ), d’examiner l’opinion commune pour voir si elle est fondée, si elle a du sens, pour l’approfondir  et peut-être pour la dépasser.

Lorsqu’on affirme que « l’amour est aveugle » que dit-on si ce n’est que l’amour est un mensonge, une illusion ou erreur. 

On retrouve cette opinion dans la tradition des moralistes français qui affirme que l’amour n’existe pas et qu’il n’est que le masque du désir sexuel. Il faut donc se méfier de l’amour qui nous enracine dans les besoins du corps, et nous éloigne de la connaissance qui est le propre de l’homme.

Jim Dine

METHODE : Toute ma dissertation est une démontration de MA THESE  qui est exposée dans la dernière partie  du développement. Pour cela je réfute d’abord les thèses qui s’opposent à la mienne.

A. si je pense que l’amour conduit à un savoir vrai dans un premier temps j’examinerai la thèse adverse « il n’y a pas de vérité de l’amour » pour pouvoir la critiquer et la dépasser.

B. Si je pense que l’amour ne conduit pas à un savoir vrai alors dans ce cas je partirai de la thèse adverse, « il y a une vérité de l’amour » pour la critiquer et la dépasser.

Une bonne dissertation doit comporter au moins trois parties. Une dissertation en deux parties risque d’enfermer la discussion dans une alternative pour/contre, sans que l’élève puisse se positionner véritablement.

• l’introduction

L’introduction  présente le problème à résoudre et les étapes de sa résolution.

1) Dans un premier temps on montre que sujet pose un problème de fond et on explique pourquoi il y a un intérêt pour nous à soulever cette question ( c’est une question d’actualité, elle concerne chacun d’entre nous….etc)

2) On présente ensuite les étapes de la résolutions du problème (plan du développement)

Remarque : cela suppose qu’au brouillon on sache déjà parfaitement où doit aboutir la réflexion. L’introduction est ce que l’on rédige en dernier une fois que l’on a en tête tous les éléments du problème et de la résolution du problème.

Dans l’introduction on ne met aucune définition. Le travail de définition se fait dans le développement lorsqu’il est nécessaire de préciser le sens d’un terme. Une définition est un moyen de faire progresser le raisonnement. Dans l’introduction, une définition n’a aucune utilité.

Twombly

LA REFERENCE IMPORTANTE :

La conception de l’amour développée par Platon dans Le Banquet

Pour Platon, il y a une vérité de l’amour. L’amour conduit bien  a un universel.

Pour approfondir, sur France culture : 

 • l’amour peut-il être vrai ?

http://www.franceculture.com/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-la-verite-14-l-amour-peut-il-etre-vrai-2011-09-26.h

• Du toucher à la caresse : Sartre et Merleau-Ponty

http://www.franceculture.com/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-la-main-24-du-toucher-a-la-caresse-sartre-et-merlea

• De l’amour : Stendahl, cristallisation, rouge et parme

http://www.franceculture.com/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-de-l-amour-45-stendhal-cristallisation-rouge-et-par

• De l’amour : Pascal et les qualités empruntées

http://www.franceculture.com/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-de-l-amour-35-pascal-et-les-qualites-empruntees-201

• De l’amour : Allan Bloom, lecteur de Rousseau

http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-de-l-amour-25-allan-bloom-lecteur-de-rousseau-2010-

En cliquant dans la colonne de gauche sur les mots Eros, désir,  amour, philosophie …vous trouverez d’autres références. Les articles s’affichent les uns à la suite des autres, il faut faire dérouler le curseur.

A suivre…

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INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE : Platon relu par Bernard Stiegler

Vendredi 12 novembre 2010

 Cours 1 : L’invention de la philosophie

 

 » Il faut faire très attention aux philosophes qui ne sont pas prêts à mourir pour leurs idées ». B. Stiegler

 

Bernard Stiegler met Platon au vert

LEMONDE | 11.11.10 | 17h47  •  Mis à jour le 11.11.10 | 17h47

Perdu aux confins du Cher et de l’Allier, le petit bourg d’Epineuil-le-Fleuriel, décor mythique du Grand Meaulnes, séduisait jusqu’à présent surtout les aficionados du roman d’Alain-Fournier. Depuis quelques semaines, il attire aussi les amateurs de… Platon. Le philosophe Bernard Stiegler, 58 ans, installé dans le village depuis un an, y présente « un cours public de philosophie, ouvert à toute personne motivée » et consacré à l’étude du Banquet, à raison d’une à deux séances par mois.

Un beau samedi de fin octobre, ils sont ainsi une soixantaine, jeunes et moins jeunes, à se presser dans une salle de classe improvisée à deux pas de la maison-école du Grand Meaulnes, dont les bancs, au grand regret de Bernard Stiegler, étaient trop inconfortables. « J’ai un vieux bac de philo de 1971, j’ai un peu révisé avant de venir. Vous croyez que ça ira ? », s’inquiète Françoise, venue en voisine « pour faire travailler sa tête ». Antoine, lycéen à Montluçon, la rassure : « J’ai assisté au premier cours. C’était captivant ! Il a une manière géniale de présenter les choses qui parle à tout le monde ! »

Images à l’appui, Bernard Stiegler énonce les objectifs de son enseignement : mettre en question sa façon de vivre, ses idées, ne plus être « grégaire et pulsionnel », bref, redevenir un individu et se mettre à… penser. « Les gens s’aperçoivent que ce qu’ils font est devenu toxique, que leurs enfants s’empoisonnent. Ils paniquent, ils sont prêts à changer. Et c’est là qu’il faut expérimenter », explique ce penseur hyperactif aux multiples casquettes.

Ecrivain, enseignant, directeur de l’institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou, fondateur de l’association Ars Industrialis, il défend un processus de « reterritorialisation » en s’appuyant sur les réseaux numériques qu’il considère comme le « pharmakon » de notre temps, c’est-à-dire le poison ou le remède selon l’usage que l’on en fait, au même titre que l’écriture à l’époque de Platon. « Je souhaite former de jeunes philosophes qui aient une vraie pensée de la technologie contemporaine. C’est par de nouvelles pratiques sociales que les choses changeront, et c’est sur eux que je compte, sur les mômes de Moulins, de Montluçon, et d’ailleurs ! »

« Un vrai lieu de recherche »

Mais son ambition va plus loin, puisqu’il veut créer au moulin d’Epineuil une école de philosophie qui soit « un vrai lieu de recherche ». Projet de l’association Ars Industrialis, elle pourrait accueillera une douzaine de doctorants issus d’universités étrangères, qui participeront, en visioconférence, à un séminaire sur le cours d’Epineuil et dialogueront avec les élèves.

A partir de juin, ils viendront sur place pour une « académie d’été » de six semaines, en partenariat avec l’abbaye de Noirlac, et suivront une série de conférences transdisciplinaires dont certaines seront ouvertes au public. « J’y crois beaucoup, mais je sais qu’il faut être modeste et patient », ajoute le philosophe. Et pour ceux qui ne peuvent venir à Epineuil – un séminaire est prévu jeudi 11 novembre -, les cours sont mis en ligne et en différé sur Pharmakon.fr. (Cliquez ici pour avoir le cours de Bernard Stiegler)

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