Opinion et démocratie

Dimanche 7 novembre 2010

 

 

Pour comprendre comment se fabrique l’opinion dans nos démocraties:

  

LA FABRIQUE DU CONSENTEMENT

Une présentation des thèses de Noam Chomsky

 

 Première partie :

http://video.google.com/videoplay?docid=-8506025126009141326

 

Deuxième partie :

http://video.google.com/videoplay?docid=-8506025126009141326#docid=-6422835073569633416

 

 

 

Pour approfondir les thèses de Noam Chomsky

http://www.chomsky.fr

 

 

LA RAISON COMME ARME POLITIQUE, NOAM CHOMSKY ET SES CALOMNIATEURS

 

Jacques Bouveresse

Philosophe (né en 1940)

Aujourd’hui professeur au Collège de France

Ce texte est extrait de sa préface au livre de Noam Chomsky, Raison & liberté. Sur la nature humaine, l’éducation & le rôle des intellectuels, Agone, Marseille, 2010.

A ceux qui l’accusaient de se comporter, envers son pays, comme « l’oiseau qui salit son propre nid », Karl Kraus a répondu qu’on peut très bien, dans certaines circonstances, se sentir au contraire sali par son propre nid et éprouver le besoin légitime de le rendre, si possible, un peu plus propre ; ce qui a eu pour conséquence qu’il s’est « attiré la haine des gens sales à un degré qui pourrait être sans égal dans l’histoire de la vie intellectuelle  ».

C’est, à bien des égards, dans une situation tout à fait semblable que se trouve aujourd’hui Noam Chomsky. Aux yeux d’une bonne partie du monde intellectuel, qui s’accommode, somme toute, assez bien de la saleté qu’il dénonce, il est, lui aussi, l’oiseau dont l’activité principale consiste à souiller le ou les nids dont il est matériellement, et devrait être spirituellement, un occupant : en premier lieu, bien entendu, les Etats-Unis, mais également l’Europe, les démocraties occidentales en général, l’Etat d’Israël, les élites intellectuelles, le monde scientifique, l’université, le système d’enseignement, etc.

Celui qui, comme c’était déjà le cas de Kraus, pense et agit en fonction de l’idée qu’un intellectuel doit balayer d’abord devant la porte de son propre pays, en espérant que les autres feront la même chose de leur côté, peut être pratiquement certain de se heurter à la protestation violente de gens qui réagissent à peu près comme si cela revenait ipso facto à affirmer que la vérité, le bon droit et la justice se trouvent toujours entièrement du côté de l’ennemi.

C’est un problème que Chomsky connaît sûrement mieux que personne. S’il dénonce, en choisissant de les appeler par leur nom, les abus de pouvoir, les injustices, les violences et les crimes commis par son propre pays contre d’autres, c’est censé signifier qu’il trouve normales les actions de cette sorte quand ce sont les ennemis qui s’y livrent. S’il qualifie de « terrorisme international d’Etat » ou de « terrorisme de gros » ce que les Etats-Unis et les Etats clients qu’ils soutiennent se considèrent comme autorisés à faire, en toute impunité, dans certains pays, cela implique, affirme-t-on, qu’il nie la réalité pourtant peu contestable et l’atrocité bien réelle du « terrorisme de détail » que représente l’activité des groupes islamistes et autres. Etc.

De la même façon, si, comme le fait Chomsky, on utilise l’expression « modèle de propagande » pour décrire le fonctionnement des médias dans une démocratie comme les Etats-Unis, où la presse est réputée entièrement libre et indépendante, cela ne peut constituer qu’une calomnie et une injure, alors qu’il est tout à fait normal et naturel de l’appliquer à d’autres, sans se poser la moindre question sur le degré auquel son usage peut être justifié.

Voilà quelques années, Chomsky soulignait que les intellectuels de gauche peuvent très bien être victimes, par rapport aux gens ordinaires qu’ils prétendent représenter et défendre, d’un retard inquiétant qui s’est aggravé récemment de façon très perceptible. Déplorant ce qu’il appelle une tendance de la gauche à l’autodestruction, dont la conversion d’une bonne partie de ses représentants aux idées postmodernes constitue un symptôme caractéristique, il constatait qu’« il existe une base populaire pour affronter les problèmes humains qui font partie depuis longtemps du “projet des Lumières”. Un des éléments qui lui font défaut est la participation des intellectuels de gauche. (…) Leur abandon de ce projet est le signe (…) d’une nouvelle victoire de la culture du pouvoir et des privilèges, et il y contribue ».

Accuser les médias, comme le fait Chomsky, de ne pas représenter la réalité telle qu’elle est et de déformer ou de passer régulièrement sous silence certains faits importants n’aurait évidemment pas grand sens si l’on devait accepter l’idée qu’il n’y a pas vraiment de faits, mais seulement des représentations de diverses sortes. Tout comme George Orwell, Chomsky trouve difficilement compréhensible et inquiétant le peu d’empressement que les intellectuels de gauche mettent à défendre des notions comme celles de « vérité » et d’« objectivité », quand ils ne proposent pas ouvertement de les considérer désormais comme réactionnaires et dépassées.

Pour un mode de pensée qui était déjà, par nature ou par tradition, fortement enclin à procéder de cette façon, l’annonce faite par les théoriciens de la révolution postmoderne qu’il n’y a pas vraiment de « faits », ni par conséquent de « monde des faits » dont nous pourrions avoir à nous préoccuper sérieusement, est arrivée évidemment à point et ne pouvait être accueillie autrement que comme une justification philosophique et un encouragement à continuer dans la même voie.

Ayant eu à expérimenter, au cours de la guerre civile espagnole et dans les années qui ont suivi, l’efficacité redoutable et difficilement imaginable de la propagande franquiste, Orwell a exprimé la crainte de voir le concept de vérité objective lui-même menacé de disparaître purement et simplement. « Ce genre de choses m’effraie, écrit-il, car cela me donne souvent le sentiment que la notion même de vérité objective est en train de disparaître de notre monde. Après tout, le risque est grand que ces mensonges, ou des mensonges semblables, finissent par tenir lieu de vérités historiques. Comment sera écrite l’histoire de la guerre d’Espagne ? »

On aurait pu, semble-t-il, s’attendre à ce que l’expérience du degré auquel les dictatures du XXe siècle ont été capables de remplacer les vérités objectives par des vérités fabriquées de toutes pièces pour leurs propres fins, avec les conséquences monstrueuses que cela a produites, renforce les intellectuels dans la conviction que la vérité, même s’il faut souvent inventer pour avoir une chance de réussir à la découvrir, ne peut justement pas être elle-même le résultat d’une création ou d’une invention. Mais c’est à un résultat bien différent que l’on semble avoir abouti finalement, à savoir à l’idée que les faits eux-mêmes et la vérité sont, de toute façon, bel et bien fabriqués d’une manière ou d’une autre dans tous les cas. En plus d’une « fabrication du consentement », on peut donc parler désormais d’une « fabrication de la vérité », à moins que justement la production de la vérité ne doive être considérée comme tout simplement impossible à distinguer de la production du consensus sur ce qui doit être reconnu comme une vérité.

On peut facilement être tenté de croire que, si les scientifiques ne peuvent pas (ou pas encore) renoncer à utiliser un concept comme celui de vérité objective, les littéraires peuvent, après tout, très bien envisager de s’en passer, dans la mesure où ce qui compte pour eux est uniquement la liberté. Mais c’est une illusion dangereuse. Orwell soutient que, si l’on prétend défendre la liberté, on ne peut pas ne pas se sentir tenu en même temps de défendre la vérité objective et, inversement, que ceux à qui la vérité objective tient à cœur ne peuvent pas considérer comme secondaire la défense de la liberté.

Aux yeux de Chomsky, les humanités et les sciences sociales ne peuvent pas plus se permettre d’ignorer ou de traiter à la légère le concept de vérité objective que ne le font les sciences exactes. Et il n’y a pas de raison de croire qu’un enseignement objectif ne peut pas être aussi subversif que les enseignements réputés par nature et officiellement « radicaux » : « On admet communément qu’une recherche objective est souvent capable de remettre en cause le cadre de pensée dominant. C’est seulement dans les sciences sociales qu’un tel point de vue est considéré comme le symptôme d’un esprit aliéné. (…) Mais la tâche de développer une recherche objective, libérée des contraintes imposées par le consensus politique américain, est tout à fait réelle, cruciale ; et je pense personnellement qu’elle mènera à des conclusions radicales. »

Etant donné le degré de sophistication des théories sociologiques, politiques, philosophiques ou autres que l’on se croit généralement tenu de proposer pour le traitement de problèmes comme ceux auxquels Chomsky a choisi de s’attaquer, il est bien possible qu’une bonne partie de ce qu’il dit soit jugé un peu trop direct et, du point de vue des gens qui savent, passablement naïf. S’il avait besoin d’être défendu sur ce point, ce que je ne crois pas, je dirais que le savant de renommée mondiale qu’il est par ailleurs a justement le mérite assez inhabituel de ne pas chercher à se présenter, sur ce type de question, autrement que comme quelqu’un qui sait très peu de chose, mais qui est convaincu en même temps qu’il n’est probablement pas possible et heureusement pas non plus nécessaire d’en savoir beaucoup plus pour être en mesure d’agir et d’obtenir des résultats.

Après avoir répondu à une question concernant les raisons pour lesquelles les gens qui occupent le pouvoir sont obligés de recourir à la représentation fausse, au dénigrement et aux différents mécanismes dont le pouvoir dispose pour se protéger, Chomsky n’hésite pas à conclure : « Tout cela peut sembler naïf, et ça l’est ; mais je n’ai encore entendu aucun commentaire sur la vie humaine et la société qui ne le soit pas, une fois dépouillé de ce qu’il comporte d’absurdité et d’égoïsme. »

La naïveté, sur des questions comme celles dont il s’agit, peut être aussi une forme d’honnêteté intellectuelle. J’ai toujours admiré celle dont Chomsky fait preuve sur ce point et dont beaucoup de philosophes pourraient s’inspirer avec profit, s’ils étaient un peu plus sensibles à la crainte de faire preuve d’absurdité et d’égoïsme. Je ne suis pas certain de pouvoir partager tout à fait son optimisme et l’espoir qu’il met en l’avenir. Mais c’est peut-être parce que j’ai le sentiment qu’il faut être aussi combatif qu’il l’est pour avoir réellement le droit d’être optimiste.

Georg Henrik von Wright a répondu à la critique selon laquelle l’expression du pessimisme crée de l’inquiétude et a pour effet de paralyser l’action : « Il en est bien ainsi dans une certaine mesure. Mais je trouve beaucoup plus irresponsable et en même temps plus paralysant pour l’action un optimisme qui pense qu’on peut tranquillement laisser l’évolution se poursuivre, en grande partie comme auparavant, dans la certitude que davantage de recherche, une nouvelle technique et le libre jeu des forces du marché remettront finalement tout à la bonne place. J’ai l’impression que c’est dans un tel optimisme de l’impuissance que les gouvernements ont sombré, et c’est en lui qu’ils essaient d’endormir les masses humaines qu’ils dirigent . » C’est aussi dans une forme d’optimisme de l’impuissance qu’a sombré aujourd’hui une bonne partie du monde intellectuel.

Chomsky est évidemment un optimiste d’une tout autre sorte. Son optimisme est un optimisme de la volonté et de l’action. Il repose sur l’idée que, si l’avenir peut devenir meilleur, c’est seulement parce que nous aurons fait, pour ce qui dépend de nous, tout ce qui est possible et nécessaire pour qu’il le devienne effectivement.

 

 

A lire absolument:

 

PROPAGANDA, comment manipuler l’opinion en démocratie, Edward BERNAYS, 1928  (traduction française, ed. La découverte, 2007)

Comment imposer une nouvelle marque de lessive ? Comment élire un président ? Dans la logique des « démocraties de marché « , ces questions se confondent.

• Ce texte expose les grands principes de la manipulation mentale de masse, ce que Edward Bernays appelle « la fabrique du consentement« . Il nous apprend qu’au XX° siècle, la propagande politique n’est pas née dans les régimes totalitaires, mais au coeur même de la démocratie libérale américaine. 

En effet, la démocratie moderne qui ne peut utiliser la violence ou la peur pour établir le consententement nécessaire pour fonder la légitimité du pouvoir dirigeant, implique une nouvelle forme de gouvernement : la propagande. Dans ce livre,  l’auteur se propose d’en perfectionner et d’en systématiser les techniques à partir des acquis de la psychanalyse pour les rendre plus efficaces.

 

• Edward Bernays (1891-1995), neveu de S. Freud émigré aux Etats-Unis, fut l’un des pères fondateurs des « relations publiques ».

Conseiller pour de grandes compagnies américaines, Edward Bernays a mis au point les techniques publicitaires modernes. Au début des années 1950, il orchestra des campagnes de déstabilisation politique en Amérique latine, qui accompagnèrent notamment le renversement du gouvernement du Guatemala, main dans la main avec la CIA.

 

 

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Exercice : La formation de l’esprit scientifique

Dimanche 10 octobre 2010

 ♦ Travail en classe, évalué, permettant de voir si les élèves ont acquis les techniques de la lecture méthodique d’un texte de philosophie. La durée était de 2 heures afin de permettre à chaque élève de travailler à son rythme. Des exercices préparatoires avaient familiarisés les élèves avec le type de questions posées. Le but de cette premère évaluation est de faire le point sur les compétences acquises par les élèves, compétences indispensables pour pouvoir travailler un texte philosophique et de remédier immédiatement aux écarts qui pourraient s’instaurer entre les élèves dès le début de l’année.

♦ En ce qui concerne la question réflexion, le thème avait été annoncé (l’opinion)  pour que les élèves qui le souhaitent puissent faire des recherches personnelles. Ce thème était en relation avec le texte de Karl Jaspers  étudié précédemment, les élèves avaient donc la possibilité de se contenter de réinvestir leurs connaissances nouvellement acquises. Pour l’instant aucune contrainte formelle n’a été imposée sur cette partie de l’exercice, exercice  surtout destiné à accumuler des matériaux pour préparer la formation à l’exercice de la dissertation philosophique.

  

Objectif :

préparation à l’épreuve de l’explication d’un texte philosophique

la lecture méthodique d’un texte philosophique

 

 

fractales

« La science dans son besoin d’achèvement comme dans son principe   s’oppose absolument à l’opinion. S’il lui arrive, sur un point particulier de légitimer l’opinion, c’est pour d’autres raisons que celles qui fondent l’opinion ; de sorte que l’opinion a, en droit[1], toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l’opinion[2] ; il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffirait pas, par exemple de la rectifier sur des points particuliers, en maintenant, comme une sorte de morale provisoire. L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout il faut savoir poser des problèmes et quoiqu’on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes. C’est véritablement ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. »

 Gaston BACHELARD, La formation de l’esprit scientifique, 1938

Notes du texte
[1]  « en droit » signifie ici dans son principe, dans ce qui la fonde. 

[2] On peut définir très généralement l’opinion comme une « une représentation collective » (E. DURKHEIM), comme « un jugement collectif porté sur un fait ou sur une croyance par une société donnée » ( A. Lalande) L’opinion a donc une dimension sociale ou collective  qui fonde son autorité et qui fait qu’elle s’impose à l’individu.

Questions de compréhension :

 1) Quel le thème du texte ?

 2) A quelle question répond ce texte ?

 3) Quelle est la thèse du texte ?

 4) Quelles sont les étapes de l’argumentation ?

( Je divise le texte en plusieurs parties. Je résume en une phrase l’idée contenue dans chaque partie et je précise la relation logique qui lie les parties entre elles. Je ne me contente pas de découper le texte.)

 5) Expliquer « l’opinion a, en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas. Elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. »

 6) Expliquer : « S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. » 

→ Question de réflexion :

Doit-on se libérer de ses opinions ?

 

  

  

  

  

CORRECTION

  

Remarque : La difficulté du texte est que les élèves se sont retrouvé face à un texte opposant deux notions : l’opinion et l’esprit scientifique. Comme le mot « opinion  » est répété 7 fois dans le texte ils en ont déduit que le texte portait sur l’opinion (ce qui était un mauvais calcul) . Or ici le texte est construit sur une opposition entre l’opinion qu’il faut justement rejeter pour lui préférer l’esprit scientifique. L’opinion est donc un thème secondaire dont la fonction est de mettre en valeur les caractéristiques de l’esprit scientifique selon Gaston Bachelard

  

CORRECTION

le thème : la science (la connaissance) ; l’esprit scientifique ; la démarche scientifique.

la question posée par le texte : « comment procède la science » ? ou « qu’est-ce qui caractérise (définit) l’esprit scientifique » ?

la thèse du texte : La science détruit les opinions et les évidences. Elle procède par questionnement, en construisant des problèmes à résoudre.

  

Remarques: pour l’instant il n’y a toujours qu’un seul thème par texte et donc par voie de conséquence un seule question et une seule thèse répondant à cette question. Il doit y avoir une cohérence entre le thème, la question et la thèse. Cette cohérence nécessaire permet de s’auto-évaluer.

Si le thème et la thèse choisis par l’élève ne portent que sur une partie du texte, c’est qu’il y a un problème. Beaucoup d’élèves ont choisi comme thème l’opinion. Souvent en arrivant au travail sur l’argumentation (plan) du texte, ils pouvaient se rendre compte par eux même-qu’il y avait un problème.

Autres réponses intéressantes  : Maéna, Kristel nous proposent comme thèse : l’esprit scientifique, comme question posée par le texte : « comment se forme l’esprit scientifique » ? Mais elles donnent ensuite une thèse incomplète : par exemple « on forme l’esprit scientifique en détruisant l’opinion ». Cette réponse n’est pas satisfaisante car elle ne précise pas en quoi consiste cet esprit scientifique. C’est pour cela qu’il souvent très utile  de revenir à la question philosophique de base « qu’est-ce que…..? »

Les étapes de l’argumentation

1°partie du texte - Lignes 1 à 2 : Dans la première phrase du texte Gaston Bachelard oppose la science et l’opinion. Il annonce qu’il prendra le partie de la science (« l’opinion a en droit toujours tort« ).

2°partie du texte- Lignes 2 à 4 : Gaston Bachelard   caractéristiques de l’opinion et montre son incapacité à établir une quelconque certitude.

3° partie du texte-Lignes 4 à la fin : Gaston bachelard caratérise l’esprit scientifique par sa capacité à poser les bonnes questions  en construisant des problèmes à résoudre (thèse du texte).

Remarque : on pouvait aussi se contenter de diviser le texte en deux parties:

I° partie : L ‘opinion ne peut fonder aucune certitude ou connaissance vraie (lignes 1 à 4)

II° Partie : L’esprit scienctitifique consiste  d’abord à construire des problèmes (lignes 4 à la fin)

Résumer en une phrase l’idée contenue dans la partie permet de vérifier la pertinence de notre découpage du texte, si plusieurs phrases sont nécessaires c’est que le découpage n’est pas satisaisant.

  

Questions de compréhension du texte :

□ Expliquer « l’opinion a, en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas. Elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. »

• Pour expliquer le texte il était important de donner une définition de l’opinion, définition indispensable pour comprendre pourquoi l’opinion  »a en droit, toujours tort ». Il fallait également préciser le sens du verbe « penser ». Il fallait aussi s’interroger sur l’opposition utilité /connaissance.

AYSE :  »Si l’on reprend la définition de DURKHEIM,  l’opinion peut être définie comme un jugement collectif. C’est cette dimension sociale et collective qui s’impose à l’individu et qui légitime à ses yeux  ses opinions. Elle a une dimension subjective. L’opinion relève donc davantage de la croyance que de la connaissance.  la croyance est un sentiment subjective de certitude qui ne repose pas nécessairement sur une preuve ou une connaissance scientifique.  Or penser ce n’est pas simplement avoir des opinions, ou avoir des certitudes. penser c’est réfléchir, c’est soumettre ses opinions à l’examen critique de la raison. Lorsque Gaston Bachelard écrit « l’opinion pense mal ; elle ne pense pas ». Il veut dire que deux dangers menancent le savoir. le premier consiste à croire que toute opinion particulière et subjective a une portée universelle, ce qui conduit don détenteur a vouloir l’imposer en refusant le débat. Le deuxième consiste à renoncer à rechercher la vérité. dans les deux cas l’opinion est donc un obstacle à la science qui ne peut pas se développer ».

Remarque : Comme beaucoup d’autres d’élèves mis en difficulté part le texte,  Ayse a « oublié » d’expliquer la dernière phrase!

□  Expliquer : « S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. »

  

  

Question de réflexion:

  

Remarques- extraits de bonnes copies- erreurs à éviter    

  

DANS L’INTRODUCTION

Méthode - Il est utile de préciser l’intérêt ou l’actualité de la question de la question posée et d’en préciser l’enjeu. Par exemple :

Dans nos démocraties l’opinion semble jouer un rôle décisif. Quelqu’en soit le sujet, les sondages d’opinion se succèdent comme s’ils étaient déterminants dans chaque décision  politique. Il est donc important de réfléchir sur le fondement de nos opinions.

Méthode : avant de répondre à la question posée de la il est judicieux de la « mettre en question« . De se demander par exemple ce que pouvait bien sous-entendre le verbe « se libérer« . Cette démarche est ensuite très utile pour construire la problématique de la dissertation.

Alexandra :  » Se libérer de l’opinion est-ce l’oublier ou seulement s’en détacher »?

MAIS ATTENTION DE NE PAS REFORMULER LE SUJET PROPOSE !

Par exemple, Virginie : « Le problème est de savoir s’il est bon de libérer ses opinions ? Au sens de « libérer » j’entends dévoiler, laisser libre cours à sa pensée, à son jumenent« .Ici on peut féliciter Virginer de définir le verbe »libérer » mais attention ici il s’agit du verbe « se libérer« , ce qui n’a mas les mêmes conséquences pour la suite du développement. Reformuler le sujet comme le fait Virginie « Est-il bon de libérer ses opinions ? » alors que la question posée au départ était  » Doit-on se libérer de ses opinions ?« peut conduire à un hors-sujet dans le sens où l’élève ne répond pas à la question qui est posée.

DANS LE DEVELOPPEMENT

Nicolas : » Avant de se poser la question de savoir si l’on doit se libérer de nos opinions, il est nécessaire de s’en poser une autre : d’où viennent nos opinions ? Emile Durkheim défint généralement l’opinion comme une « représenatation collective, comme un jugement collectif porté sur un fait ou sur une croyance par une société donnée. L’opinion s’impose donc aux individus parce qu’elle a une dimensuion sociale et collective qui fonde son autorité ».

 Méthode : la démarche de Nicolas qui consiste à définir le sens des mots avant de répondre au problème  est ce que l’on attend dans une dissertation de philososophie.

A partir de cette définition de DURKHEIM, Alexandra construit une ébauche de problématique :

→ 1) définition de Durkheim

Attention: la dimension collective de l’opinion ne suffit pas à la disqualifier. Les théories scientifiques sont aussi des représentations collectives.

→ 2) conséquences de cette définition :

- a) L‘opinion a donc un sens positif car elle marque l’appartenance à un groupe et permet la cohésion de ce groupe.

- b) L’opinion a un aspect négatif car elle tend à uniformiser notre façon de penser;

- c) Pour affirmer notre singularité il faudrait donc « se libérer » de l’opinion.

Autres éléments de définition de l’opinion :

Alexandra :  » L’opinion est marquée par notre subjectivité. Elle résulte souvent d’un calcul avantages/inconvénients lié à nos intérêts. Ce qui fait dire à Gaston bachelard qu’elle est davantage l’expression de nos besoins que le résultat de la recgeherche d’un savoir vrai. L’opinion exprime notre positionnement dans le monde ».

Les élèves ont relevé comme caractéristitiques de l’opinion :

- l’opinion est subjective. Flora « l’opinion nous ressemble ».

- l’opinion est vraisemblable. Elle peut ressembler à la vérité parce qu’on la considère qu’on certaine. Cela n’implique pas pour autant qu’elle soit vraie.

- Ele est marquée par la pluralité : à une question répondent souvent plusieurs opinons. Pierre et Julien remarquent très justement que cette pluralité des opinions peut être source de conflit.

- Julien souligne comme Alexandra que « l’opinion est déterminée par les intérêts de celui qui la formule ». Il retrouve ainsi le texte de Bachelard pour qui « l’opinion ne pense pas; Elle traduit des besoins en connaissances ».

Il était intéressant dans le développement de se réapproprier l’idée de Bachelard selon laquelle exprimer son opinion ce n’est synonyme de penser, réfléchir ou juger.

Il était utile ici d’utiliser le travail fait sur le texte de Kark Jaspers (cf. Qu’estce que la philosophie ?) et de se réapproprier l’opposition dogmatisme/connaissance.

• la définition donnée dans le cours du verbe critiquer (examiner la valeur de ) était aussi très utile.

DANS LA CONCLUSION

  

Marion ( Excuse moi si je me suis permis de remettre un peu d’ordre et de développer ton idée) :  » L’opinion ne doit pas être rejetée, mais elle doit être utilisée avec discernement et s’appuyer sur des connaissances objectives. L’homme est un être libre qui doit décider de ses actions, dans cetains domaines comme la politique ou la morale il n’existe pas de connaissances objectives. Avoir des opinions est donc nécessaire, car elles interviennent dans tous les choix et les décisions que nous devront prendre pour agir dans le monde. Ce qui importe c’est de comprendre ce qui fonde nos opinions « .

Remarque – qualité du travail : le travail de Marion est très satisfaisant car même si pour l’instant Marion ne dispose pas de tous les éléments lui permettant de développer ses intuitions (nous ne sommes qu’au début de l’année) son argumentation débouche sur une prise de position personnelle. Penser par soi-même un problème est l’objectif de tout travail philososophique. Bravo!

  

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