Révisions – Fiche 1 : Qu’est-ce que la philosophie ?

Lundi 30 janvier 2012

Qu’est-ce que la philosophie ?

       Pour philosopher (avoir une démarche philosophique), il faut comprendre ce qu’est la philosophie, quel est son domaine d’investigation. En philosophie, la méthode est indissociable de l’objet étudié, la forme est indissociable du contenu.

En philosophie on cherche la vérité. On peut comparer cette recherche à une enquête de police : lorsqu’un inspecteur de police cherche la vérité à propos d’un meurtre, il examine l’emploi du temps de chaque suspect, il compare les différentes versions et confronte les témoignages…et réfléchit. Il ne croit personne sur parole et va mettre en doute systématiquement ce qu’on lui raconte. Les philosophes en font autant. Pour chercher la vérité, ils n’hésitent pas à mettre en examen leurs convictions, leurs croyances. Ils peuvent même considérer comme suspectes leurs propres idées.

Les philosophes appartiennent donc au domaine des chercheurs de vérité comme les scientifiques. Le problème est donc de savoir dans quel domaine les philosophes recherchent la vérité ? Quand on commence à s’intéresser à la philosophie, on est surpris par la multitude des thèmes auxquelles s’intéressent les philosophes : les mathématiques, l’histoire, la politique, la psychologie….et pourtant ils ne sont ni mathématiciens, ni historiens, ni politiciens, ni psychologues. Les philosophes s’intéressent à tout sans être des experts de rien ! Comment est-ce possible ?

En fait c’est dans le domaine des idées que les philosophes recherchent la vérité. Par exemple, lorsqu’il s’intéresse à la justice, le philosophe ne s’occupe pas de justice comme un juge ou un avocat, mais il s’occupe de  l’idée de  justice. Et c’est la même chose pour tous les domaines. Ainsi la recherche de la vérité en philosophie peut s’exprimer sous la forme « qu’en est-il de l’idée de »….la justice, de l’âme, de la liberté, du nombre, du temps…etc. Ce que cherchent les philosophes, c’est la meilleure définition possible de chaque idée, et parmi ces définitions ils cherchent laquelle de ces idées est vraie.

Le philosophe espagnol Ortega Y Gasset a fait la distinction entre les idées et les croyances:

nos constructions intellectuelles sont des idées, par exemple la théorie de la relativité ;

- tandis que nos croyances sont constituées par des ces certitudes que nous donnons pour évidentes, au point de ne plus penser à elles. Par exemple qu’une voiture que nous voyons de face a deux roues à l’arrière.

Nous avons telle ou telle idée mais sommes dans telle ou telle croyance.

La tâche de la philosophie est donc de questionner de temps en temps nos croyances et de tenter de les remplacer par des idées dûment argumentées. C’est pourquoi Aristote a dit que le début de la philosophie est l’étonnement, c’est-à dire la capacité de nous émerveiller devant ce que tout un chacun autour de nous considère comme évident et certain.

A quoi sert cette recherche de la vérité des idées ?

Les idées commandent les actions, les comportements, les façons de vivre. On ne peut pas vivre sans boire, ni manger, mais on peut vivre (maintenir son organisme en vie)  sans  se poser de questions, sans réfléchir. S’interroger sur la valeur et le sens des idées, c’est se demander comment vivre mieux, comment vivre bien, de façon plus humaine, plus intelligente, plus intense. C’est se poser la question du bonheur. L’homme ne peut pas vivre comme un homme digne de ce nom sans se demander ce qu’il met dans cette idée.

Tags : , , , , , , ,

Introduction : Qu’est-ce que la philosophie ?

Mardi 8 février 2011

Crâne de René Descartes

Présentation

La philosophie à l’origine, embrassait la totalité du savoir. Mais au cours de l’histoire, les sciences se sont progressivement constituées en disciplines indépendantes. On peut donc se demander si la philosophie ne doit pas être remplacée par un système de sciences.

Cependant la science ne satisfait pas à toutes les exigences de l’esprit : fragmentant le réel en champs disciplinaires distincts, elle ne permet pas de comprendre le monde conçu comme une totalité, elle ne permet pas d’atteindre l’absolu, elle ne propose aucune finalité à notre action.

A côté de la science il y a donc place pour une réflexion proprement philosophique. L’esprit s’interroge sur sa propre connaissance. Il essaie de déterminer ce qui émane dans la connaissance émane de l’esprit lui-même et ce qui vient des choses. Il se demande si l’absolu peut être découvert du côté de l’objet (puis-je connaître Dieu?), ou seulement du côté du sujet, il dépasse le fait, l’évidence du donné pour chercher la valeur. Il a une dimension critique.

•définition : critiquer c’est examiner la valeur d’une opinion, d’une évidence, d’un donné quel qu’il soit

Etymologiquement philosophie signifie « amour de la sagesse ». Or la sagesse a deux sens. Elle signifie à la fois le savoir (la science) et la vertu (c’est-à-dire la sagesse morale). La philosophie apparaît donc avoir deux fins essentielles:

-a) Une fin théorique : elle veut nous donner une connaissance et une explication de l’ensemble de la réalité. Elle cherche donc la vérité.

-b)Une fin pratique : elle veut nous fournir une règle de conduite et nous apprendre ce qu’est le Bien.

Cherchant le vrai, l’absolu et le bien, la philosophie paraît donc se proposer un but analogue à celui de la religion. Mais alors que la religion admet une révélation et repose sur la foi, la philosophie veut atteindre son but par les seules ressources de l’esprit humain.

LA PHILOSOPHIE ET LES SCIENCES

Sciences et philosophie ont toujours été étroitement unies. A l’origine, il n’y avait pas de sciences distinctes. La philosophie comprenait l’ensemble des savoirs. Mais peu à peu les sciences se sont constituées en disciplines indépendantes. Elles possèdent sur la philosophie une incomparable supériorité : alors que la philosophie nous présente des résultats au caractère hypothétique, et ne réalise aucun accord entre les esprits, les résultats de la science semblent quasi certains : ils réalisent en tout cas l’accord des esprits compétents.

On pourrait donc penser que la philosophie qui ne possède pas d’objet propre (comme par exemple la biologie qui étudie la vie, bios) et donc pas de domaine propre, sera de plus en plus envahie par la science et finira par être réduite à néant.

Mais les sciences demeurent multiples et spécialisées. Chacune possède son propre domaine. Fragmentant le réel, elles ne peuvent satisfaire le besoin d’unité que possède l’esprit humain. La philosophie aura donc comme rôle d’entreprendre une synthèse totale, voire une théorie générale des sciences, afin d’unifier la connaissance humaine (cf. Auguste COMTE, philosophe français du XIX°siècle).

LES INSUFFISANCES DE LA SCIENCE

Mais la connaissance scientifique, si elle est issue de la raison, ne satisfait pas entièrement la raison humaine. Si l’homme veut connaître le monde, c’est parce qu’il doit agir dans le monde. L’homme veut connaître et comprendre le monde, savoir ce qu’est le réel, quelle est la cause et l’origine de l’univers. Il être renseigné sur sa propre destinée et savoir ce qu’il doit faire. Cet effort de connaissance et de compréhension totale permettant de bien agir ne peut se faire dans le cadre de la science.

1) La science semble incapable de comprendre la totalité et l’unité du réel.

2) La science ne porte que sur des phénomènes (sur ce qui nous apparaît), donc sur ce qui est relatif à notre perception. Alors que la pensée veut connaître les choses en soi, le réel tel qu’il existe indépendamment de nous (distinction établie par Emmanuel KANT, philosophe allemand du XIII° siècle). La pensée humaine se pose donc des questions relatives à l’essence ou à la nature même des choses. Par exemple, l’homme veut savoir ce qu’est sa nature, s’il possède une âme immortelle, s’il existe un Dieu s’occupant de son sort. La science ne lui apprend rien à ce sujet.

3) La science ne peut apporter une une solution complète au problème de l’action. Elle se présente à nous comme un ensemble de jugement sur ce qui est, sur la réalité. Or de ce qui est on ne peut déduire ce qui doit être : d’un jugement de réalité, on ne peut tirer un jugement de valeur. Si la science nous fournit des moyens d’agir par le biais de la technique qui utilise les connaissances scientifiques  pour se développer, elle laisse sans solution le problème moral.

LES EXIGENCES DE L’ESPRIT ET LA PHILOSOPHIE

La science ne satisfait donc pas toutes les exigences de l’esprit humain. Aussi la philosophie a-t-elle sans cesse essayé de dépasser la science et de fonder une métaphysique et une morale.

1) La métaphysique essaie de connaître la réalité même des choses, d’expliquer intégralement le monde, de découvrir son origine première. On entend par métaphysique une étude essayant de découvrir les réalités qui se trouvent « au-delà » de la nature qu’étudie les sciences.

Chez DESCARTES (philosophe français du XVII° siècle), la métaphysique sera l’étude des connaissances premières : l’âme et Dieu. Pour Descartes la science te la métaphysique ne diffèrent que par leur objet mais parviennent à un même degré de certitude.

Par la suite, certains philosophes comme KANT (XVII° siècle) ont considéré que nous ne pouvions atteindre avec certitude que ce qui était relatif à notre expérience et que toute recherche de l’absolu ou toute recherche métaphysique devait être abandonnée par la philosophie. Cependant la métaphysique ou la quête de l’absolu répond à un besoin essentiel chez l’homme ; et l’on a vu renaître régulièrement des systèmes d’explication intégrale du monde, ou des essais pour connaître l’absolu : par exemple au XIX° siècle en Allemagne : HEGEL, FICHTE, SCHOPENHAUER, ou même BERGSON au XX° siècle en France, qui essaie d’établir la possibilité d’une connaissance intuitive du réel à côté de la connaissance scientifique.

2) La morale, par définition c’est l’ensemble des règles ou des valeurs qui dirigent nos actions. Elle oppose à ce qui est (l’ordre des faits) , ce qui doit-être (l’ordre du droit). Alors que dans la science (la théorie) , l’homme se tourne vers l’objet, l’observe, l’étudie sans chercher à le modifier, qu’il fait un effort pour établir les lois des phénomènes, dans l’action  (la pratique) l’homme impose au réel ses tendances.

LE BESOIN DE  PHILOSOPHIE EST UN BESOIN ESSENTIEL DE L’HOMME

Grâce à la philosophie l’homme qui est doté d’une conscience de soi, se retourne sur lui-même.  Il réfléchit sur ses actions et tâche d’en découvrir la valeur. Il réfléchit sur la connaissance et en perçoit les limites. Par cette réflexion critique, il dépasse son action et sa connaissance telles qu’elles s’exercent spontanément et naturellement. Ce dépassement ou cette interrogation permanente sur soi et sur le réel caractérise  le rapport spécifique de l’homme au monde et à lui-même. Il constitue la philosophie et contribue  ainsi à construire l’humanité en l’homme.


Exemples de sujet de sujet de dissertation :


- Le progrès des sciences rend-il la philosophie inutile ?

- La philosophie a-t-elle une utilité ?


Remarque :

1) Philosopher, c’est mettre en question les évidences, les préjugés et les opinions courantes. On peut partir de l’opinion courante que la philosophie contrairement à la science ou aux techniques est « inutile », qu’elle ne sert à rien. Ce qui rejoint l’avis de certains élèves de terminale.

2) Ici il sera donc très important pour construire la problématique de définir la notion « utilité » même si ce n’est pas la question de fond, la question de fond étant « qu’est-ce que la philosophie ? Comment se définit la philosophie ? ».

Ce qui est utile, c’est ce qui sert de moyen pour atteindre une fin. Si la philosophie est un moyen   comment la caractériser ?  Quel sorte d’instrument est-elle donc ? Quelle fin poursuit la philosophie ?




Tags : , , , ,

INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE : Platon relu par Bernard Stiegler

Vendredi 12 novembre 2010

 Cours 1 : L’invention de la philosophie

 

 » Il faut faire très attention aux philosophes qui ne sont pas prêts à mourir pour leurs idées ». B. Stiegler

 

Bernard Stiegler met Platon au vert

LEMONDE | 11.11.10 | 17h47  •  Mis à jour le 11.11.10 | 17h47

Perdu aux confins du Cher et de l’Allier, le petit bourg d’Epineuil-le-Fleuriel, décor mythique du Grand Meaulnes, séduisait jusqu’à présent surtout les aficionados du roman d’Alain-Fournier. Depuis quelques semaines, il attire aussi les amateurs de… Platon. Le philosophe Bernard Stiegler, 58 ans, installé dans le village depuis un an, y présente « un cours public de philosophie, ouvert à toute personne motivée » et consacré à l’étude du Banquet, à raison d’une à deux séances par mois.

Un beau samedi de fin octobre, ils sont ainsi une soixantaine, jeunes et moins jeunes, à se presser dans une salle de classe improvisée à deux pas de la maison-école du Grand Meaulnes, dont les bancs, au grand regret de Bernard Stiegler, étaient trop inconfortables. « J’ai un vieux bac de philo de 1971, j’ai un peu révisé avant de venir. Vous croyez que ça ira ? », s’inquiète Françoise, venue en voisine « pour faire travailler sa tête ». Antoine, lycéen à Montluçon, la rassure : « J’ai assisté au premier cours. C’était captivant ! Il a une manière géniale de présenter les choses qui parle à tout le monde ! »

Images à l’appui, Bernard Stiegler énonce les objectifs de son enseignement : mettre en question sa façon de vivre, ses idées, ne plus être « grégaire et pulsionnel », bref, redevenir un individu et se mettre à… penser. « Les gens s’aperçoivent que ce qu’ils font est devenu toxique, que leurs enfants s’empoisonnent. Ils paniquent, ils sont prêts à changer. Et c’est là qu’il faut expérimenter », explique ce penseur hyperactif aux multiples casquettes.

Ecrivain, enseignant, directeur de l’institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou, fondateur de l’association Ars Industrialis, il défend un processus de « reterritorialisation » en s’appuyant sur les réseaux numériques qu’il considère comme le « pharmakon » de notre temps, c’est-à-dire le poison ou le remède selon l’usage que l’on en fait, au même titre que l’écriture à l’époque de Platon. « Je souhaite former de jeunes philosophes qui aient une vraie pensée de la technologie contemporaine. C’est par de nouvelles pratiques sociales que les choses changeront, et c’est sur eux que je compte, sur les mômes de Moulins, de Montluçon, et d’ailleurs ! »

« Un vrai lieu de recherche »

Mais son ambition va plus loin, puisqu’il veut créer au moulin d’Epineuil une école de philosophie qui soit « un vrai lieu de recherche ». Projet de l’association Ars Industrialis, elle pourrait accueillera une douzaine de doctorants issus d’universités étrangères, qui participeront, en visioconférence, à un séminaire sur le cours d’Epineuil et dialogueront avec les élèves.

A partir de juin, ils viendront sur place pour une « académie d’été » de six semaines, en partenariat avec l’abbaye de Noirlac, et suivront une série de conférences transdisciplinaires dont certaines seront ouvertes au public. « J’y crois beaucoup, mais je sais qu’il faut être modeste et patient », ajoute le philosophe. Et pour ceux qui ne peuvent venir à Epineuil – un séminaire est prévu jeudi 11 novembre -, les cours sont mis en ligne et en différé sur Pharmakon.fr. (Cliquez ici pour avoir le cours de Bernard Stiegler)

Tags : , , , , , , , , , , , , , , ,

2010-2011 INTRODUCTION : QU’EST-CE QUE LA PHILOSOPHIE ?

Mercredi 15 septembre 2010

 

 

Pour commencer notre année de philosophie, nous allons travailler sur un texte du philosophe allemand Karl JASPERS (XX° siècle) afin d’essayer d’entrevoir ce que peut bien enseigner la philosophie, discipline nouvelle qui reste très mystérieuse pour un élève de terminale.

En même temps nous mettrons progessivement en place les bases méthodologiques de l’exercice intitulé « explication d’un texte philosophique« , dont la maîtrise est nécessaire pour l’épreuve du baccalauréat qui couronne l’année scolaire.

 

Exercice 1 

lire méthodiquement un texte

  

« Le mot grec « philosophe » (philosophos) est formé par opposition à sophos. Il désigne celui qui aime le savoir, par différence avec celui qui possédant le savoir, se nomme savant. Ce sens persiste encore aujourd’hui : l’essence de la philosophie c’est la recherche de la vérité non sa possession, même si elle se trahit elle-même, comme il arrive souvent, jusqu’à dégénérer en dogmatisme, en un savoir mis en formules, complet, transmissible par l’enseignement. Faire de la philosophie c’est être en route. Les questions en philosophie sont plus essentielles que les réponses, et chaque réponse devient une nouvelle question ».

 Karl JASPERS, Introduction à la philosophie,1965.

 

Questions de compréhension du texte

1)     Quel est le thème du texte ?

2)     Quelle est la question posée par le texte ?

3)     Sur quelle opposition se construit le texte ?  

4)     Quelle est la thèse du texte ?

5)     Comment le texte définit-il le dogmatisme ?

 6)   Pourquoi le dogmatisme s’oppose-t-il à l’attitude philosophique ? ( la réponse doit être développée, il est conseillé de travailler au brouillon)

  

Correction de l’exercice

 Remarques

- Immédiatement certains élèves ont été mis en difficulté dans la  lecture du texte qui ne contient pourtant pas de difficulté majeure. Certains élèves ont été tout simplement déstabilisés par l’usage du mot « dogmatisme » et ne se sont pas rendu compte qu’il était défini dans le texte. Ils se sont tout simplement arrêtés de lire  le texte au mot dogmatisme.

 → Pas de panique :  Pour lire un texte , il faut remettre les termes utilisés dans l’extrait proposé qui en éclaire le sens. D’un texte à l’autre la signification d’un terme peut varier, il n’est pas nécessaire de comprendre le sens de chaque mot pris un à un, par contre, il faut toujours remettre les termes utilisés dans leur contexte .

 - Certains élèves ont eu des difficultés pour distinguer le thème et la thèse du texte.

 → Le thème est l’objet général du texte, autrement dit de quoi ça parle, indépendamment de l’approche choisie par l’auteur et de l’opinion (la thèse)  de l’auteur

  

Le thème du texte proposé ici est « la philosophie », tout simplement.

  

 Remarque :

- répondre que le thème du texte est « la définition de la philosophie » n’est pas satisfaisant car déjà on annonce l’approche choisie par l’auteur, ainsi que la thèse du texte

Méthode : Etre capable de saisir le thème général du texte permettra par la suite lorsque vous aurez acquis une culture philosophique de mobiliser vos connaissances autour de ce thème pour débattre avec l’auteur du texte

 Méthode : Chaque texte de philosophie est une réponse à une question ou un problème posé. Cette question peut être clairement posée dans le texte ou être implicite. Pour trouver la thèse du texte il est très utile de poser la question soulevée par le texte à laquelle la thèse du texte répond. Cette question porte sur le thème général du texte.

 

La question posée dans ce texte est :

« qu’est-ce que la philosophie » ?

  

Remarques :

- Il est plus simple de répondre sous la forme d’une question mais la réponse « A travers ce texte  Karl Jaspers recherche le sens de la philosophie » est une réponse satisfaisante.

-  Poser la question « la philosophie est-ce la recherche de la vérité et non sa possession ou bien un savoir en formules où ne découle aucune réflexion ? » n’est pas satisfaisant dans la mesure où la question posée donne la réponse attendue.

Exemple de question qui passe à côté du texte et qui montre que l’élève n’a pas compris le texte : « L’attitude philosophique n’a-t-elle pas évolué à l’encontre de ses valeurs de départ au fil du temps ? »

Dans certains cas le texte donne à penser et soulève par conséquent un certain nombre de questions qui ne sont pas la question posée par le texte mais qui résultent de la réponse apportée. Par exemple «  Comment peut-on chercher la vérité sans vouloir la posséder ? »

 La réponse à cette question sera la thèse du texte.

 La philosophie est définie dans ce texte comme l’amour du savoir et la recherche de la vérité.

 Guillaume C. nous propose une excellente réponse car il ne paraphrase pas le texte, ce qui montre qu’il a compris le texte et se l’est approprié :« Ce texte soutient la thèse selon laquelle la philosophie contrairement au dogmatisme, doit chercher le savoir sans prétendre jamais l’avoir[définitivement] trouvé. Le philosophe se doit de n’avoir aucune certitude et « d’être sans cesse en route » vers le savoir.

 Méthode : Pour pouvoir évaluer son travail il est important de comprendre la relation entre le thème/la question posée/ la thèse du texte.

-   La question posée se rapporte au thème.

La thèse du texte est une réponse à cette question.

Si ces trois éléments ne peuvent pas être mis en relation, cela signifie qu’il y a une erreur de compréhension du texte.

 → La thèse d’un texte est généralement le résultat d’une démonstration ou d’une argumentation. Il sera donc important ensuite d’affiner la compréhension de la thèse en repérant les différentes étapes de l’argumentation.

  

Dans cet exemple, comme le texte est très court, on pouvait juste relever que l’exposé de la thèse se construit autour d’une double opposition  philosophe / le savant, philosophie /dogmatisme.

 Remarque :

Beaucoup d’élèves ont eu semble-t-il du mal à repérer les termes principaux de l’opposition et ont relevé plutôt l’opposition entre « recherche du savoir/possession du savoir ». Ce n’est pas faux mais cela  traduit un manque de méthode dans l’approche du texte.

  → La définition du dogmatisme :

Le dogmatisme désigne une attitude par rapport au savoir. Le « savant » dogmatique  se contente d’apprendre des connaissances toutes faites, qu’il tient pour vraies. Ici le terme « savant » est synonyme d’érudition (posséder beaucoup de connaissances).

Dans ce texte le mot dogmatisme a une valeur péjorative soulignée par l’utilisation du verbe « dégénérer ». Le dogmatisme renvoie à une attitude rigide face au savoir. Le savant dogmatique tient ses connaissances pour vraies et n’est pas prêt à les remettre en question.

  → Pour reprendre la réponse de  Sébastien :  « Tout d’abord le dogmatisme et l’attitude philosophique ont pour but de répondre à des questions. Cependant l’intérêt n’est pas le même ; En effet le dogmatisme s’attache d’abord à la réponse. Il veut un résultat unique, définitif, [Charlotte rajoute : universel], clair, net et précis qui réponde à son questionnement. Alors que la philosophie s’intéresse non au résultat, mais à la recherche du résultat ».

 Timothée : « le savoir dogmatique est un savoir composé d’idées arrêtées et  de questions résolues. »

Le dogmatisme s’oppose à l’attitude philosophique car alors que le savant reste figé dans un savoir qu’il considère comme achevé, le philosophe, lui est toujours en mouvement. Il ne se satisfait jamais des réponses apportées à ses questions, chaque réponse appelant une nouvelle question. Alors que le savant est persuadé savoir avec certitude, l’attitude philosophique consiste à considérer que rien n’est jamais définitivement acquis et qu’il ne saurait se satisfaire des réponses qu’il trouve à ses questions. Cependant Karl Jaspers remarque que le dogmatisme reste une tentation pour la philosophie.

  

Remarques :

 On pouvait comme Mounir ou Pierre utiliser l’exemple du dogme religieux pour expliquer le sens du mot dogmatisme. Un dogme religieux est une vérité qui repose sur l’autorité d’un texte  religieux. Il s’affirme comme une vérité unique et exclusive de toute autre. Il ne peut être discuté ou remis en question.

Il est intéressant de remarquer que certains élèves n’ont pas pu définir le mot dogmatisme dans la question 5, certainement parce que le mot leur semblait trop effrayant. Mais qu’ils ont, en quelque sorte malgré eux, fait ce travail de définition pour répondre à la question 6, qui reprenait la question 5 mais était formulée différemment. Il aurait été constructif de revenir alors sur la question 5 pour effectuer des corrections.

  

● Des élèves ont fait des remarques très intéressantes sur le texte qui peuvent ouvrir le débat :

Yassine remarque que le dogmatisme qui fige la pensée s’oppose à la liberté de pensée. Pierre  souligne lui, la liberté de la recherche philosophique.

Pierre remarque qu’il n’y a pas nécessairement une opposition radicale entre le philosophe et le savant, puisque le philosophe a besoin d’accumuler des connaissances, pour ensuite s’en écarter.

Mathieu remarque que l’attitude philosophique ne va pas de soi et demandera certainement un effort contre nature à l’homme qui préfèrera toujours la facilité des idées préconçues. Il s’étonne d’ailleurs que certains puissent préférer la difficulté de la réflexion. Le constat fait par Mathieu rejoint celui que faisait déjà Descartes au XVII° siècle, qui développe la même idée dans ses Méditations.

Maylis remarque que le dogmatisme conduit inévitablement à une uniformisation de la pensée tandis que l’attitude philosophique permet de construire une réflexion personnelle.

Kevin remarque qu’apprendre ce n’est pas synonyme de raisonner. Le savant apprend. Le philosophe raisonne.

Doriane et Alix  font le parallèle entre le dogmatisme et l’attitude « scolaire ».

 

Tags : , ,