accueil

Hanoi, août 1910, au nord de l’Indochine. La canicule, l’épidémie de malaria, les mouvements anticolonialistes, les actes de piratage au Tonkin n’empêchent pas les militaires français de prendre du bon temps. Une double affaire criminelle simultanée va secouer la ville comme un typhon. De nombreuses jeunes femmes annamites sont retrouvées mortes au matin, la tête coupée et subtilisée. Dans le même temps, des officiers français disparaissent ou se font assassinés. Chargé officieusement de retrouver un lieutenant volatilisé, le maréchal des logis, Héli Auguste Thirion, de la Compagnie d’Ouvriers d’Artillerie, ancien gendarme, va plonger au cœur de la folie des hommes.

Soupe tonkinoise

roman

Jan Thirion

édition TME

Hanoï, 1910

Nous sommes à hanoi, en indochine française, en 1910, il y a tout juste cent ans.

La ville est moderne et s’apparente, dans ses quartiers français, à une ville de France. Elle partage avec saigon, l’appellation de petit Paris de l’Extrême-Orient. En tout cas, c’est la perle du nord, a-t-on l’habitude de dire.

Durant quelques jours du mois d’août, en plein cagnat, par 35 degrés à l’ombre, de jour comme de nuit, on va suivre la vie de soldats français et d’annamites, et plus particulièrement celle d’un sous-officier, Héli-Auguste Thirion, dont les activités vont être mis au premier plan, avec ses soucis avec la hiérarchie, ses amours, son acclimatation au climat et à la vie de caserne en ville.

Il viient de Lorraine, une région de France dont il est forcément nostalgique. On emporte toujours ses origines dans ses bagages.

Il est maréchal des logis et occupe un poste de responsable de la sécurité auprès de la compagnie des ouvriers d’artillerie. Cette compagnie sort d’une crise récente qui a vu un grand nombre de ses hommes victimes d’un empoisonnement collectif. Parce qu’il a réussi a dénoué cette affaire criminelle, on

fait appel de nouveau à Héli-Auguste Thirion pour retrouver des officiers français disparus.

L’Armée préfère régler ses problèmes elle-même, sans mêler les autorités civiles à ses affaires.

Dans le même temps, et sans lien apparent, de jeunes femmes annamites, mendiantes ou prostituées, se font sauvagement assassinées.

A travers cette double enquête qui fera croiser les points de vue des uns et des autres, des français et des annamites, se dressera le portrait d’une ville coloniale, d’une société multiraciale, avec à la fois ce qu’elle promet de meilleur et ce qu’elle apporte de pire. La violence est à chaque coin de rue. La cohabitation forcée engendre un racisme qu’on cherche en permanence à dissimuler.

rue Paul-Bert

« … On trouve des articles similaires au Grand Magasin, rue Paul Bert, dans des boîtes en bois contenant plusieurs modèles différents. A offrir aux garçons qui rêvent de porter l’uniforme plus tard. Ils s’entraînent à l’art de la guerre sur table. Les futurs stratèges ne sont pas les seuls à les convoiter. Le Canu connaît des officiers collectionneurs de figurines. A échelle réduite, ils refont les batailles du passé. Les Indochinois aiment également en exposer quelques pièces, dans leur maison, sous le portrait du gouverneur général. Signe d’allégeance supplémentaire. Lui, il a longtemps joué aux soldats avec des cailloux… » (extrait de Soupe tonkinoise)

« En dehors des endroits sûrs, telle l’enceinte de la Citadelle, les militaires sont priés, jusqu’à nouvel ordre, de ne pas faire de déplacement. Les sorties sont interdites, sauf motif impérieux.

La rumeur fait craindre d’autres attentats. Le sort réservé à l’officier de l’instruction, retrouvé mort dans un pousse près des cimetières, n’engage pas à braver les recommandations… (Soupe tonkinoise, extrait)

rue de la Soie

« … Rue de la Soie. Avec plus d’animation ici que lorsqu’il est sorti de la Citadelle. Les boutiques appartiennent en majeure partie aux Chinois. Les autres restent la propriété des Annamites les plus riches d’Hanoi. Comme tout le monde, Héli nomme indifféremment Annamites et Tonkinois. L’Annam est la fois l’Indochine entière et la province centrale, avec sa capitale impériale, Hué. Dans une bouche française, Annamites, Indochinois, indigènes, niaquoués sont synonymes, alors que les Tonkinois ne désignent que les gens du nord et les Cochinchinois les gens du sud… «  (extrait de Soupe tonkinoise)

« …Nuit coloniale/Nuit d’étranges voluptés/Où les cymbales/Rythment des refrains sacrés/Vos lunes pâles/M’ont pris mon cœur pour toujours/Nuit coloniale/Nuit de rêve, nuit d’amour… » (Nuit d’Outremer, chanté par Gelnard)

Hanoï, 1910